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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Christian Jouvenot. L'identification au p&#232;re inconnu (2015)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Christian-Jouvenot-L-identification-au-pere-inconnu-2015.html</link>
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		<dc:date>2015-12-01T02:34:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>P&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Jouvenot, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Christian Jouvenot. L'identification au p&#232;re inconnu. Portrait de Claude Simon survivant &#224; un massacre en mai 1940. Paris : L'Harmattan, 2015. 264 p. (Espaces th&#233;oriques) &lt;br class='autobr' /&gt;
4&#232;me de couverture : &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait d'&#171; avoir &#187; un p&#232;re ne suffit pas, ipso facto, pour &#171; &#234;tre &#187; un fils. Pour le p&#232;re comme pour le fils, dans les m&#234;mes lieux, tout est all&#233; tr&#232;s vite. Le premier meurt quatre jours apr&#232;s le premier engagement, le 27 ao&#251;t 1914. Le second est donn&#233; pour mort au septi&#232;me jour de la bataille des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-livres-.html" rel="directory"&gt;Livres &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Pere-+.html" rel="tag"&gt;P&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Jouvenot-Christian-+.html" rel="tag"&gt;Jouvenot, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Jouvenot. &lt;i&gt;L'identification au p&#232;re inconnu. Portrait de Claude Simon survivant &#224; un massacre en mai 1940&lt;/i&gt;. Paris : L'Harmattan, 2015. 264 p. (Espaces th&#233;oriques)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L299xH483/christian_jouvenot_couv-6b909.jpg?1787690794' width='299' height='483' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&#232;me de couverture :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'&#171; avoir &#187; un p&#232;re ne suffit pas, &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt;, pour &#171; &#234;tre &#187; un fils. Pour le p&#232;re comme pour le fils, dans les m&#234;mes lieux, tout est all&#233; tr&#232;s vite. Le premier meurt quatre jours apr&#232;s le premier engagement, le 27 ao&#251;t 1914. Le second est donn&#233; pour mort au septi&#232;me jour de la bataille des Flandres, le 17 mai 1940. Quand le fils poursuivi par des tireurs allemands tombe dans un ravin, il croit creuser avec la b&#234;che de l'histoire sa propre tombe et s'&#233;croule, comme interloqu&#233;, dans celle de son p&#232;re. Mieux que toutes les m&#233;dailles, mieux que la gloire obtenue pour fait d'arme, le bapt&#234;me du feu projette le fils dans les bras de son p&#232;re. &#192; partir de l&#224;, &#171; comme si j'&#233;tais quelqu'un &#187;, la construction romanesque nourrit la qu&#234;te identitaire du fils engendrant le p&#232;re : tel fils, tel p&#232;re. Pr&#232;s de sa m&#232;re en deuil, omnipr&#233;sente, avant m&#234;me qu'il ne vienne au monde, Claude Simon survivant &#224; un fr&#232;re a&#238;n&#233; mort, a d&#233;j&#224; rat&#233; sa naissance. Dans la r&#233;invention permanente de ce que f&#251;t le d&#233;sastre de la guerre, s'il rate sa mort c'est pour lui une seconde chance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L306xH492/christian_jouvenot_4eme-b46f0.jpg?1787690794' width='306' height='492' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/1085&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Compte-rendu d'Alastair B. Duncan&lt;/a&gt;, dans les &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 12 | 2017, 223-224.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remercions Christian Jouvenot, fils de Ren&#233; Jouvenot, neveu d'Alice Mathiot, amie d'enfance de Claude Simon, de nous avoir confi&#233; quelques extraits de son livre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma rencontre avec Claude Simon se situe probablement entre la parution de Le Sacre du printemps (1954) et celle de Le Vent Tentative de restitution d'un retable baroque (1957). Ce doit &#234;tre en 1955, au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, la fen&#234;tre est ouverte, dans la p&#233;riode de la mort de sa tante Art&#233;mise, tante Mie, que mon p&#232;re a &#8220;tr&#232;s bien connue&#8221; &#187;. (p. 10-11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Claude Simon &#233;crivait &#224; mon p&#232;re et lui adressait r&#233;guli&#232;rement ses livres d&#233;dicac&#233;s. J'avais d&#233;j&#224; essay&#233; de le lire. La premi&#232;re fois, dans L'Herbe, j'ai tourn&#233; quelques pages. Je ne sais plus pour quelle raison, mais j'ai renonc&#233; assez vite &#224; cette lecture et du m&#234;me coup &#224; tous les livres de l'auteur. Ce n'est qu'apr&#232;s la mort de mon p&#232;re, prenant connaissance de la correspondance qu'il entretenait avec Claude, lettres et cartes postales, que je d&#233;cide de reprendre ma lecture o&#249; je l'avais laiss&#233;e. &#187; (p. 13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;crire des phrases d'une longueur quelquefois infinie est en m&#234;me temps trompeur, paradoxal m&#234;me, puisque, comme dans la survie au c&#339;ur de la bataille, il n'est pas possible de s'attarder. Mais dans la survie, il n&#8216;y a pas de ponctuation non plus, m&#234;me si chaque perception (et donc chaque mot dans la phrase) est investie pour elle-m&#234;me, comme &#233;tant la derni&#232;re. Chaque perception