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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>la danseuse &#233;toile au visage renvers&#233;</title>
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		<dc:date>2015-05-03T15:58:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Invitation</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Mati&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longtemps apr&#232;s que les derniers &#233;clats des cuivres eurent retenti, que les derniers roulements des timbales se furent &#233;teints, que le rideau se fut referm&#233;, la salle aux cinq &#233;tages de balcons blanc et or en fer &#224; cheval, aux loges et aux si&#232;ges garnis de velours pourpre, au lustre gigantesque, continua &#224; cr&#233;piter du bruit des applaudissements, comme le tapage d'une gr&#234;le sur un toit, noyant tout, submergeant les quelques vivats pouss&#233;s ici et l&#224;, vacillant, reprenant, s'enflant de nouveau, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Invitation-+.html" rel="tag"&gt;L'Invitation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Corps-+.html" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Matiere-+.html" rel="tag"&gt;Mati&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_621 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L480xH583/Maya_Plisetskaya-Romeo_and_Juliet-1961-b9385.jpg?1787934860' width='480' height='583' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Longtemps apr&#232;s que les derniers &#233;clats des cuivres eurent retenti, que les derniers roulements des timbales se furent &#233;teints, que le rideau se fut referm&#233;, la salle aux cinq &#233;tages de balcons blanc et or en fer &#224; cheval, aux loges et aux si&#232;ges garnis de velours pourpre, au lustre gigantesque, continua &#224; cr&#233;piter du bruit des applaudissements, comme le tapage d'une gr&#234;le sur un toit, noyant tout, submergeant les quelques vivats pouss&#233;s ici et l&#224;, vacillant, reprenant, s'enflant de nouveau, emplissant le vaste vaisseau d'un monstrueux gr&#233;sillement, vaguement inqui&#233;tant, comme celui de ces cataractes sauvages o&#249; basculent par milliers des tonnes d'eau, mena&#231;ant presque, et &#224; travers lequel les vivats qui redoublaient semblaient comme des cris de d&#233;tresse, d'alarme, de fureur m&#234;me, chaque fois que le rideau s'ouvrait &#224; nouveau et que dans les pinceaux blafards des projecteurs s'avan&#231;ait au centre de la sc&#232;ne la minuscule silhouette semblable &#224; une irr&#233;elle apparition qui aurait emprunt&#233; : non pas chair, muscles et peau mais faite, semblait-il, d'une mati&#232;re phosphorescente, ses contours impr&#233;cis, estomp&#233;s et poudroyants ne dessinant pas tant un corps, de chatoyants replis de soie, qu'une succession d'attitudes : s'inclinant, ployant un genou, ramassant avec gr&#226;ce l'un des bouquets qui, comme d'insolites projectiles, semblaient jaillir &#231;&#224; et l&#224; sous l'effet de ressorts cach&#233;s dans la tumultueuse p&#233;nombre, s'&#233;parpillaient dans l'&#233;clairage cru de la rampe autour de la danseuse &#233;toile au visage renvers&#233;, lev&#233; vers les cintres, bras tendus en avant, paumes ouvertes, saluant de nouveau, puis disparaissant, le lourd rideau couleur de sang de nouveau referm&#233;, ses lourdes franges venant s'entrechoquer, rejaillir comme des vagues, s'&#233;carter en sens inverse, se rejoindre, se balan&#231;ant encore un moment, puis s'immobilisant, les applaudissements et les clameurs maintenant assourdis, les quinze invit&#233;s continuant toutefois &#224; les percevoir, lointains, s'&#233;grenant, mourant, puis renaissant, s'enflant &#224; nouveau, exigeants, tandis qu'on les guidait dans un d&#233;dale de colonnes, de marbre blanc, d'escaliers et de galeries o&#249; semblaient errer les inconsolables fant&#244;mes des d&#233;funtes grandes-duchesses et des d&#233;funts chambellans, franchissant &#224; la fin une porte au-del&#224; de laquelle s'ouvrait soudain un espace sans limites ni dimensions pr&#233;cises, c'est-&#224;-dire qu'&#224; l'exception d'un vaste plancher&lt;br class='autobr' /&gt;
