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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
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		<title>Bernard, Georges</title>
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		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Bernard, Georges</dc:subject>

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&lt;p&gt;Georges Bernard est retrait&#233; France-T&#233;l&#233;com &lt;br class='autobr' /&gt;
Centres d'int&#233;r&#234;t : litt&#233;rature fran&#231;aise et musique classique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Contact : gedbernard@orange.fr&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-annuaire-.html" rel="directory"&gt;Annuaire des lecteurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Bernard-Georges-333-+.html" rel="tag"&gt;Bernard, Georges&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Georges Bernard est retrait&#233; France-T&#233;l&#233;com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centres d'int&#233;r&#234;t :&lt;/strong&gt; litt&#233;rature fran&#231;aise et musique classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contact :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;mailto:gedbernard@orange.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;gedbernard@orange.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Georges Bernard</title>
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		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Bernard, Georges</dc:subject>

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&lt;p&gt;1982. J'ouvre les G&#233;orgiques. Entrer dans un livre est toujours une aventure. Il faut rep&#233;rer les &#233;l&#233;ments qui feront la trame du r&#233;cit, se plier &#224; la logique du narrateur, d&#233;couvrir page apr&#232;s page l'&#233;bauche, puis la construction progressive d'une intrigue, se familiariser avec une &#233;criture. Or, surprise ! Rien de tout cela dans le geste que j'accomplis ce jour-l&#224;. Sans doute parce que je choisis une page au hasard. Il est question de militaires soumis &#224; d'incompr&#233;hensibles man&#339;uvres dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Bernard-Georges-333-+.html" rel="tag"&gt;Bernard, Georges&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1982. J'ouvre les &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt;. Entrer dans un livre est toujours une aventure. Il faut rep&#233;rer les &#233;l&#233;ments qui feront la trame du r&#233;cit, se plier &#224; la logique du narrateur, d&#233;couvrir page apr&#232;s page l'&#233;bauche, puis la construction progressive d'une intrigue, se familiariser avec une &#233;criture. Or, surprise ! Rien de tout cela dans le geste que j'accomplis ce jour-l&#224;. Sans doute parce que je choisis une page au hasard. Il est question de militaires soumis &#224; d'incompr&#233;hensibles man&#339;uvres dans un paysage glacial et d&#233;sol&#233;. Une sensation de froid m'envahit subitement, physiquement sans que je fasse le moindre effort. Je suis &#171; dans &#187; le r&#233;cit. Je poursuis ma lecture. Les sensations se bousculent, me submergent. Je ressens dans ma chair ce &#171; froid d'acier &#187;, cette &#171; sensation de solitude et de dispersion &#187;, j'entends &#171; le crissement de la neige sous les sabots &#187;, je vois &#171; ces jardinets aux l&#233;gumes gel&#233;s, fl&#233;tris &#171; avec &#171; ces feuilles flasques, pendantes sous leur chapeau de neige &#187; Je lis dix, vingt, trente pages sans me rendre compte du temps qui passe, sans me soucier m&#234;me de la suite du r&#233;cit. Tout est dans l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, je ne connais rien du projet de l'auteur. Mais je sais d&#233;j&#224; que je poss&#232;de l'ingr&#233;dient le plus pr&#233;cieux pour poursuivre, pour comprendre : l'enthousiasme... Aid&#233; par ma passion pour l'Histoire, je d&#233;couvre ces trois destins confront&#233;s &#224; trois p&#233;riodes tragiques : la R&#233;volution Fran&#231;aise, la guerre d'Espagne, la guerre de 39/40. Je suis fascin&#233; par l'acuit&#233; du regard qui capte le plus infime d&#233;tail, qui rompt constamment la lin&#233;arit&#233; du r&#233;cit pour faire surgir l'insolite, l'inattendu, et qui, en cela, me restitue une vision du monde infiniment plus authentique dans sa subjectivit&#233;, que les intrigues les mieux ficel&#233;es du roman traditionnel. Fascin&#233; &#233;galement par l'art d'ins&#233;rer ce foisonnement de sensations dans la grande aventure de l'Histoire. Et le livre prend forme peu &#224; peu. Il se connecte avec mes propres souvenirs, il ouvre mille sentiers dans mon