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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Archipel et Nord (2009)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Archipel-et-Nord-2009.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Archipel et Nord</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;ographie</dc:subject>
		<dc:subject>Fragment</dc:subject>
		<dc:subject>Fronti&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Archipel &#187; et Nord (2009). Notice &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Patrick SUTER &lt;br class='autobr' /&gt;
Archipel et Nord, paru en 2009, est le seul livre in&#233;dit de Claude Simon publi&#233; par les &#233;ditions de Minuit apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de son auteur. Ce volume r&#233;unit deux textes courts consacr&#233;s aux espaces nordiques, le premier comptant neuf pages et le second quinze. &#201;crits &#224; l'invitation de l'&#233;diteur danois Anders Nyborg, ils ont &#233;t&#233; publi&#233;s en 1973, respectivement dans les revues nordiques &#197;land 74 et Finland 74. Archipel a paru alors non en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Archipel-et-Nord-+.html" rel="tag"&gt;Archipel et Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Geographie-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;ographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Fragment-+.html" rel="tag"&gt;Fragment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Frontiere-+.html" rel="tag"&gt;Fronti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Poesie-+.html" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; &#187; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; (2009). Notice&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Patrick SUTER&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L329xH452/archipel_nord-623e8.jpg?1787938933' width='329' height='452' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt;, paru en 2009, est le seul livre in&#233;dit de Claude Simon publi&#233; par les &#233;ditions de Minuit apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de son auteur. Ce volume r&#233;unit deux textes courts consacr&#233;s aux &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Scandinavie.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;espaces nordiques&lt;/a&gt;, le premier comptant neuf pages et le second quinze. &#201;crits &#224; l'invitation de l'&#233;diteur danois Anders Nyborg, ils ont &#233;t&#233; publi&#233;s en 1973, respectivement dans les revues nordiques &lt;i&gt;&#197;land 74&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Finland 74&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; a paru alors non en fran&#231;ais mais dans des traductions en anglais, en su&#233;dois, en finnois et en allemand, alors que &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; publi&#233; en fran&#231;ais, ainsi que dans des traductions en anglais et en allemand.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; &#233;voque un voyage en avion &#8211; plus pr&#233;cis&#233;ment en hydravion &#8211; dans lequel est progressivement d&#233;couvert l'archipel, que l'on peut reconna&#238;tre comme celui d'&#197;land, compos&#233; de plus de six mille &#238;les dans le nord de la Baltique. L'archipel n'est cependant pas nomm&#233;, la seule indication g&#233;ographique locale &#233;tant &#171; fin-land, suo-mi : terre des marais &#187;. Au cours du trajet, il est fait allusion, de fa&#231;on tr&#232;s elliptique, et l&#224; aussi sans les d&#233;signer explicitement, &#224; certains &#233;l&#233;ments de l'histoire de l'archipel : &#224; la fondation d'un monast&#232;re franciscain par des moines fanatiques, &#224; des combats navals ayant impliqu&#233; diff&#233;rentes puissances pour la ma&#238;trise d'un d&#233;troit (Anglais, Fran&#231;ais, Su&#233;dois, Russes). De nombreux &#233;l&#233;ments de description &#233;voquent l'espace aper&#231;u depuis une perspective a&#233;rienne : la terre ferme, les for&#234;ts, les champs formant de petits rectangles, la terre de plus en plus d&#233;coup&#233;e avant d'&#234;tre transform&#233;e en &#171; haillon perc&#233; de mille d&#233;chirures &#187;, et enfin les &#238;lots de taille, de forme et de couleur diverses. Les lieux ne sont &#233;voqu&#233;s que de fa&#231;on allusive ou minimale, laissant place aux &#233;vocations, aux images ou aux souvenirs qu'ils d&#233;clenchent. Ils rappellent en particulier un monde l&#233;gendaire qui compte, parmi d'autres figures mythologiques, des &#171; hommes-poissons [&#8230;] aux femelles &#224; t&#233;tines dessin&#233;es en rose saumon sur le blanc du silence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; a pour substrat un voyage au-del&#224; du cercle polaire, &#224; partir d'Helsinki, dont le nom est inscrit en lettres majuscules &#224; la premi&#232;re page. L'itin&#233;raire (ou plut&#244;t sa r&#234;verie) passe par diff&#233;rents lieux, Sevettij&#228;rvi, Kandalachka, Arkhangelsk, Vorkouta, Igarka, Salekhad, les montagnes de Verkhoiansk, celles de Tcherskii, l'Anadyrle Ba&#239;kal, la mer des Tchoukches. Certains de ces lieux se trouvent en Finlande, d'autres en Russie toute proche, alors que d'autres encore sont situ&#233;s tr&#232;s loin, mais eux aussi &#224; proximit&#233; du cercle polaire. En revanche, si &#171; Anadyrle &#187; constitue sans doute une variante d'Anadyr, ville de l'extr&#233;mit&#233; Nord-Est de la Russie construite sur le