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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le Tramway (2001)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Le-Tramway-2001.html</link>
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		<dc:date>2025-04-28T13:31:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Perpignan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Tramway. Notice &lt;br class='autobr' /&gt;
par Anne-Lise BLANC et Jo&#235;lle GLEIZE &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Tramway est le r&#233;cit d'un homme qui se souvient. Il relate &#171; l'histoire d'un jeune gar&#231;on grandi dans un milieu provincial et bourgeois et qui se retrouve, vers la fin de sa vie, vieillard, et malade sur le lit [d'un] h&#244;pital &#187;. Partant du tramway de son enfance, qui reliait &#171; une ville de province &#187; o&#249; il &#233;tait coll&#233;gien &#224; la &#171; plage mondaine &#187; et dont un arr&#234;t se situait pr&#232;s de la r&#233;sidence d'&#233;t&#233; o&#249; sa famille restait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Perpignan-156-+.html" rel="tag"&gt;Perpignan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Tramway. Notice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Anne-Lise BLANC et Jo&#235;lle GLEIZE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1501 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/tramway_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/tramway_couv.jpg?1745933552' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; est le r&#233;cit d'un homme qui se souvient. Il relate &#171; l'histoire d'un jeune gar&#231;on grandi dans un milieu provincial et bourgeois et qui se retrouve, vers la fin de sa vie, vieillard, et malade sur le lit [d'un] h&#244;pital &#187;. Partant du tramway de son enfance, qui reliait &#171; une ville de province &#187; o&#249; il &#233;tait coll&#233;gien &#224; la &#171; plage mondaine &#187; et dont un arr&#234;t se situait pr&#232;s de la &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-Aloes-Canet-en-Roussillon.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;sidence d'&#233;t&#233; o&#249; sa famille restait jusqu'au &#171; jour des Morts &#187;&lt;/a&gt;, le narrateur se rappelle avec pr&#233;cision le poste de pilotage pr&#232;s duquel il aimait alors se tenir. Puis il &#233;voque l'allure du wattman, et, sur le parcours de l'engin, le monument aux morts puis l'All&#233;e des marronniers, fr&#233;quent&#233;e par de terrifiants &#171; hommes-troncs &#187;. Ainsi est-ce au gr&#233; des r&#233;miniscences qu'&#233;veille le souvenir de ces trajets que le narrateur se rem&#233;more les lieux qu'il traversait : ceux, familiers, o&#249; il passait son existence, et ceux, fascinants, qui lui &#233;taient interdits, mais aussi des figures connues ou seulement rencontr&#233;es, des spectacles magiques ou cruels et des jeux de l'enfance ; des images souvent joyeuses mais aussi obscurcies par des images de mort inspir&#233;es par la figure sombre d'une bonne capable d'une inqui&#233;tante cruaut&#233;, par la perte de Gaguy, l'ami d'enfance, dont il est rest&#233; sans nouvelles apr&#232;s que la guerre les a fait se croiser furtivement, et plus encore par la lente agonie d'une m&#232;re d&#233;charn&#233;e par la maladie et dont l'enfant a &#233;t&#233; tenu &#224; distance jusqu'apr&#232;s sa disparition (&#171; on avait referm&#233; le cercueil avant mon arriv&#233;e &#187;), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Suzanne-Denamiel.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une m&#232;re dont le souvenir&lt;/a&gt;, d&#232;s lors, ne cesse de le hanter et dont le manque se fait sentir dans tout le r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le narrateur se rem&#233;more aussi les circonstances de son r&#233;cent s&#233;jour &#224; l'h&#244;pital o&#249;, clou&#233; au lit, embrum&#233; par la fi&#232;vre, inqui&#233;t&#233; ou intrigu&#233; par un monde qu'il peine &#224; s'expliquer, il tente de le comprendre : la salle d'attente, le box des urgences, la chambre et les couloirs de l'h&#244;pital sont tant&#244;t le th&#233;&#226;tre de sc&#232;nes entr'aper&#231;ues qu'il cherche &#224; &#233;lucider et tant&#244;t des postes d'observation de personnages &#233;nigmatiques, grotesques ou &#233;mouvants, comme son voisin de chambre dont il suit le man&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;voquant tour &#224; tour, et comme par &#224;-coups, des souvenirs provenant essentiellement de ces deux p&#233;riodes qui bornent son existence (quelques souvenirs d'autres p&#233;riodes s'y greffent aussi parfois, comme port&#233;s par l'&#233;motion), le narrateur semble les entrelacer au gr&#233; de leurs r&#233;surgences &#224; la surface de sa m&#233;moire. Les sc&#232;nes rem&#233;mor&#233;es sont souvent pr&#233;cises mais fragmentaires, et leurs contours un peu flous les rendent conductrices : elles inspirent au narrateur d'autres r&#233;miniscences ou l'inclinent, pour pallier les lacunes de la m&#233;moire, &#224; hasarder des conjectures. Les unes et les autres se m&#234;lent dans un r&#233;cit qui, allant et venant du monde familier d'une &#233;poque lointaine aux souvenirs r&#233;cents d'un univers hospitalier o&#249; tout para&#238;t &#233;trange, tisse et figure la trame ajour&#233;e d'une existence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Portrait d'une ville de province de l'entre-deux guerres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier roman de Claude Simon, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; pr&#233;sente un point d'aboutissement et d'accomplissement de ses romans &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187;. Claude Simon va tr&#232;s loin, ici, dans la r&#233;f&#233;rence &#224; une r&#233;alit&#233; historiquement et g&#233;ographiquement situ&#233;e. Rien de &#171; balzacien &#187; dans ses descriptions, cependant. Mais, par bribes, dans l'&#233;vocation des groupes sociaux, de leurs comportements et de leurs rituels, celle des lieux o&#249; ils &#233;voluent, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/le-terminus-de-la-ligne-du-tramway.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;de la ville &#224; la plage&lt;/a&gt;, s'esquisse une sociologie de la ville de province de l'entre-deux guerres, de ses transformations architecturales ou culturelles. M&#234;me si elle n'est pas nomm&#233;e, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Perpignan, la ville natale de l'&#233;crivain&lt;/a&gt;, est identifiable et les traces de la Grande Guerre y sont fortement visibles : dans le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-Monument-aux-morts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;monument aux morts&lt;/a&gt;, p&#244;le citadin et r&#233;current du trajet du tramway, avec ses &#171; interminables colonnes de noms &#187; et ses personnages &#171; comme sortis du royaume des morts &#187;, et dans la pr&#233;sence, frappante pour l'enfant et pour sa m&#232;re veuve de guerre, des mutil&#233;s, les &#171; hommes-troncs &#187;. Les clivages sociaux entre les ouvriers ou les p&#234;cheurs et les bourgeois sont aussi tr&#232;s marqu&#233;s, comme l'est la s&#233;paration entre leurs loisirs : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-le-Cinema-Castillet.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le cin&#233;ma&lt;/a&gt;, la &#171; plage mondaine &#187;, ou la f&#234;te des vendanges jouissent de l'aura des &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-la-foire-Saint-Martin.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;activit&#233;s interdites aux yeux des enfants de &#171; bonne &#187; famille&lt;/a&gt;. &#192; ces loisirs populaires, s'opposent les rituels de la bourgeoisie, la &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Canet-la-plage-et-le-casino.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;migration estivale vers la mer&lt;/a&gt;, l'usage des &#171; abris &#187; de plage comme de &#171; salons &#187; ou les soir&#233;es musicales autour du piano. Dans cette soci&#233;t&#233; pourtant &#171; des plus collet mont&#233; &#187;, le narrateur note que certaines fractures sont minimis&#233;es voire d&#233;ni&#233;es, comme la jud&#233;it&#233;, et que l'homosexualit&#233; est tol&#233;r&#233;e quand elle concerne l'un des leurs, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-la-Place-a-Ragots.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;comme ce po&#232;te qui nourrit les potins de ses frasques&lt;/a&gt;. Il souligne &#233;galement avec ironie le m&#233;lange de m&#233;pris et d'envie que cette bonne &#171; soci&#233;t&#233; &#187;, fi&#232;re de sa naissance, porte aux riches h&#233;ritiers d'un producteur de &#171; vinasse &#187; dont les invitations, dans une ostentatoire demeure &#224; l'imitation d'un ch&#226;teau de la Loire, sont n&#233;anmoins pris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les s&#233;quences les plus contemporaines du temps de l'&#233;criture, les marqueurs sociaux sont d&#233;plac&#233;s et plus subtils : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/les-successifs-etats-de-la-machine-humaine.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'h&#244;pital les neutralise, formant un monde &#224; part&lt;/a&gt;, qui laisse surtout subsister des &#233;carts culturels dont t&#233;moigne le regard afflig&#233; du narrateur malade sur son compagnon de chambre. C'est aussi un narrateur narquois qui analyse l'&#233;volution architecturale de la ville qui, apr&#232;s une premi&#232;re modernisation, renie son premier reniement au profit d'un style &#171; propre &#224; satisfaire &#224; la fois la fiert&#233; locale et les app&#233;tits touristiques d'exotisme m&#233;diterran&#233;en &#187;. Ce regard ironique port&#233; sur son milieu d'origine se combine avec la m&#233;lancolie du souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;criture &#171; par tableaux d&#233;tach&#233;s &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il est moins affich&#233; que dans &lt;i&gt;Le Jardin des plantes&lt;/i&gt;, le caract&#232;re discontinu du texte frappe d'entr&#233;e : l'alternance entre les fragments relevant des deux s&#233;ries provoque des interruptions, des ruptures parfois longues ou soulign&#233;es par des points de suspension. Le lecteur est ainsi amen&#233; &#224; lier les fragments entre eux, par-del&#224; les coupures : il est guid&#233; par la coh&#233;rence de chacun des espaces-temps, et de chacun des trajets, de l'enfance &#224; la perte de la m&#232;re, de l'hospitalisation au d&#233;but de la gu&#233;rison. Il est aid&#233; par des contrastes tr&#232;s marqu&#233;s entre ces deux s&#233;ries : &#224; l'univers color&#233;, bruyant, mobile et parfois dramatique de l'enfance, o&#249; les lieux et les personnes ont souvent des noms et des fonctions, s'oppose un monde uniform&#233;ment blanc ou gris, aseptis&#233;, anonyme, o&#249; les perceptions sont voil&#233;es par la fi&#232;vre comme par un &#233;cran. Les souvenirs disent la fragilit&#233; de la vie autant que l'ardente volont&#233; de vivre ; ils sont lacunaires et dispers&#233;s mais la r&#233;currence de certains motifs leur donne coh&#233;rence et force. Car des rapprochements et des superpositions s'op&#232;rent, par le biais de ressemblances, comme celle du profil &#171; ac&#233;r&#233; &#187; du voisin de chambre d'h&#244;pital avec celui de la m&#232;re, &#233;maci&#233; par la souffrance que rappelle aussi douloureusement la vision d'une jeune malade (ou d'une morte) gisant sur son lit d'h&#244;pital. Une vision qui par contraste, cette fois, ram&#232;ne &#224; la terrifiante image de la m&#232;re dans son cercueil : une image qu'il n'a pas vue, qu'il ne peut que s'inventer et qui hante tout le r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vocation de l'enfance comme celle de l'hospitalisation de l'adulte t&#233;moignent du m&#234;me d&#233;sir intense de noter les sensations, les perceptions mais c'est un d&#233;sir que les circonstances entravent. Les images de l'enfance font resurgir avec pr&#233;cision une topographie ancienne sur le trajet du tramway entre la ville et la mer mais la rem&#233;moration &#224; la premi&#232;re personne adopte un point de vue limit&#233;, celui de l'enfant, port&#233; par une attention aig&#252;e au monde myst&#233;rieux des adultes, avec ses fascinations et ses tabous : la cabine du wattman, les &#171; criardes affiches &#187; du cin&#233;ma, l'entr&#233;e interdite du mus&#233;e Dupuytren avec ses &#171; Myst&#232;res de la Femme &#187;, les non-dits compris tardivement (la jud&#233;it&#233; de Gaguy). Toutes r&#233;miniscences qui s'articulent discr&#232;tement autour d'une image charni&#232;re, celle douloureuse et effrayante de la m&#232;re morte, une image d'autant plus obs&#233;dante qu'elle est absente : soucieuse de pr&#233;server l'enfant, la famille qui l'entoure l'a priv&#233; de cette derni&#232;re image puis &#233;loign&#233; des lieux de la disparition maternelle, le coll&#233;gien allait d&#233;sormais &#234;tre pensionnaire &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les notations sur l'h&#244;pital sont plus encore r&#233;duites aux perceptions du malade, d'abord brouill&#233;es par la fi&#232;vre, puis limit&#233;es par l'immobilit&#233; forc&#233;e. Ce sont des sc&#232;nes entrevues, parfois &#233;nigmatiques, baign&#233;es d'un &#171; gris blafard &#187; d'o&#249; se d&#233;tachent le masque rose d'une femme alit&#233;e, ou le pyjama rouge de son voisin de chambre, un vieillard en qui il voit &#224; la fois sa propre caricature, et un double de sa m&#232;re en raison de son &#171; tragique visage au bec de rapace &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mouvements et les intermittences de la m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui remonte du pass&#233;, ce sont d'abord des images, comme dans l'incipit avec le tableau de bord du tramway ou la palette de couleurs pastel des tickets, mais souvent ces images s'animent, donnant une pr&#233;sence saisissante &#224; ce qui est rem&#233;mor&#233; : &#171; Il me semblait voir cela, y &#234;tre [...] &#187;. C'est avec la sc&#232;ne silencieuse et muette d'un duo qui s'encadre dans sa fen&#234;tre, et que le malade regarde inlassablement se r&#233;p&#233;ter, que se cl&#244;t la s&#233;rie des fragments &#224; l'h&#244;pital et que s'annonce sa gu&#233;rison : l'avidit&#233; de voir est avidit&#233; de vivre. Pour Claude Simon, le pass&#233; ne peut se retrouver mais l'effet de reviviscence d'une &#233;criture de la m&#233;moire, l'importance des lieux (tramway ou chambres) et le primat des sensations, t&#233;moignent, dans son r&#233;cit, d'un dialogue &#233;troit &#8211; quoique parfois critique &#8211; avec l'h&#233;ritage proustien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, qu'ils soient proches ou lointains, les souvenirs suivent la logique associative de la m&#233;moire, &#233;voquant ce qui dispara&#238;t, les &#234;tres, les usages, les choses, mais aussi ce qui s'acharne &#224; vivre, &#224; durer. L'alternance des s&#233;quences de ce pass&#233; lointain ou proche souligne combien celui-l&#224;, d&#233;j&#224; &#8211; avec les &#171; hommes-troncs &#187; victimes de la guerre, les rats ou les jeunes chats tu&#233;s par la bonne sous les yeux horrifi&#233;s des enfants, avec l'agonie lente de la m&#232;re &#8211; &#233;tait marqu&#233; par la blessure et par la mort. Toutefois, la derni&#232;re phrase du roman associe &#224; la mort la survie du souvenir : tout en &#233;voquant l'agonie de l'&#233;t&#233;, Simon compare le voile de poussi&#232;re qui recouvre le jardin &#224; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/l-impalpable-et-protecteur-brouillard-de-la-memoire.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; l'impalpable et protecteur brouillard de la m&#233;moire &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux trajets m&#233;moriels se superposent gr&#226;ce &#224; des images, &#224; des formes, &#224; des objets, comme ceux qui permettent le transport : d'une part, le tramway, la &#171; baladeuse &#187; de l'&#233;t&#233; ou &#171; la charrette charg&#233;e de comportes &#187; des vendanges, mais aussi les &#171; voiturettes &#187; des &#171; hommes-troncs &#187; et la liseuse dans laquelle on transporte la m&#232;re jusqu'au jardin et dont la disparition signalera celle de son occupante, d'autre part l'ambulance, les lits et les fauteuils roulants de l'h&#244;pital. Tous disent le mouvement mais aussi le passage (le premier titre envisag&#233; pour ce r&#233;cit &#233;tait &#171; Transit ou le Tramway &#187;), celui du temps, celui de la vie &#224; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'un temps &#224; l'autre mime ainsi le fonctionnement de la m&#233;moire, lorsque le &#171; gris blafard &#187; qui entoure le malade lui rappelle la couleur de l'entr&#233;e du Mus&#233;e Dupuytren et fait se confondre les deux temps ; de m&#234;me, la chevelure du vieillard de l'h&#244;pital fait surgir le souvenir de la perruque maternelle puis la comparaison avec une marionnette, celle d'un supplici&#233; du camp de prisonniers de guerre. Les &#171; images-carrefours &#187; font bifurquer la m&#233;moire d'une strate &#224; l'autre du pass&#233;, et le montage des fragments-images op&#232;re des courts-circuits o&#249; se devine la souffrance. On comprend d&#232;s lors la richesse m&#233;taphorique du tramway, m&#233;taphore des allers et venues de la m&#233;moire, mais aussi du chemin de la vie autant que de l'&#233;criture, qui s'enroule autour du souvenir de la perte de la m&#232;re sans faire monument, et qui avance en juxtaposant et reliant les souvenirs-images, les espaces sociaux et les temps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Le_Tramway%C2%A0-2554-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Paris : Minuit, mars 2001, 141 p.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;R&#233;&#233;dition Paris : &lt;a href=&#034;https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Le_Tramway-1868-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Minuit (Double ; 49)&lt;/a&gt;, 2007, 142 p. Avec une postface de Patrick LONGUET&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Repris dans les &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;. tome II&lt;/a&gt;. &#201;dit&#233;es par Alastair B. DUNCAN, avec la collaboration de David ZEMMOUR et B&#233;r&#233;nice BONHOMME. Paris : Gallimard, f&#233;vrier 2013, p. 1211-1317. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;ALEXANDRE (Didier) &#171; Du &lt;i&gt;Tricheur&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, d'un &#233;v&#233;nement l'autre ? &#187;. &lt;i&gt;Claude Simon : All&#233;es et venues. Cahiers de l'Universit&#233; de Perpignan&lt;/i&gt; (Perpignan : Presses Universitaires), n&#176;34, 2004, p. 243-262&lt;/li&gt;&lt;li&gt;CL&#201;MENT-PERRIER (Annie) &lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-poetique-2003-4-page-469&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un si &#8220;fatidique&#8221; tramway. &#192; propos du roman de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, n&#176;136, 2003, p. 469-486&lt;/li&gt;&lt;li&gt;DUNCAN B. (Alastair), Notice sur &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;. Dans Claude Simon. &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome II, Paris : Gallimard, 2013, p. 1596-1615&lt;/li&gt;&lt;li&gt;HOUPPERMANS (Sjef) Notice sur &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dictionnaire-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Michel-Bertrand-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, tome II, sous la direction de Michel BERTRAND. Paris : Honor&#233; Champion, 2013, p. 596-602&lt;/li&gt;&lt;li&gt;JOOS (Vincent) &#171; La critique sociale dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;Roman 20-50 : Revue d'&#233;tude du Roman du XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, n&#176;37, juin 2004, p. 125-136&lt;/li&gt;&lt;li&gt;REGGIANI (Christelle) &#171; Simplicit&#233; du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-une-experience-de-la-complexite-2020.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon, une exp&#233;rience de la complexit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Paris : Classiques Garnier, 2020, p. 191-205&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages collectifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-et-Le-Tramway-2002.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon et Le Tramway&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &#201;tudes r&#233;unies par Anne-Lise BLANC. Litt&#233;ratures, n&#176;46, (Toulouse : Presses Universitaires du Mirail), 2002&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Allees-et-venues-2004.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon : All&#233;es et venues&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Actes du colloque international de Perpignan (14 et 15 mars 2003). &#201;tudes r&#233;unies par Jean-Yves LAURICHESSE. Cahiers de l'Universit&#233; de Perpignan (Perpignan : Presses Universitaires de Perpignan), 2004&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;charger cette notice en pdf &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1499 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/pdf/notice_tramway_version_2-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 122.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787681797' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Notices-sur-les-oeuvres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir toutes les notices&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Claude Simon, les &#226;ges de la vie (2021)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-les-ages-de-la-vie-2021.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-les-ages-de-la-vie-2021.html</guid>
		<dc:date>2022-01-09T21:25:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Autobiographie</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Famille</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon, les &#226;ges de la vie. La Revue des lettres modernes. Claude Simon ; 8 Textes r&#233;unis par Jean-Yves Laurichesse Paris : Classiques Garnier, d&#233;cembre 2021. 222 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Yves Laurichesse. &#171; Introduction &#187;, p. 11-15 &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon a fait de sa vie la mati&#232;re premi&#232;re de son &#339;uvre. Les diff&#233;rents &#226;ges de la vie (la sienne, mais aussi celle de personnages plus ou moins fictifs) y occupent donc une place importante, dans leurs dimensions &#224; la fois biologique, psychologique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-ouvrages-collectifs-.html" rel="directory"&gt;Ouvrages collectifs &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Autobiographie-+.html" rel="tag"&gt;Autobiographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Temps-+.html" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Famille-140-+.html" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Claude Simon, les &#226;ges de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Revue des lettres modernes. Claude Simon&lt;/i&gt; ; 8&lt;br class='autobr' /&gt;
Textes r&#233;unis par Jean-Yves Laurichesse&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris : Classiques Garnier, d&#233;cembre 2021. 222 p. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L400xH600/csmms08b-27f1e.jpg?1787691480' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Laurichesse. &#171; Introduction &#187;, p. 11-15&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon a fait de sa vie la mati&#232;re premi&#232;re de son &#339;uvre. Les diff&#233;rents &#226;ges de la vie (la sienne, mais aussi celle de personnages plus ou moins fictifs) y occupent donc une place importante, dans leurs dimensions &#224; la fois biologique, psychologique, sociologique. Cependant, il ne s'agit pas pour l'&#233;crivain de faire de sa vie (ou de celle de ses personnages) un r&#233;cit chronologique, mais de travailler par l'&#233;criture quelques moments privil&#233;gi&#233;s qu'il ne cesse de reprendre et de varier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, autobiographie, &#233;criture de soi, m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#226;ges de la vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Genevi&#232;ve Dubosclard. &#171; D'un &#226;ge de la vie qui ne passe pas : l'enfance dans les romans de Claude Simon &#187;, p. 19-41&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentations de l'enfant condens&#233;es en &#171; noyaux d'enfance &#187; sont dot&#233;es de caract&#233;risations culturelles et intimes. Persistant dans ses &#233;clats, l'&#226;ge de l'enfance n'est pas une &#233;tape r&#233;volue mais une dimension de l'existence tout enti&#232;re. Bien plus, cet &#226;ge de la vie rec&#232;le certains principes d'&#233;criture qui sous-tendent l'art simonien du roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise, Nouveau Roman, autobiographie, &#233;criture de soi, m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Michel Bertrand. &#171; L'introuvable famille de l'orphelin : variations simoniennes du r&#233;cit d'enfance proustien &#187;, p. 43-61&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, orphelin de p&#232;re, puis de m&#232;re, n'eut pas de famille v&#233;ritable. Au long de son parcours romanesque, il s'&#233;vertua &#224; la recr&#233;er, ou plut&#244;t &#224; la cr&#233;er. Le r&#233;cit proustien constitua &#224; cet &#233;gard un mod&#232;le, qu'il entreprit n&#233;anmoins de d&#233;construire pour parvenir &#224; construire son propre univers familial. Ce sont les tours et les d&#233;tours de cette strat&#233;gie probl&#233;matique qu'il s'agit d'explorer, afin de comprendre les multiples variations de tonalit&#233; qui caract&#233;risent l'&#339;uvre simonienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, autobiographie, &#233;criture de soi, m&#233;moire, intertextualit&#233;, Marcel Proust.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Laurichesse. &#171; Les lunettes de l'oncle Charles &#187;, p. 62-92&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de montrer comment le personnage semi-fictif de l'oncle Charles exprime diff&#233;rents &#226;ges de la vie, &#224; la fois de sa propre vie, entre sa jeunesse dans le milieu artistique parisien et son retrait dans le domaine viticole du Midi, et de la vie de son neveu, qu'il accompagne comme une figure &#224; la fois tut&#233;laire et ironique, de l'enfance &#224; l'&#226;ge d'homme. Plus qu'un personnage r&#233;aliste, il appara&#238;t ainsi comme une figure du Temps et un double de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, Claude Simon, enfance, vieillesse, famille, g&#233;n&#233;rations, double.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Anne-Lise Blanc. &#171; [&#8230;] plut&#244;t jeune que vieille, mais pourtant pas jeune [&#8230;] &#187; : les personnages sans &#226;ge, un exemple de la po&#233;tique de l'ind&#233;termin&#233; chez Claude Simon &#187;, p. 93-119&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du constat de la relativit&#233; et de la mobilit&#233; de la notion d'&#226;ge dans l'&#339;uvre, cette &#233;tude observe un rapport variable et in&#233;gal au temps (perception, mesure, marques) chez les personnages simoniens. Cette instabilit&#233; du rapport au temps explique en partie pourquoi bien des personnages simoniens ne font pas leur &#226;ge. Souvent &#233;nigmatiques en raison de leur &#226;ge mal &#233;tabli, ils peuvent appara&#238;tre comme les t&#233;moins du parti pris de l'ind&#233;termin&#233; qui caract&#233;rise la po&#233;tique de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, temps, Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Wolfram Nitsch. &#171; Une vie dans les machines. Autobiographie et technique dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, p. 121-137&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Claude Simon accorde une grande importance &#224; la technique dans son entreprise autobiographique, en particulier dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, o&#249; il place diff&#233;rents &#226;ges de sa vie sous le signe d'un type particulier de machine. Tandis que le narrateur &#226;g&#233; d&#233;pend de v&#233;hicules et de r&#233;seaux qui suppl&#233;ent &#224; des dysfonctions corporelles, l'&#233;colier doit certaines exp&#233;riences cruciales au tramway, au cin&#233;ma et aux machines de la foire. Quant au soldat de 1939, il per&#231;oit une affinit&#233; profonde entre la machinerie moderne et la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, enfance, vieillesse, Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Paul Dirkx. &#171; Les &#226;ges du corps de l'&#233;crivain. Vieillissement biologique et vieillissement litt&#233;raire chez Claude Simon &#187;, p. 139-162&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture de Claude Simon se nourrissant de tout ce qu'il a incorpor&#233; durant sa vie (&#171; m&#233;moire &#187;), elle se fait l'&#233;cho de tous les &#226;ges de son corps d'&#233;crivain, et ce &#224; travers l'observation litt&#233;raire, chez lui-m&#234;me et chez ses personnages, de l'incorporation et de ses effets de vieillissement &#224; la fois biologique et social. L'analyse du Tricheur, de La Corde raide, du Sacre du printemps et du Tramway montre comment cette &#233;criture du temps v&#233;cu est affect&#233;e par la temporalit&#233; du champ litt&#233;raire o&#249; ce corps &#233;volue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, m&#233;moire, temps, champ litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tudes et recherches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jo&#235;lle Gleize. &#171; L&#233;gendes de Claude Simon : &lt;i&gt;Album d'un amateur&lt;/i&gt; &#187;, p. 165-187&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des livres &#171; visuels &#187; de Claude Simon, &lt;i&gt;Album d'un amateur&lt;/i&gt; est un ouvrage rare et peu &#233;tudi&#233;. Cet article s'int&#233;resse aux questions de relations hi&#233;rarchiques qu'il soul&#232;ve : photographie/litt&#233;rature, photo/l&#233;gende. Il l'envisage d'abord comme un compl&#233;ment iconographique de l'&#339;uvre, pour interroger ensuite la construction de son autonomie esth&#233;tique par une combinatoire toute simonienne, o&#249; le r&#233;seau de liens tiss&#233;s entre textes et images et entre textes, donne &#224; voir l'invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, photographie, textes et images, composition.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C&#233;cile Yapaudjian-Labat. &#171; Claude Simon et la r&#233;f&#233;rence po&#233;tique &#187;, p. 189-209&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Simon ne semble pas avoir &#233;t&#233; tent&#233; par la po&#233;sie. Pourtant, la dimension po&#233;tique de son &#233;criture est incontestable, certains de ses textes (&lt;i&gt;La Chevelure de B&#233;r&#233;nice&lt;/i&gt;) se situent entre la prose po&#233;tique et le po&#232;me en prose, et il fait r&#233;f&#233;rence &#224; des po&#232;tes tels que Rimbaud, Mallarm&#233; ou Val&#233;ry. Si, dans les romans, se manifeste une distance ironique envers la po&#233;sie comme genre, le terme fait l'objet d'une &#233;valuation positive lorsqu'il devient synonyme d'art litt&#233;raire, en particulier dans les entretiens et conf&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : litt&#233;rature fran&#231;aise du xxe si&#232;cle, Nouveau Roman, po&#233;sie, lyrisme, romantisme allemand, modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://classiques-garnier.com/la-revue-des-lettres-modernes-2021-10-claude-simon-claude-simon-les-ages-de-la-vie.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le site des Classiques Garnier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/4060&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alain Froidevaux. Compte-rendu dans les &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 17, 2022, p. 270-281&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;e d'&#233;tudes d'agr&#233;gation. 2 f&#233;vrier 2018</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Journee-d-etudes-d-agregation-2-fevrier-2018.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Journee-d-etudes-d-agregation-2-fevrier-2018.html</guid>
