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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
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		<title>&#201;tienne, Yann. La liaison dangereuse et son envers romanesque (2020)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Etienne-Yann-La-liaison-dangereuse-et-son-envers-romanesque-2020.html</link>
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		<dc:date>2021-04-04T16:32:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le&#231;on de choses</dc:subject>
		<dc:subject>Flaubert, Gustave</dc:subject>
		<dc:subject>Etienne, Yann</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Yann &#201;tienne. &#171; La liaison dangereuse et son envers romanesque : &#171; La Charge de Reichshoffen &#187;, un court-circuit narratif de la Le&#231;on de Choses &#187;. Article propos&#233; pour le troisi&#232;me s&#233;minaire des jeunes chercheurs, annul&#233; en 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt; Le&#231;on de Choses, treizi&#232;me roman de Claude Simon, n'a pas la place qu'il m&#233;rite dans sa bibliographie. Il se situe &#224; un moment charni&#232;re de son &#339;uvre : entre les romans o&#249; s'affirme la po&#233;tique simonienne et ceux qui la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Lecon-de-choses-+.html" rel="tag"&gt;Le&#231;on de choses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Flaubert-Gustave-+.html" rel="tag"&gt;Flaubert, Gustave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Etienne-Yann-+.html" rel="tag"&gt;Etienne, Yann&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Yann &#201;tienne. &#171; La &lt;i&gt;liaison dangereuse&lt;/i&gt; et son envers romanesque : &#171; La Charge de Reichshoffen &#187;, un court-circuit narratif de la &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; &#187;. Article propos&#233; pour le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/3e-Seminaire-des-jeunes-chercheurs.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;troisi&#232;me s&#233;minaire des jeunes chercheurs&lt;/a&gt;, annul&#233; en 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;introduction&#034;&gt;Introduction&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;, treizi&#232;me roman de Claude Simon, n'a pas la place qu'il m&#233;rite dans sa bibliographie. Il se situe &#224; un moment charni&#232;re de son &#339;uvre : entre les romans o&#249; s'affirme la po&#233;tique simonienne et ceux qui la renouvellent, prend place une p&#233;riode dite formaliste, &#233;minemment probl&#233;matique dans son appellation, qui recouperait &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Corps Conducteurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; et enfin &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;. L'appellation &#171; formaliste &#187; peut se justifier &#8211; par l'attention accentu&#233;e sur la construction narrative et scripturale de ces livres &#8211; tout en pr&#233;sentant rapidement ses limites &#8211; &lt;i&gt;l'Herbe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;la Route des Flandres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; n'affichent-ils pas des constructions narratives tout aussi complexes ? Que serait ce formalisme sur un sujet non biographique et non romanesque, sinon un exercice de style, dont l'appellation douteuse est d&#233;j&#224; un acte de r&#233;ception biais&#233; en soi ? Simon d&#233;fend d'ailleurs son livre aupr&#232;s de J&#233;r&#244;me Lindon, qui, semble-t-il, ne l'avait pas accueilli comme il faut : &#171; je ne consid&#232;re pas du tout ce livre comme une &#339;uvre marginale (ainsi que vous me le disiez au cours de notre conversation t&#233;l&#233;phonique apr&#232;s votre premi&#232;re lecture) mais tout au contraire comme l'aboutissement d'une longue recherche &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Calle-Gruber, Mireille. Claude Simon. Une vie &#224; &#233;crire, Paris, Le Seuil, 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Cette longue recherche t&#233;moigne d'abord d'un processus d'&#233;criture qui n'a cess&#233; de se transformer, un peu &#224; la mani&#232;re des &lt;i&gt;Corps Conducteurs&lt;/i&gt; : le livre commence d'abord comme un &#171; placard &#187; po&#233;tique &#224; la demande de Jacques Dupin, et qu'illustrera Alechinsky. Le texte sera repris par Simon et finalis&#233; en f&#233;vrier 1975 sous le titre de &lt;i&gt;Chutes&lt;/i&gt;, et ce en m&#234;me temps que s'&#233;labore &lt;i&gt;les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, n&#233;anmoins rest&#233; &#171; en panne &#187; pendant l'&#233;criture de &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;. Cette p&#233;riode est surtout caract&#233;ris&#233;e par la mise en &#339;uvre de l'auto-engendrement du texte, qui pr&#233;side aussi la construction des &lt;i&gt;Corps Conducteurs&lt;/i&gt;. Pourtant, si le texte est refa&#231;onn&#233; par Simon, le temps d'&#233;criture semble relativement bref, surtout lorsqu'on le compare au livre qui le suivra, ces m&#234;mes G&#233;orgiques qui ont occup&#233;es Simon pendant huit ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pourquoi, alors, qualifier ce livre d'aboutissement d'une longue recherche, et non d'&#339;uvre &#224; la marge ? Peut-&#234;tre parce qu'il est un point d'acm&#233; d'un travail de construction narrative que Simon entreprend depuis longtemps. L'on verra ainsi que &#171; La Charge de Reichshoffen &#187; apparait &#224; bien des &#233;gards comme l'envers du roman r&#233;aliste, instaurant par un syst&#232;me de correspondance un &lt;i&gt;fascinus&lt;/i&gt; graphique, o&#249; les courts-circuits narratifs d&#233;ploient une &#233;rotique de la lecture qui vient justifier le sujet du r&#233;cit. L'on d&#233;ploiera d'abord l'architecture structurelle et intertextuelle de &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;, dont l'inscription litt&#233;raire est d&#233;j&#224; un programme po&#233;tique. L'&#233;tude des man&#339;uvres sc&#233;niques permettra de d&#233;composer la construction narrative du r&#233;cit en m&#234;me temps que la figure d&#233;grad&#233;e du couple bourgeois. Cette saisie ironique des relations sera ensuite augment&#233;e et transform&#233;e par les correspondances analogiques n&#233;es du montage, qui dessine la r&#233;currence des images sexuelles. &#171; La Charge de Reichshoffen &#187; apparaitra alors comme un envers romanesque pluriel : le court-circuit po&#233;tique fait dialoguer le roman r&#233;aliste, le roman populaire et le roman exp&#233;rimental par une technique de composition unique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;intertexte&#034;&gt;I. Architecture intertextuelle de la &lt;i&gt;Le&#231;on&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;macrostructure&#034;&gt;A. Description macrostructurelle du livre&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le principe formel qui organise &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; s'attache &#224; un seul lieu, cadre des trois intrigues diff&#233;rentes, situ&#233;es sur un plan temporel diff&#233;rent. Trois situations narratives principales sont m&#234;l&#233;es. La premi&#232;re est la sc&#232;ne-Estelle : une jeune femme, dont le nom n'est connu qu'&#224; la fin, marche avec deux autres femmes, une petite fille, et un homme, qui la s&#233;duira et aura avec elle une relation sexuelle lors d'un rendez-vous nocturne. La seconde est la sc&#232;ne-Ma&#231;ons : des ma&#231;ons entreprennent des travaux dans cette m&#234;me pi&#232;ce. La troisi&#232;me est la sc&#232;ne-Soldats : des soldats, retranch&#233;s dans la maison, guettent et affrontent des soldats ennemis. Les trois &#233;pisodes sont juxtapos&#233;s et m&#233;lang&#233;s dans le corps des trois parties narratives, sans qu'aucun signe typographique ne vienne indiquer &#224; quel