permafrost, le Ba&#239;kal, qui lui est associ&#233;, en est extr&#234;mement &#233;loign&#233; et se trouve &#224; plus de 4'000 kilom&#232;tres, et &#224; environ 53&#176; de latitude. En dehors de cette r&#234;verie, le voyage m&#232;ne vers des lieux du Grand Nord, abandonn&#233;s, o&#249; apparaissent de tr&#232;s anciennes et &#224; la fois tr&#232;s jeunes for&#234;ts ainsi que diff&#233;rents animaux. Le narrateur entend parler d'un tr&#232;s vieil homme ayant connu ces territoires avant l'arriv&#233;e de la modernit&#233;, qui pourrait lui raconter les usages du pass&#233;, mais il renonce &#224; le rencontrer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du genre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les contextes de parution dans des revues touristiques rapprochent &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; du genre des notes de voyage, et s'il est possible de les relier (au moins en partie) &#224; des lieux d&#233;couverts au cours de trajets r&#233;ellement accomplis par un voyageur, il serait r&#233;ducteur de s'en tenir &#224; cette dimension. L'on manquerait ainsi l'extraordinaire dimension lyrique de ces deux textes, peut-&#234;tre in&#233;gal&#233;e dans l'&#339;uvre de Claude Simon, et que renforce encore leur mise en rapport dans le m&#234;me volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan formel, &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; se situent dans la ligne d'autres textes de Claude Simon de la fin des ann&#233;es soixante et des ann&#233;es soixante-dix : &lt;i&gt;Femmes&lt;/i&gt;, paru en 1966 aux &#233;ditions Maeght avant d'&#234;tre republi&#233; en volume avec un nouveau titre (&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/La-Chevelure-de-Berenice-1984.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;La Chevelure de B&#233;r&#233;nice&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 1983) ; &#171; Essai de mise en ordre de notes prises au cours d'un voyage en Zeeland (1962) et compl&#233;t&#233;es &#187;, paru en 1973 dans la revue &lt;i&gt;Minuit&lt;/i&gt;, et republi&#233; en 2005 dans le premier des &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/442&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Ces divers textes ont pour particularit&#233; de se pr&#233;senter comme des suites de paragraphes de longueur variable, mais souvent brefs (allant d'un seul mot &#224; une trentaine de lignes), commen&#231;ant presque toujours par une minuscule et se terminant sans point &#8211; le blanc qui les s&#233;pare soulignant leur aspect fragmentaire. Souvent, ces paragraphes sont organis&#233;s autour de l'expansion d'un nom ou d'une expression nominale, d'autres fois ils pr&#233;sentent des actions, mais le plus souvent au participe pr&#233;sent, dans lequel r&#233;cit et description sont confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur disposition graphique rapproche &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; des recherches sur la spatialisation de la po&#233;sie ou sur la po&#233;sie visuelle. L'abondance des comparaisons ou des m&#233;taphores associ&#233;es aux &#233;l&#233;ments d&#233;crits les situe dans l'&#233;cho de po&#232;mes en prose construits sur des s&#233;ries d'images, en particulier chez Rimbaud &#8211; dont le po&#232;me &#171; &#212; saisons, &#244; ch&#226;teaux &#187; est &#233;voqu&#233; dans un paragraphe d'&lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt;. L'importance des images associ&#233;es aux &#233;l&#233;ments d&#233;crits souligne le surgissement de l'imaginaire au plus intime d'un sujet &#8211; qui, &lt;i&gt;dans le langage&lt;/i&gt;, devient &lt;i&gt;un autre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une esth&#233;tique du discontinu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a soulign&#233; Michel Collot, la mise en page d'&lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; repose sur une disposition typographique particuli&#232;rement adapt&#233;e &#224; celle d'un espace archip&#233;lique, esquiss&#233; par des fragments nombreux de longueurs diverses, si bien que le texte se fait litt&#233;ralement &lt;i&gt;g&#233;o-graphie&lt;/i&gt;. Il faut ajouter que la succession des fragments s&#233;par&#233;s par des blancs fait &#233;cho aux discontinuit&#233;s que peuvent repr&#233;senter des interruptions et des fronti&#232;res. Celles-ci sont soulign&#233;es par le franchissement du cercle polaire, sugg&#233;r&#233; comme une extr&#233;mit&#233; particuli&#232;rement lointaine dans une phrase isol&#233;e et bris&#233;e (&#171; mais jamais encore je n'avais p&#233;n&#233;tr&#233; dans &#187;). La syntaxe disloqu&#233;e mime cette discontinuit&#233;, et cette phrase, qui commence &#224; la premi&#232;re page de &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt;, n'est pr&#233;sent&#233;e de fa&#231;on compl&#232;te que deux pages plus loin : &#171; mais je n'avais [&#8230;] pas encore p&#233;n&#233;tr&#233; dans cette jeunesse cette vieillesse je croyais &#187;. Et encore : le d&#233;but et la fin sont entrecoup&#233;s par un paragraphe intercalaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une exp&#233;rience des limites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En franchissant le cercle polaire, le sujet entre dans une r&#233;gion recul&#233;e o&#249; le monde s'inverse, la pleine mer, que signifie en grec &#171; &#913;&#929;&#935;&#921;-&#928;&#917;&#923;&#913;&#915;&#927; &#187; (ce mot apparaissant