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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Orion aveugle (1970)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970-744.html</link>
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		<dc:date>2025-10-03T12:37:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Orion aveugle. Notice &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Jo&#235;lle GLEIZE &lt;br class='autobr' /&gt;
NB : La notice d'Orion aveugle est con&#231;ue comme compl&#233;mentaire de celle des Corps conducteurs, qu'il est recommand&#233; de lire d'abord. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Orion aveugle ne se donne pas pour un roman : le livre est illustr&#233; d'images tr&#232;s diverses, et il s'ouvre sur le dessin d'une main &#233;crivant, puis sur une pr&#233;face manuscrite. Claude Simon y &#233;voque le cheminement de son &#233;criture : &#171; pas &#224; pas, c'est-&#224;-dire mot apr&#232;s mot &#187;. Un cheminement qui &#171; tourne et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Corps-conducteurs-+.html" rel="tag"&gt;Les Corps conducteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;. Notice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Jo&#235;lle GLEIZE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1555 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/couv_orion_aveugle_1-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/couv_orion_aveugle_1-2.jpg?1759428545' width='500' height='650' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;NB : La notice d'&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; est con&#231;ue comme compl&#233;mentaire de celle des &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-Corps-conducteurs-1971.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Corps conducteurs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, qu'il est recommand&#233; de lire d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; ne se donne pas pour un roman : le livre est illustr&#233; d'images tr&#232;s diverses, et il s'ouvre sur le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Main-ecrivant-Paris.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dessin d'une main &#233;crivant&lt;/a&gt;, puis sur une &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Avant-que-je-me-mette-a-tracer-des-signes-sur-le-papier-il-n-y-a-rien.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;face manuscrite&lt;/a&gt;. Claude Simon y &#233;voque le cheminement de son &#233;criture : &#171; pas &#224; pas, c'est-&#224;-dire mot apr&#232;s mot &#187;. Un cheminement qui &#171; tourne et retourne sur lui-m&#234;me &#187;, se recoupe fr&#233;quemment, sans commencement ni fin. De nombreuses reproductions scandent le texte, sur lesquelles cette notice insistera pour se diff&#233;rencier de celle du roman qui en est issu, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, qu'elle compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte, bien que d'un seul tenant et sans paragraphe, est fait de l'assemblage de fragments descriptifs et narratifs formant des s&#233;ries entrelac&#233;es. Sept s&#233;ries th&#233;matiques apparaissent tour &#224; tour : Orion, le g&#233;ant aveugle de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Poussin-Nicolas.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'&#339;uvre de Poussin figurant en couverture&lt;/a&gt;, une rue bord&#233;e de gratte-ciel que suit un homme malade en marche vers son h&#244;tel, le m&#234;me consultant un m&#233;decin, le passager d'un avion survolant le continent am&#233;ricain, un groupe de guerriers dans la for&#234;t vierge, un homme cherchant &#224; rencontrer une femme aim&#233;e, un participant &#224; un congr&#232;s d'&#233;crivains. Toutes &#233;voquent des cheminements qui sont p&#233;nibles et semblent sans fin. De fait, &#224; la fin de ce livre, l'homme malade continue p&#233;niblement &#224; avancer, comme la colonne d'hommes dans la for&#234;t, comme le congr&#232;s d'&#233;crivains et Orion marche toujours vers l'aube et le moment de sa disparition. Le r&#233;cit-description continu s'ach&#232;ve ou s'interrompt sur des repr&#233;sentations : apr&#232;s la description d'une gravure ancienne sur la fondation d'une ville, ce sont des reproductions du tableau de Poussin, puis deux montages qui illustrent analogiquement le travail de l'&#233;crivain, tandis que la derni&#232;re gravure, celle de l'appareil oculaire o&#249; viennent s'inscrire les multiples &#171; images du monde &#187;, en indique le mat&#233;riau. Le travail de montage se montre en cours et &#224; poursuivre, avec la m&#234;me lenteur et la m&#234;me issue incertaine : ce sera un roman intitul&#233; &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, sans illustration ni pr&#233;face.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;crivain &#171; voyageur &#233;gar&#233; dans une for&#234;t &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pr&#233;face, un &#233;crivain en train d'&#233;crire, comme le souligne la &#171; Main &#233;crivant &#187; du frontispice, &#233;nonce en premi&#232;re personne sa conception de l'&#233;criture et du chemin enchev&#234;tr&#233; qu'elle emprunte : elle est guid&#233;e par les &#171; mots-carrefours &#187; qui ouvrent de nouvelles perspectives, par les images que ces mots appellent ou les associations qu'ils suscitent. Pas d'autre but ici que l'avanc&#233;e, t&#226;tonnante mais confiante dans &#171; ce prodigieux pouvoir &#187; qu'ont les mots &#171; de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait &#233;pars &#187;. Outre cette pr&#233;face, la diff&#233;rence essentielle entre le texte narratif-descriptif des deux livres tient &#224; sa longueur variable puisque l'un (&lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;) reprend l'autre en le prolongeant fortement. Cependant, s'il s'agit des m&#234;mes s&#233;ries et des m&#234;mes th&#233;matiques, leur importance relative est l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; s'ouvre et se ferme sur le g&#233;ant Orion, all&#233;gorie de l'&#233;crivain, et la toile de Nicolas Poussin. L'&#233;crivain s'efface ensuite derri&#232;re un narrateur, des personnages anonymes et des descriptions impersonnelles. N&#233;anmoins, un corps est mis en avant, celui du g&#233;ant au bras t&#226;tonnant, puis des corps plus ou moins entrav&#233;s, qui deviennent peu &#224; peu le fil qui relie les s&#233;ries, celle de la colonne en marche dans la for&#234;t se distinguant par le pluriel. Un &#171; il &#187; anonyme, &#171; homme malade &#187;, consulte un m&#233;decin, ne parvient pas &#224; joindre son amante au t&#233;l&#233;phone, progresse difficilement vers son h&#244;tel dont on ne sait s'il l'atteindra. Son corps souffrant consonne avec les corps repr&#233;sent&#233;s sur trois planches anatomiques dispos&#233;es en divers endroits qui, &#224; trois reprises, en exposent les organes internes. Ces corps d&#233;taill&#233;s, d&#233;coup&#233;s et manipul&#233;s par la science contrastent &#224; leur tour avec les corps emm&#234;l&#233;s des amants n&#233;s des figures des constellations. C'est le plus souvent &#224; partir des corps que se brouille la fronti&#232;re entre la r&#233;alit&#233; et sa repr&#233;sentation, entre l'anim&#233; et l'inanim&#233;, et que le lecteur s'&#233;gare. La description des corps repr&#233;sent&#233;s les met soudain en mouvement : les figures des constellations et le corps en plastique de l'&#233;corch&#233; s'animent comme les corps d&#233;sirants des amants. &#192; la fin du texte d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, tout se m&#234;le, le corps anatomique et le corps amoureux, les buildings vus du ciel et ceux vus du trottoir, l'avion en maquette et celui qui survole les nuages. De m&#234;me que les lettres et les dessins des enseignes se brouillent aux yeux de l'homme malade, ils &#171; se superposent, s'oblit&#232;rent et se m&#233;langent &#187;. Comme l'avanc&#233;e de celui-ci, ou comme celle du g&#233;ant aveugle, le texte est suspendu, inachev&#233;. Produit d'un travail d'&#233;criture qui peut s'interrompre et se reprendre, il se poursuivra, sur le m&#234;me mode sinueux, dans un autre livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;crire comme un peintre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en &#233;tant son point de d&#233;part, &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; diff&#232;re des &lt;i&gt;Corps conducteurs&lt;/i&gt; par la vingtaine d'&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;illustrations dispers&#233;es dans le texte&lt;/a&gt; et qui en infl&#233;chissent la lecture. Pour la premi&#232;re fois, Claude Simon r&#233;pond &#224; une commande, pour la collection illustr&#233;e &#171; Les Sentiers de la cr&#233;ation &#187;. Celle-ci, dirig&#233;e par Ga&#235;tan Picon, &#233;dit&#233;e par Albert Skira, est innovante et ambitieuse : il est demand&#233; &#224; un &#233;crivain (ou artiste) d'&#233;clairer le processus d'&#233;laboration de son &#339;uvre. Simon, &#224; condition d'avoir toute libert&#233;, accepte d'&#233;crire &#171; quelque chose &#187; &#224; partir d'une &#339;uvre de Rauschenberg qui l'a fortement impressionn&#233;. Cette fiction, faite de fragments descriptifs et narratifs entrelac&#233;s, forme avec les illustrations choisies un ensemble visiblement h&#233;t&#233;rog&#232;ne mais dont les &#233;l&#233;ments se r&#233;pondent et s'harmonisent th&#233;matiquement et formellement. Deux &#339;uvres y jouent un r&#244;le primordial, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Rauschenberg-Robert.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Charlene&lt;/i&gt; de Robert Rauschenberg&lt;/a&gt;, et &lt;i&gt;Paysage avec Orion aveugle&lt;/i&gt; de Nicolas Poussin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux dires de Claude Simon, &lt;i&gt;Charlene&lt;/i&gt;, a fait surgir des images, en particulier des images de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/New-York.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;New York&lt;/a&gt; et du continent am&#233;ricain, les aimantant autour de lui, fonctionnant comme stimulus, mais aussi comme mod&#233;lisateur par &#171; la composition, la combinaison de ces mat&#233;riaux &#8220;bruts&#8221;, des bouts de tissus, la peinture d&#233;goulinante, des photos ou des reproductions commerciales d'&#339;uvres d'art &#187;. &lt;i&gt;Charlene&lt;/i&gt; a fourni au texte un mod&#232;le formel : choix de mat&#233;riaux h&#233;t&#233;roclites, construction par assemblage et composition d'une unit&#233;, gr&#226;ce &#224; une trame qui met tout sur le m&#234;me plan. Une des illustrations reproduit la partie droite du tableau, o&#249; de nombreux mat&#233;riaux disparates sont unifi&#233;s par la forme rectangle et par une harmonie chromatique. Comme le peintre, l'&#233;crivain harmonise le disparate, et op&#232;re un transfert d'objet de la r&#233;alit&#233; &#224; l'art, ou inversement : ainsi le condor empaill&#233; visible dans l'image du tableau de Rauschenberg devient, dans le texte, un oiseau aper&#231;u au cours du vol en avion. Cette &#339;uvre attire enfin &#224; elle d'autres collages ou montages dont les images illustrent le livre : ceux de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Nevelson-Louise.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Louise Nevelson&lt;/a&gt;, de Fernandez Arman, ou de George Brecht proc&#232;dent aussi par assemblage dans des compositions tendues entre diversit&#233; et unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La toile de Poussin, &lt;i&gt;Paysage avec Orion aveugle&lt;/i&gt;, quant &#224; elle, fournit son axe &#224; l'essai-fiction pr&#233;faciel sur l'&#233;criture, une th&#233;matique r&#233;currente au r&#233;cit-description et une r&#233;ponse &#224; la commande : elle devient ici une all&#233;gorie de la d&#233;marche de l'&#233;crivain, cherchant son chemin dans la for&#234;t du langage, parmi tous les possibles offerts par les mots et les images. Simon fait du tableau une description pr&#233;cise, et une lecture qui souligne une repr&#233;sentation contradictoire de l'espace. L'usage de la perspective donne une illusion de volume tout en montrant Orion &#171; coll&#233; au d&#233;cor &#187; et en l'assimilant &#224; un bas-relief. L'effacement de la diff&#233;rence entre les plans contrevient ainsi &#224; l'effet r&#233;aliste et souligne pour Simon la mati&#232;re picturale du tableau. Cet &#233;crasement de la perspective autour d'Orion le rapproche de l'homme malade, qui, dans le texte, se sent &#171; englu&#233; dans une esp&#232;ce de p&#226;te ti&#232;de et visqueuse dont il ne parvient pas &#224; se d&#233;tacher &#187;. &#192; la fois personnage mythologique et constellation parmi les signes du zodiaque, Orion se m&#233;tamorphose encore quand sa description se m&#234;le &#224; celle du couple d'amants, illustr&#233;e par la gravure &#233;rotique de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Picasso-Pablo.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Picasso&lt;/a&gt;. La pr&#233;sence r&#233;currente d'Orion, au d&#233;but et surtout &#224; la fin du texte, souligne l'importance de cette figure reflet de l'&#233;crivain dans un ouvrage o&#249; Simon ne cesse de s'interroger sur son art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#233;seau de mots autour d'images h&#233;t&#233;rog&#232;nes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces deux &#339;uvres qui g&#233;n&#232;rent en priorit&#233; l'&#233;criture du texte, d'autres images viennent s'ajouter, aimant&#233;es (analogiquement) par elles ou par l'&#233;criture. Contrairement &#224; l'iconographie tr&#232;s homog&#232;ne des autres livres de la collection de Skira, elles sont tr&#232;s diverses : reproductions d'&#339;uvres d'art (des montages), documents anatomiques, photographies, gravures, et un dessin liminaire de Claude Simon. Aucune hi&#233;rarchie entre ces illustrations documentaires et artistiques aux yeux de Simon. Ce refus de la hi&#233;rarchie des valeurs est une des raisons de son admiration pour &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Durer-Albrecht.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#252;rer&lt;/a&gt;. On le voit &#233;galement fascin&#233; par les pratiques de collage ou de montage qui permettent de jouer sur la tension entre diversit&#233; et recherche d'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les illustrations d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; t&#233;moignent de ces principes esth&#233;tiques. Les &#339;uvres d'art, en outre, exemplifient ces pratiques qui assemblent l'h&#233;t&#233;rog&#232;ne : celles de Rauschenberg, George Brecht, Louise Nevelson, mais aussi celles de Brassa&#239;, Arman, ou &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dubuffet-Jean.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dubuffet&lt;/a&gt;, plus homog&#232;nes. Par ailleurs nombre d'illustrations donnent &#224; voir des fragments : d'&#339;uvres, de documents ou de corps. Les illustrations miment ainsi les choix d'&#233;criture du texte, en en donnant un &#233;quivalent formel. Elles donnent ainsi moins &#224; voir les r&#233;f&#233;rents que les principes esth&#233;tiques du texte. Et quand certaines images semblent illustratives (photos de l'Amazone, du t&#233;l&#233;phone mural ou planches anatomiques), elles illustrent surtout une forme r&#233;currente (le S d&#233;crit par le fleuve, par la ficelle que tire l'enfant, ou par le boa de la vieille dame), ou renvoient &#224; une th&#233;matique large comme celle du corps (malade ou &#233;rotis&#233;). D'ailleurs, &#224; l'exception du tableau de Poussin, le texte ne d&#233;crit les images que de loin : un d&#233;calage plus ou moins sensible est toujours m&#233;nag&#233; avec le r&#233;f&#233;rent suppos&#233;, comme si le texte se refusait &#224; doubler l'image (ou inversement). Le montage photographique en double page, qui m&#234;le les portraits par Andy Warhol de deux figures embl&#233;matiques des ann&#233;es 1960, Marilyn Monroe et Che Guevara, &#224; des photogrammes de l'assassinat de J.F. Kennedy et des publicit&#233;s pour le whisky et le coca-cola, fournit une sorte de condens&#233; de cette p&#233;riode, avec ses stars ; c'est un autre portrait de l'Am&#233;rique, en contraste avec le quotidien urbain banal d&#233;crit par le texte et dont la forme est analogue &#224; celle du livre. Deux images, enfin, th&#233;matisent l'acte de cr&#233;ation, le dessin de Simon et l'eau-forte de Picasso : une main &#233;crivant et un personnage de peintre pris dans une sc&#232;ne &#233;rotique ; quant &#224; la derni&#232;re planche anatomique, elle montre l'organe essentiel qu'est l'&#339;il, dont les perceptions, sont (d)&#233;crites par la main sur laquelle s'ouvre le livre et qui &#233;crit la pr&#233;face manuscrite. Car c'est essentiellement &#171; dans et par l'&#233;criture &#187; que l'&#233;crivain d&#233;couvre &#224; t&#226;tons les &#171; images du monde &#187;, interminablement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Paris, Gen&#232;ve : Skira (&#171; Les Sentiers de la cr&#233;ation &#187;), 1970, 150 p., 21 illustrations.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; ALPHANT (Marianne), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Marianne-Alphant-La-Lumiere-d-Orion-1993.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La lumi&#232;re d'Orion &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt; [plaquette], Biblioth&#232;que municipale d'Argenteuil, 1993, p. 7-18. Repris sur le site ALCS&lt;/li&gt;&lt;li&gt; BIKIALO (St&#233;phane), &#171; Les &#8220;trac&#233;s sinueux&#8221; de Claude Simon : une po&#233;tique de la pelote de laine &#187;, dans &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-Images-chez-Claude-Simon-2004.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Images chez Claude Simon : des mots pour le voir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, St&#233;phane Bikialo, Catherine Rannoux (dir.), Rennes, Presses universitaires de Rennes (La Licorne ; 71), 2004, p. 109-132.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DUBOSCLARD (Genevi&#232;ve), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elseneur/376&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#192; corps ouverts. Passion des corps et anatomie dans les romans de Claude Simon (&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;) &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Elseneur&lt;/i&gt;, 35, septembre 2020, p. 79-92.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DAUMARD (Jean-Pierre), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/677&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le choix d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; : mimesis et terreur &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 6, 2010, p. 87-111.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DUFFY (Jean), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/908&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Corpor&#233;it&#233;, m&#233;taphore et image dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 9, 2014, p. 117-141.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; GLEIZE (Jo&#235;lle), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/676&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Orion-Simon sur les sentiers de la cr&#233;ation &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 6, 2010, p. 71-85.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; FERRATO-COMBE (Brigitte), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Ferrato-Combe-Brigitte-Ecrire-en-peintre-Claude-Simon-et-la-peinture-1998.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;crire en peintre. Claude Simon et la peinture&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Grenoble : ELLUG, 1998.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; SYKES (Stuart), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Stuart-Sykes-Les-Romans-de-Claude-Simon-1979.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Romans de Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Paris : &#201;ditions de Minuit, 1979, ch. VIII, &#171; 1970-1971. &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; : le texte-constellation &#187;, p. 147-166.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ZEMMOUR (David), Notices sur &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dictionnaire-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Michel-Bertrand-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Textes r&#233;unis par Michel Bertrand. Paris : Honor&#233; Champion, 2013. 2 vols., t. 2, p. 627-634 et 765-772.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Notices-sur-les-oeuvres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir toutes les notices&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Corps conducteurs (1971)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Les-Corps-conducteurs-1971.html</link>
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		<dc:date>2025-10-03T12:34:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Corps conducteurs . Notice &lt;br class='autobr' /&gt;
par Jo&#235;lle GLEIZE &lt;br class='autobr' /&gt;
