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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
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		<title>L'Herbe (1958)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'Herbe (1958). Notice par Jo&#235;lle GLEIZE &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une vieille femme agonise lentement, entour&#233;e de sa famille. Marie n'est plus &#171; rien &#187; mais elle est au centre de tout : si mince que son corps soul&#232;ve &#224; peine le drap, mais son souffle est un r&#226;le formidable qui envahit la maison. Durant les dix jours de son agonie, autour d'elle, le temps s'&#233;tire et les gestes se r&#233;p&#232;tent : les plaintes de sa belle-s&#339;ur Sabine sur son &#226;ge et les suppos&#233;es trahisons de Pierre (son mari), les tentatives de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Herbe (1958). Notice&lt;br class='autobr' /&gt;
par Jo&#235;lle GLEIZE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/herbe.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/herbe.jpg?1767208919' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une vieille femme agonise lentement, entour&#233;e de sa famille. Marie n'est plus &#171; rien &#187; mais elle est au centre de tout : si mince que son corps soul&#232;ve &#224; peine le drap, mais son souffle est un r&#226;le formidable qui envahit la maison. Durant les dix jours de son agonie, autour d'elle, le temps s'&#233;tire et les gestes se r&#233;p&#232;tent : les plaintes de sa belle-s&#339;ur Sabine sur son &#226;ge et les suppos&#233;es trahisons de Pierre (son mari), les tentatives de Louise pour quitter Georges (le neveu de Marie), et s'enfuir avec son amant (mais ses trois rendez-vous avec celui-ci sont plus tendus qu'aimants), les querelles des deux couples, le surgissement d'un chat roux aupr&#232;s des amants. Et toujours, dehors, l'odeur des poires pourrissantes, les orages lourds, la v&#233;g&#233;tation luxuriante du fond du jardin. De longs dialogues viennent ponctuer les tableaux descriptifs qui se juxtaposent sans transition, et ce huis-clos familial semble osciller entre trag&#233;die et com&#233;die de boulevard. Il ne s'agit pourtant pas de th&#233;&#226;tre : pour l'auteur, comme pour Louise, seule compte la r&#233;alit&#233; concr&#232;te et intens&#233;ment vivante du monde autour de cette agonie. Une r&#233;alit&#233; per&#231;ue &#8211; le plus souvent &#8211; &#224; travers les impressions de la jeune femme. C'est par son regard &#8211; pourtant ext&#233;rieur (&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/mais-elle-ne-t-est-rien.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; elle ne t'est rien &#187;&lt;/a&gt;) &#8211;, ses souvenirs des r&#233;cits familiaux, que des sc&#232;nes du pass&#233; reviennent : l'arriv&#233;e, dix ans plus t&#244;t, de Marie, &#226;g&#233;e d&#233;j&#224;, chass&#233;e de chez elle par la guerre, son courage et son calme, son refus d&#233;termin&#233; de toute croyance face &#224; une Sabine soucieuse des convenances, et son indiff&#233;rence aux biens mat&#233;riels. Louise, de plus en plus fascin&#233;e par la vie d'abn&#233;gation de Marie, s'irrite cependant de la d&#233;termination de la mourante &#224; faire d'elle sa l&#233;gataire, contrariant son d&#233;sir d'&#233;chapper &#224; l'emprise de cette famille. Cet h&#233;ritage est &#224; la fois d&#233;risoire et monumental : une bo&#238;te de m&#233;tal rouill&#233; contenant quelques humbles bijoux et des carnets manuscrits. Dans ces carnets, Louise ne trouve rien d'autre que les comptes tenus par Marie tout au long de sa vie. Mais ils disent avec une force inou&#239;e le pouvoir du travail quotidien et celui du sacrifice discret et aimant. Louise peine &#224; accepter cet h&#233;ritage dont elle mesure le poids : m&#234;me au-del&#224; de la mort de Marie, il compromet sa fuite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fiction familiale &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; est le sixi&#232;me livre de Claude Simon et c'est, apr&#232;s &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Le-Vent-1957.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le second de ceux qu'il a souhait&#233; r&#233;&#233;diter. Ce roman est &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187;, mais il comporte une part importante de fiction. Quand Claude Simon, en 1989, reconna&#238;t la pr&#233;sence constante dans son &#339;uvre d'une part variable de v&#233;cu, il fait alors de ce roman un point d'origine. Son &#233;criture est n&#233;e d'une &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Famille-paternelle.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;donn&#233;e biographique&lt;/a&gt; : la &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-tantes-Simon.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mort d'une tante&lt;/a&gt; qu'il aimait &#171; comme sa m&#232;re &#187;, lui qui avait perdu la sienne &#224; onze ans. &#192; partir de cette perte douloureuse, l'&#233;crivain &#233;difie une sorte de tombeau, en hommage &#224; cette vieille femme dont il admirait l'humilit&#233;. Il cr&#233;e autour d'elle quelques personnages fictionnels et une intrigue minimaliste : une famille &#8211; qui ne ressemble gu&#232;re &#224; celle de Claude Simon &#8211; form&#233;e de deux couples : Pierre, professeur d'universit&#233; et son &#233;pouse Sabine ; leur fils Georges et sa jeune &#233;pouse Louise. Le jeune couple est en crise et Louise songe &#224; fuir avec son amant. R&#233;volt&#233; contre son p&#232;re et sa culture livresque, Georges tente, sans succ&#232;s, de devenir paysan comme son grand-p&#232;re, mais ses plantations de poiriers p&#233;riclitent. Les personnages sont fortement dessin&#233;s et contrast&#233;s : Sabine, avec son visage peint et ses tenues flamboyantes, lutte vainement contre le vieillissement et rejoue &#224; l'infini une sc&#232;ne de jalousie plus ou moins fond&#233;e ; Louise, jeune et s&#233;duisante, se r&#233;volte contre toute emprise, mais elle est captiv&#233;e &#8211; presque malgr&#233; elle &#8211; par Marie. L'ob&#233;sit&#233; de Pierre, l'intellectuel prisonnier de sa propre chair, s'oppose &#224; la maigreur br&#251;l&#233;e de soleil de Georges. Si le roman proc&#232;de surtout par tableaux et descriptions qui glissent les uns sur les autres, il prend aussi une dimension th&#233;&#226;trale &#224; travers dialogues et confrontations, qu'ils mettent en sc&#232;ne : l'incompr&#233;hension entre Sabine et Marie, la querelle conjugale entre Louise et Georges, celle entre Sabine et son mari&#8211; ces dialogues sont alors souvent monologu&#233;s &#8211;, ou la longue lutte du vieux couple, path&#233;tique et grotesque, marqu&#233;e par trois chutes successives et que Louise per&#231;oit &#224; travers la paroi s&#233;parant leurs salles de bain respectives. Claude Simon r&#233;digera &#224; partir de ces th&#232;mes, une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/La-Separation-Chemin-de-fer-2019.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;La S&#233;paration&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, qui sera jou&#233;e en 1963, et &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/La-separation-mise-en-scene-2024.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;reprise en 2025&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette s&#233;rie de confrontations, le c&#339;ur du livre oppose une autre lutte qui se distingue par sa lenteur, son immobilit&#233;, sa simplicit&#233; d'&#233;pure : Marie m&#232;ne avec la mort un &#171; corps &#224; corps ext&#233;nuant qui tir[e] de cette fragile carcasse ce r&#226;le de g&#233;ante, formidable, ind&#233;cent &#187;. La mort s'incarne dans le personnage quasi mythologique d'une &#171; petite bossue &#187;, &#171; sans &#226;ge &#187;, m&#233;diatrice charg&#233;e de veiller la mourante dont elle seule comprend le langage muet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foyer narratif se confond le plus souvent avec le point de vue de Louise. Impressionn&#233;e par la lente agonie de Marie, elle tisse avec elle un lien de plus en plus fort, fascin&#233;e par la force d'abn&#233;gation et de courage que l'humble institutrice a d&#233;ploy&#233;e pour faire de son jeune fr&#232;re, fils de paysan analphab&#232;te, un professeur d'universit&#233;. Marie est donc bien au centre du roman, mais comme un centre vide, car elle est d&#233;j&#224; presque absente, sinon par le &#171; bruit monumental et cyclop&#233;en de ce r&#226;le &#187; et par les quelques traces qu'elle laisse de sa vie. Dans les humbles carnets de compte qu'elle l&#232;gue &#224; Louise, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-comptes-du-temps-carnets-de-tante-Mie-2020.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;s'inscrit la totalit&#233; de son existence&lt;/a&gt;. Le roman en consigne les dates et les listes minutieuses et d&#233;risoires. Il en restitue m&#234;me parfois la mise en page. En enregistrant le temps v&#233;cu, le temps ordinaire et l'exactitude biographique, il pr&#233;sente un contrepoint formidable &#224; la fiction. Les deux photographies que retrouve Louise (celle du mariage de Pierre et Sabine et celle d'un groupe o&#249; figurent Marie jeune et un jeune botaniste) jouent un r&#244;le similaire. Louise &#233;prouve une fascination m&#233;lancolique &#224; la vue de ces jeunes gens qui vont mourir &#224; la guerre, et &#224; l'id&#233;e de l'avenir qu'aurait pu conna&#238;tre Marie aupr&#232;s du jeune homme. Elle &#233;labore une fiction &#224; partir de ces photographies, comme le romancier &#224; partir d'un noyau biographique : les tantes paternelles de l'&#233;crivain ont de fait permis &#224; leur jeune fr&#232;re, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Antoine-Louis-Eugene-Simon.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Louis Simon&lt;/a&gt;, de sortir de sa condition de fils de paysan pour devenir officier, capitaine de cavalerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le temps romanesque : &#171; une dur&#233;e vague, hachur&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps du roman est &#224; la fois mesur&#233; et sans bords. Il correspond aux dix jours de l'agonie de Marie, dont l'issue est pr&#233;visible mais reste hors champ. Cependant des modulations importantes se greffent sur ce temps de trag&#233;die qui s'&#233;coule interminablement. Les retours en arri&#232;re sont fr&#233;quents, avec des tableaux du pass&#233; dont beaucoup anticipent ce dont Louise se souviendra. Il y a aussi des fluctuations constantes qui tiennent aux perceptions variables du temps v&#233;cu. Quand l'une des belles-s&#339;urs m&#232;ne une lutte acharn&#233;e et vaine contre le temps qui passe, l'autre, &#224; quatre-vingt-un ans, envisage la mort sans crainte ni regret. Tout au long de l'agonie de Marie, figur&#233;e par son r&#226;le interminable et omnipr&#233;sent, le temps, tant&#244;t stagnant, tant&#244;t pr&#233;cipit&#233;, ne s'&#233;coule pas de fa&#231;on uniforme, il avance parfois par brusques saccades. Deux pendules, d&#233;crites minutieusement, ne font que t&#233;moigner d'un autre si&#232;cle et d'un pass&#233; r&#233;volu ; le temps des horloges est sans importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul importe l'&#233;coulement du temps, terrifiant, rendu visible dans l'espace par la lente progression du T de soleil sur les murs, &#171; comme l'initiale m&#234;me du mot Temps &#187; ; rythm&#233; au dehors par le passage du train de sept heures, le rassemblement des moineaux le soir dans le bosquet de bambous, les rendez-vous des amants &#224; la tomb&#233;e de la nuit. La chronologie se dissout dans les descriptions. La dur&#233;e est exprim&#233;e en termes d'espace, comme plus tard, dans la m&#233;moire de Louise : &#171; vague, hachur&#233;e, faite d'une succession, d'une alternance de trous, de sombres et de clairs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le temps de toute une vie, les travaux et les jours, sont consign&#233;s sur les feuillets quadrill&#233;s des carnets de Marie, &#171; le retour p&#233;riodique et saisonnier des diff&#233;rentes esp&#232;ces de fruits &#187;, &#171; les justifications pudiques, impassibles : &#8220;Frais docteur... Transport cimeti&#232;re...&#8221; &#187;. L'important et l'insignifiant se suivent et s'&#233;quivalent, et l'inscription scrupuleuse du &#171; tout-venant &#187; tout au long des ann&#233;es &#233;rige ces pauvres carnets en &#171; un fabuleux mausol&#233;e fait de temps amoncel&#233; sur un peu de cendre &#187;. Ce temps des minuscules &#233;v&#233;nements n'est plus orient&#233;, c'est un temps cyclique, comme celui qui rythme les saisons et les travaux agricoles, comme celui des guerres dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; (1960) et dans &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-Georgiques-1981.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (1981).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire n'est pas ce qu'en disent les manuels, explique Pierre, elle est &#171; sans limite &#187; et la &#171; terne existence d'une vieille dame, c'est l'Histoire elle-m&#234;me, la mati&#232;re m&#234;me de l'Histoire &#187;. L'&#233;v&#233;nement historique est bien mentionn&#233;, mais il est tenu &#224; distance : c'est pendant l'exode en 1939, que Marie s'est r&#233;fugi&#233;e dans la famille de son fr&#232;re ; c'est en raison de cette m&#234;me guerre que Georges a abandonn&#233; ses &#233;tudes ; c'est d'elle sans doute que vient son violent rejet des mots et des livres, devenus vains, mais ce lien ne s'explicitera que dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; (o&#249; l'on retrouve le personnage de Georges). Louise voit aussi planer, sur les personnages des photographies de famille, l'ombre de la Grande Guerre qui les d&#233;cimera. Le travail de l'&#233;criture, lui, dit &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/le-propre-de-la-realite.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la r&#233;alit&#233; de l'Histoire v&#233;cue&lt;/a&gt;, celle que la vie, la mort, la souffrance chargent d'une mati&#232;re sensible dont seul il peut se saisir. Il dit aussi la fa&#231;on qu'elle a de se faire &#171; sans direction fix&#233;e d'avance, sans ordre apparent, sans r&#233;pit &#187;. Comme l'indique l'exergue du roman emprunt&#233; &#224; Boris Pasternak, &#171; [p]ersonne ne fait l'histoire, on ne la voit pas, pas plus qu'on ne voit l'herbe pousser &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'Odeur de l'herbe &#187; : l'&#233;criture des sensations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la conscience de &#171; l'&#233;coulement du temps noir &#187; et la pr&#233;sence obs&#233;dante du r&#226;le de Marie, la mort plane sur tout le roman. C'est autour de l'agonisante que Louise tourne, &#224; son corps d&#233;fendant, &#224; la fois effray&#233;e et aimant&#233;e. Cependant l'ambivalence r&#232;gne, et la vie, la force de la vie simple, &#233;l&#233;mentaire, entre en tension constante avec la mort. Chez Louise, la proximit&#233; de cette mort d&#233;clenche un furieux d&#233;sir de vivre. Telle sera &#233;galement, dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, l'exp&#233;rience de Georges confront&#233; &#224; un danger de mort imminente. C'est ce que, dans &lt;i&gt;Le Jardin des plantes&lt;/i&gt; (1997), S. (l'avatar de l'auteur) appellera &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Jean-Marie-Barnaud-L-ecriture-et-la-survie-Sur-une-melancolie-2006.