en capitales dans le texte), se renversant en une myriade d'&#238;les ou d'&#238;lots, le drapeau bleu et blanc de la Gr&#232;ce se muant en son &#171; n&#233;gatif &#187; pour former celui de la Finlande. &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; &#233;voquent une exp&#233;rience de la fronti&#232;re semblable &#224; celles des Grecs confront&#233;s au territoire des Scythes, telle que l'a d&#233;crite Fran&#231;ois Hartog dans &lt;i&gt;Le Miroir d'H&#233;rodote&lt;/i&gt;. Allant vers le nord, le sujet aborde un espace de mythes, &#224; la fois cimeti&#232;re et matrice du monde. Il &#233;chappe aux structures auxquelles il est habitu&#233;, entre dans une r&#233;gion o&#249; la pr&#233;sence du jour ou de la nuit ne d&#233;termine plus l'alternance entre veille et sommeil. La progression &#171; loin tr&#232;s loin plus loin qu'un homme ne pourrait aller en marchant toute une vie &#187; entra&#238;ne le sujet dans un monde non-humain, un &#171; cimeti&#232;re o&#249; depuis toujours aucun b&#251;cheron &#187;, et les rencontres, d&#233;cisives quoique br&#232;ves, ont lieu d&#233;sormais avec de &#171; fantastiques racines &#187; ou des &#171; animaux gigantesques &#187; sortis &#171; de quelque l&#233;gende nordique &#187;. Le p&#233;riple devient initiatique, le voyageur en venant &#224; entendre parler d'un &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/blanc-presque-bleuatre.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; vieil homme &#187;&lt;/a&gt; qui appara&#238;t &#224; la fois comme tout autre et comme son semblable : un autre de lui-m&#234;me. Ce &#171; vieil homme &#187;, dont le sujet d&#233;cide de s'&#233;loigner, rappelle la transformation que peut subir un individu dans des &#233;tats liminaux, au cours desquels le sujet abandonne un &#233;tat ancien et accomplit une mue, comme en rend compte l'anthropologue Victor Turner dans &lt;i&gt;Le Ph&#233;nom&#232;ne rituel&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet &#233;tat, les contraires se m&#234;lent. Derri&#232;re une &#171; barri&#232;re &#187; par laquelle &#171; le Grand Nord &#187; semble se prot&#233;ger, le soleil est d&#233;sormais &#171; sans chaleur &#187;, le jour ne laisse pas place &#224; la nuit, l'activit&#233; mentale diurne et le r&#234;ve se confondent, les compagnons de pens&#233;e deviennent des animaux. Divers oxymores soulignent l'attrait comme &#233;rotique du paysage du Nord, o&#249; le sujet est entra&#238;n&#233; dans une fusion des oppos&#233;s, une mort et une renaissance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://leseditionsdeminuit.fr/livre-Archipel_%3Ci%3Eet%3C_i%3E_Nord-2599-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Paris, Minuit, 2009.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Repris dans &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres 2&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#201;dition &#233;tablie par Alastair B. Duncan, avec la collaboration de B&#233;r&#233;nice Bonhomme et David Zemmour. Paris : Gallimard, 2013. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586). p. 1319-1336. Notice et notes p. 1616-1620.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles critiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; BERTRAND (Michel), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/4367&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Du r&#233;cit en pointill&#233; au r&#233;cit en archipel : des cartes postales d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; aux images du Grand Nord &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 18 | 2023, p. 137-148.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; COLLOT (Michel), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/820&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; G&#233;o-graphie du Grand Nord. Sur &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 7 | 2011, p. 95-112.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; COLLOT (Michel), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/carnets/1380&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour une g&#233;ographie litt&#233;raire : une lecture d'&lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Carnets&lt;/i&gt;, 3 | 2015.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DE VRIESE (Hannes), &#171; Dans les pas du voyageur : le Grand Nord comme espace touristique et imaginaire dans &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt; &#187;, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-geographe-Textes-reunis-par-Jean-Yves-Laurichesse-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon g&#233;ographe&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Jean-Yves LAURICHESSE (dir.), Classiques Garnier, coll. &#171; Rencontres &#187;, n&#176;53, 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; DE VRIESE (Hannes), Notice sur &lt;i&gt;Archipel&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nord&lt;/i&gt;, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dictionnaire-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Michel-Bertrand-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Textes r&#233;unis par Michel Bertrand. Paris : Honor&#233; Champion, 2013. 2 vols. t. 1, p. 61-64&lt;/li&gt;&lt;li&gt; SUTER (Patrick), &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/4177&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Relations bris&#233;es. Claude Simon et la fronti&#232;re &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 18 | 2023, p. 67-80.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Notices-sur-les-oeuvres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir toutes les notices&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marie-Jos&#232;phe Allamand. Lire et lier : pratique et po&#233;tique de la lecture</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Marie-Josephe-Allamand-Lire-et-lier-pratique-et-poetique-de-la-lecture.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Marie-Josephe-Allamand-Lire-et-lier-pratique-et-poetique-de-la-lecture.html</guid>