moment l'on passe d'une situation &#224; une autre. La composition semble se faire selon une discontinuit&#233; revendiqu&#233;e, alternant sans ordre r&#233;p&#233;t&#233;e les trois sc&#232;nes, certainement pour &#233;viter la mise en place d'un syst&#232;me d'agencement qui serait r&#233;p&#233;titif (et donc attendu), et ainsi privil&#233;gier le passage d'une sc&#232;ne &#224; une autre par associations d'id&#233;es ou correspondances. Cet effet de tripartition du texte avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; utilis&#233; auparavant dans Triptyque, construit selon le m&#234;me proc&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Si l'on exclut le prologue et l'&#233;pilogue, le livre s'ouvre et se ferme sur la sc&#232;ne-Estelle, qui est le seul &#233;pisode qui pr&#233;sente une v&#233;ritable trame narrative que l'on peut borner : promenade, isolation, s&#233;duction, d&#233;but de l'acte sexuel, fin de l'acte sexuel, d&#233;part d'Estelle. Le contenu des deux interm&#232;des est &#224; ce sujet significatif : les &#171; Divertissements &#187; prennent pour sujet la sc&#232;ne-Soldats (I) et la sc&#232;ne-Ma&#231;ons (II) &#8211; laissant donc entendre, m&#234;me si les divers titres de Le&#231;on de choses semblent ironiques, que la sc&#232;ne-Soldats et la sc&#232;ne-Ma&#231;ons sont un divertissement par rapport au r&#233;cit principal qui serait donc la sc&#232;ne-Estelle. Il semble donc que la sc&#232;ne-Estelle soit narrativement au centre de &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;, et que les deux autres sc&#232;nes viennent ensuite s'y ajouter les deux autres sc&#232;nes par compl&#233;mentation.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;bovary&#034;&gt;B. &lt;i&gt;Bovary travestie&lt;/i&gt; : un nouvel art du montage&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le principe de composition de &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; renvoie &#224; un intertexte qui explicite la finalit&#233; de cette composition : &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, matrice protocolaire de &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Kaempfer a fait le rapprochement dans &#171; Les romans de l'&#226;me, m&#233;taphore (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;pisode amoureux de la sc&#232;ne-Estelle semble rejouer le livre de Flaubert, et plus particuli&#232;rement la liaison entre Emma Bovary et Rodolphe. Un certain nombre de r&#233;f&#233;rences implicites le montre : les noms d'Emma et de Charles (le nom du compagnon l&#233;gitime d'Estelle) apparaissent via les &#233;ph&#233;m&#233;rides du calendrier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Saint Anselme, Saint Charles. [&#8230;] Sainte Sophie, Sainte Emma [&#8230;] &#187; Claude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la longue &#233;num&#233;ration qui cl&#244;t &#171; la Charge de Reichshoffen &#187; (Il crie Estelle &#233;coutez-moi ! Estelle, &#201;lodie, &#201;milie, &#201;lisabeth, H&#233;l&#232;ne, Sylvie, Gilberte, Edith, Odette. &#187;, p. 642) montre l'interchangeabilit&#233; du pr&#233;nom pour un personnage g&#233;n&#233;rique. Le personnage de la vache, crucial dans la &#171; Charge de Reichshoffen &#187;, recomposera l'animalit&#233; symbolique de &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Depuis samedi j'ai travaill&#233; de grand c&#339;ur [...]. Cela sent un peu mieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; la race bovine effraie notamment Emma lorsqu'elle se rend &#224; pied jusqu'&#224; la Huchette, la demeure de son amant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Elle avait peur des b&#339;ufs, elle se mettait &#224; courir &#187; Gustave Flaubert, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais c'est surtout dans sa composition technique, narrative et th&#233;matique, que &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; est intimement li&#233; &#224; &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; deux &#233;pisodes pr&#233;cis : le chapitre VIII (les comices agricoles) et le chapitre IX (l'adult&#232;re consomm&#233;, avec Rodolphe) de la seconde partie. L'un inspire le dispositif de montage de &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;, l'autre le sujet de la sc&#232;ne-Estelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre VIII de &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt; est analys&#233; par Mario Vargas Llosa dans ses &lt;i&gt;Lettres &#224; un jeune romancier&lt;/i&gt; comme l'un des exemples de compositions narratives possibles que le romancier p&#233;ruvien appelle les &#171; vases communicants &#187;. Le chapitre VIII est ainsi &#171; une sc&#232;ne o&#249; [&#8230;] il se produit deux (voire trois) &#233;v&#232;nements diff&#233;rents qui, racont&#233;s d'une fa&#231;on m&#234;l&#233;e, se contaminent r&#233;ciproquement et d'une certaine fa&#231;on se modifient. En raison de cette organisation, les diff&#233;rents &#233;v&#233;nements, articul&#233;s en un syst&#232;me de vases communicants, &#233;changent des faits v&#233;cus et il s'&#233;tablit entre eux une interaction qui am&#232;ne les &#233;pisodes &#224; se fondre en une unit&#233;, avec un r&#233;sultat bien diff&#233;rent de celui de pures anecdotes juxtapos&#233;es. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres &#224; un jeune romancier, Paris, Arcades, Gallimard, p.132&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les trois &#233;v&#233;nements m&#234;l&#233;s sont la description de la foire rurale et ce qu'il s'y passe, la s&#233;duction d'Emma par Rodolphe, et le discours du conseiller Lieuvain. La compl&#233;mentation entre les trois &#233;pisodes, entrem&#234;l&#233;s au sein d'un m&#234;me flux narratif, court-circuite l'ensemble des trois s&#233;quences selon un principe ironique qui &#233;rode tout, mais dont la victime la plus certaine est la tentative de s&#233;duction d'Emma par Rodolphe, op&#233;rante au niveau de la fiction (Emma succombe) mais pas pour le lecteur qui ne peut souscrire &#224; la sc&#232;ne amoureuse tenue au milieu de la chaotique foire agricole. Les vases communicants sont ainsi une technique de composition narrative macrostructurelle, qui se d&#233;finit par la narration simultan&#233;e de sc&#232;nes diff&#233;rentes (spatialement, chronologiquement), avec pour effet une compl&#233;mentation entre celles-ci. Le&#231;on de choses est r&#233;solument construit sous la logique des vases communicants, parce que les trois segments narratifs sont profond&#233;ment crois&#233;s, &#224; la fois narrativement et th&#233;matiquement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;L'autre ombre intertextuelle de &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; est le chapitre IX, concr&#233;tisation charnelle de l'adult&#232;re naissant entre Emma et Rodolphe. Celui-ci fournit le pr&#233;-texte dictant le comportement masculin et f&#233;minin : on y lit l'h&#233;sitation trembl&#233;e de la femme (&#171; Elle t&#226;chait de se d&#233;gager mollement. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Livre de poche, 1999, p. 263&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), la cour m&#233;thodique et implacable de l'homme (&#171; Il fut calme, s&#233;rieux, m&#233;lancolique. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 262&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; il redevint aussit&#244;t respectueux, caressant, timide. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 263,&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et le m&#234;me abandon f&#233;minin final au milieu des pleurs (&#171; Elle renversa son cou blanc, qui se gonflait d'un soupir ; et, d&#233;faillante, tout en pleurs, avec un long fr&#233;missement et se cachant la figure, elle s'abandonna. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 264&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Mais Flaubert &#8211; ce qui ne lui &#233;vitera pas un proc&#232;s &#8211; ne va pas d&#233;tailler la relation sexuelle, simplement sugg&#233;r&#233;e par le terme d'abandon. Ce qui n'est pas dit directement &#8211; ce qui constitue donc une ellipse de la fiction &#8211; va &#234;tre remplac&#233; et figur&#233; par un moment de suspens qui vient remplacer la suite logique des choses et dire de mani&#232;re m&#233;taphorique les effets de la gymnastique charnelle : &#171; Les ombres du soir descendaient ; le soleil horizontal, passant entre les branches, lui &#233;blouissait les yeux. &#199;&#224; et l&#224;, tout autour d'elle, dans les feuilles ou par terre, des taches lumineuses tremblaient, comme si des colibris, en volant, eussent &#233;parpill&#233; leurs plumes. Le silence &#233;tait partout ; quelque chose de doux semblait sortir des arbres ; elle sentait son c&#339;ur, dont les battements recommen&#231;aient, et le sang circuler dans sa chair comme un fleuve de lait. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce chaste drap&#233; m&#233;taphorique que le roman de Simon va recomposer ; s'il garde l'id&#233;e des correspondances analogiques, il sera beaucoup plus direct et pr&#233;cis que Flaubert.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;debacle&#034;&gt;II. De la charge &#224; la d&#233;b&#226;cle : la man&#339;uvre &#224; l'&#339;uvre&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le troisi&#232;me chapitre de &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;, &#171; La Charge de Reichshoffen &#187;, affiche d&#232;s son titre l'id&#233;e de la m&#233;taphore militaire. Or, de la charge &#224; la d&#233;b&#226;cle, tout n'est question que de &lt;i&gt;man&#339;uvres&lt;/i&gt;. La sc&#232;ne-Estelle est la description d'une man&#339;uvre &#233;rotique, qui s'accompagne d'une man&#339;uvre &lt;i&gt;narrative&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le texte va mimer cette progression de l'intrigue-Estelle : alors que la sc&#232;ne d' &#171; Expansion &#187; s'ouvre sur cinq personnages (les deux femmes, l'enfant, Estelle, l'homme), c'est pourtant vers une r&#233;duction de ce contingent que se dirige le r&#233;cit. L'homme cherche en effet &#224; fixer un rendez-vous nocturne, et le r&#233;cit le d&#233;peint comme un chasseur cherchant &#224; isoler une proie : &#171; Elle r&#233;p&#232;te je vous en prie je vous en supplie elles vont se demander ce que nous. Profitant d'un &#233;largissement du sentier, l'homme la devance prestement et s'immobilise, lui barrant le passage. &#187; (p. 590). La m&#233;taphore cyn&#233;g&#233;tique est tout aussi op&#233;rante que celle de la guerre : ce n'est qu'une fois la proie accul&#233;e (le rendez-vous nocturne) que la charge pourra &#234;tre lanc&#233;e. &#171; La Charge de Reichshoffen &#187; isole en effet le couple de protagoniste : &#224; l'exception d'un bref interlude qui prend pour sujet un p&#233;cheur, une femme et l'enfant, Estelle et son compagnon seront les seuls personnages de l'action. Or, si ce r&#233;tr&#233;cissement s'op&#232;re, c'est bien &#233;videmment sous la man&#339;uvre de l'homme, dont la charge, si elle va lui permettre d'obtenir ce qu'il a voulu (l'orgasme &#233;tant ici le pauvre ersatz du combat h&#233;ro&#239;que), deviendra litt&#233;ralement une d&#233;bandade, bien loin de l'image d'Epinal du rendez-vous nocturne. Sans munition (&#171; Elle dit [&#8230;] vous avez tout l&#226;ch&#233; &#187;, (p. 640), il ne sera plus qu'impuissant, acteur passif de la suite de la sc&#232;ne : assistant d'abord aux ablutions de la femme (&#171; Elle essuie son con avec un pan du tissu d&#233;chir&#233;. &#187; (p. 638), sa d&#233;tresse inqui&#232;te (&#171; Les sanglots l'&#233;touffent. Il lui tapote gauchement l'&#233;paule &#187; (p. 640), sa fureur et sa fuite (&#171; Elle crie esp&#232;ce de esp&#232;ce de esp&#232;ce de. Elle tourne brusquement le dos et part en courant. &#187;, p. 642). La charge animale c&#232;de sa place &#224; une d&#233;b&#226;cle en r&#232;gle de l'adult&#232;re id&#233;alis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La charge annonc&#233;e est trait&#233;e apparemment selon un mode clinique. Le texte se construit par des phrases froides d&#233;crivant anatomiquement ce qu'il s'y passe : &#171; Il cherche &#224; la renverser sur le c&#244;t&#233;. Les tr&#233;teaux de l'&#233;chafaudage grincent &#224; chacun de leurs mouvements. Elle s'appuie en se cramponnant d'une main &#224; l'une des planches rugueuses parsem&#233;es de menus &#233;clats de pl&#226;tre. La tranche de la planche est h&#233;riss&#233;e d'&#233;chardes. &#187; (p. 622). La phrase ne traduit aucun affect et se contente de d&#233;crire une situation avec pr&#233;cision : l'utilisation du pr&#233;sent, donnant l'impression d'une simultan&#233;it&#233; entre l'action et l'&#233;criture de l'action, participe &#224; cette logique anatomiste qui prendra encore plus de sens quand le sujet deviendra biologique et corporel. La juxtaposition des trois sc&#232;nes est li&#233;e &#224; une juxtaposition des phrases entre elles, sans connecteurs, circonstants, liants entre les propositions : la phrase va &#224; l'essentiel, et op&#232;re en soustraction d'elle-m&#234;me pour &#234;tre clinique. Cette logique anatomiste se raffermit dans la description de l'acte sexuel. Dans Madame Bovary, la relation sexuelle &#233;tait sugg&#233;r&#233;e. Mais chez Simon la liaison dangereuse va &#234;tre le pr&#233;texte d'une histoire naturelle, le&#231;on biologique mais aussi sexuelle : &#171; Tenant toujours de la main la base de son membre, l'homme tire en arri&#232;re la peau du fourreau qui s'accumule et forme une collerette de replis apr&#232;s le bourrelet du gland. Peu &#224; peu la longue verge noire dispara&#238;t dans l'&#233;paisse broussaille de poils. Ses nodosit&#233;s froissent la chair humide qui se resserre sur elles, puis, brusquement, elle s'enfonce toute enti&#232;re. &#187; (p. 625). L'anatomie profond&#233;ment animale du couple bourgeois s'en trouve expos&#233;e ; le grotesque du type social se d&#233;couvre ainsi par son envers repr&#233;sent&#233;. La d&#233;b&#226;cle se poursuit dans le discours frapp&#233; d'anacoluthe : &#171; il il y a plein de ros de ros&#233;e &#187; &#171; oui oui moi aussi mais pas ici oui moi aussi mon ch&#233;ri mais l'her l'herbe. &#187; (p. 620). La rupture de formulation du langage est l&#224; pour exprimer l'h&#233;sitation et l'appr&#233;hension de la femme face aux assauts empress&#233;s de l'homme, ce que montre le lexique utilis&#233; pour qualifier ses actions et mouvements : &#171; Il cherche &#224; la faire se coucher. &#187;, &#171; Il cherche &#224; la renverser sur le c&#244;t&#233;. &#187; (p. 622), &#171; Tout &#224; coup l'homme dit Alors comme &#231;a ! et la retournant brutalement la penche en avant sur la barri&#232;re. &#187; (p. 624). La parodie de la man&#339;uvre militaire se dessine dans les verbes de mouvement. La narration man&#339;uvre la construction de la sc&#232;ne, mimant la charge sexuelle, caract&#233;risant par des proc&#233;d&#233;s langagiers et sc&#233;niques la nature de ses personnages. La correspondance permise par le montage narratif va poursuivre cette entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;correspondance&#034;&gt;III. La correspondance : l'image sexuelle comme fascinus&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La man&#339;uvre &#233;rotique est permise par une man&#339;uvre sc&#233;nique qui exacerbe la sc&#232;ne-Estelle, appuyant, par effet de correspondance et de contraste, l'action qui s'y d&#233;roule. On peut parler, en reprenant la formule c&#233;l&#232;bre de Baudelaire, d'un art de la correspondance &#224; l'&#339;uvre dans &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;. Il ne s'agit pas ici de synesth&#233;sie, mais d'une porosit&#233; entre les sc&#232;nes, qui se construit sous le r&#233;gime de l'analogie et de la m&#233;taphore.