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; m&#233;lancolie &#187;&lt;/a&gt;. Dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, la pulsion vitale se manifeste dans les sc&#232;nes de rencontre amoureuse entre Louise et son amant comme dans le foisonnement de la vie v&#233;g&#233;tale. Contrairement &#224; nombre de romans ult&#233;rieurs, la relation sexuelle est tr&#232;s peu d&#233;crite, sinon en termes de fusion avec la terre et la v&#233;g&#233;tation. Apr&#232;s l'amour, Louise rena&#238;t au contact &#233;troit de l'herbe qui sollicite tous ses sens : elle &#233;coute &#171; la menue, l'imperceptible rumeur de l'herbe &#187;, elle la respire, &#171; s'emplissant tout enti&#232;re de l'odeur v&#233;g&#233;tale et pure &#187;, le visage enfoui dans l'herbe fra&#238;che, &#171; pouvant maintenant sentir s'imprimer dans sa joue les croisillons d'herbe &#233;cras&#233;e &#187;. Elle &#233;prouve ainsi le pouvoir r&#233;g&#233;n&#233;rant du contact avec l'herbe et la terre, cette terre qui accueille les morts et cette herbe qui rena&#238;t &#224; chaque printemps, incarnant ainsi &#171; les v&#233;rit&#233;s simples de la vie et de la mort &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'herbe, c'est aussi le retour &#171; au primordial, &#224; l'&#233;l&#233;mentaire, &#224; la mati&#232;re, aux choses &#187; dont Simon a ressenti le besoin en 1941, apr&#232;s son &#233;vasion, quand &#8211; il le raconte &#224; la fin de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/L-Acacia-1989.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (1989) &#8211; il dessinait &#171; les feuilles d'un rameau, un roseau, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Durer-Albrecht.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une touffe d'herbe&lt;/a&gt;, des cailloux, ne n&#233;gligeant aucun d&#233;tail &#187;. Quand le manuscrit arrive aux &#201;ditions de Minuit, en 1958, il a pour titre un de ceux qu'avait envisag&#233;s l'auteur, &#171; L'Odeur de l'herbe &#187;. L'herbe, v&#233;g&#233;tation minimale, est associ&#233;e &#224; une odeur, sensation difficile &#224; d&#233;crire. Dans ces ann&#233;es o&#249; la litt&#233;rature engag&#233;e et celle de l'absurde dominent le champ litt&#233;raire, Simon souligne volontiers combien lui importe l'expression des &#233;motions et des sensations plut&#244;t que des id&#233;es : c'est pour lui une t&#226;che primordiale, dont la difficult&#233; tient &#224; l'&#233;cart entre les mots et les choses. L'&#233;criture de la sensation repr&#233;sente un d&#233;fi, mais elle deviendra au fil des livres un des marqueurs essentiels de la prose simonienne. Dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, elle dit les odeurs, telle celle de la chambre de Marie, &#171; cet ent&#234;tant et sans doute imaginaire parfum de fra&#238;cheur, de virginit&#233; et de temps accumul&#233; &#187; ou celle, &#171; cadav&#233;rique et ferment&#233;e des milliers de poires en train de pourrir &#187; ; les sons : le p&#233;piement des moineaux ou &#171; l'indistincte et paisible rumeur de l'eau &#187; qui emplit les derni&#232;res pages. Mais la vie v&#233;g&#233;tale est surtout un spectacle et Simon &#171; &#233;crit en peintre &#187; lorsqu'il &#233;voque &#171; la folle v&#233;g&#233;tation envahissante &#187;, les petites feuilles &#171; indiff&#233;rentes, lointaines, oscillant dans la lumi&#232;re d&#233;clinante &#187;, la vision d'un &#171; nuage suspendu d'insectes &#187; ou celle de la vie &#171; sauvage &#187; incarn&#233;e par le chat tigr&#233; &#171; se tenant dans cette posture semblable &#224; une foudroyante condensation de la vitesse &#187;. Le souci d'une composition sp&#233;cifique est aussi manifeste. Sans chapitre, d'une seule coul&#233;e, le roman prend &#171; rien &#187; pour point de d&#233;part et pour point d'arriv&#233;e. Entre le d&#233;but (&#171; Mais elle n'a rien &#187;) et la fin (&#171; puis plus rien &#187;), une construction en spirale fait revenir des sc&#232;nes qui se font &#233;cho autour du centre &#8211; &#233;vid&#233; plus encore que vide &#8211; qu'est la lente disparition de Marie. La combinaison de descriptions et de sc&#232;nes qui s'enchev&#234;trent brouille la chronologie. Les phrases se ramifient : relanc&#233;es par des participes pr&#233;sents, des incises, des parenth&#232;ses, elles emportent le lecteur dans un flux de sensations ou d'impressions. S'affirment alors les caract&#233;ristiques formelles de la construction et du phras&#233; de Claude Simon : &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; appara&#238;t bien comme un r&#233;el tournant dans son &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-L%E2%80%99Herbe-1851-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1958.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-L%E2%80%99Herbe%C2%A0-1852-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;&#233;dit&#233; en collection &#171; Double&lt;/a&gt; &#187; (n&#176;9), 1986. Postface d'Alastair B. DUNCAN : &#171; Lire L'Herbe &#187;, p. 217-236.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Repris dans les &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, 2&lt;/a&gt;. &#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan, avec la collaboration de B&#233;r&#233;nice Bonhomme et David Zemmour. Paris : Gallimard, 2013. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586). p. 1-144. Notice et notes p. 1381-1395&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; BERTRAND (Michel), Notice sur &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dictionnaire-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Michel-Bertrand-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, tome II, Michel BERTRAND, dir., Paris : Honor&#233; Champion, 2013, p. 531-536.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; BERTRAND (Michel), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/854&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Trois femmes : &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, un roman f&#233;minin &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 8, 2013, p. 37-52.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; BLANC (Anne-Lise), &lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/178662?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Des propri&#233;t&#233;s plastiques de quelques figures sensibles dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le r&#234;ve plastique des &#233;crivains&lt;/i&gt;, dir. Mireille RAYNAL-ZOUGARI, &lt;i&gt;La Licorne&lt;/i&gt;, 125, Presses universitaires de Rennes, 2017, p. 87-100.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre d'ouvrage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; SYKES (Stuart), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Stuart-Sykes-Les-Romans-de-Claude-Simon-1979.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Romans de Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ch. III &#171; 1958. &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; : d&#233;buts de la composition sym&#233;trique, le livre sur rien &#187;, Paris : &#201;ditions de Minuit, 1979, p. 42 &#224; 60.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; ROUBICHOU (G&#233;rard), &lt;i&gt;Lecture de &lt;/i&gt; L'Herbe &lt;i&gt;de Claude Simon&lt;/i&gt;, Lausanne : L'&#194;ge d'homme, 1976.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrage collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-4-2008-20.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Lectures de L'Herbe. Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, n&#176;4&lt;/a&gt;, Sous la direction de Jean-Yves LAURICHESSE, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 75-139.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Notices-sur-les-oeuvres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir toutes les notices&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;douard Sulpice. Lecture de l'Herbe (2024)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Edouard-Sulpice-Lecture-de-l-Herbe-2024.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Edouard-Sulpice-Lecture-de-l-Herbe-2024.html</guid>
		<dc:date>2024-12-21T16:28:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Dynamiter le roman. Ou Pourquoi Simon para&#238;t si difficile ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un podcast d'&#201;douard Sulpice, qui est aussi acteur, sur sa cha&#238;ne En rade, 3 d&#233;cembre 2024, 26 min. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette belle lecture de L'Herbe, &#224; partir aussi d'un entretien avec Pierre Dumayet, en 1958, qui montre un Claude Simon tr&#232;s silencieux mais n&#233;anmoins tr&#232;s expressif, &#201;douard Sulpice pr&#233;sente Claude Simon comme un &#233;crivain qui, davantage que difficile, est souvent &#171; insolent et comique &#187; et &#171; a toujours envie de s'&#233;chapper (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-videos-.html" rel="directory"&gt;Ressources audiovisuelles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Lecture-+.html" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1452 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/ep-07-lherbe-claude-simon-dynamiter-le-roman-en-rade.jpg_aae8ff990e9da5a512e66c7335103be6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/ep-07-lherbe-claude-simon-dynamiter-le-roman-en-rade.jpg_aae8ff990e9da5a512e66c7335103be6.jpg?1734798096' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.podcastics.com/podcast/episode/ep-07-lherbe-claude-simon-dynamiter-le-roman-329369/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Dynamiter le roman. Ou Pourquoi Simon para&#238;t si difficile ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un podcast d'&#201;douard Sulpice, qui est aussi acteur, sur sa cha&#238;ne &lt;a href=&#034;https://www.podcastics.com/podcast/en-rade/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;En rade&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 3 d&#233;cembre 2024, 26 min.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette belle lecture de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, &#224; partir aussi d'un &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Entretien-avec-Pierre-Dumayet-1958.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;entretien avec Pierre Dumayet, en 1958,&lt;/a&gt; qui montre un Claude Simon &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/reel/DDvFoECsTbR/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tr&#232;s silencieux mais n&#233;anmoins tr&#232;s expressif&lt;/a&gt;, &#201;douard Sulpice pr&#233;sente Claude Simon comme un &#233;crivain qui, davantage que difficile, est souvent &#171; insolent et comique &#187; et &#171; a toujours envie de s'&#233;chapper &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment il pr&#233;sente lui-m&#234;me sa lecture :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le prix Nobel de litt&#233;rature attribu&#233; &#224; Annie Ernaux en a secou&#233; plus d'un : Comment ?? Faire triompher un style plat ? C&#233;l&#233;brer l'absence d'&#233;criture ? Anoblir le fade r&#233;cit d'une vie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1985, le prix Nobel attribu&#233; &#224; Claude Simon a fait pousser des hurlements, pour ainsi dire, inverses : Quoi ?? R&#233;compenser un farfelus ? Rendre hommage &#224; un pyromane, un dynamiteur des codes romanesques ? Prendre du plaisir face &#224; des histoires sans d&#233;but ni fin ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'insolent et comique (on oublie trop souvent de dire qu'il est dr&#244;le !) Claude Simon a tout renvers&#233; sur son passage. Il lui reste pourtant une r&#233;putation d'auteur compliqu&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouons-le, la premi&#232;re fois que j'ai lu ses &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, je n'ai pas tout compris, mais quelle jouissance j'en ai tir&#233; ! Simon redispose le sensible, cr&#233;e des liens inattendus, capte la palpitation invisible des choses. Et ce serait simplement du jus de cerveau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors comment avoir une approche organique d'un auteur jug&#233; &#224; tort c&#233;r&#233;bral et inaccessible ? Est-il all&#233; trop loin ? Y a-t-il des clefs pour y &#171; comprendre &#187; quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1958, Claude Simon publie &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, son deuxi&#232;me roman aux &#233;ditions de Minuit et on l'invite &#224; la t&#233;l&#233;vision (accompagn&#233; de son &#233;diteur J&#233;r&#244;me Lindon et face au journaliste Pierre Dumayet). Cette &#233;mission un brin loufoque sera le point de d&#233;part d'une r&#233;flexion autour des notions de facilit&#233; et de difficult&#233; qui naviguent souvent autour de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons lire des extraits de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;. Il y sera question d'un chat, de dynamite et d'un voleur rencontrant &#224; l'improviste sa propre image dans un miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que, au sujet de sa r&#233;putation d'auteur difficile, Claude Simon avait r&#233;pondu : &#8220;Laissons de c&#244;t&#233; les griefs qui m'ont &#233;t&#233; faits d'&#234;tre un auteur &#171; difficile &#187;, &#171; ennuyeux &#187;, &#171; illisible &#187; ou &#171; confus &#187; en rappelant simplement que les m&#234;mes reproches ont &#233;t&#233; formul&#233;s &#224; l'&#233;gard de tout artiste d&#233;rangeant un tant soit peu les habitudes acquises et l'ordre &#233;tabli, et admirons que les petits-enfants de ceux qui ne voyaient dans les peintures impressionnistes que d'informes (c'est-&#224;-dire d'illisibles) barbouillages stationnent maintenant en interminables files d'attente pour aller &#171; admirer &#187; ( ?) dans les expositions ou les mus&#233;es les &#339;uvres de ces m&#234;mes barbouilleurs.&#8221; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Pierre Dumayet (1958)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Entretien-avec-Pierre-Dumayet-1958.html</link>
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		<dc:date>2024-12-21T16:18:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>
		<dc:subject>Lindon, J&#233;r&#244;me</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon &#224; propos de L'Herbe, entretien avec Pierre Dumayet, en compagnie de J&#233;r&#244;me Lindon.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Lectures pour tous, 29 octobre 1958, vid&#233;o, 9 min. 21. R&#233;alisateur : Jean Prat. Sur le site de l'INA &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; &#224; voir aussi sur YouTube&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-entretiens-.html" rel="directory"&gt;Entretiens &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Lindon-Jerome-164-+.html" rel="tag"&gt;Lindon, J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1451 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/simon_1958_lectures_pour_tous.jpg?1734797666' width='500' height='376' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00018223/claude-simon-a-propos-de-l-herbe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claude Simon &#224; propos de L'Herbe, entretien avec Pierre Dumayet&lt;/a&gt;, en compagnie de J&#233;r&#244;me Lindon.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Lectures pour tous&lt;/i&gt;, 29 octobre 1958, vid&#233;o, 9 min. 21. R&#233;alisateur : Jean Prat. Sur le site de l'INA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://youtu.be/9O5lQDSXLps?si=AFgkDMCOFuPn4hSQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; voir aussi sur YouTube&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Traduction russe d'un extrait de L'Herbe</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Traduction-russe-d-un-extrait-de-L-Herbe.html</link>
