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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Alastair B. Duncan. Le symbole dans l'&#339;uvre de Claude Simon</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Alastair-B-Duncan-Le-symbole-dans-l-oeuvre-de-Claude-Simon.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Alastair-B-Duncan-Le-symbole-dans-l-oeuvre-de-Claude-Simon.html</guid>
		<dc:date>2019-02-24T00:23:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>Analogie</dc:subject>
		<dc:subject>Symbole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Alastair B. Duncan. &#171; Le symbole dans l'&#339;uvre de Claude Simon &#187; Conf&#233;rence &#224; l'Universit&#233; Paris X Nanterre le 4 f&#233;vrier 2019 &lt;br class='autobr' /&gt;
En juillet 1971, lors d'un colloque de Cerisy sur le nouveau roman, Claude Simon a donn&#233; une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;. Pour illustrer la &#171; composition d'ensemble &#187; de ses romans, il cite ce qu'il appelle &#171; l'admirable formulation de Baudelaire &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme de longs &#233;chos qui de loin se confondent Dans une t&#233;n&#233;breuse et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-cours-et-conferences-.html" rel="directory"&gt;Cours et conf&#233;rences &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Analogie-+.html" rel="tag"&gt;Analogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Symbole-+.html" rel="tag"&gt;Symbole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alastair B. Duncan. &#171; Le symbole dans l'&#339;uvre de Claude Simon &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#233;rence &#224; l'Universit&#233; Paris X Nanterre le 4 f&#233;vrier 2019&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L480xH405/img-1-small480-a55a7.jpg?1787935547' width='480' height='405' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1971, lors d'un colloque de Cerisy sur le nouveau roman, Claude Simon a donn&#233; une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;. Pour illustrer la &#171; composition d'ensemble &#187; de ses romans, il cite ce qu'il appelle &#171; l'admirable formulation de Baudelaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouveau roman : hier, aujourd'hui, t. 2 : Pratiques, Jean Ricardou et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Comme de longs &#233;chos qui de loin se confondent&lt;br/&gt;
Dans une t&#233;n&#233;breuse et profonde unit&#233;&lt;br/&gt;
Vaste comme la nuit et comme la clart&#233;&lt;br/&gt;
Les parfums, les couleurs et les sons se r&#233;pondent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais l'analogie avec Baudelaire n'a pas plu &#224; tous. Lors de la discussion qui a suivi la conf&#233;rence, Simon a &#233;t&#233; vivement pris &#224; partie par d'autres participants du colloque. Vous vous souvenez de la premi&#232;re strophe du po&#232;me de Baudelaire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La nature est un temple o&#249; de vivants piliers&lt;br/&gt;
Laissent parfois sortir de confuses paroles.&lt;br/&gt;
L'homme y passe &#224; travers des for&#234;ts de symboles&lt;br/&gt;
Qui l'observent avec des regards familiers.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ce point pr&#233;cis que Georges Raillard r&#233;agit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;il me semble qu'il y avait un gommage du mot symbole que Baudelaire propose. Votre vocabulaire n'est pas celui du symbole et je m'en r&#233;jouis personnellement. Mais j'ai &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; de voir intervenir ce texte de Baudelaire dont pr&#233;cis&#233;ment tout montre la distance que vous prenez par rapport &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alain Robbe-Grillet reprend la balle au bond :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais abonder dans le sens de Raillard : effectivement dans tout ce que dit Baudelaire il y a quelque chose qui nous g&#234;ne terriblement, parce que son id&#233;e de symbole renvoie &#224; une nature, &#224; une essence divine qui serait par-derri&#232;re. Ce qui n'existe pas du tout dans votre travail, Simon. Heureusement.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Puis Simon intervient pour se d&#233;fendre ou plut&#244;t pour s'expliquer : &#171; Oui, je fais subir en quelque sorte &#224; la Nature dont parle Baudelaire un d&#233;placement de sens. Je pense plut&#244;t au langage dont les vivants piliers&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 104.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conf&#233;rence d'aujourd'hui sera dans un premier temps l'explication de ces &#233;changes. Pourquoi ce consensus pour rejeter le symbole ? Que vient faire le langage l&#224;-dedans ? Puis je verrai de plus pr&#232;s la notion de symbole. Enfin je reviendrai sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; pour voir si on y peut y trouver de v&#233;ritables symboles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc cette suspicion collective du symbole ? C'est une question qui n'a pas &#224; nous retenir longtemps. Robbe-Grillet nous met sur la piste. L'id&#233;e du symbole chez Baudelaire, dit-il, &#171; renvoie &#224; une Nature, &#224; une essence divine qui serait par-derri&#232;re &#187;. Dans &lt;i&gt;Pour un nouveau roman&lt;/i&gt;, Robbe-Grillet avait proclam&#233; sa volont&#233; d'&#233;chapper &#171; aux vieux mythes de la profondeur &#187;. &#171; Le monde n'est ni signifiant ni absurde. Il est tout simplement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un nouveau roman, Gallimard, Coll. &#171; Id&#233;es &#187;, 1963, p. 21.