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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
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	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
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		<title>Pierre Bergounioux. &#171; Bon dieu ! &#187; (2006)</title>
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		<dc:date>2016-03-12T22:33:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Bergounioux, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bon dieu ! par Pierre Bergounioux &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; cinq si&#232;cles que la litt&#233;rature &#233;pouse, en France, l'aventure collective. Des raisons qui lui sont, de prime abord, &#233;trang&#232;res ont facilit&#233; son &#233;veil. C'est des luttes internes &#224; la chevalerie combattante que sort l'exercice approfondi, assidu de la pens&#233;e. Simple extension, au d&#233;but, de la maison victorieuse, celle des Valois puis des Bourbons, l'&#201;tat centralis&#233; a confisqu&#233; l'usage l&#233;gitime de la coercition physique. La noblesse guerri&#232;re, devenue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Bergounioux-Pierre-+.html" rel="tag"&gt;Bergounioux, Pierre&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bon dieu !&lt;br/&gt;
par Pierre Bergounioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L380xH348/bergounioux_2-1f523.jpg?1787689432' width='380' height='348' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; cinq si&#232;cles que la litt&#233;rature &#233;pouse, en France, l'aventure collective. Des raisons qui lui sont, de prime abord, &#233;trang&#232;res ont facilit&#233; son &#233;veil. C'est des luttes internes &#224; la chevalerie combattante que sort l'exercice approfondi, assidu de la pens&#233;e. Simple extension, au d&#233;but, de la maison victorieuse, celle des Valois puis des Bourbons, l'&#201;tat centralis&#233; a confisqu&#233; l'usage l&#233;gitime de la coercition physique. La noblesse guerri&#232;re, devenue courtisane, se trouve emp&#234;ch&#233;e de recourir &#224; l'&#233;p&#233;e pour r&#233;aliser ses ambitions. Lorsqu'on ne peut plus agir, on pense. Un principe de thermodynamique interne fait de la r&#233;flexion un acte emp&#234;ch&#233;, une parole raval&#233;e. Une poign&#233;e de privil&#233;gi&#233;s, hobereau p&#233;rigourdin, cavalier tourangeau, bourgeois de Clermont-Ferrand, entreprend de consid&#233;rer toutes les choses accessibles &#224; son esprit, inaugurant la tradition m&#233;ditative &#233;tincelante &#224; laquelle, g&#233;n&#233;ration apr&#232;s g&#233;n&#233;ration, on n'a plus cess&#233;, dans ce pays, de sacrifier. L'essayiste allemand Curtius notait que &#171; les id&#233;es ma&#238;tresses de la civilisation anglaise ne se trouvent ni dans Shakespeare ni dans Keats &#187;, que &#171; la r&#233;forme luth&#233;rienne a favoris&#233;, en Allemagne, le d&#233;veloppement des recherches historiques et philosophiques alors que, en France, la litt&#233;rature a assum&#233; les fonctions d&#233;volues, ailleurs, &#224; la science et &#224; la po&#233;sie, &#224; la musique et &#224; la philosophie &#187;. C'est le seul pays, conclut-il, o&#249; il existe une &#171; religion des lettres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la litt&#233;rature est ce domaine o&#249; le pays prend conscience de lui-m&#234;me, on est en droit de supposer qu'une &#339;uvre a enregistr&#233; l'&#233;pisode tragique qui d&#233;buta le 3 ao&#251;t 1914 et dont les s&#233;quelles ont ent&#233;n&#233;br&#233; le si&#232;cle qu'on vient de quitter. Cette &#339;uvre existe. C'est celle de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toute religion, celle des lettres s'appuie sur une hi&#233;rocratie, celle des &#233;crivains, dont on constate, apr&#232;s coup, qu'ils avaient vocation &#224; se faire les interpr&#232;tes de leur temps parce qu'ils en avaient l'exp&#233;rience id&#233;al-typique. La litt&#233;rature ne na&#238;t pas d'elle-m&#234;me. C'est au monde qu'elle emprunte sa