NB : La notice d'Orion aveugle est con&#231;ue comme compl&#233;mentaire de celle des Corps conducteurs, qu'il est recommand&#233; de lire d'abord. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce r&#233;cit, un personnage anonyme progresse avec difficult&#233;. C'est tour &#224; tour un &#171; homme malade &#187; en marche vers son h&#244;tel ; le m&#234;me, consultant un m&#233;decin ; le passager d'un avion ; un groupe de guerriers dans la for&#234;t ; un homme qui cherche &#224; retrouver son amante ; le participant &#224; un congr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Corps-conducteurs-+.html" rel="tag"&gt;Les Corps conducteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; . Notice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Jo&#235;lle GLEIZE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L467xH650/corps_conducteurs-3a6f4.jpg?1787937884' width='467' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;NB : La notice d'&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970-744.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; est con&#231;ue comme compl&#233;mentaire de celle des &lt;i&gt;Corps conducteurs&lt;/i&gt;, qu'il est recommand&#233; de lire d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce r&#233;cit, un personnage anonyme progresse avec difficult&#233;. C'est tour &#224; tour un &#171; homme malade &#187; en marche vers son h&#244;tel ; le m&#234;me, consultant un m&#233;decin ; le passager d'un avion ; un groupe de guerriers dans la for&#234;t ; un homme qui cherche &#224; retrouver son amante ; le participant &#224; un congr&#232;s d'&#233;crivains ; enfin &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Poussin-Nicolas.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Orion, le g&#233;ant aveugle de la mythologie, peint par Nicolas Poussin&lt;/a&gt;. Plut&#244;t que racont&#233;, le cheminement de chaque personnage est d&#233;crit par fragments entrem&#234;l&#233;s, sous un regard intense, avide de pr&#233;cision. Car l'important n'est pas le but du chemin, mais ce qui est donn&#233; &#224; voir et &#224; lire avant qu'il ne s'arr&#234;te. &#192; la fin du roman, l'interminable congr&#232;s s'&#233;tire jusqu'&#224; l'aube ; tous sont &#233;puis&#233;s, sauf un couple qui amorce une idylle (en contraste, les amants se s&#233;parent avec peine &#224; la fin de la nuit) ; la colonne de guerriers, ext&#233;nu&#233;e, indiff&#233;rente &#224; tout, dangers ou merveilles, poursuit sa marche dans la for&#234;t ; le long vol en avion semble suspendu au-dessus des nuages. Seules deux marches s'ach&#232;vent, celle d'Orion qui dispara&#238;t au lever du soleil ; celle du malade qui quitte le m&#233;decin et qui parvient &#224; rejoindre sa chambre d'h&#244;tel o&#249;, pris de vertige, il tombe &#171; &#224; quatre pattes &#187;. Dans l'histoire, toutes les avanc&#233;es sont entrav&#233;es et semblent d&#233;risoires. Morcel&#233;e, la narration est remplac&#233;e par une multitude d'images, de visions fragment&#233;es, de perspectives changeantes : vues d'avion du continent am&#233;ricain, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/ils-semblent-flotter-suspendus-verticaux-geometriques-et-sans-poids.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;falaises des gratte-ciel vues du sol&lt;/a&gt;, et tout autour, des passants et des images, celles des vitrines et de leurs reflets, celles d'inscriptions sur les palissades, d'enseignes, de pages de magazines, et d'images d'images. C'est un continent saisi par un regard qui isole des d&#233;tails, saute ou glisse de l'un &#224; l'autre, fait jouer similitudes et contrastes, harmonies de couleurs et de lignes. Un continent en morceaux d&#233;tach&#233;s, assembl&#233;s en constellations par les filets de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vision en &#233;clats de l'Am&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, dont il reprend le texte avec quelques modifications tout en le prolongeant, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; tente de restituer une vision de l'Am&#233;rique et de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/New-York.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;New York&lt;/a&gt; : des images qui ont profond&#233;ment marqu&#233; Simon lors de ses premiers voyages &#8211; aux &#201;tats-Unis &#224; l'automne 1968 et au Chili en 1969 lorsqu'il est invit&#233; &#224; un congr&#232;s d'&#233;crivains. Il en parle comme d'un choc esth&#233;tique exaltant, aussi bien devant le paysage urbain des gratte-ciel de Manhattan, de ses rues et de leurs vitrines, que devant les &#339;uvres d'artistes comme &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Rauschenberg-Robert.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rauschenberg&lt;/a&gt; (dont l'&#339;uvre intitul&#233;e &lt;i&gt;Charlene&lt;/i&gt; l'avait boulevers&#233;). Des &#339;uvres faites de l'assemblage et du montage d'&#233;l&#233;ments multiples, exprimant &#224; ses yeux, par un m&#233;lange de rigueur, d'exub&#233;rance et de verve, la &#171; grandeur &#187; de la ville et du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces impressions visuelles puissantes et m&#234;l&#233;es fournissent mati&#232;re &#224; de nombreuses descriptions : les rues de New York (non nomm&#233;e, la ville prend valeur g&#233;n&#233;rique) vues comme des tranch&#233;es, les juxtapositions d'images h&#233;t&#233;roclites dans les vitrines, la haute taille des passants, le mouvement de la ville et de ses chantiers, les &#233;chapp&#233;es souterraines vers un bar ou vers le m&#233;tro avec ses grondements r&#233;guliers. Les objets et pratiques d'un quotidien banal acqui&#232;rent une pr&#233;sence saisissante : images de magazines, cabines t&#233;l&#233;phoniques, vitrines, palissades, salle d'attente de m&#233;decin ou bar, mais aussi collages de slogans publicitaires ou politiques ou d'annonces de journaux. Cette vision &#233;clat&#233;e amalgame aussi des images du pass&#233;, r&#233;cent ou ancien. &#192; celles d'un quotidien saisi sur le vif, se combinent des repr&#233;sentations de toutes sortes : photographies (telles celles de l'assassinat de J. F. Kennedy en 1963, dans une vitrine), ou gravures (comme celle des premiers Occidentaux d&#233;couvrant le continent, ses indig&#232;nes et ses for&#234;ts). Les citations des d&#233;bats au congr&#232;s de Santiago du Chili (non nomm&#233;) documentent, par bribes dispers&#233;es, les questions politiques qui agitent ces ann&#233;es 1968-1969 : l'&#233;crivain doit-il se d&#233;finir politiquement ? &#202;tre au service de la soci&#233;t&#233; ? On sait, par son &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt; comme par &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt;, combien Claude Simon s'oppose &#224; tout engagement de la litt&#233;rature&#8230; Les citations en espagnol (toutes ne sont pas traduites), t&#233;moignent quant &#224; elles de la diversit&#233; culturelle du continent. Cependant ces fugitives r&#233;f&#233;rences &#224; des situations historiques ou g&#233;ographiques peuvent &#234;tre brouill&#233;es : ainsi la colonne en marche dans la for&#234;t devient parfois contemporaine, quand un avion la survole, et les conqu&#233;rants anciens se muent en guerilleros modernes ; la rue que l'on situe &#224; Manhattan laisse entrevoir parfois un lac &#233;voquant Chicago. De m&#234;me que pour le vol et ses escales, une r&#233;f&#233;rence pr&#233;cise importe peu. Seules importent ces images qui s'attirent les unes les autres, se superposent, s'entrechoquent ou se m&#234;lent dans un montage dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dynamisme est fait aussi d'une tension entre des visions subjectives et des images objectives. Les vues d'avion sont parfois cadr&#233;es par un hublot ; la salle du congr&#232;s est per&#231;ue par le regard ironique d'un &#233;crivain qui, dans tel orateur, voit un jeune premier de carte postale, dans tel autre un proconsul romain. Les marcheurs ext&#233;nu&#233;s, aux yeux &#171; envahis de pus ou troubl&#233;s par le manque de sommeil &#187;, ne distinguent plus les oiseaux des papillons ni les perceptions des hallucinations. Est subjective aussi la vision des &#233;l&#233;ments urbains que croise au cours de sa marche l'homme malade : vus en contreplong&#233;e, les gratte-ciel deviennent des falaises et les passants des g&#233;ants. En contraste, les emprunts nombreux &#224; des ouvrages documentaires tr&#232;s divers, (encyclop&#233;dies, guides de voyage, ouvrages anatomiques) m&#234;lent &#224; ces visions des descriptions objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette image partielle et &#233;clat&#233;e de l'Am&#233;rique, aucune perspective ne domine, pas m&#234;me celle de l'homme malade. Car ce &#171; portrait &#187; est fait du montage d'impressions visuelles avec d'autres images qu'elles attirent ou rappellent au moment pr&#233;sent de l'&#233;criture. Le texte place tout sur le m&#234;me plan : souvenirs et repr&#233;sentations, &#339;uvres d'art et images triviales. Et, corps conducteurs, les mots, avec les images qu'ils &#233;voquent, permettent de glisser de l'une &#224; l'autre, recomposant des ensembles toujours renouvel&#233;s, loin de toute vision unitaire et fig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corps souffrant et corps anatomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps, avec ses perceptions et ses sensations, est essentiel pour le mat&#233;rialiste qu'est Claude Simon, soucieux de revenir &#224; l'&#233;l&#233;mentaire, et tout particuli&#232;rement dans ces deux livres dont les titres disent &#224; la fois le pouvoir (conducteur) du corps et sa possible d&#233;faillance (aveugle). Son &#233;criture se fait avec le corps &#8211; la &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Main-ecrivant-Paris.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Main &#233;crivant &#187;&lt;/a&gt;, en exergue d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; &#8211; et avec les cinq sens, mais aussi sur le corps, le sien et celui d'autres, et elle requiert le souvenir d'impressions sensorielles pour r&#233;sonner. Le roman s'ouvre sur des jambes de femmes en plastique, lev&#233;es et align&#233;es dans une vitrine, sectionn&#233;es &#224; l'aine : objets &#233;rotis&#233;s (par la publicit&#233;) ou fonctionnels (proth&#232;ses m&#233;dicales). Deux visions s'opposent, l'une est fantasmatique, l'autre anatomique. Plusieurs s&#233;ries se d&#233;ploient ainsi autour du corps &#233;rotique et du corps malade : celle de la rencontre des amants, celle d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; et celles de corps affaiblis par la souffrance et entrav&#233;s dans leur cheminement. Ennui et fatigue des congressistes, corps en d&#233;tresse de la troupe dans la for&#234;t, douleurs et vertiges d'intensit&#233; variable de l'homme malade. L'&#233;tirement du temps et les malaises de cet homme se m&#233;taphorisent dans le motif r&#233;current de l'avalanche de mati&#232;re gris&#226;tre qui envahit l'espace alentour et qui, d&#233;crite comme une perception, mat&#233;rialise son angoisse. Le texte leur associe la description m&#233;thodique de planches anatomiques ou des investigations du m&#233;decin. &#192; la perception du corps interne s'oppose le regard m&#233;dical qui l'analyse, le morc&#232;le, en d&#233;nomme et liste les parties avec une neutralit&#233; scientifique. Le jeu entre ce regard d&#233;sincarn&#233; et la perception interne du sujet souffrant souligne l'inqui&#233;tude du malade : la fascination pour le corps anatomique pourrait &#234;tre le corollaire du regard du sujet sur son propre corps, prenant conscience, &#224; travers son malaise, de son fonctionnement. Les moments d'&#233;panouissement &#233;rotique des couples, mythologiques ou non, font aussi contrepoids &#224; la pr&#233;dominance des corps entrav&#233;s. Le corps &#233;rotique appara&#238;t dans quelques fragments &#233;voquant la nuit des amants mais aussi dans les fragments consacr&#233;s &#224; Orion et aux constellations. Cette association d'Orion et d'&#201;ros tient sans doute au mythe : le g&#233;ant a &#233;t&#233; puni et aveugl&#233; pour avoir commis un viol. C'est &#224; une eau-forte &#233;rotique de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Picasso-Pablo.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Picasso&lt;/a&gt; que Simon associe les figures mythologiques dessin&#233;es par les constellations dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon est un &#233;crivain du regard, pour qui &#171; voir &#187; n'est pas seulement percevoir, mais vivre une exp&#233;rience primordiale. Il aimait ces mots de Dosto&#239;evski : &#171; L'important n'est pas l'objet, c'est l'&#339;il ; avez-vous un &#339;il, l'objet sera trouv&#233;. &#187; Dans ce livre o&#249; le rapport au corps est probl&#233;matique, l'&#339;il est omnipr&#233;sent, dans de nombreuses repr&#233;sentations notamment. C'est avant tout l'organe qui les rend possibles &#8211; et sur lequel se cl&#244;t &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; &#8211; &#171; avec son iris, son cristallin, son corps vitreux, et la fine membrane de la r&#233;tine sur laquelle les images du monde viennent se plaquer, glisser, l'une prenant la place de l'autre &#187;. Que Simon fasse du g&#233;ant aveugle une all&#233;gorie du cr&#233;ateur t&#226;tonnant dans &#171; la for&#234;t des signes &#187; dit assez combien la vue, l'&#233;criture et la vie sont ins&#233;parables pour lui qui est avide de voir et de vivre. De m&#234;me que le d&#233;sir de vivre est exacerb&#233; en pr&#233;sence du danger de mort &#8211; ce que Simon appelle &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Yapaudjian-Labat-Cecile-Ecriture-deuil-et-melancolie-2010.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; m&#233;lancolie &#187;&lt;/a&gt; dans &lt;i&gt;Le Jardin des plantes&lt;/i&gt; &#8211; de m&#234;me le d&#233;sir de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Voir-regarder-avidement-Et-se-souvenir.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; regarder avidement &#187;&lt;/a&gt; s'exacerbe quand la vue est emp&#234;ch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La forme d'une vision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme tr&#232;s singuli&#232;re du texte, un montage de descriptions fragmentaires tr&#232;s vari&#233;es, frappe d'entr&#233;e et justifie que l'on parle de formalisme. On peut &#234;tre d&#233;rout&#233; par ce &#171; roman &#187; o&#249; se juxtaposent et se succ&#232;dent d'une seule coul&#233;e des fragments descriptifs de plusieurs ordres de r&#233;alit&#233;s. Claude Simon a dit lui-m&#234;me combien cette forme s'est impos&#233;e, d&#233;termin&#233;e par &#171; une certaine vision de l'Am&#233;rique et de New York &#187;, &#171; cette esp&#232;ce d'ensemble tr&#232;s vertical, de plans, d'angles, de choses tr&#232;s dures, nettes, sans fioritures &#187;. Il s'agit non d'une recherche formelle d&#233;lib&#233;r&#233;e mais du d&#233;sir de restituer une vision singuli&#232;re ; des images fragmentaires se succ&#232;dent en se heurtant malgr&#233; la continuit&#233; des pages et des paragraphes. Chaque s&#233;rie se pr&#233;sente comme &#233;clat&#233;e en pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es &#8211; aussi bien des repr&#233;sentations (photographies, gravures ou dessins, affiches) que des &#233;l&#233;ments du r&#233;el. Ainsi la premi&#232;re s&#233;rie, &#171; rue de grande ville &#187;, d&#233;crit des vues fragmentaires d'une vitrine, de la rue o&#249; &#171; il &#187; avance, de l'immeuble au pied duquel &#171; il &#187; s'assied, d'une inscription, des buildings le surplombant. Et cela est entrelac&#233; avec des fragments de deux autres s&#233;ries (la visite chez le m&#233;decin et la vue d'avion). Plus loin, on d&#233;couvre ces vues fragmentaires de la ville rassembl&#233;es dans la vitrine o&#249; elles se refl&#232;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; de cette prose sans alin&#233;as contraste avec l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des fragments qu'elle assemble. H&#233;t&#233;roclites par l'objet des descriptions, les fragments le sont aussi sur la page : ils int&#232;grent diff&#233;rentes typographies et diff&#233;rentes langues, anglais, espagnol ou latin (un document est m&#234;me reproduit avec sa mise en page). Le texte est &#233;maill&#233; de nombreuses citations du quotidien (journal ou affiche, &#233;tiquettes ou timbres) ; cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des mat&#233;riaux et l'abondance des citations emp&#234;chent que s'installe une unit&#233; de style. La phrase ample, au rythme puissant, allong&#233;e par des incises et des parenth&#232;ses de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; ou d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, fait place ici &#224; des phrases courtes, glissant d'une description &#224; une autre, unifi&#233;es par l'usage constant du pr&#233;sent. Les variations de point de vue sont incessantes : vues d'en haut ou de pr&#232;s, vue mobile. S'y ajoutent celles du statut de l'objet regard&#233;, tant&#244;t objet r&#233;el, tant&#244;t objet repr&#233;sent&#233;, un corps grav&#233; s'animant ou inversement, un autre se figeant en une image. Ces variations, voire ces contrastes, accentuent l'effet d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; obtenu par l'assemblage d'&#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;roclites. Le texte r&#233;pond &#224; une esth&#233;tique du &lt;a href=&#034;https://associationclaudesimon.org/+-Collages-+.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collage&lt;/a&gt; et de la combinatoire comparable &#224; celle des &lt;i&gt;combine paintings&lt;/i&gt; de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Rauschenberg-Robert.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rauschenberg&lt;/a&gt;, dont Simon transpose dans l'&#233;criture la composition &#224; la fois disparate et harmonieuse. En menant un travail de suture ou de tuilage, il joue avec la fragmentation et les multiples coupures pour &#233;tablir une continuit&#233; et composer un ensemble structur&#233;. La combinatoire et l'articulation des fragments sont assur&#233;es par les glissements, reprises, &#233;chos, ressemblances ou contrastes entre eux. Les &#171; corps conducteurs &#187; sont les mots, et les formes ou les couleurs qu'ils convoquent : ainsi le passage d'une s&#233;rie &#224; une autre peut &#234;tre signal&#233; par la reprise d'un mot (avion, for&#234;t, ou buildings, etc.) ; d'un motif narratif : des regards qui se croisent (dans le bar et dans la salle d'attente), la brume (du tableau de Poussin et de la rue), des lambeaux (de viande ou d'affiches) ; ou encore de formes : les rectangles (ceux des illustrations du journal d'un congressiste, ceux des buildings ou celui de la porte de la salle de bain des amants). Ainsi l'&#233;crivain poursuit-il son r&#234;ve de rapprocher &lt;a href=&#034;https://associationclaudesimon.org/+-Peinture-+.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;peinture et &#233;criture&lt;/a&gt;, en pliant celle-ci &#224; des &#171; n&#233;cessit&#233;s plastiques &#187;, pour une harmonie th&#233;matique autant que formelle. Dans ce roman o&#249; la r&#233;f&#233;rence &#224; la peinture est majeure, comme la recherche d'une correspondance picturale des couleurs, des motifs et des lignes, Claude Simon va plus loin que jamais dans la qu&#234;te d'une prose &#171; simultan&#233;e &#187; rivalisant avec la composition d'un tableau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Les_Corps_conducteurs-1858-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Paris : Minuit, 1971, 226 p.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Repris dans les &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, 2&lt;/a&gt;. &#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan, avec la collaboration de B&#233;r&#233;nice Bonhomme et David Zemmour. Paris : Gallimard, 2013. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586).. p. 417-553. Notice et notes p. 1439-1468.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; ALPHANT (Marianne), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Marianne-Alphant-La-Lumiere-d-Orion-1993.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La lumi&#232;re d'Orion &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt; [plaquette], Biblioth&#232;que municipale d'Argenteuil, 1993, p. 7-18. Repris sur le site de l'ALCS.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; BIKIALO (St&#233;phane), &#171; Les &#8220;trac&#233;s sinueux&#8221; de Claude Simon : une po&#233;tique de la pelote de laine &#187;, dans &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-Images-chez-Claude-Simon-2004.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Images chez Claude Simon : des mots pour le voir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, St&#233;phane Bikialo, Catherine Rannoux (dir.), Rennes, Presses universitaires de Rennes (&lt;i&gt;La Licorne&lt;/i&gt; ; 71), 2004, p. 109-132.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DUBOSCLARD (Genevi&#232;ve), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elseneur/376&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#192; corps ouverts. Passion des corps et anatomie dans les romans de Claude Simon (&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;) &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Elseneur&lt;/i&gt;, 35, septembre 2020, p. 79-92.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DUFFY (Jean), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/908&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Corpor&#233;it&#233;, m&#233;taphore et image dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 9, 2014, p. 117-141.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; GENIN (Christine), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/3880&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Du corps malade au corps &#233;crit dans &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 17, 2022, p. 109-123.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; FERRATO-COMBE (Brigitte), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Ferrato-Combe-Brigitte-Ecrire-en-peintre-Claude-Simon-et-la-peinture-1998.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;crire en peintre. Claude Simon et la peinture&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Grenoble : ELLUG, 1998.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; SYKES (Stuart), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Stuart-Sykes-Les-Romans-de-Claude-Simon-1979.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Romans de Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Paris : &#201;ditions de Minuit, 1979, ch. VIII, &#171; 1970-1971. &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; : le texte-constellation &#187;, p. 147-166.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ZEMMOUR David, Articles &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dictionnaire-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Michel-Bertrand-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Textes r&#233;unis par Michel Bertrand. Paris : Honor&#233; Champion, 2013. 2 vols. t. 2, p. 627-634 et 765-772.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Notices-sur-les-oeuvres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir toutes les notices&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gleize, Jo&#235;lle, &#171; Orion-Simon sur les sentiers de la cr&#233;ation &#187; (2010)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Gleize-Joelle-Orion-Simon-sur-les-sentiers-de-la-creation-2010.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Gleize-Joelle-Orion-Simon-sur-les-sentiers-de-la-creation-2010.html</guid>
		<dc:date>2013-02-24T20:36:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Poussin, Nicolas</dc:subject>
		<dc:subject>Rauschenberg, Robert</dc:subject>
		<dc:subject>Gleize, Jo&#235;lle</dc:subject>
		<dc:subject>Composition</dc:subject>
		<dc:subject>Image</dc:subject>
		<dc:subject>Collages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Jo&#235;lle GLEIZE, &#171; Orion-Simon sur les sentiers de la cr&#233;ation &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Composition-+.html" rel="tag"&gt;Composition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Image-+.html" rel="tag"&gt;Image&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Collages-+.html" rel="tag"&gt;Collages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Jo&#235;lle Geize. &#171; Orion-Simon sur les sentiers de la cr&#233;ation &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-6-2010-61.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt; 6, 2010&lt;/a&gt;, p. 71-85