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans ses interviews et ses essais Simon a souvent pendant toute sa carri&#232;re signal&#233; son accord avec Robbe-Grillet sur &#171; la non-signification du monde &#187;. Par exemple dans son discours de Stockholm au moment de recevoir le Prix Nobel : &#171; Je n'ai jamais encore, &#224; soixante-douze ans, d&#233;couvert aucun sens &#224; tout cela, si ce n'est comme, comme l'a dit, je crois, Barthes apr&#232;s Shakespeare que &#8216;si le monde signifie quelque chose, c'est qu'il ne signifie rien' &#8211; sauf qu'il est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#338;uvres, Pl&#233;iade, 2006, p, 898.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais le th&#232;me de la non-signification du monde est &#233;galement pr&#233;sent dans les romans, par exemple dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Parmi les mythes de la profondeur serait celui d'un au-del&#224;, d'un r&#233;el au-del&#224; des apparences. Simon l'illustre et le commente dans les descriptions successives d'un cheval : agonisant, &#171; C'&#233;tait comme s'il avait abandonn&#233;, renonc&#233; au spectacle de ce monde pour retourner son regard, le concentrer sur une vision int&#233;rieure plus reposante que l'incessante agitation de la vie, une r&#233;alit&#233; plus r&#233;elle que le r&#233;el &#187; ; mort, &#171; il nous narguait proph&#233;tique fort d'une connaissance d'une exp&#233;rience que nous ne poss&#233;dions pas, du d&#233;cevant secret qu'est la certitude de l'absence de tout secret, de tout myst&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 283 et 382. Minuit &#171; double &#187;, p. 123 et 255.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut pousser l'analyse plus loin. La nature, selon le sonnet de Baudelaire, est une for&#234;t de symboles. Il s'ensuit que le po&#232;te, en d&#233;crivant parfums, couleurs et sons ne les &#233;voque pas pour eux-m&#234;mes mais in&#233;vitablement pour parler de ce r&#233;el qui d&#233;passe les apparences. C'est-&#224;-dire que le symbole, au moins dans l'acception que les nouveaux romanciers attribuent &#224; Baudelaire, instrumentalise le langage. &#192; cet &#233;gard l'hostilit&#233; des nouveaux romanciers au symbole est le pendant de leur hostilit&#233; au roman engag&#233;. Symbole et roman engag&#233; subordonnent le langage du roman &#224; d'autres buts. Le symbole d&#233;signe une r&#233;alit&#233; transcendante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean Mor&#233;as, &#171; Le symbolisme &#187;, Le Figaro, 18 septembre 1886 : &#171; Ainsi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le roman engag&#233; montre des h&#233;ros exemplaires pour promouvoir une action sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour pleinement comprendre l'hostilit&#233; de Simon au symbole, et la nuancer, il faut jeter un regard sur l'&#233;volution de son esth&#233;tique et de sa pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut sommairement y voir trois &#233;tapes. La premi&#232;re correspond &#224; celle que Simon esquisse dans le portrait du brigadier dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. La guerre transforme le jeune homme. Le jeune artiste dilettante d'avant-guerre rejette maintenant les enseignements de l'ing&#233;nieux &#171; professeur de l'acad&#233;mie cubiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, Minuit &#171; double &#187;, p. 171 ; &#338;uvres, t. 2, Alastair B. Duncan, avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il entreprend de &#171; dessiner, copier avec le plus d'exactitude possible, les feuille d'un rameau, un roseau, une touffe d'herbe, des cailloux &#187; (376/1246). Dans cet esprit il prend la plume pour &#233;crire. Mais d&#233;crire une feuille ne fait pas un roman. Il faut une forme, une composition d'ensemble. Simon a mis du temps, le temps de ses quatre premiers livres pour se d&#233;faire des artifices, des &#171; truquages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Simon emploie ce terme dans La Corde Raide lorsqu'il d&#233;nonce des peintres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; du roman conventionnel et pour mettre en pratique sa volont&#233; de copier la nature. La forme qu'il a choisie, en partie h&#233;rit&#233;e de Faulkner, &#233;tait de reconstruire des histoires en restant fid&#232;le &#224; la nature vive mais fragmentaire de la perception et de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; est &#224; la fois le point culminant de cette esth&#233;tique et de cette pratique, tout en annon&#231;ant la prochaine &#233;tape. Georges tente de reconstruire l'histoire de son capitaine tu&#233; devant lui. Il utilise les mots comme des instruments pour capter le r&#233;el. Mais les mots s'av&#232;rent trompeurs. Ils facilitent la cr&#233;ation de fictions. Mais peu &#224; peu trois fictions aux th&#232;mes de d&#233;faite militaire, de