est donc infiniment pr&#233;cieuse. Un exemple magistral en est donn&#233; par ce qui surgit &#224; l'esprit du cavalier, une hallucination, au moment le plus fort de la bataille, l'image du c&#339;ur d'or serti de rubis, devenu talisman, aper&#231;u dans l'enfance au cou de la grand-m&#232;re maternelle. &#187; (p. 85)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un homme arr&#234;t&#233; au plus vif du combat et qui, pensif, s'interrogerait sur lui-m&#234;me et sur le monde, n'aurait sans doute aucune chance de s'en sortir. Comme si le mieux en cette circonstance &#233;tait de ne rien comprendre et de s'en remettre &#224; son instinct. &#201;nonc&#233; sans doute caricatural, car dans le clivage reste tout de m&#234;me un soup&#231;on de comp&#233;tence psychique, analytique. &#187; (p. 115)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est tenu dans ces bras-l&#224;, plus que dans ceux de sa m&#232;re absente du fait de ses deuils, qu'il boit des yeux ce premier visage comme repr&#233;sentation du monde, un beau visage noir d'&#233;b&#232;ne. C'est dans ces yeux-l&#224; que ses premiers regards s'admirent, se perdent pour se trouver. Elle est sa premi&#232;re s&#233;ductrice. La langue si singuli&#232;re et si belle de l'&#233;crivain ne s'est-elle pas nourrie peu ou prou &#224; la source de quelques nostalgiques berceuses, autre accent, autrefois chant&#233;es &#224; son oreille par sa nourrice exil&#233;e, &#224; l'heure o&#249; le tout petit enfant engrange les mots et commence &#224; parler ? Razaph &#171; qui aime Claude d'une fa&#231;on touchante &#187;, est repartie pour Madagascar. L'enfant a deux ans et demi. C'est le bourdonnement de &#171; ce morceau d'Afrique d&#233;tach&#233; dans un oc&#233;an peupl&#233; de requins et de poissons volants, [de] ces foules bibliques aux noirs visages abrit&#233;s de chapeaux de paille, aux corps drap&#233;s de toges &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, p. 274), c'est cette musique-l&#224; qui berce son acc&#232;s au langage et qui peut-&#234;tre reste pr&#233;sente, enfouie dans son &#339;uvre litt&#233;raire. &#8220;Dans la violence qui a fendu l'&#226;me de l'esclave, s'est ouvert un espace affectif mutil&#233; au service du fils du ma&#238;tre.&#8221; &#187; (p. 163-164)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rue de la Cloche d'Or, il est ou bien avec sa nurse, ou bien avec la vieille bonne &#171; &#224; la t&#234;te de M&#233;duse &#187;, ou le r&#233;gisseur, la concierge, le jardinier, ou tel ou tel homme de peine, ou bien avec ses cousins, le plus souvent il est en compagnie de sa grand-m&#232;re et de sa m&#232;re. Toujours rappel&#233; &#224; l'ordre, dans le culte de la m&#233;moire du capitaine. Au coll&#232;ge Stanislas, la solitude est grande, il navigue entre l'internat et la surveillance, le week-end, de l'oncle maternel. &#192; Arbois, les superbes paysages, la nature rieuse, font un &#233;crin revigorant o&#249; les amiti&#233;s d'une enfance en libert&#233; le disputent &#224; l'affection des tantes. Dans le Sud, il en est autrement. Si libert&#233; il y a, elle est une libert&#233; surveill&#233;e : &#171; C'est d&#233;fendu pour tout le monde d'aller au cerisier sans permission &#187;, et la d&#233;sob&#233;issance est non seulement une faute, elle est aussi un p&#233;ch&#233;. Cet accueil arboisien tranche donc tr&#232;s nettement non seulement par le d&#233;cor, mais aussi par la discipline de la vie ordinaire de Claude, qu'elle soit celle du sud-ouest ou celle de la capitale. &#187; (p. 173)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Se joue sous les bombes et la mitraille une double mort puisque c'est une autre mort dans une autre guerre qui est l&#224; rencontr&#233;e, en m&#234;me temps que c'est aussi la sienne. Dans le chaos, sa propre mort se refuse &#224; lui, il l'appelle, elle le fuit, il lui court apr&#232;s, elle &#233;chappe &#224; son &#233;treinte&#8230;, ce qui n'est, apr&#232;s tout, pas &#233;tonnant puisque d&#233;j&#224; il ne peut tout &#224; fait s'approprier sa naissance ! Il n'a pas pu na&#238;tre vraiment, pas tout &#224; fait, il ne peut maintenant pas tout &#224; fait mourir. D'un cheval &#224; l'autre, face &#224; sa propre mort, la mort de son p&#232;re prend toute la place, comme autrefois la mort de son fr&#232;re emp&#234;chait dans sa m&#232;re que sa naissance soit enti&#232;re. &#187; (p. 208)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'identification &#224; son p&#232;re cherch&#233;e par l'enfant dans le regard que sa m&#232;re pose sur lui, cherch&#233;e dans la rencontre avec la mort, le cueille avec violence. Il a fallu cette circonstance de la guerre pour que se d&#233;noue en lui non seulement l'attitude d'imposteur, mais encore ce qui lui avait &#233;t&#233; enseign&#233; sur son p&#232;re par les siens. &#187; (p. 209)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans cette qu&#234;te identitaire, r&#233;anim&#233; par la guerre et maintenant au travail, au d&#233;part il n'a pour viatique que l'injonction maternelle d'une pens&#233;e toute faite qui, en r&#233;alit&#233;, ne lui fait aucune place, ou si peu. Masquant une image du fr&#232;re mort, c'est une image du p&#232;re qui prend toute la place et qui, parce qu'elle n'est qu'un masque ou bien une abstraction, ne lui sert &#224; rien, ou si peu, m&#234;me si le peu est d&#233;j&#224; beaucoup. &#187; (p. 240)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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