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#339;uvre de Claude Simon, le sort d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; para&#238;t singulier : souvent r&#233;duit &#224; sa c&#233;l&#232;bre pr&#233;face, ou au texte qui deviendra le d&#233;but des &lt;i&gt;Corps conducteurs&lt;/i&gt;, il semble vou&#233; &#224; dispara&#238;tre comme livre, et comme montage d'un texte et des illustrations qui en sont le compl&#233;ment. C'est ce livre qui nous retiendra, un livre dont la conception d&#233;pend aussi, quoique dans une moindre mesure, d'un &#233;diteur, Albert Skira et d'un directeur de collection, Ga&#235;tan Picon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'acc&#232;s &#224; la correspondance des &#233;diteurs avec Claude Simon nous &#233;tant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puisqu'il appartient &#224; une collection remarquable dont la caract&#233;ristique principale est d'associer texte et reproductions d'&#339;uvres d'art et autres documents visuels. La prise en compte des diff&#233;rentes composantes du livre trouve ici une justification particuli&#232;re dans la relation &#233;troite que Simon &#233;tablit entre litt&#233;rature et peinture (relations analogiques des deux arts qu'il conna&#238;t et pratique, ou a pratiqu&#233;s) et dans sa conscience aigu&#235; de la spatialit&#233; de l'&#233;criture et du livre : on sait que la contigu&#239;t&#233; spatiale des &#233;l&#233;ments picturaux lui sert volontiers de mod&#232;le pour son &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le projet &#233;ditorial des &#171; Sentiers de la cr&#233;ation &#187; s'est traduit par la commande aupr&#232;s de cr&#233;ateurs (&#233;crivains et artistes) d'un &#233;crit (essai ou autobiographie) sur leur travail, sur ce qui se passe dans l'atelier. La demande a &#233;t&#233; adress&#233;e &#224; des &#233;crivains po&#232;tes : Aragon, Bonnefoy, Ponge, Asturias, Pr&#233;vert ; romanciers ou prosateurs, Elsa Triolet, Butor, Simon ; essayistes : Starobinski, Barthes ; dramaturges : Ionesco, ou peintres : Picasso, Miro. La collection, commenc&#233;e en 1969 et arr&#234;t&#233;e en 1976, est dirig&#233;e par Ga&#235;tan Picon qui y participe lui-m&#234;me pour le volume &lt;i&gt;Admirable tremblement du temps&lt;/i&gt;, pour le texte de &lt;i&gt;La Chute d'Icare&lt;/i&gt; sur Picasso, et la pr&#233;sentation des &lt;i&gt;Carnets catalans&lt;/i&gt; de Miro, dernier volume de la collection. Conform&#233;ment &#224; la tradition de la maison Skira&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Skira est un des premiers &#233;diteurs utilisant les illustrations en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la maquette est luxueuse, comme la qualit&#233; du papier, un caract&#232;re est cr&#233;&#233; sp&#233;cialement pour l'occasion et tout est fait pour que l'association texte-image soit aussi soign&#233;e qu'originale.&lt;br&gt;
Le volume sign&#233; par Claude Simon porte le n&#176; 8 dans la collection. Cependant quatre publications &#233;tant programm&#233;es par an, quand le volume de Claude Simon para&#238;t en avril 1970, il succ&#232;de aux quatre premiers volumes parus en novembre 1969 : celui d'Elsa Triolet, &lt;i&gt;La mise en mots&lt;/i&gt;, d'Aragon, &lt;i&gt;Je n'ai jamais appris &#224; &#233;crire ou les incipit&lt;/i&gt;, de Ionesco, &lt;i&gt;D&#233;couvertes&lt;/i&gt;, et de Michel Butor, &lt;i&gt;Les mots dans la peinture&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; para&#238;t en m&#234;me temps que les quatre suivants : de Roland Barthes, &lt;i&gt;L'empire des signes&lt;/i&gt;, de Roger Caillois, &lt;i&gt;L'&#233;criture des pierres&lt;/i&gt; et de Jean Starobinski, &lt;i&gt;Portrait de l'artiste en saltimbanque&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
Sous une m&#234;me maquette, &#224; l'identit&#233; graphique forte, la diversit&#233; des volumes de la collection est &#224; l'image de la diversit&#233; des d&#233;marches des cr&#233;ateurs sollicit&#233;s. Chacun interpr&#232;te &#224; sa mani&#232;re la demande de l'&#233;diteur et le titre de la collection : une demande fond&#233;e sur une attention passionn&#233;e &#224; la cr&#233;ation contemporaine et &#224; ses questionnements. La collection suscite en effet une r&#233;flexion sur l'&#233;criture en acte qui r&#233;trospectivement appara&#238;t comme pionni&#232;re : elle pr&#233;figure les &#233;tudes de gen&#232;se et instaure entre texte et image une relation nouvelle et d'une extr&#234;me richesse. Ce sont les deux points autour desquels j'organiserai mes remarques sur le volume &#8211;texte et images- con&#231;u par Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;emotion&#034;&gt;&#171; De l'&#233;motion &#224; la cr&#233;ation &#187; ou la &#171; fabrique &#187;&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de l'&#233;diteur &#233;tait ambitieux : &#233;clairer ce qui reste enfoui, le secret de l'&#339;uvre, sinon le myst&#232;re de la cr&#233;ation : d'o&#249; est venu l'&#233;lan, l'id&#233;e, le noyau originel et comment cela est-il devenu &#339;uvre ? Il n'est plus question de recourir au mythe de l'inspiration, mais de retrouver les intentions premi&#232;res de l'auteur et de reconstruire leur devenir. Ga&#235;tan Picon, dans &lt;i&gt;La Chute d'Icare&lt;/i&gt;, raconte comment, pour Albert Skira, l'id&#233;e de cette collection &#171; a pris naissance ce jour o&#249;, marchant aux c&#244;t&#233;s de Picasso dans le parc de Boisgeloup , il vit son compagnon ramasser un fil de fer et un morceau de branche morte et les enfouir dans la poche de son imperm&#233;able. Quelques jours plus tard, il devait les retrouver dans l'atelier &#8211; devenus sculptures.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pablo Picasso, La Chute d'Icare, pr&#233;sent&#233; par Ga&#235;tan Picon, coll. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la question du devenir-&#339;uvre que d&#233;sire poser l'&#233;diteur aux cr&#233;ateurs, et dans des termes &#233;troitement li&#233;s &#224; la question de la modernit&#233;. Albert Skira explique ainsi le choix de son titre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Pourquoi les sentiers de la cr&#233;ation ? De l'&#233;motion &#224; la cr&#233;ation, le po&#232;te, le peintre, l'&#233;crivain, le musicien, le savant, l'architecte ont parcouru de nombreux chemins o&#249; ils ont cherch&#233; avec inqui&#233;tude ce qui pourrait leur donner une raison de vivre. L'&#339;uvre achev&#233;e, il ne reste plus aux cr&#233;ateurs que le souvenir lointain qui les guettait.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La formulation m&#234;le des interrogations sur les intentions ou les mat&#233;riaux de d&#233;part, sur la vis&#233;e de l'&#339;uvre et sur le travail en cours. Et les &#233;crivains et artistes sollicit&#233;s r&#233;pondront en faisant porter leur regard sur tel ou tel moment du processus, constituant ainsi une r&#233;flexion sur la gen&#232;se &#233;labor&#233;e par les cr&#233;ateurs eux-m&#234;mes, avant toute th&#233;orisation ext&#233;rieure. L'introduction de Ga&#235;tan Picon aux &lt;i&gt;Carnets catalans&lt;/i&gt; de Miro, en 1976, va plus loin, porte plus nettement sur le processus d'&#233;laboration, et pr&#233;sente le livre comme t&#233;moignant de &#171; ce qui pr&#233;c&#232;de l'&#339;uvre, seule trop souvent &#224; appara&#238;tre et dont nous avons l'illusion qu'elle a jailli d'un seul coup&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joan Miro, Carnets et textes in&#233;dits, pr&#233;sent&#233;s par Ga&#235;tan Picon, coll. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La remise en cause d'une cr&#233;ation inspir&#233;e et jaillissante, celle de la primaut&#233; de l'&#339;uvre achev&#233;e ne seront pas les moindres des effets th&#233;oriques produits par cette collection. Elle expose au regard le processus et le travail d'&#233;laboration, en donne &#224; voir l'&#233;vidence dans les volumes des &#233;bauches des &#339;uvres de Picasso et Miro, mais tout aussi bien dans le volume de Francis Ponge, &lt;i&gt;La Fabrique du pr&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;produire&#034;&gt;Produire et non cr&#233;er&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le terme de &#171; cr&#233;ation &#187;, cependant, pouvait &#234;tre ambigu, et Claude Simon a formul&#233; des r&#233;serves au sujet de ce terme qui le g&#234;nait, de m&#234;me qu'il g&#234;nait Ponge, par ses pr&#233;suppos&#233;s id&#233;alistes peu compatibles avec un d&#233;voilement du &#171; faire &#187; de l'&#233;crivain :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je ne dirais pas la &#171; cr&#233;ation &#187;. Ce dernier mot postule en effet : &#171; ex nihilo &#187;. Or non seulement nous sommes les h&#233;ritiers de tous les &#233;crivains qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, mais encore tout &#233;crivain, loin de partir &#171; ex nihilo &#187;, use de ce mat&#233;riau (mais peut-on employer ce mot ?) qu'est la langue, cette langue qui, comme on l'a tr&#232;s justement dit, &#171; parle d&#233;j&#224; avant nous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Mireille Calle, 1992-3, Claude Simon, Chemins de la m&#233;moire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En revanche, Simon reprend la m&#233;taphore des sentiers et du cheminement, faisant du personnage d'Orion, le g&#233;ant aveugle, une figure embl&#233;matique de l'&#233;crivain et de son travail, comme avanc&#233;e t&#226;tonnante sur un chemin de langage, le long duquel s'offrent &#224; lui sans cesse des carrefours possibles parmi les sens offerts. Il peut ainsi s'approprier le titre de la collection : la m&#233;taphore du cheminement h&#233;sitant met l'accent sur les tours, d&#233;tours et recoupements de ces sentiers et nourrit la r&#233;flexion th&#233;orique de la pr&#233;face. D'autre part, par la r&#233;f&#233;rence &#224; la toile de Poussin, il s'inscrit dans la culture tout &#224; la fois mythologique, astrologique et picturale du si&#232;cle classique, et met en pratique le refus d'envisager la cr&#233;ation comme &#171; ex nihilo &#187;, et comme ph&#233;nom&#232;ne relevant d'une nouveaut&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa r&#233;ponse &#224; la question de l'&#233;diteur prend une double forme discursive : pr&#233;face-essai et fiction-&#233;criture en acte, celle-ci illustrant, exemplifiant le propos de celle-l&#224;. La description du processus d'&#233;criture dans l'essai se fait r&#233;troactivement et expose la po&#233;tique litt&#233;raire simonienne en soulignant le r&#244;le des images et de la polys&#233;mie des mots. La fiction, &#224; sa suite, donne &#224; lire le montage de fragments descriptifs-narratifs entrelac&#233;s qui composent une &#233;vocation de voyages en Am&#233;rique (Nord et Sud) et des images qu'en retient l'&#339;il qui voyage ; ainsi &#171; illustr&#233;e &#187;, la fiction donne &#224; voir le processus de cr&#233;ation, les &#171; stimuli &#187; ou les &#233;l&#233;ments de la r&#233;alit&#233; du monde ou de l'art qui ont d&#233;clench&#233; ou orient&#233; l'&#233;criture en cours.&lt;br&gt; Dans &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, Simon dit de ce livre qu'il est n&#233; de &#171; la consid&#233;ration des propri&#233;t&#233;s du grand tableau de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Rauschenberg-Robert.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rauschenberg&lt;/a&gt; intitul&#233; &lt;i&gt;Charl&#232;ne&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, Claude Simon, &#338;uvres, Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ayant vu &#224; New York,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[c]ertaines boutiques dont les &#233;l&#233;ments [&#8230;] rappelaient &#233;trangement les &#233;l&#233;ments employ&#233;s par Rauschenberg ou d'autres peintres ou sculpteurs pratiquant comme lui l'art de l'&#171; assemblage &#187; ou du &#171; collage &#187;, ce tableau a eu la propri&#233;t&#233; d'appeler ou de faire surgir d'autres images, (d'autres figures) &#8211; de New York, puis du continent am&#233;ricain, d'ailleurs encore &#8211; qui sont venues, comme les propri&#233;t&#233;s du mot &#171; rideau &#187;, s'agglutiner autour de la figure consid&#233;r&#233;e au d&#233;part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; reproduit un fragment de &lt;i&gt;Charl&#232;ne&lt;/i&gt;, la partie droite du tableau, celle qui assemble la plus grande diversit&#233; de mat&#233;riaux de nature visiblement disparate. Et Simon choisit apr&#232;s coup pour illustrations des &#339;uvres compos&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re, par assemblage et combinatoire de fragments, et construisant une unit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de laquelle ces &#233;l&#233;ments se r&#233;pondent. &lt;br&gt;
Simon livre ainsi &#224; &#233;galit&#233; pour le lecteur des images g&#233;n&#233;ratrices ou directrices et d'autres qui font &#233;cho &#224; son &#233;criture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un entretien publi&#233; par Substance n&#176; 8, hiver 1974, Claude Simon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il fabrique ainsi la coh&#233;sion du texte autant que celle du livre, et conduit le lecteur &#224; en inf&#233;rer que le travail en cours est tout aussi important que l'&#233;l&#233;ment initial, et que la th&#233;orisation de la pr&#233;face, d&#233;crivant les rencontres de mots et les bifurcations auxquelles elles se pr&#234;tent, correspond &#224; l'avanc&#233;e de la fiction qui suit. &lt;br&gt; Cette fa&#231;on duelle d'&#233;clairer la gen&#232;se &#8211; essai et fiction, &#171; stimuli &#187; initiaux et &#233;l&#233;ments harmoniques &#8211; distingue le livre de Simon de celui d'Aragon. &lt;i&gt;Je n'ai jamais appris &#224; &#233;crire ou les incipit &lt;/i&gt; m&#234;le dans une &#233;criture mi-autobiographique mi-fictionnelle le r&#233;cit de gen&#232;se de ses premiers livres rest&#233;s inachev&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi de son premier roman, Quelle &#226;me divine !, 1903-4, Aragon reproduit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et celui du r&#244;le jou&#233; par les incipit dans ses livres. Certaines formules d'Aragon semblent proches de celles de Simon : &#171; On pense &#224; partir de ce qu'on &#233;crit et pas le contraire &#187; ; &#171; J'invente au fur et &#224; mesure des mots&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Aragon, Ibid, p. 13, p. 16.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais Aragon propose surtout une fiction th&#233;orique qui conserve &#224; la cr&#233;ation tout son myst&#232;re : celle d'un &#171; incipit &#187; inaugural brusquement surgi, comme donn&#233; et &#224; la venue duquel l'&#233;crivain ne prend aucune part. Et si on voulait, malgr&#233; le risque de sch&#233;matisme, classer les premiers volumes de la collection selon qu'ils manifestent la plus ou moins grande activit&#233; ou passivit&#233; du sujet cr&#233;ateur, une diff&#233;rence nette appara&#238;trait entre eux. Certains sont du c&#244;t&#233; de l'&#233;criture comme expression, accueil en soi d'une instance autre : la main, guid&#233;e par les fantasmes dans les peintures de Ionesco, une voix int&#233;rieure qui s'impose &#224; l'&#233;coute ou plut&#244;t &#224; la lecture pour Aragon, et d'autres, comme Simon et Ponge, du c&#244;t&#233; du travail et du ressassement, de la reprise infinie du texte. On pourrait m&#234;me se demander si le livre de Simon n'est pas une r&#233;ponse contradictoire &#224; celui d'Aragon, qui fait la part belle &#224; l'irruption inexpliqu&#233;e de tel incipit, &#224; la cr&#233;ation comme apparition d'un texte qu'il suffit de lire, ainsi qu'&#224; la reproduction du geste de son &#233;criture manuscrite. Simon, qui a souvent dit son d&#233;saccord avec la notion d'&#233;criture automatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme avec le mode d'&#233;criture programm&#233;e de Raymond Roussel.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, affiche la notion de travail au pr&#233;sent de l'&#233;criture, et la combinaison de fragments comme geste majeur de ce travail. Proche de Francis Ponge en cela, mais sans pour autant, comme lui, publier le dossier des &#233;tats successifs d'un texte avec l'&#233;tat final, comme traces d'une r&#233;&#233;criture continue. Le d&#233;sir de d&#233;voiler la gen&#232;se ou le cheminement de l'&#339;uvre varie ainsi d'un auteur &#224; l'autre et le projet de la collection est assez souple pour accueillir ces variations.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;illustration&#034;&gt;Une illustration d&#233;tourn&#233;e&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; se distingue moins par le soin apport&#233; &#224; l'illustration &#8211; constante de la collection &#8211; que par le r&#244;le tr&#232;s complexe que Simon pr&#234;te &#224; celle-ci ; l'illustration ne peut se contenter de donner &#224; voir ce que le texte d&#233;crit ou commente. C'est en revanche ce que fait l'essai de Michel Butor &lt;i&gt;Les Mots dans la peinture&lt;/i&gt;, puisque que sont reproduits les &#233;l&#233;ments graphiques de la peinture, investis d'une valeur propre et supports d'interpr&#233;tation. L'illustration est essentielle au propos de Butor comme elle l'est &#224; celui de Roger Caillois et &#224; ses r&#234;veries scientifiques sur les pierres, ou &#224; celui de Jean Starobinski sur les figures de clowns et de saltimbanques. Dans les deux cas, textes et images entretiennent des rapports de compl&#233;mentarit&#233; n&#233;cessaire, l'image montrant le r&#233;f&#233;rent du texte.&lt;br&gt;
La complexit&#233; du rapport texte-image dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; s'apparente davantage &#224; celle de &lt;i&gt;L'Empire des signes&lt;/i&gt; de Barthes, dans la mesure o&#249; celui-ci refuse lui aussi un simple rapport de commentaire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le texte ne &#171; commente &#187; pas les images. Les images n' &#171; illustrent &#187; pas le texte ; chacune a &#233;t&#233; seulement pour moi le d&#233;part d'une sorte de vacillement visuel, analogue peut-&#234;tre &#224; cette perte de sens que le Zen appelle un satori ; texte et images, dans leur entrelacs, veulent assurer la circulation, l'&#233;change de ces signifiants : le corps, le visage, l'&#233;criture, et y lire le recul des signes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Barthes, L'Empire des signes, coll. Les Sentiers de la cr&#233;ation, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec ce refus de la fonction d'illustration, une autre caract&#233;ristique propre &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; est la diversit&#233; des documents visuels. En effet, la plupart des volumes pr&#233;sentent une certaine unit&#233; dans l'iconographie : Aragon pr&#233;sente de nombreux documents autographes, Ionesco, ses propres dessins et peintures, qui constituent toute l'iconographie, Caillois, des photographies de pierres, Butor et Starobinski, des &#339;uvres picturales.&lt;br&gt; Dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, on trouve des &#339;uvres picturales ou plastiques, mais aussi des photographies et tr&#232;s peu de documents manuscrits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment : trois documents anatomiques : un homme, une femme et une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur est pr&#233;sent en tant que scripteur et dessinateur : le dessin repr&#233;sentant sa table de travail et sa main&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dessin qui illustre apr&#232;s coup deux passages de La Bataille de Pharsale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Hors cette main et celle qui trace les lignes de la pr&#233;face et du titre int&#233;rieur, le corps de l'&#233;crivain n'est pas autrement pr&#233;sent &#8211; sinon dans la derni&#232;re page et sous une forme g&#233;n&#233;ralisante et figur&#233;e, l'&#339;il humain de la derni&#232;re planche anatomique r&#233;pondant sym&#233;triquement &#224; la main initiale, comme &lt;i&gt;l'autre&lt;/i&gt; instrument de l'&#233;criture. &lt;br&gt; Diversit&#233; donc de l'iconographie et pourtant forte unit&#233;, parce qu'&#233;troitement li&#233;e au texte avec lequel les &#233;chos sont constants et r&#233;p&#233;t&#233;s. Ainsi la photo du fleuve Amazone entre en r&#233;sonance non seulement avec la page qu'elle &#171; illustre &#187; mais aussi avec la page suivante qui reprend l'article encyclop&#233;dique Serpent et sa gravure, et avec toutes les occurrences de formes serpentines &#8211; fil du t&#233;l&#233;phone, lapin m&#233;canique, boa de la vieille dame. Les deux r&#233;f&#233;rences picturales plac&#233;es au premier plan dans le livre, Poussin et Rauschenberg, donnent un autre exemple de cette diversit&#233;-unit&#233; : ils sont l'un et l'autre des peintres qui composent &#8211; et de mani&#232;re tr&#232;s rigoureuse, mais c'est ici le r&#244;le jou&#233; dans l'&#233;criture qui les unit par-del&#224; les si&#232;cles qui les s&#233;parent et leurs diff&#233;rences patentes.&lt;br&gt; Les vingt et une &#171; illustrations &#187;, toutes &#233;troitement li&#233;es au texte, composent des s&#233;ries que l'on pourrait mettre en rapport avec les s&#233;ries narratives et/ou descriptives du texte, mais nous ne commenterons ici que leurs fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;illustrer&#034;&gt;Illustrer, malgr&#233; tout ?&lt;/div&gt;	&lt;div class='spip_document_219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L400xH254/poussin_paysage_avec_orion_aveugle-3-8bed9.jpg?1787935868' width='400' height='254' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains illustrations, rares, repr&#233;sentent ou indexent le r&#233;f&#233;rent de l'&#233;criture. C'est le cas de la reproduction du tableau quasi &#233;ponyme de Poussin, d&#233;crit et analys&#233;, mais dont la fonction premi&#232;re est ailleurs ; on y reviendra. Peut-on consid&#233;rer la photo du t&#233;l&#233;phone mural comme &#171; illustrant &#187; la s&#233;rie des narrations descriptives du malaise du protagoniste dans une rue new-yorkaise ? Le choix de ce d&#233;tail m&#233;canique correspond mal &#224; la fonction d'illustration. De m&#234;me la s&#233;rie des descriptions narratives du voyage en avion pourrait &#234;tre &#171; illustr&#233;e &#187; par la photographie de l'Amazone. De fait l'emplacement de ces deux photographies correspond au d&#233;but de ces deux s&#233;ries, mais elles repr&#233;sentent bien moins ce que per&#231;oit le protagoniste qu'elles ne servent de &#171; carrefours &#187; visuels &#224; l'&#233;crivain et au lecteur pour toutes les formes sinueuses du texte.