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;corps&#034;&gt;A. &lt;i&gt;Les corps conducteurs&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La vache, spectateur assidu de la sc&#232;ne, va faire office de juge mutique mais &#233;loquent de la sc&#232;ne. Le r&#233;gime analogique qui la justifie est soigneusement construit : le rapport sexuel s'amorce quand la femme tend sa &#171; croupe &#187; puis &#224; la phrase d'apr&#232;s la vache &#171; se met en marche &#187;, mimant ainsi, alors, l'acte charnel lui-m&#234;me qui d&#233;bute. La juxtaposition d'une phrase-Estelle avec une phrase-vache (&#171; Les fesses nerveuses ont des faibles soubresauts. [...] La vache continue &#224; progresser [&#8230;] &#187;) produit ce parall&#232;le contigu entre les deux situations, dont les produits sonores sont semblables : la vache produit des &#171; bruits de succion &#187; alors que la femme faisait pr&#233;c&#233;demment &#171; entendre un long chuintement &#187; (p. 625). Puis, de figuration analogique, la vache devient spectateur indiff&#233;rent : &#171; La vache s'est arr&#234;t&#233;e et se tient immobile, sa masse noire et formidable, montagne, au-dessus d'eux (si pr&#232;s qu'il pourrait presque la toucher en &#233;tendant le bras), avec son &#233;chine infl&#233;chie &#187; (p. 632). Elle n'est pourtant pas si mutique, puisque sa posture &#171; immobile, formidable, infl&#233;chie &#187; (p. 632) tranche avec les contorsions grotesques auxquelles se livrent l'homme et la femme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Une ombrelle, tenue par une jeune femme, sera le sujet d'une exp&#233;rience p&#233;ri-&#233;rotique mimant et rejouant le geste masturbatoire qui a lieu dans la partie &#171; Le&#231;on de choses &#187; : &#171; Sa main d&#233;licate joue &#224; faire pivoter sur elle-m&#234;me la poign&#233;e sculpt&#233;e, tournoyant dans un sens puis dans l'autre. Le corps &#233;cailleux du dragon d'ivoire, [&#8230;] la langue apparaissent et disparaissent tour &#224; tour entre les doigts de porcelaine teint&#233;s de rose. &#187; (p. 626). Puis ce sera le poulpe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un rapprochement semblable se retrouve dans la Route des Flandres &#171; cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui reproduira la brusquerie masculine et l'abandon f&#233;minin : &#171; L'&#233;norme main rougeaude d'un p&#234;cheur saisit brusquement le petit poulpe dont les tentacules se collent aussit&#244;t autour de son poignet. D'un geste preste il retourne la poche &#224; encre. Les tentacules se d&#233;tachent et pendent inertes, comme une chevelure mouill&#233;e. &#187; (p. 630).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;C'est &#233;galement au niveau olfactif que s'op&#232;re une correspondance des sensations : &#171; Quand [les p&#233;cheurs] passent pr&#232;s d'elle [la femme &#224; l'ombrelle] elle sent leur forte odeur m&#234;l&#233;e &#224; celle de la mar&#233;e. Une forte odeur &#224; la fois de coquillage et d'humus monte de l'&#233;paisse toison noire [d'Estelle] sous les fesses polies o&#249; le membre va et vient avec des acc&#233;l&#233;rations et des ralentissements. &#187; (p. 632). L'olfactif reviendra, cette fois dans une porosit&#233; avec la sc&#232;ne-Ma&#231;ons : &#171; En d&#233;pit de la fen&#234;tre rest&#233;e ouverte, il s'exhale des v&#234;tements de travail entass&#233;s contre le mur ou suspendus au tr&#233;teau une tenace odeur de sueur refroidie qui se m&#234;le &#224; celle des pl&#226;tras et du papier moisi pendant des murs en longues d&#233;chirures. L'odeur forte de la jeune femme se r&#233;pand dans la pi&#232;ce. &#187; (p. 635). Le passage d'une sc&#232;ne &#224; une autre s'op&#232;re via l'analogie sensuelle entre les deux parfums. C'est donc bien selon la logique de la correspondance et de la compl&#233;mentation que s'op&#232;re la technique des vases communicants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les correspondances avec la sc&#232;ne-Ma&#231;ons et la sc&#232;ne-Soldats vont ensuite appuyer la sc&#232;ne-Estelle de r&#233;sonances inattendues. Le tir d'une fus&#233;e va &#233;galement permettre des analogies avec la relation sexuelle : &#171; &lt;i&gt;brusquement&lt;/i&gt;, [&#8230;] le &lt;i&gt;chuintement&lt;/i&gt; rapide d'une fus&#233;e [&#8230;] d&#233;chire le silence. Le bruit soyeux de l'air froiss&#233; s'intensifie et d&#233;croit rapidement [&#8230;] dans le ciel &lt;i&gt;noir&lt;/i&gt;. [&#8230;] Arriv&#233;e tr&#232;s haut, en bout de course, la t&#234;te de la fus&#233;e &lt;i&gt;&#233;clate&lt;/i&gt; [&#8230;]. Le tireur et le chargeur ont &lt;i&gt;sursaut&#233;&lt;/i&gt; [&#8230;]. &#187; (p. 640) . La sc&#232;ne reproduit le m&#234;me sch&#233;ma : brusquerie (&#171; l'homme [&#8230;] la retournant &lt;i&gt;brutalement&lt;/i&gt; &#187;, p. 624), bruit caract&#233;ristique de la charge (&#171; l'homme tient la base de son membre dont il pousse la t&#234;te entre les poils boucl&#233;s et mouill&#233;s. [&#8230;] La femme fait entendre un long &lt;i&gt;chuintement&lt;/i&gt;. &#187;), m&#234;me texture du r&#233;ceptacle (&#171; Il sent la chair &lt;i&gt;soyeuse&lt;/i&gt; et br&#251;lante coiffer son gland &#187;, p. 625 ), m&#234;me r&#233;solution en acm&#233; (&#171; &#224; l'int&#233;rieur de la &lt;i&gt;chair&lt;/i&gt; obscure le long membre raidi se tend encore, l&#226;chant de longues &lt;i&gt;gicl&#233;es&lt;/i&gt; de sperme &lt;i&gt;noir&lt;/i&gt; &#187;, p. 637) qui am&#232;ne aux m&#234;mes soubresauts (&#171; les &#233;paules de la femme continuent &#224; &#234;tre secou&#233;es de tressaillement nerveux &#187; ). Un &#339;uf, mang&#233; par l'un des ma&#231;ons, sera compar&#233; &#224; une &#171; sorte de microcosme ovulaire dont le centre condenserait l'univers tout entier. &#187; (p. 640). Le lien lexical entre l'&#339;uf et l'ovaire appelle &#224; consid&#233;rer le sexe f&#233;minin &#8211; et derri&#232;re lui, le d&#233;sir sexuel - comme centre du r&#233;cit, &#171; comme si la totalit&#233; des images attir&#233;es et p&#233;n&#233;trant par la surface luisante venait pour ainsi dire se pr&#233;cipiter, se concasser dans un noyau serr&#233; &#187; . Un r&#233;seau analogique de correspondances tisse ainsi des liens profonds entre les trois sc&#232;nes intrigu&#233;es, selon un double axe principal : sexe-allumette-fus&#233;e, vache-femme-poulpe, que viennent appuyer de nombreuses images subliminales. On retrouve l&#224; les effets propres au collage, que Simon explicite ainsi : &#171; [si] on r&#233;ussit &#224; &#233;tablir entre deux signifiants un rapport formel &#171; parlant &#187;, il se produit alors un ph&#233;nom&#232;ne qui semble tenir du prodige : &#224; savoir que va appara&#238;tre de surcro&#238;t [&#8230;] une ouverture signifiante, un sens ambigu, incertain, &#171; trembl&#233; &#187; comme dirait Barthes, non explicit&#233;, mais souvent [&#8230;] riche et g&#233;n&#233;rateur (ou charg&#233;) de vibrations &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ludovic Janvier et Claude Simon, &#171; R&#233;ponses de Claude Simon &#224; quelques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;subliminale&#034;&gt;B.	L'image subliminale : une persistance r&#233;tinienne du fascinus&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La pr&#233;dominance des images sexuelles dans les autres sc&#232;nes s'explique par la correspondance analogique et la logique picturale qui r&#233;gissent l'ensemble de Le&#231;on de Choses. La logique picturale, omnipr&#233;sente dans le livre, instaure donc le regard comme moyen de perception premier du r&#233;cit &#8211; avec une pr&#233;dominance sur les autres sens, n&#233;anmoins pr&#233;sents. Le regard prime, dirige la sc&#232;ne, dicte le champ de la cam&#233;ra narrative.