substance. Ses inventions formelles, si elles ne r&#233;pondent pas aux nouvelles exigences de la vie, de la r&#233;alit&#233;, se ram&#232;nent &#224; des jeux byzantins. Il fallait appartenir &#224; la noblesse de robe, et provinciale, du XVIIIe si&#232;cle pour soumettre &#224; un examen d&#233;passionn&#233; les divers r&#233;gimes politiques. C'est le flegmatique baron de Montesquieu qui s'en charge. Mais la critique acerbe de la monarchie absolue n'est plus de son ressort. Un bourgeois de Paris agit&#233;, irr&#233;v&#233;rencieux, Voltaire, va s'en charger. Le terrain d&#233;blay&#233;, la question se pose de savoir quelle demeure nouvelle &#233;difier, demain, sur les d&#233;combres de la f&#233;odalit&#233;. La bourgeoisie, qui excelle dans la d&#233;molition, n'a pas &#224; proprement parler de plan. C'est qu'elle peut trouver son compte dans l'annexe dor&#233;e que la noblesse veut bien lui conc&#233;der, avec les titres d'historiographe du roi, de chambellan, le fauteuil &#224; l'Acad&#233;mie, les honneurs, les milliers de livres de rente dont Voltaire, outre les coups de b&#226;ton et le cachot de la Bastille, fut aussi gratifi&#233;. C'est alors qu'un pl&#233;b&#233;ien tourment&#233;, tr&#232;s sensible, d'origine genevoise, se met &#224; parler de vertu, d'&#233;galit&#233; dans des publications auxquelles la g&#233;n&#233;ration suivante donnera force de loi, valeur de r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de si&#232;cle plus terrible, peut-&#234;tre, dans toute notre histoire, que celui qui vient de s'achever. D'autres furent &#233;pouvantables, le XVe, par exemple, qui apporte &#224; ce pays la peste, la famine, la guerre anglaise. La Beauce est redevenue for&#234;t. Les loups entrent dans Paris par la Seine gel&#233;e. La moiti&#233; de la population dispara&#238;t. Mais un m&#234;me ciel religieux couvre toujours la terre d&#233;sol&#233;e. Quelques docteurs commentent Aristote, comme si de rien n'&#233;tait. &#192; l'immaturit&#233; des moyens de production &#8211; et de destruction &#8211; r&#233;pond la durable faiblesse de la pens&#233;e. Elle lui interdit de se saisir d'elle-m&#234;me, de se demander, tremblante, effar&#233;e, si elle se tient &#224; la hauteur de son objet, s'il y a une r&#233;ponse &#224; la question qu'elle vient de se poser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il appartenait au XXe si&#232;cle de briser les limites, de passer outre &#224; tous les interdits &#8211; le &#171; si&#232;cle des extr&#234;mes &#187;, selon la formule d'Eric Hobsbawm. Il s'annonce sous des auspices ensoleill&#233;s, charmants, tr&#232;s trompeurs, qui ajoutent &#224; l'horreur en quoi il va se muer. Tout semble sourire &#224; ses a&#238;n&#233;s, aux enfants qui voient le jour &#224; la fin de la Belle &#201;poque, comme on dit. Claude Simon est de 1913. La France est encore au fa&#238;te de la puissance. Du moins croit-elle tenir, sur la sc&#232;ne du monde, le r&#244;le de premier plan qu'elle joue depuis la Renaissance. Forte d'un &#201;tat centralis&#233;, de son poids d&#233;mographique, aussi, elle a disput&#233; la pr&#233;&#233;minence europ&#233;enne &#8211; mondiale &#8211; &#224; ses redoutables voisins. La l&#233;gitimit&#233; de la R&#233;publique est assise, l'&#201;glise s&#233;par&#233;e de l'&#201;tat, la section fran&#231;aise de l'Internationale ouvri&#232;re, domin&#233;e par des petits-bourgeois, r&#233;ticente &#8211; l'union sacr&#233;e le montrera &#8211; &#224; tirer toutes les cons&#233;quence politiques, r&#233;volutionnaires, de la contradiction qui travaille le capitalisme. C'est l'affaire d'une poign&#233;e d'intellectuels apatrides, russes, qui semblent r&#234;ver tout haut, en Suisse, o&#249; ils sont exil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais, sans doute, le pays n'a montr&#233; visage plus harmonieux qu'alors. C'est l'apog&#233;e de l'&#171; &#226;ge des terroirs &#187;, la douceur m&#251;rie d'une nation essentiellement paysanne, massivement catholique, encore, donc r&#233;fractaire aux axiomes luth&#233;riens du &lt;i&gt;business&lt;/i&gt;, au &#171; calcul rationnel des chances pacifiques de gain p&#233;cuniaire &#187;. Un certain go&#251;t, contemporain de la soci&#233;t&#233; de cour, de la production &#224; petite &#233;chelle d'objets luxueux, d'&#339;uvres d'art, surtout, se maintient, rayonne d'un &#233;clat accru. Des peintres, des sculpteurs, des artistes venus de toute l'Europe inventent le fauvisme, le cubisme, lib&#232;rent, sous l'influence de l'Art n&#232;gre, c'est-&#224;-dire du colonialisme, la recherche plastique des canons acad&#233;miques. Alors que le pays s'apparente &#224; une immense province campagnarde, &#224; peine enlaidie, par endroits, de chevalements de mine et de fum&#233;es d'usines, Paris, blanche, a&#233;r&#233;e, pavois&#233;e, d&#233;licieusement habitable, brille d'un renom universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des livres &#233;crits avant l'orage t&#233;moignent de ces &#233;t&#233;s comme il n'y en aura jamais plus. Ce sont les pages de la jeune &#171; Madame Willy &#187; &#8211; Colette &#8211;, la fugue merveilleuse du grand Meaulnes, parti, un soir d'hiver, pour la gare du village, qu'il n'atteindra jamais. Il se perd, en chemin, mais sa course vagabonde le conduit au domaine myst&#233;rieux o&#249; le pass&#233; semble &#233;tabli &#224; demeure, pour toujours. Les signes se multiplient. Une all&#233;e de sable a &#233;t&#233; balay&#233;e &#224; grands ronds r&#233;guliers, comme pour l'Assomption. Des enfants d&#233;guis&#233;s passent pr&#232;s du h&#233;ros, cach&#233; dans les sapins, en prof&#233;rant d'&#233;nigmatiques paroles. Une lueur verte, qu'il a d&#233;j&#224; vue en r&#234;ve, le guide. Et lorsque, au matin du solstice, il sort du sommeil, c'est un jour de printemps qui se l&#232;ve autour de lui. Tel est, &#224; peu pr&#232;s, le monde que d&#233;couvrirent les innocents d'il y a cent ans. &#171; Il n'y avait plus, &#233;crit Alain-Fournier, que du bonheur &#224; esp&#233;rer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude qui r&#244;de, invariablement, dans le d&#233;cor, se ram&#232;ne &#224; des d&#233;tails. Ce sont ces &#233;migr&#233;s russes qui songent, dans leurs garnis enfum&#233;s, &#224; prendre d'assaut le Palais d'hiver de Saint-P&#233;tersbourg. &#199;'a &#233;t&#233;, en 1905, la d&#233;monstration d'Agadir, un geste extravagant &#8211; un de plus &#8211; de Guillaume II, qui envoie une canonni&#232;re en vue du Maroc. La France n'en a cure et place le pays sous son protectorat. C'est encore &#8211; mais qui en mesure les cons&#233;quences &#233;ventuelles ? &#8211; le r&#233;seau serr&#233; d'alliances diplomatiques o&#249; sont prises les grandes puissances littorales et les petites nations remuantes de l'Europe centrale, dont la Serbie. Ce sont enfin &#8211; mais qui le sait ? &#8211; les fissures profondes qui l&#233;zardent les fondations intellectuelles, vieilles de vingtcinq si&#232;cles, qui ont soutenu l'essor prom&#233;th&#233;en du demi-mill&#233;naire &#233;coul&#233;. Un hurluberlu confin&#233; dans un emploi subalterne du Bureau des brevets, &#224; Berne, r&#233;examine l'exp&#233;rience de Morley, qui date d&#233;j&#224; de vingt ans. Elle visait &#224; mesurer les diff&#233;rences de vitesse dans la propagation de la lumi&#232;re et n'en a pas constat&#233;. Comme elle est techniquement irr&#233;prochable et manifestement n&#233;gative, il semble bien qu'il faille prendre ladite vitesse pour invariant et poser comme relatifs le temps et l'espace absolus d'Aristote. Ce n'est pas tout. &#201;lev&#233;e au carr&#233;, elle fixe la relation entre une quantit&#233; donn&#233;e de mati&#232;re, fissile, de pr&#233;f&#233;rence, si l'on souhaite v&#233;rifier exp&#233;rimentalement, et celle de l'&#233;nergie en quoi elle peut &#234;tre convertie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les cat&#233;gories a priori de l'exp&#233;rience, donc de la science et, par suite, de la conscience, soient d&#233;chues de leur antique intangibilit&#233;, cela n'affecte gu&#232;re, dans l'imm&#233;diat, ni les th&#233;or&#232;mes de la