<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.associationclaudesimon.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.associationclaudesimon.org/spip.php?id_rubrique=78&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Sabine Rossignol</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Sabine-Rossignol.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Sabine-Rossignol.html</guid>
		<dc:date>2026-01-23T15:27:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Des mots sur une rencontre : du saisissement au partage &lt;br class='autobr' /&gt; Janvier 2013 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mardi d'hiver apr&#232;s avoir pass&#233; des mois &#224; griffonner des citations, &#224; m'&#233;prouver dans des devoirs interminables, mes pas se dirigent vers cette vaste salle froide, impersonnelle o&#249; une multitude de candidats &#224; la mine blafarde et &#233;puis&#233;e se presse d&#233;j&#224;. L'&#233;preuve de didactique de l'agr&#233;gation interne de Lettres : sept heures face &#224; des corpus souvent imp&#233;n&#233;trables o&#249; le plaisir de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des mots sur une rencontre : du saisissement au partage&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L439xH300/simon_photo_place_monge2-2-fe115.jpg?1787937767' width='439' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Janvier 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi d'hiver apr&#232;s avoir pass&#233; des mois &#224; griffonner des citations, &#224; m'&#233;prouver dans des devoirs interminables, mes pas se dirigent vers cette vaste salle froide, impersonnelle o&#249; une multitude de candidats &#224; la mine blafarde et &#233;puis&#233;e se presse d&#233;j&#224;. L'&#233;preuve de didactique de l'agr&#233;gation interne de Lettres : sept heures face &#224; des corpus souvent imp&#233;n&#233;trables o&#249; le plaisir de d&#233;couvrir des textes litt&#233;raires qui nous r&#233;v&#232;lent &#224; nous-m&#234;mes n'existe d&#233;sormais plus tant l'exercice rel&#232;ve de la performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc avec une certaine appr&#233;hension que mes doigts feuillettent le sujet, mon regard se posant d'embl&#233;e sur les quatre auteurs retenus : Hugo, C&#233;line, Malraux et Simon. Si les deux premiers me paraissent rassurants et familiers, les deux autres r&#233;sonnent &#233;trangement en moi. L'auteur de &lt;i&gt;l'Espoir&lt;/i&gt; a ponctu&#233; mon itin&#233;raire de petite fille d'espagnols r&#233;publicains, quant &#224; Claude Simon j'en conserve seulement le souvenir d'une lecture studieuse de &lt;i&gt;La route des Flandres&lt;/i&gt; lors de mon ann&#233;e de licence. Ainsi, contrairement &#224; toutes les recommandations d'usage, j'aborde initialement la lecture des deux derniers textes intrigu&#233;e, je l'avoue, par ce titre &lt;i&gt;l'Acacia&lt;/i&gt; qui me para&#238;t bien po&#233;tique pour &#233;voquer les ravages et les monstruosit&#233;s de la guerre. Mon crayon parcourt d'abord fr&#233;n&#233;tiquement les lignes de Camus puis s'arr&#234;te sur ces mots &#171; Une fois de plus, dans ce pays de femmes en noir, se l&#232;ve le peuple mill&#233;naire des veuves &#187; qui font ressurgir en moi &#171; l'inflexion des voix ch&#232;res qui se sont tues &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Verlaine, Po&#232;mes saturniens, 1866.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avant de d&#233;buter la lecture du texte de Simon, je d&#233;pose sur le papier quelques platitudes sur l'auteur et je suis presque surprise de voir ressurgir des bribes de citations apprises sans doute &#224; la h&#226;te &#171; le r&#233;cit se d&#233;fait au moment m&#234;me o&#249; il se forme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Blanchot, Le livre &#224; venir, 1959.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; ce n'est pas la guerre qui est racont&#233;e mais le langage de la guerre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Barthes, Le degr&#233; z&#233;ro de l'&#233;criture, 1953.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, c'est avec une certaine s&#233;r&#233;nit&#233; que je pose mes yeux sur cet ultime extrait. D&#232;s les premi&#232;res lignes, j'y d&#233;couvre stup&#233;faite une langue fusionnant dans un raz-de-mar&#233;e infini tout ce que le personnage dit, voit, pense, ressent jusqu'&#224; effacer la d&#233;limitation des phrases et des paragraphes &#171; comme des fragments qui succ&#232;dent, se remplacent, se d&#233;masquent, s'entrechoquent, tournoyants : flancs de chevaux, bottes, sabots, croupes, chutes, fragments de cris, de bruit, l'air, l'espace &#187;. D&#233;sorient&#233;e, presque &#224; bout de souffle, transport&#233;e par les participes pr&#233;sents dans une parataxe accumulative o&#249; les rep&#232;res subjectifs vacillent et se r&#233;sorbent dans une g&#233;om&#233;trie &#233;clat&#233;e, je termine ma lecture sans m&#234;me pouvoir prendre une note. Les mots de Simon &#171; depuis longtemps la notion d'heure a perdu toute signification &#187; tourbillonnent en moi de fa&#231;on sporadique faisant vaciller tous mes rep&#232;res de candidate, mais je per&#231;ois que l'enjeu est ailleurs, dans l'intervalle de cette rencontre qui vient de se produire me rappelant cet extrait d'un roman lu l'&#233;t&#233; pr&#233;c&#233;dent &#171; les rencontres sont rarissimes, celles qui &#233;meuvent, transforment et tracent une fronti&#232;re sur le temps pour qu'il y ait un avant et un apr&#232;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yves Simon, La d&#233;rive des sentiments, 1984.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;preuve termin&#233;e, je n'ai qu'une id&#233;e en t&#234;te : me procurer &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Le soir, dans ma chambre d'h&#244;tel, les yeux br&#251;lants de fatigue, j'en d&#233;bute la lecture alors que dans les espaces voisins, d'autres esprits plus pragmatiques r&#233;visent laborieusement les citations qui devront &#234;tre couch&#233;es sur le papier le lendemain lors de la dissertation. Au petit matin, lorsque la sonnerie du r&#233;veil retentit, je rel&#232;ve brusquement mon &#233;paisse chevelure brune pos&#233;e n&#233;gligemment sur cet extrait de la section cinq &#171; Ce fut justement &#224; l'occasion d'un mariage qu'elle se trouva un jour plac&#233;e &#224; table &#224; c&#244;t&#233; d'un homme comme elle n'en avait jamais rencontr&#233; &#187;. Je m'entends encore murmurer un &#171; vivement ce soir&#8230; &#187; esp&#233;rant peut-&#234;tre qu'au milieu du chaos et de l'innommable il resterait une place infime pour quelques fragments de sentiments humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2023&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces vers de Victor Hugo r&#233;sonnent dans ma t&#234;te &#171; la terre pleure, le soleil froid p&#226;le et doux vient tard et part de bonne heure &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Victor Hugo, Les quatre vents de l'esprit, 1881.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les volets demeurent baiss&#233;s, les rires des &#233;l&#232;ves et des &#233;tudiants se sont tus, le doute ce &#171; spectre myope et sourd qui m'emm&#232;ne errer dans le bois sombre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Victor Hugo, Les chants du cr&#233;puscule, 1835.