		<dc:date>2018-01-20T23:08:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire </dc:subject>
		<dc:subject>Haddad, Karen</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 2 f&#233;vrier 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
Journ&#233;e d'&#233;tudes d'agr&#233;gation de Lettres Modernes &#171; Exp&#233;riences de l'histoire, po&#233;tiques de la m&#233;moire &#187; &#171; Autour de Claude Simon &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
organis&#233;e par Karen Haddad (Paris-Nanterre) &lt;br class='autobr' /&gt;
Universit&#233; de Paris-Nanterre UFR Phillia B&#226;timent L, salle 419 (4&#232;me &#233;tage) &lt;br class='autobr' /&gt;
Programme &lt;br class='autobr' /&gt;
9h30. Jean-Yves Laurichesse (Universit&#233; de Toulouse). &#171; Transports de la m&#233;moire dans L'Acacia de Claude Simon &#187; 10h30. Pascal Mougin (Universit&#233; de Paris III). &#171; L'Acacia : l'imaginaire contre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-colloques-.html" rel="directory"&gt;Colloques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Histoire-142-+.html" rel="tag"&gt;Histoire &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Haddad-Karen-+.html" rel="tag"&gt;Haddad, Karen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 2 f&#233;vrier 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journ&#233;e d'&#233;tudes d'agr&#233;gation de Lettres Modernes&lt;br/&gt;
&#171; Exp&#233;riences de l'histoire, po&#233;tiques de la m&#233;moire &#187;&lt;br/&gt;
&#171; Autour de Claude Simon &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;organis&#233;e par &lt;a href=&#034;http://www.litterature-poetique.com/index.php?place=membre_details&amp;id=150&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Karen Haddad&lt;/a&gt; (Paris-Nanterre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; de Paris-Nanterre &lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;https://ufr-phillia.parisnanterre.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UFR Phillia&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
B&#226;timent L, salle 419 (4&#232;me &#233;tage)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_920 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L319xH127/logo_Nanterre-6ed2d.jpg?1787680924' width='319' height='127' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h30. &lt;strong&gt;Jean-Yves Laurichesse&lt;/strong&gt; (Universit&#233; de Toulouse). &#171; Transports de la m&#233;moire dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;br/&gt;
10h30. &lt;strong&gt;Pascal Mougin&lt;/strong&gt; (Universit&#233; de Paris III). &#171; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; : l'imaginaire contre le mythe ? &#187;&lt;br/&gt;
11h30. &lt;strong&gt;Sylvie Thorel&lt;/strong&gt; (Universit&#233; de Lille III). &#171; L'art de la reprise &#187; (sur &lt;i&gt;Au C&#339;ur des t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Cul de Judas&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h. Projection du film &lt;i&gt;Claude Simon, l'in&#233;puisable chaos du monde, d'Alain Fleischer&lt;/i&gt; (direction scientifique Dominique Viart, direction artistique Alain Fleischer, production BPI du Centre Pompidou en co-production avec Le Frenoy, Centre national des arts contemporains). Dur&#233;e : 1h24&lt;br/&gt;
Pr&#233;sentation par &lt;strong&gt;Dominique Viart&lt;/strong&gt; (Universit&#233; de Paris-Nanterre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &lt;a href=&#034;http://www.litterature-poetique.com/index.php?place=details_manifestation&amp;id=171&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;journ&#233;e d'&#233;tudes&lt;/a&gt; est ouverte &#224; tous et sera film&#233;e &#224; l'intention des agr&#233;gatifs &#224; distance de Paris-Nanterre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Duncan, Alastair B. L'Acacia de Claude Simon : roman &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187; (2017)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-L-Acacia-de-Claude-Simon-roman-a-base-de-vecu-2017.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-L-Acacia-de-Claude-Simon-roman-a-base-de-vecu-2017.html</guid>
		<dc:date>2017-12-10T01:10:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>Autobiographie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Alastair B. Duncan. &#171; L'Acacia de Claude Simon : roman &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; &#187;. Vox Poetica, 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Au premier paragraphe de L'Acacia une femme, une veuve &#171; scrute avidement des yeux &#187; un paysage d&#233;vast&#233;. On peut y voir une image de l'&#233;crivain Claude Simon, qui, en deuil, scrute avec avidit&#233; le monde mat&#233;riel &#224; la recherche d'un sens qui reste toujours hors de port&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans deux s&#233;ries de r&#233;cits en alternance, L'Acacia d&#233;veloppe une vision compr&#233;hensive de cette absence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Autobiographie-+.html" rel="tag"&gt;Autobiographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alastair B. Duncan. &#171; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon : roman &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; &#187;. &lt;i&gt;Vox Poetica&lt;/i&gt;, 2017&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au premier paragraphe de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; une femme, une veuve &#171; scrute avidement des yeux &#187; un paysage d&#233;vast&#233;. On peut y voir une image de l'&#233;crivain Claude Simon, qui, en deuil, scrute avec avidit&#233; le monde mat&#233;riel &#224; la recherche d'un sens qui reste toujours hors de port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans deux s&#233;ries de r&#233;cits en alternance, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; d&#233;veloppe une vision compr&#233;hensive de cette absence de sens. Les champs d&#233;vast&#233;s par la premi&#232;re guerre mondiale signalent la faillite des id&#233;ologies repr&#233;sent&#233;es dans les deux familles contrast&#233;es du personnage principal : d'une part, la croyance au progr&#232;s incarn&#233;e dans la famille du p&#232;re, et surtout dans ses deux s&#339;urs, institutrices imbues de l'optimisme la&#239;que et r&#233;publicaine de la troisi&#232;me r&#233;publique ; d'autre part, la foi chr&#233;tienne, l'assurance sociale de la haute bourgeoise, le code aristocratique de la caste des officiers repr&#233;sent&#233;s dans la famille de la m&#232;re. Gr&#226;ce &#224; ses propres efforts et aux sacrifices de ses s&#339;urs institutrices, le mari de la veuve a pu rejoindre cette classe et cette caste. Il en a adopt&#233; les valeurs. Mais cette preuve de la possibilit&#233; de promotion sociale se trouve an&#233;antie par sa mort parmi des milliers d'autres. L'homme qui a ravi &#171; l'inaccessible princesse &#187; va &#171; s'en aller quelque part au coin d'un bois ou d'un champ de betteraves &#224; la rencontre d'un morceau de m&#233;tal &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, Minuit &#171; double &#187;, p. 127 et 209-210. Les r&#233;f&#233;rences aux romans de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fils, priv&#233; de p&#232;re, subit bient&#244;t d'autres morts, surtout celle de sa m&#232;re. Il ne partage ni les certitudes bourgeoises de sa classe d'origine, ni l'espoir du marxisme qu'il va voir en Union sovi&#233;tique. Il se sent oisif et hypocrite, porteur de d&#233;guisement successifs : en &#233;colier pupille de la nation, en apprenti peintre cubiste, en anarchiste. La guerre de quarante lui fait vivre dans sa chair ce qui n'&#233;tait que d&#233;ceptions intellectuelles. Le 17 mai 40 son escadron tombe dans une embuscade. Il passe pr&#232;s de la mort. Quand il revient &#224; lui, il agit instinctivement ; il fuit comme une b&#234;te, un singe, un rat. Cette d&#233;couverte d'une vie &#233;l&#233;mentaire se fait d&#233;j&#224; au moment o&#249; il regagne conscience : &#171; apparaissent de vagues taches ind&#233;cises qui se brouillent, s'effacent, puis r&#233;apparaissent de nouveau, puis se pr&#233;cisent : des triangles, des polygones, des cailloux, de menus brins d'herbe, l'empierrement du chemin o&#249; il se tient maintenant &#224; quatre pattes, comme un chien &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 90). Plus tard, il vise l'&#233;l&#233;mentaire quand, &#233;chapp&#233; &#224; la guerre, rentr&#233; chez lui, il se remet &#224; dessiner : &#171; copier avec le plus d'exactitude possible, les feuilles d'un rameau, un roseau, une touffe d'herbe, des cailloux, ne n&#233;gligeant aucun d&#233;tail, aucune nervure, aucune dentelure, aucune strie, aucune cassure &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 376).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; en 1989, r&#233;trospectivement, Simon pr&#233;sente le point de d&#233;part de son &#339;uvre. On peut trouver paradoxal qu'un &#233;crivain qui commence en voulant copier des formes &#233;l&#233;mentaires du r&#233;el devienne l'auteur de romans complexes, innovateurs, peu respectueux des formes du roman r&#233;aliste. Mais &#233;l&#233;mentaire ne veut pas dire simple. Rentr&#233; chez lui, le brigadier de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; ach&#232;te &#171; les quinze ou vingt tomes de &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; reli&#233; d'un maroquin brun rouge qu'il lut patiemment, sans plaisir &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 379). Sans plaisir, car cette &#339;uvre &#224; venir ne pouvait se satisfaire de formes convenues. Dans ses &#233;crits sur le roman, Simon d&#233;nonce &#224; r&#233;p&#233;tition l'ordre factice de la chronologie, de l'intrigue, de la suite pr&#233;tendue logique d'&#233;v&#233;nements qui ne sont en fait que des co&#239;ncidences en s&#233;rie. Dans ses romans il cherche une autre logique, une autre coh&#233;rence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Claude Simon &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, dans Nouveau Roman : hier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les solutions sont variables, tentatives successives d'&#233;tablir un ordre pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les premiers ouvrages publi&#233;s de Simon, du &lt;i&gt;Tricheur&lt;/i&gt; en 1946 jusque au &lt;i&gt;Sacre du printemps&lt;/i&gt; en 1954, &#233;taient de facture tr&#232;s diverse. Simon les a reni&#233;s ; selon sa volont&#233;, ils ne figurent pas dans l'&#233;dition de la Pl&#233;iade. Avec &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt; en 1957 s'ouvre une nouvelle &#233;tape. Pour la premi&#232;re fois la d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des normes narratives du roman r&#233;aliste investit pleinement le livre. Le roman se pr&#233;sente comme une tentative de restitution du pass&#233; &#224; partir de t&#233;moignages plus ou moins fiable, &#171; de paroles, elles-m&#234;mes mal saisies, de sensations, elles-m&#234;mes mal d&#233;finies, et tout cela plein de trous, de vides &#187; (&lt;i&gt;V&lt;/i&gt;, 3). Les romans suivants &#8211; de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; en 1958 et jusqu'&#224; &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; en 1969 &#8211; exploitent de mani&#232;re vari&#233;e cette m&#234;me forme. Simon l'a en partie h&#233;rit&#233;e de Faulkner, surtout d'&lt;i&gt;Absalon, Absalon !&lt;/i&gt; Faulkner lui a &#233;galement lib&#233;r&#233; du carcan de la phrase fran&#231;aise bien faite. La phrase de Simon d&#233;sormais avance en t&#226;tonnant, accumule m&#233;taphores et comparaisons, emploie le participe pr&#233;sent pour faire image, se laisse interrompre par des parenth&#232;ses ou d&#233;vier par des associations d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec la troisi&#232;me partie de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; commence une nouvelle &#233;tape. La restitution du pass&#233;, m&#234;me probl&#233;matique, est remise en question : &#171; je ne pense plus qu'on puisse &#8220;reconstituer&#8221; quoi que ce soit. Ce que l'on constitue, c'est un texte, et ce texte ne correspond qu'&#224; une seule chose : &#224; ce qui se passe en l'&#233;crivain au moment o&#249; il &#233;crit. On ne d&#233;crit pas des choses qui pr&#233;existent &#224; l'&#233;criture, mais ce qui se passe [quand on est] aux prises avec l'&#233;criture &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Interview avec Claude Simon &#187;, avec Bettina L. Knapp, Kentucky Romance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette citation indique &#233;galement ce qui remplace les histoires reconstitu&#233;es par des consciences rem&#233;morantes. La description et le pr&#233;sent de l'indicatif ont d&#233;sormais la priorit&#233; sur la narration. &#171; Je crois qu'on peut aller &#224; tout en commen&#231;ant par la description d'un crayon &#187;, disait Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Claude Simon : &#171; Le roman se fait, je le fais, et il me fait &#187;, entretien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans un premier temps, Simon se laisse porter par les mots, par les associations qu'ils &#233;voquent. C'est le d&#233;fi m&#234;me qu'il se donne dans &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; en 1976 : faire sortir tout un roman de la description d'une pi&#232;ce d&#233;labr&#233;e. Mais ce mouvement associatif est contr&#244;l&#233; et se limite toujours &#224; un certain nombre de s&#233;ries : trois paysages dans &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; (1973), trois &#233;poques dans l'histoire de la pi&#232;ce dans &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;. Et l'unit&#233;, l'ordre qui Simon impose d&#233;pend de la richesse des analogies qui s'installent entre les diff&#233;rentes s&#233;ries. Contrairement &#224; ce qui se passait dans les romans des ann&#233;es soixante, les analogies ne se trouvent plus entre les &#233;l&#233;ments de fiction, mais dans la mani&#232;re de les raconter, dans la reprise, l'&#233;laboration de certains &#171; mots carrefours &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#224; Orion aveugle &#187;, Gen&#232;ve, Skira, 1970. Reprise dans Claude Simon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de certaines figures, dans les comparaisons et les contrastes, assonances et dissonances.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tournant d&#233;finitif ? Absolument pas. Avec &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; en 1981, Simon se renouvelle encore une fois. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; en 1989, &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; en 1997 et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; en 2001 les acquis de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente ne sont pas oubli&#233;s. La description, surtout visuelle, garde une place importante. Dans des phrases courtes et nettes &#224; tonalit&#233; objective, le pr&#233;sent de l'indicatif sert parfois &#224; rapporter des faits sans commentaires. Mais personnages et histoires sont de retour, ainsi que des r&#233;flexions sur le sens de l'Histoire. &#192; travers des &#233;paisseurs de temps, le pass&#233;, fragmentairement, mais dans sa pl&#233;nitude sensorielle, semble revivre. Ce pass&#233; dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; concerne surtout la vie de Claude Simon et celle de ses parents. Cette mati&#232;re n'est pas nouvelle dans l'&#339;uvre. &#192; partir de L'Herbe, disait Simon, tous mes romans sont &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Et &#224; quoi bon inventer ? &#187;, entretien avec Marianne Alphant, Lib&#233;ration, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; Simon reprend et retravaille des &#233;l&#233;ments biographiques de toute son &#339;uvre. Mais ce qui est nouveau, c'est la contrainte qu'il s'impos&#233;e, celle de renoncer &#224; la fiction. Je le cite : &#171; Comme toutes les contraintes, celle de renoncer &#224; la fiction est tr&#232;s fertile. Mais, encore une fois, ces &#233;l&#233;ments biographiques sont le pr&#233;texte. Le texte est autre chose. &#187; Je vais commenter cette transformation de pr&#233;texte en texte, en consid&#233;rant s&#233;par&#233;ment la s&#233;rie biographique et la s&#233;rie autobiographique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;biographique&#034;&gt;La s&#233;rie biographique&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le retour du guerrier, motif central de tout r&#233;cit de guerre depuis l'&lt;i&gt;Odyssey&lt;/i&gt;, se pr&#233;sente de deux fa&#231;ons dans l'&#339;uvre de Simon. De retour de guerre et de captivit&#233;, Georges, personnage principal de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, renonce &#224; la culture. D&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; il tente de retourner &#224; la terre. Dans la fameuse tirade de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, il &#233;crit &#224; son p&#232;re qui lamente la destruction de la biblioth&#232;que de Leipzig :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;si le contenu des milliers de bouquins de cette irrempla&#231;able biblioth&#232;que avait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment impuissant &#224; emp&#234;cher que se produisent des choses comme le bombardement qui l'a d&#233;truite, je ne voyais pas tr&#232;s bien quelle perte repr&#233;sentait pour l'humanit&#233; la disparition sous les bombes au phosphore de ces milliers de bouquins et de papelards manifestement d&#233;pourvus de la moindre utilit&#233; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 211).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais, toutes proportions gard&#233;es, Georges joue dans l'&#339;uvre de Simon un r&#244;le comparable &#224; Werther dans l'&#339;uvre de Goethe, &#224; Ren&#233; chez Chateaubriand, ou &#224; l'immoraliste chez Gide. C'est-&#224;-dire le r&#244;le d'un contre-mod&#232;le, livr&#233; &#224; une tentation destructrice &#224; laquelle l'&#233;crivain lui-m&#234;me ne succombe pas. Car la r&#233;ponse de Simon, revenu de tout, et de s'approprier la culture humaine, livresque, visuelle, m&#234;me musicale, et de construire &#224; partir de ces ruines. En ce faisant, il ne distingue pas entre la culture d'&#233;lite et la culture populaire. Tout peut lui servir. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; il tire profit des m&#233;moires d'un g&#233;n&#233;ral allemand (Rommel), d'une histoire du r&#233;giment de son p&#232;re, de cartes postales, de photos, de l&#233;gendes de famille, de t&#233;moignages de deux vieilles tantes. Il ne traite pas ces &#233;l&#233;ments comme des preuves, des faits av&#233;r&#233;s, mais comme des donn&#233;es &#224; partir desquelles il imagine et construit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La petite pr&#233;sentation d'images qui accompagne cet article montre certains des documents visuels dont Simon s'est servi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Images-stimuli de L'Acacia &#187;.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour ce qui concerne des sources orales, je prends un exemple tr&#232;s simple. Selon l'histoire familiale, le p&#232;re de Claude Simon devait se pr&#233;senter au concours de l'Ecole Polytechnique, mais, incapacit&#233; par une fracture de jambe, il a d&#233;cid&#233; de se pr&#233;senter &#224; un concours moins exigeant, celui de Saint Cyr. &#192; partir de cette donn&#233;e, Simon imagine le choc, l'horreur m&#234;me de cette d&#233;cision pour les s&#339;urs du jeune homme, fi&#232;res du pass&#233; antimilitariste de leur famille, et la fermet&#233; du leur fr&#232;re. Voici comment Simon raconte la fin de leur visite &#224; l'h&#244;pital :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;tandis qu'elles se retiraient enfin, m&#234;l&#233;es aux autres visiteurs pouss&#233;s en troupeau vers la porte, l'une des deux femmes se retournant peut-&#234;tre encore, le voyant toujours souriant sur son oreiller, avec, sur la table de nuit, les oranges qu'elles lui avaient apport&#233;es, agitant gaiement la main, calculant comment il pourrait non pas se d&#233;livrer d'elles mais, en quelque sorte, les d&#233;livrer de lui, sans pr&#233;voir encore &#224; quel point il se trompait, &#224; quel point une volont&#233; d'homme compte pour rien en face de la farouche d&#233;termination de deux faibles femmes, ou plut&#244;t de deux mules (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 71).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par certains aspects, le style de cet extrait est typique de l'&lt;i&gt;Acacia&lt;/i&gt;. Des parties de phrases s'accumulent &#224; l'aide de participes pr&#233;sents et parfois de mots r&#233;p&#233;t&#233;s : &#171; &#224; quel point [&#8230;] &#224; quel point &#187;. La perspective change avec une certaine ambigu&#239;t&#233; syntaxique : l'expression &#171; agitant gaiement la main &#187; pourrait se r&#233;f&#233;rer aux deux femmes et &#224; la s&#233;quence de participes &#171; les deux femmes se retournant [&#8230;] le voyant &#187; Ce n'est qu'avec le prochain participe pr&#233;sent : &#171; calculant comme il pourrait se d&#233;livrer d'elles &#187; que le lecteur comprend que la perspective a chang&#233; et que &#171; gaiement &#187; peut &#234;tre attribu&#233; &#233;galement &#224; la s&#233;quence qui se r&#233;f&#232;re &#224; l'homme : &#171; toujours souriant [&#8230;] agitant gaiement [..] calculant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse plus compr&#233;hensive du style de Simon, voir David Zemmour, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais la perspective change encore une fois et de nouveau de fa&#231;on ambigu&#235; : &#171; sans pr&#233;voir encore &#224; quel point il se trompait, &#224; quel point une volont&#233; d'homme compte pour rien en face de la farouche d&#233;termination de deux faibles femmes &#187;. La prolepse et l'aphorisme sont-ils toujours en focalisation interne ? S'agit-il d'une le&#231;on que le jeune homme lui-m&#234;me tire plus tard de son exp&#233;rience ? Ou est-ce le commentaire d'un narrateur qui plane au-dessus de l'&#233;v&#233;nement ? Le texte plaide plut&#244;t pour cette derni&#232;re explication, car le lecteur est conscient d'une voix que l'on entend tout le long de cet extrait. Voix qui avance cette sc&#232;ne comme hypoth&#232;se : &#171; les deux femmes se retournant &lt;i&gt;peut-&#234;tre&lt;/i&gt; &#187; ; qui jouent avec les mots : &#171; non pas se d&#233;livrer d'elles, mais en quelque sorte, les d&#233;livrer de lui &#187; ; et qui cl&#244;t le paragraphe en transformant &#171; les deux faibles femmes &#187; en &#171; deux mules &#187;. Ce coup d'humour teint&#233; d'ironie affectueuse est typique des chocs que Simon r&#233;serve souvent pour les fins de paragraphe dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, ce passage n'est pas typique de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; par l'absence de m&#233;taphores ou de comparaisons et par son registre purement familial. Dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; Blum accuse Georges de &#171; broder &#187;, d'&#171; inventer des histoires, des contes de f&#233;es l&#224; o&#249; je parie que personne except&#233; toi n'a jamais vu qu'une vulgaire histoire de cul entre une putain et deux imb&#233;ciles &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 174). Si &#171; broder des histoires &#187;, transformer en compte de f&#233;e, hisser &#224; l'&#233;pop&#233;e, grandir &#224; l'&#233;chelle cosmique, est une des tentations &#224; laquelle George succombe, c'est &#233;galement une tentation pour Simon, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Il y r&#233;siste. Comme le fait Blum dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, Simon, mat&#233;rialiste, coupe et mine les envol&#233;es de son imagination ou de la tradition familiale. &#192; la repr&#233;sentation h&#233;ro&#239;que du p&#232;re mort, adoss&#233; contre un arbre &#171; comme un chevalier m&#233;di&#233;val ou un colonel d'empire &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 327), il substitue une image aux d&#233;tails pr&#233;cis et crus qui fait fondre le p&#232;re dans la masse des morts :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ces tas informes, plus ou moins souill&#233;s de boue et de sang, et o&#249; la premi&#232;re chose qui frappe la vue c'est le plus souvent les chaussures d'une taille toujours bizarrement d&#233;mesur&#233;e, dessinant un V lorsque le corps est &#233;tendu sur le dos, ou encore parall&#232;les, montrant leurs semelles clout&#233;es o&#249; adh&#232;rent encore des plaques de terre et d'herbe m&#234;l&#233;es si le mort g&#238;t la face contre le sol (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 327).