m&#233;canique classique ni la teneur de la vie ordinaire. Celle-ci, pourtant, porte en elle une ombre d'inqui&#233;tude que les oiseaux de nuit d&#233;c&#232;lent lorsque le silence et l'obscurit&#233; descendent. &#192; Paris, c'est Proust, qui se compare lui-m&#234;me &#224; un hibou, &#224; Prague, Kafka, avec ce nom pr&#233;destin&#233; d'oiseau noir, de choucas, &#224; Dublin, Trieste et, naturellement, Paris, James Joyce, qui est &#224; peu pr&#232;s aveugle et scrute les murmurantes t&#233;n&#232;bres int&#233;rieures. Malades, hypersensibles, pers&#233;cut&#233;s, les premiers comme juifs dans la France anti-dreyfusarde ou l'Empire austro-hongrois, l'autre comme catholique dans un Royaume-Uni domin&#233; par les Anglais protestants, ces hommes constatent, comme Einstein, mais dans l'ordre du sens, dans son registre majeur, celui de la grande narration, que ce qui se passe &#233;chappe aux prises de la pens&#233;e ou que la pens&#233;e &#8211; cela revient au m&#234;me &#8211; se d&#233;couvre interdite devant ce qui, &#224; l'&#233;vidence, continue de se passer et la concerne, est. On sait que l'un donnera la vaine recherche du th&#232;me de son &#339;uvre comme l'&#339;uvre dont il n'a pu trouver le th&#232;me, que l'autre laissera inachev&#233;es ses &#339;uvres majeures &#8211; &lt;i&gt;L'Am&#233;rique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Ch&#226;teau&lt;/i&gt; &#8211; et que le troisi&#232;me, incapable d'inventer un sujet de roman, r&#233;crira parodiquement l'odyss&#233;e &#8211; &lt;i&gt;Ulysses&lt;/i&gt; &#8211; du juif Bloom, dans les rues prosa&#239;ques de Dublin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la suite. Le coup de pistolet de Gabriel Prinzip donne le signal de la m&#234;l&#233;e g&#233;n&#233;rale. Le p&#232;re de Claude Simon dispara&#238;t, avec un million et demi de jeunes hommes, sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Puis la production de richesses, &#224; laquelle le crit&#232;re de l'utilit&#233;, pr&#233;dominant depuis que les hommes ont commenc&#233; &#224; produire leur vie mat&#233;rielle, ne s'applique plus, devient folle. D'un c&#244;t&#233;, on cr&#232;ve de faim, de l'autre on br&#251;le le caf&#233; dans la chaudi&#232;re des locomotives. Dans l'intervalle, les locataires des garnis de Zurich sont revenus &#224; Saint-P&#233;tersbourg avant de se transporter &#224; Moscou, au Kremlin. Mais les nations imp&#233;riales repoussent leurs propositions de paix sans annexion. Des voyous, des assassins attisent les frustrations et les ranc&#339;urs n&#233;es du trait&#233; de Versailles, se mettent &#224; br&#251;ler les livres, avant les gens, et c'est ainsi que les enfants de la Belle &#201;poque, vingt-cinq ans apr&#232;s leurs p&#232;res, prennent le chemin des fronti&#232;res pour affronter une nouvelle fois le m&#234;me ennemi. Seulement, l'histoire, lorsqu'elle se r&#233;p&#232;te &#8211; Hegel l'a dit, Marx repris dans &lt;i&gt;Le 18 brumaire&lt;/i&gt; &#8211;, c'est sous forme de com&#233;die. On marche &#224; cheval, comme en 1914, mais c'est &#224; la rencontre de divisions blind&#233;es appuy&#233;es, du ciel, par des essaims de bombardiers. La nation orgueilleuse qui c&#233;l&#233;brait, le 11 novembre 1918, sa victoire ruineuse, mortelle sur l'ennemi h&#233;r&#233;ditaire, est balay&#233;e en six semaines. Claude Simon a &#233;t&#233; captur&#233;, comme un million d'hommes. Il s'&#233;vade, comme plusieurs milliers, regagne le Languedoc natal o&#249; il se demande, comme tout le monde, ce qui a bien pu lui arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il a une chance de r&#233;pondre, c'est qu'il est d'origine ais&#233;e, comme la plupart des &#233;crivains. Mais que, &#224; la diff&#233;rence des grands val&#233;tudinaires qui ont port&#233; la narration classique, hom&#233;rique, &#224; son terme &#233;tincelant et destructeur, dans leur chambre, c'est un &#234;tre diurne, soucieux des &#233;v&#233;nements terribles, tout ext&#233;rieurs, qui ont boulevers&#233; le monde ancien. Alors qu'il est issu de la bourgeoisie