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; m'envahit chaque jour davantage. Je ne reconnais plus mon reflet dans le miroir, je me demande o&#249; est ma place, o&#249; est pass&#233;e cette flamme qui a toujours anim&#233; l'enseignante que je suis. Ce besoin insatiable de partager avec l'Autre aurait-il disparu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un matin pluvieux, dans ma bo&#238;te aux lettres, je d&#233;couvre un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Claude Simon Photographies&lt;/i&gt; envoy&#233; par mon coll&#232;gue grammairien de la facult&#233; accompagn&#233; de ce bref message &#171; En souvenir de nos longues journ&#233;es d'interrogations o&#249; Simon venait toujours fourrer le bout de son nez avec son style si singulier et passionn&#233;ment d&#233;routant &#8230; &#187;. Ne parvenant plus &#224; &#233;crire la moindre ligne depuis plusieurs semaines, mais fascin&#233;e depuis l'enfance par la photographie, je me hasarde dans la multitude de ces clich&#233;s en noir et blanc, ces traces d'une existence qui r&#233;v&#232;le son rapport au monde sans pourtant jamais se montrer car &#171; la photographie poss&#232;de un &#233;trange pouvoir : celui de m&#233;moriser ce que notre m&#233;moire est incapable de retenir c'est-&#224;-dire l'image de quelque chose qui n'a eu lieu, n'a exist&#233; que dans une fraction infime du temps &#187;. Volontairement, je m'abstiens de lire la pr&#233;face (la chose sera faite plus tard), je sais d&#233;j&#224; que l'artiste ne reconstituera pas une quelconque chronologie narrative, qu'il ne se perdra pas non plus dans des repr&#233;sentations o&#249; le corps est platement subjectiv&#233;. Au fond de moi, j'esp&#232;re tout autre chose : que Simon transforme le visible en m&#233;taphorique. Rapidement, une premi&#232;re photographie portant comme titre &#171; Apr&#232;s l'orage &#187; retient mon attention. Je sens mes doigts trembler en regardant cette silhouette de femme dont je ne verrai jamais les traits s'&#233;loigner de nous apr&#232;s la catastrophe dans un paysage d&#233;vast&#233; o&#249; le temps de l'apaisement n'existera jamais car il porte la trace ind&#233;l&#233;bile de ce qui fut. Puis, c'est &#171; Enveloppes de femme &#187; qui captive mon regard, je caresse imperceptiblement cette page qui ne met pas en sc&#232;ne le corps f&#233;minin comme tant d'autres l'ont fait, mais cherche &#224; restituer une pr&#233;sence physique presque tactile qui se fragmente sous les pliures du tissu proposant ainsi &#224; celui qui le regarde une v&#233;ritable exp&#233;rience de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse le livre ouvert sur mon bureau plusieurs jours, &#224; chaque fois que je le parcours je reconstitue mentalement les vides, les hors champs, les absences de visages. Je lis &#224; haute voix ces titres qui loin de r&#233;duire les possibles interpr&#233;tatifs rendent possibles les errances imaginatives. Puis enfin, sans m&#234;me le r&#233;aliser de fa&#231;on consciente, vient ce moment o&#249; je prends un crayon et une mis&#233;rable feuille de brouillon pour &#233;crire &#224; nouveau gr&#226;ce &#224; ces images qui tiennent lieu de pr&#233;cieuses &#171; gen&#232;ses &#187;. Je formule les premiers mots comme suit &#171; il existe des brisures qui ne s'effacent pas, pourtant au-del&#224; du v&#233;cu, il restera toujours des instantan&#233;s de pr&#233;sents &#224; capturer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;ambule dans Paris, je regarde cette ville que j'affectionne particuli&#232;rement avec un regard &#224; nouveau apais&#233;. Au printemps dernier, j'ai d&#233;couvert &lt;i&gt;Le jardin des plantes&lt;/i&gt;, roman o&#249; j'ai d'abord &#233;t&#233; s&#233;duite par les blancs et les espaces vides laissant au lecteur cette latitude interpr&#233;tative dont j'ai tant besoin. Je regrette tellement que mes &#233;tudiants se rassurent en affadissant les textes litt&#233;raires sous des pesanteurs formalistes. Avant mon d&#233;part, j'ai gliss&#233; ce livre de Simon au fond de mon sac avec l'intention d'en faire r&#233;sonner les mots une fois assise en bas du labyrinthe sur les chemins ombrag&#233;s qui contournent la butte, dans cet endroit unique o&#249; tant d'arbres racontent un fragment de notre Histoire. Je sais pourtant que le romancier n'&#233;voque pas cet endroit peu fr&#233;quent&#233;, mais je suis d&#233;sormais persuad&#233;e que pour arpenter l'&#233;criture simonienne il n'est pas n&#233;cessaire de convoquer la stricte r&#233;alit&#233; r&#233;f&#233;rentielle mais plut&#244;t d'&#234;tre pr&#234;t &#224; s'engager dans une exp&#233;rience exigeante relevant de l'empirique et du sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que mon s&#233;jour a pour vis&#233;e initiale de pr&#233;parer un voyage scolaire qui se d&#233;roulera au printemps suivant, je d&#233;cide sans remord de repousser la visite du Panth&#233;on pour me rendre &#224; la place Monge. J'ai en m&#233;moire -deux photographies de l'endroit prises par Claude Simon depuis son appartement lors de saisons diff&#233;rentes. C'est jour de march&#233;, je me retrouve dans une foule de parisiens press&#233;s et bruyants comme s'ils en oubliaient la saveur incomparable d'un moment de d&#233;ambulation. Je finis par me glisser discr&#232;tement dans le recoin d'une terrasse o&#249; j'ouvre le roman pour retrouver enfin ce passage : &#171; Derri&#232;re leurs formes ornementales (spirales, v&#233;g&#233;taux stylis&#233;s) apparaissent les feuillages &#233;pais et vert tendre des platanes qui ombragent la place &#187;. C'est alors que l'excipit de &lt;i&gt;l'Acacia&lt;/i&gt; me revient en m&#233;moire comme une r&#233;sonance : plus de dix ans se sont &#233;coul&#233;s depuis ma rencontre avec cette langue qui bouleverse autant qu'elle d&#233;range.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin d'apr&#232;s-midi, je m'octroie une escapade dans les jardins du mus&#233;e Rodin, cet artiste qui comme Simon fuit l'id&#233;alisation pour lui pr&#233;f&#233;rer la v&#233;rit&#233; du mouvement inachev&#233; et la primaut&#233; de la chair. Depuis le d&#233;but d'ann&#233;e, j'offre &#224; mes jeunes sixi&#232;mes des moments de &#171; lecture partag&#233;e &#187; &#224; partir des &lt;i&gt;M&#233;moires d'Hadrien&lt;/i&gt; de Yourcenar, ils ont appris &#224; d&#233;fier cette syntaxe qui se d&#233;robe sans cesse, ils affrontent courageusement cette &#233;criture de soi instable et fuyante pour laisser s'exprimer leurs ressentis de lecteurs libres. Encore aux portes de l'enfance, ils vont donc prochainement d&#233;couvrir le lieu o&#249; reposent les Grands Hommes puis je les m&#232;nerai vers cet endroit du 5&#232;me arrondissement o&#249; v&#233;cu cet Autre qui ne figure pas dans les manuels de coll&#232;ge, que les enseignants redoutent d'aborder en classe et que l'on nomme souvent &#171; un &#233;crivain difficile &#187;. Puis, nous nous installerons &#224; l'ombre du feuillage abondant du Sophora du Japon pr&#232;s de la Grande Galerie de l'Evolution pour partager deux passages du &lt;i&gt;Jardin des Plantes&lt;/i&gt; et l'ultime page de &lt;i&gt;l'Acacia&lt;/i&gt; car &#171; lire, c'est aller &#224; la rencontre d'une chose qui va exister &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Italo Calvino.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je sais qu'ils sont pr&#234;ts, qu'ils me font confiance quand je leur affirme avec toute la conviction qui est &#224; nouveau mienne &#171; qu'il est des rencontres fertiles qui valent bien des aurores &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Char, Correspondance avec Albert Camus, 1947.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sabine Rossignol&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte &#233;crit &#224; N&#238;mes en janvier 2026&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1617 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/image_sabine_rossignol.jpg?1768772567' width='500' height='604' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Verlaine, &lt;i&gt;Po&#232;mes saturniens&lt;/i&gt;, 1866.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maurice Blanchot, &lt;i&gt;Le livre &#224; venir&lt;/i&gt;, 1959.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Barthes, &lt;i&gt;Le degr&#233; z&#233;ro de l'&#233;criture&lt;/i&gt;, 1953.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yves Simon, &lt;i&gt;La d&#233;rive des sentiments&lt;/i&gt;, 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Victor Hugo, &lt;i&gt;Les quatre vents de l'esprit&lt;/i&gt;, 1881.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Victor Hugo, &lt;i&gt;Les chants du cr&#233;puscule&lt;/i&gt;, 1835.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Italo Calvino.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Char, &lt;i&gt;Correspondance avec Albert Camus&lt;/i&gt;, 1947.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Christian Cavaill&#233;</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Christian-Cavaille.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Christian-Cavaille.html</guid>
		<dc:date>2023-11-06T22:11:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les G&#233;orgiques</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Michel-de-Vax</dc:subject>
