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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Alastair B. Duncan. Le symbole dans l'&#339;uvre de Claude Simon</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Alastair-B-Duncan-Le-symbole-dans-l-oeuvre-de-Claude-Simon.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Alastair-B-Duncan-Le-symbole-dans-l-oeuvre-de-Claude-Simon.html</guid>
		<dc:date>2019-02-24T00:23:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>Analogie</dc:subject>
		<dc:subject>Symbole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Alastair B. Duncan. &#171; Le symbole dans l'&#339;uvre de Claude Simon &#187; Conf&#233;rence &#224; l'Universit&#233; Paris X Nanterre le 4 f&#233;vrier 2019 &lt;br class='autobr' /&gt;
En juillet 1971, lors d'un colloque de Cerisy sur le nouveau roman, Claude Simon a donn&#233; une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;. Pour illustrer la &#171; composition d'ensemble &#187; de ses romans, il cite ce qu'il appelle &#171; l'admirable formulation de Baudelaire &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme de longs &#233;chos qui de loin se confondent Dans une t&#233;n&#233;breuse et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-cours-et-conferences-.html" rel="directory"&gt;Cours et conf&#233;rences &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Analogie-+.html" rel="tag"&gt;Analogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Symbole-+.html" rel="tag"&gt;Symbole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alastair B. Duncan. &#171; Le symbole dans l'&#339;uvre de Claude Simon &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#233;rence &#224; l'Universit&#233; Paris X Nanterre le 4 f&#233;vrier 2019&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L480xH405/img-1-small480-a55a7.jpg?1787689512' width='480' height='405' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1971, lors d'un colloque de Cerisy sur le nouveau roman, Claude Simon a donn&#233; une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;. Pour illustrer la &#171; composition d'ensemble &#187; de ses romans, il cite ce qu'il appelle &#171; l'admirable formulation de Baudelaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouveau roman : hier, aujourd'hui, t. 2 : Pratiques, Jean Ricardou et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Comme de longs &#233;chos qui de loin se confondent&lt;br/&gt;
Dans une t&#233;n&#233;breuse et profonde unit&#233;&lt;br/&gt;
Vaste comme la nuit et comme la clart&#233;&lt;br/&gt;
Les parfums, les couleurs et les sons se r&#233;pondent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais l'analogie avec Baudelaire n'a pas plu &#224; tous. Lors de la discussion qui a suivi la conf&#233;rence, Simon a &#233;t&#233; vivement pris &#224; partie par d'autres participants du colloque. Vous vous souvenez de la premi&#232;re strophe du po&#232;me de Baudelaire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La nature est un temple o&#249; de vivants piliers&lt;br/&gt;
Laissent parfois sortir de confuses paroles.&lt;br/&gt;
L'homme y passe &#224; travers des for&#234;ts de symboles&lt;br/&gt;
Qui l'observent avec des regards familiers.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ce point pr&#233;cis que Georges Raillard r&#233;agit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;il me semble qu'il y avait un gommage du mot symbole que Baudelaire propose. Votre vocabulaire n'est pas celui du symbole et je m'en r&#233;jouis personnellement. Mais j'ai &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; de voir intervenir ce texte de Baudelaire dont pr&#233;cis&#233;ment tout montre la distance que vous prenez par rapport &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alain Robbe-Grillet reprend la balle au bond :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais abonder dans le sens de Raillard : effectivement dans tout ce que dit Baudelaire il y a quelque chose qui nous g&#234;ne terriblement, parce que son id&#233;e de symbole renvoie &#224; une nature, &#224; une essence divine qui serait par-derri&#232;re. Ce qui n'existe pas du tout dans votre travail, Simon. Heureusement.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Puis Simon intervient pour se d&#233;fendre ou plut&#244;t pour s'expliquer : &#171; Oui, je fais subir en quelque sorte &#224; la Nature dont parle Baudelaire un d&#233;placement de sens. Je pense plut&#244;t au langage dont les vivants piliers&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 104.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conf&#233;rence d'aujourd'hui sera dans un premier temps l'explication de ces &#233;changes. Pourquoi ce consensus pour rejeter le symbole ? Que vient faire le langage l&#224;-dedans ? Puis je verrai de plus pr&#232;s la notion de symbole. Enfin je reviendrai sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; pour voir si on y peut y trouver de v&#233;ritables symboles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc cette suspicion collective du symbole ? C'est une question qui n'a pas &#224; nous retenir longtemps. Robbe-Grillet nous met sur la piste. L'id&#233;e du symbole chez Baudelaire, dit-il, &#171; renvoie &#224; une Nature, &#224; une essence divine qui serait par-derri&#232;re &#187;. Dans &lt;i&gt;Pour un nouveau roman&lt;/i&gt;, Robbe-Grillet avait proclam&#233; sa volont&#233; d'&#233;chapper &#171; aux vieux mythes de la profondeur &#187;. &#171; Le monde n'est ni signifiant ni absurde. Il est tout simplement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un nouveau roman, Gallimard, Coll. &#171; Id&#233;es &#187;, 1963, p. 21.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans ses interviews et ses essais Simon a souvent pendant toute sa carri&#232;re signal&#233; son accord avec Robbe-Grillet sur &#171; la non-signification du monde &#187;. Par exemple dans son discours de Stockholm au moment de recevoir le Prix Nobel : &#171; Je n'ai jamais encore, &#224; soixante-douze ans, d&#233;couvert aucun sens &#224; tout cela, si ce n'est comme, comme l'a dit, je crois, Barthes apr&#232;s Shakespeare que &#8216;si le monde signifie quelque chose, c'est qu'il ne signifie rien' &#8211; sauf qu'il est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#338;uvres, Pl&#233;iade, 2006, p, 898.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais le th&#232;me de la non-signification du monde est &#233;galement pr&#233;sent dans les romans, par exemple dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Parmi les mythes de la profondeur serait celui d'un au-del&#224;, d'un r&#233;el au-del&#224; des apparences. Simon l'illustre et le commente dans les descriptions successives d'un cheval : agonisant, &#171; C'&#233;tait comme s'il avait abandonn&#233;, renonc&#233; au spectacle de ce monde pour retourner son regard, le concentrer sur une vision int&#233;rieure plus reposante que l'incessante agitation de la vie, une r&#233;alit&#233; plus r&#233;elle que le r&#233;el &#187; ; mort, &#171; il nous narguait proph&#233;tique fort d'une connaissance d'une exp&#233;rience que nous ne poss&#233;dions pas, du d&#233;cevant secret qu'est la certitude de l'absence de tout secret, de tout myst&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 283 et 382. Minuit &#171; double &#187;, p. 123 et 255.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut pousser l'analyse plus loin. La nature, selon le sonnet de Baudelaire, est une for&#234;t de symboles. Il s'ensuit que le po&#232;te, en d&#233;crivant parfums, couleurs et sons ne les &#233;voque pas pour eux-m&#234;mes mais in&#233;vitablement pour parler de ce r&#233;el qui d&#233;passe les apparences. C'est-&#224;-dire que le symbole, au moins dans l'acception que les nouveaux romanciers attribuent &#224; Baudelaire, instrumentalise le langage. &#192; cet &#233;gard l'hostilit&#233; des nouveaux romanciers au symbole est le pendant de leur hostilit&#233; au roman engag&#233;. Symbole et roman engag&#233; subordonnent le langage du roman &#224; d'autres buts. Le symbole d&#233;signe une r&#233;alit&#233; transcendante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean Mor&#233;as, &#171; Le symbolisme &#187;, Le Figaro, 18 septembre 1886 : &#171; Ainsi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le roman engag&#233; montre des h&#233;ros exemplaires pour promouvoir une action sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour pleinement comprendre l'hostilit&#233; de Simon au symbole, et la nuancer, il faut jeter un regard sur l'&#233;volution de son esth&#233;tique et de sa pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut sommairement y voir trois &#233;tapes. La premi&#232;re correspond &#224; celle que Simon esquisse dans le portrait du brigadier dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. La guerre transforme le jeune homme. Le jeune artiste dilettante d'avant-guerre rejette maintenant les enseignements de l'ing&#233;nieux &#171; professeur de l'acad&#233;mie cubiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, Minuit &#171; double &#187;, p. 171 ; &#338;uvres, t. 2, Alastair B. Duncan, avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il entreprend de &#171; dessiner, copier avec le plus d'exactitude possible, les feuille d'un rameau, un roseau, une touffe d'herbe, des cailloux &#187; (376/1246). Dans cet esprit il prend la plume pour &#233;crire. Mais d&#233;crire une feuille ne fait pas un roman. Il faut une forme, une composition d'ensemble. Simon a mis du temps, le temps de ses quatre premiers livres pour se d&#233;faire des artifices, des &#171; truquages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Simon emploie ce terme dans La Corde Raide lorsqu'il d&#233;nonce des peintres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; du roman conventionnel et pour mettre en pratique sa volont&#233; de copier la nature. La forme qu'il a choisie, en partie h&#233;rit&#233;e de Faulkner, &#233;tait de reconstruire des histoires en restant fid&#232;le &#224; la nature vive mais fragmentaire de la perception et de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; est &#224; la fois le point culminant de cette esth&#233;tique et de cette pratique, tout en annon&#231;ant la prochaine &#233;tape. Georges tente de reconstruire l'histoire de son capitaine tu&#233; devant lui. Il utilise les mots comme des instruments pour capter le r&#233;el. Mais les mots s'av&#232;rent trompeurs. Ils facilitent la cr&#233;ation de fictions. Mais peu &#224; peu trois fictions aux th&#232;mes de d&#233;faite militaire, de passion sexuelle et de suicide se confondent. &#192; la fin Georges doute m&#234;me d'avoir vu le geste iconique de son capitaine, sabre au clair face au tireur embusqu&#233;. &#192; en croire son ami Blum, toute l'entreprise de Georges se r&#233;duit &#224; un gigantesque jeu de mots. Georges a &#233;t&#233; trahi par le prodigieux pouvoir producteur du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est justement &#8211; deuxi&#232;me &#233;tape &#8211; ce prodigieux pouvoir que Simon va exploiter dans les romans qui suivent. L'esth&#233;tique r&#233;aliste c&#232;de la place &#224; une esth&#233;tique du langage. Une esth&#233;tique dont l'h&#233;ritage remonte aux romantiques allemands. Simon cite souvent le &#171; Monologue &#187; de Novalis : &#171; il en va du langage comme des formules math&#233;matiques : (membres de la nature) elles constituent un monde en soi, pour elles seules ; elles jouent entre elles exclusivement, n'expriment rien, si ce n'est leur propre nature merveilleuse, ce qui justement fait qu'elles sont si expressives, que justement en elles se refl&#232;te le jeu &#233;trange des rapports entre les choses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Claude Simon dans &#171; Reflections on the Novel : Claude Simon's (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. D'une part, cette esth&#233;tique consiste &#224; faire confiance aux mots. A accepter leurs propositions &#8211; les multiples associations de leur signifiants et signifi&#233;s &#8211; dans le temps m&#234;me de l'&#233;criture. Simon ne vise plus &#224; reconstruire, mais &#224; construire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; base de la conviction que &#171; la langue &#8216;parle avant nous', parle par ce que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autre part, cette esth&#233;tique vise &#224; produire au niveau de l'ensemble un &#171; syst&#232;me structur&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, Nouveau roman : hier, aujourd'hui, p. 81 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La coh&#233;rence, l'unit&#233; sont dues &#224; la concentration des motifs et de mots, un syst&#232;me d'analogies dont aucun &#233;l&#233;ment ne dispara&#238;t jamais enti&#232;rement mais court &#171; en filigrane&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Art. cit., p. 89/p. 1196.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; dans le texte et dans le souvenir du lecteur. Les mots sont &#171; les vivants piliers &#187; de cette structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique cela menait &#224; des romans o&#249; tout se passait aux prises avec l'&#233;criture. Simon ne faisait pas de plans au pr&#233;alable. La description garde sa place pr&#233;pond&#233;rante. Simon accepte ce que les mots lui proposent. Souvent il inscrit les mots qui lui viennent &#224; l'esprit dans la grande marge qu'il laisse &#224; gauche de ses pages manuscrites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple la page manuscrite dat&#233;e du 28 novembre 1982 et titr&#233;e &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Suit un travail de rassemblement, de focalisation pour atteindre une saturation des images et de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point culminant de cette &#233;tape est &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;, justement le roman sur lequel Simon travaillait lors du colloque de Cerisy en 1972 o&#249; il &#233;tait pris &#224; partie. Comme un peintre, Simon travaille &#224; partir de choses vues : &#171; nature morte, paysage, nu &#187;. Il exploite &#171; vocabulaire, &#8216;figures', tropes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, p. 78/p. 1188.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il manie des images acoustiques qui d&#233;passent le simple mot, par exemple le rythme ou la cadence de la phrase. Il produit enfin des fictions : une noyade, une noce qui tourne mal, une histoire de drogues. En se combinant, ces &#233;l&#233;ments vont mutuellement se nourrir et s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#339;uvre ne s'arr&#234;te pas &#224; ce moment-l&#224;. La troisi&#232;me &#233;tape est celle d'une synth&#232;se. Sans se d&#233;partir des principes de son esth&#233;tique et de l'importance de la description, Simon revient aux personnages, aux histoires, &#224; l'Histoire. La clef de cette &#233;tape est donn&#233;e dans un entretien avec Lucien D&#228;llenbach. Simon lui dit. &#171; Tu sais comme moi que le statut de la langue est fondamentalement ambigu : elle est toujours &#224; la fois et qu'on le veuille ou non, v&#233;hicule et structure. Seul le dosage varie. Mais quelles que soient les proportions (par exemple un po&#232;me de Mallarm&#233; ou un arr&#234;t&#233; municipal), cette dualit&#233; ne dispara&#238;t jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, dans &#171; Attaques et stimuli (entretien in&#233;dit) &#187;, avec L. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon accepte que le langage, y compris le langage du roman, n'est pas seulement intransitif ou po&#233;tique, mais &#233;galement instrumental. Il a des fonctions r&#233;f&#233;rentielles, communicatives, expressives. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet entretien a lieu en 1988 au moment o&#249; Simon travaille ou finit de travailler sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Il est &#233;vident que dans ce roman les mots ne font pas que jouer entre eux. Ils parlent de quelque chose. De son p&#232;re, de sa m&#232;re, de leurs familles, de sa propre exp&#233;rience de la guerre. Il se la rappelle au moment o&#249; il est &#171; &#224; peu pr&#232;s redevenu [&#8230;] un homme capable d'accorder (ou d'imaginer) quelque pouvoir &#224; la parole, quelque int&#233;r&#234;t pour les autres et lui-m&#234;me &#224; un r&#233;cit, &#224; essayer avec des mots de faire exister l'indicible &#187; (348/1227).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc plus pr&#233;cis&#233;ment au symbole. Il est &#233;vident que ni la premi&#232;re &#233;tape &#8211; l'&#233;tape r&#233;aliste - ni la derni&#232;re &#233;tape de l'esth&#233;tique de Simon n'excluent a priori l'existence dans son &#339;uvre de symboles. Et de fait, on trouve le mot et le concept de symbole dans les romans du d&#233;but des ann&#233;es 60 et dans ceux des ann&#233;es 80. Le mot revient huit fois dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, sept fois dans les G&#233;orgiques, cinq fois dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Par exemple, le personnage Corinne dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; et d&#233;crit comme &#171; non pas une femme mais l'id&#233;e m&#234;me, le symbole de toute femme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#338;uvres, p. 219 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 39.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; l'officier qui passe &#224; cheval devant la colonne des cavaliers n'est : &#171; Pas un homme : une entit&#233;, un symbole, l'incarnation enfin visible [&#8230;] la d&#233;l&#233;gation mat&#233;rialis&#233;e de cette toute-puissance occulte et sans visage dans laquelle ils englobaient p&#234;le-m&#234;le g&#233;n&#233;raux, politiciens, &#233;ditorialistes &#187; (36/1027). Ces exemples appellent une premi&#232;re remarque. Ils confirment une caract&#233;ristique constante de l'&#339;uvre de Simon. Simon ne s'int&#233;resse pas simplement au particulier, au concret, mais aussi, &#224; travers le particulier, au g&#233;n&#233;ral. Ne pas donner des noms aux personnages de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; est certes une fa&#231;on de mettre l'autobiographique &#224; distance. Mais c'est &#233;galement une fa&#231;on de g&#233;n&#233;raliser. Le &#171; brigadier &#187; n'est pas simplement un brigadier. C'est un soldat parmi des milliers d'autres, les mobilis&#233;s qui partent dans le train avec lui, mais ce train est &#233;galement repr&#233;sentatif de &#171; tous les trains de la vieille Europe emplis de chairs juv&#233;niles &#187; (177/1117). L'exp&#233;rience du p&#232;re est explicitement pr&#233;sent&#233;e comme exemple : &#171; Parmi ceux qui tomb&#232;rent dans le combat du 27 ao&#251;t se trouvait un capitaine &#187; (61/1043).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me remarque s'impose. Cet usage du symbole pour g&#233;n&#233;raliser &#224; partir d'un exemple est inoffensif par rapport aux critiques faites par Raillard et Robbe-Grillet. Ces symboles &#8211; Corinne en symbole de toute femme, l'officier en symbole de la toute-puissance occulte &#8211; n'impliquent aucune transcendance. Les g&#233;n&#233;ralisations restent sur terre. Cela est encore plus vrai d'autres usages du mot symbole chez Simon Quand par exemple il parle de &#171; symboles de corps chimiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les G&#233;orgiques, &#338;uvres, t. 2, p. 877 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 352.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ou de &#171; symboles num&#233;riques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire, &#338;uvres, t. 2, p. 189 ; Minuit &#171; double &#187;, p.74.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ou quand il utilise le mot pour parler m&#233;taphoriquement d'un fragment : &#171; de fantomatiques silhouettes occup&#233;es &#224; chercher dans les d&#233;combres de quoi recouvrir d'un symbole de toit les pans de murs encore debout &#187; (73/1051).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre recherche ne se termine pas ici. Il y a maintes d&#233;finitions du symbole. C'est presque certainement pour cette raison que le terme est surutilis&#233; par la critique. La d&#233;finition du mot en ce qui concerne la litt&#233;rature a &#233;t&#233; la plus finement d&#233;velopp&#233;e par les romantiques allemands. Ils ont distingu&#233; utilement entre symbole et all&#233;gorie. Symbole et all&#233;gorie ont en commun de repr&#233;senter ou de d&#233;signer. On passe du concret &#224; l'id&#233;e, du particulier au g&#233;n&#233;ral ou &#224; l'universel. Mais ils le font de fa&#231;on diff&#233;rente. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Th&#233;ories du symbole&lt;/i&gt; Todorov a &#233;lucid&#233; cette diff&#233;rence selon la pens&#233;e allemande du d&#233;but du 19e si&#232;cle : &#171; L'all&#233;gorie signifie directement, c'est-&#224;-dire que sa face sensible n'a aucune autre raison d'&#234;tre que de transmettre un sens. Le symbole ne signifie qu'indirectement, de mani&#232;re secondaire : il est l&#224; d'abord pour lui-m&#234;me, ce n'est que dans un deuxi&#232;me temps que l'on d&#233;couvre aussi ce qu'il signifie. &#187; Autrement dit, dans une all&#233;gorie, la langue est en quelque sorte transparente. Seule la signification importe. Le sens est donn&#233;, tout de suite visible. Le symbole, lui, exige un travail de lecture. Je cite encore Todorov &#224; propos du symbole : &#171; il y a comme une surprise due &#224; une illusion : on croyait que la chose &#233;tait simplement pour elle-m&#234;me ; puis on d&#233;couvre qu'elle a aussi un sens secondaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tzvetan Todorov, Th&#233;ories du symbole, Seuil, 1977, p. 237-238.