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Cranach, Lucas

jeudi 26 mars 2026, par Christine Genin

« Devant un fond de feuillages vert sombre s’agitent des personnages brandissant des armes, des massues, se portant des coups violents. Le vert des feuillages est presque noir dans les parties à l’ombre, sous les branches. Les extrémités des rameaux qui reçoivent la lumière sont peintes minutieusement, comme une dentelle cartonneuse, en léger relief sur le fond obscur. Au-dessus des feuillages des rochers aux formes tourmentées se dressent vers le ciel, obliquement, certains en surplomb. Sur leurs entablements et leurs sommets poussent des buissons et des petits arbres échevelés. Les personnages ne sont pas revêtus d’armures, mais nus. Leurs corps sont d’un rose chaud, légèrement grisé. Ceux des hommes sont hâlés. Des femmes minces, aux petits seins, aux ventres bombés, conduisant des jeunes enfants par la main ou les serrant dans leurs bras, se tiennent debout ou couchées sur l’herbe. Les brins d’herbe, d’un vert olive, peints un à un, se détachent en relief sur un fond plus sombre. Deux hommes aux corps minces aussi et glabres, armés de massues, sont debout. Deux autres gisent à terre. Les femmes paraissent indifférentes à ce spectacle, sauf l’une d’entre elles qui, la bouche ouverte, semble crier. [...] L’harmonie générale du tableau repose sur l’accord des verts sombres et du rose chaud, légèrement grisé, des corps nus. Au dos de la carte postale, dans la partie réservée à la correspondance et en haut, le titre du tableau, après le nom du peintre en majuscules (LUCAS CRANACH d. Ä) est répété en trois langues : Die Eifersucht — Envy — La Jalousie. »
(La Bataille de Pharsale, Minuit, 1969, p. 226-228)

L’Âge d’argent ou Les Effets de la jalousie est un tableau de Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553).
Selon l’interprétation dominante, il s’agit d’une illustration de la fin de l’Âge d’argent, telle qu’Hésiode la décrit dans Les Travaux et les Jours.
Cranach a peint vers 1530 plusieurs versions de ce thème. Claude Simon décrit probablement celle qui se trouve à la National Gallery à Londres.

 Pour davantage d’informations, lire la notice consacrée par jean H. Duffy à Lucas Cranach dans le Dictionnaire Claude Simon, p. 248-249.