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Doit-on parler de pornographie pour qualifier la repr&#233;sentation de cette relation sexuelle explicite ? L'&#233;tymologie nous renseigne : la pornographie est d'abord &#171; la peinture des prostitu&#233;es &#187;, comme le montre Pascal Quignard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Sexe et l'Effroi, Paris, Gallimard, 1996, 355 p., p. 14.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais le sens d&#233;rive de son acception restreinte pour d&#233;signer ensuite de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale la &#171; &lt;a href=&#034;https://www.cnrtl.fr/lexicographie/pornographie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;peinture obsc&#232;ne&lt;/a&gt; &#187;. Qu'est-ce que l'obsc&#232;ne, sinon ce qui est habituellement au-devant de la sc&#232;ne (le &lt;i&gt;ob&lt;/i&gt; latin signifiant ce mouvement de mise en avant), ce qui capte la lumi&#232;re et le regard ? La repr&#233;sentation de la relation sexuelle prend effectivement le pas sur les autres sc&#232;nes de &#171; la Charge de Reichshoffen &#187; par sa monstruosit&#233; sc&#233;nique. Il n'y a pourtant pas d'appr&#234;t particulier dans cette repr&#233;sentation, sinon une simple description refusant la pudeur et le voile chaste. Claude Simon lui-m&#234;me parle de la pornographie comme transgression : &#171; Quant au porno [&#8230;], il transgresse &#224; la fois les interdits sexuels, ceux du bon go&#251;t, de la beaut&#233;, de l'&#233;l&#233;gance, de l'intelligence&#8230; [C'est] une sorte de &#171; non-art &#187; absolu qui, &#224; ce titre, est peut-&#234;tre, dans la mesure o&#249; il semble attirer le public, remueur de quelque chose. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#233;r&#233;nice Bonhomme, Claude Simon, la passion cin&#233;ma, Presses Universitaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette transgression passe justement par la repr&#233;sentation sexuelle dans &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Comme le montre Pascal Quignard dans &lt;i&gt;Le Sexe et l'effroi&lt;/i&gt;, la conception sexuelle est li&#233;e intimement &#224; la question de la fascination. Dans la langue latine, le phallos grec devient le fascinus, terme qui donnera la fascination, originellement le sentiment de p&#233;trification qui s'empare de l'homme ou de l'animal face &#224; une angoisse insoutenable : &#171; fasciner contrait celui qui voit &#224; ne plus d&#233;tacher son regard &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pri&#232;re d'ins&#233;rer du Sexe et l'effroi, Folio, Gallimard&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;, et plus particuli&#232;rement dans &#171; la Charge de Reichshoffen &#187;, tout se passe comme si le fascinus (la relation sexuelle) laissait une empreinte r&#233;siduelle sur le regard locuteur du r&#233;cit. Les surimpressions entre les trois sc&#232;nes, dues au montage en court-circuit, laissent sur la r&#233;tine du texte un souvenir m&#233;moriel, qui vient dicter la porosit&#233; entre les sc&#232;nes et la correspondance entre les images. Ce ne sont pas seulement, ainsi, les mots-carrefours qui agissent comme seuils entre les mondes, mais l'image sexuelle qui pr&#233;domine sur les autres. Le fascinus est une affaire de r&#233;tine. Cette porosit&#233; est presque une contamination textuelle, selon la c&#233;l&#232;bre formule de Fran&#231;ois Jost qui parlait de &#171; mauvaises fr&#233;quentations contextuelles. &#187; pour expliquer &#171; l'aventure de la femme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans la notice Pl&#233;iade de Le&#231;on de choses. Claude Simon, op. cit., p. 1478.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;ros fr&#233;n&#233;tique qui alimente la sc&#232;ne-Estelle devient ainsi v&#233;ritablement graphique : non seulement il est d&#233;peint dans toute son anatomie par l'&#233;criture, mais il passe au statut d'image mobile, contaminant ses plus proches voisins selon une logique du court-circuit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;circuits&#034;&gt;IV. Un envers romanesque : le&#231;on de courts-circuits&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;periode&#034;&gt;A. P&#233;riode classique, s&#233;quence narrative, r&#233;ponse sexuelle &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Si le r&#233;cit n'est qu'une longue phrase&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le r&#233;cit est une grande phrase, comme toute phrase constative est, d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour reprendre la phrase de Barthes, on peut penser en parall&#232;le phrase et r&#233;cit, pour analyser la &lt;i&gt;p&#233;riode narrative&lt;/i&gt;. La p&#233;riode classique des grands orateurs antiques peut &#234;tre d&#233;compos&#233;e entre trois moments distincts : la protase (litt&#233;ralement la &#171; tension en avant &#187;), mont&#233;e ascendante de la phrase ou du segment ; vient ensuite l'&lt;i&gt;acm&#233;&lt;/i&gt; (le &#171; sommet, l'apog&#233;e &#187;), le point le plus haut de la phase ascendante, &#224; partir duquel elle ne fera que redescendre ; puis, dernier moment de la s&#233;quence, l'&lt;i&gt;apodose&lt;/i&gt;, phase descendante.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; La Charge de Reichshoffen &#187; peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme acm&#233; et apodose de la sc&#232;ne-Estelle &#8211; tout ce qui pr&#233;c&#232;de &#233;tant une mont&#233;e en tension narrative ; mais l'on peut aussi d&#233;composer la sc&#232;ne-Estelle de &#171; la Charge de Reichshoffen &#187; selon ce triple sch&#233;ma graduel. La progression de la p&#233;riode narrative est proche de la progression &#233;rotique de l'acte sexuel, comme le montre le sch&#233;ma de la r&#233;ponse sexuelle humaine qui se con&#231;oit selon la m&#234;me logique : &lt;i&gt;excitation&lt;/i&gt; (protase) &lt;i&gt;plateau&lt;/i&gt; (o&#249; le niveau d'excitation est constant), &lt;i&gt;orgasme&lt;/i&gt; (acm&#233; restreinte), &lt;i&gt;r&#233;solution&lt;/i&gt; (phase descendante). Il y a donc une concordance &#233;vidente entre le sujet et sa narration, correspondance narrative et th&#233;matique qui fonde la nature singuli&#232;re de cette sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;circuit&#034;&gt;B. Un court-circuit g&#233;n&#233;ral et m&#233;thodique&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Tant du point de vue de l'&#233;rotisme que de la narration, la progression classique du sch&#233;ma narratif est emp&#234;ch&#233;e, complexifi&#233;e, &#224; cause du montage qui entrecoupe l'intrigue de la sc&#232;ne-Estelle. Mais la tension narrative de la sc&#232;ne emprunte &#224; une autre logique &#233;rotique, li&#233;e &#224; la nature du d&#233;sir. Le d&#233;sir est en effet le vecteur initial de la r&#233;ponse sexuelle. Or, quand il se concr&#233;tise, et que la phase d'excitation devient phase de plateau puis orgasme, ce n'est plus un d&#233;sir, mais un plaisir. Le d&#233;sir se con&#231;oit en effet comme un manque, une insatisfaction &#224; combler : plus un d&#233;sir est rapidement assouvi, moins est grand le plaisir &#8211; et plus longue est l'attente, plus ch&#232;re est la r&#233;compense. Cette logique du d&#233;sir &#233;rotique est tr&#232;s proche de la tension narrative, et plus pr&#233;cis&#233;ment d'un de ses composantes, le suspense. Le suspense n'appartient m&#234;me pas &#224; la litt&#233;rature r&#233;aliste, mod&#232;le (certes chim&#233;rique) contre lequel se d&#233;veloppe le Nouveau Roman, mais &#224; la litt&#233;rature populaire. C'est l'un des outils narratifs macrostructurels du roman-feuilleton mais c'est surtout au sein du r&#233;cit policier (que d&#233;velopperont notamment