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le symbole, dans une belle formulation de Goethe, &#171; C'est la chose, sans &#234;tre la chose, et quand m&#234;me la chose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 239.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Un roman de Beckett se termine par une phrase devenue c&#233;l&#232;bre : &#171; no symbols where none intended&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Watt, Calder &#171; Jupiter Book &#187;, London, 1963, p. 255, [&#233;dition originale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On pourrait traduire : &#171; Aucun symbole o&#249; l'intention manque &#187;. Le sens premier de cette phrase est certainement de d&#233;courager la chasse aux symboles. Mais l'intention de l'auteur ne compte pas pour tout. Le symbole d&#233;pend de la perception du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons donc sans complexes &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#224; la recherche de symboles. Je vais vous proposer trois passages o&#249;, suivant les &#233;l&#233;ments de d&#233;finition que je viens de donner, on pourrait parler de symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est ce petit passage &#224; la fin du premier chapitre. La veuve, accompagn&#233;e par ses deux belles-s&#339;urs et le gar&#231;on, cherche la tombe de son mari. Ils arrivent enfin &#224; un cimeti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Elle s'avan&#231;a jusqu'&#224; l'inscription, la lut, recula jusqu'&#224; l'endroit o&#249; devaient approximativement se trouver les pieds des morts, fl&#233;chit les genoux puis se releva, fouilla dans son sac, en sortit un mouchoir qu'elle &#233;tala sur le sol, s'agenouilla alors, fit s'agenouiller le gar&#231;on &#224; c&#244;t&#233; d'elle, se signa, et abaissant la t&#234;te se tint immobile, les l&#232;vres remuant faiblement sous le voile ent&#233;n&#233;br&#233;. Quelque part dans les feuillages encore mouill&#233;s &#233;tincelant dans le soleil, un oiseau lan&#231;ait son cri. Il n'y avait personne d'autre dans le cimeti&#232;re que les trois femmes et l'enfant, c'est-&#224;-dire la veuve et le gar&#231;on agenouill&#233;s et, un peu en arri&#232;re, les deux autres femmes debout, tenant &#224; la main leurs sacs et leurs parapluies referm&#233;s, immobiles, les l&#232;vres immobiles dans leurs immobiles visages ravin&#233;s, leurs yeux soulign&#233;s de poches, bord&#233;s de rose, couleur de fa&#239;ence et taris (25-26/1249).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne est d&#233;crite avec pr&#233;cision, sans commentaire. Selon le mot de Goethe : nous n'avons que &#171; la chose &#187;. Cela n'est pas tout &#224; fait vrai, car une part de la signification de cette sc&#232;ne a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; donn&#233;e. Le lecteur sait que dans ce cimeti&#232;re reposent &#171; les corps de deux officiers fran&#231;ais non identifi&#233;s &#187; (25) La veuve ne trouve pas son mari mais simplement &#171; quelque chose qu'elle pouvait consid&#233;rer [&#8230;] comme pouvant mettre fin &#187; &#224; sa recherche (24-25). Mais la sc&#232;ne devient symbolique parce que le lecteur, au moins ce lecteur, &#224; la r&#233;flexion, comprend autre chose. Une id&#233;e g&#233;n&#233;rale qui se d&#233;gage de cette sc&#232;ne est celle qui parcourt l'&#339;uvre de Simon et qui ressurgit, avec une certaine ambigu&#239;t&#233;, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. La v&#233;rit&#233; historique est hors de port&#233;e. On ne pourra se fier aux r&#233;cits de la mort du capitaine, gauchis par la volont&#233; d'&#233;pargner la veuve ou par des images st&#233;r&#233;otyp&#233;es de mort glorieuse. Et au-del&#224; des r&#233;cits la capacit&#233; de la langue est mise en doute : le brigadier se rend compte que sa premi&#232;re tentative de raconter sa fuite apr&#232;s le massacre de l'escadron &#8211; celle, peut-on penser, de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#8211; a &#233;chou&#233; parce que &#171; l'informe, l'invert&#233;br&#233; &#187; de l'exp&#233;rience &#187; ont &#233;t&#233; trahis &#171; par un usage &#233;tabli de sons et de signes convenus &#187;. En v&#233;rit&#233; cela n'avait &#171; ni formes d&#233;finies, ni noms, ni adjectifs, ni sujets, ni compl&#233;ments, ni ponctuation (en tout cas pas de points) (286/1187) &#187;. Cette tentative renouvel&#233;e au dixi&#232;me chapitre de &lt;i&gt;l'Acacia&lt;/i&gt; sera &#233;crite sans points &#224; part celui de la fin, mais n'&#233;chappe pas aux noms, aux adjectifs et &#224; d'autres signes de ponctuation. Les points sont remplac&#233;s par un usage peu conventionnel des deux points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut aller plus loin. Cette sc&#232;ne est susceptible d'autres interpr&#233;tations g&#233;n&#233;rales. Elle figure les rapports de famille qui seront d&#233;velopp&#233;s dans le roman. &#192; travers sa m&#232;re, le gar&#231;on est soumis &#224; l'autorit&#233; de son p&#232;re et aux rites de la foi. Les deux s&#339;urs se tiennent &#171; un peu &#224; l'arri&#232;re &#187;, peut-&#234;tre, dira-t-on, en marque de respect pour la veuve, mais certainement, comme le lecteur va bient&#244;t le d&#233;couvrir, parce qu'elles sont tout &#224; fait hostiles &#224; la religion. Cette sc&#232;ne pr&#233;figure le parcours du gar&#231;on. Il va se lib&#233;rer de l'emprise de la m&#232;re, du p&#232;re et de la religion en s'identifiant avec l'autre branche de la famille repr&#233;sent&#233;e par les deux s&#339;urs. Et pourtant, d'un autre c&#244;t&#233;, je vois une ressemblance entre la m&#232;re et le fils. La veuve ne trouve pas le corps de son mari : la v&#233;rit&#233; historique lui &#233;chappe. Mais par un acte volontaire elle construit cette sc&#232;ne d'hommage au mort. Le fils n'a jamais connu son p&#232;re. Sa vie, sa mort lui sont totalement inconnues. Il cherche les t&#233;moignages incertains de ses vieilles cousines. Mais &#224; partir de cette ignorance, Simon construit une version fictive de son p&#232;re, une mise en sc&#232;ne aussi parfaite que celle mont&#233;e par la veuve devant la tombe d'un officier non identifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe &#224; mon deuxi&#232;me exemple, soit les derni&#232;res lignes du roman :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un soir il s'assit &#224; sa table devant une feuille de papier blanc. C'&#233;tait le printemps maintenant. La fen&#234;tre de la chambre &#233;tait ouverte sur la nuit ti&#232;de. L'une des branches du grand acacia qui poussait dans le jardin touchait presque le mur, et il pouvait voir les plus proches rameaux &#233;clair&#233;s par la lampe, avec leurs feuilles semblables &#224; des plumes palpitant faiblement sur le fond de t&#233;n&#232;bres, les folioles ovales teint&#233;es d'un vert cru par la lumi&#232;re &#233;lectrique remuant par moments comme des aigrettes, comme anim&#233;es soudain d'un mouvement propre, comme si l'arbre tout entier se r&#233;veillait, s'&#233;brouait, se secouait, apr&#232;s quoi tout s'apaisait et elles reprenaient leur immobilit&#233; (380/1249).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour le lecteur exp&#233;riment&#233; de l'&#339;uvre de Simon, ce passage est en partie familier : c'est la reprise, partielle et retravaill&#233;e, du premier paragraphe d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;. Non sans humour, Simon fait un clin d'&#339;il &#224; ses lecteurs. Oui, mes amis, le brigadier, le touriste bourgeois, le faux peintre cubiste, le rescap&#233; du stalag ne font qu'un avec l'auteur d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; et, par extension, de tous les autres romans de Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas cette reprise, tout &#224; fait invisible aux nouveaux lecteurs, qui rend ce passage symbolique. Ni m&#234;me le rapport tr&#232;s &#233;vident entre le &#171; grand acacia &#187; et le titre du roman, titre choisi &#224; la derni&#232;re minute pour remplacer celui provisoire de &#171; &lt;i&gt;Lion Noir&lt;/i&gt; &#187;. Simon a pr&#233;f&#233;r&#233; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#171; &#224; la fois po&#233;tique et charg&#233; de sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour la correspondance entre Simon et J&#233;r&#244;me Lindon sur le choix du titre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce passage devient symbole en ce qu'il g&#233;n&#233;ralise l'esth&#233;tique de Simon. La feuille m&#233;taphorique de la page blanche produit les feuilles litt&#233;rales de l'arbre ; par une s&#233;rie de comparaisons les feuilles de l'acacia se transforment en oiseaux. Le passage illustre ainsi le pouvoir prodigieux des mots. Allant un peu plus loin, je dirais que la lumi&#232;re &#233;lectrique, cr&#233;&#233;e par l'homme, d&#233;signe le pouvoir de l'&#233;crivain qui ma&#238;trise les mots pour nous faire voir l'arbre et les histoires qui s'y rattachent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon dernier exemple concerne le passage qui d&#233;crit la remise de la L&#233;gion d'honneur au r&#233;giment du p&#232;re, description que l'on pourrait qualifier de r&#233;aliste sur fond &#233;pique. La c&#233;r&#233;monie a lieu dans le vent, sous la pluie. Cela rejoint un th&#232;me omnipr&#233;sent d&#232;s le d&#233;but du roman : la guerre se pr&#233;sente comme un d&#233;sastre naturel. Vous vous souvenez de la &#171; rivi&#232;re &#224; l'eau grise &#187; qui &#171; drainait les retomb&#233;es de quelque pluie de cendres, de quelque cataclysme d&#233;finitif et total &#187; (14-15/1013). Tr&#232;s souvent il ne s'agit pas simplement d'une catastrophe naturelle mais d'une mal&#233;diction. Cette mal&#233;diction a un nom : c'est l'Histoire, qu'elle se personnifie dans un &#171; ogre &#187;, en l'occurrence Napol&#233;on (70/1049), ou dans la femelle de l'esp&#232;ce &#171; en train de les d&#233;vorer tout vivants et p&#234;le-m&#234;le, chevaux et cavaliers [&#8230;] peu &#224; peu assimil&#233;s et rejet&#233;s &#224; la fin par son anus rid&#233; de vieille ogresse sous forme d'excr&#233;ments &#187; (242-43/1159-60). Cette id&#233;e &#8211; l'Histoire en tant que mal&#233;diction &#8211; et presque toujours att&#233;nu&#233;e par un &#171; comme si &#187; ou un &#171; comme &#187;. Mais elle reste fortement ancr&#233;e dans le souvenir du lecteur. Et elle parcourt toute cette c&#233;r&#233;monie sous la pluie. D'une part on trouve les g&#233;n&#233;raux &#171; semblables &#224; quelques seigneurs de la guerre, barbares, sortis tout droit des profondeurs de l'Histoire &#187; ; au-dessus de ce groupe la statue de bronze, figure all&#233;gorique qui incarne les valeurs guerri&#232;res de cette caste, son &#233;p&#233;e &#233;lev&#233;e vers le ciel &#171; dans une attitude d'&#233;lan, d'enthousiasme et d'immortalit&#233; &#187;. Ensuite &#171; la forme massive du g&#233;n&#233;ral commandant &#187; compl&#232;te la panoplie de ceux qui apportent le malheur (58/1041). D'autre part on trouve les victimes, autant de la guerre que des &#233;l&#233;ments, qui s'incarnent dans le porte-drapeau : &#171; sous-officier d'aspect malingre, tout petit et solitaire (58-59/1041) &#187;. J'attire surtout votre attention sur le petit arbre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le vent qui continuait &#224; faire claquer les drapeaux agitait par saccades un petit arbre isol&#233;, pouss&#233; l&#224; sans raison (ou peut-&#234;tre r&#233;cemment plant&#233; &#8212; ce qui expliquait qu'on ne l'e&#251;t pas ras&#233; pour la c&#233;r&#233;monie &#8212; par quelque comit&#233; patriotique), &#224; peine plus haut qu'un homme, comme on en voit dans les p&#233;pini&#232;res ou bordant les terrains vagues, d&#233;pouill&#233; par l'automne, termin&#233; par une maigre fourche, comme dessin&#233; d'un trait de plume tremblot&#233;, pareil &#224; une l&#233;zarde, une fissure dans le ciel pluvieux (58/1041)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de cet arbre est, si l'on veut, un petit fait vrai, un d&#233;tail banal qui ajoute au r&#233;alisme de la sc&#232;ne. &#171; Plant&#233; par quelque comit&#233; patriotique &#187;, l'arbre rappelle que nous nous trouvons par d&#233;rision sur le plateau de Valmy : il est la fr&#234;le contrepartie de la statue qui comm&#233;more la glorieuse victoire des arm&#233;es r&#233;volutionnaires. Car on ne peut que remarquer sa ressemblance avec le portrait du sous-officier : l'arbre est &#171; petit &#187;, &#171; isol&#233; &#187;, &#171; &#224; peine plus haut qu'un homme &#187;. Sa &#171; maigre fourche &#187; rappellera pour certains le roi Lear de Shakespeare qui qualifie l'homme de &#171; pauvre animal nu, fourchu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La trag&#233;die du Roi Lear, acte 3, sc&#232;ne 4.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Enfin, un dernier d&#233;tail me retient. Cet arbre est &#171; pareil &#224; une l&#233;zarde, une fissure dans le ciel pluvieux &#187;. Ouvrirait-il tant soit peu sur autre chose : cet au-del&#224;, &#171; cette r&#233;alit&#233; plus r&#233;elle que le r&#233;el &#187; aper&#231;ue par le cheval mourant ? Il y a, me semble-t-il, chez Simon la nostalgie d'un au-del&#224;. La mal&#233;diction de l'Histoire est la forme en creux de la Providence, vision positive de l'Histoire, telle que Simon, jeune, en a re&#231;u l'enseignement au Coll&#232;ge Stanislas. Le petit arbre serait le symbole de l'homme en proie &#224; cette mal&#233;diction mais aspirant &#224; une transcendance heureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le symbole, selon Goethe &#171; c'est la chose, sans &#234;tre la chose, et quand m&#234;me la chose &#187;. En ce qui concerne l'arbre, nous sommes pass&#233;s de la premi&#232;re &#224; la seconde partie de cette d&#233;finition : l'arbre est d&#233;crit dans le d&#233;tail, nous l'avons reconnu comme symbole. Mais Simon n'a pas invent&#233; cet arbre. Il l'a trouv&#233; sur une photo de la c&#233;r&#233;monie de l'honneur conf&#233;r&#233; au r&#233;giment dans lequel servait son p&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Photographie tir&#233;e du fascicule Le 24e de marine 1902-1980, p. 15, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour le lecteur qui apprend sur le tard l'existence de cette photo l'arbre reste &#171; quand m&#234;me la chose &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alastair B. Duncan&lt;br class='autobr' /&gt;
Universit&#233; de Stirling&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;vrier 2019&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouveau roman : hier, aujourd'hui, t. 2 : Pratiques, Jean Ricardou et Fran&#231;oise van Rossum-Guyon (dir.), U.G.E. coll. &#171; 10/18 &#187;, 1972, p. 84. Repris dans &lt;i&gt;Claude Simon, &#338;uvres&lt;/i&gt;, Alastair B. Duncan avec la collaboration de Jean H. Duffy (dir.), Bibl. de la Pl&#233;iade, 2006, p. 1193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Pour un nouveau roman&lt;/i&gt;, Gallimard, Coll. &#171; Id&#233;es &#187;, 1963, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Pl&#233;iade, 2006, p, 898.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 283 et 382. Minuit &#171; double &#187;, p. 123 et 255.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean Mor&#233;as, &#171; Le symbolisme &#187;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 18 septembre 1886 : &#171; Ainsi, dans cet art, les tableaux de la nature, les actions des humains, tous les ph&#233;nom&#232;nes concrets ne sauraient se manifester eux-m&#234;mes ; ce sont l&#224; des apparences sensibles destin&#233;es &#224; repr&#233;senter leurs affinit&#233;s &#233;sot&#233;riques avec des Id&#233;es primordiales. [&#8230;] &#187;. Cit&#233; par &lt;a href=&#034;http://www.berlol.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patrick Rebollar&lt;/a&gt;. Le symbolisme en tant que mouvement litt&#233;raire nourrit la suspicion du symbole de la part des litt&#233;raires francophones.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Minuit &#171; double &#187;, p. 171 ; &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, t. 2, Alastair B. Duncan, avec David Zemmour et B&#233;r&#233;nice Bonhomme (dir), Bibli. de la Pl&#233;iade, 2013, p. 1113. Les r&#233;f&#233;rences &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; seront d&#233;sormais incorpor&#233;es dans le texte. On donnera la pagination dans Minuit &#171; double &#187; et dans la Pl&#233;iade.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Simon emploie ce terme dans &lt;i&gt;La Corde Raide&lt;/i&gt; lorsqu'il d&#233;nonce des peintres qui n'expriment &#171; qu'une vision id&#233;ale du monde, volontairement limit&#233;e et arbitraire, chacune de ses visions &#233;tant bas&#233;e sur une conception, ou plut&#244;t une morale de l'univers visible, ou m&#234;me, ce qui est plus grave pour des peintres, une morale tout court &#187;, Minuit, 1947, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Claude Simon dans &#171; Reflections on the Novel : Claude Simon's address to the colloquium on the new novel &#187;, New York University, October 1982. Traduction Anthony Cheal Pugh, &lt;i&gt;The Review of Contemporary Fiction&lt;/i&gt;, t. 5, no. 1, 1985, p. 22. Citation du tapuscrit de Claude Simon, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; base de la conviction que &#171; la langue &#8216;parle avant nous', parle par ce que l'on appelle ses &#8216;figures', ses tropes (m&#233;taphores, m&#233;tonymie) et par sa dynamique propre (quelquefois de seuls effets phon&#233;tiques), suscitant elle-m&#234;me des rapprochements, des associations et des transports &#187;. &lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt; p. 20. Tapuscrit de Simon, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, &lt;i&gt;Nouveau roman : hier, aujourd'hui&lt;/i&gt;, p. 81 ; Pl&#233;iade, p. 1190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt;, p. 89/p. 1196.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple la page manuscrite dat&#233;e du 28 novembre 1982 et titr&#233;e &#171; Compl&#233;ment d'information &#187;, titre provisoire de ce qui sera &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Fonds Simon de la Biblioth&#232;que litt&#233;raire Jacques Doucet. Reproduite en ligne dans les &#171; Mat&#233;riaux d'&#233;criture &#187; des &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;&#171; Relire L'Acacia &#187;&lt;/i&gt;, 2016. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/421&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ccs/421&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, p. 78/p. 1188.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, dans &#171; Attaques et stimuli (entretien in&#233;dit) &#187;, avec L. D&#228;llenbach, dans &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt;, Seuil, coll. &#171; Les contemporains &#187;, 1988, p. 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, p. 219 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques, &#338;uvres&lt;/i&gt;, t. 2, p. 877 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 352.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire, &#338;uvres&lt;/i&gt;, t. 2, p. 189 ; Minuit &#171; double &#187;, p.74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tzvetan Todorov, &lt;i&gt;Th&#233;ories du symbole&lt;/i&gt;, Seuil, 1977, p. 237-238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 239.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Watt&lt;/i&gt;, Calder &#171; Jupiter Book &#187;, London, 1963, p. 255, [&#233;dition originale, Olympia Press, Paris, 1953].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour la correspondance entre Simon et J&#233;r&#244;me Lindon sur le choix du titre, voir la notice sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Pl&#233;iade, t. 2, p. 1573-74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La trag&#233;die du Roi Lear&lt;/i&gt;, acte 3, sc&#232;ne 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Photographie tir&#233;e du fascicule Le 24e de marine 1902-1980, p. 15, reproduite dans les &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;&#171; Relire L'Acacia &#187;&lt;/i&gt;, 2016, p. 307. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/421&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ccs/421&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Duncan, Alastair B. Quelques images-stimuli de L'Acacia</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Quelques-images-stimuli-de-L-Acacia.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Quelques-images-stimuli-de-L-Acacia.html</guid>
		<dc:date>2017-12-11T02:06:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>Image</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voir aussi : &#171; L'Acacia de Claude Simon : roman &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; &#187;. Vox Poetica, 2017&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-l-acacia-agregation-2018-.html" rel="directory"&gt;Concours&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Image-+.html" rel="tag"&gt;Image&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voir aussi : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-L-Acacia-de-Claude-Simon-roman-a-base-de-vecu-2017.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; L'Acacia de Claude Simon : roman &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; &#187;&lt;/a&gt;. Vox Poetica, 2017&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/stimulis1.jpg?1512957522' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_899 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/stimulis2.jpg?1512957543' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_900 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Duncan, Alastair B. L'Acacia de Claude Simon : roman &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187; (2017)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-L-Acacia-de-Claude-Simon-roman-a-base-de-vecu-2017.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-L-Acacia-de-Claude-Simon-roman-a-base-de-vecu-2017.html</guid>