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais il reste que la tendance &#224; grandir les &#233;v&#233;nements, &#224; les transformer en &#233;pisodes de l&#233;gendes ou de mythes parcourt le roman, m&#234;me s'il s'agit de comparaisons introduites souvent, comme Jo&#235;lle Gleize l'a d&#233;montr&#233;, par un hypoth&#233;tique &#171; comme si &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jo&#235;lle Gleize, &#171; Comme si c'&#233;tait une fiction : sur un dispositif analogique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le prestige de l'antiquit&#233; r&#233;sonne au premier chapitre dans la recherche du h&#233;ros et la volont&#233; de lui &#171; donner une s&#233;pulture &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 73). Le d&#233;part du p&#232;re guerrier rappelle les adieux d'Hector et d'Andromaque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Pascal Mougin, Lecture de &#171; L'Acacia &#187; de Claude Simon : l'imaginaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'Histoire d&#233;signe une &#233;poque r&#233;volue, sauvage et prestigieuse par rapport au pr&#233;sent : les g&#233;n&#233;raux rassembl&#233;s pour remettre &#224; titre posthume la L&#233;gion d'honneur au r&#233;giment an&#233;anti sont &#171; semblables [&#8230;] &#224; quelques seigneurs de la guerre, barbares, sortis tout droit des profondeurs de l'Histoire &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 58).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;autobiographique&#034;&gt;La s&#233;rie autobiographique&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie autobiographique ressemble &#224; la s&#233;rie biographique en ce que, ici &#233;galement, des comparaisons &#233;largissent le contexte. L'Histoire, avec une grande H s'universalise et se personnifie. En &#171; vieille ogresse &#187; elle &#171; &#233;tait en train de les d&#233;vorer, d'engloutir tout vivants et p&#234;le-m&#234;le chevaux et cavaliers, sans compter les harnachements, les selles, les armes, les &#233;perons m&#234;me, dans son insensible et imperforable estomac d'autruche &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 242-243). Et pourtant le d&#233;fi et les donn&#233;es de cette s&#233;rie sont diff&#233;rents. Dans la s&#233;rie biographique, Simon se trouve confront&#233;, comme un historien, &#224; des sources limit&#233;es, h&#233;t&#233;roclites, plus ou moins suspectes. Dans la s&#233;rie autobiographique, il s'agit d'un effort de m&#233;moire ou de reconstitution, de dire comment c'&#233;tait &#224; partir de comment c'est. D&#232;s la parution du roman, la critique s'est pench&#233;e sur la question autobiographique. Les analyses concordaient. Une &#339;uvre si travaill&#233;e, si visiblement litt&#233;raire, o&#249; le souci de la forme prime sur tout le reste ne peut &#234;tre d&#233;sign&#233; comme une autobiographie. On cherche donc &#224; quelle &#339;uvre on peut le comparer, dans quel genre on peut le ranger. Serait-ce une autofiction ou un autoportrait ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Michel Thouillot, &#171; Claude Simon et l'autofiction : d'un acacia &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les premiers simoniens &#224; y r&#233;fl&#233;chir ont eu recours pour r&#233;ponse &#224; l'intertextualit&#233; simonienne. Ralph Sarkonak, ayant dress&#233; la liste de tout ce que Simon reprend de ses romans pr&#233;c&#233;dents dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; conclut sans ambages que &#171; &lt;i&gt;la r&#233;f&#233;rence autobiographique, f&#251;t-elle vraie et d&#233;lib&#233;r&#233;e, a &#233;t&#233; rendue caduque&lt;/i&gt;, par la texture cumulative d'une &#339;uvre pleinement intertextuel, texture que &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; int&#232;gre et recycle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ralph Sarkonak, &#171; Un dr&#244;le d'arbre : L'Acacia de Claude Simon &#187;, Romanic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pascal Mougin arrive &#224; une conclusion semblable joliment formul&#233;e : &#171; L'&#233;criture &#8220;&#224; base de v&#233;cu&#8221; devient donc, d'un roman &#224; l'autre, une &#233;criture &#224; base d'&#233;crit, l'&#339;uvre cessant progressivement d'&#234;tre un texte de m&#233;moire, tentative d'un r&#233;f&#233;rent empirique, pour devenir m&#233;moire de texte &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pascal Mougin, op. cit., p, 4.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant que pour de grands connaisseurs de l'&#339;uvre de Simon, la m&#233;moire de texte l'emporte sur toute impression de r&#233;f&#233;rence. Mais on peut se demander s'il est ainsi pour un nouveau lecteur. Ne peut-on pas sortir d'une premi&#232;re lecture de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; en pensant que Simon met tout en &#339;uvre pour rendre l'irr&#233;alit&#233; d'exp&#233;riences extr&#234;mes ? Avant tout, le massacre de l'escadron, la fuite &#233;perdue &#224; travers champs et for&#234;t, la chevauch&#233;e du petit groupe de survivants sur une route expos&#233;e &#8211; exp&#233;rience m&#234;me que Simon a d&#233;crit quelques ann&#233;es plus tard dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; comme &#171; seul v&#233;ritable traumatisme qu'il est conscient d'avoir subi &#187; (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 223). Un certain nombre de critique ont mis cette exp&#233;rience au c&#339;ur de leurs lectures de la s&#233;rie autobiographique. Helmut Pfeiffer a montr&#233; comment le trauma remet en question &#171; la certitude d'une unit&#233; fondamentale des cinq sens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Helmut Pfeiffer, &#171; D&#233;sastre et temporalit&#233; dans L'Acacia &#187;, dans Irene (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chiara Palermo l'a suivi dans cette voie. Pour ces critiques, l'absence de noms propres, les m&#233;taphores qui inversent l'anim&#233; et l'inanim&#233;, les cadrages toujours changeants, la narration qui n'est pas assum&#233;e par une voix &#224; la premi&#232;re personne, sont tous des signes d'une d&#233;possession totale, une incapacit&#233;, suite au traumatisme, &#224; se reconstituer en sujet, &#224; affirmer une identit&#233; &#224; travers le temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiara Palermo, &#171; Le magma de l'espace-temps : la temporalit&#233; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je reconnais la force de ces arguments, mais &#224; mon sens c'est dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; que Simon a donn&#233; la forme la plus perfectionn&#233;e &#224; un trauma dont on ne revient pas. La guerre d&#233;clenche une crise identitaire qui laisse un sujet &#224; la fois fig&#233;e et informe, &#224; contours instables, dans un r&#233;cit qui ne cesse d'h&#233;siter entre la premi&#232;re et la troisi&#232;me personne. Par rapport &#224; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; fait preuve d'un certain apaisement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet apaisement se manifeste d'abord dans le traitement m&#234;me de l'exp&#233;rience traumatique. D&#233;j&#224; le choix d'une narration &#224; la troisi&#232;me personne me semble indiquer une vue plus distanci&#233;e de la guerre. Le brigadier, emport&#233; dans le train qui l'am&#232;ne au front, revoit son pass&#233; en &#171; perspective t&#233;lescopique &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 165). Cette expression se laisse appliquer au roman entier. Les &#233;v&#233;nements sont vus comme &#224; travers un t&#233;lescope : de loin mais de pr&#232;s, avec agrandissement des d&#233;tails. Parfois le d&#233;tail remplit enti&#232;rement le champ visuel ou auditif. Une seule fois la syntaxe se dissout enti&#232;rement pour ne laisser qu'une succession de substantifs : &#171; flancs de chevaux, bottes, sabots, croupes, chutes, fragments de cris, de bruits &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 90). Mais pour la plupart, la syntaxe, f&#251;t-ce non hi&#233;rarchis&#233;e, tente de placer les d&#233;tails par rapports les uns aux autres. La voix de celui qui tient le t&#233;lescope commente, &#224; distance, ce que le brigadier n'a pas per&#231;u sur le moment ou m&#234;me plus tard : &#171; il ne voit pas [&#8230;] il ne sent pas [&#8230;] plus tard, cherchant &#224; se souvenir, il ne parviendra m&#234;me pas &#224; se rappeler &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 91,92, 94). Cette vue distanc&#233;e s'accompagne d'un ton plus variable que dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. La chevauch&#233;e ave le colonel se pr&#233;sente parfois en tragi-com&#233;die ou m&#234;me en farce. L'aristocratique de Reixach de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; monte sur un pur-sang, le colonel de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; sur un sous-verge dont les traits coup&#233;s tra&#238;nent derri&#232;re lui dans la poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autre signe d'apaisement par rapport &#224; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; : le traitement de l'exp&#233;rience collective. D'abord, malgr&#233; la tendance vers un universalisme d'&#233;pop&#233;e, l'exp&#233;rience collective est rattach&#233;e &#224; l'histoire du vingti&#232;me si&#232;cle, explicitement par les dates qui servent de titres de chapitre, de fa&#231;on implicite par le jeu d'&#233;chos et de contrastes entre l'enthousiasme des Fran&#231;ais au d&#233;but de la guerre de quatorze et l'ambiance maussade des mobilis&#233;s de la guerre de quarante. L'anonymat des personnages peut &#234;tre compris comme une fa&#231;on de les rendre repr&#233;sentatifs : combien de veuves de la premi&#232;re guerre mondiale, combien de simples brigadiers dans la d&#233;b&#226;cle ? D&#232;s la premi&#232;re mention des &#171; cavaliers ext&#233;nu&#233;s &#187; au d&#233;but du chapitre 2, on sent la solidarit&#233; du narrateur avec ses camarades dans le malheur. Il fait avec eux le m&#234;me voyage d&#233;paysant, passe par la m&#234;me maturation acc&#233;l&#233;r&#233;e, subit la m&#234;me humiliation de captif, le m&#234;me d&#233;nuement au stalag. Il parle au nom de tous en d&#233;non&#231;ant l'incurie du haut commandement et le superbe des officiers de la ligne. Plus g&#233;n&#233;ralement, les focalisations internes qui glissent si souvent de personne en personne, comme nous l'avons vu dans le passage cit&#233; plus haut, t&#233;moignent d'une capacit&#233; et d'une volont&#233; d'empathie dont Georges &#233;tait incapable dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Revenu de toute id&#233;ologie humaniste, Simon, comme l'a bien remarqu&#233; Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, manifeste une sympathie profonde pour les hommes et pour les b&#234;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de L'Acacia &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le communiqu&#233; de presse de l'Acad&#233;mie su&#233;doise annon&#231;ant le choix de Simon comme Prix Nobel de litt&#233;rature en 1985 &#224; bien r&#233;sum&#233; l'essentiel de cette &#339;uvre : &#171; la cruaut&#233;, la violence et l'absurde sont partout pr&#233;sent, ainsi qu'une compassion douloureuse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la notice du Discours de Stockholm dans Claude Simon, Oeuvres, 2006, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re diff&#233;rence concerne la fin des deux romans.&lt;i&gt; La Route des Flandres&lt;/i&gt; se termine en &#233;chec. Trois histoires qui se ressemblent &#8211; celles de de Reixach, de l'anc&#234;tre, et des paysans &#8211; se fondent les unes dans les autres. La qu&#234;te de savoir tourne court. La guerre a &#233;t&#233; initiation &#224; la mort. La fin de &lt;i&gt;l'Acacia&lt;/i&gt; r&#233;v&#232;le par contre la d&#233;couverte d'une vocation d'&#233;crivain. La guerre transforme la m&#232;re du jeune gar&#231;on. Sa nonchalante indolence c&#232;de la place &#224; une volont&#233; farouche. Celle qui scrute avidement le paysage d&#233;vast&#233; de la guerre est pr&#234;te &#224; faire d'un tombeau anonyme la s&#233;pulture de son mari. De m&#234;me la guerre r&#233;veille le jeune bourgeois oisif, le peintre amateur. La guerre a d&#233;truit camarades, famille et croyances. Mais sur les d&#233;combres, Simon construira son &#339;uvre. Je me plais &#224; penser que la tache de vert qui pousse dans les bois d&#233;truits du premier paragraphe du roman est une feuille d'acacia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alastair B. Duncan&lt;br/&gt;
Universit&#233; de Stirling&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;voir aussi : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Quelques-images-stimuli-de-L-Acacia.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quelques images-stimuli de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Ressources-en-ligne-546.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bibliographie s&#233;lective et th&#233;matique sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Minuit &#171; double &#187;, p. 127 et 209-210. Les r&#233;f&#233;rences aux romans de Simon pour la plupart en &#233;dition &#171; double &#187; seront d&#233;sormais incorpor&#233;es au texte sous les formes suivantes : &lt;i&gt;Le Vent &#8211; V&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;La Route des Flandres &#8211; RF&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;L'Acacia &#8211; A&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (Minuit) &#8211; &lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Claude Simon &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, dans &lt;i&gt;Nouveau Roman : hier aujourd'hui, 2&lt;/i&gt;, Jean Ricardou et Fran&#231;oise van Rossum Guyon (dirs), UGE, coll. &#171; 10/18 &#187;, 1972, p. 73-116 ; et &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Bibl. de la Pl&#233;iade, A. B. Duncan (dir.) avec la collaboration de Jean H. Duffy, 2006, p 1184-1204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Interview avec Claude Simon &#187;, avec Bettina L. Knapp, &lt;i&gt;Kentucky Romance Quarterly&lt;/i&gt;, Lexington, t. 17, n. 2, 1970, p. 182. (citation modifi&#233;e)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Claude Simon : &#171; Le roman se fait, je le fais, et il me fait &#187;, entretien avec Josane Duranteau, Les Lettres fran&#231;aises, 13-19 avril 1967, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; &#187;, Gen&#232;ve, Skira, 1970. Reprise dans Claude Simon, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, 2006, p. 1182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Et &#224; quoi bon inventer ? &#187;, entretien avec Marianne Alphant, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 31 ao&#251;t 1989, p. 24, prochaine citation, p. 25 ; et &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, Relire &#171; L'Acacia &#187;, p. 20, prochaine citation, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Duncan-Alastair-B-Quelques-images-stimuli-de-L-Acacia.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Images-stimuli de L'Acacia &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse plus compr&#233;hensive du style de Simon, voir David Zemmour, par exemple, &#171; Des particularit&#233;s de la langue de Simon susceptibles de tourmenter ses traducteurs &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 10, &lt;i&gt;Traduire Claude Simon&lt;/i&gt;, 2015, p. 31-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jo&#235;lle Gleize, &#171; Comme si c'&#233;tait une fiction : sur un dispositif analogique dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Michigan romance studies&lt;/i&gt;, University of Michigan, Department of Romance Languages, vol. 13, 1993, p. 81-102.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Pascal Mougin, &lt;i&gt;Lecture de &#171; L'Acacia &#187; de Claude Simon : l'imaginaire biographique&lt;/i&gt;, Lettres Modernes, 1996, p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Michel Thouillot, &#171; Claude Simon et l'autofiction : d'un acacia &#224; l'autre &#187; dans &lt;i&gt;Revue des Lettres Modernes&lt;/i&gt;, s&#233;rie &#171; Le Nouveau roman en questions &#187;, n&#176;5 (&#171; Une nouvelle autobiographie ? &#187;), Minard, 2004, p. 111-136 ; ou Patrick Suter, &#171; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; comme autoportrait &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;Relire L'Acacia&lt;/i&gt;, 2016, p. 81-96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ralph Sarkonak, &#171; Un dr&#244;le d'arbre : &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Romanic review&lt;/i&gt;, vol. 82, n&#176;2, 1991. Repris dans son ouvrage &lt;i&gt;Les Trajets de l'&#233;criture&lt;/i&gt;, Toronto, Paratexte, 1994, chap. 5, et dans &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no 11, &lt;i&gt;Relire L'Acacia&lt;/i&gt;, 2006, p. 65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pascal Mougin, op. cit., p, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Helmut Pfeiffer, &#171; D&#233;sastre et temporalit&#233; dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, dans Irene Albers et Wolfram Nitsch (dirs.), &lt;i&gt;Transports : les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, Frankfurt am Main, Peter Lang, 2006, p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chiara Palermo, &#171; Le magma de l'espace-temps : la temporalit&#233; et l'imaginaire de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, no. 11, &lt;i&gt;Relire L'Acacia&lt;/i&gt;, 2016, p. 161-182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, dans &lt;i&gt;Claude Simon. Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;, Mireille Calle (dir.), Sainte-Foy (Qu&#233;bec), Le Griffon d'Argile (Grenoble), 1993, p. 119-130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la notice du &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt; dans Claude Simon, &lt;i&gt;Oeuvres&lt;/i&gt;, 2006, p. 1454.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Route des Flandres au programme de l'ENS en 2017</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/La-Route-des-Flandres-au-programme-de-l-ENS-en-2017.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/La-Route-des-Flandres-au-programme-de-l-ENS-en-2017.html</guid>
		<dc:date>2016-09-07T01:38:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>La Route des Flandres</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Faulkner, William</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Route des Flandres est en 2017 au programme de lettres des kh&#226;gnes, pour la sp&#233;cialit&#233; lettres modernes de l'ENS Lyon : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Polyphonies de la m&#233;moire &#187; William Faulkner, Le Bruit et la fureur, Gallimard, &#171; Folio &#187; n&#176;162, trad. Maurice Edgar Coindreau, 1972, ISBN : 9782070361625. Claude Simon, La Route des Flandres, &#201;ditions de Minuit, &#171; Double &#187;, 1982, ISBN : 9782707306296. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici quelques ressources propos&#233;es sur ce site et des r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour aborder ce th&#232;me : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-l-acacia-agregation-2018-.html" rel="directory"&gt;Concours&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-La-Route-des-Flandres-+.html" rel="tag"&gt;La Route des Flandres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Faulkner-William-162-+.html" rel="tag"&gt;Faulkner, William&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_802 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/route_des_flandres.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/route_des_flandres.jpg?1473211777' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; est en 2017 au programme de lettres des kh&#226;gnes, pour la sp&#233;cialit&#233; lettres modernes de l'ENS Lyon :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Polyphonies de la m&#233;moire &#187;&lt;br/&gt;
William Faulkner, &lt;i&gt;Le Bruit et la fureur&lt;/i&gt;, Gallimard, &#171; Folio &#187; n&#176;162, trad. Maurice Edgar Coindreau, 1972, ISBN : 9782070361625.&lt;br/&gt;
Claude Simon, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &#201;ditions de Minuit, &#171; Double &#187;, 1982, ISBN : 9782707306296.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques ressources propos&#233;es sur ce site et des r&#233;f&#233;rences bibliographiques pour aborder ce th&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ressources pr&#233;sentes sur ce site&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Faulkner-William.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;William Faulkner et Claude Simon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Plan-pour-La-Route-des-Flandres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Plan de montage de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-errances-de-Georges.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les errances de Georges. Dessin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-chevaux.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les Chevaux : manuscrit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-chevaux-2.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les chevaux (2) : manuscrit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/La-Route-des-Flandres-Dessin-collage.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Route des Flandres. Dessin-collage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Des-routes-des-Flandres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Des routes de Flandres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Lecture-de-La-Route-des-Flandres-par-Denis-Podalydes-21-octobre-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lecture de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; par Denis Podalyd&#232;s&lt;/a&gt;. Vid&#233;o. 21 octobre 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/La-Route-des-Flandres-par-Max-Pol-Fouchet-video-INA-1960.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; par Max Pol Fouchet&lt;/a&gt; (vid&#233;o INA, 1960)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rainer WARNING. &lt;a href=&#034;http://associationclaudesimon.org/ressources-critiques/articles/article/warning-rainer-les-espaces-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt; (traduction par Laurent Cassagnau), p. 103-133 dans les &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Jean-Yves Laurichesse. Perpignan : Presses Universitaires de Perpignan, 1, 2005. 163 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bernard Veck. &lt;a href=&#034;http://associationclaudesimon.org/ressources-critiques/cours-et-conferences/article/veck-bernard-quelques-remarques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Quelques remarques sur l'Histoire dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;. Notes pour un cours donn&#233; en 1998, dans le cadre de la pr&#233;paration &#224; l'Agr&#233;gation des &#233;tudiants inscrits au Cours S&#233;vign&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Schoentjes, &lt;a href=&#034;http://associationclaudesimon.org/ressources-critiques/cours-et-conferences/article/schoentjes-pierre-variations-sur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Variations sur le th&#232;me d'une course de chevaux : Flaubert, Tolsto&#239;, Zola, Simon, Faulkner &#187;&lt;/a&gt;. Conf&#233;rence donn&#233;e &#224; l'universit&#233; Paris Diderot-Paris 7, le 8 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; David Zemmour. &lt;a href=&#034;http://associationclaudesimon.org/ressources-critiques/cours-et-conferences/article/zemmour-david-roman-et-matiere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Roman et mati&#232;re historique dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;. Notes d'une conf&#233;rence donn&#233;e devant des &#233;l&#232;ves d'Hypokh&#226;gne et de Kh&#226;gne de Douai et Lille au lyc&#233;e Ch&#226;telet de Douai le 8 d&#233;cembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nathalie Pi&#233;gay-Gros. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Piegay-Gros-Nathalie-Une-vulgaire-histoire-de-cul-entre-une-putain-et-deux.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Une vulgaire histoire de cul entre une putain et deux imb&#233;ciles &#187;&lt;/a&gt;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-8-2013-327.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 8, 2013&lt;/a&gt;, p. 53-63&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/errances_de_Georges-2.jpg?1330935709' width='500' height='390' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tudes sur La Route des Flandres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier ALEXANDRE. &lt;i&gt;Le Magma et l'horizon. Essai sur&lt;/i&gt; La Route des Flandres &lt;i&gt;de Claude Simon&lt;/i&gt;. Paris : Klincksieck, 1997, 255 p. (Biblioth&#232;que contemporaine)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine GENIN. &lt;i&gt;L'&#233;cheveau de la m&#233;moire.&lt;/i&gt; La Route des Flandres &lt;i&gt;de Claude Simon&lt;/i&gt;. Paris : Champion , 1997, 204 p. (Unichamp ; 59)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie GUERMES. &lt;i&gt;L'&#201;cho du dedans. Essai sur &lt;/i&gt; La Route des Flandres &lt;i&gt;de Claude Simon&lt;/i&gt;. Paris : Klincksieck, 1997, 204 p. (Biblioth&#232;que contemporaine ; 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Claudette KIRPALANI. &lt;i&gt;Approches de &lt;/i&gt; La Route des Flandres, &lt;i&gt;roman de Claude Simon&lt;/i&gt;. New Dehli : Vignette Arts, 1981, 109 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine RANNOUX. &lt;i&gt;L'&#233;criture du labyrinthe : &lt;/i&gt; La Route des Flandres &lt;i&gt;de Claude Simon&lt;/i&gt;. Orl&#233;ans : Paradigme, 1997, 192 p. (R&#233;f&#233;rences)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique VIART. &lt;i&gt;Une m&#233;moire inqui&#232;te :&lt;/i&gt; La Route des Flandres &lt;i&gt;de Claude Simon&lt;/i&gt;. Paris : Presses Universitaires de France, 1997, 302 p. (&#201;crivains). R&#233;&#233;dition Villeneuve d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2010. 266 p. (Claude Simon)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabine ZUFELDE. &lt;i&gt;&#171; Comment savoir ? &#187; &#8211; &#171; Comment dire ? &#187;, Metafiktionale, metanarrative und metahistoriographische Diskurse &#252;ber Referenz und Repr&#228;sentation in Claude Simons Romanen &lt;/i&gt; La Route des Flandres, Triptyque &lt;i&gt;und&lt;/i&gt; Les G&#233;orgiques. T&#252;bingen : Gunter Narr Verlag, 2009, 520 p. (&#201;tudes litt&#233;raires fran&#231;aises ; 74)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recueils d'articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Claude Simon. &#192; partir de &lt;/i&gt; La Route des Flandres. &lt;i&gt;Tours et d&#233;tours d'une &#233;criture&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Ren&#233;e Ventresque. Montpellier : Universit&#233; Paul Val&#233;ry-Montpellier III, 1997, 122 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Claude Simon.&lt;/i&gt; La Route des Flandres. Textes r&#233;unis par Alain Cresciucci. Paris : Klincksieck , 1997, 168 p. (Parcours critique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lectures de &lt;/i&gt; La Route des Flandres. Textes r&#233;unis par Francine Dugast-Portes et Mich&#232;le Touret. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 1997, 186 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Op. Cit., Revue de litt&#233;rature fran&#231;aise et compar&#233;e&lt;/i&gt;, 9, novembre 1997, p. 169-218&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Ren&#233;e Ventresque. Paris : Ellipses, 1997, 174 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cavi.univ-paris3.fr/phalese/collection/fiches/vol09/fiche.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Hubert de Phal&#232;se. Code de &lt;/i&gt; La Route des Flandres. &lt;i&gt;Examen du roman de Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Paris : Nizet, 1997, 160 p. (Cap'Agreg ; 9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aline BAEHLER. &#171; L'&#233;change des femmes dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. p. 17-34, dans &lt;i&gt;Claude Simon 2 : L'&#233;criture du f&#233;minin/masculin&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Ralph Sarkonak. Paris : Lettres Modernes (Revue des Lettres modernes), 1997, 236 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Marie BARON. &#171; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon, roman filmique &#187;. &lt;i&gt;L'&#201;cole des Lettres&lt;/i&gt;, 7, 1er d&#233;cembre 1998, p. 99-110&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard BERTHOMIEU. &#171; Sur une figure critique du roman. La liste des lieux-dits dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. p. 73-96 dans &lt;i&gt;Liste et effet liste en litt&#233;rature&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par de Sophie Milcent-Lawson, Michelle Lecolle et Raymond Michel. Paris : Classiques Garnier, 2013, 628 p. (Rencontres ; 59. Th&#233;orie de la litt&#233;rature ; 1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;r&#233;nice BONHOMME&lt;br/&gt; &#171; Le tissage de l'&#233;criture et de l'Histoire. &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. p. 279-291, dans &lt;i&gt;L'&#201;criture(s) de l'histoire&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Gis&#232;le S&#233;ginger. Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg, 2005, 357 p.&lt;br/&gt; &#171; Pour une narration cin&#233;matographique de l'Histoire : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. p. 245-257, dans &lt;i&gt;Probl&#232;mes du roman historique&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis et pr&#233;sent&#233;s par Aude Deruelle et Alain Tassel. Paris : L'Harmattan, 2008, 418 p. (Narratologie ; 7)&lt;br/&gt; &#171; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon : du roman au d&#233;coupage cin&#233;matographique &#187;, p. 367-378, dans &lt;i&gt;La relecture de l'&#339;uvre par ses &#233;crivains m&#234;mes, tome III : Se relire par l'image&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Mireille Hilsum et H&#233;l&#232;ne V&#233;drine. Paris : Editions Kim&#233;, 2012 (Les cahiers de Marge)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques BRES. &#171; Probl&#233;matique temporelle de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;M&#233;langes Camproux&lt;/i&gt;. Montpellier : Centre d'&#233;tudes Occitanes, 1978, p. 653-664&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Llewellyn BROWN. &#171; &#201;criture et savoir : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;Romanic Review&lt;/i&gt;, 90 (2), 1999, p. 195-206&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric CALAS ; Gauthier GUILLEMIN. &#171; L'&#233;cheveau d&#233;brid&#233; de &lt;i&gt;La Route de Flandres&lt;/i&gt; de Simon &#187; (commentaire stylistique des pages 124 &#224; 127), &lt;i&gt;L'Information grammaticale&lt;/i&gt;, 76, janvier 1998, p. 46-49&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. CHAPIER. &#171; Claude Simon. &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Synth&#232;ses&lt;/i&gt;, 174, 1960, p. 121-124.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agn&#232;s CONACHER. &#171; Introvision sur un th&#232;me : l'espace-temps de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. p. 125-135, dans &lt;i&gt;Les Sites de l'&#233;criture : Colloque Claude Simon [Queen's University, 30 octobre 1993]&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Mireille Calle-Gruber. Paris : Nizet, 1995, 150 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucien D&#228;LLENBACH&lt;br/&gt; &#171; Dans le noir. Claude Simon et la gen&#232;se de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. p. 105-120, dans &lt;i&gt;Gen&#232;ses du roman contemporain : Incipit et entr&#233;e en &#233;criture&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Louis Hay. Paris : Editions du C.N.R.S., 1993, 220 p.&lt;br/&gt; &#171; Le tissu de m&#233;moire &#187;. pr&#233;face de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Paris : Editions de Minuit (Double), 1984&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre GILLE. &#171; G&#233;n&#233;ration et corruption dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;Studi Francesi&lt;/i&gt; , 33 (2), 1989, p. 296-302.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacqueline GOJARD. &#171; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon. Deux commentaires compos&#233;s &#187;. &lt;i&gt;L'&#201;cole des Lettres&lt;/i&gt;. Second cycle, 11, 1998, p. 123-140.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corinne GRENOUILLET. &lt;a href=&#034;http://semen.revues.org/1892&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, remarques sur la reformulation chez Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;. p. 113-130 dans &lt;i&gt;R&#233;p&#233;tition, alt&#233;ration, reformulation dans les textes et dans les discours&lt;/i&gt; (colloque Besan&#231;on, 22-24 juin 1998). Textes r&#233;unis par Fran&#231;ois Migeot et Jean-Marie Viprey. Besan&#231;on : Presses universitaires franc-comtoise, 2000, 272 p. Repris dans &lt;i&gt;Semen&lt;/i&gt;, 12, avril 2000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eberhard GRUBER&lt;br/&gt; &#171; &#201;l&#233;ments de biographie pour une &#233;criture probable &#187;. p. 203-232, dans &lt;i&gt;Claude Simon : Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Mireille Calle, Sainte Foy (Qu&#233;bec) : Le Griffon d'Argile ; Grenoble : Presses Universitaires de Grenoble, 1993, 244 p.&lt;br/&gt; &#171; L'&#233;nigme du cinqui&#232;me cheval : R&#233;flexions sur l'esth&#233;tique philosophique dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;New Novel Review&lt;/i&gt;, 3 (1), oct. 1995, p. 37-48.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine HAMAN-DHERSIN. &#171; Dialogue en forme de vision nocturne : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; ou le deuil surmont&#233; &#187;. p. 241&#8211;253 dans &lt;i&gt;Litt&#233;rature narrative et consolation : approches historiques et th&#233;oriques&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Emmanuelle Poulain-Gautret. Arras : Artois presses universit&#233;, 2012. 112 p. (Mani&#232;res de critiquer. &#201;tudes litt&#233;raires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Edwin JACKSON. &#171; Claude Simon. &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187; , p. 313-316, dans son &lt;i&gt;M&#233;moire et cr&#233;ation po&#233;tique&lt;/i&gt;. Paris : Mercure de France, 1992. 330 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raymond JEAN. &#171; Pour saluer &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;La Litt&#233;rature et le r&#233;el. De Diderot au Nouveau Roman&lt;/i&gt;. Paris : Albin Michel, 1965, p. 214-218&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jufang JIN. &lt;a href=&#034;http://trans.revues.org/430&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le d&#233;passement des livres : L'&#233;criture parodique dans &lt;i&gt;Un amour classique&lt;/i&gt; de Yu Hua et &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;TRANS-&lt;/i&gt;, 11, 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janine Anseaume KREITER. &#171; Perceptions et reflexions dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; : signes et s&#233;mantique &#187;. &lt;i&gt;Romanic Review&lt;/i&gt;, 77 (4), nov. 1981, p. 489-494.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvon R. LE BRAS. &#171; Nouvelle &#233;criture, nouvelle lecture : l'incipit de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. p. 116-124, dans &lt;i&gt;The French novel : Theory and practice&lt;/i&gt;. Columbia : University of South Carolina, 1984, 179 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques LE MARINEL. &#171; Le statut du personnage dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;L'&#201;cole des Lettres&lt;/i&gt;. Second cycle, 10, 198, p. 5-21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick LONGUET. &#171; La chair des femmes dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. Litt&#233;ratures, 37, automne 1997, p. 169-180&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jochen MECKE. &#171; Images-temps : m&#233;taphores, temps et techniques cin&#233;matographiques dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. p. 283-304, dans &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Irene Albers et Wolfram Nitsch. Frankfurt am Main : Peter Lang, 2006, 337 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal MOUGIN&lt;br/&gt; &#171; Mondes lexicaux et univers s&#233;mantiques : le logiciel ALCESTE au service de l'&#233;tude de l'imaginaire simonien, &#224; partir du traitement de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Literary and linguistic computing&lt;/i&gt;, 10 (1), 1995, p. 59-68&lt;br/&gt; &#171; La Femme, L'Histoire et le guerrier : transformations d'un imaginaire de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;. p. 99-123, dans &lt;i&gt;Claude Simon 2 : L'&#233;criture du f&#233;minin/masculin&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Ralph Sarkonak. Paris : Lettres Modernes, 1997, 236 p. (Revue des Lettres modernes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck NEVEU. &#171; Macrosyntaxe. Le probl&#232;me des niveaux de l'analyse syntaxique dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;L'Information grammaticale&lt;/i&gt;, 76, 1998, pp. 38-41&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvie PATRON. &#171; Claude Simon, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. L'exception de jeu dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. p. 339-345, dans &lt;i&gt;Litt&#233;rature et saveur : explications de texte et commentaires offerts &#224; Jean Goldzink&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par H&#233;di Kaddour. Paris : Le Manuscrit, 2009, 451 p. (L'Esprit des lettres)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre PEROZ. &#171; 'Ouais' dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; : essai de s&#233;mantique lexicale appliqu&#233;e &#187;. p. 429-460, dans &lt;i&gt;Les Voix du peuple et leurs fictions&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Andr&#233; Petitjean et Jean-Marie Privat. Metz : Universit&#233; Paul Verlaine, 2007, 506 p. (Recherches textuelles ; 7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Helmut PFEIFFER. &#171; M&#233;moire traumatique : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon. &#187;, p. 123-147 dans &lt;i&gt;Lectures allemandes de Claude Simon&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Irene Albers et Wolfram Nitsch. Presses universitaires du Septentrion, 2013. 236 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard PINGAUD. &#171; Sur &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Les Temps Modernes&lt;/i&gt;, 178, 1961, p. 1026-1037&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine RANNOUX. &#171; Quelques aspects de l'emploi de l'adjectif &#233;pith&#232;te dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;L'Information grammaticale&lt;/i&gt;, 75, octobre 1997, p. 55-58&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine ROUAYRENC. &#171; &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon : voyage au bout (et au-del&#224;) de la parenth&#232;se &#187;. &lt;i&gt;Champs du signe&lt;/i&gt;, 9, 1999 (Toulouse, Editions Universitaires du sud), p. 293-307&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wehle WINFRIED. &#171; Glissement perp&#233;tuel de la narration : Claude Simon, &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. &#187;, p. 63-74 dans &lt;i&gt;Lectures allemandes de Claude Simon&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Irene Albers et Wolfram Nitsch. Presses universitaires du Septentrion, 2013. 236 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ilias YOCARIS&lt;br/&gt; &lt;a href=&#034;http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=POETI_146_0217&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Une po&#233;tique de l'ind&#233;termination : style et syntaxe dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, 146, avril 2006, p. 217-235&lt;br/&gt; &lt;a href=&#034;http://narratologie.revues.org/7072&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#034;M&#233;r&#233;omorphisme&#034; et intertextualit&#233; dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; : la description de la femme-centaure &#187;&lt;/a&gt;, Les bifurcations du r&#233;cit interactif : continuit&#233; ou rupture ? &lt;i&gt;Cahiers de narratologie&lt;/i&gt;, 27, 2014&lt;br/&gt; &#171; Un changement de paradigme : la description du cheval mort dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;, p. 33-42 dans : &lt;i&gt;Claude Simon. Rencontres&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Anne-Lise Blanc et Fran&#231;oise Mignon. Perpignan : Presses universitaires de Perpignan ; Trabucaire, 2015. 192 p.&lt;br/&gt; &#171; Une po&#233;tique de l'ind&#233;termination : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;, p. 281-315 dans son : &lt;i&gt;Style et semiosis litt&#233;raire&lt;/i&gt;. Paris : Classiques Garnier, 2016. (Investigations stylistiques)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David ZEMMOUR ; Ilias YOCARIS. &lt;a href=&#034;http://www.degruyter.com/dg/viewarticle/j$002fsemi.2013.2013.issue-195$002fsem-2013-0039$002fsem-2013-0039.xml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Qu'est-ce qu'une fiction cubiste ? La &#034;construction textuelle du point de vue&#034; dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;. Semiotica, 195, 2013, p. 1&#8211;44&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wiecher ZWANENBURG. &#171; Phrase et &#233;nonc&#233; dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, dans &lt;i&gt;Du linguistique au textuel&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Charles Grivel et A. Kib&#233;di-Varga. Assen : Van Gorcum, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur Simon et Faulkner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. ARSETH. &#171; Myth and metanarration in the modern novel. Remarks on Faulkner's &lt;i&gt;Absalom, Absalom !&lt;/i&gt; and Claude Simon's &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Actes du IX&#232;me Congr&#232;s de l'Association Internationale de Litt&#233;rature Compar&#233;e&lt;/i&gt;, Innsbruck : P. U. Innsbruck, 1981, p. 341-345.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne BOURSE. &lt;a href=&#034;http://trans.revues.org/367&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Images du temps et inscription de l'&#233;v&#233;nement dans les &#339;uvres de William Faulkner et de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;TRANS- Revue de litt&#233;rature g&#233;n&#233;rale et compar&#233;e&lt;/i&gt;, 10, 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evelyn COBLEY&lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;https://oatd.org/oatd/record?record=handle%5C%3A2429%5C%2F21881&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Repetition and Structure : A study of William Faulkner and Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. University of British Columbia, Canada, PhD, 1979&lt;br/&gt;
&#171; Absence and Supplementarity in &lt;i&gt;Absalom ! Absalom ! &lt;/i&gt; and &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Revue de Litt&#233;rature compar&#233;e&lt;/i&gt;, 63, 1988, p. 23-44&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alastair B. DUNCAN. &#171; Claude Simon and William Faulkner &#187;. &lt;i&gt;Forum for Modern Language Review&lt;/i&gt;, 9, 1973, p. 235-252&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John FLETCHER. &#171; Faulkner, Gulliver, and the problem of Evil &#187;. p. 239-247, dans &lt;i&gt;Orion blinded : Essays on Claude Simon&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Randi Birn et Karen Gould. Londres ; Toronto : Associated University Press, 1981, 307 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monique Raymonde HYDE. &lt;i&gt;William Faulkner and Claude Simon : A stylistic Study&lt;/i&gt;. Indiana University, PhD, 1971&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacqueline de LABRIOLLE. &#171; De Faulkner &#224; Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;Revue de Litt&#233;rature Compar&#233;e&lt;/i&gt;, juil-sept.1979, p. 358-388. Repris p. 51-77 dans &lt;i&gt;Claude Simon. La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Alain Cresciucci. Paris : Klincksieck (Parcours critique), 1997, 168 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian MICHEL. &lt;i&gt;Po&#233;tique de l'analogie&lt;/i&gt;. Paris : Champion, 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary ORR. &lt;i&gt;Claude Simon, The Intertextual dimension&lt;/i&gt;. Glasgow : University of Glasgow French and German Publications, 1993, p. 140-148.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stuart SYKES. &#171; The Novel as conjuration. &lt;i&gt;Absalom&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Revue de Litt&#233;rature Compar&#233;e&lt;/i&gt;, juil.-sept. 1979, p. 348-357&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David ZEMMOUR&lt;br/&gt; &#171; Pr&#233;sence stylistique de Faulkner dans les romans de Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;Claude Simon, 4 : Le (D&#233;)go&#251;t de l'archive&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Ralph Sarkonak, 2005, p. 175-193. (Revue des Lettres modernes)&lt;br/&gt; &#171; Faulkner &#187;. &lt;a href=&#034;http://associationclaudesimon.org/ressources-critiques/ouvrages-collectifs/article/dictionnaire-claude-simon-textes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, I. Paris : Honor&#233; Champion, 2013, p. 367-371&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mireille Calle-Gruber et Fran&#231;ois Buffet. Claude Simon. La m&#233;moire du roman. Lettres de son pass&#233; 1914-1916</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Mireille-Calle-Gruber-et-Francois-Buffet-Claude-Simon-La-memoire-du-roman.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Mireille-Calle-Gruber-et-Francois-Buffet-Claude-Simon-La-memoire-du-roman.html</guid>
		<dc:date>2014-01-07T11:46:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Calle-Gruber, Mireille</dc:subject>
		<dc:subject>Butor, Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>Buffet, Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mireille Calle-Gruber et Fran&#231;ois Buffet. Pr&#233;face de Michel Butor. Claude Simon. La m&#233;moire du roman. Lettres de son pass&#233; 1914-1916. Les Impressions nouvelles, mars 2014, 176 p. (For int&#233;rieur) &lt;br class='autobr' /&gt; Ce livre rassemble l'essentiel des lettres &#233;chang&#233;es entre 1914 et 1916 par la m&#232;re de l'&#233;crivain Claude Simon et sa famille imm&#233;diate. Cette correspondance a principalement trait &#224; la disparition du p&#232;re, Louis Simon, mort en Flandres d&#232;s le 27 ao&#251;t 1914 mais dont la famille reste sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-ouvrages-collectifs-.html" rel="directory"&gt;Ouvrages collectifs &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Calle-Gruber-Mireille-+.html" rel="tag"&gt;Calle-Gruber, Mireille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Butor-Michel-204-+.html" rel="tag"&gt;Butor, Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Correspondance-+.html" rel="tag"&gt;Correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Buffet-Francois-+.html" rel="tag"&gt;Buffet, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_467 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L207xH300/memoire_du_roman_207x300-ba3e9.jpg?1787682763' width='207' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mireille Calle-Gruber et Fran&#231;ois Buffet. Pr&#233;face de Michel Butor. &lt;br/&gt;
&lt;i&gt;Claude Simon. La m&#233;moire du roman. Lettres de son pass&#233; 1914-1916&lt;/i&gt;.&lt;br/&gt; Les Impressions nouvelles, mars 2014, 176 p. (For int&#233;rieur) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Ce livre rassemble l'essentiel des lettres &#233;chang&#233;es entre 1914 et 1916 par la m&#232;re de l'&#233;crivain Claude Simon et sa famille imm&#233;diate. Cette correspondance a principalement trait &#224; la disparition du p&#232;re, Louis Simon, mort en Flandres d&#232;s le 27 ao&#251;t 1914 mais dont la famille reste sans nouvelles pendant plusieurs jours : une p&#233;riode qui constitue le r&#233;cit majeur de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belles et intenses, ces lettres pr&#233;sentent au moins un double int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est litt&#233;raire puisque ces lettres donnent &#224; lire la &#171; mati&#232;re premi&#232;re &#187; de ce qui formera la base autobiographique de nombreux romans du futur prix Nobel de litt&#233;rature comme &lt;i&gt;Le Vent, L'Herbe, La route des Flandres, Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;. Une ressource romanesque que mobilisera r&#233;guli&#232;rement Claude Simon et qui constitue donc ce que, dans une pr&#233;face suggestive, Michel Butor nomme joliment &#171; la litt&#233;rature dormante &#187;. Une introduction de Mireille Calle-Gruber, qui a sign&#233; la biographie de r&#233;f&#233;rence de Claude Simon, permet d'&#233;tablir l'inscription de ces &#233;v&#233;nements dans les divers romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second int&#233;r&#234;t est historique. Au moment o&#249; les comm&#233;morations de la Grande Guerre ram&#232;nent &#224; la surface toute une m&#233;moire enfouie, ces lettres permettent de vivre ce que furent les premi&#232;res semaines du conflit. Mais elles offrent surtout le moyen de prendre la mesure d'une r&#233;alit&#233; m&#233;connue : l'atroce incertitude dans laquelle se trouv&#232;rent plong&#233;es, parfois durant des semaines, les familles de ceux qui &#233;taient port&#233;s &#171; disparus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un important fonds iconographique compl&#232;te le volume. L&#233;gend&#233;es par Fran&#231;ois Buffet, cousin de Claude Simon, de nombreuses photographies sont reproduites pour la premi&#232;re fois et notamment celle du buste de l'Anc&#234;tre, jamais retrouv&#233;. Ces images in&#233;dites donnent un visage aux personnages qui hantent les romans de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soin apport&#233; &#224; cette &#233;dition, tout en couleurs, riche en fac-simil&#233;s, font de ce livre une mani&#232;re d'&#233;mouvant &#171; Album Simon &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les auteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mireille Calle-Gruber&lt;/strong&gt; est &#233;crivain et professeur &#224; la Sorbonne Nouvelle. Elle est l'auteur de la biographie de Claude Simon &lt;i&gt;Une vie &#224; &#233;crire&lt;/i&gt; (Seuil, 2011) et de &lt;i&gt;Claude Simon, l'inlassable r&#233;ancrage du v&#233;cu&lt;/i&gt; (La Diff&#233;rence, 2011), &lt;i&gt;Le Grand Temps. Essai sur l'&#339;uvre de Claude Simon&lt;/i&gt; (Septentrion, 2004/2011). Elle a dirig&#233; l'&#233;dition des &lt;i&gt;&#338;uvres Compl&#232;tes&lt;/i&gt; de Michel Butor &#224; la Diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Buffet&lt;/strong&gt; est un t&#233;moin privil&#233;gi&#233; du v&#233;cu dont Claude Simon a nourri ses romans. Petit-fils de Jeanne Carcassonne, s&#339;ur de Suzanne Simon, la m&#232;re de Claude, il est n&#233; au Mas des Alo&#232;s en 1940 et a pass&#233; son enfance &#224; Perpignan, 12 rue de la Cloche d'Or o&#249; habitaient &#224; l'&#233;poque ses grands-parents, sa tante Hiette et les s&#339;urs Simon, Eug&#233;nie et Art&#233;mise, r&#233;fugi&#233;es, venues d'Arbois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur le site de l'&#233;diteur &lt;a href=&#034;http://www.lesimpressionsnouvelles.com/catalogue/claude-simon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Impressions nouvelles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://issuu.com/impressionsnouvelles/docs/claude_simonextrait&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire des extraits du livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/400&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compte-rendu d'Annie Cl&#233;ment-Perrier&lt;/a&gt; dans les &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 11 | 2016, p. 276-278.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://vendangeslitteraires.overblog.com/2014/03/claude-simon-des-lettres-avant-la-lettre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compte-rendu par Chantal L&#233;v&#234;que, &#171; Claude Simon : des lettres avant la lettre &#187;, 2 mars 2014&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le 13 mars 2014, &lt;a href=&#034;http://www.franceculture.fr/emission-du-jour-au-lendemain-mireille-calle-gruber-2014-03-13&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alain Veinstein re&#231;oit Mireille Calle-Gruber pour cet essai dans son &#233;mission &#171; Du Jour au lendemain &#187;&lt;/a&gt; sur &lt;i&gt;France culture&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4787606&#034; width=&#034;481&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; height=&#034;139&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; compte-rendu par &lt;a href=&#034;http://www.nonfiction.fr/article-7108-claude_simon_le_don_fabuleux_de_lecriture.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agn&#232;s cousin de Ravel : &#171; Claude Simon, le don fabuleux de l'&#233;criture &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;NonFiction&lt;/i&gt;, 17 juin 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Voir, regarder avidement. Et se souvenir.</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Voir-regarder-avidement-Et-se-souvenir.html</link>
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		<dc:date>2013-09-22T18:45:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Fen&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est sans doute Le Sacre du Printemps qui fait l'axe, le pivot autour duquel tout tourne, devient autre, cesse apparemment de ressembler &#224; ce qui pr&#233;c&#232;de. Vous savez, cette mutation, c'est la maladie. J'ai v&#233;cu durant cinq mois allong&#233;. Avec pour seul th&#233;&#226;tre une fen&#234;tre. Quoi ? Que faire ? Voir (Exp&#233;rience de voyeur), regarder avidement. Et se souvenir. La vue, la lenteur et la m&#233;moire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, entretien avec Hubert Juin, Les Lettres Fran&#231;aises, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lettres-discours-entretiens-.html" rel="directory"&gt;Extraits th&#233;oriques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Fenetre-+.html" rel="tag"&gt;Fen&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Maladie-+.html" rel="tag"&gt;Maladie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute &lt;i&gt;Le Sacre du Printemps&lt;/i&gt; qui fait l'axe, le pivot autour duquel tout tourne, devient autre, cesse apparemment de ressembler &#224; ce qui pr&#233;c&#232;de. Vous savez, cette mutation, c'est la maladie. J'ai v&#233;cu durant cinq mois allong&#233;. Avec pour seul th&#233;&#226;tre une fen&#234;tre. Quoi ? Que faire ? Voir (Exp&#233;rience de voyeur), regarder avidement. Et se souvenir. La vue, la lenteur et la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, entretien avec Hubert Juin, &lt;i&gt;Les Lettres Fran&#231;aises&lt;/i&gt;, 844, 6 12 oct. 1960.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Warning, Rainer. &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : La Route des Flandres &#187; (1991, trad. 2005)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Warning-Rainer-Les-espaces-de-memoire-de-Claude-Simon-La-Route-des-Flandres.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Warning-Rainer-Les-espaces-de-memoire-de-Claude-Simon-La-Route-des-Flandres.html</guid>
		<dc:date>2013-03-16T10:22:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>La Route des Flandres</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;taphore</dc:subject>
		<dc:subject>Warning, Rainer</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Rainer WARNING, &#034;Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : La Route des Flandres&#034; (2005)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-articles-.html" rel="directory"&gt;Articles &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-La-Route-des-Flandres-+.html" rel="tag"&gt;La Route des Flandres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Warning-Rainer-+.html" rel="tag"&gt;Warning, Rainer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Rainer Warning. &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Traduit de l'allemand par Laurent Cassagnau. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-1-2005-63.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;,1, 2005&lt;/a&gt;, p. 103-133&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Rainer Warning. &#171; Claude Simons Ged&#228;chtnisr&#228;ume : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;, paru dans &lt;i&gt;Ged&#228;chtniskunst : Raum &#8211; Bild &#8211; Schrift. Studien zur Mnemotechnik&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Anselm Haverkamp et Renate Lachmann. Frankfurt a.M., Suhrkamp, 1991, p. 356-384.