&lt;br&gt;
La fonction d'illustration appara&#238;t le plus souvent d&#233;vi&#233;e, indexant une analogie (m&#233;taphore ou comparaison). Ainsi les personnages des bo&#238;tes &#224; cigares illustrent le comparant des &#233;crivains du congr&#232;s chilien ; la gravure de l'attentat de Vaillant figure un &#233;v&#233;nement analogue &#8211; mais dramatique et historique &#8211; &#224; celui, d&#233;risoire, qui se produit au cours de ce m&#234;me congr&#232;s ; et les planches anatomiques des troncs masculin et f&#233;minin illustrent les associations visuelles suscit&#233;es par l'angoisse du malade ou le regard du voyeur sur les amants. Les montages de George Brecht et Louise Nevelson donnent une image analogique et non repr&#233;sentative de l'int&#233;rieur des buildings de la rue new-yorkaise, transpos&#233;e dans l'art abstrait am&#233;ricain des ann&#233;es 50-60. L'illustration donne &#224; voir, mais &#224; voir la m&#233;taphore, l'&#233;criture, et devient figuration de la figure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans doute faut-il faire la diff&#233;rence entre l'illustration du comparant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;allegorie&#034;&gt;All&#233;gorie de l'&#233;criture&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Simon a pr&#233;sent&#233; la figure du g&#233;ant aveugle de Poussin comme &#171; une all&#233;gorie de l'&#233;crivain avan&#231;ant &#224; t&#226;tons dans la for&#234;t des signes vers &#8230; eh bien, justement le soleil levant ( c'est le titre entier du tableau). Or Orion est une constellation et quand le soleil sera lev&#233;, il sera, lui, effac&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un homme travers&#233; par le travail. Entretien avec Claude Simon &#187; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La r&#233;f&#233;rence au tableau de Poussin fait l'objet de plusieurs &#233;tudes approfondies de Brigitte Ferrato-Combe et de Mireille Calle-Gruber&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigitte Ferrato-Combe, Ecrire en peintre Ellug, 1998, p. 89 et Mireille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui en soulignent le caract&#232;re g&#233;n&#233;rateur : amorce th&#233;matique pour les s&#233;quences descriptives-narratives du texte (disproportion du g&#233;ant aupr&#232;s de plus petits ; d&#233;marche h&#233;sitante des personnages affaiblis par la maladie ou l'&#226;ge) et &#171; &#233;l&#233;ment structurant essentiel &#187; puisqu'il ponctue le cheminement directeur de tout le livre. Je voudrais m'inscrire dans cette r&#233;flexion pour souligner quelques points caract&#233;ristiques de l'usage all&#233;gorique pluriel que fait Simon de cette illustration. &lt;br&gt;
All&#233;gorie de l'&#233;crivain, sans doute, mais aussi mati&#232;re &#224; r&#233;flexion sur la repr&#233;sentation. Car la repr&#233;sentation de l'espace est au c&#339;ur de l'analyse fictionnelle de la toile, avec celle de l'effet de profondeur produit, et Simon la compare &#224; un bas-relief, d'une certaine profondeur mais non r&#233;aliste. &#171; Il (le visiteur du mus&#233;e) ne contemple pas un spectacle &#224; trois dimensions. &#187; (p.129) Simon voit en Poussin un peintre figuratif qui refuse l'illusion repr&#233;sentative, et qui, tout en paraissant respecter les r&#232;gles de la perspective albertienne, les contredit dans sa mani&#232;re de mettre sur un m&#234;me plan la figure et le fond&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mireille Calle-Gruber, Le Grand temps, ibid, p. 232.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette lecture du tableau de Poussin le rapproche aussi de la description &#233;crite, par l'attention au mat&#233;riau (peinture et langage) et &#224; la mati&#232;re. Adoptant la m&#234;me d&#233;marche que Poussin, Simon d&#233;fait l'illusion de volume donn&#233;e par la perspective : les nuages (du moins ceux qui portent la d&#233;esse narquoise) sont &#171; autour de la t&#234;te d'Orion (et non pas derri&#232;re) &#187; (p.129). Ce faisant, Simon s'&#233;carte de l'image de peintre classique de Poussin : le sujet mythologique (l'argument comme les personnages) est r&#233;duit &#224; cette marche vers le soleil ; la composition rigoureuse est n&#233;glig&#233;e, malgr&#233; l'attention que Simon lui accorde d'ordinaire. Il s'&#233;carte aussi d'une interpr&#233;tation romantique et met peu l'accent sur la place accord&#233;e &#224; la nature, qui occupe pourtant toute la moiti&#233; gauche du tableau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interpr&#233;tation dont l'&#233;tude de William Hazlitt, d&#232;s 1821, avait trac&#233; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En revanche, il reprend, &#224; propos des &#233;tranges nuages qui masquent le soleil pour Orion, l'association inattendue de Poussin avec l'esth&#233;tique baroque, d&#233;j&#224; esquiss&#233;e dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, o&#249; l'analyse du tableau, en faisant allusion au sp&#233;cialiste de Poussin, Anthony Blunt, relevait le mouvement paradoxal de la figure d'Orion, &#171; immobile &#224; grands pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon compare, en d&#233;but de phrase, la profondeur de l'espace (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8230; chez Poussin il se trouve pour ainsi dire pr&#233;cipit&#233; Critique anglais qui d&#233;finit le baroque &lt;i&gt;movement into space&lt;/i&gt; malheureusement intraduisible le mot &lt;i&gt;into&lt;/i&gt; n'ayant en fran&#231;ais que des &#233;quivalents faibles comme &lt;i&gt;au-dedans de &lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#224; l'int&#233;rieur de&lt;/i&gt;&lt;br&gt; [&#8230;] &lt;br&gt;
&lt;i&gt;into space&lt;/i&gt; au-dedans de ou &#224; l'int&#233;rieur de Par exemple l'extraordinaire &lt;i&gt;Orion aveugle marchant vers la lumi&#232;re du soleil&lt;/i&gt; s'enfon&#231;ant le spectateur s'enfon&#231;ant en m&#234;me temps gigantesque sa t&#234;te dominant la cime des arbres&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En mettant l'accent sur le mouvement et sur la r&#233;partition de la lumi&#232;re, en &#233;vitant toute notation de couleur, l'&lt;i&gt;ekphrasis&lt;/i&gt; accentue l'assimilation de la toile avec un bas-relief, ou encore avec les dessins pr&#233;paratoires de Poussin, que Simon pouvait conna&#238;tre et qui sont souvent compar&#233;s &#224; des dessins de bas-reliefs, par exemple ceux de &lt;i&gt;Mo&#239;se d&#233;fendant les filles de Jethro&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette toile de 1647 a n&#233;cessit&#233; sept &#233;tudes pr&#233;paratoires ombr&#233;es au lavis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La &#171; rh&#233;torique &#187; du peintre, pour Simon, le conduit &#224; repr&#233;senter l'arri&#232;re-plan comme tel selon les lois de la perspective, mais &#224; le projeter au premier plan par les jeux de la lumi&#232;re. Cependant il s'agit l&#224; d'un effet produit et la description se cl&#244;t sur le retour &#224; la mati&#232;re picturale, &#171; une mince pellicule de couleur &#187;. Voir le tableau comme un bas-relief et montrer Orion comme ne pouvant se d&#233;tacher du d&#233;cor, gangue dans laquelle il est pris, c'est enfin &#8211; et l&#224; est sans doute l'essentiel &#8211; int&#233;grer la description du tableau au texte, la rendre non d&#233;tachable : faire &#233;cho &#224; la description du couple d'amants d&#233;crits comme en train de se figer, de devenir marbre, ainsi qu'&#224; la m&#233;taphore du magma qui entrave la marche de l'homme malade&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De m&#234;me, la comparaison des nuages avec des &#171; circonvolutions intestinales &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&lt;i&gt;ekphrasis&lt;/i&gt; est elle-m&#234;me prise dans la gangue de la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La description d'Orion aveugle se fait sous forme fragmentaire et s&#233;rielle, avec reprises et variations dispos&#233;es dans la totalit&#233; du livre, mais surtout dans la seconde moiti&#233;. Son r&#244;le est &#233;videmment essentiel &#224; la coh&#233;sion du texte autant que du livre. Elle y intervient en proximit&#233; quasi syst&#233;matique de la s&#233;rie des narrations descriptives de l'homme malade dans une rue de New York et leurs diverses composantes (marche de la vieille dame, visite chez le m&#233;decin). Orion n'est pas seulement une all&#233;gorie mais un personnage de la fiction, et plac&#233; sur le m&#234;me plan textuel que les autres personnages : marche entrav&#233;e, but incertain. L'&#233;vocation d'Orion au d&#233;but et &#224; la fin du livre accentue en outre l'effet de cl&#244;ture et de bouclage. Le d&#233;but d&#233;veloppe le titre en une description de la toile de Poussin ; la fin annonce la disparition du g&#233;ant, effac&#233; par la lumi&#232;re du jour. Elle condense ainsi deux moments de la l&#233;gende : marche d'Orion &#171; vers la lumi&#232;re du soleil levant &#187; et son devenir constellation (qui provoque sa disparition quand arrive le soleil). Or la double nature d'Orion, personnage mythologique et constellation, appara&#238;t dans le texte de fa&#231;on disjointe et successive : le personnage puis la constellation, sans que jamais avant la derni&#232;re page, l'un ne soit li&#233; &#224; l'autre par un r&#233;cit, comme c'est le cas dans le r&#233;cit mythologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Orion retrouve la vue que lui rend Helios &#224; l'aube. Puis il est tu&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'apparition ultime d'Orion, fait face une repr&#233;sentation anatomique de l'&#339;il : l' &#171; explicit &#187; associe la r&#233;tine et les images du monde, et &#224; l'aveuglement du g&#233;ant succ&#232;de le glissement des images du monde qui viennent s'y plaquer. De l'aveuglement initial &#224; la vision finale, le livre, comme le texte, conna&#238;t le m&#234;me destin qu'Orion, qui retrouve la vue mais pour aussit&#244;t dispara&#238;tre.&lt;br&gt;
Malgr&#233; la pr&#233;cision des descriptions successives et r&#233;p&#233;t&#233;es du tableau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La s&#233;rie des occurrences de la figure d'Orion, dans la seconde moiti&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un personnage de la sc&#232;ne repr&#233;sent&#233;e par Poussin est oubli&#233;, alors que les nuages sur lesquels il est juch&#233; sont longuement d&#233;crits : la d&#233;esse Diane-Art&#233;mis, responsable de l'aveuglement et peut-&#234;tre de la mort d'Orion. Avec elle, c'est la mati&#232;re mythologique qui dispara&#238;t, plus encore que la nature qui l'entoure, mais aussi bien le r&#233;cit : comme si le tableau de Poussin ne racontait rien, mais saisissait et figeait un moment, un mouvement t&#226;tonnant vers un but inaccessible. La figure d'Orion, embl&#233;matique de la d&#233;marche incertaine de l'&#233;crivain, est comme prise elle-m&#234;me dans la mati&#232;re du texte qui la transforme et la plie &#224; sa logique et &#224; son esth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;modeles&#034;&gt;Illustrations mod&#232;les&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon disait r&#234;ver un rapprochement entre litt&#233;rature et peinture qui transforme &#171; la multiplicit&#233; temporelle en une multiplicit&#233; spatiale &#187; pour reprendre les mots de Ga&#235;tan Picon cit&#233;s dans &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;. Simon l'&#233;crivain envie au peintre - et &#224; Simon auteur de collages - &#171; ce surprenant pouvoir qu'a le peintre d'abstraire de diff&#233;rentes s&#233;ries des &#233;l&#233;ments qu'il assemble en une sorte de m&#233;canique optique. &#187; Ce &#171; besoin de simultan&#233;it&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, op. cit. p.1194 et 1197.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; que Simon dit avoir voulu satisfaire dans &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, se satisfait d&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, et visiblement, par la contigu&#239;t&#233; texte-image et le mod&#232;le formel que constituent certains des &#233;l&#233;ments de l'iconographie : mod&#232;les de composition et de lecture.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et au premier plan, les &#171; Combines &#187; de Rauschenberg dont Claude Simon dit : &#171; j'y ai senti quelque chose d'analogue &#224; ce que j'ai essay&#233; de faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Lucien D&#228;llenbach, Claude Simon, coll. Les contemporains, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Collage, montage et composition d'une unit&#233; &#224; partir de cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; : il y a l&#224; de fait une grande proximit&#233;. Simon redouble la d&#233;marche de Rauschenberg quand il redonne &#224; certains &#233;l&#233;ments de &lt;i&gt;Charl&#232;ne&lt;/i&gt; leur statut initial d'&#233;l&#233;ments pr&#233;lev&#233;s sur le r&#233;el : les affiches d&#233;lav&#233;es qu'il d&#233;crit comme vues sur une palissade, sont de fait, dans &lt;i&gt;Charl&#232;ne&lt;/i&gt;, un collage de mat&#233;riaux pr&#233;lev&#233;s &#8211; des affiches &#8211; et int&#233;gr&#233;s &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#339;uvre de Rauschenberg, l'image ne repose pas sur la transformation d'un objet, mais bien plut&#244;t sur son transfert. Tir&#233; de l'espace du monde, un objet est imbriqu&#233; dans la surface d'une peinture. Loin de perdre sa densit&#233; mat&#233;rielle dans cette op&#233;ration, il affirme au contraire et de mani&#232;re insistante que les images elles-m&#234;mes sont une sorte de mat&#233;riau.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosalind Krauss, &#171; Rauschenberg et l'image mat&#233;rialis&#233;e &#187;, L'originalit&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rosalind Kraus souligne ainsi la capacit&#233; qu'a l'&#339;uvre de Rauschenberg de conf&#233;rer &#224; l'image la densit&#233; mat&#233;rielle de l'objet pr&#233;lev&#233; et transf&#233;r&#233;. Claude Simon s'inscrit dans la continuit&#233; de ce geste, en transf&#233;rant l'objet d&#233;crit de la toile &#224; l'&#233;criture comme s'il s'agissait de la r&#233;alit&#233; vue par le protagoniste. Ce nouveau transfert permet de transformer les affiches, gr&#226;ce &#224; leurs inscriptions, en support d'interpr&#233;tation, et en un texte qui va consonner, dans la page suivante, avec la description du Congr&#232;s chilien d'&#233;crivains. Le m&#234;me geste est reproduit avec le condor, appartenant &#224; la r&#233;alit&#233; per&#231;ue dans la description du texte (p. 58), et &#233;l&#233;ment de r&#233;alit&#233; brute (mais empaill&#233;e) int&#233;gr&#233;e &#224; la composition de Rauschenberg intitul&#233;e &lt;i&gt;Canyon&lt;/i&gt; et reproduite dans le livre (p.59).&lt;br&gt;
Figures du mode de composition du texte, les illustrations sont aussi des figures du mode de lecture qui peut en actualiser le mieux les jeux de signification : leur mise en s&#233;rie joue sur la r&#233;p&#233;tition et la variation et invite &#224; des superpositions ou r&#233;surgences de pans ant&#233;rieurs du texte. Plus g&#233;n&#233;ralement le lecteur est incit&#233; &#224; une mise en &#233;cho g&#233;n&#233;ralis&#233;e du texte avec lui-m&#234;me et avec les illustrations. Ainsi le collage en avant-derni&#232;re illustration, sans doute de Claude Simon, juxtapose cinq s&#233;ries d'ic&#244;nes diff&#233;rentes : trois s&#233;ries de figures embl&#233;matiques du continent am&#233;ricain, Marylin Monroe, J.F. Kennedy et Che Guevara, toutes trois r&#233;cemment disparues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous trois sont morts de mort violente respectivement en 1962, 1963, 1967.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, intercal&#233;es avec des marques de deux c&#233;l&#232;bres boissons am&#233;ricaines : whisky et coca-cola. Le jeu de tension entre diversit&#233; et unit&#233; y est aussi fortement embl&#233;matis&#233; que la fonction d'illustration analogique, et non repr&#233;sentative.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Introduction &#224; ses &lt;i&gt;Photographies&lt;/i&gt;, Simon reprend une opposition qui lui avait valu des reproches de la part de certains th&#233;oriciens, et notamment Jean Ricardou, entre les dimensions r&#233;f&#233;rentielle et litt&#233;rale de la litt&#233;rature, et explique que cette opposition n'a pas lieu d'&#234;tre : &#171; Il y a un point d'&#233;quilibre &#224; trouver. C'est &#224; sa recherche difficile que j'&#233;cris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, Photographies 1937-1970, coll. Photo-Cin&#233;ma, Maeght &#233;diteur, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est cet &#233;quilibre que manifeste la relation instaur&#233;e par &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; entre le texte et les illustrations choisies : r&#233;f&#233;rentielles si on peut parler de r&#233;f&#233;rent pour une m&#233;taphore ou pour une forme (celle du building, celle d'un S), g&#233;n&#233;ratrices de l'&#233;criture et de sa relance, et de la lecture, in&#233;vitablement. Leur dialogue avec le texte, le va-et-vient du regard du lecteur sont d'autant plus forts qu'elles ne proposent aucune r&#233;ponse simpliste &#224; la question du r&#233;f&#233;rent et la d&#233;tournent. Plus encore que l'&#233;criture, c'est ici le livre qui mat&#233;rialise cet &#233;quilibre en m&#234;me temps qu'il en montre la recherche en cours et par quels sentiers sinueux entrelac&#233;s elle avance - t&#226;tonnante- vers la lumi&#232;re et la fin de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'acc&#232;s &#224; la correspondance des &#233;diteurs avec Claude Simon nous &#233;tant actuellement impossible, cette &#233;tude se borne &#224; celle du livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Albert Skira est un des premiers &#233;diteurs utilisant les illustrations en couleur et ses collections de livres d'art et de beaux livres sont c&#233;l&#232;bres pour la haute qualit&#233; technique des reproductions. Il avait fond&#233; sa maison d'&#233;dition de livres d'art en 1928, &#224; Lausanne et s'&#233;tait install&#233; &#224; Paris en 1930, o&#249; il &#233;tait tr&#232;s proche des avant-gardes artistiques : il a publi&#233; notamment la revue surr&#233;aliste &lt;i&gt;Minotaure&lt;/i&gt;, puis est retourn&#233; en Suisse &#224; partir de 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pablo Picasso, &lt;i&gt;La Chute d'Icare&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233; par Ga&#235;tan Picon, coll. Les sentiers de la cr&#233;ation, Skira, 1976, p.9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joan Miro, &lt;i&gt;Carnets et textes in&#233;dits&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233;s par Ga&#235;tan Picon, coll. Les sentiers de la cr&#233;ation, Skira, 1976, p.7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Mireille Calle, 1992-3, &lt;i&gt;Claude Simon, Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;, Le Griffon d'argile, PUG, 1993, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, Claude Simon, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, 2006, p.1195.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans un entretien publi&#233; par &lt;i&gt;Substance&lt;/i&gt; n&#176; 8, hiver 1974, Claude Simon pr&#233;cise que seule la description de trois documents a contribu&#233; &#224; la r&#233;daction des &lt;i&gt;Corps conducteurs&lt;/i&gt; : le tableau de Poussin, le dessin de Picasso et la photo de l'Amazone. Les images g&#233;n&#233;ratrices varient ainsi selon la phase du travail envisag&#233;e par Simon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi de son premier roman, &lt;i&gt;Quelle &#226;me divine !&lt;/i&gt;, 1903-4, Aragon reproduit une double page manuscrite ; de &lt;i&gt;La D&#233;fense de l'infini&lt;/i&gt;, d&#233;truit en 1927, &#171; ne subsiste que le titre &#187;, &lt;i&gt;Je n'ai jamais appris &#224; &#233;crire ou les incipit &lt;/i&gt;, Skira, 1969, p. 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louis Aragon, &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p. 13, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme avec le mode d'&#233;criture programm&#233;e de Raymond Roussel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Barthes, &lt;i&gt;L'Empire des signes&lt;/i&gt;, coll. Les Sentiers de la cr&#233;ation, Skira, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment : trois documents anatomiques : un homme, une femme et une t&#234;te d'homme o&#249; l'&#339;il tient une place importante, dispos&#233;s aux d&#233;but, milieu et fin. Quatre gravures dont deux documents historiques : Christophe Colomb, Auguste Vaillant, les constellations et les personnages des bo&#238;tes &#224; cigares. Deux dessins : celui de Claude Simon &#224; l'ouverture et la gravure de Picasso, tous deux li&#233;s &#224; la figure du &#034;cr&#233;ateur&#034;. Deux photographies, celle de l'Amazone et celle du t&#233;l&#233;phone mural, li&#233;es &#224; la figure du S. Neuf reproductions d'&#339;uvres d'art qui sont toutes des collages ou des montages, &#224; l'exception du tableau de Poussin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dessin qui illustre apr&#232;s coup deux passages de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#338;uvres,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p. 731 et 738.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans doute faut-il faire la diff&#233;rence entre l'illustration du comparant (bo&#238;tes &#224; cigares) et l'illustration m&#233;taphorique en elle-m&#234;me, celle de l'attentat de Vaillant qui donne une image analogue &#224; celle qui aurait pu &#234;tre donn&#233;e du congr&#232;s et dramatise l'incident.