poussi&#233;reux et du rideau de sc&#232;ne baiss&#233; (poussi&#233;reux et gris&#226;tre lui aussi de ce c&#244;t&#233;) qu'elles &#233;clairaient, les lumi&#232;res aveuglantes de&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques ampoules &#233;lectriques pendant ici et l&#224; se perdaient dans d'indistinctes t&#233;n&#232;bres vaguement peupl&#233;es de feuillages en carton, de chassis, de toiles peintes ondulant faiblement dans l'aigre courant d'air qui gonflait aussi par moments l'immense rideau de sc&#232;ne &#224; travers lequel parvenait de nouveau, plus proche maintenant mais comme d'un autre monde, le cr&#233;pitement des derniers rappels, des derniers applaudissements, scand&#233;s &#224; pr&#233;sent, obstin&#233;s, sa rar&#233;fiant toutefois peu &#224; peu, se d&#233;sunissant pour ainsi dire, se d&#233;sint&#233;grant, de moins en moins nourris puis, &#224; la fin, cessant, laissant place (quoiqu'ils (les quinze invit&#233;s) aient commenc&#233; de l'entendre aussit&#244;t franchie la porte qui donnait acc&#232;s aux coulisses) &#224; la tranquille cacophonie de coups de marteau et de choses entrechoqu&#233;es ou tra&#238;n&#233;es comme il en r&#232;gne sur les chantiers de d&#233;molition ou plut&#244;t les lieux de quelque d&#233;sastre, naturel ou pas, et au centre duquel, gris&#226;tre elle aussi, comme recouverte aussi (ou plut&#244;t faite de, mat&#233;rialis&#233;e &#224; partir de et pr&#234;te &#224; y retourner) de cette poussi&#232;re qui semblait, comme une pluie de cendres, s'&#234;tre indiff&#233;remment abattue sur les toiles du d&#233;cor, les faux nuages d'&#233;tamine, le faux clair de lune, les machinistes, le plancher, se tenait la vieille dame, un bouquet de fleurs fl&#233;tries au creux du coude : une naine presque, fragile dans ses impalpables voiles couleur de poussi&#232;re, ext&#233;nu&#233;e, les &#233;paules h&#226;tivement recouvertes d'un de ces ch&#226;les au crochet comme on en voit aux concierges ou aux pensionnaires d'hospices.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt;, Minuit, 1987, p. 14-17&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En hommage &#224; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFa_Plissetska%C3%AFa&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ma&#239;a Plissetska&#239;a&lt;/a&gt;, grande danseuse et femme libre, qui vient de mourir et que Simon avait encore vue danser au Bolcho&#239; en 1986 (ci-dessus dans &lt;i&gt;Rom&#233;o et Juliette&lt;/i&gt; en 1961).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>les successifs &#233;tats de la machine humaine</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/les-successifs-etats-de-la-machine-humaine.html</link>
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		<dc:date>2014-12-15T09:16:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entour&#233; de tous c&#244;t&#233;s par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'h&#244;pital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus r&#233;cents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une esp&#232;ce d'&#238;lot noy&#233; au milieu du tumultueux et fragile d&#233;sordre comme une sorte d'entit&#233; en soi, d'univers en r&#233;duction, ferm&#233; sur lui-m&#234;me, ripolin&#233; et fini, du service d'obst&#233;trique &#224; la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condens&#233;) les successifs &#233;tats de la machine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Maladie-+.html" rel="tag"&gt;Maladie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Paris-+.html" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mort-+.html" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Salpetriere_sur_le_plan_de_Vaugondy_1760_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Salpetriere_sur_le_plan_de_Vaugondy_1760_.jpg?1418764470' width='500' height='425' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Entour&#233; de tous c&#244;t&#233;s par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'h&#244;pital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus r&#233;cents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une esp&#232;ce d'&#238;lot noy&#233; au milieu du tumultueux et fragile d&#233;sordre comme une sorte d'entit&#233; en soi, d'univers en r&#233;duction, ferm&#233; sur lui-m&#234;me, ripolin&#233; et fini, du service d'obst&#233;trique &#224; la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condens&#233;) les successifs &#233;tats de la machine humaine de la naissance &#224; l'agonie en passant par toutes les d&#233;viations et anomalies possibles jusqu'&#224; sa d&#233;finitive corruption.