		<dc:subject>Cavaill&#233;, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les G&#233;orgiques &#224; Saint-Michel de-Vax &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon publie Les G&#233;orgiques en 1981. Le titre du roman reprend celui d'un grand po&#232;me de Virgile &#233;crit en latin au 1er si&#232;cle av. J. -C., Georgica, qui signifie litt&#233;ralement &#171; travaux de la terre &#187;. Virgile y c&#233;l&#232;bre ces travaux accord&#233;s aux rythmes naturels en &#233;voquant tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment les soins &#224; donner &#224; la terre avec l'espoir que la paix et &#224; la prosp&#233;rit&#233; vont bient&#244;t r&#233;gner alors que la p&#233;riode est particuli&#232;rement troubl&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Georgiques-+.html" rel="tag"&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Saint-Michel-de-Vax-+.html" rel="tag"&gt;Saint-Michel-de-Vax&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Cavaille-Christian-+.html" rel="tag"&gt;Cavaill&#233;, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_142 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Image_1-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Image_1-2.jpg?1332451449' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Michel-de-Vax
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; &#224; Saint-Michel de-Vax &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon publie &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; en 1981. Le titre du roman reprend celui d'un grand po&#232;me de Virgile &#233;crit en latin au 1er si&#232;cle av. J. -C., &lt;i&gt;Georgica&lt;/i&gt;, qui signifie litt&#233;ralement &#171; travaux de la terre &#187;. Virgile y c&#233;l&#232;bre ces travaux accord&#233;s aux rythmes naturels en &#233;voquant tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment les soins &#224; donner &#224; la terre avec l'espoir que la paix et &#224; la prosp&#233;rit&#233; vont bient&#244;t r&#233;gner alors que la p&#233;riode est particuli&#232;rement troubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le roman de Claude Simon, les trois personnages importants ne sont jamais compl&#232;tement nomm&#233;s et l'auteur n'en parle qu'&#224; la troisi&#232;me personne, ce qui contribue &#224; les rapprocher. Le lecteur parvient cependant assez vite &#224; les identifier. L'un d'eux est le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/le-General-Lacombe-Saint-Michel.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;g&#233;n&#233;ral Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel&lt;/a&gt; (1753-1812), un anc&#234;tre de l'auteur ; il a particip&#233; aux guerres de la R&#233;volution et de l'Empire, il est n&#233; et mort au &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Saint-Michel-de-Vax-Tarn.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ch&#226;teau de Saint-Michel-de-Vax&lt;/a&gt;, un village du Tarn situ&#233; entre le Quercy et l'Albigeois, proche de Penne, de Saint-Antonin-Noble-Val et de Cordes-sur-Ciel. Un autre personnage est Claude Simon lui-m&#234;me, emport&#233; avec d'autres militaires dans la d&#233;b&#226;cle de l'arm&#233;e fran&#231;aise en mai-juin 1940 dans le Nord de la France. Le troisi&#232;me personnage, Georges Orwell, s'engage dans les rangs des milices populaires qui combattent le franquisme pendant la guerre civile espagnole ; il est t&#233;moin des combats fratricides &#224; Barcelone en 1937, est lui-m&#234;me menac&#233; et poursuivi avant de rentrer en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; des &#233;poques diff&#233;rentes, glorieuses ou d&#233;sastreuses, mais qui sont toutes tumultueuses et violentes, ces personnages vivent des &#233;v&#233;nements et des exp&#233;riences qui semblent se r&#233;p&#233;ter, se superposer et parfois se confondre, en m&#234;me temps que reviennent et se perp&#233;tuent les m&#234;mes travaux des champs, les alternances des saisons, travaux et saisons comme indiff&#233;rents aux d&#233;sordres &#233;prouvants qui dans les guerres et les d&#233;b&#226;cles deviennent le quotidien des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit ni d'un roman historique ni d'un roman au sens classique ; le texte entrem&#234;le les fils de diverses histoires et surtout rend sensible une profusion d'impressions, de r&#233;miniscences et d'&#233;chos dans laquelle la rupture des &#233;quilibres rassurants fait contraste avec la perp&#233;tuation des rythmes naturels, dans laquelle divers pr&#233;sents et divers pass&#233;s coexistent au point que les contours parfois disparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Jean-Pierre Lacombe parcourt l'Europe des guerres r&#233;volutionnaires et napol&#233;oniennes ; il envoie de longues lettres &#224; l'intendante de ses terres &#224; Saint-Michel-de-Vax ; ces lettres contiennent des recommandations d&#233;taill&#233;es concernant les cultures et plantations &#224; faire selon les saisons. Devenu impotent il revient au ch&#226;teau et, &#224; l'approche de la mort, passe de longs moments face &#224; la campagne environnante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;... le vieux corps us&#233; percevant maintenant la ti&#233;deur du soleil d'hiver, le parfum d'ozone de l'air glac&#233;, les craquements t&#233;nus du gel, l'odorante fra&#238;cheur des nuits de printemps, les voix des rossignols, les senteurs des foins coup&#233;s, des feuilles pourrissantes &#224; l'automne, des chaumes br&#251;l&#233;s, l'appel du coucou r&#233;percut&#233; dans les bois...&lt;br class='autobr' /&gt;
... pesamment assis sur cette terrasse, les yeux fixes, perdus, regardant chaque soir les ombres ramper lentement sur les pr&#233;s, envahir le vallon, ensevelir l'un apr&#232;s l'autre les bois, les haies, noircir peu &#224; peu l'&#233;mouvant profil du coteau d&#233;coup&#233; sur le ciel, &#233;paissir l'obscurit&#233; sous les feuillages de l'all&#233;e d'ormeaux, &#233;tendant comme un noir manteau le nostalgique et silencieux cr&#233;puscule d&#233;chir&#233; de loin en loin par l'aboiement affaibli du chien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alors que &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; de Virgile &#233;voquent po&#233;tiquement une nature nourrici&#232;re, des travaux en harmonie avec elle ainsi qu'un espoir de paix durable malgr&#233; les menaces,&lt;i&gt; Les G&#233;orgique&lt;/i&gt;s de Claude Simon avec la prose po&#233;tique de leurs longues phrases font entendre comme une rumeur obs&#233;dante les bruissements et les craquements, les rythmes et les entrechocs du monde naturel et r&#233;el dans lequel sont &#233;galement plong&#233;es et emport&#233;es les diverses histoires humaines, quelles soient personnelles, collectives ou anonymes, histoires au cours souvent heurt&#233; et tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les lignes cit&#233;es plus haut, le paysage sous le regard du personnage est bien localis&#233; et dat&#233; mais le phras&#233; qui l'&#233;voque po&#233;tiquement lui donne un sens universel, c'est-&#224;-dire universellement sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'arrive de penser que les va-et-vient du g&#233;n&#233;ral entre les campagnes militaires europ&#233;ennes et la campagne tarnaise dans une &#233;poque aux inqui&#233;tudes diff&#233;rentes des n&#244;tres ont, toute proportion gard&#233;e, quelque chose de semblable aux va-et-vient que beaucoup d'entre nous effectuent physiquement ou plus souvent encore virtuellement, dans leur pens&#233;e et leur m&#233;moire, entre la capitale et le Tarn. Je recommande donc sur le trajet aller-retour en train entre Paris et le Tarn, m&#234;me si elle est exigeante, la lecture du roman &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte paru dans &lt;i&gt;JOURNAL L'AUTAN, Le Journal des tarnais de Paris&lt;/i&gt;, n&#176; 2, septembre 2020&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://alumni.ens-lyon.fr/fr/article/memoires-des-ens-temoignage-de-christian-cavaille/27/12/2022/229&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en savoir plus sur Christian Cavaill&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alain Dupouy</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Alain-Dupouy.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Alain-Dupouy.html</guid>