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation, par Wolfram Nitsch&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Parmi les romanistes allemands des derni&#232;res d&#233;cades, Rainer Warning est sans doute l'un des plus importants. N&#233; en 1936 et form&#233; par l'&#171; &#201;cole de Constance &#187;, notamment par Hans Robert Jauss, il a &#233;t&#233; professeur de litt&#233;rature fran&#231;aise et compar&#233;e &#224; l'Universit&#233; de Munich de 1972 &#224; 2002. En tant que membre du prestigieux groupe de recherche &#171; Poetik und Hermeneutik &#187;, il &#233;tait parmi les premiers &#224; introduire dans les d&#233;bats allemands la critique structuraliste et s&#233;miologique, l'arch&#233;ologie du discours et la th&#233;orie de la d&#233;construction, non sans &#233;laborer tous ces paradigmes &#224; partir d'une tradition d'anthropologie philosophique peu pr&#233;sente dans les d&#233;bats fran&#231;ais. Mais loin d'&#233;tudier la th&#233;orie litt&#233;raire pour elle-m&#234;me, il l'a toujours mise au service de la lecture des textes. Ceci se voit en particulier dans ses &#233;tudes sur la com&#233;die, sur le jeu liturgique (&lt;i&gt;Funktion und Struktur&lt;/i&gt;, 1974) ou sur la po&#233;sie fran&#231;aise et italienne (&lt;i&gt;Lekt&#252;ren romanischer Lyrik&lt;/i&gt;, 1997), mais &#233;galement dans ses travaux sur le roman de Diderot (&lt;i&gt;Illusion und Wirklichkeit&lt;/i&gt;, 1965), des r&#233;alistes (&lt;i&gt;Die Phantasie der Realisten&lt;/i&gt;, 1999) et de Proust (&lt;i&gt;Proust-Studien&lt;/i&gt;, 2000). Parmi les successeurs contemporains de Proust, c'est surtout Claude Simon qui a suscit&#233; son int&#233;r&#234;t critique. L'article suivant, dont la version originale a paru en 1991, a fait &#233;poque dans les recherches simoniennes d'outre-Rhin.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les citations avec le num&#233;ro des pages entre parenth&#232;ses renvoient &#224; l'&#233;dition suivante : &lt;/i&gt; Claude Simon. &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; (suivi de L. D&#228;llenbach, &#171; Le tissu de m&#233;moire &#187;). Minuit, 1983 (Double) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aucune langue ne dispose pour le concept de &lt;i&gt;memoria&lt;/i&gt; d'une terminologie aussi suggestive que l'allemand qui distingue le souvenir (&lt;i&gt;Erinnerung&lt;/i&gt;) et la m&#233;moire (&lt;i&gt;Ged&#228;chtnis&lt;/i&gt;). Il y a dans &lt;i&gt;Erinnerung&lt;/i&gt;, au plus tard depuis le Romantisme, une connotation d'int&#233;riorit&#233;, d'int&#233;riorisation alors que &lt;i&gt;Ged&#228;chtnis&lt;/i&gt; renvoie &#224; l'ext&#233;riorit&#233;, &#224; ce qui peut s'apprendre par c&#339;ur, &#224; ce qui peut &#234;tre appris et actualis&#233; m&#233;caniquement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En allemand le champ s&#233;mantique du souvenir, Erinnerung, est construit &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi, quand il en va de la litt&#233;rature, seul le souvenir entre en jeu. Aussi Friedrich Georg J&#252;nger &#233;crit-il, d&#232;s son introduction &#224; &lt;i&gt;M&#233;moire et Souvenir&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que ce ne sont pas les sophistes qui sont &#224; l'origine de la mn&#233;monique, mais le po&#232;te Simonide, comme le note Cic&#233;ron, n'est pas cr&#233;dible. Il n'est pas vraisemblable qu'un po&#232;te ait pu avoir une inclination pour ce type d'occupation. Si on le dit po&#232;te, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il suit, non pas les astuces de la mn&#233;monique gr&#226;ce auxquelles on peut faire resurgir ce que l'on a pens&#233;, mais la d&#233;esse du souvenir, Mn&#233;mosyne, qui, en tant que telle, est la m&#232;re des Muses. La mn&#233;monique par contre ne se rapporte qu'&#224; la m&#233;moire, pas au souvenir.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr. G. J&#252;nger, Ged&#228;chtnis und Erinnerung, Frankfurt a.M., 1957, p. 8.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de rappeler que Charles Baudelaire a intitul&#233; &#171; L'Art mn&#233;monique &#187; tout un chapitre de son essai central &lt;i&gt;Le Peintre de la vie moderne&lt;/i&gt; pour montrer du m&#234;me coup combien J&#252;nger est dans l'erreur. Ce qui ne veut pas dire que le choix de ce titre par Baudelaire soit d&#233;pourvu d'une dimension ironique. Car le fait qu'il associe au concept de mn&#233;monique sa po&#233;tique d'une imagination cr&#233;atrice dans laquelle les images de souvenirs sont en perp&#233;tuelle lutte avec le crayon et le pinceau qui essayent de les rattraper et de les ressusciter comme quelque chose de nouveau, qu'il associe donc cette po&#233;tique au concept de mn&#233;monique correspond au fondement antiromantique du &lt;i&gt;Peintre de la vie moderne&lt;/i&gt; dans son ensemble. Et naturellement la conjoncture actuelle favorable aux symposiums consacr&#233;s &#224; la &lt;i&gt;memoria&lt;/i&gt;, &#224; la mn&#233;monique et &#224; la mn&#233;motechnique, &#224; l'image, &#224; la scripturalit&#233; et &#224; l'intertextualit&#233; vise express&#233;ment, ou de fa&#231;on tacite, l'int&#233;riorit&#233; romantique. C'est l&#224; sa marque historique qu'il faudrait toujours avoir &#224; l'esprit, et pour cela la distinction entre m&#233;moire et souvenir est tout &#224; fait f&#233;conde d'un point de vue heuristique. Ma th&#232;se sera donc que la modernit&#233; postromantique ou, selon la d&#233;finition de la modernit&#233; que l'on adopte, le post-modernisme d&#233;truit le souvenir romantique avec ses connotations d'authenticit&#233; et de totalit&#233; pour d&#233;velopper au contraire une po&#233;tique de la m&#233;moire qui, de fa&#231;on sp&#233;cifique, r&#233;active les repr&#233;sentations antiques du magasin et du r&#233;servoir. Je voudrais qualifier provisoirement cette r&#233;activation de jeu d&#233;constructif de et avec des images de souvenirs, jeu que l'on ne saurait penser comme pr&#233;c&#233;dant l'acte d'&#233;crire, mais au contraire comme lui succ&#233;dant. Les paradigmes de tels textes d'espace sont la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; de Proust, &#224; qui je r&#233;serverai ult&#233;rieurement une &#233;tude, et l'&#339;uvre de son successeur critique, Claude Simon qui me servira ici d'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;hegel&#034;&gt;I. M&#233;moire et esprit th&#233;orique : Hegel&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une des th&#232;ses de notre colloque, &#224; savoir que la philosophie s'est empar&#233;e du th&#232;me du souvenir pour abandonner dans le m&#234;me temps la m&#233;moire &#224; une rh&#233;torique d&#233;pass&#233;e, se heurte &#224; des difficult&#233;s pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; on devrait s'y attendre le moins : chez Hegel. La troisi&#232;me partie de l'&lt;i&gt;Encyclop&#233;die des Sciences philosophiques&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. W. F. Hegel, Encyclop&#233;die des Sciences philosophiques. III. Philosophie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui est dans son ensemble consacr&#233;e &#224; la philosophie de l'Esprit, traite, sous le concept de psychologie de l'esprit subjectif, de l'esprit th&#233;orique qui, en partant de l'intuition (&lt;i&gt;Anschauung&lt;/i&gt;) comme d'une conscience emplie de la certitude de la raison, atteint, en passant par la repr&#233;sentation con&#231;ue comme intuition rem&#233;mor&#233;e, le troisi&#232;me et dernier niveau de d&#233;veloppement de l'intelligence, la pens&#233;e. Le niveau interm&#233;diaire de la repr&#233;sentation est &#224; son tour divis&#233; en trois &#233;tapes : souvenir/imagination/m&#233;moire. Le souvenir &#8211; en parfaite coh&#233;rence avec les passages correspondants de la &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit&lt;/i&gt; ou des &lt;i&gt;Cours sur l'histoire de la philosophie&lt;/i&gt; &#8211; est compris comme int&#233;riorisation totalisante. L'intelligence place les images de l'intuition &#171; dans son int&#233;riorit&#233;, dans son &lt;i&gt;propre espace&lt;/i&gt; et son &lt;i&gt;propre temps&lt;/i&gt; &#187; (&#167; 452). Elle les lib&#232;re de leur premi&#232;re imm&#233;diatet&#233; et de leur individualit&#233; abstraite, elle les accueille dans &#171; l'universalit&#233; du Moi en g&#233;n&#233;ral &#187;. Cette perte de d&#233;termination parfaite est la condition pr&#233;alable &#224; leur conservation, &#224; leur conservation inconsciente dans le &#171; puits &#187; de l'intelligence. Cette m&#233;taphore du puits court tout au long des paragraphes 452 et 453 consacr&#233;s au souvenir (&#171; ce puits nocturne &#187;, &#171; ce puits o&#249; la conscience est absente &#187;) et il se pr&#233;sente clairement comme la contre-m&#233;taphore romantique oppos&#233;e &#224; la m&#233;taphore du magasin de la rh&#233;torique de la &lt;i&gt;memoria&lt;/i&gt; : &#171; C'est l'incapacit&#233; de saisir cet universel en lui-m&#234;me concret et restant pourtant simple, qui a fait croire &#224; la conservation des repr&#233;sentations particuli&#232;res dans des &lt;i&gt;fibres&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;places&lt;/i&gt; particuli&#232;res ; ce qui est divers n'aurait par essence qu'une existence spatiale aussi singularis&#233;e &#187; (&#167; 453).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'imagination ne se nourrit pas des lieux particuliers d'un magasin o&#249; l'on irait chercher les images de souvenir, elle se nourrit de ce &#171; puits nocturne &#187; dans lequel ces images sont &#171; conserv&#233;es inconsciemment &#187;, o&#249; elles &#171; sommeillent &#187;. J&#252;nger a certainement en vue ces formulations h&#233;g&#233;liennes quand il parle de cet oubli conservant, de cet &#171; oubli de conservation &#187; sans lequel il n'est pas de souvenir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr. G. J&#252;nger, op. cit., p. 17.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rapatriement de ces images depuis ce &#171; sommeil &#187;, depuis &#171; l'obscurit&#233; nocturne &#187; dans la &#171; clart&#233; lumineuse de la pr&#233;sence &#187; s'accomplit &#224; son tour en trois &#233;tapes. D'abord l'imagination fait passer les images dans l'existence, puis des images qui se ressemblent sont r&#233;f&#233;r&#233;es les unes aux autres au moyen de l'association et sont &#233;lev&#233;es au rang de repr&#233;sentations g&#233;n&#233;rales, et pour finir, l'intelligence identifie ces repr&#233;sentations g&#233;n&#233;rales &#224; l'image particuli&#232;re, c'est-&#224;-dire elle leur donne une existence d'images, que ce soit sous forme de symbole ou que ce soit sous forme de signe. Si l'imagination symbolisante fait encore partie de la facult&#233; d'imagination, l'imagination productive de signes forme d&#233;j&#224; la transition vers la m&#233;moire qui &#171; n'a affaire [...] qu'avec des signes &#187; (&#167; 458). Or la forme la plus &#233;l&#233;mentaire des signes est l'&#233;criture alphab&#233;tique qui d&#233;compose en leurs &#233;l&#233;ments les signes concrets de la langue parl&#233;e, les mots donc, et qui ainsi &#171; obtient la d&#233;terminit&#233; et la puret&#233; de son articulation &#187; (&#167; 459).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, le premier des paragraphes consacr&#233;s &#224; la m&#233;moire commence par constater que &#171; l'intelligence parcourt en tant que m&#233;moire, face &#224; l'intuition du mot, les m&#234;mes activit&#233;s du rappel en et &#224; soi, qu'elle le fait, en tant que repr&#233;sentation en g&#233;n&#233;ral, face &#224; la premi&#232;re intuition imm&#233;diate &#187; (&#167; 461). Et cette abstraction est de nouveau d&#233;ploy&#233;e dialectiquement en trois temps. &#192; un premier niveau, la m&#233;moire &#233;l&#232;ve le lien singulier r&#233;alis&#233; par le signe entre intuition et signification au rang de lien g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire durable, par le biais du nom. C'est sur cette &#171; m&#233;moire retenant les noms &#187; que construit la m&#233;moire reproductive, laquelle reconna&#238;t la chose dans le nom et avec la chose reconna&#238;t le nom, &#171; sans intuition ni image &#187;, car &#171; c'est dans le nom que nous pensons &#187;. Cette d&#233;finition de la m&#233;moire comme un souvenir, certes essentiellement tourn&#233; vers l'&#233;criture, mais pas vers l'image, donne l'occasion &#224; Hegel de se lancer dans une nouvelle pol&#233;mique contre l'art mn&#233;monique des Anciens : &#171; Ce qui s'est imprim&#233; de fa&#231;on mn&#233;motechnique [...] est, pour ainsi dire, lu sur le tableau de l'imagination &#187;, par contre &#171; ce qui est conserv&#233; dans la m&#233;moire est prof&#233;r&#233; &lt;i&gt;par c&#339;ur&lt;/i&gt; [&#8211; &lt;i&gt;en &#233;tant tourn&#233; ext&#233;rieurement&lt;/i&gt; &#8211;], c'est-&#224;-dire proprement en sortant du &lt;i&gt;dedans&lt;/i&gt;, du puits profond du Moi, et ainsi r&#233;cit&#233; &#187; (&#167; 462).&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Ce rapport dialectique entre l'ext&#233;rieur et l'int&#233;rieur caract&#233;rise aussi pour finir la troisi&#232;me et derni&#232;re &#233;tape : &#171; la m&#233;moire m&#233;canique &#187;. L'intelligence &#224; ce niveau s'est tellement emplie du mot et par l&#224; de la &#171; nature de la Chose &#187; &#171; que la subjectivit&#233; &#8211; en sa diff&#233;rence d'avec la Chose &#8211; devient quelque chose de tout &#224; fait vide, un r&#233;servoir, priv&#233; d'esprit, des mots, donc une m&#233;moire m&#233;canique &#187;. Mais dans la mesure o&#249; ce renoncement supr&#234;me de l'intelligence n'est que le renversement d'un souvenir excessif du mot, c'est justement dans la dimension &#171; m&#233;canique &#187; de la m&#233;moire que cette productivit&#233; se manifeste et par l&#224;-m&#234;me ce pouvoir du Moi sur les images dormant dans le puits de son int&#233;riorit&#233; dont il ne disposait pas encore lui-m&#234;me au stade du souvenir. Hegel insiste sur cette &#171; puissance &#187; de la m&#233;moire comme d'une &#171; subjectivit&#233; totalement abstraite &#187; (&#167; 463), marquant ainsi le but de toute sa construction : le d&#233;passement d'un souvenir imag&#233; par un type non eid&#233;tique de m&#233;moire, par une &#171; Mn&#233;mosyne tout d'abord abstraite &#187; (&#167; 458) qui est capable de r&#233;activer comme elle l'entend les images int&#233;rioris&#233;es sous forme de signes purs, sans images, et de les livrer ainsi &#224; l'&#202;tre vrai tel qu'il est connu que Hegel d&#233;finit la pens&#233;e : &#171; D&#233;j&#224; notre langue donne &#224; la m&#233;moire &#8211; dont c'est devenu un pr&#233;jug&#233; de parler avec m&#233;pris &#8211; le statut &#233;lev&#233; de l'imm&#233;diate parent&#233; avec la pens&#233;e &#187; (&#167; 464).&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Ces d&#233;veloppements de Hegel dont nous avons rendu compte compl&#232;tent la &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit&lt;/i&gt;. Ils ne d&#233;ploient pas leur implication pour les &lt;i&gt;Cours d'Esth&#233;tique&lt;/i&gt; ult&#233;rieurs. Par rapport &#224; ces derniers, l'implication la plus importante saute aux yeux. Dans la mesure o&#249; l'&lt;i&gt;Esth&#233;tique&lt;/i&gt; de Hegel est essentiellement une esth&#233;tique d'int&#233;riorisation symbolique, s'annonce avec le d&#233;passement dialectique, d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233; dans l'&lt;i&gt;Encyclop&#233;die&lt;/i&gt;, de ce souvenir par la &#171; Mn&#233;mosyne abstraite &#187; ce que l'&lt;i&gt;Esth&#233;tique&lt;/i&gt; d&#233;ploiera sous le concept de &#171; fin de l'art &#187;, &#224; savoir que &#171; [...] l'art est et reste pour nous, quant &#224; sa destination la plus haute, quelque chose de r&#233;volu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. W. F. Hegel, Cours d'Esth&#233;tique, vol. I, Aubier, 1995, trad. J.-P. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le m&#233;rite revient &#224; Paul de Man d'avoir soumis &#224; un examen critique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. de Man, &#171; Sign and Symbol in Hegel's Aesthetics &#187;, in Critical Inquiry 4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; les passages de l'&lt;i&gt;Encyclop&#233;die&lt;/i&gt; que je viens de citer et qui apparaissent m&#234;me aux h&#233;g&#233;liens orthodoxes comme &#171; tout &#224; fait inhabituels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Schmitz, &#171; Hegels Begriff der Erinnerung &#187;, in Archiv f&#252;r (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, m&#234;me Paul de Man ne me semble pas venir &#224; bout de cette &#171; &#233;tranget&#233; &#187;. Car d'une part il voit dans le caract&#232;re abstrait de la m&#233;moire la d&#233;construction quasiment anticip&#233;e de l'&lt;i&gt;Esth&#233;tique&lt;/i&gt; ult&#233;rieure orient&#233;e vers le symbole, ce en quoi il enfonce une porte ouverte &#233;tant donn&#233; que Hegel lui-m&#234;me consid&#232;re cette esth&#233;tique comme historiquement d&#233;pass&#233;e. Mais d'autre part il cherche &#224; &#233;branler cette construction dialectique sans laquelle ce caract&#232;re abstrait de signe que poss&#232;de la m&#233;moire n'existe pas chez Hegel. C'est pourquoi cette valorisation de la m&#233;moire dans le contexte h&#233;g&#233;lien m&#234;me ne me semble pas si &#171; &#233;trange &#187;. Mais elle s'av&#232;re r&#233;trospectivement des plus int&#233;ressantes, c'est-&#224;-dire &#224; partir d'une position qui relativise l'affirmation de la fin de l'art comme Dieter Henrich l'a propos&#233;. Comme l'on sait, Henrich soutient la th&#232;se que Hegel, avec son pronostic erron&#233;, ouvre des pistes de compr&#233;hension de l'art le plus contemporain qu'il s'agit d'&#233;largir en tenant compte d'autres pr&#233;misses que celles de Hegel. Parmi ces pr&#233;misses, il y a en particulier, selon Henrich, la compr&#233;hension du caract&#232;re d&#233;sormais &#171; partiel &#187; de l'art moderne, compar&#233; &#224; la m&#233;diation totale classico-romantique. Il faut comprendre ici &#171; partialit&#233; &#187; comme une forme de m&#233;diation non seulement plus r&#233;duite d'un point de vue quantitatif, mais aussi nouvelle d'un point de vue qualitatif, comme une m&#233;diation plac&#233;e sous le signe d'une subjectivit&#233; probl&#233;matique. Henrich l'appelle aussi une m&#233;diation &#171; imm&#233;moriale &#187;, voulant dire par l&#224; qu'elle &#171; doit &#234;tre accomplie sans que l'on puisse s'assurer d'elle &#187;. Elle est m&#233;diation &#171; &#224; partir d'un fond indisponible &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Henrich, &#171; Kunst und Kunstphilosophie der Gegenwart (&#220;berlegungen mit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hegel pol&#233;mique deux fois &#8211; nous l'avons vu &#8211; contre les m&#233;taphores antiques qui repr&#233;sentent la &lt;i&gt;memoria&lt;/i&gt; comme un magasin et un tableau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article pionnier de H. Weinrich, &#171; Typen der Ged&#228;chtnismetaphorik &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme j'ai essay&#233; de le montrer, dans cette pol&#233;mique est pr&#233;suppos&#233;e une subjectivit&#233; post-antique qui se transmet &#224; l'objectivit&#233; en trois &#233;tapes &#8211; int&#233;riorit&#233; synth&#233;tisante, imagination symbolique et m&#233;moire s&#233;miotique &#8211; et qui y advient &#224; elle-m&#234;me en tant qu'esprit th&#233;orique. Si dans cette construction on supprime la pr&#233;misse de la ma&#238;trise du Moi, on obtient alors les espaces de la m&#233;moire tels que la postmodernit&#233; les fa&#231;onne en chaos. Souvenir, repr&#233;sentation et m&#233;moire ne d&#233;bouchent plus ici sous forme de progression ternaire dialectique dans l'abstraction conceptuelle, la m&#233;moire restitue une dimension imag&#233;e qui renvoie &#224; une int&#233;riorit&#233; h&#233;t&#233;ronome et qui de ce fait n'est plus localisable dans une &#233;pist&#233;mologie de la repr&#233;sentation. Chez Claude Simon, cette int&#233;riorit&#233; appara&#238;t dans une m&#233;taphore que l'on peut lire carr&#233;ment comme le contraire du &#171; puits de l'int&#233;riorit&#233; &#187; de Hegel et que l'on trouve de fa&#231;on caract&#233;ristique d&#233;j&#224; chez Proust. Les &#339;uvres d'art, est-il dit vers la fin de la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;, naissent d'une pression de la souffrance qui rappelle un puits art&#233;sien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Proust, &#192; la recherche du temps perdu, &#233;d. P. Clarac et A. Ferr&#233; en 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De m&#234;me, le connaisseur de Proust qu'est Claude Simon compare la pr&#233;sence traumatique de ses exp&#233;riences de guerre &#224; un puits art&#233;sien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl. Simon, &#171; La Fiction mot &#224; mot &#187;, in Nouveau Roman : hier, aujourd'hui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire &#224; une eau qui ne peut s'&#233;couler dans la terre et qui remonte &#224; la surface par sa propre pression. Ce qui se passe plus pr&#233;cis&#233;ment quand ces eaux se r&#233;pandent dans les espaces de m&#233;moire d'une rh&#233;torique qui refl&#232;te s&#233;mantiquement ces images, peut gagner en &#233;vidence visuelle sur fond de th&#233;orie h&#233;gelienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;recuperation&#034;&gt;II. La r&#233;cup&#233;ration de l'espace de m&#233;moire&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; est un roman de guerre qui n'est pas racont&#233; chronologiquement, mais dont le substrat historique cependant peut &#234;tre reconstruit dans ses phases essentielles. Il y a d'abord la p&#233;riode d'avant-guerre qui tourne autour des relations du capitaine de cavalerie vieillissant de Reixach avec Corinne, sa jeune &#233;pouse pleine de vie et de sensualit&#233;. Fait partie de son &#233;curie un jockey d'origine espagnole r&#233;pondant au nom d'Igl&#233;sia, lequel entretient probablement une liaison avec Corinne et a cocufi&#233; de Reixach. Au d&#233;but de la guerre, de Reixach a sous ses ordres un escadron de cavalerie engag&#233; dans les op&#233;rations destin&#233;es &#224; contrer l'offensive des Allemands. Dans cet escadron, il y a un certain Georges, le narrateur de ce roman. Par sa m&#232;re, il est un lointain parent de de Reixach qui repr&#233;sente pour lui un mod&#232;le qu'il v&#233;n&#232;re. Le c&#339;ur du r&#233;cit est constitu&#233; par les &#233;v&#233;nements du front de Flandre &#224; partir desquels se d&#233;gagent trois complexes narratifs. Apr&#232;s une longue et harassante chevauch&#233;e &#224; travers la boue et la pluie, l'escadron fait une halte dans une grange obscure que vient tout &#224; coup &#233;clairer la lanterne d'une jeune fille ; celle-ci se retire, aussi fantomatiquement qu'elle &#233;tait apparue, dans le corps principal de la ferme pour se d&#233;rober aux regards curieux des soldats derri&#232;re un rideau orn&#233; d'une broderie repr&#233;sentant un paon. Cette jeune fille est l'objet de ragots du village dans lesquels r&#233;appara&#238;t la th&#233;matique du cocuage que nous connaissons de la constellation Corinne/de Reixach. Passe ensuite au centre du r&#233;cit le c&#233;l&#232;bre guet-apens dans lequel tombe l'escadron qui est totalement an&#233;anti, &#224; l'exception de quatre survivants : de Reixach, Igl&#233;sia, Georges et son camarade juif, Blum. Mais la survie de de Reixach n'est que de courte dur&#233;e. Il a dirig&#233; avec beaucoup d'imprudence son escadron avant que celui-ci ne soit an&#233;anti, c'est avec la m&#234;me imprudence qu'il continue &#224; s'exposer lui-m&#234;me, ce qui donne l'occasion &#224; un tireur isol&#233; allemand de l'avoir dans sa ligne de mire et de l'abattre. Ce comportement du capitaine de Reixach conduit Georges &#224; se demander quelles peuvent en &#234;tre les raisons et d&#232;s lors cette question ne le l&#226;che plus : est-ce la souveraine t&#233;m&#233;rit&#233; de cette figure h&#233;ro&#239;que de p&#232;re &#224; laquelle il voudrait s'identifier ou bien est-ce que derri&#232;re cette insouciance d&#233;plac&#233;e se cache un homme d&#233;j&#224; int&#233;rieurement bris&#233; qui cherche la mort pour ne pas devoir retourner aupr&#232;s de Corinne ? Apr&#232;s la d&#233;faite, Georges se retrouve en Saxe avec Igl&#233;sia et Blum dans un camp de prisonniers. Ils essayent de tromper leur ennui en &#233;changeant des souvenirs. Il s'agit surtout des souvenirs d'enfance de Georges, d'histoires de famille tournant autour d'un anc&#234;tre de de Reixach qui avait v&#233;cu &#224; l'&#233;poque de la R&#233;volution fran&#231;aise, de comm&#233;rages aussi, concernant la fille de ferme, mais surtout de ce que Igl&#233;sia raconte sur de Reixach et sa femme. Corinne, la seule &#224; poss&#233;der la cl&#233; de la v&#233;rit&#233; sur de Reixach, se retrouve de plus en plus au centre de l'int&#233;r&#234;t de Georges et, de fa&#231;on inconsciente dans un premier temps, de son d&#233;sir sexuel, ce qui a pour cons&#233;quence qu'apr&#232;s la guerre, il ne tarde pas &#224; aller la voir. Bien que remari&#233;e, elle noue avec Georges une relation qui d&#233;bouche sur une nuit d'amour dans une chambre d'h&#244;tel. Cette nuit cependant se termine sur une dispute dramatique parce que Corinne ne comprend pas ce qui a aliment&#233; en secret, depuis d&#233;j&#224; des ann&#233;es, le d&#233;sir de Georges et qu'elle le suspecte tout au contraire de ne voir en elle qu'une fille &#224; soldat. Quoi qu'il en soit, il n'a pas appris la v&#233;rit&#233; sur de Reixach, si ce n'est dans le sens o&#249; d&#233;sormais, c'est lui, Georges, &#224; la recherche de la v&#233;rit&#233;, qui, en couchant avec Corinne, a fait de de Reixach d&#233;j&#224; mort ce cocu qu'il avait toujours &#233;t&#233; dans les r&#233;cits d'Igl&#233;sia, r&#233;cits, il est vrai, qu'aucun auditeur ne pouvait v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Si donc cette histoire de Georges, de de Reixach et de Corinne int&#233;gr&#233;e dans la campagne de Flandre peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e peu &#224; peu comme le substrat chronologique de notre roman, celui-ci n'est nullement racont&#233; selon cet axe chronologique. Il est racont&#233; sous forme de roman de souvenirs qui d&#233;forme la chronologie de fa&#231;on sp&#233;cifique. Claude Simon a expliqu&#233; quelle &#233;tait son intention dans une interview accord&#233;e au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; le 8 octobre 1960 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[...] en ces quelques heures d'une nuit d'apr&#232;s guerre que je retiens, tout se presse dans la m&#233;moire de Georges : le d&#233;sastre de mai 1940, la mort de son capitaine &#224; la t&#234;te d'un escadron de dragons, son temps de captivit&#233;, le train qui le menait au camp de prisonniers, etc. Dans la m&#233;moire, tout se situe sur le m&#234;me plan : le dialogue, l'&#233;motion, la vision coexistent. Ce que j'ai voulu, c'est forger une structure qui convienne &#224; cette vision des choses, qui me permette de pr&#233;senter les uns apr&#232;s les autres des &#233;l&#233;ments qui dans la r&#233;alit&#233; se superposent, de retrouver une architecture purement sensorielle. [...] Les peintres ont bien de la chance. Il suffit au passant d'un instant pour prendre conscience des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments d'une toile. [...] J'&#233;tais hant&#233; par deux choses : la discontinuit&#233;, l'aspect fragmentaire des &#233;motions que l'on &#233;prouve et qui ne sont jamais reli&#233;es les unes aux autres, et en m&#234;me temps leur contigu&#239;t&#233; dans la conscience.