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Un homme travers&#233; par le travail. Entretien avec Claude Simon &#187; par Jean-Paul Goux et Alain Poirson, &lt;i&gt;La Nouvelle Critique&lt;/i&gt; n&#176;105, juin-juillet 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brigitte Ferrato-Combe, &lt;i&gt;Ecrire en peintre&lt;/i&gt; Ellug, 1998, p. 89 et Mireille Calle-Gruber, &lt;i&gt;Le Grand Temps&lt;/i&gt;, Presses Universitaires du Septentrion, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mireille Calle-Gruber, &lt;i&gt;Le Grand temps&lt;/i&gt;, ibid, p. 232.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interpr&#233;tation dont l'&#233;tude de William Hazlitt, d&#232;s 1821, avait trac&#233; les grandes lignes, soulignant &#224; propos d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, combien Poussin s'y montre sensible &#224; la nature vue &#224; travers la vitre du temps : &#171; This great and learned man might be said to see nature through the glass of time. &#187;, cit&#233; par Keith Christiansen, &#034; The Critical Fortunes of Poussin's Landscapes&#034;, &lt;i&gt;Poussin and Nature, Arcadians Visions&lt;/i&gt;, ed. by Pierre Rosenberg and Keith Christiansen, The Metropolitan Museum of Art, New York, 2008, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon compare, en d&#233;but de phrase, la profondeur de l'espace repr&#233;sent&#233; chez Uccello et chez Poussin : &#171; [&#8230;] la profondeur chez Uccello ne d&#233;passant pas celle limit&#233;e d'une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre [...] le spectateur restant toujours en dehors de l'autre c&#244;t&#233; de la rampe alors que chez Poussin&#8230; &#187;, &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 667-668. Notons qu'Antony Blunt ne parle de baroque qu'&#224; propos de Pietro da Cortona et pour marquer sa diff&#233;rence avec Poussin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette toile de 1647 a n&#233;cessit&#233; sept &#233;tudes pr&#233;paratoires ombr&#233;es au lavis et reprises &#224; la pierre noire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De m&#234;me, la comparaison des nuages avec des &#171; circonvolutions intestinales &#187; (p. 129) est-elle &#224; rapprocher des dessins anatomiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Orion retrouve la vue que lui rend Helios &#224; l'aube. Puis il est tu&#233; par Art&#233;mis et transform&#233; en constellation par celle-ci qui regrette sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La s&#233;rie des occurrences de la figure d'Orion, dans la seconde moiti&#233; du livre pr&#233;sente d'abord la constellation (parmi d'autres, p. 94 puis seule et &#171; la plus belle de toutes &#187; p. 98). C'est ensuite seulement qu'Orion-personnage est introduit avec son guide. Puis resurgit la constellation parmi d'autres et au moment de leur effacement &#224; l'aube (p. 110). Dans les occurrences suivantes, il s'agit de la toile de Poussin, pr&#233;sent&#233;e dans un mus&#233;e (p.117) et d&#233;crite en termes techniques (p.127-9). La constellation, le personnage et le tableau tournent ainsi en se m&#233;tamorphosant devant le regard du lecteur et du &#171; visiteur du mus&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt; p.1194 et 1197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Lucien D&#228;llenbach, &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt;, coll. Les contemporains, Seuil, p. 180.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rosalind Krauss, &#171; Rauschenberg et l'image mat&#233;rialis&#233;e &#187;, &lt;i&gt;L'originalit&#233; de l'avant-garde et autres mythes modernistes&lt;/i&gt;, Macula, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tous trois sont morts de mort violente respectivement en 1962, 1963, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Photographies 1937-1970&lt;/i&gt;, coll. Photo-Cin&#233;ma, Maeght &#233;diteur, 1992, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nitsch, Wolfram. &#171; Une po&#233;tique de la d&#233;pense. Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie &#187; (2008)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Nitsch-Wolfram-Une-poetique-de-la-depense-Claude-Simon-et-le-College-de.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Nitsch-Wolfram-Une-poetique-de-la-depense-Claude-Simon-et-le-College-de.html</guid>
		<dc:date>2013-02-11T21:53:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>La Bataille de Pharsale</dc:subject>
		<dc:subject>Le Jardin des Plantes</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Bataille, Georges</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;taphore</dc:subject>
		<dc:subject>Mythe</dc:subject>
		<dc:subject>Leiris, Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Wolfram Nitsch.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une po&#233;tique de la d&#233;pense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Wolfram Nitsch. &#171; Une po&#233;tique de la d&#233;pense. Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-4-2008-20.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 4, 2008&lt;/a&gt;, p. 33-52
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;affinite&#034;&gt;1. Une affinit&#233; inavou&#233;e&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Coll&#232;ge de Sociologie, fond&#233; &#224; la veille de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale par un groupe d'anthropologues et de surr&#233;alistes tardifs pour explorer le r&#244;le du sacrifice, de la d&#233;pense et de la transgression dans le monde moderne, n'est que rarement cit&#233; par les lecteurs de Claude Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre d'exception, on peut citer pourtant Claude DuVerlie, &#171; Amor (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ceci, ils imitent l'auteur lui-m&#234;me qui a pourtant prouv&#233; qu'il connaissait bien l'&#339;uvre des fondateurs de cette institution &#233;ph&#233;m&#232;re mais flamboyante, notamment celle de Georges Bataille et de Michel Leiris. Dans ses fictions, il &#233;voque &#224; plusieurs reprises certains monuments de cultes anciens autour desquels gravitent les derniers essais de Bataille, contemporains des premiers romans majeurs de Simon. Le narrateur de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; se rappelle des photos qui montrent les statues phalliques dress&#233;es dans le sanctuaire de Dionysos &#224; D&#233;los (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 593), de m&#234;me que la photo qui figure sur le frontispice de &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt; ; le protagoniste d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; se compare &#224; &#171; ce guerrier ou chasseur ithyphallique de la pr&#233;histoire &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 125), dont l'image rupestre, situ&#233;e au plus profond de la caverne de Lascaux, est comment&#233;e en d&#233;tail dans &lt;i&gt;Les Larmes d'&#201;ros&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Bataille, L'&#201;rotisme, Paris, Minuit, &#171; Critique &#187;, 1957, p. 7 ; Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et dans un entretien enregistr&#233; &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, Simon n'h&#233;site pas &#224; mettre Leiris au m&#234;me rang que Proust, Faulkner, Conrad et C&#233;line. &#192; propos du deuxi&#232;me tome de son autobiographie &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, il souligne qu'entre les grands &#233;crivains du vingti&#232;me si&#232;cle &#171; il y a aussi Michel Leiris : toute son &#339;uvre, qu'&#224; mon avis on ne conna&#238;t pas assez. En particulier &lt;i&gt;Fourbis&lt;/i&gt;, et dans &lt;i&gt;Fourbis&lt;/i&gt; ce morceau admirable : &#8220;Vois ! d&#233;j&#224; l'ange&#8230;&#8221; qui est un des chefs-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature fran&#231;aise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Entretien avec Claude Simon &#187; (1960), dans : Madeleine Chapsal, Quinze (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; cette r&#233;f&#233;rence explicite et &#233;logieuse s'oppose la r&#233;ticence frappante que Simon a manifest&#233; plus tard &#224; l'&#233;gard de Leiris. Dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt;, il fait un portrait assez caricatural de ce dernier quand il &#233;voque la fameuse soir&#233;e th&#233;&#226;trale du 19 mars 1944, c&#233;l&#233;br&#233;e dans l'appartement de Leiris et observ&#233;e par Simon lui-m&#234;me. D'une part, l'h&#244;te d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre s'y pr&#233;sente comme un ami de la &#171; subversion elle-m&#234;me &#187;, de l'&#171; ex&#233;cration de toute esp&#232;ce d'ordre &#187;, saluant la pi&#232;ce &lt;i&gt;Le d&#233;sir attrap&#233; par la queue&lt;/i&gt; de Picasso dont il prot&#232;ge la premi&#232;re (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 1149) ; en ceci, il semble partager les go&#251;ts du jeune romancier inconnu, fascin&#233; par le surr&#233;alisme tardif qu'il a d&#233;couvert &#224; travers la revue &lt;i&gt;Minotaure&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, LXX). D'autre part, l'ex-surr&#233;aliste y est d&#233;crit comme un communiste de salon, un &#171; dandy &#187; irresponsable qui voue &#171; un culte inconditionnel et pour ainsi dire philosophique &#187; &#224; Staline, tout en ignorant l'exp&#233;rience de la guerre qu'il a laiss&#233;e passer dans la &#171; voli&#232;re biens&#233;ante et feutr&#233;e &#187; de son appartement parisien (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 1151). &#192; l'&#233;loge de l'&#233;crivain Leiris se superpose et se substitue donc une critique s&#233;v&#232;re de l'intellectuel Leiris : devenu sceptique &#224; l'&#233;gard du communisme sovi&#233;tique, Simon le d&#233;nonce maintenant comme un stalinien incorrigible, lui reprochant de l&#233;gitimer une violence politique et militaire qu'il n'a jamais subie lui-m&#234;me. N&#233;anmoins, il me semble que cette pol&#233;mique politique tardive &#8211; et sans doute discutable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'engagement parall&#232;le de Leiris et de Simon dans la R&#233;sistance et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; ne soit que le revers d'une profonde affinit&#233; esth&#233;tique. Bien que Simon n'ait plus jamais reconnu apr&#232;s 1960 l'emprise de Leiris sur ses romans, on peut les lire &#224; la lumi&#232;re d'une po&#233;tique de la d&#233;pense. En r&#233;sumant la th&#232;se d&#233;velopp&#233;e dans un livre d&#233;j&#224; ancien, mais toujours inaccessible aux lecteurs francophones, je me propose d'esquisser ici les contours de cette po&#233;tique et de la mettre en relief dans une lecture exemplaire &#8211; consacr&#233;e &#224; une seule longue phrase de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wolfram Nitsch, Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;nomade&#034;&gt;2. &#201;criture nomade et &#233;criture sacrificielle&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le g&#233;ant mythologique peint par Poussin et d&#233;crit par Simon dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une figure all&#233;gorique du romancier qui commente son propre travail dans la pr&#233;face &#224; ce livre, il renvoie &#224; deux po&#233;tiques diff&#233;rentes qui coexistent dans l'&#339;uvre simonienne, quoique la plupart des essais critiques de l'auteur n'en soulignent que la premi&#232;re. D'un c&#244;t&#233;, Orion aveugle personnifie &#233;videmment une po&#233;tique de la recherche. Ne pouvant voir o&#249; il va, il ressemble au &#171; voyageur &#233;gar&#233; dans une for&#234;t &#187; dont parle la pr&#233;face &#224; propos de &#171; l'aventure singuli&#232;re du narrateur qui ne cesse de chercher, d&#233;couvrant &#224; t&#226;tons le monde dans et par l'&#233;criture &#187; (&lt;i&gt;OA&lt;/i&gt;, 1183). Comme les mots renvoient toujours &#224; d'autres mots, comme ils sont &#171; autant de carrefours o&#249; plusieurs routes s'entrecroisent &#187; (1182), l'&#233;crivain conscient de ce pouvoir d&#233;sorientant du langage doit par cons&#233;quent pratiquer une &#233;criture qui diff&#232;re le r&#233;f&#233;rent et d&#233;centre l'&#233;metteur du signe verbal. Au moyen de concepts forg&#233;s par Derrida et par Deleuze, on a pu montrer comment cette recherche &#171; dans et par l'&#233;criture &#187; est mise en sc&#232;ne dans les romans de Simon, non seulement au niveau de la narration, mais aussi au niveau de l'histoire. Les protagonistes, cherchent quelque chose qui leur &#233;chappe en scrutant des cahiers, des lettres ou des cartes postales ; les narrateurs continuent encore &#224; se poser la question &#171; comment &#233;tait-ce ? &#187; ou &#171; comment savoir ? &#187; et manifestent ce non-savoir par une &#171; &#233;criture nomade &#187;, g&#233;n&#233;ratrice de s&#233;ries ouvertes ; et cette investigation interminable ob&#233;it &#224; la logique du &#171; suppl&#233;ment &#187; ou du &#171; post-scriptum &#187;, de sorte qu'elle se prolonge d'un roman &#224; l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une lecture derridienne, cf. par exemple Warning, &#171; Les espaces de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais d'un autre c&#244;t&#233;, le g&#233;ant mythologique incarne tout aussi bien une po&#233;tique de la d&#233;pense. Comme le rappelle sa description dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, sa c&#233;cit&#233; provient d'une transgression violente. Orion a &#233;t&#233; aveugl&#233; par l'&#233;p&#233;e d'&#338;nopion, parce qu'il avait viol&#233; la fille de celui-ci, M&#233;rope, en &#233;tat d'ivresse ; et il sera tu&#233; par les fl&#232;ches d'Art&#233;mis, parce qu'il ne respecte aucune limite dans ses exploits de grand chasseur. Consid&#233;r&#233;e sous le jour du mythe entier, l'errance d'Orion aveugle n'est qu'un &#233;pisode intercal&#233; dans une histoire marqu&#233;e par la violence, en partie exerc&#233;e et en partie subie par le g&#233;ant mythologique. Si le romancier s'attribue le r&#244;le d'un &#171; voyageur &#233;gar&#233; &#187; qui marche sur les pas de celui-ci, il renvoie donc en m&#234;me temps &#224; cette histoire sombre qui fait appara&#238;tre son propre travail comme un acte de d&#233;pense. Simon l'indique &#224; demi-mot dans la pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, disant que le cheminement de l'&#233;criture ne peut avoir d'autre terme que l'&#171; &#233;puisement &#187; de l'&#233;crivain (&lt;i&gt;OA&lt;/i&gt;, 1183). Mais en g&#233;n&#233;ral cette autre po&#233;tique sugg&#233;r&#233;e &#224; travers le mythe ancien reste implicite, absente des auto-commentaires de l'auteur. Pour la rendre explicite, il faut remonter &#224; l'esth&#233;tique du Coll&#232;ge de Sociologie qui consid&#232;re l'art et la litt&#233;rature comme une r&#233;serve privil&#233;gi&#233;e pour des actes de d&#233;pense maudits dans la soci&#233;t&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une exposition particuli&#232;rement succincte de cette esth&#233;tique est donn&#233;e par Leiris dans son essai &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1938, au point culminant de l'activit&#233; du Coll&#232;ge. Dans la double perspective de l'ethnographe et de l'autobiographe, l'&#233;crivain autrefois tant c&#233;l&#233;br&#233; par Simon y examine la corrida espagnole qu'il caract&#233;rise comme une &#171; f&#234;te sacrificielle &#187; et un &#171; art majeur &#187;, comme un miroir &#224; deux faces refl&#233;tant &#224; la fois un rite violent r&#233;volu et une litt&#233;rature moderne qui en &#171; incorpore &#187; les gestes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Leiris, Miroir de la tauromachie (1938), Montpellier, Fata Morgana, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la lumi&#232;re de l'anthropologie sociale, il d&#233;crit la tauromachie d'abord comme une c&#233;r&#233;monie anachronique de d&#233;pense improductive. Tel un sacrifice qui permet la transgression rituelle de tabous culturels, elle met en sc&#232;ne une mise &#224; mort et par l&#224; provoque un d&#233;cha&#238;nement de passions. Le matador qui est au centre du spectacle se d&#233;pense dans un acte &#224; la fois agressif et &#233;rotique ; il vit le combat contre le taureau comme une extase sexuelle qui culmine dans le geste phallique du coup mortel. Situ&#233;e au &#171; carrefour d'une accumulation et d'une d&#233;pense &#187;, la corrida ob&#233;it &#224; l'&#233;conomie archa&#239;que du &lt;i&gt;potlatch&lt;/i&gt;, qui selon l'&#233;tude classique de Mauss consiste dans la destruction spectaculaire de biens laborieusement accumul&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 26 et 71, n. 3 ; cf. Marcel Mauss, &#171; Essai sur le don &#187; (1924), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, comme elle n'implique pas seulement la dilapidation mat&#233;rielle, mais aussi bien la d&#233;pense extatique de soi-m&#234;me, elle correspond encore plus &#224; la &#171; notion de d&#233;pense &#187; propos&#233;e par Bataille pour cerner les transformations du potlatch dans la soci&#233;t&#233; moderne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Georges Bataille, &#171; La notion de d&#233;pense &#187; (1933), dans : &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Selon Bataille, le m&#233;canisme du sacrifice, qui n'est plus compatible avec l'&#233;conomie capitaliste, persiste dans certaines c&#233;r&#233;monies religieuses ou profanes, dans les manifestations sportives accompagn&#233;es de paris excessifs, mais aussi et surtout dans l'exp&#233;rience de la sexualit&#233; non procr&#233;atrice qu'il lie &#224; l'exp&#233;rience de la mort. Si la tauromachie provoque une extase &#233;rotique, l'&#233;rotisme m&#232;ne &#224; une &#171; petite mort &#187; qui efface les limites entre sujet et objet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, Les Larmes d'Eros, op. cit., p. 62 ; voir aussi L'&#201;rotisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Mais pour Leiris, l'examen anthropologique de la tauromachie n'est que le premier pas vers une interpr&#233;tation esth&#233;tique qui souligne moins les analogies que les diff&#233;rences entre celle-ci et les sacrifices anciens. D'abord, cette manifestation tardive de la d&#233;pense improductive se caract&#233;rise par la r&#233;ciprocit&#233; potentielle du geste sacrificiel. Bien que tout se termine par la mise &#224; mort du taureau, la fascination particuli&#232;re de la corrida r&#233;side dans la distribution instable des r&#244;les : le matador risque &#224; son tour de trouver la mort, de sorte que l'ordre du sacrifice peut s'alt&#233;rer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leiris : Miroir de la tauromachie, op. cit., pp. 3032 ; voir aussi L'&#194;ge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; ce caract&#232;re impr&#233;visible de la corrida se joint en outre sa beaut&#233; ambivalente, qui r&#233;sulte de l'interaction asym&#233;trique de deux &#233;l&#233;ments polaires. Si le matador repr&#233;sente l'&#233;l&#233;ment &#171; droit &#187; de l'ordre et le taureau l'&#233;l&#233;ment &#171; gauche &#187; du chaos, leur confrontation se range plut&#244;t sous le signe du dernier, puisque tout tourne autour de l'irruption de la &#171; catastrophe du taureau &#187;. Loin de l'ambigu&#239;t&#233; terrifiante, mais en fin de compte rassurante du sacr&#233; ancien, loin aussi d'une &#171; harmonie des contraires &#187; ch&#232;re &#224; la po&#233;tique romantique, la &#171; beaut&#233; tauromachique &#187; correspond au contraire &#224; l'esth&#233;tique moderne de Baudelaire, qui conc&#232;de la priorit&#233; au temporel et au mal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 35-37 ; sur l'&#171; ambigu&#239;t&#233; du sacr&#233; &#187; dans les cultes anciens, cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, l'emprise singuli&#232;re de la corrida est due &#224; un sc&#233;nario sophistiqu&#233;, &#224; une &#171; cristallisation graduelle de l'&#233;l&#233;ment sinistre &#187;. Tandis que le sacrifice traditionnel marche tout droit vers l'immolation, la tauromachie tend &#224; la diff&#233;rer, m&#234;me dans sa troisi&#232;me et derni&#232;re partie dite &#171; tiers de la mort &#187;, o&#249; le torero s'en approche d'une mani&#232;re &#171; infinit&#233;simale &#187;, simulant et rempla&#231;ant le coup mortel par une s&#233;rie de &#171; passes tauromachiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 41-67.