		<dc:date>2019-09-02T23:50:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi un &#233;tudiant tout &#224; fait ordinaire, occup&#233; en cette fin d'&#233;t&#233; 1978 &#224; chercher sa pitance dans l'ancienne biblioth&#232;que de Mont de Marsan, c'est-&#224;-dire trouver enfin un sujet pour son m&#233;moire de ma&#238;trise en ouvrant au hasard et sans aucune m&#233;thode les ouvrages qui lui paraissaient les plus r&#233;cents, puisqu'il cherchait un auteur vivant, dont il ne connaissait quasiment aucun nom, les programmes universitaires &#233;tant ce qu'ils &#233;taient alors, pourquoi cet &#233;tudiant, fils de paysan grandi (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi un &#233;tudiant tout &#224; fait ordinaire, occup&#233; en cette fin d'&#233;t&#233; 1978 &#224; chercher sa pitance dans l'ancienne biblioth&#232;que de Mont de Marsan, c'est-&#224;-dire trouver enfin un sujet pour son m&#233;moire de ma&#238;trise en ouvrant au hasard et sans aucune m&#233;thode les ouvrages qui lui paraissaient les plus r&#233;cents, puisqu'il cherchait un auteur vivant, dont il ne connaissait quasiment aucun nom, les programmes universitaires &#233;tant ce qu'ils &#233;taient alors, pourquoi cet &#233;tudiant, fils de paysan grandi dans un monde sans livres comme bien d'autres &#224; cette &#233;poque, a-t-il pris &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; (l&#224; aussi, dirait-on, comme beaucoup) et s'y est-il int&#233;ress&#233;, au point qu'aujourd'hui le d&#233;j&#224; vieil homme qu'il est devenu a le sentiment qu'il y a pour lui un avant et un apr&#232;s Claude Simon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, curieusement, la lecture des &lt;i&gt;Communistes&lt;/i&gt; d'Aragon, cet &#233;norme roman inachev&#233; au titre, pour moi, assez d&#233;courageant (quelle erreur !), qui traite pr&#233;cis&#233;ment de cette m&#234;me p&#233;riode de mai 1940 dont les deux &#233;crivains semblent n'avoir jamais r&#233;ussi &#224; sortir compl&#232;tement et qui ont, &#233;tonnamment et par-del&#224; leurs radicales diff&#233;rences, des th&#233;matiques communes, ne serait-ce que le mat&#233;riau biographique compris comme un pr&#233;texte &#224; l'&#233;criture, qui m'a pouss&#233; &#224; relire une fois de plus &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; et, du coup, &#224; parcourir votre site et sa page des &#171; premi&#232;res fois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, oui, je me souviens de ma premi&#232;re fois : il m'en vient tout d'abord la sensation de lassitude et de d&#233;couragement face &#224; l'accumulation st&#233;rile d'ouvrages et de premi&#232;res pages vite parcourues au hasard des murs de rayonnages parmi lesquels j'errais ; puis, sans raccord, l'image de ce livre, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, moins l'image d'ailleurs que quelques sensations proprement mat&#233;rielles : du bleu et du blanc, le poids souple du volume dans mes mains, l'&#233;paisseur rugueuse, granul&#233;e des pages tournant sous mes doigts, que j'ai peut-&#234;tre senties lourdes d'un plaisir &#224; venir, en tout cas dociles &#224; mon attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet instant, je crois, ou est-ce que j'imagine ?&#8211; mais non, j'en suis s&#251;r, je l'ai encore sous mes yeux, mes yeux de maintenant et mes yeux d'alors, il s'est pass&#233; quelque chose, sinon, pourquoi l'aurais-je choisi, lui et pas un autre parmi tous les autres, quelque chose qui probablement n'arrive que lorsqu'on est jeune et un peu perdu, disponible alors au premier choc que l'on a la chance, ou la malchance, d'&#233;prouver : d&#232;s les premiers mots (vous vous souvenez : &#171; Il tenait une lettre &#224; la main, il leva les yeux me regarda puis de nouveau la lettre puis de nouveau moi, derri&#232;re lui je pouvais voir aller et venir passer les taches rouges acajou ocre des chevaux qu'on menait &#224; l'abreuvoir, la boue &#233;tait si profonde&#8230; &#187;) l'impression d'une voix que le jeune homme d'alors a comprise imm&#233;diatement, dans cette premi&#232;re page o&#249; le texte d&#233;bute un peu au-dessus du milieu, comme s'il n'&#233;tait que la suite d'un r&#233;cit commenc&#233; depuis longtemps, cette page merveilleusement tra&#238;tresse parce que sa l&#233;g&#232;ret&#233; typographique et son caract&#232;re de paragraphe ne correspondent en rien &#224; la compacit&#233; des pages qui suivent. L'impression de saisir au vol une conversation int&#233;rieure dont il suffisait de suivre la pulsation profonde pour s'y immerger, un peu comme un oc&#233;an aux vagues duquel le corps se plie avec ravissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, c'est l'homme d'aujourd'hui qui parle ici, qui tente de rendre avec ses mots de maintenant la force d'attraction encore intacte qu'il a alors &#233;prouv&#233;e. Le gar&#231;on de vingt-deux ans, lui, mettrait quelques mois &#224; comprendre qu'il venait de p&#233;n&#233;trer dans un territoire nouveau, in&#233;dit, immense. Et encore quelques ann&#233;es &#224; se rendre compte qu'il avait fait de la tension formelle que Simon porte au plus haut, &#224; cet endroit que son &#233;criture ne cesse de creuser, une sorte d'&#233;talon pour mesurer la valeur des livres qu'il ouvrirait tout au long de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc emprunt&#233; le livre et l'ai termin&#233; chez moi. Puis, apr&#232;s avoir compris que sa bibliographie &#233;tait d&#233;j&#224; telle que je n'avais aucune chance de trouver quoi que ce soit d'un peu personnel &#224; dire, je suis revenu &#224; la biblioth&#232;que, j'ai ouvert les livres de Simon qui s'y trouvaient et les premi&#232;res pages de &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; ( &#171; l'une d'elles touchait presque la maison et l'&#233;t&#233; quand je travaillais tard dans la nuit assis devant la fen&#234;tre ouverte je pouvais la voir ou du moins ses derniers rameaux &#233;clair&#233;s par la lampe &#8230; &#187; ) m'ont procur&#233; &#224; nouveau les m&#234;mes sensations que &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; ; la bibliographie en &#233;tait tr&#232;s modeste dans ces ann&#233;es et j'ai trouv&#233; assez vite le titre de mon travail : &#171; L'&#233;criture et la m&#233;moire dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; &#187;. Je l'avais trouv&#233; sans percevoir sur le moment que ce th&#232;me constituerait le c&#339;ur de mon go&#251;t profond et d&#233;finitif pour tous les livres de Simon, d&#233;j&#224; convaincu que l'aspect formaliste, dont Ricardou &#233;tait alors le pape, ne prenait toute sa force que si on l'irriguait avec la puissance vitale qui m'emportait lorsque je le lisais, m'emportait et me d&#233;faisait, l'&#233;pigraphe de &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; repr&#233;sentant peut-&#234;tre le mieux, &#224; mes yeux, l'univers du romancier :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela nous submerge. Nous l'organisons. Cela tombe en morceaux.&lt;br/&gt;
Nous l'organisons de nouveau et tombons nous-m&#234;mes en morceaux. &#187;&lt;br/&gt; Rilke&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Enfin, tout cela n'a d'int&#233;r&#234;t que pour moi ; mais votre site m'a donn&#233; l'occasion de revenir sur quelque chose de fondateur dans ma vie, et surtout l'occasion de relire une fois de plus les livres de Simon.&lt;br/&gt;
Je vous en remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dupouy-Alain.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Alain Dupouy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guy Delaunay</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Guy-Delaunay.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Guy-Delaunay.html</guid>
		<dc:date>2019-02-05T23:18:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>La Bataille de Pharsale</dc:subject>