terrienne du midi viticole, il a pass&#233; en Espagne pour combattre le fascisme aux c&#244;t&#233;s des paysans pauvres et des ouvriers r&#233;publicains. Il n'est sujet ni &#224; l'asthme proustien ni &#224; la demi-c&#233;cit&#233; joycienne, donc apte au service arm&#233;. C'est &#224; cheval, sous les armes, qu'il d&#233;couvre ce que l'historien Marc Bloch, juste avant de mourir, fusill&#233; par les Nazis, tient pour le trait inou&#239;, saillant de l'histoire qui se fait : l'intrusion de la vitesse. Le couple tr&#232;s ancien, quasi mythologique, que Claude Simon formait avec sa monture a &#233;t&#233; assailli par les chars, les avions en piqu&#233;, son escadron de cavalerie &#224; peu pr&#232;s an&#233;anti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mots, m&#234;me s'il l'ignore encore, enferment d&#232;s cet instant l'&#339;uvre &#224; venir. Je ne sais plus dans quel livre il les tracera en toutes lettres. Ils pourraient figurer &#224; chaque page de chacun. C'est : &#171; Bon Dieu ! &#187;. D&#232;s 1940, et avant cela, quand il n'est encore qu'un petit orphelin, un adolescent incertain de lui-m&#234;me, de demain, il pense et ne sait que penser. Ce dont il est la victime, le t&#233;moin, le protagoniste l'affecte sans qu'il puisse en rien dire que : &#171; Bon Dieu ! &#187;. Il se d&#233;couvre affect&#233; par l'&#233;v&#233;nement mais l'&#233;v&#233;nement par sa brutalit&#233; irruptive, sa nouveaut&#233; stup&#233;fiante, terrifiante &#233;chappe &#224; l'acte subjectif par excellence, au pouvoir de nommer qui constitue le monde en objet, le met &#224; distance, le domine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style si particulier de Claude Simon se d&#233;duit de l'exp&#233;rience traumatique de sa g&#233;n&#233;ration. Ce qu'il en a dit, dans de nombreuses interviews, &#233;claire assez peu ce qu'il a effectivement fait, la plume &#224; la main, et c'est sans importance. C'est un artiste et l'art, ainsi que Durkheim le r&#233;p&#232;te, est &#171; une pratique pure, sans th&#233;orie &#187;. L'artiste, l'&#233;crivain n'a pas besoin de savoir. Il lui suffit de faire. La signification de son entreprise se dessinera d'elle-m&#234;me, sans passer par la conscience claire. De l&#224;, la n&#233;cessit&#233; de l'accompagnement critique. Il statue sur le sens d'une &#339;uvre qui n'en a pas connaissance lorsqu'elle s'accomplit et ne peut le produire que dans cette ignorance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le style est une vision, ins&#233;parable d'une position sociale &#224; laquelle le mot renvoie spontan&#233;ment &#8211; style bourgeois, raffin&#233;, tapageur&#8230; Il est le trait distinctif des fa&#231;ons diff&#233;rentes, oppos&#233;es, d'agir et de penser dans les soci&#233;t&#233;s de classes. Il peut rester attach&#233; aux gestes, au v&#234;tement, &#224; la mani&#232;re de vivre, de parler sans se r&#233;percuter dans le registre rare de l'&#233;crit. Lorsqu'il y est projet&#233;, il porte la marque de son origine et de ses fondements &#8211; style noble de la trag&#233;die classique, tendant au prince, &#224; sa cour, un complaisant miroir, style bourgeoisement soign&#233; des grands romans r&#233;alistes expliquant les ambitions et les infortunes de provinciaux t&#233;m&#233;raires, les proc&#233;d&#233;s de riches marchands, d'usuriers, de ci-devant duchesses et de demi-mondaines, beaucoup plus rarement d'artisans, de salari&#233;s agricoles et de servantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut raisonnablement se demander si le style de Claude Simon, si sa posture ne tient pas, en dernier recours, aux carences, toujours historiques, de sa socialisation. On devient soi-m&#234;me par mim&#233;tisme, au contact direct, sous la tutelle exemplaire de ceux qu'on va perp&#233;tuer. La conservation de l'&#233;nergie sociale veut que le fils reproduise le p&#232;re, soit lui apr&#232;s, comme son p&#232;re l'a incarn&#233;, avant. Seulement, l'image &#224; laquelle le petit Claude Simon n'aurait qu'&#224; ressembler, n'existe plus lorsqu'il la cherche, des