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Leiris, c'est justement en tant que geste dangereux, sombre et artistiquement &#233;labor&#233; que l'acte sacrificiel propre &#224; la corrida peut servir de mod&#232;le &#224; l'&#233;crivain moderne. S'il con&#231;oit l'acte d'&#233;crire comme un acte de transgression, il n'est plus question d'un acte strictement r&#233;gl&#233; et charg&#233; d'un sens positif, mais d'une &#171; transgression vide et repli&#233;e sur soi &#187;, comme le dit Foucault &#224; propos de Bataille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#224; la transgression &#187; (1963), dans : Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et si en &#233;crivant il acc&#232;de &#224; l'exp&#233;rience du sacr&#233;, il s'agit d'un sacr&#233; subjectif, nullement confin&#233; &#224; un lieu de culte officiel, mais sensible sur les terrains les plus profanes &#8211; comme dans les spectacles populaires ou dans le domaine du langage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Leiris, &#171; Le sacr&#233; dans la vie quotidienne &#187; (1938), dans : La R&#232;gle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Bien que Simon n'ait jamais partag&#233; l'enthousiasme de Leiris pour la course de taureaux, le concept d'une &#233;criture sacrificielle qui remplace une pratique de d&#233;pense r&#233;volue en la d&#233;pla&#231;ant sur le terrain de la litt&#233;rature aide &#224; mieux saisir la griffe particuli&#232;re de son &#233;criture nomade. Ce n'est pas sans raison qu'il a souscrit &#224; la remarque d'&#201;lie Faure que &#171; l'art remplace l'absence de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lie Faure, L'Esprit des formes (1927), cit&#233; dans &#171; &#201;crire &#187;, conf&#233;rence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car les actes de d&#233;pense violente abondent dans ses romans et y apparaissent souvent &#224; la lumi&#232;re de cultes ou de mythes anciens. Ceci est surtout visible au niveau de l'action, puisque tous les protagonistes agissent sous le signe de la violence dont il sont en g&#233;n&#233;ral les victimes, mais parfois aussi les auteurs. Celui d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, par exemple, a subi les horreurs de la guerre, mais il a peut-&#234;tre &#233;galement provoqu&#233; le suicide de sa femme &#224; qui le liait une relation de violence mutuelle : son v&#339;u r&#233;it&#233;r&#233; &#171; nous ne pouvons pas nous perdre &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 322, 365) est d&#233;menti dans tous les sens du mot, comme le sugg&#232;rent la comparaison mythologique entre celle-ci et &#171; D&#233;janire &#187;, l'&#233;pouse meurtri&#232;re d'Hercule (39), ou l'image d&#233;j&#224; cit&#233;e du &#171; chasseur ithyphallique de la pr&#233;histoire &#187;, appliqu&#233;e &#224; lui-m&#234;me (125). Il n'en est pas autrement au niveau de la narration des romans simoniens, o&#249; la r&#233;p&#233;tition traumatique de sc&#232;nes violentes s'accompagne d'une v&#233;ritable explosion d'images agressives. Devenu narrateur, le protagoniste d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; assume en quelque sorte le r&#244;le martial d'Hercule, &#233;tant donn&#233; qu'il combat les spectres du pass&#233; familial comme les oiseaux d'airain de &#171; Stymphale &#187; (39) ou qu'il attaque une banque en la qualifiant de &#171; ruminant &#187; insatiable (71), c&#233;l&#233;brant ainsi une tauromachie verbale.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Si les romans de Simon &#233;voquent une recherche &#171; dans et par l'&#233;criture &#187;, cette &#233;criture avance donc &#171; dans et par la violence &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 113). Tandis que leur t&#226;tonnement diff&#233;rentiel et s&#233;riel les lie au Nouveau Roman, leur &#233;criture sacrificielle les rapproche du surr&#233;alisme tardif, dont ils partagent l'imaginaire agressif sans adopter nullement le programme d'une &#171; &#233;criture automatique &#187; (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1193). Cette tension caract&#233;ristique se laisse observer &#224; tous les niveaux constitutifs du texte. Au niveau pragmatique, elle se profile par exemple dans la multiplication des narrateurs et des histoires qui marque en particulier &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Le fait que Georges est sans cesse interrompu par des interlocuteurs r&#233;calcitrants, qui contredisent sa version de l'histoire ou en offrent une version diff&#233;rente, provoque certes un ajournement permanent de la v&#233;rit&#233; sur le capitaine de Reixach et son anc&#234;tre ; mais en m&#234;me temps il donne lieu &#224; un dialogue f&#233;roce o&#249; se r&#233;p&#232;te la violence subie dans la guerre. Blum harc&#232;le Georges qui &#224; son tour harc&#232;le Corinne dont la fuite pr&#233;cipit&#233;e r&#233;pond &#224; la force employ&#233;e contre elle ; au fond, l'un comme l'autre ressemble &#224; l'&#171; homme-fusil &#187; du &lt;i&gt;Palace&lt;/i&gt; qui r&#233;it&#232;re la violence d'un attentat perp&#233;tr&#233; par lui-m&#234;me dans le r&#233;cit qu'il en fait, &#171; comme s'il essayait d'arracher, de rejeter de lui cette violence qui a &#233;lu domicile en lui, se sert de lui [&#8230;], le poss&#233;dant, le consumant &#187; (&lt;i&gt;P&lt;/i&gt;, 457). Au niveau s&#233;mantique, la concurrence des deux po&#233;tiques se dessine surtout dans la multiplication des m&#233;taphores, sans doute l'un des artifices les plus constants et les plus captivants de Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. mon &#233;tude &#171; M&#233;canismes dangereux. Techniques de la m&#233;taphore et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les images se succ&#233;dant et se superposant dans la description du &#171; palace &#187;, au dernier chapitre du roman homonyme, constituent certes un s&#233;rie diff&#233;rentielle qui signale le retrait irr&#233;vocable du mot propre et juste ; mais elles forment aussi une gradation cataclysmique, puisque la m&#233;taphore du &#171; navire &#187; fait place &#224; celle du &#171; mausol&#233;e &#187; et enfin &#224; celle de la ruine produite par une &#171; chute majestueuse &#187; (523-525). Au niveau syntactique, une tension pareille peut &#234;tre d&#233;couverte dans la multiplication des digressions qui prolonge presque syst&#233;matiquement la phrase simonienne. Si celle-ci &#171; progresse sous l'influence de deux forces contradictoires, l'une centrifuge, l'autre centrip&#232;te &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. David Zemmour, Une syntaxe du sensible. Claude Simon et l'&#233;criture de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est que sa tendance digressive se double d'une tendance transgressive : les d&#233;tours baroques qui d&#233;routent le lecteur servent souvent &#224; sugg&#233;rer une d&#233;pense baroque qui le sid&#232;re. Un exemple fascinant de ce mouvement contradictoire se pr&#233;sente dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;guerrier&#034;&gt;3. Les deux faces du guerrier&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le chapitre ou plut&#244;t l'article &#171; Guerrier &#187; qui se trouve au milieu exact de &#171; Lexique &#187;, la partie centrale de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, le narrateur &#233;voque la r&#233;volte nocturne d'un soldat exp&#233;riment&#233;, dont il a &#233;t&#233; t&#233;moin pendant son service militaire. Enti&#232;rement nu et ivre mort, celui-ci avance dans le dortoir d'une caserne en titubant et en brandissant son sabre, jusqu'&#224; ce qu'un camarade de chambr&#233;e le d&#233;nonce et un officier l'arr&#234;te sans en faire beaucoup de bruit. Tant qu'il peut agir en pleine libert&#233;, il est d&#233;crit avec ampleur dans le cadre d'une seule phrase longue (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 650-654). Cette description comprend quatre parties d'extension in&#233;gale, s&#233;par&#233;es l'une de l'autre par des digressions beaucoup plus &#233;tendues. Elle pr&#233;sente d'abord son corps entier, puis comme en gros plan son sexe et son sabre, enfin &#224; nouveau l'homme complet, des pieds &#224; la t&#234;te. Elle commence par le mot &#171; nu &#187; dont le double sens indique d&#233;j&#224; les deux directions qu'elle prendra par la suite. D'une part, le guerrier ne porte aucun v&#234;tement, ce qui l'oppose non seulement &#224; une &#171; nu&#233;e &#187; d'ennemis invisibles qu'il croit affronter, mais aussi aux vingt-cinq spectateurs habill&#233;s de la chambr&#233;e, y compris le futur narrateur disant &#171; nous &#187;, qui suivent de pr&#232;s le spectacle bizarre. R&#233;sonnant dans les paronymes nu&#233;e et nous, le mot nu r&#233;sume donc la sc&#232;ne d'un combat dramatique &#224; visi&#232;re lev&#233;e qui menace d'engager m&#234;me les t&#233;moins involontaires. D'autre part, il d&#233;signe aussi un genre pictural auquel la description du guerrier s'apparente visiblement. Des adjectifs de couleur comme &#171; bleu&#226;tre &#187;, &#171; marron-roux &#187; ou &#171; bistre &#187; pr&#233;cisent l'&#233;clairage et le coloris de la sc&#232;ne ; des constructions attributives d&#233;taillent plusieurs aspects diff&#233;rents de la &#171; nudit&#233; &#187; exhib&#233;e et aboutissent &#224; des appositions d&#233;finitoires (&#171; fant&#244;me gesticulant &#187;, &#171; un masque &#187;) qui font pour ainsi dire fonction de l&#233;gendes. Or, comme le sens ordinaire et le sens acad&#233;mique de nu restent &#233;galement actuels, le degr&#233; de r&#233;alit&#233; du corps d&#233;crit reste ind&#233;termin&#233; : au fond, le &#171; nu &#187; observ&#233; et rem&#233;mor&#233; bien plus tard pourrait n'&#234;tre qu'un &#171; nu &#187; imagin&#233; que le narrateur regarde comme d'autres portraits semblables qu'il &#233;voque ailleurs &#8211; par exemple la photo d'un peintre ivre et nu qui brandit une &#233;p&#233;e de carton (575) ou la figure d'un guerrier nu &#171; emprunt&#233;e &#224; une composition de Polidoro da Caravaggio &#187; et cit&#233;e trois fois au cours du roman (639, 694, 721). Le premier mot de la description est donc un &#171; carrefour &#187; &#224; la mani&#232;re de ceux que commente la pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, ou bien un &#171; bifur &#187; dans le sens m&#233;talinguistique que ce mot prend dans les &lt;i&gt;Biffures&lt;/i&gt; de Leiris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leiris, &#171; Biffures &#187; (1948), dans : La R&#232;gle du jeu, op. cit., pp. 1-285, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s le d&#233;but de l'article &#171; Guerrier &#187;, il soul&#232;ve la question de savoir si la sc&#232;ne nocturne est une sc&#232;ne vue ou une sc&#232;ne imagin&#233;e ; &#224; l'ambigu&#239;t&#233; lexicale correspond une ambigu&#239;t&#233; &#233;pist&#233;mique qui met en cause la fiabilit&#233; de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;f&#233;rence du portrait reste ind&#233;cidable, sa charge s&#233;mantique est pourtant bien &#233;vidente. Dans la mesure o&#249; la description avance, le guerrier nu, arm&#233; et ivre devient la personnification d'un acte de d&#233;pense totale. &#192; cet effet contribue surtout une s&#233;rie de mots paronymes qui &#233;voquent ses parties g&#233;nitales. Lorsqu'au d&#233;but et encore dans la deuxi&#232;me partie du portrait, il est question de son sexe d&#233;couvert, les consonnes [s], [b/v/f] et [r] sont accumul&#233;es d'une mani&#232;re frappante : la &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;rou&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;aille &#187; des poils ressemble &#224; un &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ui&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;on de &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;lammes &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;om&lt;i&gt;br&lt;/i&gt;es &#187; et &#224; une &#171; o&lt;i&gt;bs&lt;/i&gt;cure &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;lam&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;&#233;e &#187;, la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;str&lt;/i&gt;e &#187; du membre &#224; un &#171; &lt;i&gt;v&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;sc&lt;/i&gt;&#232;&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;l&#233;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;i, &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;roi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;&#233; &#187;. Comme dans le cas du mot &lt;i&gt;libidineux&lt;/i&gt;, dont les &#171; sons &#233;vocateurs (lit, bite, n&#339;ud) &#187; sont comment&#233;s peu apr&#232;s, la sonorit&#233; sp&#233;ciale des expressions employ&#233;es sugg&#232;re une sc&#232;ne &#224; la fois &#233;rotique et martiale. D'abord, les consonnes r&#233;p&#233;t&#233;es font entendre par onomatop&#233;e le &#171; &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;oi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;ement &#187; et le &#171; &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;acas m&#233;tallique &#187; des armes, qui r&#233;sonne dans le spectacle nocturne comme dans les nombreuses sc&#232;nes de combat d&#233;crites au cours du roman. En plus, elles font communiquer des expressions paronymes dont l'interaction s&#233;mantique suscite l'image d'un corps destructeur et d&#233;truit lui-m&#234;me. La &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;rou&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;aille &#187; et la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e bi&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &#187; au bas-ventre du guerrier appellent le &#171; &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;a&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;re &#187; qu'il fait tournoyer &#171; &#224; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;out de &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ras &#187; au-dessus de sa t&#234;te, &#233;voquant ainsi un phallus meurtrier ou une arme phallique ; les m&#233;taphores du &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ui&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;on de &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;ammes &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;ombres &#187; et de l'&#171; o&lt;i&gt;bs&lt;/i&gt;cu&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;am&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;&#233;e &#187; &#233;voquent un sexe en flammes ; et comme la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &#187; ressemble &#224; un &#171; &lt;i&gt;v&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;sc&lt;/i&gt;&#232;&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;&#233;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;i, &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;oi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;&#233; &#187;, on croit voir un bas-ventre &#233;clat&#233;, &#171; quelque boyau int&#233;rieur mis &#224; nu &#187;. Par un jeu suggestif d'&#233;quivalences phonologiques et s&#233;mantiques, le texte peint donc un corps en extase qui est &#224; fois sujet et objet de violence, qui menace d'autres corps de son sabre, mais est en m&#234;me temps d&#233;vor&#233; par le feu et d&#233;chir&#233; par des coups. Cette stylisation ambivalente du combattant culmine dans la derni&#232;re partie du portrait, o&#249; au moment le plus intense de sa r&#233;volte il est d&#233;crit comme un homme dont on va couper la t&#234;te, sinon d&#233;j&#224; d&#233;capit&#233;. Sa t&#234;te rouge&#226;tre, contrastant avec le reste du corps, ne semble pas seulement menac&#233;e d'une mort violente, &#171; promise &#224; un in&#233;luctable Deibler &#187; ; elle appara&#238;t m&#234;me comme un organe d&#233;j&#224; mort, &#171; comme si, rid&#233;, sanglant et outrag&#233;, on l'avait pos&#233; par inadvertance ou par d&#233;rision sur le corps d'un autre &#187;. Ainsi, le portrait du guerrier nu s'ouvre pas &#224; pas sur des images chaque fois plus choquantes d'un corps morcel&#233; dont la derni&#232;re est celle d'un ac&#233;phale &#8211; une image qui surgit plusieurs fois dans le roman, soit en rapport avec des terrassiers ivres, &#224; demi enfouis dans les tranch&#233;es (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 621, 700), soit &#224; propos d'un homme au comble du plaisir sexuel qui semble avoir litt&#233;ralement perdu la t&#234;te (702, 723). Ce n'est peut-&#234;tre pas &#224; dessein qu'elle rappelle l'image du guerrier ac&#233;phale qui pour Bataille symbolisait la dissipation ultime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, &#171; Ac&#233;phale &#187;, dans : &#338;uvres compl&#232;tes, op. cit., t. 1, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tout cas, elle fait de l'apparition incertaine du soldat nu la manifestation flagrante d'une d&#233;pense sans r&#233;serve.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Le portrait du guerrier ne tient pourtant qu'assez peu de place dans la premi&#232;re phrase du chapitre homonyme. La majeure partie en est form&#233;e par trois digressions &#233;tendues qui interrompent la description et l'ouvrent sur la pr&#233;histoire du spectacle nocturne. La gesticulation agressive du guerrier, dirig&#233;e contre des &#234;tres invisibles, renvoie au long registre de ses d&#233;lits et de ses peines dont il rend responsable une multitude d'ennemis ; sa nudit&#233; &#233;voque les nombreux nus guerriers dans l'histoire de la peinture et de la photographie ; le bruissement de son sabre rappelle toute une s&#233;rie de spectacles populaires (cirque, music-hall, catch) que le narrateur a vus avant la sc&#232;ne pr&#233;sente. Consid&#233;r&#233;e dans le contexte de la p&#233;riode enti&#232;re, la description s'&#233;carte donc sans cesse de son objet pour y revenir de nouveau et pour le pr&#233;senter sous un jour modifi&#233; par la digression pr&#233;c&#233;dente. Par ses nombreuses parenth&#232;ses et reprises, la premi&#232;re phrase de &#171; Guerrier &#187; ressemble &#224; une &#171; phrase-fleuve &#187;, comme elle marque, d'apr&#232;s une &#233;tude c&#233;l&#232;bre de Spitzer, les romans de Michel Butor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leo Spitzer, &#171; Quelques aspects de la technique des romans de Michel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais autrement que dans une telle &#171; phrase-fleuve &#187;, l'ordre s&#233;mantique et l'ordre syntactique co&#239;ncident ici seulement au d&#233;but : le triple retour au th&#232;me principal ne s'accompagne jamais d'un retour &#224; la proposition principale ; la subordination se prolonge au contraire chaque fois que la digression historique d&#233;bouche &#224; nouveau sur la description du guerrier dont le niveau syntactique se d&#233;place progressivement. Ainsi, la phrase accomplit en quelque sorte un mouvement de spirale qui provoque &#224; trois reprises un effet de gradation, &#224; la mani&#232;re du &#171; style-cort&#232;ge &#187; analys&#233; par Spitzer : comme dans un d&#233;fil&#233; solennel, le plus important vient toujours le dernier, bien que dans le cas du guerrier ce soit toujours le m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leo Spitzer, &#171; Zum Stil Marcel Prousts &#187; (1928), dans : Stilstudien, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, cet effet renforce l'une comme l'autre des deux tendances qui se manifestent d&#232;s le d&#233;but du portrait. Certes, les trois digressions irr&#233;alisent l'apparition du guerrier en la comparant &#224; maintes repr&#233;sentations verbales, picturales ou th&#233;&#226;trales ; mais en la rapportant &#224; une pr&#233;histoire de plus en plus violente, elles la pr&#233;sentent en m&#234;me temps comme le comble de toute une s&#233;rie d'actes sacrificiels.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La premi&#232;re digression esquisse l'histoire aventureuse du soldat r&#233;volt&#233;. Sa d&#233;marche farouche semble s'adresser &#224; &#171; quelque adversaire invisible &#187;, et cette sensation s'impose &#224; cause de ses propres r&#233;cits faits aux camarades de chambr&#233;e o&#249; il s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; comme la victime d'un antagoniste omnipotent et omnipr&#233;sent. Ainsi, la r&#233;volte observ&#233;e appara&#238;t sur un fond de r&#233;voltes racont&#233;es qui paraissent plus ou moins fictives. D&#233;j&#224; le guerrier donnait l'impression d'&#234;tre un narrateur peu fiable quand il r&#233;capitulait sa vie avec un &#171; &#233;merveillement pour ainsi dire exotique &#187;, &#224; la mani&#232;re d'un conte des &#171; &lt;i&gt;Mille et une Nuits&lt;/i&gt; &#187; ; et le narrateur du roman ne semble pas plus fiable, puisqu'il imagine un goyesque tableau de fusillade &#224; partir du simple &#171; mot &#233;vocateur &#187; falot, qui dans l'argot militaire du guerrier d&#233;signait les conseils de guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si ce mot &#171; fait surgir, dans la lueur de la lanterne tenue &#224; bout de bras (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La sc&#232;ne nocturne n'est donc que le dernier &#233;pisode d'une histoire truculente d&#233;bit&#233;e auparavant ; son caract&#232;re dramatique r&#233;sulte d'un savoir pr&#233;alable et hypoth&#233;tique de l'observateur. Mais si par l&#224; l'authenticit&#233; du spectacle diminue encore, son intensit&#233; augmente au m&#234;me degr&#233;, car l'&#233;num&#233;ration des aventures pass&#233;es du guerrier pr&#233;sente la structure d'une gradation syst&#233;matique. Poursuivi par l'&#171; ennemi acharn&#233; &#224; sa perte &#187;, le guerrier a connu plusieurs prisons de sa patrie, puis m&#234;me un p&#233;nitencier &#171; ignor&#233; des cartes g&#233;ographiques &#187; ; l&#224;, il fallait souffrir d'interminables marches sans boire et m&#234;me des &#171; supplices barbares &#187; ; et tout cela ne le torturait pas uniquement au moment de l'exp&#233;rience, mais &#233;galement au moment de la narration o&#249; ses yeux fixes et durs se durcissaient encore, de sorte qu'il semblait d&#233;fier non seulement ses camarades, mais aussi les grad&#233;s et m&#234;me le &#171; monde entier &#187;, voire manifester une &#171; permanente panique &#187; &#8211; qui dure encore dans le dortoir de la caserne o&#249; il affronte une &#171; nu&#233;e d'ennemis sans visages &#187;. &#192; la fin de ce large flash-back, en tant que dernier terme d'une &#233;num&#233;ration subordonn&#233;e &#224; la phrase premi&#232;re, la &#171; gigantesque nudit&#233; gesticulant[e] &#187; d&#233;passe donc de loin le &#171; fant&#244;me gesticulant &#187; dont il &#233;tait question au d&#233;but de la digression r&#233;trospective. Quand la description interrompue est reprise, le combat fantomatique prend l'air d'un combat dernier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La seconde digression remonte plus loin, &#233;bauchant une br&#232;ve histoire iconographique de la nudit&#233; en armes. Le guerrier nu est compar&#233; &#224; la &#171; cohorte des guerriers fig&#233;s dans les bitumeuses peintures des mus&#233;es &#187;, qui &#224; leur tour sont compar&#233;s aux soldats figurant sur &#171; les traditionnelles photos-souvenirs, posant seulement v&#234;tus de leurs cartouchi&#232;res et de leurs casques &#187;. &#192; la lumi&#232;re de ces comparaisons, le portrait du guerrier se pr&#233;sente encore comme le bout d'une s&#233;rie diff&#233;rentielle de repr&#233;sentations dont le d&#233;but se d&#233;robe ici avec une obstination accrue. Tandis que dans la premi&#232;re digression la description renvoyait au compte-rendu d'un r&#233;cit, elle appara&#238;t maintenant comme la copie d'une copie qui ne se r&#233;f&#232;re &#224; aucun original. La &#171; gigantesque nudit&#233; &#187; n'est pas seulement une &#171; d&#233;risoire r&#233;plique &#187; du Goliath biblique et des h&#233;ros mythiques de l'Antiquit&#233; ; elle est en outre une r&#233;plique au deuxi&#232;me degr&#233;, puisque les portraits plus ou moins c&#233;l&#232;bres de ceux-ci semblent imiter, aux yeux du spectateur moderne, les poses burlesques exhib&#233;es sur d'anonymes photos d'amateur. Rien n'est donc vrai ni original dans le portrait du guerrier, et pourtant la digression intensifie encore son effet. Car la s&#233;rie des r&#233;pliques de plus en plus &#171; d&#233;risoires &#187; se laisse aussi regarder comme une s&#233;rie de nudit&#233;s de plus en plus nues, au bout de laquelle surgit encore le soldat r&#233;volt&#233;. Si les conscrits bouffons ne sont v&#234;tus que de cartouchi&#232;res et de casques, si les h&#233;ros mythiques ne portent m&#234;me que des jambi&#232;res et des cimiers, le guerrier ivre r&#233;pudie encore cette armure symbolique, puisqu'il est &#171; seulement arm&#233; &#187; d'un sabre de cavalerie. Quoiqu'ils paraissent d&#233;j&#224; &#171; t&#233;m&#233;rairement nus &#187;, les guerriers des photos et des tableaux font figure de timides &#224; c&#244;t&#233; de sa nudit&#233; presque compl&#232;te qui lui conf&#232;re une &#171; dimension pour ainsi dire surnaturelle, fabuleuse &#187;, comme le rappelle la derni&#232;re page du chapitre (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 658). En tant que dernier acte d'un v&#233;ritable strip-tease iconographique, la &#171; gigantesque nudit&#233; &#187; atteint une grandeur mythique.