passion sexuelle et de suicide se confondent. &#192; la fin Georges doute m&#234;me d'avoir vu le geste iconique de son capitaine, sabre au clair face au tireur embusqu&#233;. &#192; en croire son ami Blum, toute l'entreprise de Georges se r&#233;duit &#224; un gigantesque jeu de mots. Georges a &#233;t&#233; trahi par le prodigieux pouvoir producteur du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est justement &#8211; deuxi&#232;me &#233;tape &#8211; ce prodigieux pouvoir que Simon va exploiter dans les romans qui suivent. L'esth&#233;tique r&#233;aliste c&#232;de la place &#224; une esth&#233;tique du langage. Une esth&#233;tique dont l'h&#233;ritage remonte aux romantiques allemands. Simon cite souvent le &#171; Monologue &#187; de Novalis : &#171; il en va du langage comme des formules math&#233;matiques : (membres de la nature) elles constituent un monde en soi, pour elles seules ; elles jouent entre elles exclusivement, n'expriment rien, si ce n'est leur propre nature merveilleuse, ce qui justement fait qu'elles sont si expressives, que justement en elles se refl&#232;te le jeu &#233;trange des rapports entre les choses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Claude Simon dans &#171; Reflections on the Novel : Claude Simon's (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. D'une part, cette esth&#233;tique consiste &#224; faire confiance aux mots. A accepter leurs propositions &#8211; les multiples associations de leur signifiants et signifi&#233;s &#8211; dans le temps m&#234;me de l'&#233;criture. Simon ne vise plus &#224; reconstruire, mais &#224; construire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; base de la conviction que &#171; la langue &#8216;parle avant nous', parle par ce que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autre part, cette esth&#233;tique vise &#224; produire au niveau de l'ensemble un &#171; syst&#232;me structur&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, Nouveau roman : hier, aujourd'hui, p. 81 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La coh&#233;rence, l'unit&#233; sont dues &#224; la concentration des motifs et de mots, un syst&#232;me d'analogies dont aucun &#233;l&#233;ment ne dispara&#238;t jamais enti&#232;rement mais court &#171; en filigrane&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Art. cit., p. 89/p. 1196.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; dans le texte et dans le souvenir du lecteur. Les mots sont &#171; les vivants piliers &#187; de cette structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique cela menait &#224; des romans o&#249; tout se passait aux prises avec l'&#233;criture. Simon ne faisait pas de plans au pr&#233;alable. La description garde sa place pr&#233;pond&#233;rante. Simon accepte ce que les mots lui proposent. Souvent il inscrit les mots qui lui viennent &#224; l'esprit dans la grande marge qu'il laisse &#224; gauche de ses pages manuscrites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple la page manuscrite dat&#233;e du 28 novembre 1982 et titr&#233;e &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Suit un travail de rassemblement, de focalisation pour atteindre une saturation des images et de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point culminant de cette &#233;tape est &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;, justement le roman sur lequel Simon travaillait lors du colloque de Cerisy en 1972 o&#249; il &#233;tait pris &#224; partie. Comme un peintre, Simon travaille &#224; partir de choses vues : &#171; nature morte, paysage, nu &#187;. Il exploite &#171; vocabulaire, &#8216;figures', tropes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, p. 78/p. 1188.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il manie des images acoustiques qui d&#233;passent le simple mot, par exemple le rythme ou la cadence de la phrase. Il produit enfin des fictions : une noyade, une noce qui tourne mal, une histoire de drogues. En se combinant, ces &#233;l&#233;ments vont mutuellement se nourrir et s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#339;uvre ne s'arr&#234;te pas &#224; ce moment-l&#224;. La troisi&#232;me &#233;tape est celle d'une synth&#232;se. Sans se d&#233;partir des principes de son esth&#233;tique et de l'importance de la description, Simon revient aux personnages, aux histoires, &#224; l'Histoire. La clef de cette &#233;tape est donn&#233;e dans un entretien avec Lucien D&#228;llenbach. Simon lui dit. &#171; Tu sais comme moi que le statut de la langue est fondamentalement ambigu : elle est toujours &#224; la fois et qu'on le veuille ou non, v&#233;hicule et structure. Seul le dosage varie. Mais quelles que soient les proportions (par exemple un po&#232;me de Mallarm&#233; ou un arr&#234;t&#233; municipal), cette dualit&#233; ne dispara&#238;t jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, dans &#171; Attaques et stimuli (entretien in&#233;dit) &#187;, avec L. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon accepte que le langage, y compris le langage du roman, n'est pas seulement intransitif ou po&#233;tique, mais &#233;galement instrumental. Il a des fonctions r&#233;f&#233;rentielles, communicatives, expressives. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet entretien a lieu en 1988 au moment o&#249; Simon travaille ou finit de travailler sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Il est &#233;vident que dans ce roman les mots ne font pas que jouer entre eux. Ils parlent de quelque chose. De son p&#232;re, de sa m&#232;re, de leurs familles, de sa propre exp&#233;rience de la guerre. Il se la rappelle au moment o&#249; il est &#171; &#224; peu pr&#232;s redevenu [&#8230;] un homme capable d'accorder (ou d'imaginer) quelque pouvoir &#224; la parole, quelque int&#233;r&#234;t pour les autres et lui-m&#234;me &#224; un r&#233;cit, &#224; essayer avec des mots de faire exister l'indicible &#187; (348/1227).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc plus pr&#233;cis&#233;ment au symbole. Il est &#233;vident que ni la premi&#232;re &#233;tape &#8211; l'&#233;tape r&#233;aliste - ni la derni&#232;re &#233;tape de l'esth&#233;tique de Simon n'excluent a priori l'existence dans son &#339;uvre de symboles. Et de fait, on trouve le mot et le concept de symbole dans les romans du d&#233;but des ann&#233;es 60 et dans ceux des ann&#233;es 80. Le mot revient huit fois dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, sept fois dans les G&#233;orgiques, cinq fois dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Par exemple, le personnage Corinne dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; et d&#233;crit comme &#171; non pas une femme mais l'id&#233;e m&#234;me, le symbole de toute femme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#338;uvres, p. 219 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 39.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; l'officier qui passe &#224; cheval devant la colonne des cavaliers n'est : &#171; Pas un homme : une entit&#233;, un symbole, l'incarnation enfin visible [&#8230;] la d&#233;l&#233;gation mat&#233;rialis&#233;e de cette toute-puissance occulte et sans visage dans laquelle ils englobaient p&#234;le-m&#234;le g&#233;n&#233;raux, politiciens, &#233;ditorialistes &#187; (36/1027). Ces exemples appellent une premi&#232;re remarque. Ils confirment une caract&#233;ristique constante de l'&#339;uvre de Simon. Simon ne s'int&#233;resse pas simplement au particulier, au concret, mais aussi, &#224; travers le particulier, au g&#233;n&#233;ral. Ne pas donner des noms aux personnages de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; est certes une fa&#231;on de mettre l'autobiographique &#224; distance. Mais c'est &#233;galement une fa&#231;on de g&#233;n&#233;raliser. Le &#171; brigadier &#187; n'est pas simplement un brigadier. C'est un soldat parmi des milliers d'autres, les mobilis&#233;s qui partent dans le train avec lui, mais ce train est &#233;galement repr&#233;sentatif de &#171; tous les trains de la vieille Europe emplis de chairs juv&#233;niles &#187; (177/1117). L'exp&#233;rience du p&#232;re est explicitement pr&#233;sent&#233;e comme exemple : &#171; Parmi ceux qui tomb&#232;rent dans le combat du 27 ao&#251;t se trouvait un capitaine &#187; (61/1043).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me remarque s'impose. Cet usage du symbole pour g&#233;n&#233;raliser &#224; partir d'un exemple est inoffensif par rapport aux critiques faites par Raillard et Robbe-Grillet. Ces symboles &#8211; Corinne en symbole de toute femme, l'officier en symbole de la toute-puissance occulte &#8211; n'impliquent aucune transcendance. Les g&#233;n&#233;ralisations restent sur terre. Cela est encore plus vrai d'autres usages du mot symbole chez Simon Quand par exemple il parle de &#171; symboles de corps chimiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les G&#233;orgiques, &#338;uvres, t. 2, p. 877 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 352.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ou de &#171; symboles num&#233;riques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire, &#338;uvres, t. 2, p. 189 ; Minuit &#171; double &#187;, p.74.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ou quand il utilise le mot pour parler m&#233;taphoriquement d'un fragment : &#171; de fantomatiques silhouettes occup&#233;es &#224; chercher dans les d&#233;combres de quoi recouvrir d'un symbole de toit les pans de murs encore debout &#187; (73/1051).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre recherche ne se termine pas ici. Il y a maintes d&#233;finitions du symbole. C'est presque certainement pour cette raison que le terme est surutilis&#233; par la critique. La d&#233;finition du mot en ce qui concerne la litt&#233;rature a &#233;t&#233; la plus finement d&#233;velopp&#233;e par les romantiques allemands. Ils ont distingu&#233; utilement entre symbole et all&#233;gorie. Symbole et all&#233;gorie ont en commun de repr&#233;senter ou de d&#233;signer. On passe du concret &#224; l'id&#233;e, du particulier au g&#233;n&#233;ral ou &#224; l'universel. Mais ils le font de fa&#231;on diff&#233;rente. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Th&#233;ories du symbole&lt;/i&gt; Todorov a &#233;lucid&#233; cette diff&#233;rence selon la pens&#233;e allemande du d&#233;but du 19e si&#232;cle : &#171; L'all&#233;gorie signifie directement, c'est-&#224;-dire que sa face sensible n'a aucune autre raison d'&#234;tre que de transmettre un sens. Le symbole ne signifie qu'indirectement, de mani&#232;re secondaire : il est l&#224; d'abord pour lui-m&#234;me, ce n'est que dans un deuxi&#232;me temps que l'on d&#233;couvre aussi ce qu'il signifie. &#187; Autrement dit, dans une all&#233;gorie, la langue est en quelque sorte transparente. Seule la signification importe. Le sens est donn&#233;, tout de suite visible. Le symbole, lui, exige un travail de lecture. Je cite encore Todorov &#224; propos du symbole : &#171; il y a comme une surprise due &#224; une illusion : on croyait que la chose &#233;tait simplement pour elle-m&#234;me ; puis on d&#233;couvre qu'elle a aussi un sens secondaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tzvetan Todorov, Th&#233;ories du symbole, Seuil, 1977, p. 237-238.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le symbole, dans une belle formulation de Goethe, &#171; C'est la chose, sans &#234;tre la chose, et quand m&#234;me la chose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 239.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Un roman de Beckett se termine par une phrase devenue c&#233;l&#232;bre : &#171; no symbols where none intended&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Watt, Calder &#171; Jupiter Book &#187;, London, 1963, p. 255, [&#233;dition originale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On pourrait traduire : &#171; Aucun symbole o&#249; l'intention manque &#187;. Le sens premier de cette phrase est certainement de d&#233;courager la chasse aux symboles. Mais l'intention de l'auteur ne compte pas pour tout. Le symbole d&#233;pend de la perception du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons donc sans complexes &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#224; la recherche de symboles. Je vais vous proposer trois passages o&#249;, suivant les &#233;l&#233;ments de d&#233;finition que je viens de donner, on pourrait parler de symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est ce petit passage &#224; la fin du premier chapitre. La veuve, accompagn&#233;e par ses deux belles-s&#339;urs et le gar&#231;on, cherche la tombe de son mari. Ils arrivent enfin &#224; un cimeti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Elle s'avan&#231;a jusqu'&#224; l'inscription, la lut, recula jusqu'&#224; l'endroit o&#249; devaient approximativement se trouver les pieds des morts, fl&#233;chit les genoux puis se releva, fouilla dans son sac, en sortit un mouchoir qu'elle &#233;tala sur le sol, s'agenouilla alors, fit s'agenouiller le gar&#231;on &#224; c&#244;t&#233; d'elle, se signa, et abaissant la t&#234;te se tint immobile, les l&#232;vres remuant faiblement sous le voile ent&#233;n&#233;br&#233;. Quelque part dans les feuillages encore mouill&#233;s &#233;tincelant dans le soleil, un oiseau lan&#231;ait son cri. Il n'y avait personne d'autre dans le cimeti&#232;re que les trois femmes et l'enfant, c'est-&#224;-dire la veuve et le gar&#231;on agenouill&#233;s et, un peu en arri&#232;re, les deux autres femmes debout, tenant &#224; la main leurs sacs et leurs parapluies referm&#233;s, immobiles, les l&#232;vres immobiles dans leurs immobiles visages ravin&#233;s, leurs yeux soulign&#233;s de poches, bord&#233;s de rose, couleur de fa&#239;ence et taris (25-26/1249).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne est d&#233;crite avec pr&#233;cision, sans commentaire. Selon le mot de Goethe : nous n'avons que &#171; la chose &#187;. Cela n'est pas tout &#224; fait vrai, car une part de la signification de cette sc&#232;ne a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; donn&#233;e. Le lecteur sait que dans ce cimeti&#232;re reposent &#171; les corps de deux officiers fran&#231;ais non identifi&#233;s &#187; (25) La veuve ne trouve pas son mari mais simplement &#171; quelque chose qu'elle pouvait consid&#233;rer [&#8230;] comme pouvant mettre fin &#187; &#224; sa recherche (24-25). Mais la sc&#232;ne devient symbolique parce que le lecteur, au moins ce lecteur, &#224; la r&#233;flexion, comprend autre chose. Une id&#233;e g&#233;n&#233;rale qui se d&#233;gage de cette sc&#232;ne est celle qui parcourt l'&#339;uvre de Simon et qui ressurgit, avec une certaine ambigu&#239;t&#233;, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. La v&#233;rit&#233; historique est hors de port&#233;e. On ne pourra se fier aux r&#233;cits de la mort du capitaine, gauchis par la volont&#233; d'&#233;pargner la veuve ou par des images st&#233;r&#233;otyp&#233;es de mort glorieuse. Et au-del&#224; des r&#233;cits la capacit&#233; de la langue est mise en doute : le brigadier se rend compte que sa premi&#232;re tentative de raconter sa fuite apr&#232;s le massacre de l'escadron &#8211; celle, peut-on penser, de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#8211; a &#233;chou&#233; parce que &#171; l'informe, l'invert&#233;br&#233; &#187; de l'exp&#233;rience &#187; ont &#233;t&#233; trahis &#171; par un usage &#233;tabli de sons et de signes convenus &#187;. En v&#233;rit&#233; cela n'avait &#171; ni formes d&#233;finies, ni noms, ni adjectifs, ni sujets, ni compl&#233;ments, ni ponctuation (en tout cas pas de points) (286/1187) &#187;. Cette tentative renouvel&#233;e au dixi&#232;me chapitre de &lt;i&gt;l'Acacia&lt;/i&gt; sera &#233;crite sans points &#224; part celui de la fin, mais n'&#233;chappe pas aux noms, aux adjectifs