yeux, autour de lui et la disparition pr&#233;matur&#233;e de sa m&#232;re, s&#232;che bourgeoise dont il a d&#233;crit la maladie, l'agonie, dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, prolonge son inach&#232;vement relatif. L'ind&#233;termination supr&#234;me dont proc&#232;dent et t&#233;moignent ses livres est en germe d&#232;s l'enfance. Celle-ci porte d&#233;j&#224; le sceau du premier cataclysme qui s'est abattu sur l'Europe et c'est dans des dispositions ouvertes, d&#233;fiantes que, devenu homme, Claude Simon affrontera ceux qui lui sont r&#233;serv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle soit conduite &#224; la premi&#232;re ou &#224; la troisi&#232;me personne, son &#339;uvre se ram&#232;ne &#224; une autobiographie dont les &#233;pisodes se succ&#232;dent selon deux ordres interf&#233;rents de violence d&#233;croissante et d'examen r&#233;gressif. Les &#233;crivains ne savent pas ce qu'ils font. C'est afin de le savoir qu'ils le font. Ils ignorent o&#249; m&#232;ne leur chemin puisqu'ils l'ouvrent, pas &#224; pas, dans leur progression opini&#226;tre, incertaine, &#224; travers le chaos de l'exp&#233;rience. Ils sont ouverts &#224; l'esprit du temps, aux d&#233;bats, aux controverses qui agitent leur domaine, &#224; la repr&#233;sentation que les milieux cultiv&#233;s se font de leur travail et dont l'autorit&#233;, parfois, est assez forte pour le troubler, l'infl&#233;chir. Claude Simon n'est plus. Sa disparition a fig&#233; l'&#339;uvre &#224; laquelle il a travaill&#233; soixante ann&#233;es durant. On voit, d&#233;sormais, le processus involutif qui m&#232;ne des premiers romans &#8211; &lt;i&gt;Le Tricheur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Sacre du printemps&lt;/i&gt; &#8211; au d&#233;sol&#233; r&#233;cit de la prime enfance, qui fut son dernier livre &#8211; &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la guerre de trente ans commenc&#233;e &#224; Sarajevo, en 1914, prend fin dans les ruines de Berlin, le 8 mai 1945, les survivants, s'ils sont citoyens d'une nation cultiv&#233;e, l&#233;gataires d'une tradition lettr&#233;e, ne peuvent pas ne pas demander ce qui est arriv&#233;. &#199;a va plus loin. L'habitude de se demander, la posture spontan&#233;ment r&#233;flexive, dissertative des fractions privil&#233;gi&#233;es, instruites de la population sont comme paralys&#233;es, liqu&#233;fi&#233;es par les &#233;v&#233;nements monstrueux, proprement inconcevables qui se sont succ&#233;d&#233;s sans discontinuer. Pour quelqu'un qui a vu le jour &#224; la veille du premier conflit mondial, comme Simon, mais comme Henri Thomas ou Samuel Beckett, aussi, il est &#233;vident que la narration classique, avec ses principes d'identit&#233; et de causalit&#233;, de coh&#233;rence et de cons&#233;cution, est morte avec le monde dont elle relevait, depuis quatre si&#232;cles et plus, les contours. L'Europe, foyer des Lumi&#232;res et Sujet de l'histoire, a &#233;t&#233; prise de folie meurtri&#232;re, suicidaire. On vient de d&#233;couvrir l'horreur des camps et l'apocalypse nucl&#233;aire va s'abattre sur le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon entre dans la trentaine. Des trente ann&#233;es qu'il a v&#233;cues, onze furent des ann&#233;es de guerre qui l'ont personnellement affect&#233;, l'une, la Grande, par p&#232;re interpos&#233;, la deuxi&#232;me directement. On peut y ajouter l'interm&#232;de espagnol. Quant &#224; la paix pr&#233;caire qui s&#233;pare les deux conflits, il &#233;tait manifeste, pour qui cherche un peu &#224; comprendre, &#224; anticiper, qu'elle n'&#233;tait qu'un r&#233;pit entre les deux vagues de la violence barbare, irrationnelle dont l'Europe est devenue l'&#233;picentre. Ce ne sont pas seulement les grandes cit&#233;s, les vieilles capitales qui ont flamb&#233; &#8211; Rotterdam, Londres, Saint-Petersbourg (Leningrad, provisoirement), Tokyo, Berlin &#8211;, la chair humaine qui est partie en fum&#233;e, qu'on a r&#233;duite en cendres, quand ce n'&#233;tait pas en savon. Le sens du monde, qui vacillait aux heures