<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.associationclaudesimon.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.associationclaudesimon.org/spip.php?id_mot=404&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Pascal Mesthi</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Pascal-Mesthi.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Pascal-Mesthi.html</guid>
		<dc:date>2021-06-12T22:55:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Mesthi, Pascal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Explosion du port de Beyrouth, 4 ao&#251;t 2020 L'Acacia, au risque de la sociocritique. Gen&#232;se d'un article et contextes belliqueux. Depuis mars 2020, l'humanit&#233; enti&#232;re est en guerre contre un virus &#171; capable d'enrichir en un jour l'Ach&#233;ron &#187;, pour citer &#171; Les Animaux malades de la peste &#187;. L'ami, le parent, l'autre deviennent des ennemis potentiels. Afin de ne pas se laisser (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lectures-de-confinement-.html" rel="directory"&gt;Lectures de confinement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mesthi-Pascal-+.html" rel="tag"&gt;Mesthi, Pascal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Beyrouth.jpg?1623535025' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;p style=&#034;text-align:center&#034;&gt;&lt;a https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/liban/explosions-a-beyrouth/&gt;Explosion du port de Beyrouth, 4 ao&#251;t 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, au risque de la sociocritique. Gen&#232;se d'un article et contextes belliqueux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mars 2020, l'humanit&#233; enti&#232;re est en guerre contre un virus &#171; capable d'enrichir en un jour l'Ach&#233;ron &#187;, pour citer &#171; Les Animaux malades de la peste &#187;. L'ami, le parent, l'autre deviennent des ennemis potentiels. Afin de ne pas se laisser terrasser par eux, on s'arme de masque, de gel hydroalcoolique et de patience. On se replie dans des cellules domestiques aux allures de bunkers. Sur la ligne de front, le corps m&#233;dical livre sa plus &#226;pre bataille. Les entreprises luttent pour leur survie, livrant l'aspect &#233;conomique de cette guerre sans merci. Les plus d&#233;munis, interdits de profiter de leur seule force de travail et priv&#233;s, dans les pays en voie de d&#233;veloppement, de toute source de revenue affrontent la faim &#8211; la fin ! &#8211; en silence. Coup&#233;s de nos proches et de nos amis, notre instinct gr&#233;gaire se mue en morne et froide solitude. Le distanciel concurrence d&#233;sormais le pr&#233;sentiel au point o&#249; nous ne savons plus si nous vivons dans une r&#233;alit&#233; tragique ou dans une fiction dystopique. L'on se demande alors si nous avons tant maltrait&#233; la nature et tant jou&#233; aux apprentis sorciers que la terre a finalement trouv&#233; le moyen de nous le rendre au centuple. Aux guerres m&#233;diatiques o&#249; certains pays occidentaux accusent la Chine d'avoir fabriqu&#233; le virus afin d'asseoir sa supr&#233;matie, s'ajoutent d'autres combats qui ne font pas moins de ravage. Au Liban, mon pays d'origine et de c&#339;ur, cela co&#239;ncide avec l'&#233;croulement des secteurs bancaire et financier. Les Libanais voient s'&#233;vaporer les &#233;pargnes de toute une vie et craignent m&#234;me de n'avoir toujours pas touch&#233; le fond de la crise. Soudain, 55% de la population se retrouve sous le seuil de pauvret&#233;. La d&#233;valuation de la livre est telle que l'on appr&#233;hende le moment o&#249; l'on ne pourra plus faire bouillir la marmite. Le peuple, bravant les restrictions sanitaires, descend dans la rue pour r&#233;clamer le d&#233;part d'une classe dirigeante corrompue, amalgame absurde de princes de guerre et hommes d'affaires mafieux. L'explosion sanglante du port de Beyrouth, le 4 ao&#251;t 2020, soufflant une grande partie de la capitale, ach&#232;ve de conf&#233;rer une image apocalyptique &#224; la situation. Incapables de d&#233;tr&#244;ner une classe politique enracin&#233;e au sein du paysage communautaire apr&#232;s plusieurs mois de contestation, les Libanais d&#233;&#231;us dont je fais partie, amorcent, dans un ultime geste de d&#233;sespoir, des proc&#233;dures d'immigration vers des pays o&#249; leur dignit&#233;, leurs droits et