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La troisi&#232;me digression fait pendant &#224; la premi&#232;re en r&#233;capitulant l'histoire compl&#233;mentaire du spectateur de la sc&#232;ne nocturne. Face &#224; la gaine du sabre dans l'autre main du soldat, le narrateur &#8211; qui maintenant en disant &#171; je &#187; se d&#233;tache du public jusqu'ici indiff&#233;renci&#233; &#8211; &#233;voque le bruit que celui-ci avait produit en d&#233;gainant son arme et qui d&#233;clenche en lui-m&#234;me toute une cha&#238;ne d'associations. Il se souvient de trois spectacles populaires devant lesquels il a &#233;prouv&#233; un &#171; frisson &#187; ou un &#171; trouble &#187; pareil : d'abord un num&#233;ro de cirque qui montrait un prestidigitateur per&#231;ant une femme &#224; demi nue ; puis une exposition de poup&#233;es en caoutchouc, manipul&#233;es par un d&#233;monstrateur de music-hall ; enfin la lutte entre deux catcheurs, &#171; appareill&#233;s dans des accouplements vaguement obsc&#232;nes &#187;. Une fois de plus il souligne le caract&#232;re irr&#233;el et trompeur de ces repr&#233;sentations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce propos, cf. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; La mise en spectacle chez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le corps de la figurante que pr&#233;tendait immoler l'illusionniste semblait fait d'une &#171; mati&#232;re irr&#233;elle &#187;, cr&#233;&#233;e par la lumi&#232;re artificielle des projecteurs ; les poup&#233;es manipul&#233;es n'&#233;taient que des &#171; lilliputiennes, crapuleuses et commerciales r&#233;incarnations de V&#233;nus &#187; ; et les corps gras des catcheurs semblaient se cristalliser seulement des &#171; particules visibles &#187; de l'&#233;clairage. Quand &#224; la suite de cette triple mise en spectacle le guerrier appara&#238;t de nouveau &#171; dans l'avare lumi&#232;re de la veilleuse &#187;, la palpabilit&#233; de cette apparition semble plus douteuse que jamais ; comme ce qui se passait dans le cirque, le music-hall et le ring, elle pourrait bien consister en un simulacre n&#233; d'une projection. Mais encore cette mise en spectacle se double-t-elle d'une mise en relief de l'&#233;nergie du combat. Car en d&#233;pit du caract&#232;re artificiel des sc&#232;nes rem&#233;mor&#233;es, le narrateur leur attribue un effet sublime qui s'accro&#238;t dans la mesure o&#249; le protagoniste s'expose. Pour signaler cet effet, il d&#233;crit la lumi&#232;re d&#233;r&#233;alisante des projecteurs comme une lumi&#232;re chaque fois plus impitoyable qui conf&#233;rait une note h&#233;ro&#239;que aux acteurs illumin&#233;s. Sur la femme ressortant de la caisse du prestidigitateur tombaient des &#171; feux glac&#233;s &#187;, sur le catcheurs en lutte m&#234;me les grains d'&#171; une sorte d'implacable gr&#233;sil s'abattant sur eux &#187;, voire les &#171; cristaux de neige &#187; d'un &#233;clairage ind&#233;cent ; mais les corps expos&#233;s de cette mani&#232;re n'en sortaient que plus vigoureux, anim&#233;s d'une &#171; vie secr&#232;te, inviolable &#187; qui semblait les rendre indiff&#233;rents aux coups et aux rayons. L'emprise croissante des trois spectacles se chiffre de m&#234;me dans les r&#233;actions du spectateur dont le narrateur &#233;tablit un proc&#232;s-verbal nuanc&#233;. Tandis que les corps f&#233;minins qu'on malmenait au cirque et au music-hall l'ont empli d'un &#171; trouble qu'exprime assez bien le mot libidineux &#187;, les corps &#171; vaguement obsc&#232;nes &#187; des catcheurs lui ont inspir&#233; m&#234;me une sorte d'horreur sacr&#233;e, un trouble caus&#233; &#171; tant par la conscience d'un interdit transgress&#233; que par l'aspect presque surnaturel et, pourrait-on dire, mythologique de ces combats &#187;. Plus proche de l'ethnographie de Leiris que de la s&#233;miologie de Barthes dans l'essai c&#233;l&#232;bre sur &#171; le monde o&#249; on catche &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Roland Barthes : Mythologies (1957), Paris : Seuil, &#171; Points essais &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le narrateur fait ressortir le caract&#232;re quasi sacr&#233; de ce spectacle &#224; la fois violent et &#233;rotique. Par l&#224; il comble une gradation qui se prolonge &#171; encore &#187; (c'est son mot) dans la description du guerrier. Dans le froid glacial de la caserne s'affirme &#224; nouveau et &#224; un degr&#233; sup&#233;rieur une &#171; vie secr&#232;te, inviolable &#187; qui anime un acteur &#171; presque surnaturel &#187; &#8211; ce &#171; Goliath &#187; qui maintenant para&#238;t non plus une mauvaise copie, mais l'&#233;gal des h&#233;ros anciens. Ainsi, la derni&#232;re partie du portrait ne couronne pas seulement une s&#233;rie interne d'images de plus en plus violentes pour le corps mena&#231;ant et menac&#233; du guerrier, mais &#233;galement une s&#233;rie externe de spectacles analogues, o&#249; des acteurs chaque fois plus &#233;nergiques s'exposaient dans des situations de plus en plus implacables. Comme elle d&#233;passe m&#234;me une sc&#232;ne de transgression quasi mythologique, la sc&#232;ne nocturne pr&#233;sente un spectacle presque insurmontable.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la premi&#232;re phrase de &#171; Guerrier &#187; ressemble &#224; une spirale, marqu&#233;e par le triple retour du th&#232;me principal &#224; un niveau syntactique et s&#233;mantique diff&#233;rent, elle d&#233;crit un mouvement que Simon a qualifi&#233; de baroque : &#171; Le mouvement du baroque, c'est la spirale. C'est-&#224;-dire le retour de la m&#234;me ligne, sur la m&#234;me g&#233;n&#233;ratrice, mais avec &#224; chaque fois un d&#233;calage de niveau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Hubert Juin, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, dans : Les Lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les deux fonctions que remplit ce mouvement dans le portrait du guerrier correspondent &#224; deux interpr&#233;tations modernes de l'esth&#233;tique baroque. D'une part, le baroque est cens&#233; pr&#233;f&#233;rer l'apparence &#224; l'essence, le figur&#233; au propre, la ligne courbe &#224; la ligne droite. Suivant cette interpr&#233;tation, &#233;bauch&#233;e par Leiris &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leiris, &#171; Fibrilles &#187; (1966), dans : La R&#232;gle du jeu, op. cit., p. 743 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut voir dans le mouvement baroque de la phrase simonienne un mouvement diff&#233;rentiel. Par une mise en r&#233;cit (rappelant les &lt;i&gt;Mille et une Nuits&lt;/i&gt;), par une mise en image (picturale ou photographique) et par une mise en spectacle (foraine ou sportive) de la sc&#232;ne rem&#233;mor&#233;e, celle-ci se d&#233;robe &#224; toute tentative de d&#233;termination substantielle. D'autre part, on a associ&#233; l'art baroque &#224; la notion de d&#233;pense, ramenant la prolif&#233;ration du d&#233;cor &#224; une transgression de l'utile. En accord avec cette interpr&#233;tation, propos&#233;e par Severo Sarduy sur les traces de Bataille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Severo Sarduy, Barroco (1975), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1991, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut attribuer un effet intensificateur &#224; la multiplication des digressions. Comme toutes les comparaisons intercal&#233;es &#233;voquent des sc&#232;nes de d&#233;pense (supplices, batailles, sacrifices, transgressions) et comme ce fil rouge suit une ligne ascendante, la sc&#232;ne premi&#232;re se charge successivement d'un potentiel s&#233;mantique qu'elle n'aurait pas atteint dans une description rectiligne. Cette deuxi&#232;me interpr&#233;tation semble d'ailleurs tr&#232;s proche de celle que Simon lui-m&#234;me, dans un autre chapitre de &#171; Lexique &#187;, donne de l'art de Poussin. Citant un &#171; critique anglais qui d&#233;finit le baroque movement into space &#187;, il insiste sur le dynamisme des bacchanales et des batailles du peintre baroque qui fait &#233;prouver la violence des sc&#232;nes repr&#233;sent&#233;es ; le spectateur &#171; se trouve pour ainsi dire pr&#233;cipit&#233; &#187; dans le spectacle dionysiaque ou martial, &#171; s'enfon&#231;ant &#187; dans le tableau comme les guerriers s'enfoncent dans la bataille (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 667-668). Si selon la fameuse boutade de Ricardou, &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; est avant tout une &#171; bataille de la phrase &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Ricardou, &#171; La bataille de la phrase &#187;, dans : Pour une th&#233;orie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est dans ce sens-l&#224;, sans doute nullement envisag&#233; par l'ancien porte-parole de la critique : dans ses p&#233;riodes anim&#233;es par un mouvement vertigineux de spirale, le roman &#233;voque des sc&#232;nes de d&#233;pense devant lesquelles le lecteur a du mal &#224; garder la distance.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La description du guerrier nu se termine par une m&#233;taphore qui renvoie &#224; l'acte d'&#233;crire. &#192; l'image macabre d'une d&#233;capitation imminente, voire d&#233;j&#224; ex&#233;cut&#233;e, succ&#232;de l'image m&#233;tapo&#233;tique d'un papier noirci : si la mort semblait avoir attaqu&#233; la t&#234;te du soldat enrag&#233;, elle semble maintenant sur le point d'envahir le corps entier, &#171; &#224; la fa&#231;on de l'encre qui gagne &#224; partir d'un coin de buvard &#187;. La sc&#232;ne de d&#233;pense dans la caserne finit donc par anticiper la sc&#232;ne d'&#233;criture d&#233;taill&#233;e &#224; la fin du roman afin d'en souligner l'origine laborieuse. Par l&#224;, le narrateur signale discr&#232;tement que l'effet vertigineux de la r&#233;volte d&#233;peinte est avant tout le produit d'un travail po&#233;tique. Ce n'est pas le spectateur &#171; muet &#187; dans la chambr&#233;e, mais l'&#233;crivain au bureau qui agrandit le combat nocturne par le mouvement baroque de la phrase ; et c'est seulement le stylo de celui-ci qui co&#251;te la t&#234;te &#224; l'ex-camarade, non pas d&#233;j&#224; l'attaque des pers&#233;cuteurs imagin&#233;s. Ainsi, l'image de l'encre mortelle r&#233;sume une diff&#233;rence entre la violence d&#233;crite et la violence de la description qui se dessine d&#232;s le d&#233;but du portrait. Tandis que le guerrier ne prof&#232;re que quelques &#171; obscures menaces &#187;, le narrateur &#233;met plusieurs salves de &#171; sons &#233;vocateurs &#187; ; tandis que l'un se manifeste par les &#171; moulinets &#187; clos et r&#233;p&#233;titifs de son sabre, l'autre s'exprime par les spirales ascendantes de ses phrases. Cette diff&#233;rence capitale devient encore plus nette quand la description de la r&#233;volte tournant &#224; vide est suivie par la narration de la r&#233;pression. D&#232;s que la transgression corporelle du guerrier est sanctionn&#233;e, elle se distingue clairement de la transgression verbale du narrateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du chapitre, juste apr&#232;s la fin de la longue phrase expositoire, le premier pass&#233; simple du texte indique un &#233;v&#233;nement qui alt&#232;re la performance monotone du guerrier. Un d&#233;lateur s'esquive, le soldat nu tombe par terre et tout &#224; coup fait face &#224; un sous-officier qui r&#233;prime la r&#233;volte, r&#233;duisant l'acte de d&#233;pense &#224; une simple infraction au r&#232;glement militaire. Au combat fantomatique se substitue ensuite une confrontation limit&#233;e et concr&#232;te au cours de laquelle le mar&#233;chal des logis d&#233;sarme le perturbateur, le force &#224; s'habiller et l'emm&#232;ne en prison. &#192; premi&#232;re vue, ce &#171; showdown &#187; rapide confronte deux partis parfaitement contraires : ici l'incarnation nue du d&#233;sordre, l&#224; le repr&#233;sentant en uniforme d'un ordre rigide ; ici le guerrier archa&#239;que, aussi vigoureux que vuln&#233;rable, l&#224; le soldat moderne prot&#233;g&#233; par une &#171; carapace de cuir et de drap &#187;, mais dont la main gant&#233;e ressemble &#224; une &#171; proth&#232;se orthop&#233;dique &#187; (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 657). &#192; la transgression irrationnelle semble s'opposer l'interdit rationnel, &#224; la r&#233;bellion solitaire la discipline collective. Mais la communication entre les antagonistes in&#233;gaux r&#233;v&#232;le une complicit&#233; &#233;trange. D&#232;s que le repr&#233;sentant de la norme prend la parole, il d&#233;clenche un &#233;change rituel de mots et de gestes qui semble ob&#233;ir &#224; un code secret, partag&#233; &#233;galement par son adversaire ; tant le guerrier que l'officier agissent comme les officiants d'un &#171; jeu de conventions &#187; dont ils connaissent les r&#232;gles non codifi&#233;es gr&#226;ce &#224; leur longue exp&#233;rience commune de la m&#234;me institution militaire (656). &#192; la lumi&#232;re de ce &#171; c&#233;r&#233;monial &#187;, la r&#233;volte ne semble pas mettre en cause le r&#232;glement, mais au contraire le confirmer ; elle revient, pour citer la formule pr&#233;cise qu'on trouve quelques pages plus tard, &#224; &#171; l'intrusion d'un d&#233;sordre passager et limit&#233; dans un ordre dont l'ossature, les structures principales subsistent toujours &#187; (671). Le combat irr&#233;gulier du guerrier est donc une transgression rituelle selon la d&#233;finition de Bataille : une violation de l'interdit qui fait partie du c&#233;r&#233;monial et par l&#224; pr&#233;vient son abolition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, L'&#201;rotisme, op. cit., pp. 71-78 ; la connivence profonde des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que le guerrier donne &#224; voir d'une mani&#232;re spectaculaire, mais toujours dans le cadre d'un ordre intact, est r&#233;p&#233;t&#233; sous des conditions tout &#224; fait diff&#233;rentes par le narrateur du roman. &#192; l'acte rituel de d&#233;pense observ&#233; dans le dortoir r&#233;pond un acte de d&#233;pense verbale pr&#233;par&#233; au bureau, qui constitue une &#171; transgression vide et repli&#233;e sur soi &#187; d'apr&#232;s la d&#233;finition d&#233;j&#224; cit&#233;e de Foucault : une transgression toute subjective qui ne se rapporte plus &#224; un interdit institutionnel, mais pose elle-m&#234;me l'interdit qu'elle viole. Mat&#233;rialisant des &#171; r&#234;ves obscurs de r&#233;volte et de violence &#187; qu'il poursuit &#171; dans les obscures m&#233;andres de son cerveau &#187; (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 658), le combat fantomatique du guerrier atteint un tel degr&#233; de r&#233;alit&#233; qu'il est sanctionn&#233; sans d&#233;lai ; la d&#233;pense de l'&#233;crivain, par contre, n'a lieu que dans les &#171; obscures m&#233;andres &#187; de l'&#233;criture qui, dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, se place plus que jamais sous le signe du labyrinthe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si selon Simon la composition enti&#232;re du roman ressemble &#224; un d&#233;dale (&#338;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la r&#233;volte nocturne assiste le public de la chambr&#233;e, repr&#233;sentant l'arm&#233;e enti&#232;re, tandis que sa description baroque s'adresse au lecteur solitaire. Dans le cas du guerrier, l'interdit transgress&#233; est un interdit pr&#233;cis, d&#233;fini dans un r&#232;glement en vigueur ; le narrateur doit au contraire &#233;tablir d'abord les r&#232;gles linguistiques qu'il viole par la suite, par exemple en rappelant, sur les premi&#232;res pages du roman, les le&#231;ons fort cart&#233;siennes de latin et de fran&#231;ais qu'il avait re&#231;ues autrefois de son oncle Charles (575-576). Enfin, l'acte physique du sabreur sauvage ne d&#233;passe pas une certaine limite temporelle qui pour l'acte verbal de l'&#233;crivain anti-classique n'a aucune importance ; comme personne ne le rappelle &#224; l'ordre, il peut se d&#233;penser en permanence, aussi bien face &#224; la machine d&#233;labr&#233;e qu'il d&#233;crit dans le chapitre suivant que face au soldat &#233;cervel&#233;. Bref, le geste sacrificiel de l'&#233;crivain n'est plus soumis aux limitations corporelles, sociales, spatiales et temporelles d'une transgression rituelle ; il rel&#232;ve pour ainsi dire d'une &#171; violence &#224; l'&#233;tat pur &#187; (&lt;i&gt;G&lt;/i&gt;, 426). Et n&#233;anmoins le personnage du guerrier nu s'impose comme une figure all&#233;gorique de cette &#233;criture. Car si &#224; la fin du portrait bouleversant il est compar&#233; &#224; &#171; Orion tituba[n]t en aveugle sur les monumentales assises de ses pieds &#187;, il semble pr&#233;figurer d&#233;j&#224; ce g&#233;ant mythologique qui, dans l'&#339;uvre suivant &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, pr&#233;sentera un mod&#232;le &#224; double face pour la po&#233;tique simonienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre d'exception, on peut citer pourtant Claude DuVerlie, &#171; Amor interruptus : The question of eroticism or eroticism in question in the works of Claude Simon &#187;, dans : &lt;i&gt;Sub Stance&lt;/i&gt;, 8, 1974, pp. 21&#8211;33 ; Rainer Warning, &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187; (1991), dans :&lt;i&gt; Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, n&#176; 1, 2005, pp. 103-133 ; Aur&#233;lie Renaud, &#171; L'Espagne de Claude Simon sous la lumi&#232;re de Georges Bataille &#187;, dans ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Bataille, &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, &#171; Critique &#187;, 1957, p. 7 ; &lt;i&gt;Les Larmes d'&#201;ros&lt;/i&gt;, Paris, Pauvert, 1961, pp. 62-66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Entretien avec Claude Simon &#187; (1960), dans : Madeleine Chapsal, &lt;i&gt;Quinze &#233;crivains&lt;/i&gt;, Paris, Julliard, 1963, pp. 163-171, ici p. 169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'engagement parall&#232;le de Leiris et de Simon dans la R&#233;sistance et le silence du dernier &#224; ce sujet, cf. Marcel Beyer, &#171; Spucke &#187; (1998), dans : &lt;i&gt;Nonfiction&lt;/i&gt;, K&#246;ln, DuMont, 2003, pp. 74-87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wolfram Nitsch, &lt;i&gt;Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu seinem Roman&#172;werk der sechziger Jahre&lt;/i&gt;, T&#252;bingen, Narr, &#171; Romanica Monacensia &#187;, 1992, en particulier pp. 13-24 et 234-244.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une lecture derridienne, cf. par exemple Warning, &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon &#187; (art. cit.) ; pour une lecture deleuzienne, voir notamment Dominique Viart, &#171; Une &#233;criture nomade. La puissance critique de la m&#233;taphore simonienne &#187;, dans : Irene Albers et Wolfram Nitsch (&#233;ds.), &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, Bern, Lang, 2006, pp. 13-29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Leiris, &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt; (1938), Montpellier, Fata Morgana, 1984 ; cf. aussi &#171; Espagne 1934-1936 &#187;, dans : &lt;i&gt;Bris&#233;es&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1992, pp. 62-63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 26 et 71, n. 3 ; cf. Marcel Mauss, &#171; Essai sur le don &#187; (1924), dans : &lt;i&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/i&gt;, Paris, PUF, &#171; Quadrige &#187;, 1985, pp. 143-279, en particulier pp. 149 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Georges Bataille, &#171; La notion de d&#233;pense &#187; (1933), dans : &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, t. 1, Paris, Gallimard, 1973, pp. 302-320.