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, Minuit, 2001, p. 105. Minuit double, p. 98-99&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>les trois femmes et l'enfant</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/les-trois-femmes-et-l-enfant.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et &#224; la fin elle trouva. Ou plut&#244;t elle trouva une fin &#8212; ou du moins quelque chose qu'elle pouvait consid&#233;rer (ou que son &#233;puisement, le degr&#233; de fatigue qu'elle avait atteint, lui commandait de consid&#233;rer) comme pouvant mettre fin &#224; ce qui lui faisait courir depuis dix jours les chemins d&#233;fonc&#233;s, les fermes &#224; demi d&#233;truites et les troquets aux senteurs d'hommes avin&#233;s. C'&#233;tait un tout petit cimeti&#232;re, circulaire, d'une vingtaine de m&#232;tres de diam&#232;tre au plus, entour&#233; d'un mur de pierres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Guerre-+.html" rel="tag"&gt;Guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mere-+.html" rel="tag"&gt;M&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mort-+.html" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/monument_aux_morts_detail_bis.jpg?1415715376' width='500' height='449' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; la fin elle trouva. Ou plut&#244;t elle trouva une fin &#8212; ou du moins quelque chose qu'elle pouvait consid&#233;rer (ou que son &#233;puisement, le degr&#233; de fatigue qu'elle avait atteint, lui commandait de consid&#233;rer) comme pouvant mettre fin &#224; ce qui lui faisait courir depuis dix jours les chemins d&#233;fonc&#233;s, les fermes &#224; demi d&#233;truites et les troquets aux senteurs d'hommes avin&#233;s. C'&#233;tait un tout petit cimeti&#232;re, circulaire, d'une vingtaine de m&#232;tres de diam&#232;tre au plus, entour&#233; d'un mur de pierres meuli&#232;res comme on en voit aux pavillons de banlieue et dont les piliers de chaque c&#244;t&#233; du portail &#233;taient surmont&#233;s d'une croix de fer peinte en noir. La majorit&#233; des tombes &#233;taient celles de soldats allemands, mais elle alla tout droit &#224; l'une d'elles un peu &#224; l'&#233;cart, que sans doute quelqu'un (quelqu'un qui avait eu piti&#233; d'elle &#8212; ou plut&#244;t d'elles &#8212; ou peut-&#234;tre avait simplement voulu s'en d&#233;barrasser) lui avait indiqu&#233;e et sur laquelle, en allemand et sur une plaque m&#233;tallique, puis en fran&#231;ais sur une planchette plus r&#233;cemment appos&#233;e, &#233;tait simplement &#233;crit que se trouvaient les corps de deux officiers fran&#231;ais non identifi&#233;s. Il avait enfin cess&#233; de pleuvoir et un soleil de fin d'&#233;t&#233; jouait au-del&#224; des murs sur les feuillages du petit bois (le cimeti&#232;re &#233;tait situ&#233; en arri&#232;re et &#224; l'est de la zone d'environ dix kilom&#232;tres de large que semblait avoir suivie l'esp&#232;ce de tornade g&#233;ante d&#233;truisant tout sur son passage) dont certaines branches commen&#231;aient &#224; dorer. Elle s'avan&#231;a jusqu'&#224; l'inscription, la lut, recula jusqu'&#224; l'endroit o&#249; devaient approximativement se trouver les pieds des morts, fl&#233;chit les genoux puis se releva, fouilla dans son sac, en sortit un mouchoir qu'elle &#233;tala sur le sol, s'agenouilla alors, fit s'agenouiller le gar&#231;on &#224; c&#244;t&#233; d'elle, se signa, et abaissant la t&#234;te se tint immobile, les l&#232;vres remuant faiblement sous le voile ent&#233;n&#233;br&#233;. Quelque part dans les feuillages encore mouill&#233;s &#233;tincelant dans le soleil, un oiseau lan&#231;ait son cri. Il n'y avait personne d'autre dans le cimeti&#232;re que les trois femmes et l'enfant, c'est-&#224;-dire la veuve et le gar&#231;on agenouill&#233;s et, un peu en arri&#232;re, les deux autres femmes debout, tenant &#224; la main leurs sacs et leurs parapluies referm&#233;s, immobiles, les l&#232;vres immobiles dans leurs immobiles visages ravin&#233;s, leurs yeux soulign&#233;s de poches, bord&#233;s de rose, couleur de fa&#239;ence et taris.