et &#224; d'autres signes de ponctuation. Les points sont remplac&#233;s par un usage peu conventionnel des deux points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut aller plus loin. Cette sc&#232;ne est susceptible d'autres interpr&#233;tations g&#233;n&#233;rales. Elle figure les rapports de famille qui seront d&#233;velopp&#233;s dans le roman. &#192; travers sa m&#232;re, le gar&#231;on est soumis &#224; l'autorit&#233; de son p&#232;re et aux rites de la foi. Les deux s&#339;urs se tiennent &#171; un peu &#224; l'arri&#232;re &#187;, peut-&#234;tre, dira-t-on, en marque de respect pour la veuve, mais certainement, comme le lecteur va bient&#244;t le d&#233;couvrir, parce qu'elles sont tout &#224; fait hostiles &#224; la religion. Cette sc&#232;ne pr&#233;figure le parcours du gar&#231;on. Il va se lib&#233;rer de l'emprise de la m&#232;re, du p&#232;re et de la religion en s'identifiant avec l'autre branche de la famille repr&#233;sent&#233;e par les deux s&#339;urs. Et pourtant, d'un autre c&#244;t&#233;, je vois une ressemblance entre la m&#232;re et le fils. La veuve ne trouve pas le corps de son mari : la v&#233;rit&#233; historique lui &#233;chappe. Mais par un acte volontaire elle construit cette sc&#232;ne d'hommage au mort. Le fils n'a jamais connu son p&#232;re. Sa vie, sa mort lui sont totalement inconnues. Il cherche les t&#233;moignages incertains de ses vieilles cousines. Mais &#224; partir de cette ignorance, Simon construit une version fictive de son p&#232;re, une mise en sc&#232;ne aussi parfaite que celle mont&#233;e par la veuve devant la tombe d'un officier non identifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe &#224; mon deuxi&#232;me exemple, soit les derni&#232;res lignes du roman :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un soir il s'assit &#224; sa table devant une feuille de papier blanc. C'&#233;tait le printemps maintenant. La fen&#234;tre de la chambre &#233;tait ouverte sur la nuit ti&#232;de. L'une des branches du grand acacia qui poussait dans le jardin touchait presque le mur, et il pouvait voir les plus proches rameaux &#233;clair&#233;s par la lampe, avec leurs feuilles semblables &#224; des plumes palpitant faiblement sur le fond de t&#233;n&#232;bres, les folioles ovales teint&#233;es d'un vert cru par la lumi&#232;re &#233;lectrique remuant par moments comme des aigrettes, comme anim&#233;es soudain d'un mouvement propre, comme si l'arbre tout entier se r&#233;veillait, s'&#233;brouait, se secouait, apr&#232;s quoi tout s'apaisait et elles reprenaient leur immobilit&#233; (380/1249).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour le lecteur exp&#233;riment&#233; de l'&#339;uvre de Simon, ce passage est en partie familier : c'est la reprise, partielle et retravaill&#233;e, du premier paragraphe d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;. Non sans humour, Simon fait un clin d'&#339;il &#224; ses lecteurs. Oui, mes amis, le brigadier, le touriste bourgeois, le faux peintre cubiste, le rescap&#233; du stalag ne font qu'un avec l'auteur d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; et, par extension, de tous les autres romans de Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas cette reprise, tout &#224; fait invisible aux nouveaux lecteurs, qui rend ce passage symbolique. Ni m&#234;me le rapport tr&#232;s &#233;vident entre le &#171; grand acacia &#187; et le titre du roman, titre choisi &#224; la derni&#232;re minute pour remplacer celui provisoire de &#171; &lt;i&gt;Lion Noir&lt;/i&gt; &#187;. Simon a pr&#233;f&#233;r&#233; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#171; &#224; la fois po&#233;tique et charg&#233; de sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour la correspondance entre Simon et J&#233;r&#244;me Lindon sur le choix du titre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce passage devient symbole en ce qu'il g&#233;n&#233;ralise l'esth&#233;tique de Simon. La feuille m&#233;taphorique de la page blanche produit les feuilles litt&#233;rales de l'arbre ; par une s&#233;rie de comparaisons les feuilles de l'acacia se transforment en oiseaux. Le passage illustre ainsi le pouvoir prodigieux des mots. Allant un peu plus loin, je dirais que la lumi&#232;re &#233;lectrique, cr&#233;&#233;e par l'homme, d&#233;signe le pouvoir de l'&#233;crivain qui ma&#238;trise les mots pour nous faire voir l'arbre et les histoires qui s'y rattachent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon dernier exemple concerne le passage qui d&#233;crit la remise de la L&#233;gion d'honneur au r&#233;giment du p&#232;re, description que l'on pourrait qualifier de r&#233;aliste sur fond &#233;pique. La c&#233;r&#233;monie a lieu dans le vent, sous la pluie. Cela rejoint un th&#232;me omnipr&#233;sent d&#232;s le d&#233;but du roman : la guerre se pr&#233;sente comme un d&#233;sastre naturel. Vous vous souvenez de la &#171; rivi&#232;re &#224; l'eau grise &#187; qui &#171; drainait les retomb&#233;es de quelque pluie de cendres, de quelque cataclysme d&#233;finitif et total &#187; (14-15/1013). Tr&#232;s souvent il ne s'agit pas simplement d'une catastrophe naturelle mais d'une mal&#233;diction. Cette mal&#233;diction a un nom : c'est l'Histoire, qu'elle se personnifie dans un &#171; ogre &#187;, en l'occurrence