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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Georgette Pastiaux-Thiriat</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Georgette-Pastiaux-Thiriat.html</link>
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		<dc:date>2015-11-29T00:44:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Pastiaux-Thiriat, Georgette</dc:subject>

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&lt;p&gt;Donner &#224; voir&#8230; Quelques images dans ma m&#233;moire &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme beaucoup d'autres lecteurs, je suis entr&#233;e dans Claude Simon par La Route des Flandres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si j'essaye de rappeler ces souvenirs lointains, la rencontre ne fut ni imm&#233;diate, ni facile : texte compact, troublante question : qui parle ? Hoquets de la chronologie, prolif&#233;ration des histoires qui s'enchev&#234;trent, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'&#233;vidence &#233;tait l&#224; : ce livre &#233;tait un monument aux multiples entr&#233;es secr&#232;tes, la cr&#233;ation d'une forme romanesque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Pastiaux-Thiriat-Georgette-+.html" rel="tag"&gt;Pastiaux-Thiriat, Georgette&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/pastiaux_lettre.jpg?1448753875' width='500' height='401' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner &#224; voir&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques images dans ma m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup d'autres lecteurs, je suis entr&#233;e dans Claude Simon par &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'essaye de rappeler ces souvenirs lointains, la rencontre ne fut ni imm&#233;diate, ni facile : texte compact, troublante question : qui parle ? Hoquets de la chronologie, prolif&#233;ration des histoires qui s'enchev&#234;trent, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;vidence &#233;tait l&#224; : ce livre &#233;tait un monument aux multiples entr&#233;es secr&#232;tes, la cr&#233;ation d'une forme romanesque originale et d'une for&#234;t d'images et de m&#233;taphores, qui donnent &#224; voir et se gravent dans la m&#233;moire. J'eus le sentiment que je n'avais pas &#171; tout compris &#187;, mais que la vision des quatre cavaliers de l'Apocalypse, qui r&#233;sumait le tragique, l'absurdit&#233; et la violence de ce dont on parlait, la guerre, allait m'accompagner toute ma vie et rejoindrait la longue th&#233;orie des images litt&#233;raires qui ont pour moi une force de v&#233;rit&#233; telle que je deviens moi-m&#234;me un personnage-spectateur de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai lu &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; longtemps apr&#232;s sa parution (dans les ann&#233;es 70-80) et je ne me rappelle plus ce qui m'avait amen&#233;e &#224; lire ce roman. Puis j'ai lu &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt; sans bien comprendre, j'ignorais tout de la biographie de l'auteur. Je pense que j'&#233;tais rebut&#233;e par le Nouveau Roman et que cela explique le peu d'int&#233;r&#234;t pour Claude Simon qui &#233;tait cens&#233; en faire partie. Puis est arriv&#233; &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;. Ce fut un &#233;blouissement. Cette fois, j'&#233;tais &#171; accroch&#233;e &#187;, il fallait prendre cette &#339;uvre au s&#233;rieux et dans sa totalit&#233;, tout en sachant qu'elle ne se laisserait pas &#233;puiser. &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#233;claira &#224; la fois les th&#232;mes sans cesse repris et le projet esth&#233;tique. J'&#233;tais d&#233;finitivement s&#233;duite par le souffle, le rythme des longues phrases, comme des plong&#233;es dans la m&#233;moire des sensations. Par quels moyens litt&#233;raires cette exp&#233;rience personnelle pouvait-elle toucher si profond&#233;ment ? Je me plongeai alors dans la documentation critique et les analyses universitaires : je lisais des choses tr&#232;s savantes et je d&#233;couvrais ainsi que cet auteur dont on parlait si peu en France &#233;tait &#233;tudi&#233; en Europe et au-del&#224;, et qu'il avait suscit&#233; une impressionnante masse de commentaires. En m&#234;me temps je relisais de pr&#232;s des textes de C. Simon, je me suis m&#234;me appliqu&#233;e &#224; faire, pour mon propre plaisir, une &#233;tude compar&#233;e des occurrences et de leurs variantes dans les diff&#233;rents ouvrages du r&#233;cit des cavaliers marchant &#224; la mort sur la route inond&#233;e de soleil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es qui ont suivi m'ont offert des rep&#232;res et des b&#233;quilles pour faciliter la marche dans cette for&#234;t magique : ce furent des rencontres (Robbe-Grillet dans un colloque &#224; Beyrouth m'a tendu une perche en comparant les participes pr&#233;sents de Claude Simon &#224; des &#238;les sur la mer), une sp&#233;cialiste de Claude Simon, pleine de finesse et d'enthousiasme et qui avait soutenu une th&#232;se sur lui, est devenue mon amie et nous avons travaill&#233; ensemble ; puis je d&#233;couvris l'association des lecteurs de Claude Simon. que je remercie de s'&#234;tre ouverte avec bienveillance aux non-sp&#233;cialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, un grave accident de sant&#233; qui m'a fait c&#244;toyer la mort pendant plusieurs semaines fut l'occasion de bilans et de retour &#224; l'essentiel. La litt&#233;rature en faisait partie et, faute de pouvoir remercier Proust, Flaubert ou Madame de La Fayette, c'est &#224; Claude Simon que je me suis adress&#233;e, transgressant ainsi un principe que je professais jusqu'alors : seul compte le texte, l'&#339;uvre sans l'homme. A ma grande surprise l'homme-auteur, malgr&#233; le grand &#226;ge, la maladie et le travail, me r&#233;pondit, j'en suis toujours &#233;mue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le compagnonnage avec les textes, la relecture de ceux que je connais me donne d&#233;sormais plus de plaisir que la d&#233;couverte. Les images qui se l&#232;vent, extraordinaire pouvoir des mots, sont plus vives, plus pr&#233;gnantes. Elles forment une sorte de corpus dans lequel on peut puiser des sensations, un sens toujours &#224; creuser (&#171; &lt;i&gt;Comment savoir ? &lt;/i&gt; &#187;), et une certaine confiance dans la v&#233;rit&#233; de la litt&#233;rature. A travers les femmes et l'enfant errant dans la neige &#224; la recherche d'une tombe, la mort en rose qui s'avance sous la forme d'un lever de soleil sur la route bord&#233;e d'arbres, ou d'une jeune fille sortant du m&#233;tro, la m&#232;re-oiseau de proie dans sa chaise longue au jardin, le brinquebalement du tramway d'un bord de la vie &#224; l'autre, la femme ob&#232;se qui monte p&#233;niblement l'escalier, et tant d'autres images qui s'imposent, tragiques ou myst&#233;rieuses, il me semble que je comprends un peu mieux&lt;i&gt; la m&#233;lancolie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georgette Pastiaux-Thiriat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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