		<dc:date>2018-01-15T01:47:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Fragment</dc:subject>
		<dc:subject>Allamand, Marie-Jos&#232;phe </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Marie-Jos&#232;phe Allamand &#171; Lire et lier : pratique et po&#233;tique de la lecture &#187; Cours donn&#233; &#224; la suite d'une communication au S&#233;minaire &#171; Enseigner Claude Simon &#187; de juin 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle figure dessiner du lecteur simonien ? On r&#233;servera &#224; l'auteur celle d'Orion &#224; la recherche du soleil levant, &#171; gigantesque silhouette immobile &#224; grands pas &#187;, et on choisira celle d'Arachn&#233;, &#171; tisseuse t&#234;tue &#187; qui, telle l'araign&#233;e de Francis Ponge, enserre le texte dans l'entrelacs de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-cours-et-conferences-.html" rel="directory"&gt;Cours et conf&#233;rences &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Fragment-+.html" rel="tag"&gt;Fragment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Allamand-Marie-Josephe-+.html" rel="tag"&gt;Allamand, Marie-Jos&#232;phe &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Jos&#232;phe Allamand&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Lire et lier : pratique et po&#233;tique de la lecture &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cours donn&#233; &#224; la suite d'une communication au S&#233;minaire &#171; Enseigner Claude Simon &#187; de juin 2016&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelle figure dessiner du lecteur simonien ? On r&#233;servera &#224; l'auteur celle d'Orion &#224; la recherche du soleil levant, &#171; gigantesque silhouette immobile &#224; grands pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, Orion aveugle, Gen&#232;ve, Skira, coll. &#171; Les sentiers de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et on choisira celle d'Arachn&#233;, &#171; tisseuse t&#234;tue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ces tisseuses t&#234;tues &#187; : m&#233;taphore de la m&#233;moire dans &#171; L'&#201;migrant de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; qui, telle l'araign&#233;e de Francis Ponge, enserre le texte dans l'entrelacs de ses fins r&#233;seaux, sans perdre de vue son &#171; rayon d'action &#187;, ni les bonnes directions &#224; prendre. &#171; Mais une raison qui ne l&#226;cherait pas en route le sensible, / Ne serait-ce pas cela, la po&#233;sie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francis Ponge, &#171; La nouvelle araign&#233;e &#187; [1954-57], Pi&#232;ces, NRF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le sensible ? L'&#233;criture de Claude Simon proc&#232;de selon &#171; &lt;i&gt;l'ordre sensible des choses&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, Discours de Stockholm, &#338;uvres, Gallimard, coll. &#171; La Pl&#233;iade (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; (&lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt;), &#171; dans l'ordre de nos perceptions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcel Proust, &#192; l'ombre des jeunes filles en fleurs [1919], Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211; expression de Proust que Claude Simon fait sienne &#8211; que ces impressions nous plongent dans &#171; l'in&#233;puisable chaos du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre de l'exposition de la Biblioth&#232;que du Centre Pompidou, Paris (2 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, ou qu'elles &#233;voquent la vigueur r&#233;g&#233;n&#233;ratrice de la nature : &#171; les senteurs d'humus, l'irr&#233;sistible et invisible pouss&#233;e de la s&#232;ve [...]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, L'Acacia, &#338;uvres II, &#233;d. cit., p. 1171&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'araign&#233;e simonienne existe et peut &#234;tre dot&#233;e, elle aussi, d'une fonction m&#233;tatextuelle ; all&#233;gorie d'un lecteur vigilant et v&#233;loce, se d&#233;pla&#231;ant dans un texte mobile et polycentrique qui nous offre de multiples parcours, selon des &#171; rayon [s] d'action &#187; &#224; baliser :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'une d'elles en a tendu les axes entre le laurier et l'un des pampres de la treille. La brise qui courbe les rameaux fait se distendre et danser le r&#233;seau &#233;tincelant et g&#233;om&#233;trique des fils parall&#232;les au centre desquels elle se tient tapie, montant et descendant avec &#233;lasticit&#233; au gr&#233; du faible balancement des feuilles. [&#8230;] Sortant sans transition de son immobilit&#233; elle se d&#233;place rapidement pour r&#233;parer un accroc de la toile ou se saisir d'une proie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, Les G&#233;orgiques, &#338;uvres II, &#233;d. cit., p. 677.