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		<dc:date>2014-05-01T21:04:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Traduction</dc:subject>
		<dc:subject>Vishnyakov, Alexey</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Texte fran&#231;ais : &lt;br class='autobr' /&gt;
Donc : la vieille femme &#8211; le vieux, le fragile amas d'ossements, de peau, d'organes ext&#233;nu&#233;s, aspirant au repos, au n&#233;ant originel, gisant &#8211; soulevant &#224; peine le drap &#8211; au sein, au centre de la maison, r&#233;gnant, invisible et omnipr&#233;sente, non seulement sur toutes les pi&#232;ces (pr&#233;sidant &#8211; sans qu'il soit besoin de nul b&#233;n&#233;dicit&#233; &#8211; au repas, &#224; la rupture en commun du pain dans le familier tintement des couverts heurtant les assiettes, au jacassement absurde de l'autre vieille (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte fran&#231;ais :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Donc : la vieille femme &#8211; le vieux, le fragile amas d'ossements, de peau, d'organes ext&#233;nu&#233;s, aspirant au repos, au n&#233;ant originel, gisant &#8211; soulevant &#224; peine le drap &#8211; au sein, au centre de la maison, r&#233;gnant, invisible et omnipr&#233;sente, non seulement sur toutes les pi&#232;ces (pr&#233;sidant &#8211; sans qu'il soit besoin de nul b&#233;n&#233;dicit&#233; &#8211; au repas, &#224; la rupture en commun du pain dans le familier tintement des couverts heurtant les assiettes, au jacassement absurde de l'autre vieille femme), mais encore les d&#233;bordant, &#233;tendant sa pr&#233;sence, son royaume au-del&#224; des murs, au-del&#224; m&#234;me du r&#226;le, comme si celui-ci n'avait m&#234;me pas besoin d'&#234;tre per&#231;u par l'oreille pour &#234;tre entendu jusqu'au bas de la colline, et m&#234;me plus loin, maintenant, dans la nuit silencieuse, la nocturne paix du jardin, des frondaisons et des oiseaux endormis, des insectes dans l'herbe noire, sous le ciel noir &#224; peine plus clair l&#224;-bas, du c&#244;t&#233; o&#249; s'en est all&#233; tout &#224; l'heure le cr&#233;puscule comme par une blessure par o&#249; se retire lentement la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, (Minuit, 1958. &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, II, Gallimard, Pl&#233;iade, p. 77)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte traduit en russe par Alexey Vishnyakov :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#1048;&#1090;&#1072;&#1082;, &#1085;&#1077;&#1084;&#1086;&#1083;&#1086;&#1076;&#1072;&#1103; &#1078;&#1077;&#1085;&#1097;&#1080;&#1085;&#1072; : &#1074;&#1089;&#1077;&#1075;&#1086; &#1083;&#1080;&#1096;&#1100; &#1075;&#1086;&#1088;&#1089;&#1090;&#1082;&#1072; &#8211; &#1089;&#1090;&#1072;&#1088;&#1099;&#1093;, &#1083;&#1086;&#1084;&#1082;&#1080;&#1093; &#8211; &#1082;&#1086;&#1089;&#1090;&#1077;&#1081;, &#1080; &#1086;&#1088;&#1075;&#1072;&#1085;&#1086;&#1074; &#1085;&#1072;&#1090;&#1088;&#1091;&#1078;&#1077;&#1085;&#1085;&#1099;&#1093;, &#1080; &#1082;&#1086;&#1078;&#1080;, &#1074;&#1079;&#1099;&#1089;&#1082;&#1091;&#1102;&#1097;&#1080;&#1093; &#1087;&#1086;&#1082;&#1086;&#1103;, &#1087;&#1077;&#1088;&#1074;&#1086;&#1079;&#1076;&#1072;&#1085;&#1085;&#1086;&#1075;&#1086; &#1085;&#1077;&#1073;&#1099;&#1090;&#1080;&#1103; ; &#1087;&#1086;&#1082;&#1086;&#1103;&#1089;&#1100; &#1085;&#1072; &#1086;&#1076;&#1088;&#1077; &#8211; &#1083;&#1080;&#1096;&#1100; &#1087;&#1088;&#1080;&#1087;&#1086;&#1076;&#1085;&#1103;&#1074; &#1085;&#1077;&#1084;&#1085;&#1086;&#1075;&#1086; &#1087;&#1086;&#1082;&#1088;&#1099;&#1074;&#1072;&#1083;&#1086; &#8211; &#1074;&#1086; &#1095;&#1088;&#1077;&#1074;&#1077;, &#1074; &#1083;&#1086;&#1085;&#1077;, &#1074; &#1089;&#1077;&#1088;&#1076;&#1094;&#1077;&#1074;&#1080;&#1085;&#1077; &#1076;&#1086;&#1084;&#1072;, &#1094;&#1072;&#1088;&#1103;&#1097;&#1072;&#1103; &#8211; &#1085;&#1077;&#1074;&#1080;&#1076;&#1080;&#1084;&#1072; &#1080; &#1074;&#1077;&#1079;&#1076;&#1077;&#1089;&#1091;&#1097;&#1072; &#8211; &#1074;&#1086; &#1074;&#1089;&#1077;&#1093; &#1077;&#1075;&#1086; &#1087;&#1086;&#1082;&#1086;&#1103;&#1093; (&#1076;&#1086;&#1074;&#1083;&#1077;&#1103; &#8211; &#1073;&#1077;&#1079;&#1086; &#1074;&#1089;&#1103;&#1082;&#1080;&#1093; &#1043;&#1086;&#1089;&#1087;&#1086;&#1076;&#1080; &#1087;&#1086;&#1084;&#1080;&#1083;&#1091;&#1081; &#8211; &#1080; &#1090;&#1088;&#1072;&#1087;&#1077;&#1079;&#1077;, &#1080; &#1087;&#1088;&#1077;&#1083;&#1086;&#1084;&#1083;&#1077;&#1085;&#1100;&#1102; &#1093;&#1083;&#1077;&#1073;&#1072;, &#1087;&#1088;&#1080;&#1074;&#1099;&#1095;&#1085;&#1086;&#1084;&#1091; &#1087;&#1086;&#1079;&#1074;&#1103;&#1082;&#1080;&#1074;&#1072;&#1085;&#1080;&#1102; &#1087;&#1088;&#1080;&#1073;&#1086;&#1088;&#1086;&#1074;, &#1085;&#1077;&#1083;&#1077;&#1087;&#1086;&#1084;&#1091; &#1095;&#1080;&#1088;&#1080;&#1082;&#1072;&#1085;&#1100;&#1102; &#1076;&#1088;&#1091;&#1075;&#1086;&#1081; &#1089;&#1090;&#1072;&#1088;&#1091;&#1093;&#1080;) &#1080; &#1076;&#1072;&#1078;&#1077; &#1080;&#1093; &#1087;&#1088;&#1077;&#1074;&#1086;&#1089;&#1093;&#1086;&#1076;&#1103; &#1080; &#1087;&#1088;&#1086;&#1089;&#1090;&#1080;&#1088;&#1072;&#1103; &#1087;&#1088;&#1080;&#1089;&#1091;&#1090;&#1089;&#1090;&#1074;&#1080;&#1077; &#1089;&#1074;&#1086;&#1105; &#1080; &#1094;&#1072;&#1088;&#1089;&#1090;&#1074;&#1080;&#1077; &#1089;&#1074;&#1077;&#1088;&#1093; &#1089;&#1090;&#1077;&#1085;, &#1089;&#1074;&#1077;&#1088;&#1093; &#1076;&#1072;&#1078;&#1077; &#1093;&#1088;&#1080;&#1087;&#1072;, &#1090;&#1072;&#1082;, &#1073;&#1091;&#1076;&#1090;&#1086; &#1086;&#1085; &#1080; &#1085;&#1077; &#1085;&#1091;&#1078;&#1076;&#1072;&#1083;&#1089;&#1103; &#1074; &#1074;&#1086;&#1089;&#1087;&#1088;&#1080;&#1103;&#1090;&#1100;&#1080; &#1089;&#1083;&#1091;&#1093;&#1086;&#1084;, &#1095;&#1090;&#1086;&#1073; &#1088;&#1072;&#1079;&#1085;&#1086;&#1089;&#1080;&#1090;&#1100;&#1089;&#1103; &#1076;&#1086; &#1087;&#1086;&#1076;&#1085;&#1086;&#1078;&#1080;&#1103; &#1093;&#1086;&#1083;&#1084;&#1072; &#1080; &#1076;&#1072;&#1078;&#1077; &#1076;&#1072;&#1083;&#1077;&#1077;, &#1090;&#1077;&#1087;&#1077;&#1088;&#1100;, &#1074; &#1085;&#1086;&#1095;&#1080; &#1073;&#1077;&#1079;&#1079;&#1074;&#1091;&#1095;&#1085;&#1086;&#1081;, &#1085;&#1086;&#1095;&#1085;&#1086;&#1084; &#1087;&#1086;&#1082;&#1086;&#1077; &#1089;&#1072;&#1076;&#1072;, &#1083;&#1091;&#1075;&#1072;, &#1089;&#1087;&#1103;&#1097;&#1080;&#1093; &#1087;&#1090;&#1080;&#1094;, &#1080; &#1085;&#1072;&#1089;&#1077;&#1082;&#1086;&#1084;&#1099;&#1093; &#1074; &#1090;&#1088;&#1072;&#1074;&#1072;&#1093; &#1095;&#1105;&#1088;&#1085;&#1099;&#1093;, &#1087;&#1086;&#1076; &#1085;&#1077;&#1073;&#1086;&#1084; &#1095;&#1105;&#1088;&#1085;&#1099;&#1084;, &#1095;&#1091;&#1090;&#1100; &#1089;&#1074;&#1077;&#1090;&#1083;&#1077;&#1081; &#1074; &#1090;&#1086;&#1081; &#1089;&#1090;&#1086;&#1088;&#1086;&#1085;&#1077;, &#1082;&#1091;&#1076;&#1072; &#1091;&#1090;&#1105;&#1082; &#1074;&#1077;&#1095;&#1077;&#1088;&#1085;&#1080;&#1081; &#1089;&#1091;&#1084;&#1088;&#1072;&#1082;, &#1090;&#1091;&#1076;&#1072;, &#1075;&#1076;&#1077; &#1082;&#1072;&#1082; &#1073;&#1099; &#1088;&#1072;&#1085;&#1072; &#1090;&#1086;&#1095;&#1080;&#1090; &#1082;&#1072;&#1087;&#1083;&#1077;&#1102; &#1079;&#1072; &#1082;&#1072;&#1087;&#1083;&#1077;&#1081; &#1087;&#1086;&#1089;&#1083;&#1077;&#1076;&#1085;&#1080;&#1081; &#1089;&#1074;&#1077;&#1090;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction lue par Alexey Vishnyakov :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;audio src=&#034;http://associationclaudesimon.org/mp3/Herbe en russe.mp3&#034; controls&gt;&lt;/audio&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>mais elle ne t'est rien</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/mais-elle-ne-t-est-rien.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/mais-elle-ne-t-est-rien.html</guid>
		<dc:date>2014-02-18T07:35:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Mais elle n'a rien, personne, et personne ne la pleurera (et qu'est-ce que la mort sans les pleurs ?) sinon peut-&#234;tre son fr&#232;re, cet autre vieil&#173;lard, et sans doute pas plus qu'elle ne se pleure&#173;rait elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire ne se permettrait de se pleurer, ne penserait qu'il est d&#233;cent, qu'il est convenable de ... &lt;br class='autobr' /&gt; - Mais elle ne t'est rien. &lt;br class='autobr' /&gt; - Non, dit Louise. &lt;br class='autobr' /&gt; - Elle ne t'est rien. &lt;br class='autobr' /&gt; - Non &#187;, r&#233;p&#233;ta-t-elle docilement. Mais elle continuait &#224; regarder devant elle quelque chose qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Mais elle n'a rien, personne, et personne ne la pleurera (et qu'est-ce que la mort sans les pleurs ?) sinon peut-&#234;tre son fr&#232;re, cet autre vieil&#173;lard, et sans doute pas plus qu'elle ne se pleure&#173;rait elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire ne se permettrait de se pleurer, ne penserait qu'il est d&#233;cent, qu'il est convenable de ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Mais elle ne t'est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Non, dit Louise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Elle ne t'est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Non &#187;, r&#233;p&#233;ta-t-elle docilement. Mais elle continuait &#224; regarder devant elle quelque chose qu'il ne pouvait pas voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Alors rien &#187;, dit-elle (regardant toujours, par del&#224; les arbres, les pr&#233;s, la paisible campagne de septembre, ce quelque chose qu'il ne pouvait pas voir).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon. &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; (Minuit, 1958, incipit, p. 9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1852&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire les premi&#232;res pages ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cl&#233;ment-Perrier, Annie, &#171; La photographie chez Claude Simon : un objet m&#233;lancolique ? &#187; (2009)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Clement-Perrier-Annie-La-photographie-chez-Claude-Simon-un-objet-melancolique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Clement-Perrier-Annie-La-photographie-chez-Claude-Simon-un-objet-melancolique.html</guid>
		<dc:date>2013-02-21T17:20:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>
		<dc:subject>Le Jardin des Plantes</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;lancolie</dc:subject>
		<dc:subject>Cl&#233;ment-Perrier, Annie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cl&#233;ment-Perrier, Annie, &#034;La photographie chez Claude Simon : un objet m&#233;lancolique ?&#034;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Jardin-des-Plantes-+.html" rel="tag"&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Photographie-+.html" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Melancolie-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;lancolie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Clement-Perrier-Annie-+.html" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment-Perrier, Annie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Annie Cl&#233;ment-Perrier. &#171; La photographie chez Claude Simon : un objet m&#233;lancolique ? &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-5-2009-65.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt; 5, 2009&lt;/a&gt;, p. 67-83
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;preuve&#034;&gt;Preuves, &#233;preuves&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le sait, la photographie est par essence m&#233;lancolique puisque &#171; c'est de nous savoir mortels, &#244; combien, qui nous incite &#224; fixer l'image de l'instant o&#249; nous aurons &#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bergounioux, Carnet de notes 1991-2000, Verdier, 2007, p. 553.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Et toute photographie rend sensible dans un texte la dimension m&#233;lancolique du temps, atteste la vuln&#233;rabilit&#233; de l'existence, de ce qui a &#233;t&#233;, dont il reste l'empreinte lumineuse, la trace visible laiss&#233;e par la chose d&#233;sormais absente. Tel est du moins, &#224; l'heure de l'av&#232;nement du num&#233;rique et de l'incertitude de son r&#233;f&#233;rent, l'h&#233;ritage de la photographie argentique qui a &#171; pour territoire les albums, les archives ou les murs des galeries &#187;, dont chaque &lt;i&gt;instantan&#233;&lt;/i&gt; (ou &lt;i&gt;n&#233;gatif-empreinte&lt;/i&gt;) &#171; scelle dans sa mati&#232;re les formes des choses du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Rouill&#233;, La photographie , Entre document et art contemporain, Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Nous savons quel r&#244;le d&#233;cisif et inspirant ont tenu dans l'imaginaire des &#233;crivains du XIXe si&#232;cle, les termes du processus photographique argentique (&lt;i&gt;l'impression&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;la r&#233;v&#233;lation&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'imprim&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le n&#233;gatif&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;la chambre noire&lt;/i&gt;, etc.)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Philippe Hamon, tout particuli&#232;rement le chapitre I- &#171; L'image (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si nous ne pouvons pas encore vraiment concevoir ce qui, dans le mode de photographie num&#233;rique, viendra influencer les modes de pens&#233;e, nous savons d&#233;j&#224; ce qui diff&#233;rencie ces deux techniques de photographie, argentique et num&#233;rique. Ce sont d'abord la r&#233;f&#233;rence indubitable pour l'une (le &#171; &#231;a a exist&#233; &#187;) puisque l'empreinte lumineuse assure une continuit&#233; de mati&#232;re entre les choses, les &#234;tres et leurs images : c'est le r&#233;gime de l'empreinte, de l'analogie, de l'enregistrement de la r&#233;alit&#233; visible, de l'image comme &lt;i&gt;preuve&lt;/i&gt;. Et la r&#233;f&#233;rence plus al&#233;atoire pour l'autre (&#171; &#231;a pourrait &#234;tre comme cela &#187;) : il n'y a pas &#233;criture de la lumi&#232;re, mais &#233;criture des nombres, et &#224; la limite le r&#233;f&#233;rent est facultatif. Mais la diff&#233;rence la plus importante tient, me semble-t-il, &#224; l'annulation d'une &lt;i&gt;distance&lt;/i&gt;, celle du n&#233;gatif et des op&#233;rations n&#233;cessaires &#224; la &lt;i&gt;r&#233;v&#233;lation&lt;/i&gt; de l'image : tout un pan de r&#234;verie s'en trouve effac&#233;, et le rapport au temps et &#224; l'espace, modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la place de ce medium dans l'&#339;uvre de Claude Simon (qui a &#233;t&#233; photographe amateur avant d'&#234;tre &#233;crivain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons l'&#339;uvre photographi&#233;e, Claude Simon Photographies (1992), Album (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ). Au regard de l'attention fascin&#233;e qu'il porte &#224; l'acte photographique (fixer l'instant), de la similitude qui existe pour lui entre l'&#233;criture litt&#233;raire et photographique (que souligne Denis Roche dans sa pr&#233;face &#224; Claude Simon &lt;i&gt;Photographies. 