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview avec C. Sarraute, cit&#233;e par Lucien D&#228;llenbach, in &#171; Le tissu de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon cite un concept cl&#233; de Proust : le concept des images de souvenir qui se recouvrent, se superposent. Chez Proust correspond &#224; ce concept de superposition celui de juxtaposition. La repr&#233;sentation doit ramener &#224; une s&#233;quence, &#224; une s&#233;rie ce qui se s&#233;dimente dans le souvenir sous forme de couches superpos&#233;es. Il en r&#233;sulte un effet spatial que Georges Poulet a le premier d&#233;sign&#233; en tant que tel sous le titre d'&lt;i&gt;espace proustien&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Poulet, L'Espace proustien, Gallimard, 1963.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chez Proust lui-m&#234;me cette juxtaposition suit la chronologie, du moins au niveau de la macrostructure, c'est-&#224;-dire qu'il restitue la s&#233;quence temporelle des images empil&#233;es, il leur attribue r&#233;trospectivement le sens d'une invitation secr&#232;te &#224; fixer par &#233;crit les impressions et les reconstruit de sorte qu'elles forment le r&#233;cit d'une vocation invisible. Ce n'est pas le lieu ici d'analyser dans quelle mesure cette s&#233;mantisation r&#233;trospective du souvenir en r&#233;cit orient&#233; t&#233;l&#233;ologiquement d'une vocation est secr&#232;tement contrecarr&#233;e par le principe de spatialisation, ni dans quelle mesure, par un r&#233;seau de relations intratextuelles, le processus du souvenir appara&#238;t du m&#234;me coup illustr&#233; comme un processus de scripturalisation. En tout cas, Claude Simon fait clairement comprendre au d&#233;but du passage que j'ai cit&#233; que c'est la pression des souvenirs de quelques heures d'une nuit non sp&#233;cifi&#233;e d'apr&#232;s-guerre qui constitue le v&#233;ritable &#171; objet &#187; du roman. Se rapporte &#224; cet objet une repr&#233;sentation que Claude Simon, comme nous venons de le lire, qualifie d'&#171; architecture sensorielle &#187;, une construction spatiale donc qui r&#233;actualise &#8211; consciemment ou inconsciemment &#8211; la vieille m&#233;taphore du magasin, mais sous un aspect qui est fatal &#224; la caract&#233;ristique fondamentale d'un magasin, &#224; savoir la constitution d'un ordre et la possibilit&#233; de retrouver rapidement ce que l'on cherche. Le Moi n'a pas synth&#233;tis&#233; ses exp&#233;riences de guerre en une int&#233;riorisation h&#233;g&#233;lienne, il ne les a pas confi&#233;es &#224; une conservation inconsciente au fond d'un &#171; puits obscur &#187;, il se voit priv&#233; de tout sommeil &#224; cause de leur pr&#233;sence traumatique. Ainsi ces images ne sont pas interrog&#233;es &#224; partir de lieux bien rep&#233;r&#233;s, elles sont abandonn&#233;es &#224; leur statut de discontinuit&#233; traumatique. C'est cette discontinuit&#233; de copr&#233;sence traumatique que vise l'&#171; architecture sensorielle &#187;. Il lui faut tourner vers l'ext&#233;rieur une int&#233;riorit&#233; chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue formel, cela est d'abord r&#233;alis&#233; au moyen de deux proc&#233;d&#233;s : par le morcellement, c'est-&#224;-dire la d&#233;chronologisation de l'histoire racont&#233;e, et par le nouveau montage des s&#233;quences ou de certains segments de ces s&#233;quences. Des associations visuelles, auditives ou olfactives motivent ainsi les diff&#233;rentes transitions et dirigent la paradigmatisation de l'axe syntagmatique. Cet effet de chaos est renforc&#233; par l'obscurcissement des niveaux di&#233;g&#233;tiques. Font partie des souvenirs du narrateur primaire les histoires racont&#233;es par les personnages racont&#233;s, lesquelles sont soumises au m&#234;me principe de montage et de recomposition, de sorte qu'une reconstruction de l'ensemble serait en principe possible, mais manquerait son but. Car l'effet s&#233;mantique du proc&#233;d&#233; que j'ai esquiss&#233; consiste &#224; soumettre les segments paradigmatis&#233;s au principe d'une analogie qui par des caract&#233;ristiques comme le temps, la destruction, le d&#233;sarroi, la violence et la destruction a tendance &#224; rendre tout comparable &#224; tout : le destin collectif au destin individuel, c'est-&#224;-dire la guerre &#224; l'amour et l'amour &#224; la guerre, sa propre histoire &#224; celle de ses anc&#234;tres, le pr&#233;sent donc &#224; des pass&#233;s qui remontent jusqu'&#224; des temps imm&#233;moriaux &#8211; et la Flandre a toujours &#233;t&#233; la grande route militaire entre Est et Ouest, un lieu de violence et de mort. Ainsi, chez Claude Simon, le proc&#233;d&#233; d'analogisation se transforme en ce &#171; travail de d&#233;construction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Robbe-Grillet, &#171; Sur le choix des g&#233;n&#233;rateurs &#187;, in Nouveau Roman : hier, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; comme son compagnon de route d'un moment, Alain Robbe-Grillet, a qualifi&#233; un jour l'&#233;criture des Nouveaux Romanciers. Ce qui est victime de l'analogisation est r&#233;sum&#233; dans la sc&#232;ne o&#249; Georges et son compagnon Blum se mettent &#224; philosopher, dans un camp de prisonniers en Saxe, pendant la corv&#233;e de charbon, et o&#249; Georges se laisse aller &#224; pol&#233;miquer contre l'hypoth&#232;se selon laquelle l'histoire aurait un sens. L'histoire avec un grand H, chez Claude Simon, cela d&#233;signe toutes les philosophies de l'histoire du pass&#233;, de l'histoire du salut chr&#233;tien jusqu'&#224; Hegel.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Mais c'est moins ce d&#233;menti d&#233;constructiviste lui-m&#234;me qui m'int&#233;resse ici, que, plut&#244;t, la relation entre ce d&#233;menti d'une part et la r&#233;actualisation et la r&#233;interpr&#233;tation de l'antique topique de l'espace de m&#233;moire d'autre part. Il en va pour moi des pr&#233;misses historiques de ce que, dans le contexte de notre symposium, nous avons interpell&#233; comme &#233;tant &#171; l'autre espace &#187; de l'&#233;criture ou l'autre espace de l'image. Hegel donc, pour en revenir &#224; lui, n'oppose pas simplement l'engloutissement par le souvenir et la restitution par la m&#233;moire, il conna&#238;t un troisi&#232;me terme, le pouvoir de m&#233;diation de l'imagination. D&#232;s le d&#233;but du &#167; 455, il est question de &#171; puissance &#187; en relation avec &#171; l'int&#233;riorit&#233; propre du moi &#187; qui synth&#233;tise des images similaires en repr&#233;sentations g&#233;n&#233;rales, qui subsume le particulier sous le g&#233;n&#233;ral, dans le domaine de la litt&#233;rature en se reliant &#224; l'image par le biais de correspondances symboliques, m&#234;me si elle ne devient vraiment libre que l&#224; o&#249; elle se d&#233;fait de ce lien pour acc&#233;der au rang de pur signe. Ce faisant, il cite l'expression souvent utilis&#233;e, comme il dit, &#171; de superposition de nombreuses images semblables &#187;, une expression que nous rencontrons chez Proust comme chez Claude Simon. Par l&#224;, Hegel suppose encore comme non probl&#233;matique que &#171; l'intelligence elle-m&#234;me, le Moi identique &#224; lui-m&#234;me &#187; &#171; serait capable d'&#233;liminer ce qu'elles ont encore d'in&#233;gal en les faisant se raboter les unes les autres &#187; pour en d&#233;gager de la sorte leur dimension g&#233;n&#233;rale. C'est pr&#233;cis&#233;ment cela que Proust n'arrive plus &#224; faire : Marcel peut bien empiler les images des souvenirs qu'il a d'Albertine, mais il n'arrive pas &#224; en extraire une v&#233;rit&#233; sur Albertine. Au lieu de cela il d&#233;ploie les images superpos&#233;es en une s&#233;rie ouverte, &#171; s&#233;rie ind&#233;finie d'Albertines imagin&#233;es &#187;, voire en une pluralit&#233; de s&#233;ries, &#171; des s&#233;ries d'Albertines s&#233;par&#233;es les unes des autres, incompl&#232;tes, des profils, des instantan&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Proust, op. cit., vol. I, p. 858 et vol. III, p. 149.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il s'agit de la juxtaposition pr&#233;c&#233;demment cit&#233;e con&#231;ue comme concept compl&#233;mentaire de la superposition &#8211; une spatialisation donc qui r&#233;sulte de l'incapacit&#233; &#224; attribuer durablement des identit&#233;s. Dans le cas de cette imagination, il ne peut plus &#234;tre question de &#171; puissance &#187; au sens h&#233;g&#233;lien du terme. Ces espaces de m&#233;moire postromantiques mod&#232;lent l'impuissance du Moi, chez Proust d&#233;j&#224;, plus encore chez Claude Simon. Car ce qui se superpose ici et que la repr&#233;sentation d&#233;ploie en une simultan&#233;it&#233;, ce ne sont plus des images semblables, mais des images diff&#233;rentes, et ce qui reste quand ces diff&#233;rences s'&#233;rodent par le &#171; rabotage &#187; des images les unes contre les autres, quand tout peut &#234;tre analogisable avec tout, ce sont ces cat&#233;gories d&#233;j&#224; cit&#233;es d'un &#233;pist&#233;mologie n&#233;gative dans laquelle en tout premier lieu l'identit&#233; du Moi elle m&#234;me a abdiqu&#233; avec toutes les identit&#233;s d'attribution.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Telle est la marque historique de la r&#233;actualisation de cette topique des espaces de m&#233;moire sur lesquels Hegel croyait encore pouvoir jeter un regard moqueur. Ce n'est que d'un point de vue post-h&#233;g&#233;lien et antih&#233;g&#233;lien qu'ils sont redevenus possibles, voire n&#233;cessaires. Mais cela explique du m&#234;me coup aussi que l'antique rh&#233;torique du magasin n'est plus adapt&#233;e &#224; ces espaces de m&#233;moire. Ils n'aident plus le Moi &#224; r&#233;cup&#233;rer rapidement des images bien ordonn&#233;es, mais ils s'ouvrent &#224; des s&#233;quences d'images discontinues et par l&#224; &#224; une profondeur temporelle dans laquelle le Moi se rem&#233;morant se perd pour toujours. Face &#224; cette perte du Moi par lui-m&#234;me, Proust a conjur&#233; encore une fois l'exp&#233;rience de r&#233;surrection de la m&#233;moire involontaire. Claude Simon se r&#233;f&#232;re au niveau de la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; qui subvertit ces conjurations. Les cat&#233;gories directrices de ses analogies qui, ce n'est certainement pas un hasard, acqui&#232;rent le poids de concepts existentiels heideggeriens, culminent dans une exp&#233;rience du temps qui ne peut plus &#234;tre organis&#233;e en r&#233;cits. Elles culminent dans &#171; l'incoh&#233;rent, nonchalant, impersonnel et destructeur travail du temps &#187;, comme il est dit &#224; la fin de la &lt;i&gt;Route&lt;/i&gt; (296), dans une temporalit&#233; vide. Mais comment Claude Simon relie-t-il cette temporalit&#233; &#224; la spatialit&#233; de l'espace de m&#233;moire ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;scripturalite&#034;&gt;III. M&#233;moire et scripturalit&#233;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Georges a deux p&#232;res, d'une part de Reixach, le parent &#233;loign&#233; du c&#244;t&#233; maternel, la figure h&#233;ro&#239;que d'identification dont le d&#233;montage constitue un niveau central de souvenir dans le roman, d'autre part son p&#232;re biologique, en tous points le contraire du p&#232;re imaginaire : non pas un descendant de vieille aristocratie, mais quelqu'un en pleine ascension sociale, un universitaire issu d'une famille de paysans analphab&#232;tes. Georges ne l'&#233;voque pas mourant en une pose h&#233;ro&#239;que, mais occup&#233; dans son kiosque de jardin &#224; couvrir page sur page &#171; de sa fine &#233;criture &#187;, &#224; gommer des mots ou &#224; les surcharger sur ces feuilles qui lui sont devenues indispensables et que dans sa fragilit&#233; il porte sur lui &#171; comme une sorte d'ins&#233;parable compl&#233;ment de lui-m&#234;me, d'organe suppl&#233;mentaire invent&#233; sans doute pour rem&#233;dier aux d&#233;faillances des autres &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;,31). C'est contre l'isolement volontaire de ce p&#232;re &#233;tranger au monde que l'agressivit&#233; de Georges est dirig&#233;e, quand, par de sombres nuits pluvieuses, il parcourt les Ardennes &#224; cheval, contre sa croyance aux &#171; bons auteurs &#187;, aux &#171; incomparables privil&#232;ges de la civilisation occidentale &#187;, qu'il avait voulu faire partager &#224; son fils. Le conflit &#233;clate ouvertement &#224; l'occasion de la destruction de la biblioth&#232;que de Leipzig que le p&#232;re d&#233;plore vivement dans une lettre adress&#233;e &#224; son fils sur le front. Georges r&#233;pond &#224; ce lamento par une tirade sarcastique, qu'il ne voyait pas ce que l'humanit&#233; avait perdu si tous les livres de cette biblioth&#232;que pr&#233;tendument irrempla&#231;able n'avaient pas pu emp&#234;cher qu'ils soient d&#233;truits (211). C'est pourquoi Georges d&#233;cide &#224; la fin de la guerre de devenir paysan comme ses anc&#234;tres et non &#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant ce paysan a &#233;crit ce livre dans lequel il pol&#233;mique contre la fine &#233;criture du p&#232;re, un paradoxe qui se r&#233;sout quand on rapproche la f&#233;tichisation de l'&#233;criture &#224; laquelle se livre le p&#232;re de sa v&#233;n&#233;ration des &#171; bons auteurs &#187;, c'est-&#224;-dire des repr&#233;sentants de cet h&#233;ritage humaniste pour lequel l'&#233;criture &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment la repr&#233;sentation de ces v&#233;rit&#233;s humanistes. Georges lui-m&#234;me a encore grandi dans ce monde de la repr&#233;sentation, il est encore dedans apr&#232;s la guerre quand il essaye, lors de sa visite chez Corinne, d'apprendre la v&#233;rit&#233; sur son p&#232;re imaginaire, de Reixach. La nuit d'amour ne tourne pas seulement au fiasco de cette qu&#234;te de v&#233;rit&#233;, elle fait surgir en surimpression le p&#232;re biologique dans le triangle Georges/de Reixach/Corinne :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] qu'avais-je cherch&#233; en elle esp&#233;r&#233; poursuivi jusque sur son corps dans son corps des mots des sons aussi fou que lui avec ses illusoires feuilles de papier noircies de pattes de mouche des paroles que pronon&#231;aient nos l&#232;vres pour nous abuser nous-m&#234;mes vivre une vie de sons sans plus de r&#233;alit&#233; sans plus de consistance que ce rideau sur lequel nous croyions voir le paon brod&#233; remuer palpiter respirer imaginant r&#234;vant &#224; ce qu'il y avait derri&#232;re [...]. (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 259)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La nuit d'amour est ici clairement stylis&#233;e en une nuit de &lt;i&gt;conversio&lt;/i&gt;. En une audacieuse analogie, Georges associe le corps de Corinne aux feuillets couverts de l'&#233;criture du p&#232;re, il veut lire ce corps comme le p&#232;re lit ses signes, il veut le d&#233;chiffrer pour trouver une v&#233;rit&#233; dissimul&#233;e sous la surface. Ce qu'il trouve cependant, ce ne sont jamais que des substituts de cette v&#233;rit&#233; repr&#233;sent&#233;e &#224; un niveau m&#233;tapo&#233;tique par le rideau au motif brod&#233; de paon derri&#232;re lequel la fille de ferme dans les Ardennes s'&#233;tait soustraite aux regards curieux des soldats. Avec cette image du paon brod&#233;, Claude Simon reprend naturellement la vieille m&#233;taphore du texte comme texture, comme tissu &#8211; seulement il lui ajoute une dimension d&#233;constructive, le tissu est priv&#233; de la transparence que poss&#232;de la repr&#233;sentation &#233;crite. C'est un tissage dans le N&#233;ant, un &#171; j'inventais brodais &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 279), ce n'est m&#234;me plus, comme Walter Benjamin croyait pouvoir encore le formuler &#224; propos de Proust, un tissu o&#249; &#171; le souvenir est la trame et l'oubli la cha&#238;ne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W. Benjamin, &#171; L'image proustienne &#187;, in W. B., &#338;uvres II, Gallimard, 2000, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Car cela pr&#233;suppose encore ce que Theodor W. Adorno, dans son dialogue avec Walter Benjamin, a appel&#233; un jour &#171; oubli &#233;pique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre du 29 f&#233;vrier 1940, in Th. W. Adorno/W. Benjamin, Correspondance. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire cet oubli de pr&#233;servation auquel correspond la conservation par int&#233;riorisation de la m&#233;moire involontaire. Je ne peux pas exposer ici plus avant dans quelle mesure la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; r&#233;alise cette figure fondamentale qui, au fond, est encore h&#233;g&#233;lienne. Dans la &lt;i&gt;Route &lt;/i&gt; en tout cas, ce qui resurgit de l'oubli ne se constitue plus qu'en &#171; images chatoyantes et lumineuses au moyen de l'&#233;ph&#233;m&#232;re, l'incantatoire magie du langage, des mots invent&#233;s dans l'espoir de rendre comestible &#8211; comme ces p&#226;tes vaguement sucr&#233;es sous lesquelles on dissimule aux enfants les m&#233;dicaments amers &#8211; l'innommable r&#233;alit&#233; &#187; (173).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon a expos&#233; cette conception d'une &#233;criture sans repr&#233;sentation dans de nombreux interviews et articles th&#233;oriques, sous la forme la plus programmatique dans l'avant-propos d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Simon, Orion aveugle, Gen&#232;ve, Skira, 1970.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Ce texte n'a pas son &#171; origine &#187; dans un quelconque ordre de grandeur r&#233;f&#233;rentiel. Il commence son &#171; cheminement &#187; dans &#171; un magma informe de sensations plus ou moins confuses &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant-propos non pagin&#233;.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui en ressort est moins redevable des intentions du sujet &#233;crivant que bien plus d'une dynamique des mots, lesquels ne manquent la reproduction descriptive que pour lui substituer des complexes de relations qui se constituent &#224; partir de potentiels morphologiques, phon&#233;tiques, syntaxiques et s&#233;mantiques. Les images qui en r&#233;sultent ne repr&#233;sentent pas les reproductions (&lt;i&gt;Abbilder&lt;/i&gt;) d'images premi&#232;res (&lt;i&gt;Vorbilder&lt;/i&gt;), elles surgissent dans le m&#234;me mouvement originel que l'acte d'&#233;criture lui-m&#234;me. Ainsi voir des images revient &#224; voir des mots. Cette concordance h&#233;t&#233;ronome dans le surgissement originel vaut naturellement aussi pour les images de souvenir. Seule est ant&#233;rieure la part qu'elles ont &#224; ce &#171; magma informe &#187; o&#249; le cheminement des mots prend son d&#233;part. Dans la mesure o&#249; elles deviennent &#171; visibles &#187;, leur visibilit&#233; est due &#224; des contigu&#239;t&#233;s d&#233;j&#224; sp&#233;cifiquement linguistiques : &#171; Parce que ce qui est souvent sans rapports imm&#233;diats dans le temps des horloges ou l'espace mesurable peut se trouver rassembl&#233; et ordonn&#233; au sein du langage dans une &#233;troite contigu&#239;t&#233; &#187;. Lucien D&#228;llenbach a d&#233;j&#224; not&#233; qu'ici Claude Simon subordonne l'activit&#233; de la langue au m&#234;me concept par lequel, dans l'interview au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; cit&#233;e ci-dessus, il caract&#233;risait la m&#233;moire : au concept de contigu&#239;t&#233;. La m&#233;moire se voit attribuer une structuration linguistique par laquelle la production de la m&#233;moire est engag&#233;e contre l'illusion d'une r&#233;cup&#233;ration r&#233;f&#233;rentielle des sensations premi&#232;res, du &#171; r&#244;le du Cr&#233;ateur &#187;. Mais est-ce que le concept de contigu&#239;t&#233; suffit &#224; saisir cette productivit&#233; qui reste enti&#232;rement tributaire du concept de spatialisation ?&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Manifestement le &#171; cheminement de l'&#233;criture &#187; d&#233;crit par Claude Simon n'est pas seulement le &#171; mot &#224; mot &#187; de l'acte d'&#233;criture, il remonte jusqu'aux perceptions auxquelles se r&#233;f&#232;re dans l'acte d'&#233;criture celui qui se souvient, aussi peu structur&#233; que soit ce complexe. En ce sens, le &#171; magma informe &#187;, d&#233;crit par Claude Simon comme &#233;tant transform&#233; en langue, rappelle la d&#233;finition que donne Freud de la m&#233;moire comme fonction de la &#171; trace mn&#233;sique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Freud, L'Interpr&#233;tation du r&#234;ve, &#338;uvres compl&#232;tes IV. 1899-1900 (&#233;d. J. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, une d&#233;finition que Walter Benjamin a, comme l'on sait, essay&#233; de rendre productive par rapport &#224; Proust&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W. Benjamin, &#171; Sur quelques motifs baudelairiens &#187;, in W. B., &#338;uvres III, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui a r&#233;cemment conduit J. Derrida &#224; int&#233;grer explicitement la dimension de la temporalit&#233; dans les r&#233;flexions de Freud sur l'&#233;criture et la m&#233;moire. Dans cette perspective, il voit la trace mn&#233;sique en rapport direct avec la conception freudienne du &#171; retardement &#187; ou de l'&#171; apr&#232;s-coup &#187; des processus secondaires. On ne se souvient jamais de perceptions originelles, mais toujours d&#233;j&#224; de leurs substituts, de post-scriptums (&lt;i&gt;Nachschriften&lt;/i&gt;) d'une cha&#238;ne de transcriptions (&lt;i&gt;Umschriften&lt;/i&gt;) r&#233;p&#233;titives dans lesquelles a lieu cet investissement d'&#233;nergie que Hegel voulait d&#233;duire de l'Esprit comme &#171; puissance en tant que subjectivit&#233; totalement abstraite &#187; (&lt;i&gt;Encyclop&#233;die&lt;/i&gt; &#167; 463). &#192; la place de cette subjectivit&#233; ma&#238;tresse d'elle-m&#234;me, Derrida met un sujet h&#233;t&#233;ronome pour qui les cheminements de la trace mn&#233;sique restent invisibles comme le travail d'une taupe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, &#171; Freud et la sc&#232;ne de l'&#233;criture &#187;, in J. D., L'&#201;criture et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui cependant ne cesse pas quand le souvenir intervient &#8211; cette variante optimiste, ce serait plut&#244;t les &#171; sorties des cavernes &#187; (&lt;i&gt;H&#246;hlenausg&#228;nge&lt;/i&gt;) de Blumenberg par lesquelles l'identit&#233; s'impose toujours &#171; contre les irruptions de discontinuit&#233;, de perte, d'oubli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Blumenberg, H&#246;hlenausg&#228;nge, Frankfurt a.M. 1989, p. 16.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211; mais qui fait la productivit&#233; de la m&#233;moire elle-m&#234;me. &#171; Le post-scriptum qui constitue le pr&#233;sent pass&#233; comme tel ne se contente pas, comme l'ont peut-&#234;tre pens&#233; Platon, Hegel et Proust, de le r&#233;veiller ou de le r&#233;v&#233;ler dans sa v&#233;rit&#233;. Il le produit. &#187;. Et juste apr&#232;s vient la question d&#233;cisive de l'instance de cette productivit&#233; : est-ce que la sexualit&#233; est ici le meilleur exemple ou est-ce l'&#234;tre m&#234;me de cette dynamique ? Tout le scepticisme de Derrida &#224; l'encontre de la r&#233;ception essentialiste de Freud de type lacanien est tangible dans la r&#233;ponse qu'il apporte &#224; la question qu'il a lui-m&#234;me pos&#233;e : &#171; Fausse question sans doute : le sujet &#8211; pr&#233;sum&#233; connu &#8211; de la question, &#224; savoir la sexualit&#233;, n'est d&#233;termin&#233;, limit&#233; ou illimit&#233; qu'en retour et par la r&#233;ponse elle-m&#234;me &#187;. La dynamique du travail de m&#233;moire, qui est toujours aussi travail d'oubli, ne livrera pas le myst&#232;re de son origine &#8211; toutes nos d&#233;finitions de la sexualit&#233; sont toujours d&#233;j&#224; une fonction de ce &#171; travail de taupe &#187; face auquel nous sommes dans un apr&#232;s-coup irr&#233;m&#233;diable. Ce que la taupe a fait, nous ne le voyons que devant les taupini&#232;res, la taupe elle-m&#234;me, nous ne la voyons que lorsque nous l'avons attrap&#233;e : morte ou aveugl&#233;e, en tout cas jamais au travail.