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;tath&#232;se entre les deux verbes &#8211; lire et lier &#8211; (une &#171; &#233;tymologie providentielle &#187;, note Lucien D&#228;llenbach&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien. D&#228;llenbach, Claude Simon, coll. &#171; Les Contemporains &#187;, Le Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ouvre des directions de recherche multiples dans lesquelles nous retiendrons trois axes : lire &#171; &lt;i&gt;dans l'ordre sensible des choses&lt;/i&gt; &#187;, selon le corps conducteur du langage et les associations analogiques ; mais aussi &#171; une d&#233;lin&#233;arisation et une spatialisation de la lecture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 43.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On voudrait surtout montrer que lier est une fa&#231;on de rendre l'&#339;uvre lisible, fascinante &#224; lire, selon une d&#233;marche active et cr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;poetique&#034;&gt;Po&#233;tique de la lecture&lt;/div&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire &#171; &lt;i&gt;dans l'ordre sensible des choses&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire l'&#339;uvre de Claude Simon suppose de rendre &#224; l'auteur sa pr&#233;sence et l'impression de pr&#233;sence donn&#233;e par son &#233;criture. Et pour cette raison, ne pas couper l'&#339;uvre du r&#233;f&#233;rent, mais la relier &#224; son contexte biographique et historique. On retiendra l'&#233;pisode de la d&#233;b&#226;cle de mai 1940, les sept jours qui, du 10 au 17 mai, &#233;branl&#232;rent la vie de Claude Simon &#8211; en particulier les 16 et 17 mai &#8211; l'embuscade, la destruction de l'escadron de cavalerie, &#233;pisode suivi de toute une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements (le colonel abattu par un tireur embusqu&#233;, l'errance, la captivit&#233;&#8230;). C'est &#171; comme un traumatisme maintenant pour ainsi dire enkyst&#233; en lui &#224; la fa&#231;on d'un corps &#233;tranger, install&#233; pour toujours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, Le Jardin des plantes, &#338;uvres, &#233;d. cit., p. 1148.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et qui se r&#233;percute de livre en livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation de cet &#233;pisode de l'histoire en son r&#233;cit n'est pas donn&#233;e &#171; du point de vue du &lt;i&gt;pass&#233; comme fait objectif&lt;/i&gt; &#187;, mais &#171; du &lt;i&gt;pass&#233; comme fait de m&#233;moire&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire comme fait en mouvement, fait psychique aussi bien que mat&#233;riel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Didi-Huberman, Devant le temps, Minuit, 2000, p. 103. R&#233;f&#233;rence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La m&#233;moire &#224; l'&#339;uvre est une m&#233;moire sensible, &#171; une m&#233;moire subjective sensorielle qui se cherche &#224; t&#226;tons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mireille Calle-Gruber, Le Grand Temps, Essai sur l'&#339;uvre de Claude Simon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le mat&#233;riau premier du roman est souvent d&#233;sign&#233; par Simon du terme de &#171; magma &#187;. Comment rendre cette double confusion, celle des perceptions et celle de la m&#233;moire par l'encre de l'&#233;criture ? Claude Simon tient pour mod&#232;le l'&#233;criture de la bataille de Waterloo par Stendhal :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ce dernier (le mouvement du texte), chaotique, mal fichu en un sens, est, d'une part, &#224; l'image de ce chaos de souvenirs, d'images, de pens&#233;es qui nous emplit et, d'autre part, celui-l&#224; m&#234;me que, pour avoir &#233;t&#233; cavalier, je peux reconna&#238;tre (je sens, si l'on pr&#233;f&#232;re) pour celui qu'imprime au corps d'un cavalier novice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Litt&#233;rature et m&#233;moire &#187;, Quatre conf&#233;rences, Minuit, 2012, p. 121.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivain restitue la perception dans l'ordre de son d&#233;roulement : les choses ne sont pas nomm&#233;es, parce que l'esprit ne les a pas encore identifi&#233;es. Ainsi, au d&#233;but de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, les chevaux que l'on m&#232;ne &#224; l'abreuvoir sont d'abord des &#171; taches rouges acajou ocre &#187; ; sur le champ de bataille, le brigadier de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, ne voit que des &#171; petits tas brun&#226;tres, sans mouvements &#187;. Sur le talus o&#249; il se retrouve, ce sont &#171; de vagues taches ind&#233;cises qui se brouillent, s'effacent, puis r&#233;apparaissent de nouveau, puis se pr&#233;cisent : des triangles, des polygones, des cailloux, de menus brins d'herbe [&#8230;]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, &#233;d. cit., resp. p. 1060 et p. 1061.