		<dc:date>2017-12-10T01:10:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>Autobiographie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Alastair B. Duncan. &#171; L'Acacia de Claude Simon : roman &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; &#187;. Vox Poetica, 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Au premier paragraphe de L'Acacia une femme, une veuve &#171; scrute avidement des yeux &#187; un paysage d&#233;vast&#233;. On peut y voir une image de l'&#233;crivain Claude Simon, qui, en deuil, scrute avec avidit&#233; le monde mat&#233;riel &#224; la recherche d'un sens qui reste toujours hors de port&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans deux s&#233;ries de r&#233;cits en alternance, L'Acacia d&#233;veloppe une vision compr&#233;hensive de cette absence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Autobiographie-+.html" rel="tag"&gt;Autobiographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alastair B. Duncan. &#171; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon : roman &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; &#187;. &lt;i&gt;Vox Poetica&lt;/i&gt;, 2017&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au premier paragraphe de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; une femme, une veuve &#171; scrute avidement des yeux &#187; un paysage d&#233;vast&#233;. On peut y voir une image de l'&#233;crivain Claude Simon, qui, en deuil, scrute avec avidit&#233; le monde mat&#233;riel &#224; la recherche d'un sens qui reste toujours hors de port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans deux s&#233;ries de r&#233;cits en alternance, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; d&#233;veloppe une vision compr&#233;hensive de cette absence de sens. Les champs d&#233;vast&#233;s par la premi&#232;re guerre mondiale signalent la faillite des id&#233;ologies repr&#233;sent&#233;es dans les deux familles contrast&#233;es du personnage principal : d'une part, la croyance au progr&#232;s incarn&#233;e dans la famille du p&#232;re, et surtout dans ses deux s&#339;urs, institutrices imbues de l'optimisme la&#239;que et r&#233;publicaine de la troisi&#232;me r&#233;publique ; d'autre part, la foi chr&#233;tienne, l'assurance sociale de la haute bourgeoise, le code aristocratique de la caste des officiers repr&#233;sent&#233;s dans la famille de la m&#232;re. Gr&#226;ce &#224; ses propres efforts et aux sacrifices de ses s&#339;urs institutrices, le mari de la veuve a pu rejoindre cette classe et cette caste. Il en a adopt&#233; les valeurs. Mais cette preuve de la possibilit&#233; de promotion sociale se trouve an&#233;antie par sa mort parmi des milliers d'autres. L'homme qui a ravi &#171; l'inaccessible princesse &#187; va &#171; s'en aller quelque part au coin d'un bois ou d'un champ de betteraves &#224; la rencontre d'un morceau de m&#233;tal &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, Minuit &#171; double &#187;, p. 127 et 209-210. Les r&#233;f&#233;rences aux romans de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fils, priv&#233; de p&#232;re, subit bient&#244;t d'autres morts, surtout celle de sa m&#232;re. Il ne partage ni les certitudes bourgeoises de sa classe d'origine, ni l'espoir du marxisme qu'il va voir en Union sovi&#233;tique. Il se sent oisif et hypocrite, porteur de d&#233;guisement successifs : en &#233;colier pupille de la nation, en apprenti peintre cubiste, en anarchiste. La guerre de quarante lui fait vivre dans sa chair ce qui n'&#233;tait que d&#233;ceptions intellectuelles. Le 17 mai 40 son escadron tombe dans une embuscade. Il passe pr&#232;s de la mort. Quand il revient &#224; lui, il agit instinctivement ; il fuit comme une b&#234;te, un singe, un rat. Cette d&#233;couverte d'une vie &#233;l&#233;mentaire se fait d&#233;j&#224; au moment o&#249; il regagne conscience : &#171; apparaissent de vagues taches ind&#233;cises qui se brouillent, s'effacent, puis r&#233;apparaissent de nouveau, puis se pr&#233;cisent : des triangles, des polygones, des cailloux, de menus brins d'herbe, l'empierrement du chemin o&#249; il se tient maintenant &#224; quatre pattes, comme un chien &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 90). Plus tard, il vise l'&#233;l&#233;mentaire quand, &#233;chapp&#233; &#224; la guerre, rentr&#233; chez lui, il se remet &#224; dessiner : &#171; copier avec le plus d'exactitude possible, les feuilles d'un rameau, un roseau, une touffe d'herbe, des cailloux, ne n&#233;gligeant aucun d&#233;tail, aucune nervure, aucune dentelure, aucune strie, aucune cassure &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 376).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; en 1989, r&#233;trospectivement, Simon pr&#233;sente le point de d&#233;part de son &#339;uvre. On peut trouver paradoxal qu'un &#233;crivain qui commence en voulant copier des formes &#233;l&#233;mentaires du r&#233;el devienne l'auteur de romans complexes, innovateurs, peu respectueux des formes du roman r&#233;aliste. Mais &#233;l&#233;mentaire ne veut pas dire simple. Rentr&#233; chez lui, le brigadier de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; ach&#232;te &#171; les quinze ou vingt tomes de &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; reli&#233; d'un maroquin brun rouge qu'il lut patiemment, sans plaisir &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 379). Sans plaisir, car cette &#339;uvre &#224; venir ne pouvait se satisfaire de formes convenues. Dans ses &#233;crits sur le roman, Simon d&#233;nonce &#224; r&#233;p&#233;tition l'ordre factice de la chronologie, de l'intrigue, de la suite pr&#233;tendue logique d'&#233;v&#233;nements qui ne sont en fait que des co&#239;ncidences en s&#233;rie. Dans ses romans il cherche une autre logique, une autre coh&#233;rence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Claude Simon &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, dans Nouveau Roman : hier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les solutions sont variables, tentatives successives d'&#233;tablir un ordre pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les premiers ouvrages publi&#233;s de Simon, du &lt;i&gt;Tricheur&lt;/i&gt; en 1946 jusque au &lt;i&gt;Sacre du printemps&lt;/i&gt; en 1954, &#233;taient de facture tr&#232;s diverse. Simon les a reni&#233;s ; selon sa volont&#233;, ils ne figurent pas dans l'&#233;dition de la Pl&#233;iade. Avec &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt; en 1957 s'ouvre une nouvelle &#233;tape. Pour la premi&#232;re fois la d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des normes narratives du roman r&#233;aliste investit pleinement le livre. Le roman se pr&#233;sente comme une tentative de restitution du pass&#233; &#224; partir de t&#233;moignages plus ou moins fiable, &#171; de paroles, elles-m&#234;mes mal saisies, de sensations, elles-m&#234;mes mal d&#233;finies, et tout cela plein de trous, de vides &#187; (&lt;i&gt;V&lt;/i&gt;, 3). Les romans suivants &#8211; de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; en 1958 et jusqu'&#224; &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; en 1969 &#8211; exploitent de mani&#232;re vari&#233;e cette m&#234;me forme. Simon l'a en partie h&#233;rit&#233;e de Faulkner, surtout d'&lt;i&gt;Absalon, Absalon !&lt;/i&gt; Faulkner lui a &#233;galement lib&#233;r&#233; du carcan de la phrase fran&#231;aise bien faite. La phrase de Simon d&#233;sormais avance en t&#226;tonnant, accumule m&#233;taphores et comparaisons, emploie le participe pr&#233;sent pour faire image, se laisse interrompre par des parenth&#232;ses ou d&#233;vier par des associations d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec la troisi&#232;me partie de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; commence une nouvelle &#233;tape. La restitution du pass&#233;, m&#234;me probl&#233;matique, est remise en question : &#171; je ne pense plus qu'on puisse &#8220;reconstituer&#8221; quoi que ce soit. Ce que l'on constitue, c'est un texte, et ce texte ne correspond qu'&#224; une seule chose : &#224; ce qui se passe en l'&#233;crivain au moment o&#249; il &#233;crit. On ne d&#233;crit pas des choses qui pr&#233;existent &#224; l'&#233;criture, mais ce qui se passe [quand on est] aux prises avec l'&#233;criture &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Interview avec Claude Simon &#187;, avec Bettina L. Knapp, Kentucky Romance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette citation indique &#233;galement ce qui remplace les histoires reconstitu&#233;es par des consciences rem&#233;morantes. La description et le pr&#233;sent de l'indicatif ont d&#233;sormais la priorit&#233; sur la narration. &#171; Je crois qu'on peut aller &#224; tout en commen&#231;ant par la description d'un crayon &#187;, disait Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Claude Simon : &#171; Le roman se fait, je le fais, et il me fait &#187;, entretien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans un premier temps, Simon se laisse porter par les mots, par les associations qu'ils &#233;voquent. C'est le d&#233;fi m&#234;me qu'il se donne dans &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; en 1976 : faire sortir tout un roman de la description d'une pi&#232;ce d&#233;labr&#233;e. Mais ce mouvement associatif est contr&#244;l&#233; et se limite toujours &#224; un certain nombre de s&#233;ries : trois paysages dans &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; (1973), trois &#233;poques dans l'histoire de la pi&#232;ce dans &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;. Et l'unit&#233;, l'ordre qui Simon impose d&#233;pend de la richesse des analogies qui s'installent entre les diff&#233;rentes s&#233;ries. Contrairement &#224; ce qui se passait dans les romans des ann&#233;es soixante, les analogies ne se trouvent plus entre les &#233;l&#233;ments de fiction, mais dans la mani&#232;re de les raconter, dans la reprise, l'&#233;laboration de certains &#171; mots carrefours &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#224; Orion aveugle &#187;, Gen&#232;ve, Skira, 1970. Reprise dans Claude Simon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de certaines figures, dans les comparaisons et les contrastes, assonances et dissonances.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tournant d&#233;finitif ? Absolument pas. Avec &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; en 1981, Simon se renouvelle encore une fois. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; en 1989, &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; en 1997 et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; en 2001 les acquis de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente ne sont pas oubli&#233;s. La description, surtout visuelle, garde une place importante. Dans des phrases courtes et nettes &#224; tonalit&#233; objective, le pr&#233;sent de l'indicatif sert parfois &#224; rapporter des faits sans commentaires. Mais personnages et histoires sont de retour, ainsi que des r&#233;flexions sur le sens de l'Histoire. &#192; travers des &#233;paisseurs de temps, le pass&#233;, fragmentairement, mais dans sa pl&#233;nitude sensorielle, semble revivre. Ce pass&#233; dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; concerne surtout la vie de Claude Simon et celle de ses parents. Cette mati&#232;re n'est pas nouvelle dans l'&#339;uvre. &#192; partir de L'Herbe, disait Simon, tous mes romans sont &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Et &#224; quoi bon inventer ? &#187;, entretien avec Marianne Alphant, Lib&#233;ration, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; Simon reprend et retravaille des &#233;l&#233;ments biographiques de toute son &#339;uvre. Mais ce qui est nouveau, c'est la contrainte qu'il s'impos&#233;e, celle de renoncer &#224; la fiction. Je le cite : &#171; Comme toutes les contraintes, celle de renoncer &#224; la fiction est tr&#232;s fertile. Mais, encore une fois, ces &#233;l&#233;ments biographiques sont le pr&#233;texte. Le texte est autre chose. &#187; Je vais commenter cette transformation de pr&#233;texte en texte, en consid&#233;rant s&#233;par&#233;ment la s&#233;rie biographique et la s&#233;rie autobiographique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;biographique&#034;&gt;La s&#233;rie biographique&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le retour du guerrier, motif central de tout r&#233;cit de guerre depuis l'&lt;i&gt;Odyssey&lt;/i&gt;, se pr&#233;sente de deux fa&#231;ons dans l'&#339;uvre de Simon. De retour de guerre et de captivit&#233;, Georges, personnage principal de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, renonce &#224; la culture. D&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; il tente de retourner &#224; la terre. Dans la fameuse tirade de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, il &#233;crit &#224; son p&#232;re qui lamente la destruction de la biblioth&#232;que de Leipzig :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;si le contenu des milliers de bouquins de cette irrempla&#231;able biblioth&#232;que avait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment impuissant &#224; emp&#234;cher que se produisent des choses comme le bombardement qui l'a d&#233;truite, je ne voyais pas tr&#232;s bien quelle perte repr&#233;sentait pour l'humanit&#233; la disparition sous les bombes au phosphore de ces milliers de bouquins et de papelards manifestement d&#233;pourvus de la moindre utilit&#233; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 211).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais, toutes proportions gard&#233;es, Georges joue dans l'&#339;uvre de Simon un r&#244;le comparable &#224; Werther dans l'&#339;uvre de Goethe, &#224; Ren&#233; chez Chateaubriand, ou &#224; l'immoraliste chez Gide. C'est-&#224;-dire le r&#244;le d'un contre-mod&#232;le, livr&#233; &#224; une tentation destructrice &#224; laquelle l'&#233;crivain lui-m&#234;me ne succombe pas. Car la r&#233;ponse de Simon, revenu de tout, et de s'approprier la culture humaine, livresque, visuelle, m&#234;me musicale, et de construire &#224; partir de ces ruines. En ce faisant, il ne distingue pas entre la culture d'&#233;lite et la culture populaire. Tout peut lui servir. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; il tire profit des m&#233;moires d'un g&#233;n&#233;ral allemand (Rommel), d'une histoire du r&#233;giment de son p&#232;re, de cartes postales, de photos, de l&#233;gendes de famille, de t&#233;moignages de deux vieilles tantes. Il ne traite pas ces &#233;l&#233;ments comme des preuves, des faits av&#233;r&#233;s, mais comme des donn&#233;es &#224; partir desquelles il imagine et construit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La petite pr&#233;sentation d'images qui accompagne cet article montre certains des documents visuels dont Simon s'est servi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Images-stimuli de L'Acacia &#187;.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour ce qui concerne des sources orales, je prends un exemple tr&#232;s simple. Selon l'histoire familiale, le p&#232;re de Claude Simon devait se pr&#233;senter au concours de l'Ecole Polytechnique, mais, incapacit&#233; par une fracture de jambe, il a d&#233;cid&#233; de se pr&#233;senter &#224; un concours moins exigeant, celui de Saint Cyr. &#192; partir de cette donn&#233;e, Simon imagine le choc, l'horreur m&#234;me de cette d&#233;cision pour les s&#339;urs du jeune homme, fi&#232;res du pass&#233; antimilitariste de leur famille, et la fermet&#233; du leur fr&#232;re. Voici comment Simon raconte la fin de leur visite &#224; l'h&#244;pital :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;tandis qu'elles se retiraient enfin, m&#234;l&#233;es aux autres visiteurs pouss&#233;s en troupeau vers la porte, l'une des deux femmes se retournant peut-&#234;tre encore, le voyant toujours souriant sur son oreiller, avec, sur la table de nuit, les oranges qu'elles lui avaient apport&#233;es, agitant gaiement la main, calculant comment il pourrait non pas se d&#233;livrer d'elles mais, en quelque sorte, les d&#233;livrer de lui, sans pr&#233;voir encore &#224; quel point il se trompait, &#224; quel point une volont&#233; d'homme compte pour rien en face de la farouche d&#233;termination de deux faibles femmes, ou plut&#244;t de deux mules (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 71).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par certains aspects, le style de cet extrait est typique de l'&lt;i&gt;Acacia&lt;/i&gt;. Des parties de phrases s'accumulent &#224; l'aide de participes pr&#233;sents et parfois de mots r&#233;p&#233;t&#233;s : &#171; &#224; quel point [&#8230;] &#224; quel point &#187;. La perspective change avec une certaine ambigu&#239;t&#233; syntaxique : l'expression &#171; agitant gaiement la main &#187; pourrait se r&#233;f&#233;rer aux deux femmes et &#224; la s&#233;quence de participes &#171; les deux femmes se retournant [&#8230;] le voyant &#187; Ce n'est qu'avec le prochain participe pr&#233;sent : &#171; calculant comme il pourrait se d&#233;livrer d'elles &#187; que le lecteur comprend que la perspective a chang&#233; et que &#171; gaiement &#187; peut &#234;tre attribu&#233; &#233;galement &#224; la s&#233;quence qui se r&#233;f&#232;re &#224; l'homme : &#171; toujours souriant [&#8230;] agitant gaiement [..] calculant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse plus compr&#233;hensive du style de Simon, voir David Zemmour, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais la perspective change encore une fois et de nouveau de fa&#231;on ambigu&#235; : &#171; sans pr&#233;voir encore &#224; quel point il se trompait, &#224; quel point une volont&#233; d'homme compte pour rien en face de la farouche d&#233;termination de deux faibles femmes &#187;. La prolepse et l'aphorisme sont-ils toujours en focalisation interne ? S'agit-il d'une le&#231;on que le jeune homme lui-m&#234;me tire plus tard de son exp&#233;rience ? Ou est-ce le commentaire d'un narrateur qui plane au-dessus de l'&#233;v&#233;nement ? Le texte plaide plut&#244;t pour cette derni&#232;re explication, car le lecteur est conscient d'une voix que l'on entend tout le long de cet extrait. Voix qui avance cette sc&#232;ne comme hypoth&#232;se : &#171; les deux femmes se retournant &lt;i&gt;peut-&#234;tre&lt;/i&gt; &#187; ; qui jouent avec les mots : &#171; non pas se d&#233;livrer d'elles, mais en quelque sorte, les d&#233;livrer de lui &#187; ; et qui cl&#244;t le paragraphe en transformant &#171; les deux faibles femmes &#187; en &#171; deux mules &#187;. Ce coup d'humour teint&#233; d'ironie affectueuse est typique des chocs que Simon r&#233;serve souvent pour les fins de paragraphe dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, ce passage n'est pas typique de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; par l'absence de m&#233;taphores ou de comparaisons et par son registre purement familial. Dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; Blum accuse Georges de &#171; broder &#187;, d'&#171; inventer des histoires, des contes de f&#233;es l&#224; o&#249; je parie que personne except&#233; toi n'a jamais vu qu'une vulgaire histoire de cul entre une putain et deux imb&#233;ciles &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 174). Si &#171; broder des histoires &#187;, transformer en compte de f&#233;e, hisser &#224; l'&#233;pop&#233;e, grandir &#224; l'&#233;chelle cosmique, est une des tentations &#224; laquelle George succombe, c'est &#233;galement une tentation pour Simon, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Il y r&#233;siste. Comme le fait Blum dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, Simon, mat&#233;rialiste, coupe et mine les envol&#233;es de son imagination ou de la tradition familiale. &#192; la repr&#233;sentation h&#233;ro&#239;que du p&#232;re mort, adoss&#233; contre un arbre &#171; comme un chevalier m&#233;di&#233;val ou un colonel d'empire &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 327), il substitue une image aux d&#233;tails pr&#233;cis et crus qui fait fondre le p&#232;re dans la masse des morts :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ces tas informes, plus ou moins souill&#233;s de boue et de sang, et o&#249; la premi&#232;re chose qui frappe la vue c'est le plus souvent les chaussures d'une taille toujours bizarrement d&#233;mesur&#233;e, dessinant un V lorsque le corps est &#233;tendu sur le dos, ou encore parall&#232;les, montrant leurs semelles clout&#233;es o&#249; adh&#232;rent encore des plaques de terre et d'herbe m&#234;l&#233;es si le mort g&#238;t la face contre le sol (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 327).