dor&#233;es d'avant l'orage, a &#233;t&#233; &#233;clips&#233;. Seules, des &#226;mes tr&#232;s susceptibles, attach&#233;es &#224; des corps maladifs, pouvaient d&#233;celer, vers 1913, l'inexplicable divorce du cours des choses et de l'&#233;nonc&#233; qui, depuis une &#233;ternit&#233;, allait de conserve, l'escortait, en l'&#233;clairant. Quand, rescap&#233; du Blitzkrieg, &#233;chapp&#233; du camp de prisonniers, r&#233;fugi&#233; en Languedoc, Claude Simon s'&#233;broue, se demande, on peut supposer que les premiers mots qui lui viennent, les seuls, aussi, &#224; propos de ce qu'il a v&#233;cu, subi, ressemblent &#224; &#171; bon Dieu ! &#187;. Avec les murs v&#233;n&#233;rables &#224; l'abri desquels on m&#233;ditait depuis la Renaissance, les cath&#233;drales et les palais de marbre, les installations portuaires d'o&#249; l'on &#233;tait parti pour conqu&#233;rir le monde, ce sont les certitudes, les modes d'&#233;nonciation, les structures narratives, fragilis&#233;es d&#232;s le commencement du si&#232;cle, qui ont &#233;t&#233; souffl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton des premiers livres est d&#233;j&#224; celui que l'&#339;uvre va amplifier. Lorsque le peintre rat&#233; qui a nom Claude Simon, troque le pinceau pour la plume, son exp&#233;rience, tragique, traumatisante lui dicte ses textes liminaires et ce qu'ils disent, sous leurs dehors plus ou moins romanc&#233;s, c'est que rien n'est moins s&#251;r, soudain, que ce dont on se hasarde &#224; parler. L'abomination de la d&#233;solation n'a pas seulement emport&#233; l'optimisme raisonnable, les grandes esp&#233;rances du si&#232;cle naissant. Elle a touch&#233; l'humble sol de l'existence, ali&#233;n&#233; la vie m&#234;me &#224; la seule chose qui soit quand rien ne serait plus, et qui est la conscience nue, interdite, tremblante du n&#233;ant. C'est la totalit&#233; du monde, de ce qu'il en reste, et jusque dans ses composantes les plus &#233;l&#233;mentaires, qu'un homme de trente ans se voit dans le n&#233;cessit&#233; de reconqu&#233;rir lorsque, vers 1943, il juge que peindre, &#224; quoi il se destinait, ne r&#233;pond pas &#224; son inqui&#233;tude. C'est en &#233;crivant qu'il pourra se ressaisir, reconna&#238;tre le visage obscurci, peut-&#234;tre absent&#233;, de sa destin&#233;e. Ainsi germe la phrase t&#226;tonnante, sinueuse, pers&#233;v&#233;rante qui est la voix m&#234;me de Claude Simon. Elle est l'effort &#233;puisant, &#233;puis&#233;, invincible pour r&#233;annexer ce que l'histoire, dans sa d&#233;mence, a emport&#233;, &#224; commencer par celui qui &#233;crit, apr&#232;s qu'elle l'a roul&#233; comme f&#233;tu dans son cours irr&#233;sistible, incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir, ainsi que faisaient les personnages pleins d'allant et de candeur du roman r&#233;aliste, il n'en est plus question. Les axiomes qui fondaient le vouloir pratique ont p&#233;riclit&#233; avec tout le reste. Le p&#232;re est mort pr&#233;matur&#233;ment. Franco l'a emport&#233;. La cavalerie fran&#231;aise a &#233;t&#233; broy&#233;e par les chars, une arm&#233;e enti&#232;re parqu&#233;e derri&#232;re des barbel&#233;s, une nation belliqueuse, orgueilleuse, occup&#233;e, humili&#233;e. Alors, on reconsid&#232;re ce qu'il y a et qui n'&#233;tait pas ce qu'on a cru sans quoi ce qui s'est produit n'aurait pas eu lieu. On aurait obtenu les r&#233;sultats escompt&#233;s au lieu que c'est le contraire et pire que &#231;a, l'impensable &#8211; &#171; l'innommable &#187;, selon Beckett &#8211; qui est arriv&#233;. D&#232;s ses premiers romans, Claude Simon se met &#224; r&#233;pertorier les plus simples choses, celles auxquelles on ne pense pas et que, peu de temps auparavant, le philosophe allemand, d'origine juive, Edmund Husserl, rappelait &#224; l'attention, de peur que leur raison d&#233;daign&#233;e, imp&#233;n&#233;tr&#233;e, ne se venge de la raison superbe occup&#233;e de lointaines transcendances, du ciel des id&#233;es. Rien, d'embl&#233;e, chez Claude Simon, qui ne soit suspect&#233; d'&#234;tre autre chose que ce