Conan Doyle et Leblanc) qu'il trouvera sa pleine inscription dans la force romanesque de la narration. Le suspense peut se d&#233;finir comme un outil narratif et romanesque dont le but premier est de susciter l'adh&#233;sion narrative (le plaisir de la lecture, et sa poursuite jusqu'&#224; la fin du livre) par la r&#233;tention volontaire d'informations qui &#233;venteraient et d&#233;voileraient les dessous et composantes de l'intrigue. Le suspense est un voile qui cache l'envers du d&#233;cor, la savante machinerie mise en place par l'auteur. Le genre du &lt;i&gt;whodunit&lt;/i&gt;, tel que l'a popularis&#233; Agatha Christie, symbolise cette po&#233;tique narrative qui cherche &#224; prendre le lecteur dans une d&#233;marche d'investigation allant vers une r&#233;solution impliquant diagnostic et pronostic, pour reprendre les termes de Raphael Baroni. Ce suspense, profond&#233;ment li&#233; au genre populaire, n'est donc pas, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, ce que l'on peut attendre d'un &#233;crivain qui est plus souvent plac&#233; parmi les romanciers formalistes et exp&#233;rimentaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;C'est pourtant ce suspense si romanesque que Simon va provoquer par ce montage si sp&#233;cifique. Simon construit en effet la conduite et la r&#233;solution de la sc&#232;ne-Estelle selon une &lt;i&gt;progression retard&#233;e&lt;/i&gt;, emp&#234;ch&#233;e &#224; chaque fois d'avancer comme le ferait une intrigue classique par le syst&#232;me de court-circuit qu'op&#232;rent les vases communicants. En effet, les analogies provoqu&#233;es par les correspondances emp&#234;chent de lire la sc&#232;ne-Estelle sous le seul signe du d&#233;sir : la continuit&#233; chronologique de la sc&#232;ne est constamment coup&#233;e par les interm&#232;des des autres sc&#232;nes, qui, s'ils filent parfois la sc&#232;ne-Estelle selon un parall&#232;le m&#233;taphorique, ont aussi leurs autonomies propres. L'effet est alors double : il provoque, par la r&#233;tention de la suite de l'intrigue qui n'interviendra qu'apr&#232;s une s&#233;quence de texte qui ne l'entretient pas directement (sc&#232;ne-Ma&#231;ons, sc&#232;ne-Soldats), une recrudescence du d&#233;sir &#233;rotique de la lecture (devenu plus grand, plus vif, car non-satisfait) ; mais en m&#234;me temps, ce d&#233;sir de connaitre la suite de l'intrigue n'est pas seulement emp&#234;ch&#233;, il est aussi savamment entretenu par un art de la correspondance analogique et m&#233;taphorique, qui vient rejouer, recomposer des images subliminales qui rappellent la situation premi&#232;re &#8211; la seule pr&#233;sentant une intrigue sch&#233;matis&#233;e selon le principe progression-apog&#233;e-redescente.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le choix d'une intrigue amoureuse et sexuelle n'est donc pas anodin : celle-ci postule une &#233;rotique, qui est &#224; la fois la mati&#232;re de l'intrigue (la relation charnelle entre Estelle et son amant adult&#232;re) et la mati&#232;re du r&#233;cit (un montage narratif qui joue avec le lecteur). La sc&#232;ne-Estelle, et sa r&#233;solution au sein de &#171; la Charge de Reichshoffen &#187;, est donc la clef de voute de &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;, proposant ainsi une r&#233;ponse &#224; ce syst&#232;me de montage. Les vases communicants de ce r&#233;cit, devenus courts-circuits narratifs, n'ont donc rien d'un pur exercice de style, mais s'inscrivent effectivement au sein d'un tr&#232;s long travail de d&#233;construction des topoi romanesques. Non seulement Simon se place dans un creux du roman r&#233;aliste (la non-repr&#233;sentation du sexe) mais il se place aussi dans un creux du Nouveau Roman (l'absence de mise en intrigue classique) : il donne &#224; voir et &#224; lire la relation sexuelle absente de &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt; et des grands romans r&#233;alistes du XIX&#232;me si&#232;cle, mais il pervertit aussi une technique des grands raconteurs d'histoire selon une alchimie narrative unique qui prend place dans une pratique du montage devenue po&#233;tique oeuvrale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;conclusion&#034;&gt;Conclusion&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les mots poss&#232;dent [&#8230;] ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait &#233;pars &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, &#338;uvres, I, Paris, Gallimard, 2006, p. 1182.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Simon rappelait, dans sa Pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion Aveugle&lt;/i&gt;, l'une des caract&#233;ristiques premi&#232;res de sa technique narrative : la rencontre, au sein du r&#233;cit, d'&#233;l&#233;ments et de situations (temporelles, fictionnelles) normalement h&#233;t&#233;rog&#232;nes. Comme on le voit avec &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt;, cette alchimie particuli&#232;re r&#233;sulte souvent d'une pratique du montage, qui est &#224; la fois graphique, sc&#233;nique, mais surtout po&#233;tique. C'est l'intrication entre la composition formelle et le sujet fictionnel qui justifie d&#232;s lors la r&#233;f&#233;rence &#224; &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;. Cette pr&#233;sence intertextuelle n'est pas anodine, elle est l&#224; pour montrer o&#249; le roman simonien s'incarne : dans l'envers du roman flaubertien et du roman r&#233;aliste. Mais Simon ne se contente pas d'explorer les non-dits intertextuels du roman r&#233;aliste, il ajoute &#224; cela une technique narrative qui souligne encore plus cruellement que Flaubert la double b&#234;tise bourgeoise. Le feuillet&#233; sc&#233;nique r&#233;v&#232;le un art de la composition amen&#233; &#224; un point tel qu'il justifie la fiction mise en place : l'exercice de style n'en est pas un, par l'ad&#233;quation parfaite entre la mati&#232;re d&#233;ploy&#233;e et la mani&#232;re de l'&#233;crire. La relation sexuelle construite selon une progression retard&#233;e d&#233;ploie ainsi une &#233;rotique de la lecture et de l'&#233;criture. Il ne faudrait pas donc voir dans &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; une simple entreprise de d&#233;construction, puisque c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; partir des &#171; Chutes &#187; (narratives, fictionnelles, picturales) que naissent trois sc&#232;nes distinctes, mais intriqu&#233;es et augment&#233;es par l'art du court-circuit qui est r&#233;solument &#171; l'aboutissement d'une longue recherche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;bibliographie&#034;&gt;Bibliographie&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;corpus&#034;&gt;Corpus principal&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;SIMON, Claude, &lt;i&gt;&#338;uvres I&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, 2006, 1664 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
SIMON Claude, &lt;i&gt;&#338;uvres II&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, 2013, 1712 p.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;secondaire&#034;&gt;Corpus secondaire&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;BARONI Raphael, &lt;i&gt;La Tension narrative. Suspense, curiosit&#233; et surprise&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 2007, 448 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ROLAND BARTHES, &lt;i&gt;L'Analyse structurale du r&#233;cit&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1981, 178 p. (&#171; Points &#187;).&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
FLAUBERT, Gustave, &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, Paris, Livre de Poche, 1999&lt;br class='autobr' /&gt;
LLOSA, Mario Vargas, &lt;i&gt;Lettres &#224; un jeune romancier&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2000, 154 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