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais il reste que la tendance &#224; grandir les &#233;v&#233;nements, &#224; les transformer en &#233;pisodes de l&#233;gendes ou de mythes parcourt le roman, m&#234;me s'il s'agit de comparaisons introduites souvent, comme Jo&#235;lle Gleize l'a d&#233;montr&#233;, par un hypoth&#233;tique &#171; comme si &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jo&#235;lle Gleize, &#171; Comme si c'&#233;tait une fiction : sur un dispositif analogique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le prestige de l'antiquit&#233; r&#233;sonne au premier chapitre dans la recherche du h&#233;ros et la volont&#233; de lui &#171; donner une s&#233;pulture &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 73). Le d&#233;part du p&#232;re guerrier rappelle les adieux d'Hector et d'Andromaque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Pascal Mougin, Lecture de &#171; L'Acacia &#187; de Claude Simon : l'imaginaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'Histoire d&#233;signe une &#233;poque r&#233;volue, sauvage et prestigieuse par rapport au pr&#233;sent : les g&#233;n&#233;raux rassembl&#233;s pour remettre &#224; titre posthume la L&#233;gion d'honneur au r&#233;giment an&#233;anti sont &#171; semblables [&#8230;] &#224; quelques seigneurs de la guerre, barbares, sortis tout droit des profondeurs de l'Histoire &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 58).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;autobiographique&#034;&gt;La s&#233;rie autobiographique&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie autobiographique ressemble &#224; la s&#233;rie biographique en ce que, ici &#233;galement, des comparaisons &#233;largissent le contexte. L'Histoire, avec une grande H s'universalise et se personnifie. En &#171; vieille ogresse &#187; elle &#171; &#233;tait en train de les d&#233;vorer, d'engloutir tout vivants et p&#234;le-m&#234;le chevaux et cavaliers, sans compter les harnachements, les selles, les armes, les &#233;perons m&#234;me, dans son insensible et imperforable estomac d'autruche &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 242-243). Et pourtant le d&#233;fi et les donn&#233;es de cette s&#233;rie sont diff&#233;rents. Dans la s&#233;rie biographique, Simon se trouve confront&#233;, comme un historien, &#224; des sources limit&#233;es, h&#233;t&#233;roclites, plus ou moins suspectes. Dans la s&#233;rie autobiographique, il s'agit d'un effort de m&#233;moire ou de reconstitution, de dire comment c'&#233;tait &#224; partir de comment c'est. D&#232;s la parution du roman, la critique s'est pench&#233;e sur la question autobiographique. Les analyses concordaient. Une &#339;uvre si travaill&#233;e, si visiblement litt&#233;raire, o&#249; le souci de la forme prime sur tout le reste ne peut &#234;tre d&#233;sign&#233; comme une autobiographie. On cherche donc &#224; quelle &#339;uvre on peut le comparer, dans quel genre on peut le ranger. Serait-ce une autofiction ou un autoportrait ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Michel Thouillot, &#171; Claude Simon et l'autofiction : d'un acacia &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les premiers simoniens &#224; y r&#233;fl&#233;chir ont eu recours pour r&#233;ponse &#224; l'intertextualit&#233; simonienne. Ralph Sarkonak, ayant dress&#233; la liste de tout ce que Simon reprend de ses romans pr&#233;c&#233;dents dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; conclut sans ambages que &#171; &lt;i&gt;la r&#233;f&#233;rence autobiographique, f&#251;t-elle vraie et d&#233;lib&#233;r&#233;e, a &#233;t&#233; rendue caduque&lt;/i&gt;, par la texture cumulative d'une &#339;uvre pleinement intertextuel, texture que &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; int&#232;gre et recycle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ralph Sarkonak, &#171; Un dr&#244;le d'arbre : L'Acacia de Claude Simon &#187;, Romanic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pascal Mougin arrive &#224; une conclusion semblable joliment formul&#233;e : &#171; L'&#233;criture &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; devient donc, d'un roman &#224; l'autre, une &#233;criture &#224; base d'&#233;crit, l'&#339;uvre cessant progressivement d'&#234;tre un texte de m&#233;moire, tentative d'un r&#233;f&#233;rent empirique, pour devenir m&#233;moire de texte &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pascal Mougin, op. cit., p, 4.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant que pour de grands connaisseurs de l'&#339;uvre de Simon, la m&#233;moire de texte l'emporte sur toute impression de r&#233;f&#233;rence. Mais on peut se demander s'il est ainsi pour un nouveau lecteur. Ne peut-on pas sortir d'une premi&#232;re lecture de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; en pensant que Simon met tout en &#339;uvre pour rendre l'irr&#233;alit&#233; d'exp&#233;riences extr&#234;mes ? Avant tout, le massacre de l'escadron, la fuite &#233;perdue &#224; travers champs et for&#234;t, la chevauch&#233;e du petit groupe de survivants sur une route expos&#233;e &#8211; exp&#233;rience m&#234;me que Simon a d&#233;crit quelques ann&#233;es plus tard dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; comme &#171; seul v&#233;ritable traumatisme qu'il est conscient d'avoir subi &#187; (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 223). Un certain nombre de critique ont mis cette exp&#233;rience au c&#339;ur de leurs lectures de la s&#233;rie autobiographique. Helmut Pfeiffer a montr&#233; comment le trauma remet en question &#171; la certitude d'une unit&#233; fondamentale des cinq sens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Helmut Pfeiffer, &#171; D&#233;sastre et temporalit&#233; dans L'Acacia &#187;, dans Irene (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chiara Palermo l'a suivi dans cette voie. Pour ces critiques, l'absence de noms propres, les m&#233;taphores qui inversent l'anim&#233; et l'inanim&#233;, les cadrages toujours changeants, la narration qui n'est pas assum&#233;e par une voix &#224; la premi&#232;re personne, sont tous des signes d'une d&#233;possession totale, une incapacit&#233;, suite au traumatisme, &#224; se reconstituer en sujet, &#224; affirmer une identit&#233; &#224; travers le temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiara Palermo, &#171; Le magma de l'espace-temps : la temporalit&#233; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je reconnais la force de ces arguments, mais &#224; mon sens c'est dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; que Simon a donn&#233; la forme la plus perfectionn&#233;e &#224; un trauma dont on ne revient pas. La guerre d&#233;clenche une crise identitaire qui laisse un sujet &#224; la fois fig&#233;e et informe, &#224; contours instables, dans un r&#233;cit qui ne cesse d'h&#233;siter entre la premi&#232;re et la troisi&#232;me personne. Par rapport &#224; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; fait preuve d'un certain apaisement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet apaisement se manifeste d'abord dans le traitement m&#234;me de l'exp&#233;rience traumatique. D&#233;j&#224; le choix d'une narration &#224; la troisi&#232;me personne me semble indiquer une vue plus distanci&#233;e de la guerre. Le brigadier, emport&#233; dans le train qui l'am&#232;ne au front, revoit son pass&#233; en &#171; perspective t&#233;lescopique &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 165). Cette expression se laisse appliquer au roman entier. Les &#233;v&#233;nements sont vus comme &#224; travers un t&#233;lescope : de loin mais de pr&#232;s, avec agrandissement des d&#233;tails. Parfois le d&#233;tail remplit enti&#232;rement le champ visuel ou auditif. Une seule fois la syntaxe se dissout enti&#232;rement pour ne laisser qu'une succession de substantifs : &#171; flancs de chevaux, bottes, sabots, croupes, chutes, fragments de cris, de bruits &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 90). Mais pour la plupart, la syntaxe, f&#251;t-ce non hi&#233;rarchis&#233;e, tente de placer les d&#233;tails par rapports les uns aux autres. La voix de celui qui tient le t&#233;lescope commente, &#224; distance, ce que le brigadier n'a pas per&#231;u sur le moment ou m&#234;me plus tard : &#171; il ne voit pas [&#8230;] il ne sent pas [&#8230;] plus tard, cherchant &#224; se souvenir, il ne parviendra m&#234;me pas &#224; se rappeler &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 91,92, 94). Cette vue distanc&#233;e s'accompagne d'un ton plus variable que dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. La chevauch&#233;e ave le colonel se pr&#233;sente parfois en tragi-com&#233;die ou m&#234;me en farce. L'aristocratique de Reixach de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; monte sur un pur-sang, le colonel de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; sur un sous-verge dont les traits coup&#233;s tra&#238;nent derri&#232;re lui dans la poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autre signe d'apaisement par rapport &#224; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; : le traitement de l'exp&#233;rience collective. D'abord, malgr&#233; la tendance vers un universalisme d'&#233;pop&#233;e, l'exp&#233;rience collective est rattach&#233;e &#224; l'histoire du vingti&#232;me si&#232;cle, explicitement par les dates qui servent de titres de chapitre, de fa&#231;on implicite par le jeu d'&#233;chos et de contrastes entre l'enthousiasme des Fran&#231;ais au d&#233;but de la guerre de quatorze et l'ambiance maussade des mobilis&#233;s de la guerre de quarante. L'anonymat des personnages peut &#234;tre compris comme une fa&#231;on de les rendre repr&#233;sentatifs : combien de veuves de la premi&#232;re guerre mondiale, combien de simples brigadiers dans la d&#233;b&#226;cle ? D&#232;s la premi&#232;re mention des &#171; cavaliers ext&#233;nu&#233;s &#187; au d&#233;but du chapitre 2, on sent la solidarit&#233; du narrateur avec ses camarades dans le malheur. Il fait avec eux le m&#234;me voyage d&#233;paysant, passe par la m&#234;me maturation acc&#233;l&#233;r&#233;e, subit la m&#234;me humiliation de captif, le m&#234;me d&#233;nuement au stalag. Il parle au nom de tous en d&#233;non&#231;ant l'incurie du haut commandement et le superbe des officiers de la ligne. Plus g&#233;n&#233;ralement, les focalisations internes qui glissent si souvent de personne en personne, comme nous l'avons vu dans le passage cit&#233; plus haut, t&#233;moignent d'une capacit&#233; et d'une volont&#233; d'empathie dont Georges &#233;tait incapable dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Revenu de toute id&#233;ologie humaniste, Simon, comme l'a bien remarqu&#233; Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, manifeste une sympathie profonde pour les hommes et pour les b&#234;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de L'Acacia &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le communiqu&#233; de presse de l'Acad&#233;mie su&#233;doise annon&#231;ant le choix de Simon comme Prix Nobel de litt&#233;rature en 1985 &#224; bien r&#233;sum&#233; l'essentiel de cette &#339;uvre : &#171; la cruaut&#233;, la violence et l'absurde sont partout pr&#233;sent, ainsi qu'une compassion douloureuse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la notice du Discours de Stockholm dans Claude Simon, Oeuvres, 2006, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re diff&#233;rence concerne la fin des deux romans.&lt;i&gt; La Route des Flandres&lt;/i&gt; se termine en &#233;chec. Trois histoires qui se ressemblent &#8211; celles de de Reixach, de l'anc&#234;tre, et des paysans &#8211; se fondent les unes dans les autres. La qu&#234;te de savoir tourne court. La guerre a &#233;t&#233; initiation &#224; la mort. La fin de &lt;i&gt;l'Acacia&lt;/i&gt; r&#233;v&#232;le par contre la d&#233;couverte d'une vocation d'&#233;crivain. La guerre transforme la m&#232;re du jeune gar&#231;on. Sa nonchalante indolence c&#232;de la place &#224; une volont&#233; farouche. Celle qui scrute avidement le paysage d&#233;vast&#233; de la guerre est pr&#234;te &#224; faire d'un tombeau anonyme la s&#233;pulture de son mari. De m&#234;me la guerre r&#233;veille le jeune bourgeois oisif, le peintre amateur. La guerre a d&#233;truit camarades, famille et croyances. Mais sur les d&#233;combres, Simon construira son &#339;uvre. Je me plais &#224; penser que la tache de vert qui pousse dans les bois d&#233;truits du premier paragraphe du roman est une feuille d'acacia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alastair B. Duncan&lt;br/&gt;
Universit&#233; de Stirling&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;voir aussi : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Quelques-images-stimuli-de-L-Acacia.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quelques images-stimuli de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Ressources-en-ligne-546.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bibliographie s&#233;lective et th&#233;matique sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Minuit &#171; double &#187;, p. 127 et 209-210. Les r&#233;f&#233;rences aux romans de Simon pour la plupart en &#233;dition &#171; double &#187; seront d&#233;sormais incorpor&#233;es au texte sous les formes suivantes : &lt;i&gt;Le Vent &#8211; V&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;La Route des Flandres &#8211; RF&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;L'Acacia &#8211; A&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (Minuit) &#8211; &lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Claude Simon &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, dans &lt;i&gt;Nouveau Roman : hier aujourd'hui, 2&lt;/i&gt;, Jean Ricardou et Fran&#231;oise van Rossum Guyon (dirs), UGE, coll. &#171; 10/18 &#187;, 1972, p. 73-116 ; et &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Bibl. de la Pl&#233;iade, A. B. Duncan (dir.) avec la collaboration de Jean H. Duffy, 2006, p 1184-1204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Interview avec Claude Simon &#187;, avec Bettina L. Knapp, &lt;i&gt;Kentucky Romance Quarterly&lt;/i&gt;, Lexington, t. 17, n. 2, 1970, p. 182. (citation modifi&#233;e)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Claude Simon : &#171; Le roman se fait, je le fais, et il me fait &#187;, entretien avec Josane Duranteau, Les Lettres fran&#231;aises, 13-19 avril 1967, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; &#187;, Gen&#232;ve, Skira, 1970. Reprise dans Claude Simon, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, 2006, p. 1182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Et &#224; quoi bon inventer ? &#187;, entretien avec Marianne Alphant, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 31 ao&#251;t 1989, p. 24, prochaine citation, p. 25 ; et &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, Relire &#171; L'Acacia &#187;, p. 20, prochaine citation, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Quelques-images-stimuli-de-L-Acacia.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Images-stimuli de L'Acacia &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse plus compr&#233;hensive du style de Simon, voir David Zemmour, par exemple, &#171; Des particularit&#233;s de la langue de Simon susceptibles de tourmenter ses traducteurs &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 10, &lt;i&gt;Traduire Claude Simon&lt;/i&gt;, 2015, p. 31-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jo&#235;lle Gleize, &#171; Comme si c'&#233;tait une fiction : sur un dispositif analogique dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Michigan romance studies&lt;/i&gt;, University of Michigan, Department of Romance Languages, vol. 13, 1993, p. 81-102.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Pascal Mougin, &lt;i&gt;Lecture de &#171; L'Acacia &#187; de Claude Simon : l'imaginaire biographique&lt;/i&gt;, Lettres Modernes, 1996, p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Michel Thouillot, &#171; Claude Simon et l'autofiction : d'un acacia &#224; l'autre &#187; dans &lt;i&gt;Revue des Lettres Modernes&lt;/i&gt;, s&#233;rie &#171; Le Nouveau roman en questions &#187;, n&#176;5 (&#171; Une nouvelle autobiographie ? &#187;), Minard, 2004, p. 111-136 ; ou Patrick Suter, &#171; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; comme autoportrait &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;Relire L'Acacia&lt;/i&gt;, 2016, p. 81-96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ralph Sarkonak, &#171; Un dr&#244;le d'arbre : &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Romanic review&lt;/i&gt;, vol. 82, n&#176;2, 1991. Repris dans son ouvrage &lt;i&gt;Les Trajets de l'&#233;criture&lt;/i&gt;, Toronto, Paratexte, 1994, chap. 5, et dans &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no 11, &lt;i&gt;Relire L'Acacia&lt;/i&gt;, 2006, p. 65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pascal Mougin, op. cit., p, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Helmut Pfeiffer, &#171; D&#233;sastre et temporalit&#233; dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, dans Irene Albers et Wolfram Nitsch (dirs.), &lt;i&gt;Transports : les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, Frankfurt am Main, Peter Lang, 2006, p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chiara Palermo, &#171; Le magma de l'espace-temps : la temporalit&#233; et l'imaginaire de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;Relire L'Acacia&lt;/i&gt;, 2016, p. 161-182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, dans &lt;i&gt;Claude Simon. Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;, Mireille Calle (dir.), Sainte-Foy (Qu&#233;bec), Le Griffon d'Argile (Grenoble), 1993, p. 119-130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la notice du &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt; dans Claude Simon, &lt;i&gt;Oeuvres&lt;/i&gt;, 2006, p. 1454.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#338;uvres, tome 1 (Biblioth&#232;que de La Pl&#233;iade, 2006) </title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-1-Bibliotheque-de-La-Pleiade-2006.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-1-Bibliotheque-de-La-Pleiade-2006.html</guid>
		<dc:date>2013-12-09T21:01:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>La Route des Flandres</dc:subject>
		<dc:subject>Triptyque</dc:subject>
		<dc:subject>La Bataille de Pharsale</dc:subject>
		<dc:subject>Le Vent</dc:subject>
		<dc:subject>Le Jardin des Plantes</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>La Chevelure de B&#233;r&#233;nice</dc:subject>
		<dc:subject>Le Palace</dc:subject>
		<dc:subject>Discours de Stockholm</dc:subject>
		<dc:subject>Duffy, Jean H.</dc:subject>
		<dc:subject>Pl&#233;iade</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon, &#338;uvres, tome I. Gallimard, 2006. 1664 p. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 522) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan et Jean H. Duffy &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce premier volume contient : Le Vent. Tentative de restitution d'un retable baroque - La Route des Flandres - Le Palace - La Chevelure de B&#233;r&#233;nice [Femmes] - La Bataille de Pharsale - Triptyque - Discours de Stockholm - Le Jardin des Plantes . Appendices : Deux &#233;crits de Claude Simon sur le roman - Textes, plans et sch&#233;mas de Claude Simon, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-La-Route-des-Flandres-+.html" rel="tag"&gt;La Route des Flandres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Triptyque-+.html" rel="tag"&gt;Triptyque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-La-Bataille-de-Pharsale-+.html" rel="tag"&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Vent-+.html" rel="tag"&gt;Le Vent&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-La-Chevelure-de-Berenice-+.html" rel="tag"&gt;La Chevelure de B&#233;r&#233;nice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Palace-+.html" rel="tag"&gt;Le Palace&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Discours-de-Stockholm-+.html" rel="tag"&gt;Discours de Stockholm&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duffy-Jean-H-+.html" rel="tag"&gt;Duffy, Jean H.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Pleiade-+.html" rel="tag"&gt;Pl&#233;iade&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/affiche_pleiade_1-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L500xH861/affiche_pleiade_1-2-0d452.jpg?1787682361' width='500' height='861' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome I. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard, 2006. 1664 p. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 522)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan et Jean H. Duffy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier volume contient :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le Vent. Tentative de restitution d'un retable baroque&lt;/i&gt; - &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; - &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt; - &lt;i&gt;La Chevelure de B&#233;r&#233;nice&lt;/i&gt; [&lt;i&gt;Femmes&lt;/i&gt;] - &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; - &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; - &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt; - &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; . Appendices : Deux &#233;crits de Claude Simon sur le roman - Textes, plans et sch&#233;mas de Claude Simon, relatifs &#224; ses romans.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_446 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L180xH293/pleiade1-2-a232c.jpg?1787682361' width='180' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Claude Simon trouve l'un de ses ancrages dans l'histoire du XXe si&#232;cle, telle qu'il l'a v&#233;cue. La Grande Guerre, la mort d&#232;s 1914 d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#232;re qu'il n'a pas connu, le deuil d'une m&#232;re inconsolable puis sa disparition, la r&#233;volution dont il fut t&#233;moin, &#224; Barcelone, en 1936, la d&#233;b&#226;cle de juin 1940, l'an&#233;antissement de son escadron de cavalerie sur une route des Flandres, dont il sortit vivant, par hasard &#8211; ces exp&#233;riences, les siennes, des centaines de milliers d'autres hommes les ont faites, y ont surv&#233;cu, en sont rest&#233;s marqu&#233;s, ont voulu leur donner un sens et ont essay&#233; de les faire partager, en vain : entre &#171; voir &#233;crit le mot obus &#187; et se trouver au point de chute de l'objet, il y a, comme le fait observer Simon, une diff&#233;rence assez nette. On a beau se livrer &#224; toutes les &#171; tentatives de restitution &#187; qu'on voudra, impossible de restituer ce qui fut tel que cela fut. Mais cet impossible est en soi un sujet. &#171; Que savoir, comment savoir ? &#187; Comment rendre compte du &#171; luxuriant, anarchique et imp&#233;tueux d&#233;sordre de la vie &#187; ? Quelle forme et quel sens donner &#224; ce qui semble n'&#234;tre que chaos et absurdit&#233; ? De la guerre l'exp&#233;rience n'est pas transmissible, et ses acteurs eux-m&#234;mes n'en conservent qu'une perception fragmentaire. Alors que raconter, comment, et &#224; qui ? Qu'y a-t-il &#224; tirer du magma des &#233;motions et des souvenirs ? Comment reproduire ? qu'exprimer ? pour d&#233;montrer quoi ? &#171; Non plus d&#233;montrer &#187;, r&#233;pond Claude Simon, &#171; mais montrer, non plus reproduire mais produire, non plus exprimer mais d&#233;couvrir &#187;. &#201;crire. Se livrer aux mots, eux-m&#234;mes cr&#233;ateurs de r&#233;alit&#233;. Ne pas laisser l'&#233;criture s'effacer &#171; derri&#232;re un r&#233;cit et des &#233;v&#233;nements qui n'existent que par elle &#187;. S'&#233;manciper de toute ambition r&#233;aliste, pour explorer librement des contr&#233;es inconnues. Les livres de Claude Simon ne reconstituent pas le r&#233;el : ils le constituent dans et par l'&#233;criture. Leur forme se renouvelle de roman en roman, avec toutefois une constante : aucun de ces livres n'est un pur &#171; tour de force &#187;, dans chacun d'eux la vie passe, et l'&#339;uvre de Claude Simon est l'une des plus &#233;mouvantes de notre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le site des &#201;ditions Gallimard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le deuxi&#232;me tome&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alastair B. Duncan. Claude Simon, un &#233;crivain dans la modernit&#233;</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Alastair-B-Duncan-Claude-Simon-un-ecrivain-dans-la-modernite.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Alastair-B-Duncan-Claude-Simon-un-ecrivain-dans-la-modernite.html</guid>