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Minuit, 1989, &#171; 1919 &#187;, p. 24-26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;voir aussi :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/27-aout-1914.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;27 ao&#251;t 1914&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-Monument-aux-morts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le monument aux morts de Perpignan&lt;/a&gt; (photographie ci-dessus)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.google.fr/maps/place/For%C3%AAt+de+Jaulnay,+55700+Pouilly-sur-Meuse/@49.5243185,5.12005,2949m/data=!3m1!1e3!4m2!3m1!1s0x47ea5ee2c48439ff:0xbe34d1ceae1792b4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la for&#234;t de Jaulnay&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>mais elle ne t'est rien</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/mais-elle-ne-t-est-rien.html</link>
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		<dc:date>2014-02-18T07:35:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Mais elle n'a rien, personne, et personne ne la pleurera (et qu'est-ce que la mort sans les pleurs ?) sinon peut-&#234;tre son fr&#232;re, cet autre vieil&#173;lard, et sans doute pas plus qu'elle ne se pleure&#173;rait elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire ne se permettrait de se pleurer, ne penserait qu'il est d&#233;cent, qu'il est convenable de ... &lt;br class='autobr' /&gt; - Mais elle ne t'est rien. &lt;br class='autobr' /&gt; - Non, dit Louise. &lt;br class='autobr' /&gt; - Elle ne t'est rien. &lt;br class='autobr' /&gt; - Non &#187;, r&#233;p&#233;ta-t-elle docilement. Mais elle continuait &#224; regarder devant elle quelque chose qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Mais elle n'a rien, personne, et personne ne la pleurera (et qu'est-ce que la mort sans les pleurs ?) sinon peut-&#234;tre son fr&#232;re, cet autre vieil&#173;lard, et sans doute pas plus qu'elle ne se pleure&#173;rait elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire ne se permettrait de se pleurer, ne penserait qu'il est d&#233;cent, qu'il est convenable de ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Mais elle ne t'est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Non, dit Louise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Elle ne t'est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Non &#187;, r&#233;p&#233;ta-t-elle docilement. Mais elle continuait &#224; regarder devant elle quelque chose qu'il ne pouvait pas voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Alors rien &#187;, dit-elle (regardant toujours, par del&#224; les arbres, les pr&#233;s, la paisible campagne de septembre, ce quelque chose qu'il ne pouvait pas voir).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon. &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; (Minuit, 1958, incipit, p. 9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1852&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire les premi&#232;res pages ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>l'h&#233;t&#233;roclite et habituel fouillis accumul&#233;</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/l-heteroclite-et-habituel-fouillis-accumule.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/l-heteroclite-et-habituel-fouillis-accumule.html</guid>