qu'il para&#238;t, dont il ne faille, par suite, se r&#233;assurer par une description v&#233;tilleuse, m&#233;thodique, harassante. C'est &#224; ce prix que ce qu'on appelle la r&#233;alit&#233;, cette construction situ&#233;e et dat&#233;e, historique, transitoire, peut rena&#238;tre de la destruction qui l'a emport&#233;e. Sur ce point, qui est le style m&#234;me, Claude Simon ne variera plus. Ce qui change, c'est le th&#232;me ou plut&#244;t, comme il aurait dit, la dominance graduelle, la clarification de celui-ci. Les premiers livres sacrifient encore &#224; un souci esth&#233;tique &#8211; celui du cercle, de la bague, dans Le Sacre &#8211;. Ils &#233;voquent des &#233;tudiants, des notables de province, que leur existence ais&#233;e, plus ou moins stylis&#233;e, pr&#233;dispose &#224; fournir des personnages de roman. Plus tard, Claude Simon se trouvera plus ou moins impliqu&#233; dans le mouvement du Nouveau Roman, qui se confond avec un ph&#233;nom&#232;ne &#233;ditorial, celui de Minuit. N&#233;e au plus noir de l'occupation, cette maison d'&#233;dition attire les &#233;crivains les plus conscients de la crise sans pr&#233;c&#233;dent qui a ravag&#233; l'Europe et de son incidence sur la forme m&#234;me de l'expression. La question est explicitement pos&#233;e de savoir si la litt&#233;rature est apte, encore, &#224; nommer le monde, &#224; lui tendre ce miroir qu'elle promenait, selon Stendhal, le long du chemin. Une partie des nouveaux romanciers r&#233;pond par la n&#233;gative et travaille &#224; b&#226;tir des univers symboliques autonomes, des livres qui ne renvoient plus qu'&#224; eux-m&#234;mes. Pareille d&#233;cision, quoique les circonstances l'expliquent, &#233;quivaut &#224; une auto-destruction de la litt&#233;rature. Elle abandonne le monde &#224; sa confusion irr&#233;m&#233;diable et n'offre plus au lecteur que la d&#233;lectation formelle, esth&#233;tique d'une &#339;uvre plastique, d&#233;finie par ses relations internes, au lieu de la r&#233;v&#233;lation, donc de la d&#233;livrance dont elle &#233;tait porteuse, en France et ailleurs, depuis le commencement des Temps Modernes. &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; se ressentent de ce moment, affichent les proc&#233;d&#233;s que les &#233;crivains des ann&#233;es cinquante donnent pour la litt&#233;rature qui se fait. Mais pas plus que Beckett, Simon ne c&#232;de &#224; l'esprit du temps. Il poursuit son lent ressassement et, par l'effet du recul, de l'&#226;ge, de la conscience grandissante qui en est la contrepartie, se rapproche de ce qui lui inspire ses livres, de l'exp&#233;rience singuli&#232;re, g&#233;n&#233;rationnelle, qu'il a faite. C'est alors que les figures typiquement simoniennes migrent de la r&#233;alit&#233;, de la vie o&#249; il les a crois&#233;es, affront&#233;es, de la confusion stup&#233;fiante, indescriptible, o&#249; elles ont surgi &#8211; les cavaliers, les dynamiteros, les bourgeois, les salari&#233;s agricoles, le p&#232;re, la m&#232;re, pour finir &#8211; dans l'ordre second, savant, d'un r&#233;cit conscient de son incertitude historique, de la stupeur &#8211; &#171; Bon Dieu ! &#187; &#8211; &#224; laquelle il a &#233;t&#233; disput&#233;, mot &#224; mot, en totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; en 2006 dans le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-2-2006-62.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;num&#233;ro 2, &lt;i&gt;Claude Simon, maintenant&lt;/i&gt; des &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, p. 31-41. Nous remercions vivement Pierre Bergounioux de nous autoriser &#224; le reprendre aujourd'hui en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et les photos ci-dessus sont issues de la vid&#233;o du &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-au-present-de-l-ecriture-Colloque-15-et-16-novembre-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;colloque Au pr&#233;sent de l'&#233;criture&lt;/a&gt;, en novembre 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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