1937-1970&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; C'est le r&#234;ve r&#233;alis&#233;, &#224; chaque livre, de tout faire tenir ensemble : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), et parce qu'elle valorise l'&#339;il et la vue, l'&#233;criture de Simon pratique, pourrait-on dire, une &#171; photographie sans appareil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre d'un ouvrage de G&#233;rard Mac&#233;, La Photographie sans appareil, Textes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : elle est une &#233;criture de la vision, une vision qui, toujours, &lt;i&gt;surexpose&lt;/i&gt; les sensations : images &#224; partir desquelles prend forme l'id&#233;e du roman&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Madeleine Chapsal qui lui demande : &#171; Vous percevez votre livre comme un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, fa&#231;on de d&#233;couper le r&#233;el (comme la mise en route de l'&#233;criture dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; (1969), avec l'&#233;clair de l'oiseau qui raye le ciel &#224; l'incipit, ou encore &#171; &#233;blouissements &#187; de celui qui &#233;crit dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; ), de telle sorte que &#171; l'esprit de l'&#233;crivain se d&#233;ploie &#224; l'int&#233;rieur d'un minuscule espace de vis&#233;e, qu'il va emplir peu &#224; peu jusqu'&#224; occuper toute l'immensit&#233; int&#233;rieure et rien qu'elle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Denis Roche, &#171; De la t&#233;n&#232;bre inverse &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. L'&#339;il que Claude Simon porte sur le monde est un &#339;il exerc&#233; &#224; la pratique photographique, un &#339;il toujours en qu&#234;te de nouvelles voies descriptives, et l'on conna&#238;t le sort qu'il r&#233;serve &#224; l'image&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alastair Duncan dans son Introduction &#224; l'&#339;uvre de Claude Simon, rappelle ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans les romans des ann&#233;es 70. Mais il est aussi un &#339;il m&#233;lancolique, qui cherche &#224; voir ce qui semble &#224; jamais perdu de vue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a de la m&#233;lancolie dans toute photographie, disions-nous, il y en a assur&#233;ment dans les photographies de l'album familial que l'on rencontre dans les romans de Claude Simon. Mais ne donneraient-elles &#224; lire que cela ? Leur insistante pr&#233;sence dans la trame narrative et les variations de leur emploi, qui empruntent &#224; l'une et &#224; l'autre des postulations et des modalit&#233;s descriptives diff&#233;rentes relev&#233;es plus haut, demandent que soit r&#233;-interrog&#233;e la notion m&#234;me de m&#233;lancolie chez cet &#233;crivain : ce que je me propose de faire &#224; travers des exemples choisis dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, et dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, deux romans qui ouvrent une perspective autobiographique dans l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;melancholia&#034;&gt;Melancholia&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &#224; la dimension m&#233;lancolique des photographies que scrutent intens&#233;ment les narrateurs des romans simoniens &#224; partir de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; (1958), ce moment o&#249; Claude Simon commence &#224; &#233;crire &#224; partir de son v&#233;cu, que je m'arr&#234;terai en premier lieu. Ce que nous demandons &#224; la photographie, c'est de &lt;i&gt;fixer&lt;/i&gt; des moments heureux. Et c'est ce qui la rend poignante lorsque les acteurs ne sont plus l&#224;. Ce n'est pas tant la photographie qui est m&#233;lancolique que le regard que nous portons sur elle, puisque dans toute photo, &#233;crit Barthes avec son &lt;i&gt;&#231;a-a-&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Barthes, La Chambre claire, Gallimard, 1980,&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la mort est inscrite en creux. &lt;i&gt;Sunt lacrimae rerum&lt;/i&gt;, il y a des larmes dans les choses, il y en a dans les photos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je fais r&#233;f&#233;rence au roman de Daniel Mendelsohn Les Disparus, qui cite cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toute photographie regard&#233;e renvoie &#224; quelqu'un, &#224; un moment de vie fix&#233; par l'image, d&#233;sormais enfui : dans la photographie nous lisons l'absence, la perte. C'est en tout cas comme cela que nous apparaissent les photographies tir&#233;es de l'archive familiale simonienne, dont l'effet est d'autant plus efficace que nous connaissons pour avoir vu dans le &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt; de L. D&#228;llenbach ou dans les journaux lors des parutions des romans (en particulier &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; (1989) et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; (2001) d'&#233;mouvantes photos s&#233;pia, d'autant plus &#233;mouvantes qu'elles rendent &#171; possible l'&#233;criture d'une &#171; histoire &#187; que l'auteur se refuse &#224; &#233;crire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martine L&#233;onard, &#171; Photographie et litt&#233;rature : Zola, Breton, Simon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; , mais qui devient de plus en plus lisible avec le temps. Le regard port&#233; sur une photographie du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; sur laquelle &#171; l'encre d'un vilain violet, [&#8230;.] comme recouverte d'un l&#233;ger moisi d'un vert dor&#233; [&#8230;] comme si les larmes glissant &#224; la surface de la photographie n'avaient entra&#238;n&#233; qu'un peu de cette l&#233;g&#232;re rouille dont &#233;taient faits les joueurs de tennis [&#8230;] et les claires silhouettes des femmes aux grands chapeaux &#187; (&lt;i&gt;Tram&lt;/i&gt;., 137-8) est m&#233;lancolique. M&#233;lancolique aussi, le regard qui s'attarde sur une photographie d&#233;crivant dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; une jeune femme souriante &#171; comme si le photographe avait saisi ce fugace instant d'immobilit&#233;, d'&#233;quilibre, [&#8230;] pouvant croire le temps d'un &#233;blouissement qu'elle ne retombera jamais, qu'elle restera ainsi &#224; jamais suspendue [&#8230;] au-dessus du vide, du noir &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;., 146).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;lancolie n'est pas seulement pr&#233;sente dans les photos des romans simoniens, elle impr&#232;gne l'&#339;uvre d'une tonalit&#233; sombre, elle est indissociable du sentiment de l'in&#233;luctable qui affecte et nourrit l'&#233;criture d&#232;s ses d&#233;buts. La mort, l'ombre du deuil autour des disparus hantent les romans, &#224; mesure que se feuillettent albums et archives familiales, &#171; fatras de vieilles lettres, d'&#233;preuves de photos et de papiers jaunis &#187; (&lt;i&gt;V&lt;/i&gt;., 11) que ne cessent de consulter, de tra&#238;ner avec eux, ou de scruter les diff&#233;rents narrateurs simoniens, en qu&#234;te d'eux-m&#234;mes et du pass&#233; ou de ce qui s'est pass&#233; : la ruine ou la tombe, la couleur noire, la tache, sont quelques-uns des sympt&#244;mes dans l'&#233;criture de cette &lt;i&gt;melancholia&lt;/i&gt;, la bile noire, qui agit sur les &#234;tres pour lesquels le monde est comme d&#233;vitalis&#233;, fig&#233;s qu'ils sont dans un &#233;tat de deuil qui ne finit pas. Le sentiment d'&#233;tranget&#233; au monde en est un autre, qui se dit chez Claude Simon par le recours &#224; la syntaxe, par les m&#233;taphores (le froid de la mort qui envahit la vieille maison familiale pour le jeune gar&#231;on qui va perdre sa m&#232;re dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, le bruit des arbres, du vent glacial, l'oncle Charles s'enfermant dans son bureau apr&#232;s la mort de sa femme) ou que nous rencontrons chez Mont&#232;s dans &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt;, Louise dans &lt;i&gt;l'Herbe&lt;/i&gt; comme s&#233;par&#233;e du monde ext&#233;rieur par une vitre, chez le narrateur d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; sous le poids du pass&#233;, ou le brigadier de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; sous sa cloche de verre. Le &#171; Je ne suis rien &#187; du m&#233;lancolique est aussi ce qui ouvre &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, le &#171; rien &#187; de Louise &#224; propos de la vieille Marie occup&#233;e &#224; mourir (&#171; Mais elle n'a rien &#187; [9]) s'achevant sur le &#171; rien &#187; (&#171; puis plus rien &#187;[262]) de l'auteur. Une sorte de sortil&#232;ge, de &lt;i&gt;sid&#233;ration&lt;/i&gt; m&#233;lancolique rive Louise au destin de Marie ; de la m&#234;me fa&#231;on, le brigadier de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; augure sa mort en s'identifiant &#224; celle de son p&#232;re (&#171; et maintenant il allait mourir &#187;[&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;. 163]), comme si le m&#233;lancolique subissait et reprenait &#224; son compte le poids ou la faute ou le destin des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es. Je reviendrai sur ce terme de sid&#233;ration. Mais rappelons tout de suite que dans une th&#233;orie de l'image photographique con&#231;ue comme une relique, une empreinte mat&#233;rielle, l'instantan&#233; appara&#238;t comme un pr&#233;sent suspendu, fig&#233;, sid&#233;r&#233;. Une vision qui renoue avec, ou prolonge, la m&#233;lancolie romaine et son d&#233;sir de &#171; fixer &#187; l'instant, tel ce &#171; tableau d'Antiphilos o&#249; on admirait un jeune gar&#231;on soufflant sur le feu et illuminant sous son souffle son visage. C'est un illusionnisme de l'instant. C'est un &#8220;instantan&#233;&#8221; &#187;, &#233;crit Pascal Quignard, qui ajoute : &#171; La vie frissonne de lumi&#232;re sur fond de mort.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Quignard, Le Sexe et l'effroi, Gallimard, 1994, p. 229.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; . Ou l'image pens&#233;e comme un regard &#171; m&#233;dusant &#187; qui arr&#234;te le temps, fige l'&#233;ph&#233;m&#232;re. Or, ce qui fascine Claude Simon dans la photographie, c'est son rapport au temps, c'est qu'elle est la seule &#224; pouvoir &#171; saisir et garder une trace de ce qui n'avait encore jamais &#233;t&#233; et ne sera plus jamais. &#187; (&lt;i&gt;Phot&lt;/i&gt;., avant-propos)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;rousses&#034;&gt;&#171; rousses encore s&#233;pia &#187;&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'en viens &#224; &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, ce roman qui amorce le tournant autobiographique annonc&#233; par &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, celui aussi dans lequel apparaissent pour la premi&#232;re fois ces photographies de famille que regarde ou d&#233;crit le narrateur. Mais ce qui m'int&#233;resse ici, c'est un souvenir qui revient &#224; la m&#233;moire du narrateur dans ce roman d'une journ&#233;e au cours de laquelle les perceptions du pr&#233;sent aimantent les souvenirs du pass&#233;. Il s'agit du bac dans le jardin familial dans lequel il rin&#231;ait des n&#233;gatifs avec sa cousine Corinne &#171; si jolie pench&#233;e en avant &#187; qui trouble le jeune gar&#231;on qu'il &#233;tait alors :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;le bord de sa robe d'&#233;t&#233; b&#226;illant leurs bouts rose p&#226;le comme une enflure comme l'aur&#233;ole d'un abc&#232;s se soulevant et s'abaissant respirant le bouquet de lierre au parfum de cadavre poivr&#233; terreux dans l'air surchauff&#233; Disant &#231;a suffit maintenant il n'y a qu'&#224; les laisser sous le robinet tu les surveilleras sa main cessant d'agiter l'eau du bac les reflets cess&#232;rent de se m&#233;langer se regroup&#232;rent d'un c&#244;t&#233; le ciel de l'autre la touffe de lierre renvers&#233;e noire son bord dentel&#233; festonn&#233; divisant le bac &#224; peu pr&#232;s en deux parties Dans l'une je pouvais voir les nuages &#233;blouissants glisser et dans l'autre (celle o&#249; se refl&#233;tait la masse obscure du lierre) les petits rectangles tachet&#233;s s&#233;pia couleur de feuilles mortes comme de minces pellicules de temps de l'&#233;t&#233; mort auquel nos images (certaines floues et boug&#233;es comme si nous &#233;tions pass&#233;s devant l'appareil clignant des yeux dans le soleil &#224; une vitesse terrifiante et vertigineuse) restaient accroch&#233;es [...] &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 92-93)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On aura not&#233; la dimension photographique de la sc&#232;ne : le bac et le bain r&#233;v&#233;lateur, les images, les &#171; pellicules de temps &#187;, le clair et l'obscur, la n&#233;buleuse photochimique (les nuages, la lumi&#232;re). Ces n&#233;gatifs seront &#233;voqu&#233;s une deuxi&#232;me fois dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; (p. 379 et 380), et c'est encore par la m&#233;diation de Corinne et la vision qu'il en avait dans son enfance et son adolescence (p. 109, 116, 120, 122) que le narrateur est amen&#233; &#224; se souvenir d'une fontaine alimentant un bassin rempli d'une eau noire et de feuilles pourrissantes lui rappelant les pellicules s&#233;pia, lors d'une visite d'un mus&#233;e en Gr&#232;ce avec H&#233;l&#232;ne qu'il est sur le point de quitter. L'image de l'une se superposant &#224; l'autre, le d&#233;sir trouble que Corinne suscitait alors &#233;veillant d'autres &#233;vocations de trouble et de d&#233;sir, de sexualit&#233; pleine de culpabilit&#233; devant le d&#233;sarroi d'H&#233;l&#232;ne. Mort de l'amour et sexualit&#233;, m&#233;lancolie et d&#233;sir d'aller vers autre chose, inextricablement li&#233;s ici :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Dans les parties du bassin o&#249; l'eau refl&#233;tait les feuillages sombres des lauriers on en voyait d'autres accumul&#233;es dans le fond vert-noir brunes visqueuses pourrissant les plus r&#233;centes rousses encore s&#233;pia coll&#233;es ensemble par paquets minces pellicules de temps d'&#233;t&#233; mort invisibles dans la moiti&#233; du bac que remplissait le ciel les nuages &#233;clatants mais apr&#232;s la d&#233;coupe dentel&#233;e de la cr&#234;te du buisson de lierre on pouvait distinguer nos images quelques-unes floues comme si nous &#233;tions pass&#233;s devant l'objectif emport&#233;s &#224; toute vitesse (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 380).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je reviendrai sur cette s&#233;quence, mais il me faut pour l'instant m'arr&#234;ter sur la m&#233;taphore de la photo/feuille morte (&#171; rousses encore s&#233;pia &#187;), m&#233;taphore m&#233;lancolique et classique des humains comme &#171; des feuilles, qui tant&#244;t vivent pleines d'&#233;clat, en mangeant le fruit de la terre, et tant&#244;t se consument et tombent au n&#233;ant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Virgile, au chant XXI, v.464-467 de L'&#201;n&#233;ide.