		<dc:date>2014-01-12T11:15:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le premier tiroir rempli de l'h&#233;t&#233;roclite et habituel fouillis accumul&#233; : bouts de ficelle roul&#233;s en n&#339;uds papillons certaines comme celles qu'on voit autour des paquets de confiseurs faites d'une mati&#232;re brillante rouge verte une ray&#233;e rouge et jaune une autre rouge et noir, emballage bleu d'ampoules &#233;lectriques doubl&#233;s &#224; l'int&#233;rieur d'un carton ondul&#233; gris&#226;tre, double m&#232;tre pliant en bois jaune cass&#233;, petite bo&#238;te blanche ou plut&#244;t ivoire en carton aux ar&#234;tes dor&#233;es le couvercle maintenu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le premier tiroir rempli de l'h&#233;t&#233;roclite et habituel fouillis accumul&#233; : bouts de ficelle roul&#233;s en n&#339;uds papillons certaines comme celles qu'on voit autour des paquets de confiseurs faites d'une mati&#232;re brillante rouge verte une ray&#233;e rouge et jaune une autre rouge et noir, emballage bleu d'ampoules &#233;lectriques doubl&#233;s &#224; l'int&#233;rieur d'un carton ondul&#233; gris&#226;tre, double m&#232;tre pliant en bois jaune cass&#233;, petite bo&#238;te blanche ou plut&#244;t ivoire en carton aux ar&#234;tes dor&#233;es le couvercle maintenu par un &#233;lastique double rouge&#226;tre, soixante-dix centim&#232;tres environ de comment s'appellent d&#233;j&#224; cheveux d'ange ou quoi ces chenilles h&#233;riss&#233;es de poils scintillants argent&#233;s maintenant en partie rouill&#233;s dont on d&#233;core les arbres de No&#235;l, tablette de chocolat aux noisettes entam&#233;e dans son enveloppe repli&#233;e couleur parme avec quelques noisettes figur&#233;es en trompe-l'&#339;il (...)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;a href=&#034;http://www.leseditionsdeminuit.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1856&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (Minuit, 1967, p. 248)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>on avait l'impression de l'entendre encore</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/on-avait-l-impression-de-l-entendre-encore.html</link>
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		<dc:date>2013-12-22T19:57:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>Le Vent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait encore le printemps. Je me rappelle que le vent souffla presque sans interruption pendant trois mois, au point que lorsque par hasard il s'arr&#234;tait (quelques heures ou quelques jours &#8212; jamais plus de deux ou trois) on avait l'impression de l'entendre encore, g&#233;missant et temp&#234;tant, non pas au dehors mais comme &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des t&#234;tes : grelots, voix vid&#233;es de leur contenu, seulement pleines de bruit et, semblait-il, de cette poussi&#232;re aussi qui p&#233;n&#233;trait, partout, s'insinuait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Vent-+.html" rel="tag"&gt;Le Vent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait encore le printemps. Je me rappelle que le vent souffla presque sans interruption pendant trois mois, au point que lorsque par hasard il s'arr&#234;tait (quelques heures ou quelques jours &#8212; jamais plus de deux ou trois) on avait l'impression de l'entendre encore, g&#233;missant et temp&#234;tant, non pas au dehors mais comme &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des t&#234;tes : grelots, voix vid&#233;es de leur contenu, seulement pleines de bruit et, semblait-il, de cette poussi&#232;re aussi qui p&#233;n&#233;trait, partout, s'insinuait sous les paupi&#232;res br&#251;lantes, dans la bouche, communiquant sa saveur aux aliments, interposant entre l'&#233;piderme des doigts et ce qu'ils saisissaient (papiers oubli&#233;s la veille sur le bureau, assiettes, couverts) cette pellicule obs&#233;dante, imperceptible et granuleuse.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;a href=&#034;http://www.leseditionsdeminuit.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1850&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (Minuit, 1975, p. 228. Pl&#233;iade, tome 1, p. 180)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et un peu plus tard</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Et-un-peu-plus-tard.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Et-un-peu-plus-tard.html</guid>