Napol&#233;on (70/1049), ou dans la femelle de l'esp&#232;ce &#171; en train de les d&#233;vorer tout vivants et p&#234;le-m&#234;le, chevaux et cavaliers [&#8230;] peu &#224; peu assimil&#233;s et rejet&#233;s &#224; la fin par son anus rid&#233; de vieille ogresse sous forme d'excr&#233;ments &#187; (242-43/1159-60). Cette id&#233;e &#8211; l'Histoire en tant que mal&#233;diction &#8211; et presque toujours att&#233;nu&#233;e par un &#171; comme si &#187; ou un &#171; comme &#187;. Mais elle reste fortement ancr&#233;e dans le souvenir du lecteur. Et elle parcourt toute cette c&#233;r&#233;monie sous la pluie. D'une part on trouve les g&#233;n&#233;raux &#171; semblables &#224; quelques seigneurs de la guerre, barbares, sortis tout droit des profondeurs de l'Histoire &#187; ; au-dessus de ce groupe la statue de bronze, figure all&#233;gorique qui incarne les valeurs guerri&#232;res de cette caste, son &#233;p&#233;e &#233;lev&#233;e vers le ciel &#171; dans une attitude d'&#233;lan, d'enthousiasme et d'immortalit&#233; &#187;. Ensuite &#171; la forme massive du g&#233;n&#233;ral commandant &#187; compl&#232;te la panoplie de ceux qui apportent le malheur (58/1041). D'autre part on trouve les victimes, autant de la guerre que des &#233;l&#233;ments, qui s'incarnent dans le porte-drapeau : &#171; sous-officier d'aspect malingre, tout petit et solitaire (58-59/1041) &#187;. J'attire surtout votre attention sur le petit arbre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le vent qui continuait &#224; faire claquer les drapeaux agitait par saccades un petit arbre isol&#233;, pouss&#233; l&#224; sans raison (ou peut-&#234;tre r&#233;cemment plant&#233; &#8212; ce qui expliquait qu'on ne l'e&#251;t pas ras&#233; pour la c&#233;r&#233;monie &#8212; par quelque comit&#233; patriotique), &#224; peine plus haut qu'un homme, comme on en voit dans les p&#233;pini&#232;res ou bordant les terrains vagues, d&#233;pouill&#233; par l'automne, termin&#233; par une maigre fourche, comme dessin&#233; d'un trait de plume tremblot&#233;, pareil &#224; une l&#233;zarde, une fissure dans le ciel pluvieux (58/1041)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de cet arbre est, si l'on veut, un petit fait vrai, un d&#233;tail banal qui ajoute au r&#233;alisme de la sc&#232;ne. &#171; Plant&#233; par quelque comit&#233; patriotique &#187;, l'arbre rappelle que nous nous trouvons par d&#233;rision sur le plateau de Valmy : il est la fr&#234;le contrepartie de la statue qui comm&#233;more la glorieuse victoire des arm&#233;es r&#233;volutionnaires. Car on ne peut que remarquer sa ressemblance avec le portrait du sous-officier : l'arbre est &#171; petit &#187;, &#171; isol&#233; &#187;, &#171; &#224; peine plus haut qu'un homme &#187;. Sa &#171; maigre fourche &#187; rappellera pour certains le roi Lear de Shakespeare qui qualifie l'homme de &#171; pauvre animal nu, fourchu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La trag&#233;die du Roi Lear, acte 3, sc&#232;ne 4.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Enfin, un dernier d&#233;tail me retient. Cet arbre est &#171; pareil &#224; une l&#233;zarde, une fissure dans le ciel pluvieux &#187;. Ouvrirait-il tant soit peu sur autre chose : cet au-del&#224;, &#171; cette r&#233;alit&#233; plus r&#233;elle que le r&#233;el &#187; aper&#231;ue par le cheval mourant ? Il y a, me semble-t-il, chez Simon la nostalgie d'un au-del&#224;. La mal&#233;diction de l'Histoire est la forme en creux de la Providence, vision positive de l'Histoire, telle que Simon, jeune, en a re&#231;u l'enseignement au Coll&#232;ge Stanislas. Le petit arbre serait le symbole de l'homme en proie &#224; cette mal&#233;diction mais aspirant &#224; une transcendance heureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le symbole, selon Goethe &#171; c'est la chose, sans &#234;tre la chose, et quand m&#234;me la chose &#187;. En ce qui concerne l'arbre, nous sommes pass&#233;s de la premi&#232;re &#224; la seconde partie de cette d&#233;finition : l'arbre est d&#233;crit dans le d&#233;tail, nous l'avons reconnu comme symbole. Mais Simon n'a pas invent&#233; cet arbre. Il l'a trouv&#233; sur une photo de la c&#233;r&#233;monie de l'honneur conf&#233;r&#233; au r&#233;giment dans lequel servait son p&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Photographie tir&#233;e du fascicule Le 24e de marine 1902-1980, p. 15, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour le lecteur qui apprend sur le tard l'existence de cette photo l'arbre reste &#171; quand m&#234;me la chose &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alastair B. Duncan&lt;br class='autobr' /&gt;
Universit&#233; de Stirling&lt;br class='autobr' /&gt;