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Et dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; (1947), n'est-ce pas la feuille qui se d&#233;tache de l'arbre et glisse dans l'eau, qui vient &#224; l'esprit &#224; la lecture de ces lignes sombres sur la mort et la fa&#231;on dont les mourants semblent &#171; se d&#233;tacher de vous avec indiff&#233;rence, vous repousser, et s'enfoncer en eux-m&#234;mes au moment o&#249; ils ont compris que l'heure de leur mort est arriv&#233;e &#187; (&lt;i&gt;CR&lt;/i&gt;., 21) ? Dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, des carnets de Marie que regarde Louise, glisse une photographie &#171; elle-m&#234;me semblable &#8211; l'&#233;preuve au bromure mal fix&#233;, jaunie, aux reflets bruns &#8211; &#224; une feuille morte, avec son assembl&#233;e de personnages morts posant, &#187; (&lt;i&gt;Herbe&lt;/i&gt;, 223-224). Une feuille morte destin&#233;e &#224; pourrir, comme les corps des personnages (&#171; presque tous &#233;taient morts &#187;) posant avec nonchalance sur une ancienne photo du mariage de Pierre et Sabine (69) &#233;taient destin&#233;s &#224; bient&#244;t &#171; pourrir, souvent sans s&#233;pulture, ou h&#226;tivement recouverts de quelques pellet&#233;es de terre, ou jet&#233;s p&#234;le-m&#234;le dans un charnier avec ceux des milliers, des centaines de milliers de leurs semblables &#187; (72). Je souligne le d&#233;tail de cette photo/feuille morte, car la feuille pourrissante, le tapis de feuilles pourries est quelque chose qui revient dans l'&#339;uvre, et en particulier dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a le souvenir du bassin tapiss&#233; de feuilles pourries du Jardin des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette photographie glissant des carnets de Marie comme une feuille morte est &#224; rapprocher dans un passage des &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt; de la feuille que regarde le visiteur, &#171; se d&#233;tachant, tombant de branche en branche en molles glissades, se balan&#231;ant dans l'air immobile comme une plume d'or terni, impond&#233;rable, &#233;ph&#233;m&#232;re, s'affalant enfin sans bruit &#187; (&lt;i&gt;G&lt;/i&gt;.,162) avant de rejoindre le &#171; tapis pourrissant &#187; de feuilles pourrissantes, ce &#171; magma v&#233;g&#233;tal &#187; &#224; partir duquel repoussent des &#171; touffes d'herbe d'un vert paradoxalement tendre &#187; (163), par les lois de &#171; transmutation &#187; (162) de la mati&#232;re (&#171; l'air humide, frais, charg&#233; d'un subtil et d&#233;l&#233;t&#232;re parfum non de mort, d'agonie, de putr&#233;faction : plut&#244;t (comment dire ?) de transmutation &#187;. La m&#233;lancolie profonde du spectacle de la mort et de la pourriture dans la nature c&#232;de place &#224; l'id&#233;e que la vie est plus puissante et que les formes naissent &#224; partir d'autres formes ou sous d'autres formes. Ce qui est mort continue &#224; vivre autrement. Comme si le regard port&#233; par Simon sur le cycle cosmique, le retour des choses si sensible dans tous ses romans, &#233;tait dict&#233; par un n&#233;cessaire d&#233;sir de &#171; &lt;i&gt;donner une chair &#224; l'ombre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette id&#233;e est d&#233;velopp&#233;e par Roland Gori &#224; propos des cadavres d&#233;chiquet&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; , &#233;tait dict&#233; par un d&#233;sir de s'arracher &#224; l'entreprise de sid&#233;ration, de fascination sensible chez bien des personnages de romans simoniens devant la mort, de puiser une ressource devant la beaut&#233; du monde et dans le cycle de la nature. On se souvient du brigadier de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#233;chapp&#233; du camp de prisonniers,qui se r&#233;concilie avec l'humain apr&#232;s avoir recopi&#233; l'&#233;criture des herbes, des foug&#232;res, des &#233;corces. Et l'on sait &#224; quel point Claude Simon est fascin&#233; par ce que Merleau-Ponty appelle &#171; la chair du monde &#187;, &#224; quel point son &#233;criture rend palpable cette fascination, &#224; quel point elle est d&#233;sir de rendre compte de cette pr&#233;sence au monde. Alors dans cette le&#231;on de vie des &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt; qui fait appel au subtil travail de transformation de la mati&#232;re, il semble que l'on puisse lire quelque chose qui ressemble au travail de transformation de l'&#233;criture sur la mati&#232;re m&#233;lancolique du pass&#233;, et cela tout particuli&#232;rement dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, ce roman dans lequel il est question de distillation, de sublimation de la mati&#232;re, dans la &lt;i&gt;chambre noire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a dans l'&#339;uvre de Claude Simon bien des chambres noires ou chambres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aux volets clos de l'Oncle Charles. Quelque chose qui ressemble au travail auquel celui-ci se livre et qui &#233;voque &#233;galement l'&#233;volution du d&#233;veloppement photographique, puisque c'est par le biais &#171; d'une s&#233;rie de transformations techniques, mat&#233;rielles et formelles qu'un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;el devient un ph&#233;nom&#232;ne photographique [&#8230;] chaque &#233;tape se caract&#233;rise par un changement de mati&#232;re : une transsubstantiation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Rouill&#233;, op. cit. p. 118-9.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Image photographique ou image v&#233;g&#233;tale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans sa communication &#171; &#8220;Dans la lumi&#232;re rouge du laboratoire&#8221;, la m&#233;taphore (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui s'&#233;nonce l&#224; touche &#224; la peau, &#224; la chair comme &#224; la feuille du livre, et touche au pouvoir du roman de mettre &#224; distance les exp&#233;riences v&#233;cues en les incarnant dans les mots.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, seul roman dans lequel il est question de n&#233;gatifs, d'images en cours de d&#233;veloppement, en devenir, donne donc &#224; lire dans les images doublement muettes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ph. Hamon : &#171; Image muette, la photographie est aussi comme le &#8220;n&#233;gatif&#8221; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du bac et de son bain r&#233;v&#233;lateur ce qui va &#234;tre entrepris par Claude Simon &#224; partir de ce moment-l&#224;, qui ajoute aux recherches formelles une dimension autobiographique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Viart souligne, au chapitre &#171; Variations autobiographiques &#187; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une dimension autobiographique &#224; mettre entre guillemets, en partie &#233;crite &#224; l'insu du narrateur (l'eau noire dans une partie du bac, le pass&#233;, la feuille pourrissante, ce qui a eu lieu), contredite par l'eau claire dans l'autre partie, les variations des nuages et les jeux de la lumi&#232;re qui s'y refl&#232;tent, &#224; l'image m&#234;me du cadre de la page et du dessein infini et mouvant de l'&#233;criture qui en jaillira, dont il ne sait encore rien). Tous &#233;l&#233;ments venant dire &#224; la fois la m&#233;lancolie et le mouvement dynamique des recherches : identitaire, familiale, et formelle, que concentre le titre du roman, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;istoria&lt;/i&gt;, qu&#234;te, enqu&#234;te. N'est-ce pas sa propre pr&#233;sence que questionne &#224; travers les photos parentales d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, ce &#171; Moi ?... &#187; du narrateur &#224; la toute fin du roman ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien une dimension m&#233;lancolique et intimiste dans l'&#233;vocation des photos rinc&#233;es dans un bac : les images, &#171; nos images (certaines floues et boug&#233;es &#187;) appellent tout de suite un rapprochement avec le &#171; halo flou &#187; qui entoure le portrait du p&#232;re (qui n'est pas nomm&#233; comme tel dans le roman) sur la photographie (toujours dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;) que le narrateur regarde lorsqu'il est enfant, &#171; le fond s&#233;pia clair allant p&#226;lissant en d&#233;grad&#233; jusqu'au blanc de sorte qu'il avait l'air de planer [&#8230;] &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 17), venant moins parler de m&#233;lancolie et d'un p&#232;re inconnu que de l'ouverture de cette image &#224; la dimension du mythe (repris par la majuscule, la d&#233;ification, la souffrance du Christ dans le texte). Les choses sont dites en filigrane, &#224; l'encre &lt;i&gt;s&#233;pia&lt;/i&gt;, ce nuage d'encre dans lequel se d&#233;robe la seiche en fuyant. Ce qui nous est aussi donn&#233; &#224; lire, c'est ce &lt;i&gt;reste&lt;/i&gt; (A. Rouill&#233;) qui accompagne l'acte photographique, qui flotte autour de l'image, ce trouble auquel se m&#234;le la mort toujours pr&#233;sente dans la vision de l'auteur (l'&#233;t&#233; mort, l'odeur de cadavre du lierre, etc., le &lt;i&gt;fascinum&lt;/i&gt;, cet effroi dont parle Pascal Quignard), dont il se souvient &#224; la vue des feuilles mortes &#233;voquant les clich&#233;s dans l'eau. Il y a le temps de la prise photographique (le jeune gar&#231;on et sa cousine, donc le pr&#233;sent v&#233;cu), dans lequel prend place l'image au moment de sa saisie avec toutes les sensations qui l'accompagnent. Et puis, il y a le temps des clich&#233;s encore flous, de &lt;i&gt;l'image pas encore l&#224; et pourtant d&#233;j&#224; l&#224;&lt;/i&gt;, le temps de l'image latente, ouverte sur le devenir. Et ce qui est sensible dans les images &#171; comme si nous &#233;tions pass&#233;s &#224; toute vitesse &#187;, c'est le pass&#233; qui d&#233;j&#224; envahit corps et choses : &lt;i&gt;encore l&#224; et pourtant d&#233;j&#224; pass&#233;s&lt;/i&gt; alors m&#234;me que la photo n'est pas encore d&#233;velopp&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je m'inspire ici du chapitre &#171; Temporalit&#233;s photographiques &#187; de l'ouvrage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et pour celui qui se souvient, le pr&#233;sent se m&#234;le de pass&#233; et de son pr&#233;sent contemporain, montrant qu'un moment photographique ne se r&#233;duit pas seulement &#224; la photographie qui sera regard&#233;e, mais fait intervenir tout ce qui se produisit alors et qui n'&#233;tait pas enti&#232;rement l&#224;, c'est-&#224;-dire per&#231;u comme tel. Par ailleurs, comme dans le moment de l'&#233;criture, ce moment de perception au pr&#233;sent qui s'accompagne de m&#233;moire, r&#233;elle, incertaine, lacunaire, fictive, ne pouvant jamais &#234;tre confront&#233; &#224; ce qui est repr&#233;sent&#233;, peut se pr&#234;ter &#224; toutes sortes de manipulations. On s'en souvient &#224; propos de la &#171; photo de l'atelier &#187;, toujours dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, &#224; propos de l'image &#171; fuligineuse non pas floue si l'on regarde plus attentivement, mais boug&#233;e &#187; (267) qui a &#233;t&#233; &#171; invent&#233;e de toutes pi&#232;ces &#224; partir d'une photo parfaitement nette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce que nous apprend Lucien D&#228;llenbach dans les notes (40) de son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; dont Claude Simon visualise par un dessin la mise en mouvement, pour sugg&#233;rer (et brouiller tout &#224; la fois) l'image du transfert du neveu sur l'oncle ou de l'oncle sur le neveu. Le flou photographique prend ainsi en charge le myst&#232;re narratif engendr&#233; par les glissements qui s'op&#232;rent dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a bien autre chose encore, qui touche au dispositif formel : le rappel des photos/feuilles mortes dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; inaugure l'intertextualit&#233; fameuse et largement comment&#233;e des feuilles de l'arbre devant la fen&#234;tre &#224; l'incipit d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; et &#224; la clausule de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, des feuilles anim&#233;es par le souffle du vent et celui de l'&#233;criture. Ce que Claude Simon rend sensible au lecteur, par la r&#233;&#233;criture des photos/ feuilles mortes, c'est de la &lt;i&gt;dur&#233;e&lt;/i&gt;, du temps non pas fig&#233;, fix&#233;, mais du temps de latence, du roman, de l'&#233;criture, de la lecture, dont il (le lecteur) peut percevoir l'&#233;paisseur palimpseste. Et puis, ces images &#171; floues &#187;, ne marqueraient-elles pas, bien avant l'heure du num&#233;rique, l'intention d'un regard &lt;i&gt;sur l'image en elle-m&#234;me&lt;/i&gt; plut&#244;t que sur son r&#233;f&#233;rent ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;photo&#034;&gt;La photo dans le roman, le roman d'une photo&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'image photographique est sans doute travers&#233;e par deux grands modes, l'un affirmatif (le &#171; &#231;a-a-&#233;t&#233; &#187;, l'empreinte du pass&#233;), et l'autre interrogatif (&#171; que s'est-il pass&#233; ? &#187;) qui est sans r&#233;ponse, qui ouvre donc sur un champ d'incertitude, d'oublis, de virtualit&#233;s, de secret, au fondement m&#234;me de la m&#233;moire, de la manipulation, de l'&#233;criture. Mais &#224; cela il arrive que Claude Simon ajoute la question autrement troublante et d&#233;concertante du &#171; qu'aurait-il pu se passer ? &#187;, comme on va le voir avec la photographie de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Revenons en effet &#224; la photographie qui s'&#233;chappe des carnets de Marie, la vieille femme en train de mourir, cette photo que ramasse et scrute la jeune Louise sur le point de quitter son mari, Georges, qu'elle cro&#238;t d'abord reconna&#238;tre enfant, mais s'aper&#231;oit, puisque la photo est dat&#233;e (ao&#251;t 1896), qu'il s'agit de Pierre, le p&#232;re de celui-ci. Toute photo met en &#233;vidence la ressemblance, la filiation, l'identit&#233;, l'h&#233;ritage en quelque sorte, et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette photo de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; qui annonce, bien avant &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, je le crois, l'entreprise autobiographique qui s'&#233;crit en filigrane des recherches formelles et scripturales mises en &#339;uvre dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais autre chose est &#224; lire dans la photo regard&#233;e par Louise dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;. Ce n'est plus Georges ou Pierre que regarde Louise, mais Marie jeune fille et le jeune botaniste au sujet desquels elle invente une histoire qui n'a pas eu lieu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] et peut-&#234;tre, un peu plus tard, les deux silhouettes &#8211; la robe de bronze et celle en culotte cycliste &#8211; glissant lentement, d&#233;chiquet&#233;es, entre les branches croulantes du verger &#233;vanescent (comme si Louise avait pu les voir, les suivre des yeux, [&#8230;] et [&#8230;] tous les deux, secouant l'arbre, riant &#8211; ou plut&#244;t le prunier secou&#233;, le froissement de feuilles, sans que l'on voie autre chose qu'un fragment de robe ; une main, un bras ? &#8211; [&#8230;] lui faisant sa demande, demandant la permission de revenir, et elle disant Oui en le regardant bien en face, de ses yeux clairs, tranquilles [&#8230;] (&lt;i&gt;Herbe&lt;/i&gt;, 234).