		<dc:date>2013-12-01T20:25:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Et un peu plus tard, de nouveau des murs autour d'eux, quelque chose de clos en tout cas, Georges s'asseyant docilement, sa bouche, sa langue, ses l&#232;vres s'effor&#231;ant de dire : &#171; Je pr&#233;f&#233;rerais manger quelque chose Si vous aviez quelque chose &#224; manger je&#8230; &#187;, mais n'y parvenant pas, regardant avec un impuissant d&#233;sespoir l'homme au visage de cadavre parler &#224; la femme debout &#224; c&#244;t&#233; de leur table, puis celle-ci s'en aller, revenir, poser devant lui et remplir le verre (un minuscule c&#244;ne renvers&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et un peu plus tard, de nouveau des murs autour d'eux, quelque chose de clos en tout cas, Georges s'asseyant docilement, sa bouche, sa langue, ses l&#232;vres s'effor&#231;ant de dire : &#171; Je pr&#233;f&#233;rerais manger quelque chose Si vous aviez quelque chose &#224; manger je&#8230; &#187;, mais n'y parvenant pas, regardant avec un impuissant d&#233;sespoir l'homme au visage de cadavre parler &#224; la femme debout &#224; c&#244;t&#233; de leur table, puis celle-ci s'en aller, revenir, poser devant lui et remplir le verre (un minuscule c&#244;ne renvers&#233; tr&#232;s &#233;vas&#233; au-dessus du pied mince) de quelque chose de transparent et incolore comme de l'eau mais qu'il eut envie de cracher quand il l'eut dans la bouche, &#226;cre br&#251;lant.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; (Minuit, 1960, p. 116-117)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>un fragile anachronisme</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/un-fragile-anachronisme.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/un-fragile-anachronisme.html</guid>
		<dc:date>2013-09-18T21:29:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>Coll&#232;ge Stanislas</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quoique s'&#233;tendant d'un c&#244;t&#233; jusqu'au boulevard illumin&#233; de caf&#233;s et de bars dont les nymphomanes am&#233;ricaines, les philosophes venus d'Europe centrale, les po&#232;tes vrais ou faux, les peintres et leurs mod&#232;les &#233;galement vrais ou faux animaient les nuits, le coll&#232;ge dont les cours et les b&#226;timents couvraient presque la surface d'un p&#226;t&#233; de maison avait son entr&#233;e, &#224; l'oppos&#233;, sur une rue silencieuse au nom &#224; la fois marial et champ&#234;tre qui, comme celui de l'&#233;glise proche, semblait un fragile (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-College-Stanislas-+.html" rel="tag"&gt;Coll&#232;ge Stanislas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quoique s'&#233;tendant d'un c&#244;t&#233; jusqu'au boulevard illumin&#233; de caf&#233;s et de bars dont les nymphomanes am&#233;ricaines, les philosophes venus d'Europe centrale, les po&#232;tes vrais ou faux, les peintres et leurs mod&#232;les &#233;galement vrais ou faux animaient les nuits, le coll&#232;ge dont les cours et les b&#226;timents couvraient presque la surface d'un p&#226;t&#233; de maison avait son entr&#233;e, &#224; l'oppos&#233;, sur une rue silencieuse au nom &#224; la fois marial et champ&#234;tre qui, comme celui de l'&#233;glise proche, semblait un fragile anachronisme au milieu des immeubles de rapport, des h&#244;tels plus ou moins louches, des cin&#233;mas et des ateliers d'artistes qui l'avaient peu &#224; peu enserr&#233;.&lt;br/&gt;
Comme si, avec ses pelouses et ses calmes jardins, ses&lt;br class='autobr' /&gt;
fades statues de pl&#226;tre, ses dortoirs &#233;clair&#233;s de veilleuses et&lt;br class='autobr' /&gt;
sa chapelle, le coll&#232;ge aussi, anachronique lui-m&#234;me, persistait&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224; &#224; la fa&#231;on d'un corps &#233;tranger, impossible &#224; expulser,&lt;br class='autobr' /&gt;
un &#238;lot, une place assi&#233;g&#233;e et imprenable opposant &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
cosmopolite agitation des caf&#233;s et des bars un invincible,&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;v&#232;re et hautain silence.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (Minuit, 1997, p. 1789, Pl&#233;iade, I, p. 1038)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/CollegeStanislasParis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/CollegeStanislasParis.jpg?1379548321' width='500' height='323' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Photographie du Coll&#232;ge Stanislas, Paris (&lt;a href=&#034;http://commons.wikimedia.org/wiki/File:CollegeStanislasParis.jpeg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikim&#233;dia&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>le fin dessin de fils argent&#233;s</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/le-fin-dessin-de-fils-argentes.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/le-fin-dessin-de-fils-argentes.html</guid>