		<dc:subject>Delaunay, Guy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon et le religieux ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit pour moi d'effectuer un retour &#224; l'&#339;uvre de Claude Simon, apr&#232;s plus de quarante ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'origine, en 1973, un m&#233;moire de ma&#238;trise de lettres modernes intitul&#233; &#171; Analyse structurale de la Bataille de Pharsale &#187;, portant sur un auteur pratiquement inconnu &#224; cette &#233;poque, Claude Simon. L'&#233;tude pr&#233;supposait un certain nombre de th&#233;ories d'analyses textuelles &#224; base de linguistique fran&#231;aise. Tels, l'emploi de l'analyse fonctionnelle de Roman (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-La-Bataille-de-Pharsale-+.html" rel="tag"&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Delaunay-Guy-388-+.html" rel="tag"&gt;Delaunay, Guy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Simon et le religieux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit pour moi d'effectuer un retour &#224; l'&#339;uvre de Claude Simon, apr&#232;s plus de quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, en 1973, un m&#233;moire de ma&#238;trise de lettres modernes intitul&#233; &#171; Analyse structurale de &lt;i&gt;la Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; &#187;, portant sur un auteur pratiquement inconnu &#224; cette &#233;poque, Claude Simon. L'&#233;tude pr&#233;supposait un certain nombre de th&#233;ories d'analyses textuelles &#224; base de linguistique fran&#231;aise. Tels, l'emploi de l'analyse fonctionnelle de Roman Jakobson, l'opposition r&#233;cit-discours de Charles Benv&#233;niste, l'emploi de la m&#233;taphore et de la m&#233;tonymie, l'usage d'une rh&#233;torique des figures, et, bien-s&#251;r, le concept d'intertextualit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es plus tard, m'&#233;tant orient&#233; vers des &#233;tudes en sciences religieuses dans une facult&#233; de th&#233;ologie catholique, donc un tout autre contexte universitaire, et ayant eu connaissance de la parution des autres &#339;uvres de Claude Simon, entre-temps bien justement &#171; nobellis&#233; &#187;, j'ai eu l'id&#233;e de revenir sur une question qui, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, m'avait perturb&#233;. Je veux parler du traitement du religieux dans son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture du chapitre &#171; C&#233;sar &#187; de &lt;i&gt;la Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; me d&#233;ciderait presque &#224; reprendre cette question. En effet l'extraordinaire description des pages 126-127 (&#233;dition de minuit, 1969) &#233;voque de fa&#231;on saisissante la Passion du Christ sous le regard implacable d'un C&#233;sar fig&#233; dans tout son Pouvoir. Le politique terrassant le Christianisme au plan sp&#233;cifiquement terrestre : &#171; J&#233;sus tombe pour la premi&#232;re fois &#8211; J&#233;sus tombe pour la seconde fois &#187; [Pas de troisi&#232;me fois ici : elle sera la revanche (mais pour quel r&#233;sultat effectif ?) de l'autre Logique, la Logique religieuse chr&#233;tienne. Dans ces pages, dans tout le vertige du paradoxe simonien, peut-&#234;tre une des plus belles pages de la litt&#233;rature fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une analyse minutieuse resterait &#224; faire pour &#233;tudier la fonction du religieux dans l'ensemble de l'&#339;uvre simonienne. On le d&#233;couvrirait probablement dans toute son ambigu&#239;t&#233; et dans toute sa complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guy Delaunay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Claude Boisnard</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Boisnard.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Boisnard.html</guid>
		<dc:date>2018-08-07T00:27:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Boisnard, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'avais ouvert La Route des Flandres il y a bien longtemps, alors que je faisais mon service militaire, et il m'&#233;tait tomb&#233; des mains, je n'ai jamais renouvel&#233; l'exp&#233;rience, jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, il y a deux mois. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un travail photographique qui m'y a amen&#233; apr&#232;s quelques d&#233;tours. Travail men&#233; &#224; l'occasion d'un chantier qui bouleverse la ville dans laquelle je vis, autour d'un nouveau tramway, travail pour lequel j'esquisse une d&#233;marche photographique faite de superposition et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Photographie-+.html" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Boisnard-Claude-+.html" rel="tag"&gt;Boisnard, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_950 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Claude_Boisnard_Tramway_StPierre_essai_1ter_2.jpg' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Claude_Boisnard_Tramway_StPierre_essai_1ter_2.jpg?1533634204' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'avais ouvert &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; il y a bien longtemps, alors que je faisais mon service militaire, et il m'&#233;tait tomb&#233; des mains, je n'ai jamais renouvel&#233; l'exp&#233;rience, jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, il y a deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un travail photographique qui m'y a amen&#233; apr&#232;s quelques d&#233;tours. Travail men&#233; &#224; l'occasion d'un chantier qui bouleverse la ville dans laquelle je vis, autour d'un nouveau tramway, travail pour lequel j'esquisse une d&#233;marche photographique faite de superposition et de tentative de rendre compte du caract&#232;re chaotique des chantiers. Je nourris ma d&#233;marche de recherches sur internet, variant les th&#233;matiques, jusqu'&#224; ce qu'un jour au bas d'une page de r&#233;sultats je tombe sur l'ouvrage d'Ir&#232;ne Albers : &lt;i&gt;Claude Simon moments photographiques&lt;/i&gt;, dans lequel je retrouve des aspects de ma d&#233;marche, mais du coup je m'empresse d'acheter &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; pour voir, puis &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, dont je n'arrive pas &#224; m'arracher, une lecture hypnotique, le chaos, le d&#233;sordre des souvenirs qui ne respectent aucune chronologie, l'errance, l'&lt;i&gt;Ulysse&lt;/i&gt; de Joyce (un jour de juin 1904, [Bloom ?])... puis &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, qui me fascinent tout autant que &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, et m'aspirent, comme la vitesse du train aspire le paysage et le voyageur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; dont le chapitre IV me contrarie, voire me f&#226;che : d'o&#249; vient ce regard en surplomb, qui tombe sur (O.) et le disqualifie, qu'est-ce qui justifie la condamnation d'un r&#233;cit qui tente de trouver un sens &#224; un combat, le combat contre une moit&#233; de l'Espagne et particuli&#232;rement contre ces chefs militaires qui imposent leur sens, leur dieu, leur ordre ? En quoi, face &#224; cela, le dilettantisme voyeur est-il pr&#233;f&#233;rable &#224; l'engagement ? Le regard sur (O.) et tous ceux qui ont lutt&#233; pour leur dignit&#233; de ce c&#244;t&#233; l&#224; me trouble, m'interroge, et je renvoie des questions au narrateur qui ne r&#233;pondra jamais : (O.) se pr&#233;nomme Georges, et du coup, qui sait, pourquoi Georges ? Faut-il lire &lt;i&gt;Les Georgiques&lt;/i&gt; plut&#244;t que (ou en m&#234;me temps que) les &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette semaine j'entame &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, dont j'ai bien du mal &#224; interrompre la lecture de temps en temps&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, une d&#233;couverte tardive, une rencontre plus que stimulante (c'est la premi&#232;re fois que je cherche &#224; compl&#233;ter la lecture d'une s&#233;rie de romans par des informations sur l'auteur, de fa&#231;on presque insatiable). La lecture de ces romans s'inscrit dans la liste de mes ouvrages de pr&#233;dilection, dont beaucoup sont li&#233;s &#224; l'errance : Joyce donc avec &lt;i&gt;Ulysse&lt;/i&gt;, l'&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, mais aussi &lt;i&gt;Jacques le Fataliste&lt;/i&gt;, qui erre &#224; cheval, &#233;changeant avec son ma&#238;tre, de digression en digression, consultant sa gourde et multipliant les allusions &#224; son capitaine, &lt;i&gt;Don Quichotte&lt;/i&gt;, mais aussi &lt;i&gt;La Montagne de l'&#194;me&lt;/i&gt;, de Gao Xingjan, autre prix Nobel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte de votre site, et de ses nombreux documents (le sch&#233;ma du parcours de Georges un jour de mai 40 par exemple) a &#233;t&#233; un adjuvant non n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Boisnard&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour d&#233;couvrir ses photographies : &lt;a href=&#034;https://cboisnardphotographies.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://cboisnardphotographies.wordpress.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous remercions vivement Claude Boisnard de nous avoir confi&#233; la photographie ci-dessus (que vous pouvez agrandir en cliquant sur l'image). Voici ce qu'il &#233;crit &#224; propos de cette s&#233;rie (tr&#232;s simonienne) en cours :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais d&#233;cid&#233; de travailler en proc&#233;dant par superposition de photographies prises &#224; des moments diff&#233;rents, sous des angles diff&#233;rents, avec des focales diff&#233;rentes (ou pas).&lt;br/&gt;