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, &#171; Louise invente, devant la photographie de Marie jeune, le &#171; roman &#187; d'un amour sacrifi&#233; qui donne un sens &#224; la vie qui s'ach&#232;ve. La lecture qu'elle fait de la photographie projette &#233;videmment sa propre angoisse et la photo devient alors l'embl&#232;me du travail du romancier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martine L&#233;onard, art. cit. p. 106.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; La photographie est une &#171; machine &#224; fictions &#187; (Anne-Marie Garat), sans aucun doute&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourra se reporter &#224; son essai Photos de famille, Seuil, 1994. Notons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et photographie et &#233;criture ont un m&#234;me potentiel de virtualit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons avec A. Rouill&#233; que &#171; Le virtuel d&#233;signe ici ce qui n'existe qu'en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ici, la photographie n'est plus un embrayeur de souvenirs, elle met en mouvement quelque chose qui aurait pu &#234;tre et qui est de l'ordre du d&#233;sir. Louise regardant les deux personnages, Marie et le jeune botaniste, met en sc&#232;ne son &lt;i&gt;d&#233;sir&lt;/i&gt; de faire vivre quelque chose qui n'a pu avoir lieu, peut-&#234;tre rest&#233; dans les limbes ou qu'elle imagine, et ce d&#233;sir n&#233; de la m&#233;lancolie du &#171; jamais plus &#187;, je me risque &#224; l'appeler une &lt;i&gt;m&#233;lancolie d&#233;sirante&lt;/i&gt;. Mais il y a une diff&#233;rence sensible entre le travail de reconstitution d'une vie au plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233;, autour d'une photographie, telle l'entreprise de Pierre Bergounioux dans &lt;i&gt;Miette&lt;/i&gt;, par exemple, qui tente de retrouver par l'&#233;criture un personnage disparu et l'entreprise de Claude Simon dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; qui transforme une donn&#233;e (la photo) en variable, en quelque chose &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt;, quelque chose qui &#233;chappe un instant &#224; son destin, qui transforme ce qui &lt;i&gt;a-&#233;t&#233;&lt;/i&gt; en ce qui aurait pu &#234;tre. Le r&#233;cit s'envole vers autre chose, et la m&#233;lancolie autobiographique, dans ce traitement si sp&#233;cifique de l'image par o&#249; le &#171; c'est ainsi &#187; devient &#171; cela pourrait &#234;tre comme cela &#187;, c&#232;de place &#224; autre chose qui en appelle plus &#224; la retouche num&#233;rique qu'&#224; l'inscription du pass&#233; ou du r&#233;el, sugg&#233;rant ou anticipant ainsi par bien des aspects l'image virtuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce qu'a bien vu Philippe Ortel lorsqu'il &#233;crit &#224; propos des cartes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La photographie est ainsi soustraite &#224; son statut de relique, et arrachant Marie &#224; son destin de vieille fille, Louise s'arrache elle-m&#234;me &#224; une contemplation &lt;i&gt;m&#233;dusante&lt;/i&gt;, &#224; sa propre m&#233;lancolie. Le m&#233;lancolique tel que le d&#233;finit la psychologie ne d&#233;sire plus rien, ne souhaite plus rien, reste prostr&#233; sans plus envisager d'avenir, alors que celui qui &#233;crit ne c&#232;de pas au destin ou aux forces obscures qui se sont empar&#233;es de lui, mais trouve dans la n&#233;cessit&#233; vitale qui le pousse &#224; arracher aux t&#233;n&#232;bres du pass&#233; ce &#224; quoi il veut avoir acc&#232;s, ce qu'il veut faire advenir au jour, de quoi nourrir un puissant d&#233;sir de vivre. Louise &#171; comme morte &#187; dans l'herbe, trouvant dans les carnets de Marie mati&#232;re &#224; vivre et mati&#232;re &#224; &#233;crire, le brigadier de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#233;chapp&#233; du camp de prisonniers se r&#233;conciliant avec l'humain apr&#232;s avoir recopi&#233; l'&#233;criture des herbes, des &#233;corces, des foug&#232;res et des cailloux, traduisent dans le texte les forces vives auxquelles s'attelle l'&#233;crivain dans son d&#233;sir de s'arracher &#224; celles qui le tirent vers le n&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;melancolie&#034;&gt;Une m&#233;lancolie d&#233;sirante&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai beaucoup parl&#233; du d&#233;sir qui est, comme l'on sait, ce qui se tend vers un but jamais atteint, jamais satisfait. J'ai parl&#233; du d&#233;sir de Louise d'arracher Marie &#224; son destin et &#224; la lourdeur de la fatalit&#233;, j'ai parl&#233; du d&#233;sir n&#233; du &#171; jamais plus &#187;, j'ai employ&#233; cette expression de &#171; m&#233;lancolie d&#233;sirante &#187;, et il est temps maintenant d'aller regarder du c&#244;t&#233; de la m&#233;lancolie simonienne, de la d&#233;finition tr&#232;s particuli&#232;re qu'en donne Claude Simon dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; &#224; plusieurs reprises par la bouche de S., lorsque le journaliste l'interroge sur ce qu'il &#233;prouve au moment de l'embuscade, et qu'il s'exprime &#224; propos du roman de Dosto&#239;evski (&lt;i&gt;L'Idiot&lt;/i&gt;), et de la &#171; d&#233;chirante et m&#233;lancolique avidit&#233; avec laquelle le condamn&#233; regarde autour de lui le monde [&#8230;] qui va continuer &#224; exister alors que dans quelques instants lui-m&#234;me ne sera plus rien &#187; (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;., 1124). Il s'oppose ainsi &#224; Stendhal dans sa description de Julien Sorel marchant &#224; la guillotine et qui &#233;prouve une sensation d&#233;licieuse en marchant au grand air :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Bon Dieu ! raconter que marcher au grand air est pour quelqu'un qui va mourir une &#171; sensation d&#233;licieuse &#187;, bon Dieu ! le soleil, les oiseaux, le vert des pr&#233;s, le bleu du ciel, l'air doux &#224; respirer ! [&#8230;] et S. disant que Non ce n'&#233;tait rien de tout &#231;a, qu'il y aurait peut-&#234;tre un mot, mais qu'on lui donne en g&#233;n&#233;ral un sens qui&#8230;H&#233;sitant [&#8230;], et &#224; la fin il dit M&#233;lancolie, le journaliste s'exclamant M&#233;lancolie !... (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;., 1119-1120).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis plus loin, il continue, disant que cette m&#233;lancolie &#233;tait exactement le contraire de ce qu'on imagine habituellement, non pas une songerie, mais &#171; quelque chose de violent qui protestait, furieux, b&#226;illonn&#233; mais hurlant : Jamais je n'avais tant d&#233;sir&#233; vivre, jamais je n'avais regard&#233; avec autant d'avidit&#233;, d'&#233;merveillement, le ciel, les nuages, les pr&#233;s, les haies&#8230; &#187; (1122).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette notion ambigu&#235;, difficile &#224; saisir, puisqu'elle s'oppose &#224; la d&#233;finition classique de la m&#233;lancolie, cette m&#233;lancolie-l&#224; est une &lt;i&gt;m&#233;lancolie d&#233;sirante&lt;/i&gt;, parce qu'elle exprime tout &#224; la fois le violent regret des choses, de ce qui va &#234;tre perdu, et qu'elle est intimement li&#233;e au &lt;i&gt;d&#233;sir&lt;/i&gt; violent de vivre qui fait irruption au moment du face-&#224;-face avec la mort brutale, inattendue. Un d&#233;sir qui arrache &#224; la fatalit&#233; que le m&#233;lancolique tra&#238;ne avec lui, un d&#233;sir qui n'entre pas vraiment dans le champ d&#233;sol&#233; du d&#233;prim&#233; m&#233;lancolique pour qui le monde est d&#233;sincarn&#233;. Il y a dans cette &#171; d&#233;chirante et m&#233;lancolique avidit&#233; &#187; un violent d&#233;sir de capter l'instant, de l'arr&#234;ter, d'en prendre une sorte d' &lt;i&gt;instantan&#233;&lt;/i&gt;, (&#171; le ciel, les nuages, les pr&#233;s, les haies &#187;), de se sentir pris encore dans le mouvement du monde. Dans l'intensit&#233; et le sursaut de l'instant par lequel le m&#233;lancolique &#233;chappe aux figures de sa m&#233;lancolie pour se ruer vers la vie, on retrouve le d&#233;sir de la m&#233;lancolie romaine de travailler la terreur de la mort par la fureur de vivre l'instant. Et dans l'oxymoron simonien (&#171; m&#233;lancolique avidit&#233; &#187;), on retrouve les effets d'un verbe, du verbe &lt;i&gt;d&#233;sirer&lt;/i&gt; qui, dans le &lt;i&gt;de-&lt;/i&gt; privatif de ce verbe issu du &lt;i&gt;desiderare&lt;/i&gt; latin (ce verbe de la sid&#233;ration) laisse entendre le regret (l'absence, la perte) et l'arrachement (&#224; la contemplation), si l'on oublie le champ psychanalytique du d&#233;sir pour retrouver l'&#233;tymologie ancienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le verbe d&#233;sirer venu du desiderare latin, compos&#233; du de- (&#224; valeur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#233;lancolie et d&#233;sir sont li&#233;s dans une m&#234;me figure du regret. Et l'on retrouve les deux versants de ce verbe &lt;i&gt;d&#233;sirer&lt;/i&gt; (qui prend tardivement la valeur positive que nous connaissons) dans l'&#233;criture m&#234;me de Claude Simon, dans la sid&#233;ration m&#233;lancolique ou le ressassement de certains aspects de sa vie, et sa capacit&#233; &#224; s'arracher &#224; cette tentation m&#233;lancolique, &#224; &#171; d&#233;psychologiser &#187; en quelque sorte les affects du deuil, de la mort, pour mettre en place autre chose qui est de l'&#233;nergie cr&#233;atrice. L'&#233;nergie qui sous-tend l'&#233;criture est aussi un effet de la m&#233;lancolie, un effet de l'inqui&#233;tude qui travaille l'&#339;uvre, l'angoisse du mot juste, de la sensation indicible, le sentiment de perte ou de manque quant au but jamais tout &#224; fait atteint, jamais tout &#224; fait r&#233;alis&#233;. Pour un &#233;crivain comme Simon qui ne travaille pas sur une id&#233;e, mais &#224; partir des mots et de la m&#233;moire, de la perception active, interrogative, l'&#233;criture est une source d'inqui&#233;tude et d'insatisfaction permanentes. Cette m&#233;lancolie-l&#224; entretient le feu du d&#233;sir d'&#233;crire, car l'insatisfaction permanente et le ressassement qui marquent l'&#233;criture telle que la pratique l'&#233;crivain toujours dans le doute de ce qu'il fait, sont aussi d&#233;sir de vouloir toujours plus et autre chose, de faire toujours retour sur ce manque, cette perte inflig&#233;s par la m&#233;moire et les sensations justes, que l'&#233;criture tente de combler. Et cette m&#233;lancolie-l&#224; entretient la &lt;i&gt;tension&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tension que souligne Dominique Viart dans sa communication &#171; Une &#233;criture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui habite l'&#233;criture de Claude Simon. Lorsqu'on lui demande ce qui le captive dans l'image et dans l'acte photographiques, il parle de la capacit&#233; de la photographie &#224; &#171; fixer, retenir une image de ce pr&#233;sent dont parle Borges et qui se d&#233;sint&#232;gre &#224; tout instant dans le pass&#233;, et aussi la recherche d'une certaine beaut&#233; en soi, d'harmonies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Photographies Magazine, n&#176; 40, &#171; Une &#233;criture en noir et blanc &#187;, avril 1992.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : c'est dans cet &#233;cart entre les r&#233;flexions de l'&#233;crivain m&#234;lant si intimement (ici &#224; propos de la photographie) la vie et l'art, entre l'emprise qu'elle a sur lui et le traitement qu'il lui offre dans les romans, que prend naissance cette sorte de tension que je soulignais ici. Une tension permanente, jamais r&#233;solue, toujours &#224; l'&#339;uvre, mais qui, peut-&#234;tre, parvient &#224; arracher l'&#233;criture &lt;i&gt;&#224; partir de la photographie&lt;/i&gt;, &#224; la seule m&#233;lancolie de la trace et de l'empreinte du pass&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bergounioux, &lt;i&gt;Carnet de notes 1991-2000&lt;/i&gt;, Verdier, 2007, p. 553.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Rouill&#233;, &lt;i&gt;La photographie , Entre document et art contemporain&lt;/i&gt;, Gallimard, (&#171; Folio/essais n&#176;450 &#187;), 2005, p. 616.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Philippe Hamon, tout particuli&#232;rement le chapitre I- &#171; L'image fabriqu&#233;e : chambres noires &#187; de son essai &lt;i&gt;Imageries, Litt&#233;rature et image au XIXe s&lt;/i&gt;, Librairie Jos&#233; Corti, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons l'&#339;uvre photographi&#233;e, Claude Simon &lt;i&gt;Photographies&lt;/i&gt; (1992), &lt;i&gt;Album d'un amateur&lt;/i&gt; (1988). Les personnages des romans t&#233;moignent aussi de cet int&#233;r&#234;t, le narrateur du &lt;i&gt;Vent&lt;/i&gt; (1957) prend des photos, Mont&#232;s est &lt;i&gt;photographe&lt;/i&gt;, Corinne prend des photos et les d&#233;veloppe avec son jeune cousin dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; (1967), la jeune femme de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; (1989) prend et d&#233;veloppe elle-m&#234;me ses photos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; C'est le r&#234;ve r&#233;alis&#233;, &#224; chaque livre, de tout faire tenir ensemble : m&#233;moires des gens, m&#233;moires des lieux, m&#233;moires des gestes. Et une seule vis&#233;e mentale occup&#233;e &#224; tourner lentement sur elle-m&#234;me, boussole sans but, d&#233;veloppant une tr&#232;s lente surface de tout, grossissant l'enjeu et la m&#233;taphore, les diminuant, &#171; fermant &#187; l'objectif ou l' &#171; ouvrant &#187; jusqu'&#224; faire entrer tant de choses d'un seul coup dans un &#233;trange mouvement effar&#233; de la lumi&#232;re ; [&#8230;] &#187;, Denis Roche, &#171; De la t&#233;n&#232;bre inverse &#187;, Introduction &#224; Claude Simon &lt;i&gt;Photographies. 1937-1970&lt;/i&gt;, Maeght Editeur, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre d'un ouvrage de G&#233;rard Mac&#233;, &lt;i&gt;La Photographie sans appareil&lt;/i&gt;, Textes &amp; photographies de G&#233;rard Mac&#233;, Aux &#233;ditions Le temps qu'il fait, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; Madeleine Chapsal qui lui demande : &#171; Vous percevez votre livre comme un instantan&#233; ? &#187;, Claude Simon r&#233;pond : &#171; Absolument. Toutes ces choses me viennent ensemble. &#187; Entretien r&#233;alis&#233; par M. Chapsal &#171; Avec Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; n&#176;491, 10 novembre 1960.