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : de la confusion on passe &#224; une sorte de formalisation en formes g&#233;om&#233;triques, puis &#224; la nomination des objets. L'&#233;criture de la sensation implique &#171; une tentative d'organisation et de hi&#233;rarchisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; [&#8230;] une tentative d'organisation et de hi&#233;rarchisation qui va &#224; l'encontre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Elle passe aussi par des m&#233;diations esth&#233;tiques : le retour du brigadier au Primordial est l'&#233;quivalent textuel de la peinture de Dubuffet dans la s&#233;rie &lt;i&gt;Routes et chauss&#233;es&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; [&#8230;] la s&#233;rie des peintures dites &#8220;Routes et Chemins&#8221; qui offraient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme l'atteste une lettre au peintre &#233;voquant le moment o&#249; Georges &#171; se retrouve &#224; quatre pattes sur un chemin ou couch&#233;, le nez contre le pied d'un mur&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Dubuffet &amp; Claude Simon, Correspondance 1970-1984, L'&#201;choppe, 1994, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : &#171; les pierres apparaissant triangles ou polygones irr&#233;guliers d'un blanc l&#233;g&#232;rement bleut&#233; dans leur gangue de terre d'un ocre p&#226;le&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#338;uvres, &#233;d. cit., p. 304.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description de l'&#233;pisode de l'embuscade restitue l'&#233;tat de stupeur du brigadier, par une &#233;criture qui emprunte des composantes &#224; la ph&#233;nom&#233;nologie. L'auteur restitue ainsi les &#171; exp&#233;riences pr&#233;r&#233;flexives &#187;, &#171; un &#233;tat perceptif originel et pr&#233;r&#233;flexif &#187;, selon les expressions de Jean Duffy au sujet de &#171; Claude Simon, Merleau-Ponty et la perception&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : http://assocationclaudesimon.org/ressources-critiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;puis je ne pensai plus quelque chose comme une montagne ou un cheval s'abattant sur moi me jetant &#224; terre me pi&#233;tinant tandis que je sentais les r&#234;nes s'&#233;chapper de mes mains puis tout fut noir tandis que des milliers de chevaux galopants continuaient &#224; me passer sur le corps puis je ne sentis m&#234;me plus les chevaux seulement comme une odeur d'&#233;ther et le noir les oreilles bourdonnantes et quand j'ouvris de nouveau les yeux j'&#233;tais &#233;tendu sur le chemin et plus un cheval&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#233;d. cit., p. 303.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture s'en tient &#224; une perception minimale, de l'ordre du constat &#8211; voir, ou&#239;r &#8211; sans interpr&#233;tation par la pens&#233;e, le sujet &#233;tant plong&#233; dans des &#233;v&#233;nements qu'il ne comprend pas, la conscience absorb&#233;e par les &#233;l&#233;ments. Par la comparaison approximative avec une sensation &#8211; &#171; quelque chose comme &#187;, &#171; comme une odeur d'&#233;ther &#187; &#8211;, par une expression minimale (&#171; le noir &#187;, &#171; noir &#187;, &#171; rien &#187;), une perception c&#233;nesth&#233;sique, (&#171; oreilles bourdonnantes &#187;), l'auteur tente de restituer l'&#233;vanouissement, r&#233;duit &#224; une ellipse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte suivant, le brigadier n'a qu'une vision fragment&#233;e, pulv&#233;ris&#233;e qui exprime &#224; la fois la confusion du champ de vision et la d&#233;composition du monde. La r&#233;p&#233;tition de &#171; fragments &#187;, l'accumulation de synonymes (&#171; hach&#233;s, d&#233;chiquet&#233;s &#187;) entra&#238;nent le lecteur dans le tourbillon des impressions. La perception n'est m&#234;me &#233;voqu&#233;e que par pr&#233;t&#233;rition (&#171; ne sentant m&#234;me pas &#187;), r&#233;action dans un cas de tr&#232;s grand danger, selon J. Duffy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; l'instinct de survie pr&#233;-r&#233;flexif du soldat [&#8230;] l'emporte, supprimant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] assourdi par les explosions, les cris, les galopades, ou plut&#244;t percevant (ou&#239;e, vue) comme des fragments qui se succ&#232;dent, se remplacent, se d&#233;masquent, s'entrechoquent, tournoyants : flancs de chevaux, bottes, sabots, croupes, chutes, fragments de cris, de bruits, l'air, l'espace, comme fragment&#233;s, hach&#233;s eux-m&#234;mes en minuscules parcelles, d&#233;chiquet&#233;s par le cr&#233;pitement des mitrailleuses &#8212; puis renon&#231;ant, se mettant &#224; courir, jurant toujours, parmi les chevaux fous, les cris, le tapage, la jument qu'il tient par la bride au petit galop, la selle sous le ventre, puis soudain plus rien (ne sentant m&#234;me pas le choc, pas de douleur, m&#234;me pas la conscience de tr&#233;bucher, de tomber, rien) : le noir, plus aucun bruit (ou peut-&#234;tre un assourdissant tintamarre se neutralisant lui-m&#234;me ?), sourd, aveugle, rien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, &#233;d. cit., p. 1061.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme Simon le notait au sujet du r&#233;cit stendhalien, tout est li&#233; dans l'instant : sensation, r&#233;flexion, souvenir. La lin&#233;arit&#233; est sans cesse entrav&#233;e par une accumulation de questions, de retouches correctives, de rectifications lexicales qui viennent s&#233;dimenter le texte en &#233;paisseur, autant de strates marqu&#233;es par les tirets, les parenth&#232;ses. Dans l'exemple suivant, la pens&#233;e de Georges reste dans un &#233;tat d'&#233;mergence que traduit l'&#233;panorthose g&#233;n&#233;ralis&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Georges se demandant sans exactement se le demander, c'est-&#224;-dire constatant avec cette sorte d'&#233;tonnement paisible ou plut&#244;t &#233;mouss&#233;, us&#233; et m&#234;me compl&#232;tement atrophi&#233; par ces dix jours au cours desquels il avait peu &#224; peu cess&#233; de s'&#233;tonner, abandonn&#233; une fois pour toutes cette position de l'esprit qui consiste &#224; chercher une cause ou une explication logique &#224; ce que l'on voit ou ce qui vous arrive : donc ne se demandant pas comment, constatant seulement que quoiqu'il n'e&#251;t pas plu depuis longtemps &#8212; du moins &#224; sa connaissance &#8212; le cheval ou plut&#244;t ce qui avait &#233;t&#233; un cheval &#233;tait presque enti&#232;rement recouvert &#8212;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#233;d. cit., p. 209-210.