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Claude Simon donc, pour en revenir &#224; l'avant-propos d'&lt;i&gt;Orion&lt;/i&gt;, lui aussi aveugle, est d'accord avec Derrida dans la mesure o&#249; il pense &#233;galement la productivit&#233; de l'acte d'&#233;criture en m&#234;me temps que l'h&#233;t&#233;ronomie du sujet &#233;crivain ; d'autre part, en d&#233;finissant cette h&#233;t&#233;ronomie par des images comme celle d'un &#171; voyageur &#233;gar&#233; &#187; et d'un &#171; &#233;puisement &#187; final, il reste en de&#231;&#224; de Derrida. Car ces images ne captent pr&#233;cis&#233;ment pas ce refoulement et cet oubli qui se d&#233;chargent dans la productivit&#233; de l'acte d'&#233;criture. &#192; cela correspond la conception non dialectique d'un espace d'&#233;criture simultan&#233;, le regard de Claude Simon dirig&#233; en permanence sur le m&#233;dium de la peinture consid&#233;r&#233; comme ind&#233;passable mod&#232;le, ainsi que nous l'avons d&#233;j&#224; rencontr&#233; dans l'interview accord&#233;e au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; : la simultan&#233;it&#233; ne peut r&#233;server en elle-m&#234;me de surprises, comme le dit encore Derrida dans un autre contexte : &#171; Les surprises jaillissent du dialogue entre le non-simultan&#233; et le simultan&#233; ; c'est assez dire que la simultan&#233;it&#233; structurale &lt;i&gt;elle-m&#234;me&lt;/i&gt; rassure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, &#171; Force et signification &#187;, in J. D., op. cit., pp. 9-50, ici p. 41.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Quand Claude Simon ainsi, d'une fa&#231;on presque substantialiste, parle de mots qui explosent tels des feux d'artifice, d&#233;ployant dans toutes les directions possibles leurs fontaines d'&#233;tincelles, alors ces chemins ne m&#232;nent pas simplement de ces &#171; mots carrefours &#187; vers d'autres p&#233;riodes mont&#233;es dans la simultan&#233;it&#233;, mais ils d&#233;ploient, comme nous le verrons encore, un dialogue agressif de diff&#233;rents espaces de temps entre eux dont la rh&#233;torique de l'avant-propos d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; ne rend pas encore suffisamment compte.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Vu sous cet aspect, Claude Simon rend mieux justice &#224; sa pratique d'&#233;criture dans la contribution au Colloque de Cerisy-la-Salle de 1971 consacr&#233; au Nouveau Roman qu'il a intitul&#233;e &#171; La Fiction mot &#224; mot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl. Simon, &#171; La Fiction mot &#224; mot &#187;, op. cit., pp. 73-97, ici p. 82-83.&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il y pr&#233;sente son &#233;criture comme &#233;tant essentiellement m&#233;taphorique, &#224; ceci pr&#232;s qu'il ne prend plus le concept de m&#233;taphore dans le sens de la tradition rh&#233;torique, mais comme un proc&#233;d&#233; qui structure le texte dans son d&#233;ploiement horizontal. Il cite Michel Deguy qui parle de la nature toujours d&#233;j&#224; m&#233;taphorique de la langue elle-m&#234;me &#171; parce que le mot m&#233;taphore s'applique &#224; la structure de &lt;i&gt;renvoi&lt;/i&gt; de la langue, s'il est vrai que, &#8220;horizontalement&#8221;, comme en une sorte d'in&#233;puisable &lt;i&gt;potlatch&lt;/i&gt;, tout mot renvoie au reste de la langue &#187;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Ce faisant, Claude Simon renonce non seulement &#224; une stricte distinction entre m&#233;taphore et m&#233;tonymie, mais aussi entre m&#233;taphore et comparaison. Bien plus, la comparaison est &#233;lev&#233;e au rang de v&#233;ritable forme de renvoi m&#233;taphorique parce qu'elle porte en elle la marque de l'expulsion de l'homme hors d'une langue premi&#232;re paradisiaque : &#171; &#202;tre chass&#233; de l'&#201;den, non-lieu de la co&#239;ncidence &#8220;primitive&#8221;, c'est en &#234;tre s&#233;par&#233; par le &lt;i&gt;comme&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Lieu&lt;/i&gt; (espace) et &lt;i&gt;comme&lt;/i&gt; (comparaison) sont identiques. &#202;tre d&#233;chu, c'est &#234;tre victime d'une m&#233;taphore, &#234;tre frapp&#233; de connaissance symbolique. Il vit dans le symbole de ce qu'il est. Le symbole est &#8220;r&#233;el&#8221;, est la &#8220;r&#233;alit&#233;&#8221;. &#187;. Le p&#233;ch&#233; originel repr&#233;sente ici la chute imm&#233;moriale de la langue dans une figuration impossible &#224; d&#233;jouer, ce qui permet de nouveau &#224; Claude Simon, avec Deguy, d'&#233;lever la m&#233;taphore au rang de &#171; nom g&#233;n&#233;rique du trope &#187;, c'est-&#224;-dire d'identifier le passage du trope dans le figuratif &#224; l'expression linguistique tout court. Par la suite, Jean Ricardou a ramen&#233; la structure de renvoi horizontale de la m&#233;taphore au concept incisif de &#171; m&#233;taphore structurelle &#187; ou de &#171; m&#233;taphore transitaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Ricardou, &#171; La M&#233;taphore d'un bout &#224; l'autre &#187;, in J. R., Nouveaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il la trouve d&#233;j&#224; chez Proust quand la sc&#232;ne du souvenir est expos&#233;e &#224; l'agression d'une sc&#232;ne analogue rem&#233;mor&#233;e (cour de l'h&#244;tel de Guermantes/baptist&#232;re de San Marco), mais ce qui est mis en analogie chez Proust par l'identit&#233; des impressions olfactives, tactiles ou auditives, Claude Simon, lui, le transf&#232;re tout entier dans le domaine de la langue, prenant ainsi &#224; la lettre la formule de Deguy selon lequel nous sommes tous victimes de la m&#233;taphore. La m&#233;moire &#171; n'a affaire [&#8230;] qu'avec des signes &#187;, &#233;tait-il dit chez Hegel. Cela vaut aussi pour Claude Simon, &#224; la diff&#233;rence pr&#232;s que ces signes n'indiquent pas le chemin de la pens&#233;e de l'Esprit con&#231;ue en tant qu'&#202;tre, mais que, s'affectant eux-m&#234;mes en un processus ininterrompu, ils produisent sans cesse de nouvelles images de la mort. Je voudrais le montrer dans ce qui suit, du moins de fa&#231;on rudimentaire, &#224; partir de l'exemple du guet-apens. Ce faisant je reprends une critique adress&#233;e &#224; J. Ricardou par K. Stierle. &#192; partir de l'exemple des &lt;i&gt;Corps conducteurs&lt;/i&gt;, Stierle essaye de montrer que la pratique de Claude Simon du moins est caract&#233;ris&#233;e par une tension entre contingence r&#233;f&#233;rentielle et ce qu'il d&#233;signe du terme de &#171; continuit&#233; a-r&#233;f&#233;rentielle de l'analogie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;K. Stierle, &#171; &#8220;Histoire&#8221; und &#8220;Discours&#8221; in Claude Simons Roman Les Corps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais celle-ci constitue, pour ainsi dire sur le dos de la discontinuit&#233;, un &#171; continuum de signification &#187; comme substrat de &#171; continuit&#233;s d'exp&#233;rience &#187; non anticipables &#224; qui la cr&#233;ation d'une coh&#233;rence de sens serait refus&#233;e.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;En effet, il est impossible de classer le proc&#233;d&#233; analogique de Claude Simon dans des positivit&#233;s &#233;pist&#233;mologiques. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui pourrait ensuite donner l'occasion d'analyser l'analogie chez Claude Simon moins comme un continuum de signification que comme la figure centrale d'une rh&#233;torique d&#233;constructive qui voit dans l'&#233;criture de m&#233;moire du Moi l'histoire de sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;analogie&#034;&gt;IV. Rh&#233;torique de l'analogie&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La technique de montage de &lt;i&gt;La Route&lt;/i&gt; cherche &#224; produire un effet cach&#233; de sym&#233;trie. Sa s&#233;quence centrale, le v&#233;ritable &#171; puits art&#233;sien &#187;, est la destruction de tout un escadron de cavalerie qui, inconscient du danger, s'engage dans un chemin creux d'o&#249; il n'y aura pas de retour. Cette s&#233;quence est ins&#233;r&#233;e dans l'histoire, racont&#233;e par Igl&#233;sia, d'une course de chevaux ayant eu lieu avant guerre au cours de laquelle de Reixach lui-m&#234;me avait pris place sur la ligne de d&#233;part pour une raison ou pour une autre, probablement pour essayer d'impressionner Corinne par une victoire et &#233;vincer Igl&#233;sia. La diff&#233;rence di&#233;g&#233;tique est nivel&#233;e au profit d'une plasticit&#233; qui, devant l'&#339;il int&#233;rieur de Georges, conf&#232;re aux deux sc&#232;nes la m&#234;me acuit&#233;. La contigu&#239;t&#233; est assur&#233;e par le biais d'associations de ressemblances sur lesquelles reposent des oppositions : dans une s&#233;quence comme dans l'autre on trouve un groupe de chevaux qui ici s'avancent lentement vers la ligne de d&#233;part, l&#224; s'engagent dans un chemin creux, ici sont mont&#233;s par des jockeys &#224; la casaque color&#233;e, l&#224; par des soldats &#233;puis&#233;s v&#234;tus de gris, les chevaux sont &#224; moiti&#233; visibles, pour ainsi dire tronqu&#233;s par une haie sur le parcours de la course, si rapproch&#233;s les uns des autres dans le chemin creux que seules les t&#234;tes et les encolures restent visibles, etc. Mais ces associations fond&#233;es sur des ressemblances ne doivent pas &#234;tre vues du point de vue des facult&#233;s psychologiques comme des m&#233;canismes de m&#233;moire qui seraient de fa&#231;on quasi-mim&#233;tique traduits en langage, elles sont issues des possibilit&#233;s de la langue.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Cela d&#233;bute au niveau tr&#232;s &#233;l&#233;mentaire d'un double codage permanent. Des signifiants identiques mettent en analogie des r&#233;f&#233;rents diff&#233;rents : les chevaux de course d'un c&#244;t&#233;, ceux du chemin creux de l'autre. Ce double codage se fait jusque dans le d&#233;tail qui n'appara&#238;t au lecteur qu'apr&#232;s plusieurs lectures. Ainsi le reflux des derniers parieurs vers la tribune (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 142) est repris par le repli des soldats enferm&#233;s dans le chemin creux (146), de m&#234;me le virage du parcours (144) est repris par l'escadron qui tourne &#224; droite (146) ou bien le &#171; un, trois ou dix &#187; (144) des chevaux de course bigarr&#233;s est repris par le &#171; un puis deux puis trois &#187; de l'escadron (146). Inversement, dans la mesure o&#249; l'analogie est &#233;tablie, Claude Simon peut jouer avec diff&#233;rents signifiants. Ainsi le &#171; groupe &#187; (144) du parcours annonce le &#171; peloton &#187; (146) dans le chemin creux et finalement le groupe sur le parcours appara&#238;t &#224; son tour comme un &#171; peloton &#187; (158). Le double codage est ainsi activ&#233; rh&#233;toriquement en une analogie m&#233;taphorique qui ne d&#233;signe plus, il est vrai, la traditionnelle figure que d&#233;crit Aristote comme quatri&#232;me groupe de possible transfert de caract&#233;ristiques (genre/esp&#232;ce ; esp&#232;ce/genre ; esp&#232;ce/esp&#232;ce ; analogie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, Po&#233;tique 21, 1457b et Rh&#233;torique 4, 1407a.&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) mais, dans le sens de la &#171; m&#233;taphore transitaire &#187; de Ricardou, un t&#233;lescopage mutuel des deux sc&#232;nes au moyen de renvois cataphoriques ou anaphoriques. Le parcours est toujours d&#233;j&#224; le chemin creux, le chemin creux est toujours aussi le parcours. La relation m&#233;taphorique appara&#238;t par l&#224; comme une relation essentiellement horizontale, le r&#233;f&#233;rent qui est toujours d&#233;j&#224; ou encore impliqu&#233; d&#233;truit l'univocit&#233; r&#233;f&#233;rentielle et d&#233;construit par l&#224; l'opposition entre utilisation propre et utilisation impropre du langage.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence de Claude Simon &#224; Deguy que j'ai cit&#233;e plus haut est &#233;clairante &#224; plus d'un titre. D'une part elle permet de comprendre sa tendance &#224; modeler, pr&#233;cis&#233;ment au moyen d'une imagerie hypertrophi&#233;e, l'impossibilit&#233; de rattraper le r&#233;f&#233;rent, c'est-&#224;-dire la perception sensuelle en tant qu'&#171; origine &#187; de la trace mn&#233;sique. La description de l'indescriptible chaos dans le chemin creux o&#249; ceux qui se replient se heurtent &#224; ceux qui poussent encore vers l'avant commence par un &#171; il y avait comme &#187; apparemment sp&#233;cifiant, mais aussit&#244;t suivi par toute une s&#233;rie de comparaisons qui, dans leur accumulation, et surtout dans leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, trahissent autant l'&#233;chec de chaque image isol&#233;e que celui de la s&#233;rie dans son ensemble : comme un accord&#233;on, comme un piston invisible de machine, comme des chevaux de bois qui basculent, comme des figures d'un jeu d'&#233;chec qui tombent sur l'&#233;chiquier etc. Ensuite le &#171; comme &#187; &#233;tire le r&#233;f&#233;rent jusqu'&#224; ce que le fran&#231;ais d&#233;signe du terme parlant d'&#171; espacement de l'&#233;criture &#187;, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; cet espace d'&#233;criture constitu&#233; par des relations horizontales qui a &#233;t&#233; d&#233;chu du non-espace paradisiaque, de l'utopie d'une co&#239;ncidence verticale du signe et du r&#233;f&#233;rent. &#192; cette &#171; chute &#187; correspond &#224; son tour la dysphorie permanente des images de Claude Simon : images de destruction, de lutte et de mort. Tout cela fait que la comparaison devient d'un point de vue non seulement formel, mais aussi s&#233;mantique, paradigme des espaces textuels de Claude Simon. Si Ricardou parle par rapport &#224; Proust de l'agression de chaque espace de souvenir pr&#233;sent par l'espace autrement plus fascinant de l'espace rem&#233;mor&#233;, chez Claude Simon cette agression se fait exactement en sens inverse : en remontant d'un pr&#233;sent ou d'un pass&#233; proche d&#233;j&#224; v&#233;cu de fa&#231;on dysphorique vers une profondeur temporelle proportionnellement s&#233;mantis&#233;e de fa&#231;on n&#233;gative. L'insistance th&#233;orique qu'apporte Claude Simon &#224; la simultan&#233;isation ne doit pas emp&#234;cher de voir que chez lui, en pratique, la simultan&#233;it&#233; dialogue tout &#224; fait avec la non-simultan&#233;it&#233; et par l&#224;-m&#234;me r&#233;cup&#232;re cette tension qui &#233;chapperait &#224; la pure simultan&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Ainsi la dimension s&#233;mantique cach&#233;e de l'analogie entre course de chevaux et guet-apens, c'est pr&#233;cis&#233;ment le nivellement de l'opposition entre guerre et paix. D&#233;j&#224; pendant la course de chevaux, la violence r&#232;gne derri&#232;re le fastueux d&#233;cor. Par l'&#233;vocation de l'&#233;l&#233;gant public le terme de &#171; classe &#187; d&#233;clenche l'association avec &#171; race &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 143), &#171; race &#187; &#224; son tour s'ouvre sur la profondeur temporelle d'une ascendance qui par &#171; violence, ruse ou contrainte &#187; a accumul&#233; l'argent qui &#224; pr&#233;sent est mis&#233; dans les paris ; cette soci&#233;t&#233; hupp&#233;e se voit &#224; son tour menac&#233;e par une faune de personnages douteux qui cherchent &#224; acc&#233;der &#224; cet argent par la m&#234;me &#171; violence &#187; que ceux qui sont encore en haut de l'&#233;chelle sociale. Nous sommes plus proches du pr&#233;sent avec le groupe de cavaliers qui, semblable &#224; un &#171; cort&#232;ge hi&#233;ratique et m&#233;di&#233;val &#187; (145), se dirige vers la ligne de d&#233;part. Mais cette &#233;vocation du moyen-&#226;ge est elle aussi mise en perspective par rapport au combat, &#224; la violence et aux batailles au cours desquelles, en une apr&#232;s-midi, des royaumes et des princesses changeaient de propri&#233;taires. Ainsi l'utilisation constante de &#171; maintenant &#187; (144, 145, 156, 158) et du participe pr&#233;sent &#233;l&#232;ve d'une part tout ce qui est non-simultan&#233; au niveau du pr&#233;sent de la conscience qui se rem&#233;more ou qui &#233;crit. Mais ce pr&#233;sent s'ouvre d'autre part &#224; une profondeur temporelle qui, &#224; travers les r&#233;cits d'Igl&#233;sia en captivit&#233;, la destruction de l'escadron d&#232;s le d&#233;but de la guerre, la p&#233;riode d'avant-guerre et le moyen-&#226;ge remonte jusque &#224; un temps originel, archa&#239;que &#8211; histoire sans t&#233;l&#233;ologie donc, histoire sous le signe du d&#233;sir, de la lutte et de la mort, histoire qui en est rest&#233;e au stade le plus inf&#233;rieur de la dialectique h&#233;gelienne du ma&#238;tre et de l'esclave et qui ne cesse de r&#233;p&#233;ter ce stade. Du point de vue s&#233;mantique, le travail de Claude Simon &#171; dans le paradigme &#187; est cette constitution par le souvenir d'un espace de temps qui est domin&#233; par la violence et par la mort. Il s'&#233;tend au-del&#224; de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; sur l'ensemble de l'&#339;uvre qui int&#232;gre d'autres guerres, la Guerre civile espagnole, la Premi&#232;re Guerre mondiale, les guerres coloniales du XIXe si&#232;cle, les guerres r&#233;volutionnaires du XVIIIe si&#232;cle, et les imbrique par l'intertextualit&#233; avec la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Et au-del&#224; de cette intertextualit&#233; propre &#224; Claude Simon, il s'ouvre pour finir &#224; une intertextualit&#233; incroyablement riche que je ne peux ici d&#233;tailler davantage et qui remonte de Orwell &#224; C&#233;sar et Plutarque en passant par Stendhal et Balzac, il s'ouvre &#233;galement &#224; une interm&#233;dialit&#233;, en particulier d&#233;gag&#233;e par K. Hempfer &#8211; qui utilise des repr&#233;sentations de bataille chez Poussin, Brueghel l'Ancien et Piero della Francesca&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;K. Hempfer, Poststrukturale Texttheorie und narrative Praxis, M&#252;nchen, 1976, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La chute hors du Paradis est aussi chute dans le d&#233;sir sexuel. Il est question &#224; un endroit d'un d&#233;cha&#238;nement de &#171; violence au sein de la violence &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 117) lorsque les ragots de village s'amplifient autour de la fille de ferme. La formule de cette analogie entre guerre et sexualit&#233; op&#232;re &#233;galement selon le proc&#233;d&#233; que nous connaissons d&#233;j&#224;. La mise en sc&#232;ne la plus impressionnante de cette analogie se trouve dans la nuit d'amour entre Georges et Corinne o&#249; se t&#233;lescopent l'acte sexuel et la captivit&#233; de Georges suivie de son &#233;vasion, mais qui aussi de fa&#231;on cataphorique et anaphorique int&#232;gre d&#233;j&#224; secr&#232;tement la course de chevaux et le chemin creux. En fin de compte, tout a commenc&#233; avec les r&#233;cits qu'Igl&#233;sia a donn&#233;s de cette course. C'est dans son r&#233;cit que se trouve &#171; l'origine &#187; de la trace mn&#233;sique de Georges, ce qui inversement signifie que la restitution de ce r&#233;cit doit &#234;tre lue d&#233;j&#224; comme produit du travail de taupe. Nous ne savons pas si Corinne &#233;tait r&#233;ellement aussi lubrique qu'Igl&#233;sia la d&#233;crit parce que sur le r&#233;cit d'Igl&#233;sia vient toujours d&#233;j&#224; se superposer &#224; son tour le r&#233;cit qu'en fait Georges. Que Corinne ait impos&#233;e aux deux hommes, de Reixach et Igl&#233;sia, une casaque de jockey rose n'&#233;veille pas de soup&#231;ons, mais la comparaison avec un phallus est le fait de Georges (145), une image hypertrophi&#233;e qui en cela pr&#233;cis&#233;ment renvoie &#224; l'absence d'une perception premi&#232;re. La m&#234;me chose vaut pour le possible lien de connotation entre la jument en chaleur et Corinne : &#171; Alors avant m&#234;me de prendre le d&#233;part elle &#233;tait d&#233;j&#224; toute tremp&#233;e !&#8230; &#187; (145). Si l'on songe que la connotation sexuelle extr&#234;mement conventionnelle du verbe &#171; chevaucher &#187; est maintenue pour ainsi dire &#224; l'horizon de l'ensemble du texte, alors l'analogie entre la course de chevaux et le guet-apens constitue une th&#233;matisation particuli&#232;rement intensive de cette connotation.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;En effet, ce guet-apens est de part en part connot&#233; sexuellement : les chevaux qui s'engagent dans le chemin creux, la couleur rose du ciel (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 146) qui reprend le rose symbolique de la casaque du jockey, la description de &#171; la campagne comme molle encore &#224; moiti&#233; endormie aussi &#187; (146), de sa &#171; vaporeuse moiteur &#187; (146) qui renvoie &#224; la jument tremp&#233;e avant m&#234;me d'avoir pris le d&#233;part, enfin les brins d'herbe mouill&#233;s (146) qui renvoient chez Claude Simon presque toujours aux poils pubiens, puis &#224; nouveau l'escadron qui s'enfonce dans le chemin, la r&#233;sistance qu'il rencontre, les soldats qui poussent derri&#232;re comme un piston, le galop panique des chevaux qui s'enfuient, les cris des bless&#233;s &#233;ject&#233;s de leur monture, pour finir le silence d'une nature en apparence paisible que traverse Georges apr&#232;s le chaos.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Et puis &#224; nouveau la course de chevaux subtilement d&#233;cal&#233;e dans le temps, la foule enfi&#233;vr&#233;e qui attend le d&#233;part avec le long soupir d'&#171; un pr&#233;-orgasme, quelque chose comme au moment o&#249; l'homme p&#233;n&#232;tre la femme &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 158), la vitesse d&#233;sormais &#233;poustouflante des chevaux au galop, Corinne en pleurs, de col&#232;re ou de chagrin, parce que son mari n'est arriv&#233; qu'en deuxi&#232;me position, pour finir la pelouse parsem&#233;e de tickets rageusement d&#233;chir&#233;s, le soir de la noce entre l'homme et la terre au terme de laquelle la terre avait &#233;t&#233; laiss&#233;e salie par &#171; cette esp&#232;ce de pollution g&#233;ante et f&#339;tale de petits bouts de papiers rageusement d&#233;chir&#233;s &#187; (157) Ainsi la course de chevaux et le chemin creux font l'objet d'une analogie plac&#233;e sous le signe d'un fantasme de viol &#8211; une intensification m&#233;taphorique qui &#224; son tour anticipe la captivit&#233; de Georges o&#249; de m&#234;me une prairie vierge est expos&#233;e &#224; une pollution gigantesque par des soldats parqu&#233;s (244), ce qui d&#233;termine en retour l'analogie entre la terre outrag&#233;e et l'acte sexuel qui unit Georges &#224; Corinne et dont l'&#233;vocation est port&#233;e par les images d'une maculation violente. On voit que le &#171; travail sur le mythe &#187; que Claude Simon lui aussi op&#232;re est une forme de d&#233;construction dans la mesure o&#249; les nombreux mytholog&#232;mes qu'il int&#232;gre ne peuvent acc&#233;der &#224; un sens sup&#233;rieur. La terre chez Claude Simon, L. D&#228;llenbach l'a montr&#233; &#224; partir d'analogies identiques dans Les G&#233;orgiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. D&#228;llenbach, &#171; Les G&#233;orgiques ou la totalisation accomplie &#187;, in Critique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; n'est pas une Terra Mater, n'est pas une terre qui engendre et met au monde, elle n'est que nature viol&#233;e (guerre) ou d&#233;voreuse (sexualit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la nature ne puisse se faire histoire est une pr&#233;misse centrale du syst&#232;me d'analogies chez Claude Simon. &#192; l'agressivit&#233; de cette pr&#233;misse correspond l'agressivit&#233; des analogies elles-m&#234;mes, l'agressivit&#233; des t&#233;lescopages qui toujours soumettent la sc&#232;ne la plus inoffensive &#224; la sc&#232;ne violente. Cette agressivit&#233; n'a pas la m&#234;me intensit&#233; dans tous les romans de Claude Simon. Elle est moindre dans les romans de la phase moyenne (&lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;) que dans les textes de la phase pr&#233;c&#233;dente ou suivante au profil autobiographique plus marqu&#233;, qui sont construits comme des romans du souvenir (outre &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, surtout &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, puis &#224; nouveau &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;). Si dans la phase moyenne Claude Simon cherchait &#224; se rapprocher de l'avant-garde du &#171; nouveau Nouveau Roman &#187;, dans les textes ant&#233;rieurs et ult&#233;rieurs il y a un h&#233;ritage surr&#233;aliste qui le rattache &#224; Georges Bataille et surtout, comme l'a montr&#233; W. Nitsch&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W. Nitsch, Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu seinem (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; Michel Leiris. Claude Simon les connaissait tous les deux, il appr&#233;ciait particuli&#232;rement l'ami de Georges Bataille, Michel Leiris. Ce n'est pas un hasard si les &#171; mots carrefours &#187; de Claude Simon que j'ai cit&#233;s plus haut rappellent les &lt;i&gt;Biffures&lt;/i&gt; que Leiris d&#233;rive de &#171; bifurcation &#187;, de m&#234;me il est manifeste que l'effet de continuit&#233; cr&#233;&#233; par ces analogies renvoie &#224; la &#171; continuit&#233; &#187; de Bataille, le concept-cl&#233; de sa conception d'un fusion d&#233;passant toute discontinuit&#233; dans l'ivresse mortelle de l'&#233;rotisme. La violence n'est pas seulement pr&#233;sente chez Claude Simon en tant qu'elle est subie ou rem&#233;mor&#233;e. Elle imprime sa marque en tant que violence active sur l'acte m&#234;me d'&#233;criture, un aspect qui jusqu'&#224; maintenant a &#233;t&#233; bien trop peu pris en compte dans la litt&#233;rature consacr&#233;e &#224; Claude Simon. La langue de Claude Simon a des connotations de violence, &#224; commencer par les monstrueuses phrases &#233;ruptives qui n'en finissent pas et qui ne peuvent &#234;tre ma&#238;tris&#233;es que par des parenth&#232;ses toujours renouvel&#233;es, jusqu'&#224; l'utilisation sexuelle de signes d'&#233;criture archa&#239;ques (comme dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;) en passant par une onomatopo&#233;tique agressive, souvent associ&#233;e &#224; des n&#233;ologismes, eux aussi agressifs. Cette &#171; infestation &#187; sexuelle omnipr&#233;sente de l'&#233;criture de Claude Simon peut bien s&#251;r &#234;tre interpr&#233;t&#233;e d'un point de vue lacanien. Mais il faut bien avoir &#224; l'esprit qu'on projette alors dans &#171; le roman du non-savoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl. Simon, &#171; La Fiction mot &#224; mot &#187;, op. cit., p. 84.