		<dc:date>2013-09-10T06:33:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En septembre apparaissent les grosses araign&#233;es. Elles tissent leurs toiles scintillantes et polygonales d'une branche &#224; une autre. L'une d'elles en a tendu les axes entre le laurier et l'un des pampres de la treille. La brise qui courbe parfois les rameaux fait se distendre et danser le r&#233;seau &#233;tincelant et g&#233;om&#233;trique des fils parall&#232;les au centre desquels elle se tient tapie, montant et descendant avec &#233;lasticit&#233; au gr&#233; du faible balancement des feuilles. Les pattes crochues &#233;cartel&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En septembre apparaissent les grosses araign&#233;es. Elles tissent leurs toiles scintillantes et polygonales d'une branche &#224; une autre. L'une d'elles en a tendu les axes entre le laurier et l'un des pampres de la treille. La brise qui courbe parfois les rameaux fait se distendre et danser le r&#233;seau &#233;tincelant et g&#233;om&#233;trique des fils parall&#232;les au centre desquels elle se tient tapie, montant et descendant avec &#233;lasticit&#233; au gr&#233; du faible balancement des feuilles. Les pattes crochues &#233;cartel&#233;es sont brun rouge, le lourd et sombre abdomen conique pointill&#233; de jaune. Sortant sans transition de son immobilit&#233; elle se d&#233;place rapidement pour r&#233;parer un accroc de la toile ou se saisir d'une proie. Le fin dessin de fils argent&#233;s par le soleil se d&#233;tache sur le fond noir du laurier. Il est moins visible dans sa partie droite, &#224; l'ombre, o&#249; il se perd parmi les larges feuilles dentel&#233;es de la treille dont l'automne commence &#224; roussir et recroqueviller les bords, leur centre toutefois encore vert o&#249; les nervures et leurs ramifications se d&#233;tachent en clair. Les feuilles de laurier sont ovales, pointues, et ont des bords ondul&#233;s, comme des flammes.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; (Minuit, 1981, p. 53-54)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>le r&#233;cit qu'il m'en fit</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/le-recit-qu-il-m-en-fit.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/le-recit-qu-il-m-en-fit.html</guid>
		<dc:date>2013-05-26T18:42:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>Le Vent</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Seulement voyant, enregistrant sans en prendre tout &#224; fait conscience, de sorte que le r&#233;cit qu'il m'en fit fut sans doute lui-m&#234;me faux, artificiel, comme est condamn&#233; &#224; l'&#234;tre tout r&#233;cit des &#233;v&#233;nements fait apr&#232;s coup, de par le fait m&#234;me qu'&#224; &#234;tre racont&#233;s les &#233;v&#233;nements, les d&#233;tails, les menus faits, prennent un aspect solennel, important, que rien ne leur conf&#232;re sur le moment. &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon, Le Vent (Minuit, 1957, p. 49. Minuit &#034;Double&#034;, 2013, p. 61)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Vent-+.html" rel="tag"&gt;Le Vent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Recit-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Seulement voyant, enregistrant sans en prendre tout &#224; fait conscience, de sorte que le r&#233;cit qu'il m'en fit fut sans doute lui-m&#234;me faux, artificiel, comme est condamn&#233; &#224; l'&#234;tre tout r&#233;cit des &#233;v&#233;nements fait apr&#232;s coup, de par le fait m&#234;me qu'&#224; &#234;tre racont&#233;s les &#233;v&#233;nements, les d&#233;tails, les menus faits, prennent un aspect solennel, important, que rien ne leur conf&#232;re sur le moment.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt; (Minuit, 1957, p. 49. Minuit &#034;Double&#034;, 2013, p. 61)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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