		<dc:date>2013-10-03T09:59:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet entretien a &#233;t&#233; enregistr&#233; en 2013 &#224; l'occasion de l'exposition &#171; L'In&#233;puisable chaos du monde &#187;.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-videos-.html" rel="directory"&gt;Ressources audiovisuelles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;position:relative;padding-bottom:56.25%;height:0;overflow:hidden;&#034;&gt; &lt;iframe style=&#034;width:100%;height:100%;position:absolute;left:0px;top:0px;overflow:hidden&#034; frameborder=&#034;0&#034; type=&#034;text/html&#034; src=&#034;https://www.dailymotion.com/embed/video/x15eomh?autoplay=1&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; allowfullscreen allow=&#034;autoplay&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet entretien a &#233;t&#233; enregistr&#233; en 2013 &#224; l'occasion de l'exposition &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-L-Inepuisable-chaos-du-monde-Bibliotheque-Publique-d-Information.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; L'In&#233;puisable chaos du monde &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Duncan, Alastair B. &#171; Claude Simon : Le projet autobiographique &#187; (1990)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Claude-Simon-Le-projet-autobiographique-1990.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Claude-Simon-Le-projet-autobiographique-1990.html</guid>
		<dc:date>2013-05-14T14:00:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>Autobiographie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Alastair B. Duncan. &#171; Claude Simon : Le projet autobiographique &#187;. Revue des Sciences Humaines, 220, octobre-d&#233;cembre 1990, p. 47-62 &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon : &#233;crivain autobiographique ? Il y a quelques ann&#233;es l'id&#233;e e&#251;t choqu&#233;. La critique formaliste n'avait-elle pas suffisamment d&#233;nonc&#233; les dogmes de l'expression et de la repr&#233;sentation ? Quelle folie donc qu'un r&#233;cit de vie. Projet doublement illusoire : expression de soi et repr&#233;sentation d'un r&#233;el extratextuel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-articles-.html" rel="directory"&gt;Articles &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Autobiographie-+.html" rel="tag"&gt;Autobiographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Alastair B. Duncan. &#171; Claude Simon : Le projet autobiographique &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-1990.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Revue des Sciences Humaines&lt;/i&gt;, 220, octobre-d&#233;cembre 1990&lt;/a&gt;, p. 47-62
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon : &#233;crivain autobiographique ? Il y a quelques ann&#233;es l'id&#233;e e&#251;t choqu&#233;. La critique formaliste n'avait-elle pas suffisamment d&#233;nonc&#233; les dogmes de l'expression et de la repr&#233;sentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, J. Ricardou, Pour une th&#233;orie du nouveau roman, 1971, p. 261.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Quelle folie donc qu'un r&#233;cit de vie. Projet doublement illusoire : expression de soi et repr&#233;sentation d'un r&#233;el extratextuel. D'ailleurs, l'essentiel du parcours de Claude Simon, &#233;crivain, n'a-t-il pas &#233;t&#233; de mettre un &#233;cart toujours plus grand entre vie et &#233;criture ? Si les romans des ann&#233;es cinquante t&#233;moignent d'une esth&#233;tique de la repr&#233;sentation, leurs th&#232;mes principaux conspirent &#224; remettre cette esth&#233;tique en question. Face &#224; la partialit&#233; des points de vue subjectifs, &#224; la vive confusion des perceptions, aux d&#233;faillances de la m&#233;moire, comment savoir, que savoir ? Simon passe donc progressivement &#224; une esth&#233;tique de la production :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Je disais autrefois : il est possible de reconstituer &#224; partir de choses v&#233;cues, senties. Aujourd'hui, apr&#232;s avoir r&#233;fl&#233;chi, je ne pense plus qu'on puisse &#171; reconstituer &#187; quoi que ce soit. Ce que l'on constitue, c'est un texte, et ce texte ne correspond qu'&#224; une seule chose, &#224; ce qui se passe dans l'&#233;crivain au moment o&#249; il &#233;crit. On ne d&#233;crit pas des choses qui pr&#233;existent &#224; l'&#233;criture mais ce qui se passe aux prises avec l'&#233;criture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B.L. Knapp, &#171; Document. Interview avec Claude Simon &#187;, Kentucky Romance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; (1969) Simon d&#233;laissera la tentative de reconstruire un pass&#233; v&#233;cu, et se consacrera &#224; exploiter &#171; la dynamique interne de l'&#233;criture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; R&#233;ponses de Claude Simon &#224; quelques questions &#233;crites de Ludovic Janvier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, les possibilit&#233;s de g&#233;n&#233;ration inh&#233;rentes au langage. Aucun sujet ne prend la narration en charge. Le v&#233;cu se noie dans l'intertextuel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions comment peut-on parler d'autobiographie ? Pour une large part, les romans des ann&#233;es soixante-dix renoncent &#224; la mati&#232;re personnelle, familiale qui dominent la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Quand le v&#233;cu surgit dans ces romans &#8212; par exemple, le reflet d'un voyage en Am&#233;rique dans &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; &#8212; il ne sert visiblement que de pr&#233;texte : ces &#171; souvenirs plus ou moins pr&#233;cis &#187; font partie d'un &#171; magma informe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Orion aveugle, Skira, 1970, pr&#233;face, premi&#232;re page&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, appel&#233; &#224; se transformer dans et par le travail de l'&#233;criture. Avec le temps, ce m&#234;me processus de transformation se fait de plus en plus &#233;vident m&#234;me dans les romans qui sont manifestement &#224; base d'exp&#233;riences personnelles. &#171; Stendhal (&#8230;) entreprenant de raconter avec le plus d'exactitude possible son passage du Saint-Bernard avec l'arm&#233;e d'Italie (&#8230;) se rend compte tout &#224; coup qu'il d&#233;crit non pas ce qu'il a lui-m&#234;me v&#233;cu mais une gravure de cet &#233;v&#233;nement, qu'il a vue depuis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Eribon, &#171; Fragments de Claude Simon &#187;, Lib&#233;ration, 29-30 ao&#251;t 1981, p. 21.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. De m&#234;me, ce qui peut appara&#238;tre comme souvenir dans les romans de Simon est en fait la retransformation d'un v&#233;cu d&#233;j&#224; maintes fois transform&#233; par tout ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu depuis, et surtout par de successives mises en &#233;criture : par exemple la mati&#232;re d'Espagne, travaill&#233;e et retravaill&#233;e dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Sacre du printemps&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;. &#192; tel point, affirme l'&#233;crivain, qu'il serait vain de chercher un Claude Simon, &#171; sujet historique &#187;, qui se distinguerait d'un Claude Simon, &#171; sujet de l'&#233;criture &#187;. &#171; En fait, ce que je fais de la langue en la travaillant, c'est-&#224;-dire mon langage, me constitue en tant que sujet historique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Poirson, J.-P. Goux, &#171; Un homme travers&#233; par le travail. Entretien avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Claude Simon est donc le produit de son travail ; et avec chaque roman ce produit se renouvelle. Comment, alors, parler d'autobiographie ? L'art du romancier ne r&#233;cuse-t-il pas l'id&#233;e d'un moi stable et continu, et, partant, l'id&#233;ologie du sujet, id&#233;aliste et essentialiste, qui sous-tend le concept m&#234;me d'autobiographie ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, force est de constater que depuis un moment, l'autobiographie refait une perc&#233;e aussi bien dans le discours critique que dans l'&#339;uvre d'un certain nombre d'&#233;crivains. Citons, pour m&#233;moire, les travaux de Philippe Lejeune et, d'autre part, des ouvrages d'&#233;crivains qui dans le pass&#233; partageaient plus ou moins les r&#233;ticences de Simon devant l'autobiographie : &lt;i&gt;Enfance&lt;/i&gt; (1983) de Sarraute, &lt;i&gt;Le Miroir qui revient&lt;/i&gt; (1985) et &lt;i&gt;Ang&#233;lique ou l'enchantement&lt;/i&gt; (1988) de Robbe-Grillet. L'&#339;uvre et les commentaires sur l'&#339;uvre de Simon ont particip&#233;, ne f&#251;t-ce jusqu'&#224; pr&#233;sent que faiblement, de ce mouvement g&#233;n&#233;ral des esprits. Quel statut donner par exemple aux plus r&#233;cents ouvrages sign&#233;s Claude Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article ne tient pas compte de L 'Acacia, paru en septembre 1989. En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt; de 1987 est-ce une fiction &#224; clefs, ou un r&#233;cit de voyage l&#233;g&#232;rement teint&#233; de fiction ? &lt;i&gt;L'Album d'un amateur&lt;/i&gt; de 1988 est-ce du solide, une autobiographie en textes et images ou une invitation au lecteur averti &#224; mesurer encore une fois l'&#233;cart entre vie et litt&#233;rature ? Mais, en fait, un tournant avait &#233;t&#233; pris plus t&#244;t avec &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; en 1981. Ce roman, &#224; base d'exp&#233;riences personnelles et familiales, rejoint les romans des ann&#233;es soixante. Dans la perspective r&#233;trospective des &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, la p&#233;riode de &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;Corps conducteurs&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;, peut appara&#238;tre comme un crochet, un d&#233;tour qui a enfin ramen&#233; Simon sur la grande route. &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; a suscit&#233; tout un paratexte d'interviews et de commentaires qui ont remis l'autobiographique &#224; l'ordre du jour. Simon y a contribu&#233; &#8212; malgr&#233; lui &#8212; en r&#233;pondant en toute franchise aux questions des journalistes et autres importuns : &#171; &#192; partir de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, dit-il, tous mes romans sont pratiquement autobiographiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; en anglais dans A. Duncan, &#171; Interview with Claude Simon &#187;, in Claude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le Prix Nobel, expression privil&#233;gi&#233;e d'un certain humanisme, est venu renforcer ce climat en provoquant des notices biographiques, des articles sur la vie et l'&#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, &#171; Claude Simon avait d&#233;j&#224; re&#231;u le Nobel &#187;, Lib&#233;ration, 18 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, le plus frappant dans &lt;i&gt;Le Discours de Stockholm&lt;/i&gt; (1986) &#8212; malgr&#233; l'argumentation explicite &#8212; reste peut-&#234;tre la magnifique &#233;vocation en raccourci d'une vie dans le si&#232;cle :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Je suis maintenant un vieil homme, et, comme beaucoup d'habitants de notre vieille Europe, la premi&#232;re partie de ma vie a &#233;t&#233; assez mouvement&#233;e : j'ai &#233;t&#233; t&#233;moin d'une r&#233;volution, j'ai fait la guerre dans des conditions particuli&#232;rement meurtri&#232;res (j'appartenais &#224; l'un de ces r&#233;giments que les &#233;tats-majors sacrifient froidement &#224; l'avance et dont, en huit jours, il n'est pratiquement rien rest&#233;), j'ai &#233;t&#233; fait prisonnier, j'ai connu la faim, le travail physique jusqu'&#224; l'&#233;puisement, je me suis &#233;vad&#233;, j'ai &#233;t&#233; gravement malade, plusieurs fois au bord de la mort, violente ou naturelle, j'ai c&#244;toy&#233; les gens les plus divers, aussi bien des pr&#234;tres que des incendiaires d'&#233;glises, de paisibles bourgeois que des anarchistes, des philosophes que des illettr&#233;s, j'ai partag&#233; mon pain avec des truands, enfin j'ai voyag&#233; un peu partout dans le monde ... et cependant, je n'ai jamais encore, &#224; soixante-douze ans, d&#233;couvert aucun sens &#224; tout cela, si ce n'est, comme l'a dit, je crois, Barthes apr&#232;s Shakespeare, que &#171; si le monde signifie quelque chose, c'est qu'il ne signifie rien &#187; &#8212; sauf qu'il est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;p. 24.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce credo &#233;voque la vie et simultan&#233;ment les romans de Claude Simon. Il affirme une continuit&#233; du sujet &#224; travers le temps : continuit&#233; de la pens&#233;e, continuit&#233; affirm&#233;e dans le mart&#232;lement du mot-cl&#233; &#171; je &#187;. Pour le moins ce passage invite &#224; une relecture des romans dans un nouveau contexte, celui d'un espace autobiographique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En fait l'&#233;volution de l'&#339;uvre de Simon est complexe et ne saurait se r&#233;duire &#224; une longue marche vers une esth&#233;tique de la production. La critique reconna&#238;t de plus en plus les aspects conflictuels de l'&#339;uvre : conflits entre repr&#233;sentation et production, r&#233;f&#233;rences sensorielles et auto-repr&#233;sentation, sens institu&#233; et sens produit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, le titre m&#234;me de la tr&#232;s subtile &#233;tude de C. Britton, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce petit travail, je voudrais sugg&#233;rer que ces conflits existent aussi dans le domaine de l'autobiographique. Dans un certain sens l'&#339;uvre de Simon se pr&#233;sente comme la lente r&#233;alisation d'un projet d'autobiographie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour retrouver les origines de ce projet, il faut remonter au seul texte tant soit peu &#233;labor&#233; de Simon qui ne porte pas le sous-titre roman. &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; (1947), livre de souvenirs et de r&#233;flexions, appartient sans doute au genre autobiographique. &#171; Je suis un homme qui essaie de vivre, je suis tout &#224; cette difficult&#233; de vivre, je cherche ce qui peut m'aider &#224; continuer et pour &#231;a il faut que je trouve du solide sur quoi on peut compter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Corde raide, Minuit, 1947, p. 73. Les r&#233;f&#233;rences aux &#339;uvres de Simon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans des affirmations telles que celle-l&#224;, pointent les questions qui dominent le texte. Qui suis-je ? Comment suis-je devenu moi ? Comment continuer ? Pour s'expliquer le pr&#233;sent, et pour se pr&#233;parer un avenir, le narrateur-auteur cherche du solide dans le pass&#233;. Mais si les questions sont nettes, les r&#233;ponses le sont beaucoup moins. Sur le plan moral &#8212; et la morale joue un grand r&#244;le dans cet ouvrage &#8212; une certaine image du moi se d&#233;gage, celle d'un homme revenu des certitudes de son enfance (m&#233;lange de foi religieuse et de rationalisme), et convaincu que tout syst&#232;me de morale, ne fait que dissimuler l'essentiel : &#171; les trois ou quatre besoins fondamentaux, comme coucher avec des femmes, manger, parler, procr&#233;er, pour lesquels les hommes sont faits et dont ils ne peuvent se passer &#187; (CR, p. 54). M&#234;me l'absurde est rejet&#233; comme &#171; une valeur de remplacement &#187; : &#171; Dire que ce monde est absurde &#233;quivaut &#224; avouer que l'on persiste encore &#224; croire en une raison &#187; (CR, p. 64). Dix ans plus tard Robbe-Grillet allait reprendre le m&#234;me th&#232;me : &#171; le monde n'est ni signifiant ni absurde : il &lt;i&gt;est&lt;/i&gt;, tout simplement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une voie pour le roman futur &#187;, NRF, 43, juillet 1956, p. 80. Repris dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Encore trente ans et Simon, nous l'avons vu, revient &#224; la charge en affirmant que &#171; si le monde signifie quelque chose, c'est qu'il ne signifie rien - sauf qu'il est &#187;. Int&#233;ressante convergence de vues avec Robbe-Grillet. Mais encore plus int&#233;ressant : &lt;i&gt;Le Discours de Stockholm&lt;/i&gt; affirmait une continuit&#233; dans la pens&#233;e &#224; travers le temps ; &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; confirme cette continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment donc faire face &#224; ce monde qui &#171; ne signifie rien - sauf qu'il est ? &#187; Contrairement &#224; beaucoup d'autobiographies d'&#233;crivain, &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; ne raconte pas l'histoire d'une vocation d'&#233;crivain. &#201;crivain, Simon l'&#233;tait depuis peu (un roman &#8212; &lt;i&gt;Le Tricheur&lt;/i&gt; &#8212; publi&#233; avant &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;) ; pendant longtemps il s'&#233;tait cru peintre. Et justement, c'est en &#233;crivain-peintre que Simon esquisse dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; un projet de vocation. Une phrase en donne l'essentiel : &#171; Je n'explique pas, je constate, et je me borne &#224; raconter ce que j'ai vu &#187; (CR, p. 138). Pour illustrer et commenter ce projet Simon fait appel aux peintres. D'une part, il d&#233;nonce ceux qui ont failli &#224; la t&#226;che, ceux qui n'ont pu &#171; exprimer qu'une vision id&#233;ale du monde, volontairement limit&#233;e et arbitraire, chacune de ces visions &#233;tant bas&#233;e sur une conception, ou plut&#244;t une morale de l'univers visible, ou m&#234;me, ce qui est plus grave pour des peintres, une morale tout court &#187; (CR, p. 66-67). D'autre part, C&#233;zanne seul a su capter &#171; un univers pour la premi&#232;re fois d&#233;muni de poteaux indicateurs. Si totalement d&#233;pouill&#233; de tout, except&#233; de v&#233;rit&#233; et de coh&#233;rence que pour la premi&#232;re fois s'offrait dans sa totale magnificence, sans commentaire ni restriction, le monde visible et &#224; travers lui, le monde tout court &#187; (CR, p. 117).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Raconter ce que j'ai vu ; dire le monde tel qu'il est : on ne peut qu'admirer la r&#233;solution avec laquelle Simon poursuit ses doubles buts dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;. Mais il faut constater qu'elle m&#232;ne &#224; une impasse. D'une part, la volont&#233; d'&#233;crire sans truquages entra&#238;ne Simon tr&#232;s loin de son point de d&#233;part. Dans un premier temps, si &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; ne se pr&#233;sente pas comme un r&#233;cit coh&#233;rent, respectant l'ordre chronologique, c'est pour rester fid&#232;le au fonctionnement de la m&#233;moire : bribes de r&#233;cits, souvenirs, commentaires s'entrem&#234;lent, s'appellent, se recoupent. Mais il y a plus ; et pour le trouver il faut simplement comparer le d&#233;but et la fin du texte.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Autrefois je restais tard au lit et j'&#233;tais bien. Je fumais des cigarettes, jouissant de mon corps &#233;tendu (&#8230;) &lt;br/&gt;