QUIGNARD Pascal, &lt;i&gt;Le Sexe et l'Effroi&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1996, 355 p.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;lecon&#034;&gt;Sur Claude Simon et &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ALBERS, Irene, &lt;i&gt;Lectures allemandes de Claude Simon&lt;/i&gt;, Presses Universitaires du Septentrion, 2018, 238 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
BERCHTOLD Jacques, &lt;a href=&#034;https://flaubert.univ-rouen.fr/revue/article.php?id=64&amp;fbclid=IwAR0fuoFeHJvhcBzrZOvHLQCvfnzbv2CZKFwv3Fw-1kjS7e9cNGa4Dm-ZuAM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Figures de l'auteur en b&#234;tes : autor&#233;flexivit&#233; dans &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Revue Flaubert&lt;/i&gt;, n&#176;10. &lt;i&gt;Animal et animalit&#233; chez Flaubert&lt;/i&gt;, 2010&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
BONHOMME, B&#233;r&#233;nice, &lt;i&gt;Claude Simon, la passion cin&#233;ma&lt;/i&gt;, Presses Universitaires du Septentrion, 2018, 448 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
BUTLIN, Nina Hopkins, &#171; Sens et textualit&#233; dans &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Initial(e)s&lt;/i&gt;, vol. 8, 1988, p. 45&#8211;51.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
CALLE-GRUBER, Mireille, &lt;i&gt;Claude Simon. Une vie &#224; &#233;crire&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 2011, 464 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DIRKX, Paul, &#171; Corps de l'&#233;crivain et &#233;rotisme litt&#233;raire chez Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes ; Association des lecteurs de Claude Simon, d&#233;cembre 2017, p. 145-160.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DUNCAN, Alastair B., &#171; La description dans Le&#231;on de choses de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Litt&#233;rature&lt;/i&gt;, vol. 38 / 2, 1980, p. 95-105.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
EVANS, M., &lt;i&gt;Claude Simon and the Transgressions of Modern Art&lt;/i&gt;, Springer, 1988, 335 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
EVANS, Michael, &#171; Two Uses of Intersexuality : References to Impressionist Painting and &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt; in Claude Simon's &lt;i&gt;Lecon De Choses&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Nottingham French Studies&lt;/i&gt;, vol. 19 / 1, Edinburgh University Press, mai 1980, p. 33-45.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
GAUDIN, Colette, &#171; Niveaux de lisibilit&#233; dans &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Romanic Review&lt;/i&gt;, vol. 68 / 3, Columbia University, Dept. Of French and Romance Philology, etc., 1977, p. 175.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
HAMAN-DHERSIN, Catherine, &lt;i&gt;Paysages de Claude Simon&lt;/i&gt;, Presses Universitaires du Septentrion, 2018, 262 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
HAMON, Philippe, &#171; &#192; propos du &#8220;G&#233;n&#233;rique&#8221; de &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;L'Esprit cr&#233;ateur&lt;/i&gt;, vol. 27 / 4, JSTOR, 1987, p. 89&#8211;102.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
JANSSENS, Peter, &lt;i&gt;Claude Simon : Faire l'histoire&lt;/i&gt;, Presses Univ. Septentrion, 1998, 216 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
JANVIER, Ludovic et SIMON, Claude, &#171; R&#233;ponses de Claude Simon &#224; quelques questions &#233;crites de Ludovic Janvier &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes ; Association des lecteurs de Claude Simon, mai 2014, p. 9-20.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
O'DONNELL, Thomas D., &#171; Claude Simon's &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; : Myth and Ritual Displaced &#187;, &lt;i&gt;International Fiction Review&lt;/i&gt;, vol. 5 / 2, 1978.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
RAITT, Alan William, &lt;i&gt;Gustavus Flaubertus Bourgeoisophobus : Flaubert and the Bourgeois Mentality&lt;/i&gt;, Peter Lang, 2005, 216 p.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ROUAUD, Jean, &#171; Le dernier cavalier &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes ; Association des lecteurs de Claude Simon, d&#233;cembre 2009, p. 147-153.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
VINKEN, Barbara, &lt;a href=&#034;http://books.openedition.org/septentrion/19450&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Maculature ou De la difficult&#233; de lire. &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, in Irene Albers, Wolfram Nitsch, (&#233;ds.). &lt;i&gt;Lectures allemandes de Claude Simon&lt;/i&gt;, textes r&#233;unis par Irene Albers et Wolfram Nitsch, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2018, (&#171; Claude Simon &#187;), p. 149-170.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Calle-Gruber, Mireille. &lt;i&gt;Claude Simon. Une vie &#224; &#233;crire&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Kaempfer a fait le rapprochement dans &#171; Les romans de l'&#226;me, m&#233;taphore du primordial &#187;, in &lt;i&gt;Transports les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, Albers I. et Nitsch, W. (dirs), Peter Lang, 2006, p. 136-149&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Saint Anselme, Saint Charles. [&#8230;] Sainte Sophie, Sainte Emma [&#8230;] &#187; Claude Simon, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, II, Paris, Gallimard, 2013, p. 642.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Depuis samedi j'ai travaill&#233; de grand c&#339;ur [...]. Cela sent un peu mieux la campagne, le fumier [...]. Tous les Parisiens voient la nature d'une fa&#231;on &#233;l&#233;giaque et proprette, sans baug&#233;e de vaches et sans orties (&#224; Louise Colet, 16 d&#233;cembre 1852) cit&#233; par Jacques Bershtold, &#171; Figures de l'auteur en b&#234;tes : autor&#233;flexivit&#233; dans &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Revue Flaubert&lt;/i&gt;, n&#176;10, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Elle avait peur des b&#339;ufs, elle se mettait &#224; courir &#187; Gustave Flaubert, &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, Paris, Livre de Poche, 1999, p. 268&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lettres &#224; un jeune romancier&lt;/i&gt;, Paris, Arcades, Gallimard, p.132&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gustave Flaubert, &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, Paris, Livre de poche, 1999, p. 263&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 262&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid., p. 263&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid., p. 264&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un rapprochement semblable se retrouve dans la Route des Flandres &#171; cette chose au nom de b&#234;te, de terme d'histoire naturelle &#8211; moule poulpe pulpe vulve &#8211; [&#8230;] &#187; Claude Simon, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, I, Paris, Gallimard, 2006, 1664 p., p. 220.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ludovic Janvier et Claude Simon, &#171; R&#233;ponses de Claude Simon &#224; quelques questions &#233;crites de Ludovic Janvier &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, mai 2014, p. 920.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Sexe et l'Effroi&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1996, 355 p., p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;B&#233;r&#233;nice Bonhomme, &lt;i&gt;Claude Simon, la passion cin&#233;ma&lt;/i&gt;, Presses Universitaires du Septentrion, 2018, 448 p., p. 207.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pri&#232;re d'ins&#233;rer du &lt;i&gt;Sexe et l'effroi&lt;/i&gt;, Folio, Gallimard&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans la notice Pl&#233;iade de &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;. Claude Simon, op. cit., p. 1478.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le r&#233;cit est une grande phrase, comme toute phrase constative est, d'une certaine mani&#232;re, l'&#233;bauche d'un petit r&#233;cit &#187; Roland Barthes, &lt;i&gt;L'Analyse structurale du r&#233;cit&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1981, 178 p., (&#171; Points &#187;), p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, I, Paris, Gallimard, 2006, p. 1182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>3e S&#233;minaire des jeunes chercheurs</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/3e-Seminaire-des-jeunes-chercheurs.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/3e-Seminaire-des-jeunes-chercheurs.html</guid>