La lecture d'Ir&#232;ne Albers, puis de Claude Simon a confort&#233; ma d&#233;marche, surtout la lecture des romans :&lt;i&gt; Le Tramway&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;la Route des Flandres&lt;/i&gt; (deux fois puis de nombreux retours ponctuels) puis les &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; l'Acacia&lt;/i&gt; (en cours). Le narrateur y proc&#232;de &#224; des retours sur certains &#233;v&#233;nements, jamais d&#233;crits de fa&#231;on identique, abord&#233;s &#224; chaque fois &#224; l'issue d'un cheminement diff&#233;rent, sous un angle qui n'est jamais le m&#234;me. En sorte que le lecteur que je suis en garde une &#171; image &#187;, des sensations, qui sont faites de la superposition de plusieurs strates, superpos&#233;es, qui ne co&#239;ncident pas vraiment, dont chacune est &#171; vraie &#187;, comme est &#171; vraie &#187; l'image composite.&lt;br/&gt;
J'avais l'id&#233;e de travailler sur les chantiers comme autant de &#171; chaos momentan&#233;s mais durables &#187; (18 mois de travaux, jusqu'en septembre 2019), l'&#233;criture de Claude Simon est particuli&#232;rement adapt&#233;e &#224; rendre compte du chaos du monde.&lt;br/&gt;
Il s'agit ici du chevet de l'&#233;glise saint Pierre, &#224; Caen, pendant la premi&#232;re phase des travaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Michel Pr&#233;vot</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Michel-Prevot.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Michel-Prevot.html</guid>
		<dc:date>2018-05-08T21:00:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert tardivement Claude Simon avec Le Tramway, glan&#233; &#224; la librairie Ombres blanches en 2001. Ce court r&#233;cit aux phrases somptueuses m'a tout de suite s&#233;duit et j'ai d&#233;vor&#233; &#224; la suite La route des Flandres qui a &#233;t&#233; un choc (comparable &#224; Le Bruit et la fureur et Du c&#244;t&#233; de chez Swann). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les longues phrases de Simon, leur canevas, suivent le processus mental habituel (physiologique) du cerveau humain , comme chez Proust, et l'intelligence du monde et des hommes qui s'en d&#233;gage est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert tardivement Claude Simon avec &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, glan&#233; &#224; la librairie Ombres blanches en 2001. Ce court r&#233;cit aux phrases somptueuses m'a tout de suite s&#233;duit et j'ai d&#233;vor&#233; &#224; la suite &lt;i&gt;La route des Flandres&lt;/i&gt; qui a &#233;t&#233; un choc (comparable &#224; &lt;i&gt;Le Bruit et la fureur&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Du c&#244;t&#233; de chez Swann&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les longues phrases de Simon, leur canevas, suivent le processus mental habituel (physiologique) du cerveau humain , comme chez Proust, et l'intelligence du monde et des hommes qui s'en d&#233;gage est une R&#233;v&#233;lation (on touche au Myst&#232;re du monde). De fait, je suis fascin&#233; depuis mon enfance par les Livres, et en particulier par la Litt&#233;rature &#171; exigeante &#187; que je place au-dessus de tout (de la vie elle-m&#234;me !) car elle d&#233;finit la singularit&#233; de l'Homme dans le cosmos, mieux que la Philosophie (qui s'&#233;gare trop souvent) ou la Religion (qui d&#233;fie l'intelligence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien-s&#251;r, comme Claude Simon, je suis lecteur de Proust et de Faulkner (jusqu'&#224; faire le voyage vers son fameux comt&#233;). Enthousiasm&#233;, j'ai &#233;crit une longue lettre &#224; Claude Simon par l'interm&#233;diaire des &#201;ditions de Minuit en juin 2001, o&#249; je le remerciais d'avoir cr&#233;&#233; une oeuvre-monde que j'avais l'intention de lire en entier. J'eus la surprise de recevoir une r&#233;ponse manuscrite (inesp&#233;r&#233;e !) du Ma&#238;tre. Boulevers&#233; , j'ai &#233;crit une deuxi&#232;me longue lettre, de gratitude, et d&#233;crivant l'intrication de la Litt&#233;rature avec mon parcours (dans la m&#233;decine en autre) allant de la &lt;i&gt;trilogie de Pan&lt;/i&gt;, Rabelais, &lt;i&gt;Narcisse et Goldmund&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le p&#232;re Goriot&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le portrait de Dorian Gray&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Monsieur Teste&lt;/i&gt; etc ... jusqu'&#224; Dosto&#239;evski , &lt;i&gt;Le ma&#238;tre et Marguerite&lt;/i&gt;, et l'int&#233;grale de Proust et Faulkner (et Joyce !)).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploration de l'&#339;uvre de Claude Simon est comparable &#224; la d&#233;couverte d'un continent, on d&#233;couvre au fur et &#224; mesure des v&#233;rit&#233;s cach&#233;es, inconnues jusqu'alors, insoup&#231;onn&#233;es. On pousse les murs, notre vie s'en trouve comme agrandie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Pr&#233;vot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean Petrissans</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Jean-Petrissans.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Jean-Petrissans.html</guid>
		<dc:date>2017-04-22T13:09:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Petrissans, Jean</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je viens de terminer la lecture du Tramway, mais ce n'est pas la premi&#232;re fois que je lis un texte (texte convient-il mieux que roman ? je vous laisse juge) de Claude Simon. &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re fois, c'&#233;tait il y a bien longtemps, largement plus de vingt ans, c'est certain, et je ne me souviens ni du titre ni de l'histoire (s'il y en a une), ni m&#234;me de l'ambiance, de la coloration du r&#233;cit. Inutile de rechercher dans ma biblioth&#232;que, le livre n'y est pas. A une &#233;poque d'assez grande pauvret&#233;, j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Petrissans-Jean-368-+.html" rel="tag"&gt;Petrissans, Jean&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je viens de terminer la lecture du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, mais ce n'est pas la premi&#232;re fois que je lis un texte (texte convient-il mieux que roman ? je vous laisse juge) de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois, c'&#233;tait il y a bien longtemps, largement plus de vingt ans, c'est certain, et je ne me souviens ni du titre ni de l'histoire (s'il y en a une), ni m&#234;me de l'ambiance, de la coloration du r&#233;cit. Inutile de rechercher dans ma biblioth&#232;que, le livre n'y est pas. A une &#233;poque d'assez grande pauvret&#233;, j'ai vendu &#224; un bouquiniste, sur un trottoir, &#224; l'arri&#232;re de ma voiture, tous les livres qu'il a bien voulu m'acheter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul souvenir que je garde de cette premi&#232;re lecture est celui de la densit&#233; et du foisonnement, &#233;trangement m&#234;l&#233;s parce que pour moi un peu antinomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, j'ai le temps et j'ai retrouv&#233; quelques moyens financiers. Alors je lis. Et je lis les &#233;ditions de Minuit, vite, beaucoup, de mani&#232;re syst&#233;matique. On n'est jamais d&#233;&#231;u, avec les &#233;ditions