&#192; Paris, dans l'encadrement de la fen&#234;tre, il y avait le flanc d'une maison, un d&#244;me (...) en le regardant je pouvais voyager et me souvenir des matins o&#249; l'on se r&#233;veille dans des chambres d'h&#244;tel de villes &#233;trang&#232;res. &lt;br/&gt;(CR, p. 9)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;but, bien proustien, introduit un moi qui domine ses souvenirs, les rassemble, les ordonne, en jouit. Au bien-&#234;tre du personnage correspond la s&#233;r&#233;nit&#233; du narrateur qui plane sur la sc&#232;ne : l'imparfait tient le pass&#233; &#224; distance. Seule note vaguement inqui&#233;tante : &#171; Autrefois &#187;, parce qu'elle laisse entendre que cette s&#233;r&#233;nit&#233; appartient elle aussi au pass&#233;. Cette note va s'amplifier au fil du r&#233;cit. Le pr&#233;sent va envahir le texte &#8212; pr&#233;sent du souvenir (&#171; Je me rappelle &#187;), pr&#233;sent des r&#233;flexions sur la vie, pr&#233;sent des conversations imaginaires avec le lecteur. Vers la fin du texte, ce pr&#233;sent va d&#233;finitivement disloquer la narration. Souvenirs, perceptions, pens&#233;es assaillent le moi au point de le faire &#233;clater.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les bruits et les couleurs se m&#233;langent [...]. Tout s'embrouille et s'interp&#233;n&#234;tre [ ... ]. A cause de tout &#231;a, je ne suis pas moi. &lt;br/&gt; (CR, p. 169-170)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Autant chercher &#224; retenir l'eau dans ses doigts. Essayez. Essayez de vous chercher. &#171; Je est un autre &#187;. Pas vrai : &#171; Je est d'autres &#187;. D'autres choses, d'autres odeurs, d'autres sons, d'autres personnes, d'autres lieux, d'autres temps. &lt;br/&gt; (CR, p. 174)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On est loin du narrateur proustien, dominant son pass&#233; comme sur des &#233;chasses. Ici le narrateur se trouve rejet&#233;, confin&#233; dans un pr&#233;sent continu.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mon sujet n'attend pas &lt;br/&gt;
Quel est donc votre sujet ? &lt;br/&gt;
Une course de vitesse &lt;br/&gt;
Comment cela ? &lt;br/&gt;
Des gens et un tas de choses, des odeurs, des heures, des id&#233;es, des figures qui courent, et moi au milieu d'eux, &#224; en perdre haleine, pour me maintenir &#224; leur hauteur. &lt;br/&gt;
Vous voulez dire que si vous vous arr&#234;tez, vous ne saurez plus de quoi vous vouliez parler ? &lt;br/&gt;
On ne sait jamais de quoi on parle avant d'en parler. &lt;br/&gt;
(CR, p. 177-178)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans cette course de vitesse le moi se dissout &#8212; pour se construire en parlant.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par sa forme, par la logique rigoureuse qui m&#232;ne au pr&#233;sent de l'&#233;criture, &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; anticipe sur des romans bien ult&#233;rieurs. Mais tout dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; se place dans un cadre traditionnel. C&#233;zanne &#8212; c'est son principal m&#233;rite &#8212; a su repr&#233;senter &#171; le monde visible et &#224; travers lui, le monde tout court &#187;. Simon s'est fix&#233; le m&#234;me but. Mais cette volont&#233; de repr&#233;sentation ne peut &#234;tre qu'une autre morale de l'univers visible, surtout quand elle est assortie de tant d'explications, de commentaires, de r&#233;flexions philosophiques, m&#233;taphysiques et autres. Du coup, les fragments de r&#233;cits dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; semblent &#234;tre choisis en fonction de cette morale pour illustrer les vues de l'auteur. Le vieil oncle &#233;voque la solitude des &#234;tres devant la mort. L'incident du bless&#233; se termine abruptement et tente ainsi d'&#233;chapper au code de la fable morale : mais il n'y &#233;chappe pas pr&#233;cis&#233;ment en voulant illustrer cette tentative. C'est ainsi que &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; d&#233;bouche sur une impasse. Malgr&#233; les d&#233;boires du moi, le sens institu&#233; l'emporte sur le sens produit. Le moi historique &#8212; celui qui a des points de vue, des opinions arr&#234;t&#233;es sur la vie, la mort, la religion, les besoins fondamentaux de l'homme - domine et &#233;crase le moi instable suscit&#233; par l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;, donc, le projet autobiographique tourne court. Par r&#233;action, Simon retourne &#224; la fiction. &lt;i&gt;Gulliver&lt;/i&gt; (1952), &lt;i&gt;Le Sacre du printemps&lt;/i&gt; (1954), &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt; (1957) sont des romans romanesques : tout ce qui est tir&#233; de la vie de l'&#233;crivain se trouve transform&#233; en personnages et en histoires. L&#224; o&#249; l'on pourrait soup&#231;onner un r&#233;cit de vie, l'effet de r&#233;el est d&#233;lay&#233; par le contexte. Ainsi, par exemple, du r&#233;cit du trafic d'armes en Espagne dans &lt;i&gt;Le Sacre du printemps&lt;/i&gt;. Quelques d&#233;tails de l'&#233;pisode, peut-&#234;tre jusqu'aux coupures de journal, pourraient &#234;tre vrais, dans le sens qu'on pourrait les v&#233;rifier en faisant appel &#224; des sources non-romanesques. Mais l'&#233;pisode entier est dispos&#233; en vue de sa fonction au sein de la fiction : cette histoire d'apprentissage &#224; la vie fait pendant &#224; celle du beau-fils ; le personnage joue un double r&#244;le : jeune boy-scout bafou&#233;, homme m&#251;r appel&#233; &#224; pr&#233;sider &#224; l'initiation de la g&#233;n&#233;ration suivante.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est avec &lt;i&gt;L 'Herbe&lt;/i&gt; que l'&#339;uvre commence &#224; basculer de nouveau du c&#244;t&#233; de l'autobiographie. &#192; partir de l&#224; certains romans partagent des signes distinctifs. Puisque ces signes vont en s'amplifiant avec le temps, on pourra parler d'un projet autobiographique, entrepris et r&#233;alis&#233; maintenant au second degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Notons d'abord, &#224; partir de &lt;i&gt;L 'Herbe&lt;/i&gt;, le recours p&#233;riodique &#224; un r&#233;el qui est &#224; la fois textuel et concret : visible, lisible et tangible. Dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; m&#234;me le contenu de la bo&#238;te &#224; berlingots et les carnets de Marie ; dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; le portrait de l'anc&#234;tre et le contenu &#171; d'une de ces malles poilues qu'on trouve encore dans les greniers &#187; (RF, p. 54) ; les cartes postales d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; ; le contenu du placard cach&#233; dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;. &#192; chaque fois cette documentation &#8212; objets, images, textes &#8212; sort des oubliettes de l'histoire pour r&#233;sumer une vie, mais de fa&#231;on particuli&#232;re. Avant m&#234;me d'avoir ouvert un carnet Louise savait &#171; qu'elle n'allait trouver ni journal, ni m&#233;moires, ni lettres jaunies, ni quoi que ce soit de ce genre (...) car c'&#233;tait l&#224; des sortes d'id&#233;es (tenir un journal, &#233;crire l'histoire de sa propre vie) qui n'&#233;taient m&#234;me pas capables d'effleurer l'esprit de celle qui les avait tenues &#187; (&lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, p. 120). Si &#171; &#233;crire l'histoire de sa propre vie &#187; est impossible &#8212; Simon en avait d&#233;j&#224; fait l'exp&#233;rience dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; &#8212; vouloir &#233;crire la vie d'autrui risque de para&#238;tre encore plus insens&#233;. Pourtant, c'est justement &#224; cette t&#226;che que Louise va s'atteler dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; en &#233;voquant la vie de Marie. Et voil&#224; justement ce qui fait le prix du tr&#233;sor de Marie. Il fournit un fondement r&#233;aliste pour un projet impossible. T&#233;moignage apparemment authentique du pass&#233;, cet amoncellement d'objets et de paperasses fait un tr&#232;s fort effet de r&#233;el, tout en proclamant l'impossibilit&#233; de reconstituer une vie enti&#232;re. Dans &lt;i&gt;L 'Herbe&lt;/i&gt; comme dans les romans ult&#233;rieurs, ces traces du pass&#233; sont h&#233;t&#233;roclites, fragmentaires ; on peut les inventorier, mais impossible de les &#233;puiser, d'en faire quelque chose de fini, de d&#233;finitivement coh&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation de ce mat&#233;riel prend une place g&#233;n&#233;ralement grandissante dans les romans. Le tr&#233;sor de Marie occupe relativement peu de pages dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, les documents de l'anc&#234;tre encore moins dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Par contre, les cartes postales sont cit&#233;es et d&#233;crites d'un bout &#224; l'autre d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, comme le sont les reliques de L.S.M. dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;. Encore plus significatif, la part du romanesque s'amenuise de roman en roman. Dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; le tr&#233;sor de Marie joue un r&#244;le important dans la construction du r&#233;cit. Transmis &#224; Louise par les soins de la garde, il lui porte un choc psychologique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et, un peu plus tard, quand elle eut ouvert la bo&#238;te, restant l&#224; &#224; regarder son contenu, sans y toucher, &#233;prouvant toujours cette m&#234;me perplexit&#233;, ce m&#234;me effarement, les sourcils fronc&#233;s, silencieuse, et se tenant ainsi, un quart d'heure peut-&#234;tre, immobile. &lt;br/&gt;
(&lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, p. 116)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Froncements des sourcils, silence et immobilit&#233; : autant de traces, de clich&#233;s m&#234;me d'un souci de caract&#233;risation traditionnelle. Dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; le romanesque bat en retraite. Il concerne surtout le drame sentimental de la vie du narrateur, d&#233;doubl&#233; dans celle de l'Oncle Charles. Les cartes postales sont mises en valeur pour elles-m&#234;mes : &#233;vidences myst&#233;rieuses, invitant l'interpr&#233;tation et la refusant. Le romanesque revient-il dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; ? On pourrait l'avancer puisque la d&#233;couverte des documents d&#233;voile, au bout de deux cents pages de suspense, ce que la vieille dame a voulu tenir secret : L.S.M., r&#233;gicide, &#233;tait en plus responsable de la mort de son fr&#232;re. Histoire romanesque s'il en fut : &#171; Tu as lu trop de livres &#187;, disait Blum pour contrer de pareilles imaginations dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Seulement, &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, c'est un peu la revanche de Georges sur Blum, car ici la r&#233;alit&#233; d&#233;passe la fiction. Nous savons, d'apr&#232;s les interviews de Simon, les articles d'encydop&#233;die&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Dictionnaire biographique des g&#233;n&#233;raux et amiraux fran&#231;ais de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que ces documents se r&#233;f&#232;rent &#224; des cas r&#233;els : le g&#233;n&#233;ral Lacombe-Saint-Michel avait un fr&#232;re &#233;migr&#233;, ex&#233;cut&#233; &#224; son retour en France. Comme dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, Simon est en train de broder, d'inventer, non sur rien, mais sur des pi&#232;ces historiques. Ainsi, par le biais de la documentation Simon s'approche, en jouant, d'un r&#233;el qui n'appartient pas au domaine de la litt&#233;rature. En passant par la biographie il trouve un moyen de rejoindre l'autobiographique ; il sugg&#232;re au lecteur d'appliquer &#224; ses romans un crit&#232;re &#233;tranger au roman proprement dit : la v&#233;rification par des r&#233;f&#233;rences ext&#233;rieures au texte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs la biographie glisse vers l'autobiographie : les personnages principaux appartiennent &#224; une seule et m&#234;me famille. Avec le temps cette famille se transforme pour se rapprocher de celle de l'&#233;crivain. Cette &#233;volution se fait en deux mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps Simon construit une famille fictive calqu&#233;e sur sa propre famille mais incorporant bien d'autres &#233;l&#233;ments. La famille Thomas appara&#238;t pour la premi&#232;re fois dans &lt;i&gt;L 'Herbe&lt;/i&gt;. Pour une large part, la vie et la mort de Marie refl&#232;tent celles d'une tante paternelle de Claude Simon. Le courage tranquille de Marie, le sacrifice consenti pour un fr&#232;re plus jeune, la fuite vers le sud-ouest en 1940, la vente de la maison familiale : tout cela est pris sur la vie. Mais si on compare la famille Thomas &#224; la famille paternelle de Simon, on voit &#224; quel point l'&#233;crivain a transform&#233;, pour les besoins de la fiction, la composition de sa famille :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/duncan1.jpg?1368484952' width='500' height='297' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Un Comtois, Prix Nobel de litt&#233;rature 1985 &#187;.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/duncan2.jpg?1368484963' width='500' height='209' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La forme de l'arbre g&#233;n&#233;alogique reste reconnaissable. Il reste m&#234;me dans &lt;i&gt;L 'Herbe&lt;/i&gt; une r&#233;f&#233;rence &#224; la vie professionnelle des vieilles s&#339;urs : une entr&#233;e dans le carnet de comptes : &#171; nos deux traitements &#187; (&lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, p. 121). Mais Louise, la s&#339;ur a&#238;n&#233;e, dispara&#238;t, en dotant de son nom un personnage &#233;tranger &#224; la famille Simon, la femme de Georges ; Antoine, officier de carri&#232;re, devient Pierre, professeur de philologie ; la m&#232;re de Claude Simon, morte dans les ann&#233;es vingt, a peu &#224; voir avec le personnage de Sabine.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les modifications apport&#233;es &#224; la famille Thomas dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, l&#224; encore on voit le romancier traditionnel &#224; l'&#339;uvre. D'abord dans la construction des personnages. Dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; un nouveau personnage d'importance vient s'ajouter &#224; la famille. Pour le construire Simon retravaille quelques aspects de deux personnes : un officier descendu apr&#232;s le massacre de son escadron en pleine d&#233;b&#226;cle de 1940 ; le vieil oncle de &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;, ancien militaire pr&#232;s de mourir, qui trouve du secours seulement dans une &#171; pr&#233;occupation m&#233;ticuleuse du maintien ext&#233;rieur &#187; (CR, p. 25). De cette fusion surgit le capitaine de Reixach, cousin de Georges du c&#244;t&#233; maternel. Son r&#233;giment massacr&#233;, sa vie min&#233;e par l'infid&#233;lit&#233; suppos&#233;e de Corinne, de Reixach fait avancer son cheval sur la route meurtri&#232;re &#224; pas de trot, &#171; droit et raide sur sa selle &#187; (RF, p. 16) ; il traite le massacre de &#171; vilaine affaire &#187; (RF, p. 165). D'ailleurs, les modifications apport&#233;es &#224; la famille Thomas dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; ne nuisent pas sensiblement &#224; l'illusion r&#233;f&#233;rentielle. Bien au contraire, la disparition d'un personnage (en l'occurrence Louise), l'introduction de nouveaux personnages (de Reixach, Corinne, le Conventionnel), et d'une nouvelle th&#233;matique (la hantise du lignage), font partie des conventions de cr&#233;dibilit&#233; impos&#233;es par les romanciers du XIXe si&#232;cle et admises par tout lecteur de roman r&#233;aliste. Balzac ne faisait pas autre chose. Ce qui ne veut pas dire que &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; soit un roman r&#233;aliste. Seulement, quand on pense &#224; tout ce qui mine la repr&#233;sentation dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, il faut aussi faire peser dans la balance tout ce qui soutient l'illusion de r&#233;f&#233;rences fixes et s&#251;res. Le roman se penche alternativement &#8212; on a envie de dire : simultan&#233;ment &#8212; des deux c&#244;t&#233;s. Bien plus que dans les romans pr&#233;c&#233;dents Simon se maintient, difficilement, merveilleusement, sur une corde raide.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps, les membres de cette famille fictive s'effacent peu &#224; peu devant d'autres figures qui sortent plus directement de la famille de l'&#233;crivain. &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; marque une &#233;tape importante dans ce processus. La famille Thomas dispara&#238;t &#8212; pour une raison tr&#232;s simple : les parents, Pierre et Sabine, sont incompatibles avec l'exploitation des cartes postales. &#192; la place de ces parents fictifs, Simon construit deux autres personnages, inconnus, hypoth&#233;tiques : ses propres parents. Le p&#232;re, officier dans un r&#233;giment d'infanterie coloniale fait la plus grande partie de son service aux colonies, entre autres, &#224; Madagascar. Au bout de longues fian&#231;ailles, il &#233;pouse une jeune Fran&#231;aise qui partage sa vie et ses voyages pendant deux ans. Il est tu&#233; &#171; face &#224; l'ennemi &#187; pr&#232;s de Luzy dans la Meuse. La m&#232;re, elle, appartient &#224; une bonne famille pratiquante, bien pensante, &#233;tablie dans une ville du sud-ouest de la France. Fianc&#233;e, &#233;pouse et veuve, elle voue un culte d'admiration &#224; son mari. Elle meurt apr&#232;s une longue et douloureuse maladie quand son fils est encore en bas &#226;ge. Le fils sera &#233;lev&#233; par sa grand-m&#232;re et par un oncle maternel. Ces quelques lignes de description s'appliquent aussi bien aux personnages principaux d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; qu'&#224; la situation familiale de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; reste par certains c&#244;t&#233;s le point culminant de l'&#233;criture autobiographique chez Simon, &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; apportent une correction &#224; un aspect de la famille fauss&#233; par la structure d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;. La disparition des parents Thomas entra&#238;nait dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; un remaniement des autres personnages. Corinne, sans perdre les traits les plus marquants de sa personnalit&#233;, est appel&#233;e &#224; remplir un blanc dans la carte familiale du narrateur : elle devient sa cousine. Du coup, son mari, de Reixach, se trouve expuls&#233; de la famille maternelle du narrateur. Avec lui dispara&#238;t le lignage noble qui dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; rattachait la famille &#224; son pass&#233; aussi bien qu'&#224; l'histoire. &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; remet en place cet aspect de la famille. Dans ce roman Simon fait ressusciter la famille d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; dans celle du &#171; gar&#231;on (...) devenu un homme &#187; (&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, p. 215). &#171; La s&#233;rie de deuils qui avait frapp&#233; la famille &#187; (&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, p. 182) est celle du p&#232;re, de la m&#232;re, de la grand-m&#232;re. Corinne et Oncle Charles sont &#233;galement pr&#233;sents, m&#234;me s'ils y jouent des r&#244;les moins importants &#8212; ce qui r&#233;duit la part du romanesque. Mais surtout, Simon a tenu &#224; restaurer &#224; la famille son lien avec le g&#233;n&#233;ral Conventionnel. De Reixach en fait les frais : dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; il redevient un anonyme chef d'escadron qui a men&#233; ses hommes dans une embuscade. &#192; sa place Simon &#233;tablit une lign&#233;e qui, partant du Conventionnel, descend par le fils ren&#233;gat, le faux pasteur baptiste, la grand-m&#232;re et la m&#232;re, pour arriver enfin au gar&#231;on/visiteur. &#171; J'ai retenu assez d'histoires de famille, de ma famille, pour emplir longtemps mes livres &#187; disait Simon en 1961&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Bourdet, &#171; Images de Paris : Claude Simon &#187;, La Revue de Paris, janv. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, malgr&#233; tout ce qui appartient au domaine du fictif, Simon est enfin arriv&#233; &#224; proposer sa propre famille comme base de toute invention.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;criture &#224; base de documents r&#233;els et d'histoires familiales, o&#249; la part du romanesque se r&#233;duit progressivement : sur cet arri&#232;re-fond tout ce qui touche &#224; la vie de l'&#233;crivain prend des allures autobiographiques. Simon en est conscient. Dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, &#224; deux reprises, il le confirme &#224; sa mani&#232;re et il invite le lecteur &#224; en tirer les cons&#233;quences. D'abord en &#233;voquant &#224; nouveau la fuite de Georges sur la route des Flandres :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Environ deux heures plus tard, il chevauche de nouveau &#224; c&#244;t&#233; d'un autre cavalier derri&#232;re le chef de l'escadron et un lieutenant (il rapporte dans un roman les circonstances et la fa&#231;on dont les choses se sont d&#233;roul&#233;es entretemps : en tenant compte de l'affaiblissement de ses facult&#233;s de perception d&#251; &#224; la fatigue, au manque de sommeil, au bruit et au danger, des in&#233;vitables lacunes et d&#233;formations de la m&#233;moire, on peut consid&#233;rer ce r&#233;cit comme une relation des faits aussi fid&#232;le que possible ; le carrefour et les champs parsem&#233;s de corps, le bless&#233; ensanglant&#233;, le mort &#233;tal&#233; au revers du foss&#233;, sa progressive reprise de conscience, sa brusque d&#233;cision, sa course haletante en remontant la colline dans les pr&#233;s coup&#233;s de haies d'aub&#233;pine, le franchissement de la route o&#249; patrouillent les auto-mitrailleuses ennemies, sa marche dans la for&#234;t (Et o&#249; irez-vous ?), sa soif, le silence du sous-bois, le chant du coucou, les bruits lointains de bombardements, la rencontre impr&#233;vue des deux officiers rescap&#233;s de l'embuscade, l'ordre n&#233;gligent qu'il re&#231;oit de monter sur l'un des deux chevaux de main conduits par l'ordonnance, la travers&#233;e de la ville bombard&#233;e, etc.). &lt;br/&gt;