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour dire le magma, le chaos, il y a la langue, la syntaxe, le rythme : le brigadier, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, s'&#233;tonnera d'avoir &#171; fabriqu&#233; au lieu de l'informe, de l'invert&#233;br&#233;, une relation d'&#233;v&#233;nements telle qu'un esprit normal [&#8230;] pouvait la constituer apr&#232;s coup, &#224; froid, [&#8230;] c'est-&#224;-dire suscitant des images &#224; peu pr&#232;s nettes, ordonn&#233;es, distinctes les unes des autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, &#233;d. cit., p. 1187.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire et lier : dans la trame du texte et les r&#233;seaux analogiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation litt&#233;raire, pour Claude Simon, repose sur le pouvoir du langage, v&#233;ritable corps conducteur : &#171; Je ne connais pour ma part d'autres sentiers de la cr&#233;ation que ceux ouverts pas &#224; pas, c'est-&#224;-dire mot apr&#232;s mot, par le cheminement m&#234;me de l'&#233;criture.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;face &#224; &#8220;Orion aveugle&#8221; &#187; (1970). &#338;uvres, &#233;d. cit., Appendices, p. 1181.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Le langage est l'instrument des analogies et des d&#233;placements m&#233;taphoriques (m&#233;taphore renvoyant &#224; &#171; transport &#187;, rappelle Claude Simon dans &lt;i&gt;La Fiction mot &#224; mot&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Parce que c'est l&#224;, me semble-t-il, que peuvent jouer &#224; plein les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La polys&#233;mie et les associations lexicales ouvrent la voie &#224; des &#171; correspondances &#187; in&#233;dites. Le texte peut bifurquer &#224; chaque carrefour dans des directions impr&#233;vues, au gr&#233; des embranchements de la phrase. Mais la d&#233;rivation n'est pas arbitraire ni sans limites ; elle reste r&#233;gie par le souci d'unit&#233;, &#224; partir de la figure initiale. La figure, le trope par excellence de l'analogie est la m&#233;taphore qui &#171; op&#232;re un transfert de sens d'un mot &#224; un autre en vertu d'un rapport d'analogie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigitte Buffard-Moret, Introduction &#224; la stylistique, Dunod, &#171; Les topos &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais la comparaison, sous ses formes les plus vari&#233;es, occupe une place tr&#232;s importante chez Claude Simon : on trouve &#171; tous les instruments ordinaires de la comparaison (&lt;i&gt;comme, comme si, semblable &#224;, pareil &#224;, sembler&lt;/i&gt; [&#8230;])&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Renaud, art. &#171; Comparaison &#187;, dans Dictionnaire Claude Simon I, op. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture analogique s'exerce &#224; petite et &#224; grande ouverture de compas : &#171; micro-analogies lexicales &#187; &#224; partir desquelles s'&#233;labore la &#171; macro-analogie fictionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien D&#228;llenbach, &#171; Les G&#233;orgiques ou la totalisation accomplie &#187;, Critique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, au nombre des analogies entre la femme et la nature, entre Nature et Eros, on notera la &#171; micro-analogie &#187; qui associe &#171; Corinne &#187; &#224; &#171; Corail &#187; et la rend &#171; semblable &#224; ces fleurs, ces choses marines &#224; mi-chemin entre le v&#233;g&#233;tal et l'animal, ces madr&#233;pores, palpitant d&#233;licatement dans l'eau transparente, respirant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#233;d. cit., resp. p. 355 et p. 356.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;chelle plus vaste, un r&#233;seau m&#233;taphorique se trame, repris d'un roman &#224; l'autre. L'acacia, choisi comme embl&#232;me du roman de 1989, surgit dans les premi&#232;res pages d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; (1967) : apr&#232;s des h&#233;sitations cr&#233;&#233;es par la cataphore initiale (marque insistante de l'&#233;criture simonienne) du pronom &#171; elles &#187; qui renvoie alternativement aux branches de l'arbre et &#224; l'assembl&#233;e des vieilles dames en visite chez la grand-m&#232;re du narrateur, on voit se dessiner, avec des connotations ironiques, la m&#233;taphore de l'arbre g&#233;n&#233;alogique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;les imaginant, sombres et lugubres, perch&#233;es dans le r&#233;seau des branches, comme sur cette caricature orl&#233;aniste reproduite dans le manuel d'Histoire et qui repr&#233;sentait l'arbre g&#233;n&#233;alogique de la famille royale dont les membres sautillaient parmi les branches sous la forme d'oiseaux &#224; t&#234;tes humaines coiff&#233;s de couronnes endiamant&#233;es et pourvus de nez (ou plut&#244;t de becs) bourboniens et monstrueux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire, &#338;uvres II, &#233;d. cit., p. 148.