de Minuit ; &#224; chaque fois, on nous propose un exercice de style, quelque chose d'innovant, de frais et surtout de bien &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, dans la pile &#034;&#201;ditions de Minuit&#034; de mon bouquiniste, je tombe sur &lt;i&gt;Le tramway&lt;/i&gt;. Claude Simon, me dis-je, j'ai lu &#231;a dans le pass&#233;, quelqu'un de Perpignan, que je connais un peu (mes parents y ont v&#233;cu quelques ann&#233;es), pas tr&#232;s loin de St-Cyprien-Plage o&#249; j'ai travaill&#233;, comme man&#339;uvre, &#224; la construction du port de plaisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va pour Claude Simon. Coup de hasard, la situation se passe principalement &#224; Perpignan et dans sa r&#233;gion. Et surprise aussi parce que cette fois-ci ce n'est plus la densit&#233; que je retiens mais la l&#233;g&#232;ret&#233;, et toujours le foisonnement, l'enchev&#234;trement d'images pr&#233;cises et color&#233;es, l'ensemble d&#233;gageant une sensualit&#233; certaine et manifestant une avidit&#233; d'observations assez r&#233;jouissantes. J'ai m&#234;me cru y d&#233;celer une forme d'ironie froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Petrissans&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Valentin Vouriot</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Valentin-Vouriot.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Valentin-Vouriot.html</guid>
		<dc:date>2016-05-20T11:29:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre me fut-il donn&#233; d'entrer dans cette oeuvre comme dans un bordel d'avant-poste. Vaillant puis rougissant, r&#233;calcitrant donc nonchalant, j'&#233;tais apeur&#233; &#224; n'en pas douter. Sans cesse j'y br&#251;lais, lecteur inadapt&#233;, balbutiant. Que dire de ces phrases enchev&#234;tr&#233;es &#224; la causalit&#233; suspicieuse quand seuls restent &#224; la premi&#232;re lecture, des images, des points de vue aberrants ? De plus l'&#339;uvre, une fois parcourue plus amplement, rend poreuses les fronti&#232;res circonscrites par les titres, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-&#234;tre me fut-il donn&#233; d'entrer dans cette oeuvre comme dans un bordel d'avant-poste. &lt;br/&gt;
Vaillant puis rougissant, r&#233;calcitrant donc nonchalant, j'&#233;tais apeur&#233; &#224; n'en pas douter. Sans cesse j'y br&#251;lais, lecteur inadapt&#233;, balbutiant. &lt;br/&gt;
Que dire de ces phrases enchev&#234;tr&#233;es &#224; la causalit&#233; suspicieuse quand seuls restent &#224; la premi&#232;re lecture, des images, des points de vue aberrants ? &lt;br/&gt;
De plus l'&#339;uvre, une fois parcourue plus amplement, rend poreuses les fronti&#232;res circonscrites par les titres, comme la guerre d&#233;fait les pays, la lutte ou la sexualit&#233; les corps et les noms. &lt;br/&gt;
Ma m&#233;moire aujourd'hui encore ne conservent de cette oeuvre que des bribes d'images, des fragments de narration, des liaisons. &lt;br/&gt;
Si ma m&#233;moire est confuse &#224; son &#233;gard, ce que je sais pour s&#251;r, c'est que j'&#233;tais encore jeune, et que je ne le savais pas. Je croyais encore pouvoir voir. Je ne verrai rien. &lt;br/&gt;
Rien d&#233;sormais que ce que la lampe de l'&#233;criture &#233;prise d'une libert&#233; folle permet d'explorer en son humble technique. &lt;br/&gt;
Jamais &#339;uvre ne fut pour moi aussi cons&#233;quente, n'infl&#233;chit tant mon d&#233;sir d'&#233;crire, de lire - quand bien m&#234;me elle en d&#233;voilait n&#233;gativement la vacuit&#233;. &lt;br/&gt;
Cette &#233;criture qui usait et abusait de la citation s'en faisait paradoxalement le refus. &lt;br/&gt; Aussi grav&#233;e, inscrite soit-elle d&#233;sormais, fixe &#224; jamais dans son montage, elle conserve dans son mouvement m&#234;me un dynamisme propre au refus de la sagesse, en appelant aujourd'hui en ces temps &#233;tranges &#224; une perp&#233;tuelle d&#233;couverte, une perp&#233;tuelle &#233;criture (synonymes d&#233;sormais) du monde. &lt;br/&gt;
Ce dont je me souviens surtout donc, &#224; son contact, c'est l'in&#233;puisable cr&#233;ativit&#233; de la formidable puissance du d&#233;sir d'&#233;crire qui la sous-tendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valentin Vouriot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Fumery</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Philippe-Fumery.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Philippe-Fumery.html</guid>
		<dc:date>2016-02-12T22:30:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Fumery, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;couverte de Claude Simon remonte, en ce qui me concerne, &#224; la fin des ann&#233;es 70, avec Le Sacre du Printemps, qui venait de para&#238;tre en Livre de Poche, et Le Palace, en 10/18, puis Orion Aveugle, aux &#233;ditions Skira, trouv&#233; chez un bouquiniste &#224; Lille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui me frappe alors, c'est le travail de Claude Simon : le choix des mots, leur place, leur poids. Cette attention se d&#233;voile d&#232;s l'exergue du Sacre du Printemps : action, passion, dans une citation de Descartes. Dans ce livre, j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Fumery-Philippe-351-+.html" rel="tag"&gt;Fumery, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;couverte de Claude Simon remonte, en ce qui me concerne, &#224; la fin des ann&#233;es 70, avec &lt;i&gt;Le Sacre du Printemps&lt;/i&gt;, qui venait de para&#238;tre en Livre de Poche, et &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt;, en 10/18, puis &lt;i&gt;Orion Aveugle&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions Skira, trouv&#233; chez un bouquiniste &#224; Lille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me frappe alors, c'est le travail de Claude Simon : le choix des mots, leur place, leur poids. Cette attention se d&#233;voile d&#232;s l'exergue du &lt;i&gt;Sacre du Printemps&lt;/i&gt; : action, passion, dans une citation de Descartes. Dans ce livre, j'ai retrouv&#233; une feuille volante sur laquelle j'avais relev&#233; ces mots &#233;tonnants : douairi&#232;re, du&#232;gne. J'avais not&#233; ce passage : &#171; &#192; l'enterrement de papa elle marchait les yeux secs, impassible. Visages t&#233;n&#233;breux des femmes sous les voiles de cr&#234;pe avec le blanc d'un mouchoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt;, il s'agit du mot r&#233;volution, dans la d&#233;finition qu'en donne le &lt;i&gt;Larousse&lt;/i&gt;. Claude Simon d&#233;veloppe l'id&#233;e du d&#233;sordre du monde, avec ces images de conflit, d'exode, de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt;, Claude Simon nous fait entrer de plain-pied dans son roman : &#171; Et &#224; ce moment&#8230; &#187;. C'est une sensation forte, pour un jeune lecteur. L'insertion de phrases, de slogans en espagnol donne le ton, une envie de se confronter avec l'histoire contemporaine, de sortir des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le lecteur est confront&#233; &#224; ce lent d&#233;ploiement des phrases, qui demande une lecture patiente, soutenue, &#224; ces paragraphes improbables, qui semblent inonder cette d&#233;pose des mots ; ou encore au c&#244;t&#233; m&#233;thodique des descriptions, depuis le &#171; premi&#232;rement &#187;, jusqu'au &#171; septi&#232;mement &#187;, au d&#233;but du &lt;i&gt;Palace&lt;/i&gt;, cet &#171; inventaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'a int&#233;ress&#233; et marqu&#233; durablement, c'est &lt;i&gt;Orion Aveugle&lt;/i&gt;, et sa pr&#233;face &#233;clairante sur la pratique d'une &#233;criture &#171; mot apr&#232;s mot &#187; ; cette conception que &#171; les mots poss&#232;dent par contre ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait &#233;pars &#187;. D'o&#249; enfin ceci, qui rend possible la d&#233;marche : &#171; Ils sont autant de carrefours o&#249; plusieurs routes s'entrecroisent &#187;. Chez Claude Simon, ce pouvoir d'aimantation devient un v&#233;ritable champ magn&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le roman &#171; ne racontera pas l'histoire exemplaire de quelque h&#233;ros ou h&#233;ro&#239;ne, mais cette tout autre histoire qu'est l'aventure singuli&#232;re du narrateur qui ne cesse de chercher, d&#233;couvrant &#224; t&#226;tons le monde dans et par l'&#233;criture &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur n'est donc plus soumis &#224; un texte cousu de fil blanc, il reprend une part active dans le cheminement, pas &#224; pas, qu'a engag&#233; Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon enthousiasme se renforcera avec &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, puis les grands romans de la maturit&#233;, comme &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. La place que prennent ces figures majeures, femmes &#233;prouv&#233;es, cavaliers, officiers, mais aussi des lieux, des habitations, cette confrontation permanente des &#233;poques, des situations, autant d'inventions que met en place Claude Simon. Le d&#233;but de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, qui met en sc&#232;ne des femmes vivant leur trag&#233;die, la m&#232;re et les tantes de Claude Simon, est proprement hallucinant. Claude Simon enfant est emmen&#233; dans l'aventure, et nous le sommes &#224; notre tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Fumery-Philippe.