(&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, p. 51-52)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Passage plein d'humour et admirablement &#233;quivoque qui affirme &#224; la fois un projet autobiographique et tout ce qui l'entrave. Les emp&#234;chements &#8212; et les paradoxes &#8212; sont de taille : les facult&#233;s de perception, la m&#233;moire font d&#233;faut ; le narrateur de ce &#171; r&#233;cit fid&#232;le &#187; &#233;tait un personnage de roman &#8212; tout comme celui dont il s'agit dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; : un &#171; il &#187; qui glisse dans tous les autres &#171; ils &#187; du texte. Pourtant le texte nous propose un crit&#232;re autobiographique : la fid&#233;lit&#233; aux faits. Et la multiplicit&#233; des incidents cit&#233;s tout autant que leur coh&#233;rence avec ceux rapport&#233;s dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; t&#233;moignent de la volont&#233; de respecter ce crit&#232;re de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement la coh&#233;rence qui ressort d'un deuxi&#232;me passage. Trois paragraphes successifs d&#233;crivent les associations qu'&#233;voque l'id&#233;e de la mort :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;longtemps ainsi l'id&#233;e de la mort restera associ&#233;e pour lui au parfum de l'eau de Cologne imbibant ces &#233;ponges qu'on leur mettait dans la main lorsque enfants, pendant la Semaine sainte, habill&#233;s en p&#233;nitents, on les conduisait aupr&#232;s de ces Christs d&#233;charn&#233;s expos&#233;s sur des lits de fleurs et dont ils essuyaient les orteils avant d'y d&#233;poser leurs l&#232;vres. (...) &lt;br/&gt; Plus tard l'id&#233;e de mort se confondra pour lui avec l'odeur &#233;c&#339;urante d'huile chaude et rance qui impr&#233;gnait la nourriture servie aux volontaires &#233;trangers dans la grande salle &#224; manger de ce palace de Barcelone r&#233;quisitionn&#233;. (...) &lt;br/&gt;
Plus tard encore et pour de longues ann&#233;es, cette m&#234;me id&#233;e de mort sera pour lui ins&#233;parable des noms d'une suite de hameaux ou de villages s'&#233;chelonnant entre la Meuse et la Sambre, d&#233;serts dans la campagne d&#233;serte secou&#233;e de loin en loin par les &#233;chos des explosions.&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
(&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, p. 225-227)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfance d&#233;vote, Barcelone r&#233;volutionnaire, la guerre de quarante : &#224; des &#233;poques diff&#233;rentes des associations diff&#233;rentes s'attachent &#224; un seul th&#232;me, et surtout &#224; une seule vie. Voil&#224; l'essentiel. Dans l'&#339;uvre romanesque ce passage fait pendant &#224; celui cit&#233; plus haut et tir&#233; du &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt; : il affirme une continuit&#233; du moi (du &#171; lui &#187;) &#224; travers le temps. Ainsi, l'invitation &#224; relire autrement, autobiographiquement ne concerne pas seulement les &#233;v&#233;nements de la route des Flandres (racont&#233;s et repris dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;) mais s'&#233;tend &#224; l'enfance (&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, m&#234;me &lt;i&gt;Le Tricheur&lt;/i&gt;) et &#224; la mati&#232;re d'Espagne (&lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Sacre du printemps&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;). Simon r&#233;cup&#232;re son &#339;uvre ; r&#233;trospectivement, il la transforme en autobiographie ; il s'engage &#224; avoir parl&#233; de lui &#8212; dans la mesure du possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Devant les manifestes ambigu&#239;t&#233;s de cette &#339;uvre autobiographique par d&#233;cret r&#233;troactif, le lecteur risque de rester quelque peu d&#233;concert&#233;. Quelles sont, en fait, les cons&#233;quences &#224; en tirer ? Et d'abord qu'est-ce que cela change &#224; la lecture de l'&#339;uvre ? En guise de conclusion &#224; ce travail de d&#233;frichage esquissons des voies qui seraient peut-&#234;tre &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Philippe Lejeune, suivant D. Mansell, a sugg&#233;r&#233; que le genre autobiographique se constitue d'une &#171; gradation de textes allant, d'un c&#244;t&#233; vers la platitude du &lt;i&gt;curriculum vitae&lt;/i&gt;, et de l'autre vers la po&#233;sie pure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le pacte autobiographique (bis) &#187;, dans Moi aussi, Seuil, 1986, p. 26.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;). L'&#339;uvre de Simon se trouve plus pr&#232;s de la po&#233;sie que du &lt;i&gt;curriculum vitae&lt;/i&gt;. Plus pr&#233;cis&#233;ment (mais encore assez vaguement), elle se situe sur cette partie de l'&#233;chelle qui s'appelle roman. Elle privil&#233;gie la recherche esth&#233;tique. La critique, en l'examinant en a fait autant. Pendant un certain temps le climat intellectuel &#233;tait tel que d&#233;j&#224; la dimension r&#233;f&#233;rentielle des romans apparaissait comme une tare qu'il fallait passer sous silence ; d'autant plus r&#233;pr&#233;hensible alors toute &#233;vocation d'&#233;ventuels liens entre l'&#339;uvre et la vie de l'&#233;crivain. Simon a favoris&#233; cette approche de son &#339;uvre. Elle correspondait &#224; sa fa&#231;on de concevoir son travail et au jugement auquel il &#233;tait pr&#234;t &#224; se soumettre, c'est-&#224;-dire au jugement esth&#233;tique. Mais l'&#339;uvre a aussi un aspect autobiographique. Elle existe dans un espace autobiographique ; elle &#233;volue vers ce que j'ai appel&#233; une autobiographie au second degr&#233;. D&#233;sormais, donc, elle propose un contrat de lecture qui ne ressemble pas tout &#224; fait &#224; celui d'autrefois et qui permettra peut-&#234;tre de voir des choses qui restaient cach&#233;es tant que la vie et l'&#339;uvre &#233;taient cloisonn&#233;es dans des vases non-communicants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples. Depuis peu de temps les anciennes interdictions sont lev&#233;es et l'on se prom&#232;ne de plus en plus librement dans la dimension r&#233;f&#233;rentielle de l'&#339;uvre. Ainsi la critique f&#233;ministe, se demandant quelle image de la femme se d&#233;gage des romans de Simon, constate la forte dominance d'attitudes et d'images st&#233;r&#233;otyp&#233;es. On regrette que cette &#339;uvre, qui a remis en cause les formes &#233;tablies du roman, ait laiss&#233; intactes des id&#233;es re&#231;ues en ce qui concerne la femme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une lecture qui cherche &#224; comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne voir W. Woodhull, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il est impossible, &#224; mon sens, de comprendre l'image de la femme chez Simon sans mettre ce th&#232;me en pr&#233;sence d'un autre, celui de l'enfance pieuse. &#171; La morale catholique n'admire pas l'&#339;uvre du Cr&#233;ateur dans la forme humaine, et particuli&#232;rement dans la forme f&#233;minine &#187; (CR, p. 179). Philosophiquement Simon s'est distanc&#233; de la morale et de l'enseignement catholique de sa jeunesse. Cependant, l'&#339;uvre porte les traces d'un catholicisme &#224; l'espagnole : une sensualit&#233; mystique se m&#234;le &#224; l'horreur de la chair et la hantise de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On pourra imaginer &#233;galement des &#233;tudes plus approfondies sur les traces de l'enfance dans l'&#339;uvre. &#171; Je crois qu'on peut aller &#224; tout en commen&#231;ant par la description d'un crayon. Le monde &#233;crit n'est pas le monde per&#231;u. Mais par le langage on arrive &#224; des d&#233;couvertes : on se &#034;d&#233;couvre&#034; d'ailleurs soi-m&#234;me en &#233;crivant, dans tous les sens du mot, et c'est un risque &#224; prendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Duranteau, &#171; Claude Simon. &#034; Le roman se fait, je le fais, et il me fait&#034; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. A partir des ann&#233;es soixante Simon a choisi une fa&#231;on de travailler qui privil&#233;gie les apports du langage. Les romans se construisent &#224; partir d'un nombre limit&#233; de g&#233;n&#233;rateurs : mots, images, descriptions, la construction se compl&#232;te par des jeux de variation entre ces m&#234;mes &#233;l&#233;ments. Mais comment expliquer le choix des g&#233;n&#233;rateurs, les embranchements et les reprises successifs, l'&#233;laboration des th&#232;mes et le d&#233;doublement des personnages, surtout les multiples figures de p&#232;re et de m&#232;re ? Par une surd&#233;termination d'ordre linguistique ? C'est la r&#233;ponse qu'a donn&#233;e une certaine critique des ann&#233;es soixante et soixante-dix&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple le brillant article de Jean Ricardou, &#171; La bataille de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais on peut penser que l'&#339;uvre de Simon pose des questions qui ne trouveront finalement de r&#233;ponses que dans des &#233;tudes psychocritiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alastair Duncan &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Universit&#233; de Stirling &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, J. Ricardou, &lt;i&gt;Pour une th&#233;orie du nouveau roman&lt;/i&gt;, 1971, p. 261.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;B.L. Knapp, &#171; Document. Interview avec Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Kentucky Romance Quarterly&lt;/i&gt;, vol. 16, n&#176;2, 1969, p. 182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; R&#233;ponses de Claude Simon &#224; quelques questions &#233;crites de Ludovic Janvier &#187;, &lt;i&gt;Entretiens&lt;/i&gt;, 31, 1972, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, Skira, 1970, pr&#233;face, premi&#232;re page&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Eribon, &#171; Fragments de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 29-30 ao&#251;t 1981, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Poirson, J.-P. Goux, &#171; Un homme travers&#233; par le travail. Entretien avec Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;La Nouvelle critique&lt;/i&gt;, 105, juin-juillet 1977, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet article ne tient pas compte de &lt;i&gt;L 'Acacia&lt;/i&gt;, paru en septembre 1989. En &#233;voquant deux personnages ayant v&#233;cu des &#233;v&#233;nements parall&#232;les au front en 1914 et en 1940, ce roman va dans le sens de l'argument que nous d&#233;veloppons ici. L'aspect autobiographique de l'&#339;uvre de Simon a &#233;t&#233; trait&#233; par John Fletcher dans &#171; Claude Simon : autobiographie et fiction &#187;, &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt;, 414, 1981, p. 1211-1217 ; et par A.C. Pugh dans &#171; Defeat, May 1940 : supplementary history. Before, and after, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;, in &lt;i&gt;The Second World War in Literature&lt;/i&gt;, &#233;d. I. Higgins, Scottish Academic Press, Edinburgh, 1986, p. 121-130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; en anglais dans A. Duncan, &#171; Interview with Claude Simon &#187;, in &lt;i&gt;Claude Simon. New Directions&lt;/i&gt;, Scottish Academic Press, Edinburgh, 1985, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, &#171; Claude Simon avait d&#233;j&#224; re&#231;u le Nobel &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 18 octobre 1985, p. 32 ; &#171; Un Comtois, Prix Nobel de litt&#233;rature 1985 &#187;, &lt;i&gt;Le Jura fran&#231;ais&lt;/i&gt;, 189, janvier-mars 1986, p. 3-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, le titre m&#234;me de la tr&#232;s subtile &#233;tude de C. Britton, &lt;i&gt;Writing the Visible&lt;/i&gt;, Cambridge University Press, 1987 ; ou alors la d&#233;finition de l'esth&#233;tique de Simon qui sera maintes fois reprise et d&#233;velopp&#233;e par L. D&#228;llenbach dans &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt;, Seuil, 1988 : &#171; &lt;i&gt;mimesis&lt;/i&gt;, doubl&#233;e d'une &lt;i&gt;poesis&lt;/i&gt; ou plut&#244;t inspir&#233;e et domin&#233;e par elle puisqu'en s'affirmant celle-ci la met souvent en cause &#187;, p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt;, Minuit, 1947, p. 73. Les r&#233;f&#233;rences aux &#339;uvres de Simon, &#233;dit&#233;es aux &#201;ditions de Minuit, seront d&#233;sormais incorpor&#233;es dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Une voie pour le roman futur &#187;, &lt;i&gt;NRF&lt;/i&gt;, 43, juillet 1956, p. 80. Repris dans &lt;i&gt;Pour un nouveau Roman&lt;/i&gt;, Id&#233;es, Gallimard, 1963, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Dictionnaire biographique des g&#233;n&#233;raux et amiraux fran&#231;ais de la R&#233;volution et de l'Empire&lt;/i&gt;, G. Six, Paris, 1934, cit&#233; par J.-L. Seylaz dans &#171; Lecture du Chapitre 1 &#187; des &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Esprit cr&#233;ateur&lt;/i&gt;, vol. 27, 1, 1987, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; Un Comtois, Prix Nobel de litt&#233;rature 1985 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Bourdet, &#171; Images de Paris : Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;La Revue de Paris&lt;/i&gt;, janv. 1961, p. 136-141. Repris dans &lt;i&gt;Br&#232;ves rencontres&lt;/i&gt;, Grasset, 1963, p. 215-224 (p. 218).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le pacte autobiographique (bis) &#187;, dans &lt;i&gt;Moi aussi&lt;/i&gt;, Seuil, 1986, p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une lecture qui cherche &#224; comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne voir W. Woodhull, &#171; Reading Claude Simon : Gender, Ideology, Representation &#187;, &lt;i&gt;L 'Esprit cr&#233;ateur&lt;/i&gt;, vol. 27, 4, 1987, p. 5-16. Pour une lecture pol&#233;mique voir J. Duffy, &#171; M(i)sreading Claude Simon : a Partial Analysis &#187;, &lt;i&gt;Forum for Modern Language Studies&lt;/i&gt;, vol. 23, 3, 1987, p. 228-240.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Duranteau, &#171; Claude Simon. &#034; Le roman se fait, je le fais, et il me fait&#034; , &lt;i&gt;Les Lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;, 13-19 avril 1967, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple le brillant article de Jean Ricardou, &#171; La bataille de la phrase &#187;, &lt;i&gt;Pour une th&#233;orie du nouveau roman&lt;/i&gt;, Seuil, 1971, p. 118-158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais pourquoi Claude Simon a-t-il &#233;chapp&#233; au purgatoire du Nouveau Roman ?</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Mais-pourquoi-Claude-Simon-a-t-il-echappe-au-purgatoire-du-Nouveau-Roman.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Mais-pourquoi-Claude-Simon-a-t-il-echappe-au-purgatoire-du-Nouveau-Roman.html</guid>
		<dc:date>2013-02-11T09:23:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Yapaudjian-Labat</dc:creator>


		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Roman</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le samedi 16 f&#233;vrier 2013 sur France inter, entre 15h et 16h (vers 33'-38') &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'occasion de la sortie du tome 2 des &#338;uvres de Claude Simon dans la collection de la Pl&#233;iade le 14 f&#233;vrier, Clara Dupont-Monod, dans son &#233;mission Clara et les chics livres, posera en direct par t&#233;l&#233;phone une question &#224; Alastair B. Duncan, directeur de l'&#233;dition scientifique de l'ouvrage : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mais pourquoi Claude Simon a-t-il &#233;chapp&#233; au purgatoire du Nouveau Roman ? &#187;&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-videos-.html" rel="directory"&gt;Ressources audiovisuelles&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nouveau-Roman-+.html" rel="tag"&gt;Nouveau Roman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le samedi 16 f&#233;vrier 2013 sur &lt;i&gt;France inter&lt;/i&gt;, entre 15h et 16h (vers 33'-38')&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'occasion de la &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sortie du tome 2 des &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt; de Claude Simon dans la collection de la Pl&#233;iade&lt;/a&gt; le 14 f&#233;vrier, Clara Dupont-Monod, dans son &#233;mission &lt;a href=&#034;http://www.franceinter.fr/emission-clara-et-les-chics-livres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Clara et les chics livres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, posera en direct par t&#233;l&#233;phone une question &#224; Alastair B. Duncan, directeur de l'&#233;dition scientifique de l'ouvrage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mais pourquoi Claude Simon a-t-il &#233;chapp&#233; au purgatoire du Nouveau Roman ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#338;uvres, tome 2 (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, 2013)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html</guid>
		<dc:date>2012-11-27T21:48:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les G&#233;orgiques</dc:subject>
		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Le&#231;on de choses</dc:subject>
		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>
		<dc:subject>Zemmour, David</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>L'Invitation</dc:subject>
		<dc:subject>Archipel et Nord</dc:subject>
		<dc:subject>Bonhomme, B&#233;r&#233;nice</dc:subject>
		<dc:subject>Pl&#233;iade</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon. &#338;uvres, tome II Gallimard, 14 f&#233;vrier 2013. 1712 p. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan, avec B&#233;r&#233;nice Bonhomme et David Zemmour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce volume contient : introduction, chronologie, note sur la pr&#233;sente &#233;dition ; L'Herbe, Histoire, Les Corps conducteurs, Le&#231;on de choses, Les G&#233;orgiques, L'Invitation, L'Acacia, Le Tramway ; deux textes non publi&#233;s en volume du vivant de Claude Simon : Archipel, Nord ; Appendices : textes, plans et sch&#233;mas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Georgiques-+.html" rel="tag"&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Corps-conducteurs-+.html" rel="tag"&gt;Les Corps conducteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Lecon-de-choses-+.html" rel="tag"&gt;Le&#231;on de choses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Zemmour-David-44-+.html" rel="tag"&gt;Zemmour, David&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Invitation-+.html" rel="tag"&gt;L'Invitation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Archipel-et-Nord-+.html" rel="tag"&gt;Archipel et Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Bonhomme-Berenice-102-+.html" rel="tag"&gt;Bonhomme, B&#233;r&#233;nice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Pleiade-+.html" rel="tag"&gt;Pl&#233;iade&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Simon. &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome II&lt;/strong&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard, 14 f&#233;vrier 2013. 1712 p. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan, avec B&#233;r&#233;nice Bonhomme et David Zemmour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L430xH742/gallimard_pleiade-efc70.jpg?1787696901' width='430' height='742' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce volume contient : introduction, chronologie, note sur la pr&#233;sente &#233;dition ; &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; ; deux textes non publi&#233;s en volume du vivant de Claude Simon : &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; ; Appendices : textes, plans et sch&#233;mas de Claude Simon, relatifs &#224; ses romans ; Notices, Note sur les cartes postales d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, notes, compl&#233;ment bibliographique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L172xH280/pleiade2_bis-1ed97.jpg?1787696901' width='172' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;pr&#233;sentation par Alastair Duncan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En 2001, la Pl&#233;iade propose &#224; Claude Simon de publier un volume de ses &#339;uvres. Simon en &#233;tablit lui-m&#234;me le sommaire : du &lt;i&gt;Vent&lt;/i&gt; (1957) au &lt;i&gt;Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (1997), huit livres, quarante ans de cr&#233;ation. Puis, jusqu'&#224; sa mort en 2005, il aide &#224; la pr&#233;paration du volume, qui para&#238;t en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la disparition de Simon, son &#339;uvre ne conna&#238;t pas de purgatoire. Sa pr&#233;sence, au contraire, s'affirme. Des romanciers qui n'&#233;taient pas n&#233;s &#224; &#171; l'&#232;re du soup&#231;on &#187; la lisent et la citent. On la traduit partout. &#192; l'heure o&#249; le &#171; nouveau roman &#187; n'&#233;met plus, Simon est un &#233;crivain vivant. C'est ce dont la Pl&#233;iade prend acte, peu apr&#232;s la sortie du volume de 2006, en pr&#233;parant une &#171; suite &#187; &#8212; qui n'en est pas une : ce tome II rassemble les &#339;uvres que Simon n'a pas retenues en 2001. &#192; en examiner le sommaire, on saisit que ce second wagon n'a rien d'un wagon de seconde classe. Mais o&#249; chercher l'unit&#233; d'un tel ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon ne s'est pas expliqu&#233; publiquement sur ses choix de 2001. Pour autant, il n'est pas interdit de remarquer que, si des romans &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187; (pour ne pas dire &#171; autobiographiques &#187;) &#233;taient pr&#233;sents dans sa s&#233;lection, ceux qui &#233;taient le plus visiblement fond&#233;s sur un mat&#233;riau familial avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. La famille &#233;voqu&#233;e dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; ressemble &#224; celle des Simon. &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; fait revivre des personnages proches des parents de l'auteur. &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; enchev&#234;tre la vie de L.S.M., conventionnel et g&#233;n&#233;ral d'Empire dont les initiales sont celles d'un trisa&#239;eul de Simon, &#224; des &#233;pisodes v&#233;cus par un volontaire &#233;tranger dans l'Espagne de 1936 et par un cavalier fran&#231;ais de 1940. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, un p&#232;re meurt en 1914, comme celui de Simon, et un fils survit &#224; la d&#233;b&#226;cle de 1940, comme Simon lui-m&#234;me. Et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, o&#249; se rejoignent enfance et vieillesse, traverse une ville anonyme semblable &#224; celle o&#249; l'&#233;crivain a pass&#233; ses premi&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re familiale irrigue donc tout le volume. Mais il y a plus. Peu &#224; peu, Simon renonce partiellement &#224; &#171; inventer &#187; personnages et &#233;pisodes. Il fait des recherches, exploite des archives. La fiction progressivement s'efface. Des critiques trop press&#233;s vont d'ailleurs s'y tromper et qualifier d' &#171; autobiographies &#187; ces romans v&#233;ritables, au grand dam de l'auteur. Car ce qui est prodigieux chez Claude Simon, et ce dont les livres ici rassembl&#233;s t&#233;moignent mieux que d'autres, c'est qu'il abandonne la fiction sans renoncer au romanesque. &#171; Montrer un homme dans toute la v&#233;rit&#233; de sa nature &#187; n'est pas son affaire. &#171; Ces &#233;l&#233;ments biographiques sont des pr&#233;textes, disait-il. Le texte est autre chose. &#187; Parall&#232;le au n&#244;tre sans jamais se confondre avec lui, &#224; la fois fragmentaire et coh&#233;rent, le monde qu'il cr&#233;e &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187; a sa v&#233;rit&#233; propre. Comme celui de Balzac.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres89&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;sentation sur le site des &#233;ditions Gallimard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation en .pdf :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_174 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/pdf/P-I-_Simon_II.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 59.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787681797' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le premier volume, n&#176; 522 de la collection, est toujours disponible&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L180xH293/pleiade1-d2050.jpg?1787696901' width='180' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#233;chos et compte-rendus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Matthieu Gosztola, &lt;a href=&#034;http://www.lacauselitteraire.fr/oeuvres-tome-ii-claude-simon-en-la-pleiade&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome II, Claude Simon en la Pl&#233;iade &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La Cause litt&#233;raire&lt;/i&gt;, 5 novembre 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jacques Henric, &lt;a href=&#034;http://mondesfrancophones.com/chroniques/la-chronique-de-jacques-henric/claude-simon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mondes francophones&lt;/i&gt;, 1er juillet 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=657220&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alastair B. Duncan invit&#233; de Brigitte Kernel&lt;/a&gt; dans &#171; Lire avec ... &#187; sur &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;, le 13 juin &#224; 0h50.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Baptiste Liger, &lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/culture/livre/litterature-francaise/relisons-claude-simon_1248556.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Relisons Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 15 mai 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Marc Emile Baronheid, &#171; &lt;a href=&#034;http://bscnews.fr/201304272865/Les-Classiques/claude-simon-une-esthetique-de-la-de-composition.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claude Simon : une esth&#233;tique de la (d&#233;)composition &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;BSC News&lt;/i&gt;, 28 avril 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fran&#231;ois Xavier, &lt;a href=&#034;http://www.huffingtonpost.fr/francois-xavier/claude-simon-la-pleiade_b_2851524.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le tome 2 des &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt; de Claude Simon dans la Pl&#233;iade ou l'importance du souvenir dans la litt&#233;rature &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Huffington Post&lt;/i&gt;, 19 mars 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Maurice Mourier, &lt;a href=&#034;http://laquinzaine.wordpress.com/2013/03/04/la-quinzaine-litteraire-n1079-du-1er-au-15-mars-2012/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#201;crire contre le temps &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.quinzaine-litteraire.presse.fr/couvertures.php?num=1079&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Quinzaine litt&#233;raire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 1079, 1er mars 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Claude Lebrun, &lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/culture/l-oeuvre-de-claude-simon-desormais-reunie-en-pleia-516376&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'&#339;uvre de Claude Simon d&#233;sormais r&#233;unie en Pl&#233;iade &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 28 F&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Pierre Thibaudat, &lt;a href=&#034;http://blogs.rue89.com/balagan/2013/02/23/claude-simon-dans-la-pleiade-tome-ii-leblouissement-du-desordre-229723&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon dans la Pl&#233;iade, tome II : l'&#233;blouissement du d&#233;sordre &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Rue89&lt;/i&gt;, 23 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nathalie Crom, &lt;a href=&#034;http://www.telerama.fr/livres/oeuvres-ii-pleiade,93636.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Oeuvres II - Pleiade. Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, 19 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Alastair Duncan, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Mais-pourquoi-Claude-Simon-a-t-il-echappe-au-purgatoire-du-Nouveau-Roman.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Mais pourquoi Claude Simon a-t-il &#233;chapp&#233; au purgatoire du Nouveau Roman ? &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;, 16 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jacques-Pierre Amette, &lt;a href=&#034;http://larepubliquedeslivres.com/claude-simon-un-latin-qui-ecrase-sa-montre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon, un latin qui &#233;crase sa montre &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La R&#233;publique des livres&lt;/i&gt;, 15 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Helmut Mayer, &lt;a href=&#034;http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/buecher/autoren/centenarium-ein-jahr-mit-claude-simon-12071347.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ein Jahr mit Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Frankfurter Allgemeine Zeitung&lt;/i&gt;, 14 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un des trois ou quatre qui ne quittent jamais ma table, que je feuillette en permanence. C'est le seul auteur qui repr&#233;sente &#231;a pour moi : ce qui m'int&#233;resse chez lui, c'est presque uniquement le rythme de sa phrase, la musique de sa langue. Ce dont il parle, la guerre, ne m'int&#233;resse pas beaucoup, m'ennuie m&#234;me assez vite. En revanche, sa langue me pla&#238;t &#233;norm&#233;ment. &#187; Marie NDiaye : &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/livres/2013/02/13/j-aime-cette-periode-de-vacance_881624&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; J'aime cette p&#233;riode de vacance &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 13 f&#233;vrier 2013&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Francine de Martinoir, &lt;a href=&#034;http://www.la-croix.com/Culture/Livres/Livres/Claude-Simon-les-miseres-de-la-guerre-_NG_-2013-02-13-910614&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon, les mis&#232;res de la guerre &#187;&lt;/a&gt;, &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, 13 fevrier 2013&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai aussi &#233;t&#233; tr&#232;s marqu&#233;e par &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon et &lt;i&gt;Le Premier Homme&lt;/i&gt; d'Albert Camus, o&#249; il est question d'un p&#232;re disparu. &#187;, Mich&#232;le Audin, &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20130213.OBS8680/je-n-avais-jamais-imagine-que-mon-pere-puisse-aimer.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Je n'avais jamais imagin&#233; que mon p&#232;re puisse aimer &#187;&lt;/a&gt;, BibliObs, 13 f&#233;vrier 2013&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Jean-Paul Gavard-Perret, &lt;a href=&#034;http://www.huffingtonpost.fr/jeanpaul-gavardperret/claude-simon-livre_b_2609551.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon : montages, d&#233;montages &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Huffington Post&lt;/i&gt;, 8 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Claude Perrier, &#171; Claude Simon, &#034;suite&#034; et fin &#187;, &lt;i&gt;Livres Hebdo&lt;/i&gt;, 8 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Claude Simon par Alastair B. Duncan</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon, un &#233;crivain dans la modernit&#233;... par centrepompidou Pr&#233;sentation de Claude Simon (1913-2005) par Alastair B. Duncan, ancien pr&#233;sident de l'ALCS &lt;br class='autobr' /&gt;
Les romans de Claude Simon, prix Nobel de litt&#233;rature en 1985, ont fait de lui un classique du 20e si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; en 1913 &#224; Madagascar, fils d'un officier de carri&#232;re, Simon a v&#233;cu, pour une grande part douloureusement, les &#233;v&#233;nements historiques de la premi&#232;re moiti&#233; du si&#232;cle. Encore enfant, il perd son p&#232;re, tu&#233; au front en 1914, et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-biographie-.html" rel="directory"&gt;Biographie &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/x15eomh&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x15eomh_claude-simon-un-ecrivain-dans-la-modernite-entretien-avec-alastair-duncan-president-de-l-association_creation&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Claude Simon, un &#233;crivain dans la modernit&#233;...&lt;/a&gt; &lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/centrepompidou&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;centrepompidou&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de Claude Simon (1913-2005) par Alastair B. Duncan, ancien pr&#233;sident de l'ALCS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les romans de Claude Simon, prix Nobel de litt&#233;rature en 1985, ont fait de lui un classique du 20e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1913 &#224; Madagascar, fils d'un officier de carri&#232;re, Simon a v&#233;cu, pour une grande part douloureusement, les &#233;v&#233;nements historiques de la premi&#232;re moiti&#233; du si&#232;cle. Encore enfant, il perd son &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Antoine-Louis-Eugene-Simon.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, tu&#233; au front en 1914, et sa &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Suzanne-Denamiel.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;m&#232;re&lt;/a&gt;, rong&#233;e par la maladie, en 1925. Jeune homme, il observe la r&#233;volution espagnole &#224; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Barcelone.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Barcelone&lt;/a&gt; en 1936 ; en 1937, il voyage &#224; travers l'Europe jusqu'en Russie ; en 1940, son r&#233;giment de cavaliers avance &#224; cheval contre les avions et les chars nazis. Il &#233;chappe au massacre de son escadron et voit son colonel abattu devant lui par un tireur isol&#233; &#8211; &#233;pisode qui revient souvent dans ses romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon pratique la peinture et, un peu, la photographie avant de venir &#224; la litt&#233;rature. Ses romans &#8211; dont le premier, &lt;i&gt;Le Tricheur&lt;/i&gt;, para&#238;t en 1945 et le dernier, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, en 2001 &#8211; participent pleinement de l'aventure intellectuelle de la deuxi&#232;me moiti&#233; du si&#232;cle. Comme ses compagnons du Nouveau roman de la fin des ann&#233;es cinquante, il se r&#233;volte contre l'intrigue et l'encha&#238;nement pr&#233;tendu logique de cause &#224; effet. &#192; partir du &lt;i&gt;Vent&lt;/i&gt; (1957) et de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; (1958), une s&#233;rie de romans se pr&#233;sentent comme des tentatives de restitution du pass&#233;. Dans son premier chef d'&#339;uvre, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; (1960), Simon fait revivre son exp&#233;rience de la d&#233;b&#226;cle : la confusion des sens, la vivacit&#233; fragmentaire des souvenirs et des perceptions. Dans &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt; (1962), il revient sur la r&#233;volution &#224; Barcelone. Dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; (1967), les &#233;v&#233;nements d'une seule journ&#233;e lui servent de cadre pour explorer les histoires de sa famille et, discr&#232;tement, les traces de drames personnels, de femmes d&#233;sir&#233;es, aim&#233;es et perdues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit, &#224; partir de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; en 1969, une p&#233;riode d'exp&#233;rimentation formelle. Dans &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt; (1971), &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; (1973) et &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; (1976) la description prime sur la narration ; des histoires fragmentaires s'entrelacent ; le ton est neutre, apparemment objectif. Puis, dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; (1981), Simon revient magistralement &#224; l'Histoire : &#224; c&#244;t&#233; d'un &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/le-General-Lacombe-Saint-Michel.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;anc&#234;tre&lt;/a&gt;, r&#233;volutionnaire et g&#233;n&#233;ral, il place un brigadier de 1940 et un volontaire de la Guerre d'Espagne. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; (1989), il juxtapose sa propre exp&#233;rience de la guerre &#224; celle du p&#232;re tu&#233; en 1914. &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (1999) fait la synth&#232;se de tout ce qui pr&#233;c&#232;de et donne en prime des aper&#231;us de la vie d'un &#233;crivain nobelis&#233; en proie aux journalistes. &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; &#233;voque, avec tendresse mais sans complaisance, l'enfance &#224; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-hotel-de-la-Cloche-d-Or.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Perpignan&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autobiographique chez Simon est toujours soumis &#224; l'imp&#233;ratif esth&#233;tique. Ses romans se caract&#233;risent par l'orchestration des th&#232;mes. En juxtaposant et en imbriquant des motifs, il approfondit parall&#232;les et contrastes, multiplie r&#233;sonances et correspondances. Il joue sur des registres diff&#233;rents, allant du tragique au comique en passant par une ironie corrosive &#8211; par exemple dans &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt; (1987), fruit savoureux d'une visite en URSS en 1986. Ses romans traitent de l'Histoire mais la d&#233;bordent. Par la force de l'imagerie, tir&#233;e notamment de la Bible et de l'antiquit&#233;, le particulier chez lui rejoint l'universel et l'ordinaire prend la coloration du mythe. Son style, h&#233;rit&#233; en partie de Faulkner, est reconnaissable entre tous. Des phrases longues et sinueuses avancent en t&#226;tonnant, se corrigeant, s'amplifiant dans des parenth&#232;ses, avant de revenir, enrichies, &#224; leur point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit dans le monde entier, Simon exerce une influence majeure sur de nombreux jeunes &#233;crivains contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;deuxi&#232;me tome des &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt; de Claude Simon dans la Pl&#233;iade&lt;/a&gt; vient de para&#238;tre &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L182xH146/dossier_bpi-6d60b.jpg?1787684132' width='182' height='146' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://balises.bpi.fr/dossier/claude-simon-la-construction-de-loeuvre-1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon, la construction de l'&#339;uvre &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dossier r&#233;dig&#233; par Alastair B. Duncan &lt;br&gt;
&#224; l'occasion de l'exposition &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-L-Inepuisable-chaos-du-monde-Bibliotheque-Publique-d-Information.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Claude Simon. &#171; L'In&#233;puisable chaos du monde &#187;&lt;/a&gt;.
&lt;br/&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Claude Simon, New directions (1985)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-New-directions-1985.html</link>
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		<dc:date>2012-03-02T17:21:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon, New directions : collected papers. Textes r&#233;unis par Alastair B. Duncan. Edinburgh : Scottish Academic Press, 1985, X-166 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Fragment &#034;. Texte de Claude Simon repris dans L'Acacia, p. 2-21 entretien en anglais avec Claude Simon r&#233;alis&#233; en f&#233;vrier 1983 par Alastair B. Duncan, p. 12-18 Bibliographie s&#233;lective des travaux publi&#233;s jusqu'en 1984, p. 156-164 Britton (C&#233;lia). &#034; Claude Simon's generation game : the family and the text &#034;, p. 19-29 Duffy (Jean H.). &#034; Authorial (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-ouvrages-collectifs-.html" rel="directory"&gt;Ouvrages collectifs &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/logo/arton213.jpg?1330935654' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Simon, New directions : collected papers. Textes r&#233;unis par Alastair B. Duncan. Edinburgh : Scottish Academic Press, 1985, X-166 p.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Fragment &#034;. Texte de Claude Simon repris dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, p. 2-21&lt;br/&gt;
entretien en anglais avec Claude Simon r&#233;alis&#233; en f&#233;vrier 1983 par Alastair B. Duncan, p. 12-18&lt;br/&gt;
Bibliographie s&#233;lective des travaux publi&#233;s jusqu'en 1984, p. 156-164&lt;br/&gt;
Britton (C&#233;lia). &#034; Claude Simon's generation game : the family and the text &#034;, p. 19-29&lt;br/&gt;
Duffy (Jean H.). &#034; Authorial correction and bricolage in the work of Claude Simon &#034;, p. 30-49&lt;br/&gt;
O'Kane (Pat). &#034; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; : the Rout[e] of the Reader ? &#034;, p. 50-60&lt;br/&gt;
Silvermann (Maxim). &#034; Fiction as Process : the later novels of Claude Simon &#034;, p. 61-74&lt;br/&gt;
Duncan (Alastair B.). &#034; Hierarchy and coh&#233;rence : Simon's novels from &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; to &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; &#034;, p. 75-88&lt;br/&gt;
Evans (Michael J.). &#034; The Orpheus myth in &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; &#034;, p. 89-99&lt;br/&gt;
Fletcher (John). &#034; Intertextuality an fictionality : &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; and &lt;i&gt;Hommage to Catalonia&lt;/i&gt; &#034;, p. 100-112&lt;br/&gt;
Pugh (Anthony Cheal). &#034; Facing the matter of History : &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; &#034;, p. 113-130&lt;br/&gt;
Orr (Mary). &#034; The generative image : an exploration of Claude Simon's &lt;i&gt;La Chevelure de B&#233;r&#233;nice&lt;/i&gt; &#034;, p. 131-139&lt;br/&gt;
Sykes (Stuart). &#034; Parmi les aveugles le borgne est roi &#034;. A personal survey of Simon criticism &#034;, p. 140-153&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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