imaginaire, et je me rends compte que ce ravissement n'est autre qu'une r&#233;v&#233;lation sur moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus rien ne m'arr&#234;tera d&#233;sormais dans ma passion de d&#233;couvrir l'ensemble de l'&#339;uvre. &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, lus en d&#233;sordre, parfois simultan&#233;ment avec la m&#234;me ferveur, toujours fascin&#233; par la &#171; pr&#233;sence &#187; des situations, l'ampleur des m&#233;taphores, la sensualit&#233; de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier obstacle surgit lorsque j'aborde la &lt;i&gt;Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;. L'&#233;criture splendide est toujours l&#224; (ah ! cette errance dans ces paysages poussi&#233;reux et calcin&#233;s des Balkans &#224; la recherche du champ de bataille) mais il me faudra plus de temps pour assembler les pi&#232;ces du puzzle sans &#234;tre certain d'y parvenir (mais cela n'est-il pas mieux ainsi ? Un livre de Claude Simon n'est-il pas toujours un espace ouvert sur diff&#233;rentes interpr&#233;tations ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle exp&#233;rience avec &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;. Surprise un peu contrariante : les premi&#232;res pages me r&#233;sistent.. O&#249; veut-il en venir ? Vais-je renoncer ? Non ! Je recommence et bient&#244;t quelques images surgissent. Je connais bien ces paysages du Jura qui furent ceux de mes vacances d'enfant. J'ai vu ces papillons blancs se poser sur des ombelles, j'ai vu &#171; ce jeune charretier &#171; piquer de son ardillon la croupe d'une vache attard&#233;e qui prend un trot maladroit &#187; et dont on voit &#171; les pis roses balloter lourdement comme des cloches &#187; Les r&#233;miniscences se succ&#232;dent, s'accumulent. Me voil&#224; &#224; nouveau captif de cette &#233;criture. L'ouvrage prend forme. Je vois se dessiner ce r&#233;cit au pr&#233;sent, cette pure description de trois s&#233;quences entrecrois&#233;es, ces incessants glissements d'une r&#233;alit&#233; factuelle, &#224; des repr&#233;sentations picturales, photographiques ou cin&#233;matographiques. Des morceaux d'anthologie : le cort&#232;ge nuptial stopp&#233; devant le passage &#224; niveau, la violence des pulsions &#233;rotiques dans la p&#233;nombre de la grange ou sous la morne pluie des Flandres, la recherche angoiss&#233;e de la fillette disparue, avec ce chant des criquets dans &#171; la paisible nuit d'ao&#251;t &#187; &#171; l'immensit&#233; de la vaste nuit soudain plus vaste encore &#187; Un chef d'&#339;uvre que l'on &#233;vitera toutefois de recommander &#224; qui abordera l'&#339;uvre de Claude Simon pour la premi&#232;re fois. Encore que...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;, j'ai les cl&#233;s pour aborder &lt;i&gt;Les Corps Conducteurs&lt;/i&gt;, cette travers&#233;e de la cacophonie d'une grande m&#233;tropole par un homme malade en contrepoint d'un survol a&#233;rien qui cr&#233;e la distance et ram&#232;ne cette agitation &#224; un mouvement brownien d'insectes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste les livres de la derni&#232;re p&#233;riode, lus au fur et &#224; mesure de leur sortie. &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt;, lecture accompagn&#233;e d'irr&#233;sistibles fous rires, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; avec de nouveaux morceaux d'anthologie (l'errance de la veuve, des tantes et de l'enfant &#224; la recherche de la tombe du p&#232;re, le d&#233;part du train en gare de Perpignan, l'&#233;vocation du voyage en Russie, la r&#233;adaptation apr&#232;s le retour de captivit&#233; etc&#8230;), le &lt;i&gt;Jardin des Plantes&lt;/i&gt; et le merveilleux &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, le Combray de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon est avec Proust le seul &#233;crivain dont j'ai lu l'&#339;uvre int&#233;grale sans jamais &#233;prouver la moindre d&#233;ception bien que je ne nie pas certaines difficult&#233;s d'approche qui concernent plus le lecteur que l'auteur. C'est pourquoi je ne cesse de m'&#233;tonner et parfois de m'indigner de la frilosit&#233; de la &#171; critique officielle &#187; face cet immense &#233;crivain. Comment secouer cette torpeur qui m&#234;le l'ignorance &#224; la mauvaise foi ? Question qui n'en finira pas de se poser jusqu'&#224; ce que la post&#233;rit&#233; le mette &#224; sa juste place parmi les trois ou quatre plus grands romanciers fran&#231;ais du XX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Bernard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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