&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; de Claude Simon cette th&#233;orie du sexuel que Derrida, dans sa critique de Lacan, a appel&#233;e ironiquement &#171; phallogocentrisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, &#171; Le Facteur de la v&#233;rit&#233; &#187;, in Po&#233;tique 21 (1975), pp. 96-145, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Chez Claude Simon lui-m&#234;me la fille du paysan tire le rideau sur ce savoir. Nous n'avons plus rien que le &#171; paon tremblant &#187;, plus rien que le mouvement d'un tissu textuel &#8211; un espace de trans-criptions permanentes d'images traumatiques de la m&#233;moire. Le dernier roman publi&#233; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; contient de nouvelles transcriptions du guet-apens issu de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; publi&#233;e en 1960. La productivit&#233; de la transcription est sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;post-scriptum&#034;&gt;V. Post-scriptum&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais pour finir tirer quelques conclusions g&#233;n&#233;rales de mes r&#233;flexions sur Claude Simon. Ce qui m'importe d'abord, ce sont les types de croisements de l'&lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt; de la m&#233;moire et de l'imagination po&#233;tique. Je crois que ce lien ne peut pas &#234;tre syst&#233;matiquement explor&#233;, mais seulement d&#233;ploy&#233; historiquement. Il est essentiellement pr&#233;d&#233;termin&#233; par les pr&#233;misses &#233;pist&#233;mologiques avec leurs concepts respectifs de s&#233;miose. Si l'on part du principe qu'avec la mn&#233;motechnique &#171; des r&#233;actions &#233;l&#233;mentaires du souvenir imaginatif ont &#233;t&#233; pragmatis&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Lachmann, &#171; Mnemotechnik und Simulakrum &#187;, in R. L., Ged&#228;chtnis und (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, alors ce que fait appara&#238;tre Claude Simon serait le mouvement inverse d'une irruption d&#233;pragmatisante de l'imagination po&#233;tique dans l'art de la m&#233;moire. Il devrait &#224; pr&#233;sent appara&#238;tre clairement que Hegel est le sympt&#244;me d'une c&#233;sure entre deux &#233;poques. Quand il pol&#233;mique contre la &#171; mn&#233;monique des Anciens &#187;, il t&#233;moigne par l&#224; que cette mn&#233;monique fait encore partie du savoir culturel de son temps. Le Romantisme l'enterre &#171; dans le puits de l'int&#233;riorit&#233; &#187; et ce, de fa&#231;on si parfaite qu'on ne peut plus parler d'un &lt;i&gt;ars memorativa&lt;/i&gt; postromantique au sens strict du terme. On ne peut plus revenir sur la subjectivisation de la m&#233;moire, l'organisation de son activit&#233; imag&#233;e est fonction de l'histoire ult&#233;rieure de cette subjectivit&#233;. Je voulais montrer &#224; partir de Claude Simon quelles conditions historiques sont n&#233;cessaires pour que des &#171; architectures de m&#233;moire &#187; puissent redevenir actuelles. Mais je ne dirais pas qu'ici l'activit&#233; imag&#233;e de la m&#233;moire absorbe l'imagination po&#233;tique, mais plut&#244;t l'inverse : c'est l'imagination po&#233;tique qui a absorb&#233; l'activit&#233; imag&#233;e de la m&#233;moire. C'est ce que je voulais dire en parlant de l'&#171; apr&#232;s-coup &#187; de &#171; l'architecture sensorielle &#187; de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vue de la sorte, il me semble que l'affirmation selon laquelle &#171; la m&#233;moire du texte est l'intertextualit&#233; de ses renvois &#187; a besoin d'&#234;tre d&#233;ploy&#233;e historiquement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Lachmann, Ibid.&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans un autre contexte (&#224; partir de la r&#233;ception de Dante chez P&#233;trarque) j'ai essay&#233; de montrer comment, avec l'&#233;volution du concept de &lt;i&gt;memoria&lt;/i&gt;, des formes et des fonctions de l'intertextualit&#233; se modifient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Warning, &#171; Imitatio und Intertextualit&#228;t &#8211; Zur Geschichte lyrischer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si, comme je le pense, cela n'a de sens de parler d'intertextualit&#233; que si, dans le m&#234;me temps, on parle de la conception du sujet qui la sous-tend, il faudrait alors diff&#233;rencier en cons&#233;quence. La d&#233;finition de &#171; l'espace entre les textes &#187; comme du &#171; v&#233;ritable espace de m&#233;moire &#187; serait alors une d&#233;finition de l'intertextualit&#233; sp&#233;cifiquement postromantique puisqu'elle implique la substitution &#224; une rh&#233;torique essentialiste d'une rh&#233;torique d&#233;constructive. La richesse du complexe &#171; mn&#233;monique &#187; pour la question de la constitution de textes de fiction renvoie aussi &#224; une anthropologie historique tout en d&#233;pendant d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi j'en viens, pour finir, aux mod&#232;les, mis en perspective par la s&#233;miotique de la culture, de la disponibilit&#233; ou de l'indisponibilit&#233; du sens ou de l'alternance r&#233;gl&#233;e du stockage et de l'effacement. Sa valeur heuristique n'est pas contest&#233;e. Mais dans quelle mesure sa force herm&#233;neutique peut &#234;tre limit&#233;e dans l'objectivation historique, c'est ce que prouve tr&#232;s joliment un essai bref, mais, comme toujours, passionnant d'Umberto Eco&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;U. Eco, &#171; An Ars Oblivionalis ? Forget it ! &#187;,in PLMA 103 (1988), pp.324-261.&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui, &#224; partir de mn&#233;motechniques de la Renaissance, cherche &#224; montrer que derri&#232;re une hypertrophie manifeste du sens peut se cacher une &#233;vacuation lente, c'est-&#224;-dire l'oubli. En effet, selon Eco, l'oubli n'est pas simplement une atrophie de la m&#233;moire, mais aussi une confusion de la m&#233;moire telle qu'elle peut &#234;tre suscit&#233;e par la surproduction d'images du souvenir. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette hypoth&#232;se qui caract&#233;rise les mn&#233;motechniques exub&#233;rantes de la Renaissance, par exemple chez Camillo Delmimio ou Cosmas Rossellius. Comme toutes les mn&#233;motechniques, celles-ci sont certes aussi sous-tendues par une relation s&#233;miotique entre image topiquement situ&#233;e et &lt;i&gt;res memorandae&lt;/i&gt;, mais le type de relation atteint ici des degr&#233;s de non-syst&#233;maticit&#233; (ressemblance, m&#233;tonymie, homonymie, contraste ironique, proximit&#233; phon&#233;tique, etc.) tels que l'ensemble devient un jeu herm&#233;tique o&#249; tout peut renvoyer &#224; tout et o&#249; l'ordre hautement arbitraire des images d&#233;construit secr&#232;tement l'ordre du cosmos.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le concept de s&#233;miose excessive d&#233;gag&#233; par Eco est certainement une caract&#233;risation pertinente de ces mn&#233;motechniques, mais tant que leurs relations de similitude &#8211; aussi crypt&#233;es soient-elles &#8211; peuvent &#234;tre r&#233;f&#233;r&#233;es au principe sup&#233;rieur d'&lt;i&gt;analogia entis&lt;/i&gt;, leur s&#233;miose, comme le montre plus en d&#233;tail l'analyse de F. A. Yates&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. A. Yates, The Art of Memory, London, 1966.&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est herm&#233;neutiquement herm&#233;tique, pas d&#233;constructive. Elle ne peut devenir d&#233;constructive que si ces images ne sont plus situ&#233;es substantiellement dans une &lt;i&gt;analogia entis&lt;/i&gt; pr&#233;donn&#233;e, mais d'abord produites par l'imagination po&#233;tique. Ainsi ce n'est pas un hasard si chez Claude Simon le jeu diff&#233;rentiel d'analogies infinies se produit sur fond de d&#233;sir d'oubli et de mort, presque sous forme de leitmotiv dans un roman comme &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, mais aussi dans la &lt;i&gt;Route&lt;/i&gt;. Au cours de la nuit d'amour, les t&#233;tons &#233;rig&#233;s de Corinne, &#171; d'ou jailli[t] invisible le lait de l'oubli &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 247) se plantent dans la paume des mains de Georges comme les clous dans les mains du Crucifi&#233;. C'est la &#171; continuit&#233; &#187; de Bataille, la &#171; souverainet&#233; &#187; de la perte de soi dans l'extase mortelle de l'acte sexuel, l'&#233;criture sur un fond indisponible, l'hypertrophie sous le signe de l'&#233;vacuation du sens.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est donc peu probable qu'un des mod&#232;les cit&#233;s puisse jamais fonctionner &#224; lui tout seul, surtout pas, me semble-t-il, celui d'une alternance de stockage et d'effacement. Le mythe de l'origine de la mn&#233;motechnique dans la catastrophe me semble incomparablement plus productif pr&#233;cis&#233;ment dans une perspective de s&#233;miotique de la culture. Si l'histoire de l'oubli est toujours aussi une histoire des catastrophes, alors l'histoire du souvenir serait toujours aussi une histoire du d&#233;passement des catastrophes, d'une affirmation de la culture jusqu'au point o&#249; une telle affirmation ne peut plus fournir de raisons. Claude Simon pr&#233;sente dans son dernier roman que j'ai d&#233;j&#224; cit&#233;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, l'histoire de sa famille sous forme d'une s&#233;rie de catastrophes dont la meilleure alternative serait qu'il vaudrait mieux les oublier, qui cependant ne peuvent pas &#234;tre oubli&#233;es. Mais cela veut dire que le souvenir, en revenant &#224; chacune des derni&#232;res catastrophes, ne trouve rien qui soit digne d'&#234;tre rem&#233;mor&#233;. Si &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, aux dires de Claude Simon, raconte la mort de Georges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une interview avec H. Juin in Les Lettres Fran&#231;aises, octobre 1960.&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors cette mort est pr&#233;c&#233;d&#233;e par la mort du p&#232;re au cours de la Premi&#232;re Guerre mondiale, laquelle &#224; son tour est pr&#233;c&#233;d&#233;e dans un pass&#233; imm&#233;morial par d'autres morts absurdes. Ce serait l&#224; une hypoth&#232;se pour une po&#233;tique de la m&#233;moire de la postmodernit&#233; : une &#233;criture sans r&#233;f&#233;rence, dans laquelle, &#171; apr&#232;s-coup &#187;, la mort s'inscrirait, un &#171; j'inventais brodais &#187; (&lt;i&gt;RF&lt;/i&gt;, 279) qui produit un paon. D'un point de vue iconographique le paon a plusieurs significations. Dans l'Antiquit&#233; et dans les religions extraeurop&#233;ennes il est d&#233;di&#233; aux divinit&#233;s de l'amour. Au moyen-&#226;ge, il symbolise la R&#233;surrection. W. Preisendanz a attir&#233; mon attention sur le fait que, dans la mythologie indienne, il est aussi l'attribut du dieu de la guerre Skanda&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir E. T. Reimbold, Der Pfau &#8211; Mythologie und Symbolik, M&#252;nchen, 1983, p.78 sq.&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si Claude Simon connaissait ce d&#233;tail &#8211; et chez lui on ne saurait jamais exclure une telle connaissance &#8211; alors le motif du paon rec&#232;lerait une pointe cach&#233;e, il serait image de l'analogie cr&#233;&#233;e par le texte en un geste d&#233;constructif : l'analogie de l'amour et de la guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En allemand le champ s&#233;mantique du souvenir, &lt;i&gt;Erinnerung&lt;/i&gt;, est construit &#224; partie de &lt;i&gt;inner&lt;/i&gt; d&#233;riv&#233; de &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; (&#171; dans, &#224; l'int&#233;rieur &#187;) ; inversement, pour d&#233;signer la m&#233;moire m&#233;canique de ce qui s'apprend par c&#339;ur, l'allemand a l'expression &lt;i&gt;auswendig&lt;/i&gt; qui au sens propre signifie : &#171; tourn&#233; vers l'ext&#233;rieur &#187; (N. d. T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr. G. J&#252;nger, &lt;i&gt;Ged&#228;chtnis und Erinnerung&lt;/i&gt;, Frankfurt a.M., 1957, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. W. F. Hegel, &lt;i&gt;Encyclop&#233;die des Sciences philosophiques. III. Philosophie de l'Esprit&lt;/i&gt;, Vrin, 1988, texte int&#233;gral pr&#233;sent&#233;, traduit et annot&#233; par B. Bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr. G. J&#252;nger, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. W. F. Hegel, &lt;i&gt;Cours d'Esth&#233;tique&lt;/i&gt;, vol. I, Aubier, 1995, trad. J.-P. Lefebvre et V. von Schenk, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. de Man, &#171; Sign and Symbol in Hegel's Aesthetics &#187;, in &lt;i&gt;Critical Inquiry&lt;/i&gt; 4 (1982), pp. 761-775.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H. Schmitz, &#171; Hegels Begriff der Erinnerung &#187;, in &lt;i&gt;Archiv f&#252;r Begriffsgeschichte&lt;/i&gt; 8 (1963), pp.37-44, ici :p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Henrich, &#171; Kunst und Kunstphilosophie der Gegenwart (&#220;berlegungen mit R&#252;cksicht auf Hegel) &#187;, in &lt;i&gt;Immanente Asthetik - &#196;sthetische Reflexion&lt;/i&gt;, &#233;d. W. Iser, M&#252;nchen, 1966 (Poetik und Hermeneutik II), pp.11-32, ici : p.20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article pionnier de H. Weinrich, &#171; Typen der Ged&#228;chtnismetaphorik &#187;, in &lt;i&gt;Archiv f&#252;r Begriffsgeschichte&lt;/i&gt; 8, (1963), pp. 23-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Proust, &lt;i&gt;&#192; la recherche du temps perdu&lt;/i&gt;, &#233;d. P. Clarac et A. Ferr&#233; en 3 vol., Gallimard, &#171; Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, 1954, vol. III, p. 908.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl. Simon, &#171; La Fiction mot &#224; mot &#187;, in &lt;i&gt;Nouveau Roman : hier, aujourd'hui&lt;/i&gt;, UGE, &#171; 10/18 &#187;, 1972, vol. 2, pp. 73-97, ici p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interview avec C. Sarraute, cit&#233;e par Lucien D&#228;llenbach, in &#171; Le tissu de m&#233;moire &#187;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 300-301.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Poulet, &lt;i&gt;L'Espace proustien&lt;/i&gt;, Gallimard, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Robbe-Grillet, &#171; Sur le choix des g&#233;n&#233;rateurs &#187;, in &lt;i&gt;Nouveau Roman : hier, aujourd'hui, op. cit&lt;/i&gt;., vol. 2, p.160 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Proust, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, vol. I, p. 858 et vol. III, p. 149.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W. Benjamin, &#171; L'image proustienne &#187;, in W. B., &lt;i&gt;&#338;uvres II&lt;/i&gt;, Gallimard, 2000, pp. 135-155, ici p. 136, trad. M. de Gandillac revue par R. Rochlitz.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre du 29 f&#233;vrier 1940, in Th. W. Adorno/W. Benjamin, &lt;i&gt;Correspondance. 1928-1940&lt;/i&gt;, La Fabrique, 2002, p. 405, trad. Ph. Ivernel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. Simon, &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Skira, 1970.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant-propos non pagin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Freud, &lt;i&gt;L'Interpr&#233;tation du r&#234;ve&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes IV. 1899-1900&lt;/i&gt; (&#233;d. J. Laplanche), P.U.F., 2004, p. 267, trad. J. Altouninan, P. Cotet et alii.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W. Benjamin, &#171; Sur quelques motifs baudelairiens &#187;, in W. B., &lt;i&gt;&#338;uvres III&lt;/i&gt;, Gallimard, 2000, pp. 320-390, trad. M. de Gandillac revue par R. Rochlitz, ici p. 337.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &#171; Freud et la sc&#232;ne de l'&#233;criture &#187;, in J. D., &lt;i&gt;L'&#201;criture et la diff&#233;rence&lt;/i&gt;, Seuil, 1967, pp. 293-340, ici p. 317.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H. Blumenberg, &lt;i&gt;H&#246;hlenausg&#228;nge&lt;/i&gt;, Frankfurt a.M. 1989, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &#171; Force et signification &#187;, in J. D., &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 9-50, ici p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl. Simon, &#171; La Fiction mot &#224; mot &#187;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 73-97, ici p. 82-83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Ricardou, &#171; La M&#233;taphore d'un bout &#224; l'autre &#187;, in J. R., &lt;i&gt;Nouveaux probl&#232;mes du roman&lt;/i&gt;, Seuil, 1978, pp. 89-139, ici p.93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;K. Stierle, &#171; &#8220;Histoire&#8221; und &#8220;Discours&#8221; in Claude Simons Roman &lt;i&gt;Les Corps constructeurs&lt;/i&gt; &#187;, in &lt;i&gt;Nouveau Roman&lt;/i&gt;, &#233;d. W. Wehle, Darmstadt, 1980, pp.168-199, ici en particulier p.175.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt; 21, 1457b et &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt; 4, 1407a.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;K. Hempfer, &lt;i&gt;Poststrukturale Texttheorie und narrative Praxis&lt;/i&gt;, M&#252;nchen, 1976, en particulier pp. 151 sqq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L. D&#228;llenbach, &#171; Les G&#233;orgiques ou la totalisation accomplie &#187;, in &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt; 37 (1981), pp. 1226-1242.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W. Nitsch, &lt;i&gt;Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu seinem Romanwerk&lt;/i&gt;, Gunter Narr Verlag, T&#252;bingen, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl. Simon, &#171; La Fiction mot &#224; mot &#187;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &#171; Le Facteur de la v&#233;rit&#233; &#187;, in &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt; 21 (1975), pp. 96-145, ici, p. 133.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Lachmann, &#171; Mnemotechnik und Simulakrum &#187;, in R. L., &lt;i&gt;Ged&#228;chtnis und Literatur&lt;/i&gt;, Frankfurt a.M., 1990, pp. 13-50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Lachmann, &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Warning, &#171; Imitatio und Intertextualit&#228;t &#8211; Zur Geschichte lyrischer Dekonstruktion der Amortheologie &#187;, in &lt;i&gt;Interpretation &#8211; Festschrift f&#252;r Alfred Noyer-Weidner&lt;/i&gt;, &#233;d. K.W. Hempfer/ G.Regn, Wiesbaden, 1983, pp. 288-317.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;U. Eco, &#171; An Ars Oblivionalis ? Forget it ! &#187;,in &lt;i&gt;PLMA&lt;/i&gt; 103 (1988), pp.324-261.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. A. Yates, &lt;i&gt;The Art of Memory&lt;/i&gt;, London, 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans une interview avec H. Juin in &lt;i&gt;Les Lettres Fran&#231;aises&lt;/i&gt;, octobre 1960.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir E. T. Reimbold, &lt;i&gt;Der Pfau &#8211; Mythologie und Symbolik&lt;/i&gt;, M&#252;nchen, 1983, p.78 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>les ruines sont des manifestations de la vie</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/les-ruines-sont-des-manifestations-de-la-vie.html</link>
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		<dc:date>2012-02-28T20:39:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Yapaudjian-Labat</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Album d'un amateur</dc:subject>
		<dc:subject>Ruines</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est aussi en partie autour de photos de ruines que s'est constitu&#233; cet album. Je ne crois pas que l'on doive voir l&#224; l'effet chez moi d'une quelconque morbidit&#233;. Apr&#232;s tout, les ruines sont des manifestations de la vie dans ce qu'elle a de plus robuste, et tout pass&#233; est une addition de ruines auxquelles le temps, les mutilations, conf&#232;rent une majest&#233; durable que l'&#233;difice ainsi ennobli n'avait pas &#224; l'&#233;tat neuf. Nous sommes tous constitu&#233;s de ruines : celles des civilisations pass&#233;es, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Album-d-un-amateur-+.html" rel="tag"&gt;Album d'un amateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Ruines-+.html" rel="tag"&gt;Ruines&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi en partie autour de photos de ruines que s'est constitu&#233; cet album. Je ne crois pas que l'on doive voir l&#224; l'effet chez moi d'une quelconque morbidit&#233;. Apr&#232;s tout, les ruines sont des manifestations de la vie dans ce qu'elle a de plus robuste, et tout pass&#233; est une addition de ruines auxquelles le temps, les mutilations, conf&#232;rent une majest&#233; durable que l'&#233;difice ainsi ennobli n'avait pas &#224; l'&#233;tat neuf. Nous sommes tous constitu&#233;s de ruines : celles des civilisations pass&#233;es, celles des &#233;v&#233;nements de notre vie dont il ne subsiste dans notre m&#233;moire que des fragments.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon. &lt;i&gt;Album d'un amateur &lt;/i&gt; (Rommerskirchen, 1988, p. 18)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Viart, Dominique. Une m&#233;moire inqui&#232;te. La Route des Flandres de Claude Simon (r&#233;&#233;d. 2010)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Viart-Dominique-Une-memoire-inquiete-La-Route-des-Flandres-de-Claude-Simon-reed.html</link>
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		<dc:date>2012-02-28T19:59:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Yapaudjian-Labat</dc:creator>


		<dc:subject>La Route des Flandres</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Viart, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dominique Viart. Une m&#233;moire inqui&#232;te. La route des Flandres de Claude Simon. Lille : Presses Universitaires du septentrion, coll. &#171; Claude Simon &#187;, 2010. 266 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
Exigeante avec elle-m&#234;me et sans complaisance envers les modes litt&#233;raires, l'oeuvre de Claude Simon, prix Nobel de Litt&#233;rature en 1985, s'inscrit fortement dans son si&#232;cle. Le&#231;on de t&#233;n&#232;bres d'un monde en deuil de ses id&#233;ologies, le&#231;on de d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des repr&#233;sentations qui nous habitent et informent le monde &#224; notre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-livres-.html" rel="directory"&gt;Livres &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-La-Route-des-Flandres-+.html" rel="tag"&gt;La Route des Flandres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Viart-Dominique-+.html" rel="tag"&gt;Viart, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_77 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L266xH400/38545-ba8c1.jpg?1787691481' width='266' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dominique Viart. &lt;i&gt;Une m&#233;moire inqui&#232;te. &lt;/i&gt; La route des Flandres &lt;i&gt;de Claude Simon&lt;/i&gt;. Lille : Presses Universitaires du septentrion, coll. &#171; Claude Simon &#187;, 2010. 266 p.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exigeante avec elle-m&#234;me et sans complaisance envers les modes litt&#233;raires, l'oeuvre de Claude Simon, prix Nobel de Litt&#233;rature en 1985, s'inscrit fortement dans son si&#232;cle. Le&#231;on de t&#233;n&#232;bres d'un monde en deuil de ses id&#233;ologies, le&#231;on de d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des repr&#233;sentations qui nous habitent et informent le monde &#224; notre insu, elle est, par excellence, une oeuvre du soup&#231;on. Son souci des choses et des hommes ne se con&#231;oit pas sans cette attentive disponibilit&#233; &#224; ce qui se joue dans une &#233;criture qui fouille ou r&#233;invente, dans le d&#233;dale pr&#233;sent des mots, les images d'un pass&#233; toujours incertain. Sa lucidit&#233; envers les discours et les comportements sociaux contribue puissamment &#224; la crise de l'Humanisme aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restituant autour de&lt;i&gt; La Route des Flandres &lt;/i&gt; le dialogue avec l'oeuvre qui anticipe et r&#233;&#233;crit ce roman central, le pr&#233;sent ouvrage met ainsi en &#233;vidence une incertitude du sujet et une vision du monde profond&#233;ment critiques. Au coeur des vicissitudes du si&#232;cle pass&#233;, aux prises avec l'Histoire et le r&#233;cit de soi, l'oeuvre de Claude Simon appara&#238;t d&#232;s lors comme celle d'une m&#233;moire inqui&#232;te qui engage notre temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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