		<dc:date>2021-04-04T15:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Ollivier, Emilie</dc:subject>
		<dc:subject>Etienne, Yann</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me s&#233;minaire des chercheurs d&#233;butants, coordonn&#233; par Karen Haddad et Dominique Viart, devait avoir lieu le vendredi 5 juin 2020 &#224; l'Universit&#233; Paris Nanterre, en collaboration avec le Centre des sciences des litt&#233;ratures en langue fran&#231;aise (EA 1586) et le Centre de recherche en litt&#233;rature et po&#233;tique compar&#233;es (EA 3931). &lt;br class='autobr' /&gt;
En raison de la pand&#233;mie de coronavirus, ce s&#233;minaire a malheureusement d&#251; &#233;tre annul&#233;. Les chercheurs qui avaient propos&#233; des communications pour le s&#233;minaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-actualites-de-l-alcs-.html" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s de l'ALCS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Ollivier-Emilie-+.html" rel="tag"&gt;Ollivier, Emilie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Etienne-Yann-+.html" rel="tag"&gt;Etienne, Yann&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1043 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/201611-presentation-bandeau-v02.jpg?1575584897' width='500' height='69' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me s&#233;minaire des chercheurs d&#233;butants, coordonn&#233; par &lt;a href=&#034;https://www.parisnanterre.fr/mme-karen-haddad-wotling-haddad--696254.kjsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Karen Haddad&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.parisnanterre.fr/m-dominique-viart--700914.kjsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dominique Viart&lt;/a&gt;, devait avoir lieu le vendredi 5 juin 2020 &#224; l'&lt;a href=&#034;https://www.parisnanterre.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Universit&#233; Paris Nanterre&lt;/a&gt;, en collaboration avec le &lt;a href=&#034;https://www.parisnanterre.fr/recherche/ea-1586-centre-des-sciences-de-la-litterature-francaise-cslf--55717.kjsp?RH=rec_lab&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Centre des sciences des litt&#233;ratures en langue fran&#231;aise (EA 1586)&lt;/a&gt; et le &lt;a href=&#034;https://www.parisnanterre.fr/recherche/ea-3931-centre-de-recherches-en-litterature-et-poetique-comparees-398898.kjsp?RH=rec_lab&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Centre de recherche en litt&#233;rature et po&#233;tique compar&#233;es (EA 3931)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En raison de la pand&#233;mie de coronavirus, ce s&#233;minaire a malheureusement d&#251; &#233;tre annul&#233;. Les chercheurs qui avaient propos&#233; des communications pour le s&#233;minaire ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; les publier sur le site de l'ALCS.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;milie Ollivier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lire son article : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Ollivier-Emilie-La-distance-romanesque-simonienne-comme-un-renouvellement-de-la.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La distance romanesque simonienne comme un renouvellement de la distanciation brechtienne. Lecture crois&#233;e de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/IMG_9048.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/IMG_9048.jpg?1617489096' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;milie Ollivier a entam&#233;, en 2019, un doctorat en litt&#233;rature compar&#233;e &#224; l'Universit&#233; de Nantes sous la direction de Philippe Forest, apr&#232;s avoir valid&#233; un master &#224; l'universit&#233; Paris X - Nanterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses sujets de recherches principaux s'articulent autour des &#233;tudes th&#233;&#226;trales et de l'&#233;criture de soi ou autofiction dans les &#339;uvres du XXe et XXIe si&#232;cle (domaine franco-am&#233;ricain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est, par ailleurs, depuis mai 2020, la cr&#233;atrice et r&#233;dactrice en chef de la revue en ligne &lt;a href=&#034;https://www.ecrituredesoi-revue.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;criture de soi-R&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, consacr&#233;e aux &#233;critures &#224; la premi&#232;re personne et &#224; destination des jeunes chercheur.euse.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yann &#201;tienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lire son article : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Etienne-Yann-La-liaison-dangereuse-et-son-envers-romanesque-2020.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La liaison dangereuse et son envers romanesque : &#171; La Charge de Reichshoffen &#187;, un court-circuit narratif de la &lt;i&gt;Le&#231;on de Choses&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/photo_YE.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/photo_YE.jpg?1617489245' width='500' height='481' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Yann &#201;tienne b&#233;n&#233;ficie d'un contrat doctoral ED 354 et pr&#233;pare sa th&#232;se au sein du CIELAM &#224; l'universit&#233; d'Aix-Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail, sous la direction de Christine Marcandier, s'intitule : &#171; De la pleine fiction (Dumas, Verne, Leblanc) &#224; la post-fiction (Abeille, Volodine, Echenoz) : aventures et m&#233;saventures de la litt&#233;rature de genre &#187;. Ses recherches portent sur la question de la fiction, de l'imaginaire, du romanesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communication et articles &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;http://cielam.univ-amu.fr/node/2932&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Du post-apocalypse au post-exotique : Terminus Radieux d'Antoine Volodine &#187;&lt;/a&gt;, communication lors de la journ&#233;e &#171; Litt&#233;rature et &#233;cologie &#187; &#224; l'occasion des XIXe Rencontres scientifiques enseignants-chercheurs, CIELAM, Aix-Marseille Universit&#233;, 19 mars 2019.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&#171; La g&#233;ographie imaginaire comme seuil de la fiction romanesque : le territoire po&#233;tique des Jardins Statuaires &#187;, communication lors de la journ&#233;e d'&#233;tude &lt;a href=&#034;https://imaginaires.hypotheses.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; G&#233;ographies imaginaires : g&#233;ographies du voyage &#187;&lt;/a&gt;, MMSH, Aix-Marseille Universit&#233;, septembre 2020&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://diacritik.com/tag/yann-etienne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Divers articles en ligne dans la revue &lt;i&gt;Diacritik&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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