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Denis Roche, &#171; De la t&#233;n&#232;bre inverse &#187;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alastair Duncan dans son Introduction &#224; l'&#339;uvre de Claude Simon, rappelle ce qui se passe dans les romans des ann&#233;es 70 lorsque Simon &#171; abolit les hi&#233;rarchies en jouant avec le statut des repr&#233;sentations &#187;, lorsque &#171; Une sc&#232;ne que l'on a crue fictivement r&#233;elle devient tableau, un tableau s'anime &#8211; pour redevenir bient&#244;t photographie ou film. &#187;, Claude Simon &lt;i&gt;Oeuvres&lt;/i&gt;, Gallimard, (&#171; Biblioth&#232;que de La Pl&#233;iade &#187;), 2006, p. XXXVIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Barthes, &lt;i&gt;La Chambre claire&lt;/i&gt;, Gallimard, 1980,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je fais r&#233;f&#233;rence au roman de Daniel Mendelsohn &lt;i&gt;Les Disparus&lt;/i&gt;, qui cite cette phrase de Virgile, &#224; propos de photographies qu'il regarde, seuls indices pour le narrateur, qui est aussi l'&#233;crivain, d'existences perdues qu'il veut faire advenir par l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martine L&#233;onard, &#171; Photographie et litt&#233;rature : Zola, Breton, Simon, (Hommage &#224; Roland Barthes) &#187;, &lt;i&gt;&#201;tudes fran&#231;aises&lt;/i&gt; 18, 3, Winter 1983, p. 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Quignard, &lt;i&gt;Le Sexe et l'effroi&lt;/i&gt;, Gallimard, 1994, p. 229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Virgile, au chant XXI, v.464-467 de &lt;i&gt;L'&#201;n&#233;ide&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a le souvenir du bassin tapiss&#233; de feuilles pourries du &lt;i&gt;Jardin des Plantes&lt;/i&gt; dans lequel S. enfant manque se noyer : dans leur article &#171; Les feuilles au fond du bassin, sur &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;L'Infini&lt;/i&gt;, 65, printemps 1999, p. 88-111 (p. 88), P. Longuet et J.M. Dilettato voient &#171; son livre, remontant &#224; l'enfance &#187; proc&#233;der &#171; &#224; un d&#233;couvrement qui r&#233;v&#232;le un souvenir-&#233;cran, donnant &#224; voir un &#8220;fond du bassin tapiss&#233; d'une liti&#232;re de feuilles mortes rousses brunes rouille prune gluantes sous ses mains&#8221; &#187; (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 1167). Il y aussi la feuille que regarde S. tournoyer (1103), ou qui s'immobilise (1125), ou la feuille de Kirilov (943), cette feuille d'automne un peu pourrie sur ses bords que Kirilov enfant en fermant les yeux se repr&#233;sentait encore &#171; verte, brillante, avec ses nervures, sous le soleil &#187;, et, dit-il &#171; ce que j'avais vu &#233;tait trop beau &#187; et n'&#233;tait plus la r&#233;alit&#233;. Une feuille, dit-il encore &#224; Stavroguine, &#171; est une feuille, tout simplement &#187;. Cette simple feuille est quelque chose qui porte la r&#234;verie, non pas seulement celle de Kirilov, mais celle de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette id&#233;e est d&#233;velopp&#233;e par Roland Gori &#224; propos des cadavres d&#233;chiquet&#233;s par les rapaces lors des rites fun&#233;raires en Inde, dans lesquels une analysante puise une sorte de consolation : &#171; En somme &#187;, &#233;crit-il, &#171; la perte continuerait de nourrir la vie dans un cycle cosmique qui pacifie la douleur ? La jeune femme analysante aurait ainsi rencontr&#233; dans le souvenir du documentaire un fantasme inscrit dans sa m&#233;moire : donner une chair &#224; l'ombre en se nourrissant de la perte. Le d&#233;sir se nourrit de cette perte. &#187; (&lt;i&gt;Logique des passions&lt;/i&gt;, Flammarion, 2005, p. 70). Est-ce ce qui fascine S. dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (p.150 et 252) lorsqu'il rappelle les rites fun&#233;raires en Inde et qu'il y revient &#224; plusieurs reprises dans le roman ? Je suis tent&#233;e de le croire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a dans l'&#339;uvre de Claude Simon bien des chambres noires ou chambres d'&#233;criture, &#224; l'incipit de romans tels qu'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt;, ou encore la chambre d'h&#244;tel de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; dans laquelle Georges tente de mettre en mots pour Corinne son exp&#233;rience de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Rouill&#233;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;. p. 118-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans sa communication &#171; &#8220;Dans la lumi&#232;re rouge du laboratoire&#8221;, la m&#233;taphore comme r&#233;v&#233;lateur du lieu chez Claude Simon &#187;, J-Y Laurichesse rappelle, &#224; l'heure de la photographie num&#233;rique, qu'une &#171; pellicule photographique noir et blanc est constitu&#233;e d'une feuille de mati&#232;re souple &#187;, &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, &#233;tudes r&#233;unies par I. Albers et W. Nitsch, Peter Lang GmbH, Frankfurt am Main, 2006, p. 220.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ph. Hamon : &#171; Image muette, la photographie est aussi comme le &#8220;n&#233;gatif&#8221; de l'image litt&#233;raire parl&#233;e ou &#233;crite. Et ce n&#233;gatif dit peut-&#234;tre quelque chose, toujours, plus ou moins indirectement, sur la litt&#233;rature, qui elle-m&#234;me est, bien souvent, un mode indirect, ou invers&#233;, ou allusif, ou &#8220;n&#233;gatif&#8221;, ou ironique [&#8230;] de refl&#233;ter le monde. &#187;, (&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, chap. I, p. 59).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Viart souligne, au chapitre &#171; Variations autobiographiques &#187; de son ouvrage, les trois notions qui en composent le nom, car cette dimension autobiographique est une recherche &#171; qui interroge &#224; la fois la vie, le sujet et l'&#233;criture &#187;. D. Viart et B. Vercier, &lt;i&gt;La Litt&#233;rature fran&#231;aise au pr&#233;sent, H&#233;ritage, modernit&#233;, mutations&lt;/i&gt;, Bordas, 2005, p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je m'inspire ici du chapitre &#171; Temporalit&#233;s photographiques &#187; de l'ouvrage d'Andr&#233; Rouill&#233;, d&#233;j&#224; cit&#233;, p. 276.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est ce que nous apprend Lucien D&#228;llenbach dans les notes (40) de son &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Seuil, &#171; Les contemporains &#187;, 1988, p. 203.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martine L&#233;onard, art. cit. p. 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourra se reporter &#224; son essai &lt;i&gt;Photos de famille&lt;/i&gt;, Seuil, 1994. Notons aussi l'album de photo comme roman familial, la photographie comme lien entre le fait v&#233;cu et l'art, ou la photographie comme &#233;criture narcissique, comme carnet de voyage, comme journal intime, comme corpus de travail et de recherche de l'&#339;uvre &#224; venir, autant d'approches de la photographie comme outil intimiste et cr&#233;atif pour bien des artistes, dans la communication d'Elvire Perego, &#171; Intimit&#233;s et Jardins secrets, l'artiste en photographe amateur &#187;, &lt;i&gt;Nouvelle Histoire de la photographie&lt;/i&gt;, Bordas/Adam Biro, 1994, p. 335-345.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons avec A. Rouill&#233; que &#171; Le virtuel d&#233;signe ici ce qui n'existe qu'en puissance et non en acte. &#187;, (&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt; p. 263). Voir aussi Pierre L&#233;vy, &lt;i&gt;Qu'est-ce que le virtuel ?&lt;/i&gt; La D&#233;couverte/Poche, &#171; Essais &#187;, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est ce qu'a bien vu Philippe Ortel lorsqu'il &#233;crit &#224; propos des cartes postales d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; que &#171; les contenus de r&#233;alit&#233; offerts par les images sont manipul&#233;s et deviennent la matrice de d&#233;veloppements imaginaires dont l'effet est de virtualiser le r&#233;f&#233;rent, non d'exalter l'inscription de son existence dans le temps, comme le fait la photographie ordinaire. &#187;, &#171; L'invention du virtuel. Claude Simon et la photographie &#187;, &lt;i&gt;Les Images chez Claude Simon : Les mots pour le voir&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;La Licorne&lt;/i&gt;, n&#176; 71, 2004, p. 168. Voir aussi Jean Rousset, &#171; Histoire de Claude Simon. Le jeu des cartes postales &#187;, &lt;i&gt;Versants&lt;/i&gt; (Lausanne, Neuch&#226;tel et Gen&#232;ve), n&#176;1, 1981, p. 121-133.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le verbe d&#233;sirer venu du &lt;i&gt;desiderare&lt;/i&gt; latin, compos&#233; du &lt;i&gt;de-&lt;/i&gt; (&#224; valeur privative) et de &lt;i&gt;sidus&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;-eris&lt;/i&gt;, &#171; astre &#187; (sid&#233;ral, sid&#233;r&#233;), dans sa forme latine signifie litt&#233;ralement &#171; cesser de contempler (l'&#233;toile, l'astre), d'o&#249; moralement &#171; constater l'absence de &#187;, avec une forte id&#233;e de regret. L'adjectif sid&#233;r&#233; est emprunt&#233; au participe pass&#233; &lt;i&gt;sideratus&lt;/i&gt; du latin imp&#233;rial &lt;i&gt;siderari &lt;/i&gt; &#171; subir l'action funeste des astres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tension que souligne Dominique Viart dans sa communication &#171; Une &#233;criture nomade. La puissance critique de la m&#233;taphore simonienne. &#187; L'&#233;criture de Claude Simon, note-t-il, est constamment &#171; en &lt;i&gt;tension&lt;/i&gt;, disponible &lt;i&gt;mais&lt;/i&gt; surveill&#233;e, offerte &#224; la d&#233;rive ou &#224; la pente des r&#234;veries verbales &lt;i&gt;mais&lt;/i&gt; exigeante et critique avec elle-m&#234;me. &#187; (&lt;i&gt;Transports, les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, op.cit., p. 16). Ce style si particulier de Claude Simon, il le d&#233;finissait d&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;Une m&#233;moire inqui&#232;te&lt;/i&gt; (PUF, 1997) comme &#171; une po&#233;tique de l'&#233;panorthose &#187; (p. 259).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Photographies Magazine&lt;/i&gt;, n&#176; 40, &#171; Une &#233;criture en noir et blanc &#187;, avril 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#338;uvres, tome 2 (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, 2013)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html</guid>
		<dc:date>2012-11-27T21:48:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Les G&#233;orgiques</dc:subject>
		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Les Corps conducteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Le&#231;on de choses</dc:subject>
		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>
		<dc:subject>Zemmour, David</dc:subject>
		<dc:subject>Duncan, Alastair B.</dc:subject>
		<dc:subject>L'Invitation</dc:subject>
		<dc:subject>Archipel et Nord</dc:subject>
		<dc:subject>Bonhomme, B&#233;r&#233;nice</dc:subject>
		<dc:subject>Pl&#233;iade</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Simon. &#338;uvres, tome II Gallimard, 14 f&#233;vrier 2013. 1712 p. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan, avec B&#233;r&#233;nice Bonhomme et David Zemmour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce volume contient : introduction, chronologie, note sur la pr&#233;sente &#233;dition ; L'Herbe, Histoire, Les Corps conducteurs, Le&#231;on de choses, Les G&#233;orgiques, L'Invitation, L'Acacia, Le Tramway ; deux textes non publi&#233;s en volume du vivant de Claude Simon : Archipel, Nord ; Appendices : textes, plans et sch&#233;mas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Georgiques-+.html" rel="tag"&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Corps-conducteurs-+.html" rel="tag"&gt;Les Corps conducteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Lecon-de-choses-+.html" rel="tag"&gt;Le&#231;on de choses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Zemmour-David-44-+.html" rel="tag"&gt;Zemmour, David&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Duncan-Alastair-B-45-+.html" rel="tag"&gt;Duncan, Alastair B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Invitation-+.html" rel="tag"&gt;L'Invitation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Archipel-et-Nord-+.html" rel="tag"&gt;Archipel et Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Bonhomme-Berenice-102-+.html" rel="tag"&gt;Bonhomme, B&#233;r&#233;nice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Pleiade-+.html" rel="tag"&gt;Pl&#233;iade&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Simon. &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome II&lt;/strong&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard, 14 f&#233;vrier 2013. 1712 p. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan, avec B&#233;r&#233;nice Bonhomme et David Zemmour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L430xH742/gallimard_pleiade-efc70.jpg?1787696901' width='430' height='742' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce volume contient : introduction, chronologie, note sur la pr&#233;sente &#233;dition ; &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Corps conducteurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; ; deux textes non publi&#233;s en volume du vivant de Claude Simon : &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; ; Appendices : textes, plans et sch&#233;mas de Claude Simon, relatifs &#224; ses romans ; Notices, Note sur les cartes postales d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, notes, compl&#233;ment bibliographique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L172xH280/pleiade2_bis-1ed97.jpg?1787696901' width='172' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;pr&#233;sentation par Alastair Duncan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En 2001, la Pl&#233;iade propose &#224; Claude Simon de publier un volume de ses &#339;uvres. Simon en &#233;tablit lui-m&#234;me le sommaire : du &lt;i&gt;Vent&lt;/i&gt; (1957) au &lt;i&gt;Jardin des Plantes&lt;/i&gt; (1997), huit livres, quarante ans de cr&#233;ation. Puis, jusqu'&#224; sa mort en 2005, il aide &#224; la pr&#233;paration du volume, qui para&#238;t en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la disparition de Simon, son &#339;uvre ne conna&#238;t pas de purgatoire. Sa pr&#233;sence, au contraire, s'affirme. Des romanciers qui n'&#233;taient pas n&#233;s &#224; &#171; l'&#232;re du soup&#231;on &#187; la lisent et la citent. On la traduit partout. &#192; l'heure o&#249; le &#171; nouveau roman &#187; n'&#233;met plus, Simon est un &#233;crivain vivant. C'est ce dont la Pl&#233;iade prend acte, peu apr&#232;s la sortie du volume de 2006, en pr&#233;parant une &#171; suite &#187; &#8212; qui n'en est pas une : ce tome II rassemble les &#339;uvres que Simon n'a pas retenues en 2001. &#192; en examiner le sommaire, on saisit que ce second wagon n'a rien d'un wagon de seconde classe. Mais o&#249; chercher l'unit&#233; d'un tel ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon ne s'est pas expliqu&#233; publiquement sur ses choix de 2001. Pour autant, il n'est pas interdit de remarquer que, si des romans &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187; (pour ne pas dire &#171; autobiographiques &#187;) &#233;taient pr&#233;sents dans sa s&#233;lection, ceux qui &#233;taient le plus visiblement fond&#233;s sur un mat&#233;riau familial avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. La famille &#233;voqu&#233;e dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; ressemble &#224; celle des Simon. &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; fait revivre des personnages proches des parents de l'auteur. &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; enchev&#234;tre la vie de L.S.M., conventionnel et g&#233;n&#233;ral d'Empire dont les initiales sont celles d'un trisa&#239;eul de Simon, &#224; des &#233;pisodes v&#233;cus par un volontaire &#233;tranger dans l'Espagne de 1936 et par un cavalier fran&#231;ais de 1940. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, un p&#232;re meurt en 1914, comme celui de Simon, et un fils survit &#224; la d&#233;b&#226;cle de 1940, comme Simon lui-m&#234;me. Et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, o&#249; se rejoignent enfance et vieillesse, traverse une ville anonyme semblable &#224; celle o&#249; l'&#233;crivain a pass&#233; ses premi&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re familiale irrigue donc tout le volume. Mais il y a plus. Peu &#224; peu, Simon renonce partiellement &#224; &#171; inventer &#187; personnages et &#233;pisodes. Il fait des recherches, exploite des archives. La fiction progressivement s'efface. Des critiques trop press&#233;s vont d'ailleurs s'y tromper et qualifier d' &#171; autobiographies &#187; ces romans v&#233;ritables, au grand dam de l'auteur. Car ce qui est prodigieux chez Claude Simon, et ce dont les livres ici rassembl&#233;s t&#233;moignent mieux que d'autres, c'est qu'il abandonne la fiction sans renoncer au romanesque. &#171; Montrer un homme dans toute la v&#233;rit&#233; de sa nature &#187; n'est pas son affaire. &#171; Ces &#233;l&#233;ments biographiques sont des pr&#233;textes, disait-il. Le texte est autre chose. &#187; Parall&#232;le au n&#244;tre sans jamais se confondre avec lui, &#224; la fois fragmentaire et coh&#233;rent, le monde qu'il cr&#233;e &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187; a sa v&#233;rit&#233; propre. Comme celui de Balzac.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres89&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;sentation sur le site des &#233;ditions Gallimard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation en .pdf :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_174 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/pdf/P-I-_Simon_II.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 59.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787681797' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le premier volume, n&#176; 522 de la collection, est toujours disponible&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L180xH293/pleiade1-d2050.jpg?1787696901' width='180' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#233;chos et compte-rendus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Matthieu Gosztola, &lt;a href=&#034;http://www.lacauselitteraire.fr/oeuvres-tome-ii-claude-simon-en-la-pleiade&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome II, Claude Simon en la Pl&#233;iade &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La Cause litt&#233;raire&lt;/i&gt;, 5 novembre 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jacques Henric, &lt;a href=&#034;http://mondesfrancophones.com/chroniques/la-chronique-de-jacques-henric/claude-simon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mondes francophones&lt;/i&gt;, 1er juillet 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=657220&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alastair B. Duncan invit&#233; de Brigitte Kernel&lt;/a&gt; dans &#171; Lire avec ... &#187; sur &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;, le 13 juin &#224; 0h50.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Baptiste Liger, &lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/culture/livre/litterature-francaise/relisons-claude-simon_1248556.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Relisons Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 15 mai 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Marc Emile Baronheid, &#171; &lt;a href=&#034;http://bscnews.fr/201304272865/Les-Classiques/claude-simon-une-esthetique-de-la-de-composition.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claude Simon : une esth&#233;tique de la (d&#233;)composition &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;BSC News&lt;/i&gt;, 28 avril 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fran&#231;ois Xavier, &lt;a href=&#034;http://www.huffingtonpost.fr/francois-xavier/claude-simon-la-pleiade_b_2851524.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le tome 2 des &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt; de Claude Simon dans la Pl&#233;iade ou l'importance du souvenir dans la litt&#233;rature &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Huffington Post&lt;/i&gt;, 19 mars 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Maurice Mourier, &lt;a href=&#034;http://laquinzaine.wordpress.com/2013/03/04/la-quinzaine-litteraire-n1079-du-1er-au-15-mars-2012/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#201;crire contre le temps &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.quinzaine-litteraire.presse.fr/couvertures.php?num=1079&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Quinzaine litt&#233;raire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 1079, 1er mars 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Claude Lebrun, &lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/culture/l-oeuvre-de-claude-simon-desormais-reunie-en-pleia-516376&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'&#339;uvre de Claude Simon d&#233;sormais r&#233;unie en Pl&#233;iade &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 28 F&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Pierre Thibaudat, &lt;a href=&#034;http://blogs.rue89.com/balagan/2013/02/23/claude-simon-dans-la-pleiade-tome-ii-leblouissement-du-desordre-229723&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon dans la Pl&#233;iade, tome II : l'&#233;blouissement du d&#233;sordre &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Rue89&lt;/i&gt;, 23 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nathalie Crom, &lt;a href=&#034;http://www.telerama.fr/livres/oeuvres-ii-pleiade,93636.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Oeuvres II - Pleiade. Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, 19 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Alastair Duncan, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Mais-pourquoi-Claude-Simon-a-t-il-echappe-au-purgatoire-du-Nouveau-Roman.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Mais pourquoi Claude Simon a-t-il &#233;chapp&#233; au purgatoire du Nouveau Roman ? &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;, 16 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jacques-Pierre Amette, &lt;a href=&#034;http://larepubliquedeslivres.com/claude-simon-un-latin-qui-ecrase-sa-montre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon, un latin qui &#233;crase sa montre &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La R&#233;publique des livres&lt;/i&gt;, 15 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Helmut Mayer, &lt;a href=&#034;http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/buecher/autoren/centenarium-ein-jahr-mit-claude-simon-12071347.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ein Jahr mit Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Frankfurter Allgemeine Zeitung&lt;/i&gt;, 14 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un des trois ou quatre qui ne quittent jamais ma table, que je feuillette en permanence. C'est le seul auteur qui repr&#233;sente &#231;a pour moi : ce qui m'int&#233;resse chez lui, c'est presque uniquement le rythme de sa phrase, la musique de sa langue. Ce dont il parle, la guerre, ne m'int&#233;resse pas beaucoup, m'ennuie m&#234;me assez vite. En revanche, sa langue me pla&#238;t &#233;norm&#233;ment. &#187; Marie NDiaye : &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/livres/2013/02/13/j-aime-cette-periode-de-vacance_881624&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; J'aime cette p&#233;riode de vacance &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 13 f&#233;vrier 2013&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Francine de Martinoir, &lt;a href=&#034;http://www.la-croix.com/Culture/Livres/Livres/Claude-Simon-les-miseres-de-la-guerre-_NG_-2013-02-13-910614&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon, les mis&#232;res de la guerre &#187;&lt;/a&gt;, &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, 13 fevrier 2013&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai aussi &#233;t&#233; tr&#232;s marqu&#233;e par &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon et &lt;i&gt;Le Premier Homme&lt;/i&gt; d'Albert Camus, o&#249; il est question d'un p&#232;re disparu. &#187;, Mich&#232;le Audin, &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20130213.OBS8680/je-n-avais-jamais-imagine-que-mon-pere-puisse-aimer.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Je n'avais jamais imagin&#233; que mon p&#232;re puisse aimer &#187;&lt;/a&gt;, BibliObs, 13 f&#233;vrier 2013&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Jean-Paul Gavard-Perret, &lt;a href=&#034;http://www.huffingtonpost.fr/jeanpaul-gavardperret/claude-simon-livre_b_2609551.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Claude Simon : montages, d&#233;montages &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Huffington Post&lt;/i&gt;, 8 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Claude Perrier, &#171; Claude Simon, &#034;suite&#034; et fin &#187;, &lt;i&gt;Livres Hebdo&lt;/i&gt;, 8 f&#233;vrier 2013&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;minaire 8 : Lectures de L'Herbe - 10 juin 2006</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Seminaire-8-Lectures-de-L-Herbe-10-juin-2006.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Seminaire-8-Lectures-de-L-Herbe-10-juin-2006.html</guid>
		<dc:date>2012-03-04T17:55:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Yapaudjian-Labat</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S&#233;minaire 8 : Lectures de L'Herbe - 10 juin 2006 &lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;minaire &lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;rard ROUBICHOU, &#034;(Re)lire L'Herbe en 2006&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Alexey VISHNYAKOV, &#034;Lecture de L'Herbe &#224; travers ses unit&#233;s de seuil - titre, &#233;pigraphe,incipit, explicit&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Anne-Yvonne JULIEN, &#034;Le Dire du &#034;Rien&#034; dans L'Herbe. Versions simoniennes du Nihil&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Michel BERTRAND, &#034;Inscriptions de l'Histoire dans L'Herbe de Claude Simon&#034;&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-programmes-des-anciens-seminaires-.html" rel="directory"&gt;Les s&#233;minaires pass&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;minaire 8 : Lectures de&lt;i&gt; L'Herbe&lt;/i&gt; - 10 juin 2006&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;minaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard ROUBICHOU, &#034;(Re)lire &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; en 2006&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexey VISHNYAKOV, &#034;Lecture de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; &#224; travers ses unit&#233;s de seuil - titre, &#233;pigraphe,incipit, explicit&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Yvonne JULIEN, &#034;Le Dire du &#034;Rien&#034; dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;. Versions simoniennes du Nihil&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel BERTRAND, &#034;Inscriptions de l'Histoire dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; de Claude Simon&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#252;rer, Albrecht</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Durer-Albrecht.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Durer-Albrecht.html</guid>
		<dc:date>2012-02-17T23:51:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>
		<dc:subject>D&#252;rer, Albrecht</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Albrecht D&#252;rer (21 mai 1471 - Nuremberg, 1528)
&lt;br class='autobr' /&gt;
Peintre et graveur allemand &lt;br class='autobr' /&gt;
Simon &#233;voque notamment la &#171; Grande touffe d'herbe &#187; (Palais Albertina, Vienne, 1503)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lexique-.html" rel="directory"&gt;Artistes &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Durer-Albrecht-108-+.html" rel="tag"&gt;D&#252;rer, Albrecht&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Albrecht_D%C3%BCrer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Albrecht D&#252;rer&lt;/a&gt; (21 mai 1471 - Nuremberg, 1528)&lt;br class='autobr' /&gt;
Peintre et graveur allemand&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/albrecht_durer_-_the_large_piece_of_turf__1503_-_google_art_project.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/albrecht_durer_-_the_large_piece_of_turf__1503_-_google_art_project.jpg?1689779771' width='500' height='643' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Simon &#233;voque notamment la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Touffe_d%27herbes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Grande touffe d'herbe &#187; (Palais Albertina, Vienne, 1503)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le propre de la r&#233;alit&#233;</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/le-propre-de-la-realite.html</link>
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		<dc:date>2012-02-15T22:39:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Herbe</dc:subject>

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&lt;p&gt;sans doute parce que le propre de la r&#233;alit&#233; est de nous para&#238;tre irr&#233;elle, incoh&#233;rente, du fait qu'elle se pr&#233;sente comme un perp&#233;tuel d&#233;fi &#224; la logique, au bon sens, du moins tel que nous avons pris l'habitude de les voir r&#233;gner dans les livres - &#224; cause de la fa&#231;on dont sont ordonn&#233;s les mots, symboles graphiques ou sonores de choses, de sentiments, de passions d&#233;sordonn&#233;es - si bien que naturellement il nous arriva parfois de nous demander laquelle des deux r&#233;alit&#233;s est la vraie (&#8230;) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Herbe-+.html" rel="tag"&gt;L'Herbe&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;sans doute parce que le propre de la r&#233;alit&#233; est de nous para&#238;tre irr&#233;elle, incoh&#233;rente, du fait qu'elle se pr&#233;sente comme un perp&#233;tuel d&#233;fi &#224; la logique, au bon sens, du moins tel que nous avons pris l'habitude de les voir r&#233;gner dans les livres - &#224; cause de la fa&#231;on dont sont ordonn&#233;s les mots, symboles graphiques ou sonores de choses, de sentiments, de passions d&#233;sordonn&#233;es - si bien que naturellement il nous arriva parfois de nous demander laquelle des deux r&#233;alit&#233;s est la vraie (&#8230;) parce que l'imagination ou la m&#233;moire - m&#234;me fra&#238;chement impressionn&#233;e - ne fonctionnent somme toute jamais que comme des auxiliaires de l'organisme travaillant &#224; dig&#233;rer, s'assimiler, faire siens - par avance ou apr&#232;s coup - &#233;v&#233;nements ou &#233;motions, de fa&#231;on - exactement comme pour les aliments - &#224; les rendre sinon profitables, du moins tol&#233;rables)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; (Minuit, 1958, p. 99-100)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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