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &lt;i&gt;Les Larmes d'Eros&lt;/i&gt;, op. cit., p. 62 ; voir aussi &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 62-70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leiris : &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 3032 ; voir aussi &lt;i&gt;L'&#194;ge d'homme&lt;/i&gt; (1939), Paris, Gallimard, &#171; Folio &#187;, 1973, pp. 69-76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 35-37 ; sur l'&#171; ambigu&#239;t&#233; du sacr&#233; &#187; dans les cultes anciens, cf. Roger Caillois, &lt;i&gt;L'Homme et le sacr&#233;&lt;/i&gt; (1939), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1988, pp. 41-76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 41-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#224; la transgression &#187; (1963), dans : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, &#171; Biblioth&#232;que des sciences humaines &#187;, 1994, t. 1, pp. 233-250 ; cf. &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 71-78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Leiris, &#171; Le sacr&#233; dans la vie quotidienne &#187; (1938), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, Gallimard, &#171; Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade &#187;, 2003, pp. 1110-1118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lie Faure, &lt;i&gt;L'Esprit des formes&lt;/i&gt; (1927), cit&#233; dans &#171; &#201;crire &#187;, conf&#233;rence in&#233;dite, faite &#224; l'Acad&#233;mie Bavaroise des Belles Lettres &#224; Munich le 29 mai 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. mon &#233;tude &#171; M&#233;canismes dangereux. Techniques de la m&#233;taphore et m&#233;taphores techniques chez Claude Simon &#187;, dans : &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 235-249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. David Zemmour, &lt;i&gt;Une syntaxe du sensible. Claude Simon et l'&#233;criture de la perception&lt;/i&gt;, Paris, Presses de l'Universit&#233; Paris-Sorbonne, 2008, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Leiris, &#171; Biffures &#187; (1948), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 1-285, ici pp. 263-271. Les &#171; biffures &#187; ou corrections ult&#233;rieures de lapsus n'y sont qu'un cas particulier des &#171; bifurs &#187; verbaux qui dirigent l'&#233;crivain dans des directions diff&#233;rentes, mais pointent en derni&#232;re instance vers des &#171; bifurs &#187; mentaux, des exp&#233;riences cruciales comme la sexualit&#233; et la mort. L'exemple le plus impressionnant d'un tel &#171; bifur &#187; est sans doute le nom mythique de Pers&#233;phone, dont le commentaire &#233;tendu se termine d'ailleurs par l'&#233;vocation d'un &#171; puits art&#233;sien &#187; qui r&#233;v&#232;le des secrets souterrains et t&#233;n&#233;breux (ibid., p. 127) &#8211; une image employ&#233;e aussi, comme on sait, dans la po&#233;tique de Simon (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1199).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &#171; Ac&#233;phale &#187;, dans : &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, op. cit., t. 1, pp. 444-445. Il s'agit du programme pour la revue homonyme dans la collection de laquelle fut publi&#233; le &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leo Spitzer, &#171; Quelques aspects de la technique des romans de Michel Butor &#187;, dans : &lt;i&gt;Archivum Linguisticum&lt;/i&gt;, 13, 1961, pp. 171-195, ici pp. 191 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leo Spitzer, &#171; Zum Stil Marcel Prousts &#187; (1928), dans : &lt;i&gt;Stilstudien&lt;/i&gt;, M&#252;nchen, 1961, t. 2, pp. 365-497, ici pp. 465 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si ce mot &#171; fait surgir, dans la lueur de la lanterne tenue &#224; bout de bras par un sous-officier ou pos&#233;e &#224; ses pieds, l'image blafarde et flageolante du condamn&#233; que l'on s'appr&#234;te &#224; fusiller &#187;, l'imagination du narrateur trahit le souvenir du tableau &lt;i&gt;El 3 de mayo de 1808&lt;/i&gt; de Goya. &#192; propos du &#171; cratylisme secondaire &#187; qui se manifeste dans ce commentaire pseudo-lexicologique, visant &#224; remotiver une sonorit&#233; ou une amphibolie apparemment arbitraire, cf. G&#233;rard Genette : &lt;i&gt;Mimologiques. Voyage en Cratylie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, &#171; Po&#233;tique &#187;, 1976, en particulier pp. 351-375, o&#249; il examine les innombrables commentaires cratylistes de Leiris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce propos, cf. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; La mise en spectacle chez Claude Simon &#187;, dans : Jean Ricardou (&#233;d.), &lt;i&gt;Claude Simon : analyse, th&#233;orie&lt;/i&gt;, Paris, UGE, &#171; 10/18 &#187;, 1975, pp. 88-106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Roland Barthes : &lt;i&gt;Mythologies&lt;/i&gt; (1957), Paris : Seuil, &#171; Points essais &#187;, 1970, pp. 13-24, o&#249; l'analyse d&#233;gage surtout la grammaire dramatique et la s&#233;mantique sociale du catch.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Hubert Juin, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, dans : &lt;i&gt;Les Lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;, du 6 au 12 octobre 1960, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leiris, &#171; Fibrilles &#187; (1966), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, op. cit., p. 743 : &#171; le baroque [&#8230;] montre &#224; la fois la r&#232;gle et ce qui la viole, la ligne droite et les lignes courbes et bris&#233;es qui tendent &#224; s'y substituer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Severo Sarduy, &lt;i&gt;Barroco&lt;/i&gt; (1975), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1991, pp. 155-165, tout en soulignant les diff&#233;rences historiques entre le baroque du XVIIe si&#232;cle et le &#171; n&#233;o-baroque &#187; du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Ricardou, &#171; La bataille de la phrase &#187;, dans : &lt;i&gt;Pour une th&#233;orie du nouveau roman&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, &#171; Tel Quel &#187;, 1971, pp. 118-158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 71-78 ; la connivence profonde des deux partis dans le &#171; jeu de l'interdiction et de la transgression &#187; est aussi comment&#233; dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, encore &#224; propos de fautes contre le r&#232;glement militaire (&lt;i&gt;G&lt;/i&gt;, 87).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si selon Simon la composition enti&#232;re du roman ressemble &#224; un d&#233;dale (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1200), l'image des &#171; m&#233;andres &#187; y tient une place privil&#233;gi&#233;e, apparaissant sur un bouclier qui montre une t&#234;te de M&#233;duse (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 615), sur une frise endommag&#233;e qui repr&#233;sente des cavaliers en pleine course (736) ou sur une statue mutil&#233;e d'un couple qui fait l'amour (737) &#8211; bref, dans des sc&#232;nes de d&#233;pense violente ou sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>New York</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/New-York.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/New-York.html</guid>
		<dc:date>2012-03-03T23:35:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>New York</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'automne 1968, Claude Simon se rend pour la premi&#232;re fois &#224; New York. &lt;br class='autobr' /&gt;
Simon d&#233;couvre la ville, visite notamment le Mus&#233;e d'Art moderne, o&#249; il admire, entre autres, des &#339;uvres de Rauschenberg, Nevelson, Buri et Motherwell. Invit&#233; par plusieurs universit&#233;s am&#233;ricaines, il fait alors le tour des &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Orion aveugle (1970) et Les Corps conducteurs (1971) &#233;voqueront notamment la ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1982, un colloque intitul&#233; &#171; Three Decades of the French New Novel &#187; est organis&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lieux-de-memoire-.html" rel="directory"&gt;Lieux de m&#233;moire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Corps-conducteurs-+.html" rel="tag"&gt;Les Corps conducteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-New-York-157-+.html" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Claude_Simon_a_New_York-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Claude_Simon_a_New_York-3.jpg?1360448321' width='500' height='497' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 1968, Claude Simon se rend pour la premi&#232;re fois &#224; New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon d&#233;couvre la ville, visite notamment le Mus&#233;e d'Art moderne, o&#249; il admire, entre autres, des &#339;uvres de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Rauschenberg-Robert.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rauschenberg&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Nevelson-Louise.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Nevelson&lt;/a&gt;, Buri et Motherwell. Invit&#233; par plusieurs universit&#233;s am&#233;ricaines, il fait alors le tour des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/boutique_a_New_York.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/boutique_a_New_York.jpg?1360448351' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; (1970) et &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; (1971) &#233;voqueront notamment la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1982, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Colloque-de-New-York-1982.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un colloque intitul&#233; &#171; Three Decades of the French New Novel &#187; est organis&#233; par Tom Bishop &#224; New York&lt;/a&gt;, avec la participation de Claude Simon, Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute et Robert Pinget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; voir aussi : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dallenbach-Lucien-Claude-Simon-a-New-York-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lucien D&#228;llenbach, &lt;i&gt;Claude Simon &#224; New York&lt;/i&gt; (2013)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nevelson, Louise</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Nevelson-Louise.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Nevelson-Louise.html</guid>
		<dc:date>2012-02-26T23:49:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Nevelson, Louise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Louise Nevelson (n&#233;e Leah Berliawsky) (Kiev, 23 septembre 1899 - New York, 17 avril 1988) Sculptrice am&#233;ricaine d'origine ukrainienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Orion aveugle figure (p. 130-131, son montage &#171; Cath&#233;drale du ciel &#187; (1958, MOMA, Museum of Modern art, New York).&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lexique-.html" rel="directory"&gt;Artistes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nevelson-Louise-175-+.html" rel="tag"&gt;Nevelson, Louise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Nevelson&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Louise Nevelson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (n&#233;e Leah Berliawsky) (Kiev, 23 septembre 1899 - New York, 17 avril 1988) &lt;br/&gt;
Sculptrice am&#233;ricaine d'origine ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; figure (p. 130-131, son montage &#171; &lt;a href=&#034;http://www.moma.org/collection/object.php?object_id=81006&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cath&#233;drale du ciel&lt;/a&gt; &#187; (1958, MOMA, Museum of Modern art, New York).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Picasso, Pablo</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Picasso-Pablo.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Picasso-Pablo.html</guid>
		<dc:date>2012-02-26T23:43:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Picasso, Pablo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pablo Ruiz Picasso (M&#225;laga, 25 octobre 1881 - Mougins, 8 avril 1973) Peintre, dessinateur et sculpteur espagnol &lt;br class='autobr' /&gt;
&gt; Site officiel Pablo Picasso &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon a rencontr&#233; Pablo Picasso durant l'&#233;t&#233; 1956 &#224; Antibes gr&#226;ce &#224; Jacques Pr&#233;vert. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Orion aveugle, figure (p. 96-97) une Eau forte n&#176;308 de la s&#233;rie 347 de 1968 aussi intitul&#233;e &#171; Rapha&#235;l et la Fornarina. XIII : Dans son fauteuil, le Pape en tire la langue &#187;&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lexique-.html" rel="directory"&gt;Artistes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Corps-conducteurs-+.html" rel="tag"&gt;Les Corps conducteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Picasso-Pablo-174-+.html" rel="tag"&gt;Picasso, Pablo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Picasso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pablo Ruiz Picasso&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (M&#225;laga, 25 octobre 1881 - Mougins, 8 avril 1973)&lt;br/&gt;
Peintre, dessinateur et sculpteur espagnol&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&gt; &lt;a href=&#034;http://www.picasso.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Site officiel Pablo Picasso&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon a rencontr&#233; Pablo Picasso durant l'&#233;t&#233; 1956 &#224; Antibes gr&#226;ce &#224; Jacques Pr&#233;vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, figure (p. 96-97) une &lt;a href=&#034;https://galerieraphael.com/exhibitions/14/works/artworks_plus_mobile552/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eau forte n&#176;308 de la s&#233;rie 347 de 1968&lt;/a&gt; aussi intitul&#233;e &#171; Rapha&#235;l et la Fornarina. XIII : Dans son fauteuil, le Pape en tire la langue &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orion aveugle (Skira, 1970)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970.html</guid>
		<dc:date>2012-02-20T22:53:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Orion aveugle est publi&#233; en avril 1970 chez Skira, dans la collection &#171; Les Sentiers de la cr&#233;ation &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un texte de Simon, qui sera en grande partie repris dans Les Corps conducteurs (1971) accompagne des photos, des planches et des tableaux de Rauschenberg, Poussin, Dubuffet, Picasso et d'autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le tout est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un dessin et d'une importante pr&#233;face manuscrite en fac-simile dans laquelle Simon reprend l'image du &#171; sentier &#187; pour expliquer comment il &#233;crit ses romans. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Consulter (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Corps-conducteurs-+.html" rel="tag"&gt;Les Corps conducteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/couv_orion_aveugle_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/couv_orion_aveugle_1.jpg?1689774602' width='500' height='650' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; est publi&#233; en avril 1970 chez Skira, dans la collection &#171; Les Sentiers de la cr&#233;ation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte de Simon, qui sera en grande partie repris dans &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-Corps-conducteurs-1971.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (1971) accompagne des photos, des planches et des tableaux de Rauschenberg, Poussin, Dubuffet, Picasso et d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Main-ecrivant-Paris.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dessin&lt;/a&gt; et d'une importante &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Avant-que-je-me-mette-a-tracer-des-signes-sur-le-papier-il-n-y-a-rien.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;face manuscrite&lt;/a&gt; en fac-simile dans laquelle Simon reprend l'image du &#171; sentier &#187; pour expliquer comment il &#233;crit ses romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Orion-aveugle-1970-744.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Consulter la notice r&#233;dig&#233;e par Jo&#235;lle Gleize&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1563 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_preface.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_preface.jpg?1759500494' width='500' height='347' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_amazone_p38_39.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_amazone_p38_39.jpg?1759500491' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p48.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p48.jpg?1759500494' width='500' height='323' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p58.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p58.jpg?1759500494' width='500' height='328' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_zodiaque_p92_93.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_zodiaque_p92_93.jpg?1759500493' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1558 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p106.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p106.jpg?1759500492' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1559 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p114.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/oa_p114.jpg?1759500492' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Claude Simon. &#171; Main &#233;crivant &#187; (Paris)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Main-ecrivant-Paris.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Main-ecrivant-Paris.html</guid>
		<dc:date>2012-02-19T16:11:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Place Monge</dc:subject>
		<dc:subject>Piero della Francesca</dc:subject>
		<dc:subject>Dessin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sans titre. Encre et plume, Paris, 21 x 29 cm.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessin de Claude Simon publi&#233; dans Orion aveugle (Skira, 1970)
&lt;br class='autobr' /&gt;
Coll. part.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-iconographie-.html" rel="directory"&gt;Iconographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Place-Monge-+.html" rel="tag"&gt;Place Monge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Piero-della-Francesca-+.html" rel="tag"&gt;Piero della Francesca&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Dessin-+.html" rel="tag"&gt;Dessin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/dessin_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/dessin_1.jpg?1689773651' width='500' height='656' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sans titre. Encre et plume, Paris, 21 x 29 cm.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessin de Claude Simon publi&#233; dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; (Skira, 1970)&lt;br class='autobr' /&gt;
Coll. part.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dubuffet, Jean</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Dubuffet-Jean.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Dubuffet-Jean.html</guid>
		<dc:date>2012-02-16T06:40:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Dubuffet, Jean</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean Philippe Arthur Vincent Dubuffet (Le Havre, 31 juillet 1901 - Paris, 12 mai 1985) Peintre, sculpteur et plasticien fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dubuffet a correspondu avec Claude Simon entre 1970 (publication d' Orion Aveugle) et 1984 : leur correspondance a &#233;t&#233; publi&#233;e (L'&#201;choppe, 1994). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les Riches fruits de l'erreur &#187; (1963, Fondation Dubuffet, Paris) &#171; Le D&#233;chiffreur &#187; (1977, Mus&#233;e d'Art moderne de Saint-&#201;tienne) &#171; Groupe de quatre arbres &#187; (1972, Chase Manhattan Plaza, New York) &lt;br class='autobr' /&gt;
voir : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lexique-.html" rel="directory"&gt;Artistes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Orion-aveugle-+.html" rel="tag"&gt;Orion aveugle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Dubuffet-Jean-114-+.html" rel="tag"&gt;Dubuffet, Jean&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean Philippe Arthur Vincent &lt;strong&gt;Dubuffet&lt;/strong&gt; (Le Havre, 31 juillet 1901 - Paris, 12 mai 1985)&lt;br/&gt;
Peintre, sculpteur et plasticien fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dubuffet a correspondu avec Claude Simon entre 1970 (publication d' &lt;i&gt;Orion Aveugle&lt;/i&gt;) et 1984 : leur correspondance a &#233;t&#233; publi&#233;e (L'&#201;choppe, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Riches fruits de l'erreur &#187; (1963, Fondation Dubuffet, Paris)&lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.navigart.fr/MAMC-saint-etienne-collections/artwork/jean-dubuffet-le-dechiffreur-240000000001624&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le D&#233;chiffreur &#187;&lt;/a&gt; (1977, Mus&#233;e d'Art moderne de Saint-&#201;tienne)&lt;br/&gt;
&#171; &lt;a href=&#034;https://www.fondationdubuffet.com/oeuvres/248&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Groupe de quatre arbres&lt;/a&gt; &#187; (1972, Chase Manhattan Plaza, New York)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;voir : &lt;a href=&#034;http://www.dubuffetfondation.com/bio_set.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fondation Jean Dubuffet&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
et &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Dubuffet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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