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Fumery&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gilles Bellec</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Gilles-Bellec-500.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Gilles-Bellec-500.html</guid>
		<dc:date>2016-02-08T21:10:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Bellec, Gilles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; &#199;a a d&#233;but&#233; comme &#231;a &#187;. Difficile pour un ing&#233;nieur. Lire Claude Simon ne va pas de soi. Accepter de se laisser porter par le flot des mots. Constater que la progression est possible. Comme la marche sur un lac gel&#233; quand &#171; &#231;a tient &#187;. Faire confiance &#224; ses impressions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon a choisi d'aligner les mots pour nous communiquer son exp&#233;rience de la vie et nous permettre de mieux voir le monde. Il avait commenc&#233; par la peinture et a essay&#233; la photographie. Le regard prime. Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Bellec-Gilles-349-+.html" rel="tag"&gt;Bellec, Gilles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &#199;a a d&#233;but&#233; comme &#231;a &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;premi&#232;re phrase du Voyage au bout de la nuit de L. C&#233;line&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Difficile pour un ing&#233;nieur. Lire Claude Simon ne va pas de soi. Accepter de se laisser porter par le flot des mots. Constater que la progression est possible. Comme la marche sur un lac gel&#233; quand &#171; &#231;a tient &#187;. Faire confiance &#224; ses impressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon a choisi d'aligner les mots pour nous communiquer son exp&#233;rience de la vie et nous permettre de mieux voir le monde. Il avait commenc&#233; par la peinture et a essay&#233; la photographie. Le regard prime. Cette primaut&#233; de la vision conduit &#224; mettre en parall&#232;le la lecture de ses livres et l'exp&#233;rience du mus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs sc&#232;nes ou histoires se d&#233;ploient simultan&#233;ment. Cursive la premi&#232;re fois, la lecture &#233;volue, passant du retour en arri&#232;re &#224; la relecture au hasard. &#192; chaque fois, peu &#224; peu, un d&#233;tail se pr&#233;cise, une image apparait. La suite des mots impose son rythme puis le plan fixe s'anime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur se trouve comme transport&#233; dans la salle d'un mus&#233;e qu'une unique visite n'&#233;puise pas et qui exposerait des &#339;uvres disparates : tableaux, archives et photos de famille, cartes postales anciennes, &#233;crans multiples passant en boucle des vid&#233;os fragment&#233;es &#224; prendre au vol. Immerg&#233; dans le texte, le lecteur acc&#232;de &#224; une nouvelle exp&#233;rience, comme l'art multim&#233;dia cherche &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un premier &#233;cran, une image fixe se pr&#233;sente, photo, d&#233;cor. Sur le second &#233;cran une sc&#232;ne de guerre se d&#233;roule. Sur l'&#233;cran suivant, une course de chevaux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sc&#232;ne de guerre, un drame se devine. En mai 1940, un cavalier affronte sans protection les mitrailleuses de Rommel. Ce geste suicidaire restera inexpliqu&#233;&#8230; Pour tenter d'en comprendre le sens, les situations v&#233;cues par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes auront beau &#234;tre appel&#233;es, la vie reste une &#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un autre &#233;cran, une course de chevaux se d&#233;roule dans un d&#233;cor champ&#234;tre, apparemment apais&#233;. Le style et le vocabulaire font surgir le milieu hippique dans son d&#233;cor et font participer, par courtes s&#233;quences successives, &#224; la fois au d&#233;roulement de la course et &#224; une sc&#232;ne d'un couple dans les tribunes. Le rythme s'acc&#233;l&#232;re. Sur fond de tensions exacerb&#233;es par les diff&#233;rences sociales, une comp&#233;tition sexuelle se joue &#224; distance entre un aristocrate et un jockey. La tension est accrue par le risque de chute au cours du steeple-chase. L'issue de cette joute sportive dot&#233;e d'un enjeu sexuel se d&#233;roulera hors champ, dans l'imagination du lecteur, dont le plaisir sera proportionn&#233; &#224; l'engagement dans la lecture (encore un mot emprunt&#233; au milieu hippique, engagement, comme gentleman, jockey, alezan, casaque, toque, bull-finch, en avoir plein les mains, finir fort, jouer plac&#233; ou gagnant, font participer &#224; l'ambiance). &#192; la fin, le lecteur connait l'issue de la course mais les histoires humaines ne se livrent pas si facilement. L'incertitude sur la trahison sexuelle demeure. L'histoire n'est pas finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire et relire. Visiter, fl&#226;ner. Au mus&#233;e, on choisit une salle, un peu au hasard, pour y passer une heure ou deux. Le lecteur peut ouvrir n'importe quel livre de Claude Simon, &#224; n'importe quelle page, comme un recueil de po&#232;mes, &#8230; au hasard, non pas seulement pour prendre connaissance de la suite du r&#233;cit (pour savoir, par exemple, si la marquise est rentr&#233;e &#224; cinq heures), mais pour renouveler une exp&#233;rience &#8230; Passer dix minutes, une heure... La lecture d&#233;clenche l'apparition d'une image sonore, sociale, esth&#233;tique, qui stimule l'imagination et d&#233;clenche l'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme litt&#233;raire particuli&#232;re donne acc&#232;s &#224; une vision renouvel&#233;e du monde. Lire Claude Simon peut &#234;tre compar&#233; &#224; l'immersion dans une exposition d'art multim&#233;dia. Mais le pouvoir d'&#233;vocation des mots est beaucoup plus fort que celui de l'image. La relecture s'impose, alors que la vid&#233;o ne n&#233;cessite pas la r&#233;p&#233;tition et la supporte rarement. &#192; chaque page, une sc&#232;ne surgit, dans le pr&#233;sent du pr&#233;sent, l'intuition directe, qui se situe entre le pr&#233;sent du pass&#233;, la m&#233;moire, et le pr&#233;sent du futur, l'attente, en osant emprunter &#224; Saint Augustin sa fa&#231;on de comprendre le d&#233;roulement du temps &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Saint Augustin, Les Confessions&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, si perceptible chez Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire &#171; c'est r&#233;ussir &#224; faire surgir des images, communiquer des sensations &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, dans un entretien avec Philippe Sollers&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout est dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Bellec-Gilles.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gilles Bellec&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;premi&#232;re phrase du &lt;i&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/i&gt; de L. C&#233;line&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Saint Augustin, &lt;i&gt;Les Confessions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, dans un entretien avec Philippe Sollers&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