f&#233;vrier 2019&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouveau roman : hier, aujourd'hui, t. 2 : Pratiques, Jean Ricardou et Fran&#231;oise van Rossum-Guyon (dir.), U.G.E. coll. &#171; 10/18 &#187;, 1972, p. 84. Repris dans &lt;i&gt;Claude Simon, &#338;uvres&lt;/i&gt;, Alastair B. Duncan avec la collaboration de Jean H. Duffy (dir.), Bibl. de la Pl&#233;iade, 2006, p. 1193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Pour un nouveau roman&lt;/i&gt;, Gallimard, Coll. &#171; Id&#233;es &#187;, 1963, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Pl&#233;iade, 2006, p, 898.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 283 et 382. Minuit &#171; double &#187;, p. 123 et 255.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean Mor&#233;as, &#171; Le symbolisme &#187;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 18 septembre 1886 : &#171; Ainsi, dans cet art, les tableaux de la nature, les actions des humains, tous les ph&#233;nom&#232;nes concrets ne sauraient se manifester eux-m&#234;mes ; ce sont l&#224; des apparences sensibles destin&#233;es &#224; repr&#233;senter leurs affinit&#233;s &#233;sot&#233;riques avec des Id&#233;es primordiales. [&#8230;] &#187;. Cit&#233; par &lt;a href=&#034;http://www.berlol.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patrick Rebollar&lt;/a&gt;. Le symbolisme en tant que mouvement litt&#233;raire nourrit la suspicion du symbole de la part des litt&#233;raires francophones.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Minuit &#171; double &#187;, p. 171 ; &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, t. 2, Alastair B. Duncan, avec David Zemmour et B&#233;r&#233;nice Bonhomme (dir), Bibli. de la Pl&#233;iade, 2013, p. 1113. Les r&#233;f&#233;rences &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; seront d&#233;sormais incorpor&#233;es dans le texte. On donnera la pagination dans Minuit &#171; double &#187; et dans la Pl&#233;iade.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Simon emploie ce terme dans &lt;i&gt;La Corde Raide&lt;/i&gt; lorsqu'il d&#233;nonce des peintres qui n'expriment &#171; qu'une vision id&#233;ale du monde, volontairement limit&#233;e et arbitraire, chacune de ses visions &#233;tant bas&#233;e sur une conception, ou plut&#244;t une morale de l'univers visible, ou m&#234;me, ce qui est plus grave pour des peintres, une morale tout court &#187;, Minuit, 1947, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Claude Simon dans &#171; Reflections on the Novel : Claude Simon's address to the colloquium on the new novel &#187;, New York University, October 1982. Traduction Anthony Cheal Pugh, &lt;i&gt;The Review of Contemporary Fiction&lt;/i&gt;, t. 5, no. 1, 1985, p. 22. Citation du tapuscrit de Claude Simon, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; base de la conviction que &#171; la langue &#8216;parle avant nous', parle par ce que l'on appelle ses &#8216;figures', ses tropes (m&#233;taphores, m&#233;tonymie) et par sa dynamique propre (quelquefois de seuls effets phon&#233;tiques), suscitant elle-m&#234;me des rapprochements, des associations et des transports &#187;. &lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt; p. 20. Tapuscrit de Simon, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, &lt;i&gt;Nouveau roman : hier, aujourd'hui&lt;/i&gt;, p. 81 ; Pl&#233;iade, p. 1190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt;, p. 89/p. 1196.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple la page manuscrite dat&#233;e du 28 novembre 1982 et titr&#233;e &#171; Compl&#233;ment d'information &#187;, titre provisoire de ce qui sera &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Fonds Simon de la Biblioth&#232;que litt&#233;raire Jacques Doucet. Reproduite en ligne dans les &#171; Mat&#233;riaux d'&#233;criture &#187; des &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;&#171; Relire L'Acacia &#187;&lt;/i&gt;, 2016. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/421&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ccs/421&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, p. 78/p. 1188.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, dans &#171; Attaques et stimuli (entretien in&#233;dit) &#187;, avec L. D&#228;llenbach, dans &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt;, Seuil, coll. &#171; Les contemporains &#187;, 1988, p. 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, p. 219 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques, &#338;uvres&lt;/i&gt;, t. 2, p. 877 ; Minuit &#171; double &#187;, p. 352.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire, &#338;uvres&lt;/i&gt;, t. 2, p. 189 ; Minuit &#171; double &#187;, p.74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tzvetan Todorov, &lt;i&gt;Th&#233;ories du symbole&lt;/i&gt;, Seuil, 1977, p. 237-238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 239.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Watt&lt;/i&gt;, Calder &#171; Jupiter Book &#187;, London, 1963, p. 255, [&#233;dition originale, Olympia Press, Paris, 1953].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour la correspondance entre Simon et J&#233;r&#244;me Lindon sur le choix du titre, voir la notice sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Pl&#233;iade, t. 2, p. 1573-74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La trag&#233;die du Roi Lear&lt;/i&gt;, acte 3, sc&#232;ne 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Photographie tir&#233;e du fascicule Le 24e de marine 1902-1980, p. 15, reproduite dans les &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;&#171; Relire L'Acacia &#187;&lt;/i&gt;, 2016, p. 307. &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/421&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ccs/421&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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