leur vie seraient pr&#233;serv&#233;s. Cette h&#233;morragie massive laisserait le pays &#224; ceux qui applaudissent et m&#233;ritent ainsi de pareils gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de guerre sanitaire, m&#233;diatique, &#233;conomique, financi&#232;re, dans cette lutte entre assassins-voleurs accroch&#233;s au pouvoir et peuple assoiff&#233; de justice qui cherche &#224; prendre en main son destin, comme une invite &#224; &#233;chapper &#224; la r&#233;alit&#233;, je tombe sur une annonce sur le site fabula : &#171; Quatri&#232;me &#233;dition du Prix Claude et R&#233;a Simon destin&#233; aux jeunes chercheurs : La date limite d'envoi des propositions est fix&#233;e au 1er d&#233;cembre 2020. &#187; Et si la lecture de Claude Simon et la r&#233;daction d'un article venaient donner du sens &#224; un monde en d&#233;route ? Je cherche sur les rayons de ma biblioth&#232;que un roman qui semble attendre le moment propice pour m'interpeller : &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. J'esp&#232;re d'abord, en m'y plongeant, meubler des jours ayant perdu leur lien avec le temps. Je souhaite, en outre, &#224; travers la besogne &#224; laquelle je cherche &#224; m'atteler, pouvoir fuir le contexte belliqueux qui me ronge de toutes parts. Se retirer dans sa bulle par r&#233;signation mais surtout pour retrouver le sens de la beaut&#233;, pour se sentir acteur, pour agir, pour retrouver les mots cultiv&#233;s et arros&#233;s telles des plantes et des fleurs dans un jardin qui n'a jamais cess&#233; de me fasciner, celui de la litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le premier v&#339;u, celui de fuir la guerre, ne s'est pas vite exauc&#233;. Je tombe, d&#232;s les premi&#232;res pages du roman, dans les chemins boueux et les tranch&#233;es sinistres de la 1re Guerre Mondiale. Trois figures f&#233;minines toutes de noires v&#234;tues, sillonnent les villages d&#233;labr&#233;s &#224; la recherche de la tombe d'un capitaine - &#171; Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse &#187;, dirait notre cher Baudelaire &#224; propos de la jeune veuve. Les deux s&#339;urs et la &#171; sultane &#187; (p. 113, 137) sont accompagn&#233;es d'un enfant qui, une fois grandi, sera enr&#244;l&#233;, &#224; son tour, dans un nouveau conflit mondial. D&#233;cid&#233;ment, fuir un contexte belliqueux pour tomber dans un autre, cela ne r&#233;pond point &#224; mon attente. Mais je suis vite emport&#233; par le torrent et ce courant o&#249; j'&#233;prouve de moins en moins de r&#233;sistance me m&#232;ne vers des contr&#233;es improbables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerres coloniales engag&#233;es au Sud, conflits mondiaux et d&#233;p&#234;chement des arm&#233;es vers le Nord, soldats, chair &#224; canon, recrut&#233;s dans les classes paysannes d&#233;favoris&#233;es, g&#233;n&#233;raux &#224; l'abri, li&#233;s &#224; une bourgeoisie, elle-m&#234;me h&#233;riti&#232;re de la noblesse de l'Ancien R&#233;gime, vous propulsent d'embl&#233;e dans un monde ayant toujours brandi les armes. Les b&#226;timents de guerre traversant les mers du globe et les trains &#171; &#224; bestiaux &#187; (p. 342) regorgeant de soldats parcourant les terres, le trac&#233; reproduit la ligne du temps r&#233;p&#233;tant &#224; l'envi h&#233;catombe et d&#233;solation. L'Histoire compar&#233;e par Claude Simon &#224; un monstre anthropophage refl&#232;te &#233;galement les traits d'une &#171; charogne d&#233;j&#224; puante &#187; (p. 242). Me voici bien loin de la bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne et du d&#233;paysement recherch&#233;s par la lecture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La danse engag&#233;e par le p&#232;re avec la guerre comme partenaire se m&#233;tamorphose en danse macabre. Mais celle du fils, dessinant d'abord les m&#234;mes pas, offre ensuite une toute autre esquisse. Les luttes entre classes sociales, les frictions entre catholicisme et protestantisme, les animosit&#233;s entre colons et autochtones, se taisent toutes, sous le grade du capitaine. En ressort la dominance du sociolecte militariste qui tente de r&#233;concilier, par la force, des &#233;l&#233;ments antagonistes. Or, le retour de l'identique, &#224; des ann&#233;es d'intervalle, atteste de l'incapacit&#233; de pacifier un monde qui d&#233;rive vers le tragique &#224; cause, justement, de ce sociolecte militariste. Le fils-brigadier, engag&#233; dans le 2e conflit mondial mais fuyant le front &#224; quatre pattes puis passant de longues heures dans un lupanar, ne correspond plus &#224; la figure paternelle du h&#233;ros mort au champ d'honneur. Le portrait du brigadier sauv&#233; des griffes de la guerre offre un nouveau sociolecte qui destitue l'ancien. Les dessins grivois, les croquis de feuilles, de plantes, d'arbres, de fleurs, combin&#233;s &#224; l'acte de lire permettent de triompher de la guerre d&#233;gradant les hommes. S'en d&#233;gage un sociolecte esth&#233;tique o&#249; le dessin repr&#233;sente une m&#233;taphore de l'&#233;criture capable, elle aussi, de d&#233;tacher les &#234;tres &#224; leur &#171; profonde tranch&#233;e &#187; (p. 150).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la charogne de l'Histoire, r&#233;pond ainsi en &#233;cho, une charogne baudelairienne que Claude Simon reprend &#224; son compte pour d&#233;limiter les contours de son esth&#233;tique scripturale. L'alchimie simonienne tend un dessin qui offre un voyage o&#249; la pulsion sexuelle &#233;voque une revanche sur la guerre. M&#234;me si l'&#233;criture reproduit des tableaux belliqueux, elle demeure &#233;galement une tentative d'y voir plus clair. Elle d&#233;peint le monde comme un &#233;norme bagne o&#249; sont s&#233;questr&#233;s, maltrait&#233;s et saign&#233;s des innocents. Elle rapporte une descente aux enfers et cherche &#224; traduire des &#233;l&#233;ments dantesques mythifi&#233;s par l'acte m&#234;me d'&#233;crire. Loin de constituer une d&#233;marche amn&#233;sique, elle grave, noir sur blanc, un v&#233;cu traumatisant et ind&#233;l&#233;bile. Elle rassemble des bribes pour &#233;viter qu'elles se dispersent. Dans cette perspective, les tirets, les parenth&#232;ses, les innombrables &#171; peut-&#234;tre &#187; (p. 325, 326 (2 fois), 333 (2 fois), 344 (3 fois)) au sein d'interminables phrases, peuvent &#234;tre per&#231;us telle une tentative non pas de reproduire simplement les barbel&#233;s qui s&#233;parent mais de relier ce qui pourrait &#234;tre s&#233;par&#233;. Le passage que je choisis de lire incarne, en une seule tr&#232;s longue phrase, ce mouvement de rapprochement et de s&#233;paration. Il lie, rassemble et fige, pour l'&#233;ternit&#233; d'un instant, deux amants que la guerre d&#233;sunit, sur le quai d'une gare. L'&#233;criture, reconstituant l'instant de fusion, &#233;rige, quoique de mani&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re, le mythe de l'androgyne. Cette esth&#233;tique, prenant ici appui sur une hypotypose fascinante, permet, &#224; elle seule, d'&#233;chapper au contexte belliqueux que nous traversons. L'&#233;criture de la guerre parvient &#224; nous rattacher &#224; la guerre mais elle r&#233;ussit &#233;galement &#224; nous en d&#233;livrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons de la place &#224; Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je lis les pages 157-158, des &#201;ditions de Minuit, 1989, r&#233;&#233;dition de 2006 : union et s&#233;paration des amants sur le quai d'une gare :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; De sorte que pendant un moment il (le train) parut ne pas pouvoir se d&#233;gager [&#8230;] d&#233;croissant lui aussi de plus en plus vite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L282xH158/S16_pascal_mesthi-de290.jpg?1787936970' width='282' height='158' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Pascal Mesthi&lt;/strong&gt; travaille depuis 25 ans dans le milieu scolaire. Enseignant des classes primaires, puis compl&#233;mentaires puis secondaires (cursus libanais et fran&#231;ais), il est depuis treize ans membre du conseil de direction d'un &#233;tablissement libanais homologu&#233; par le Minist&#232;re fran&#231;ais de l'&#201;ducation Nationale. Il a soutenu, en d&#233;cembre 2019, &#224; l'Universit&#233; Libanaise, sa th&#232;se en langue et litt&#233;rature fran&#231;aises intitul&#233;e &#171; La qu&#234;te de la pl&#233;nitude dans quatre romans &#034;m&#233;diterran&#233;ens&#034; : &lt;i&gt;Villa Amalia&lt;/i&gt; de P. Quignard, &lt;i&gt;Malicroix&lt;/i&gt; de H. Bosco, &lt;i&gt;Partir&lt;/i&gt; de T. Ben Jelloun, &lt;i&gt;La Voyeuse interdite&lt;/i&gt; de N. Bouraoui &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