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si les chevaux sont au centre de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, le chevauchement constitue une m&#233;taphore m&#233;tatextuelle, pour caract&#233;riser un roman o&#249; se chevauchent les fils de la narration et le trajet (en forme d'un tr&#232;fle) des cavaliers en d&#233;route, mais aussi les histoires et les portraits de famille, les si&#232;cles. On retiendra l'exemple embl&#233;matique du chevauchement entre l'&#233;pisode de la destruction de l'escadron et les deux sc&#232;nes de courses hippiques qui l'encadrent, et dont on ne retient qu'un extrait qui se situe d'abord sur le champ de courses, vu dans l'optique du personnage focalisateur :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;je pouvais les voir&lt;/i&gt; au fur et &#224; mesure qu'ils tournaient &#224; droite s'engageaient dans le chemin creux lui en t&#234;te de la colonne comme si &#231;'avait &#233;t&#233; le 14 Juillet un puis deux puis trois puis le premier peloton tout entier puis le deuxi&#232;me les chevaux se suivant tranquillement au pas on aurait dit ces &lt;i&gt;chevaux-jupons&lt;/i&gt; avec lesquels jouaient autrefois les enfants des sortes d'animaux aquatiques flottant sur le ventre propuls&#233;s par d'invisibles pieds palm&#233;s glissant lentement l'un apr&#232;s l'autre avec leurs identiques encolures arrondies de&lt;i&gt; pi&#232;ces d'&#233;checs&lt;/i&gt; leurs identiques cavaliers ext&#233;nu&#233;s aux identiques bustes vo&#251;t&#233;s dodelinant la moiti&#233; en train de dormir sans doute quoiqu'il f&#238;t jour depuis un bon moment &lt;i&gt;le ciel tout rose de l'aurore la campagne comme molle encore &#224; moiti&#233; endormie aussi, il y avait comme une sorte de vaporeuse moiteur&lt;/i&gt; il devait y avoir de la ros&#233;e des gouttes de cristal accroch&#233;es aux brins d'herbe que le soleil allait faire s'&#233;vaporer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#233;d. cit., p. 299-300. Nous soulignons par les italiques.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur doit rep&#233;rer les bifurcations de la phrase qui font passer d'un lieu &#224; un autre. Apr&#232;s l'&#233;vanescente zone de transition qu'est la brume du matin, une silhouette surgit, d&#233;sign&#233;e par &#171; le &#187; plac&#233; en cataphore, que l'on n'identifie pas de prime abord : &#224; l'image de raideur et de posture arrogante, on reconna&#238;t le capitaine, &#171; droit sur sa selle &#187;. Si les chevaux du champ de courses sont compar&#233;s &#224; des &#171; chevaux-jupons &#187; (jeux d'enfants), l'expression est reprise sous forme de m&#233;taphore pour l'attaque de la colonne de cavalerie &#8211; &#171; les petits-chevaux jupons et leurs cavaliers &#187; &#8211;, accompagn&#233;e d'une comparaison avec les &#171; pi&#232;ces d'&#233;checs &#187;, caract&#233;ristique d'une m&#233;canique irr&#233;pressible qui se d&#233;clenche et entra&#238;ne les cavaliers. On notera aussi l'emploi fr&#233;quent du tour modalisateur &#171; pouvoir voir &#187;, signe que l'objet de la perception n'est pas d'embl&#233;e identifi&#233;, mais qu'il appara&#238;t dans un processus d'&#233;mergence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; la chose per&#231;ue n'est pas &#224; proprement donn&#233;e &#224; voir, ni montr&#233;e ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous citons la suite du passage :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;je pouvais&lt;/i&gt; facilement le reconna&#238;tre tout l&#224;-bas en t&#234;te &#224; la fa&#231;on qu'il avait de &lt;i&gt;se tenir tr&#232;s droit sur sa selle&lt;/i&gt; contrastant avec les autres silhouettes avachies comme si pour lui la fatigue n'existait pas, la moiti&#233; &#224; peu pr&#232;s de l'escadron se trouvant engag&#233;e lorsqu'ils reflu&#232;rent vers le carrefour [&#8230;] de sorte qu'il se passa un petit moment (peut-&#234;tre une fraction de seconde mais apparemment plus) pendant lequel dans le silence total il y eut seulement ceci : &lt;i&gt;les petits chevaux-jupons&lt;/i&gt; et leurs cavaliers rejet&#233;s en d&#233;sordre les uns sur les autres exactement comme des &lt;i&gt;pi&#232;ces d'&#233;checs&lt;/i&gt; s'abattant en cha&#238;ne le bruit lorsqu'il arriva avec ce l&#233;ger d&#233;calage dans le temps sur l'image lui-m&#234;me exactement semblable au son creux des &lt;i&gt;pi&#232;ces d'ivoire&lt;/i&gt; tambourinant tombant les unes apr&#232;s les autres sur le plateau de &lt;i&gt;l'&#233;chiquier&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Route des Flandres, &#233;d. cit., p. 300.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La comparaison, souvent d&#233;rivante et fil&#233;e, se d&#233;ploie en se m&#233;tamorphosant. Dans le texte suivant, l'an&#233;antissement de l'escadron suscite des images cosmiques et cataclysmiques. A partir de sensations et de synesth&#233;sies (&#171; l'air noir et dur &#187;), par les comparants du m&#233;tal, de la glace, se forge peu &#224; peu la vision sid&#233;rante d'un processus de p&#233;trification, au terme duquel l'escadron est englouti comme dans un glacier :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;l'air noir et dur sur les visages &lt;i&gt;comme&lt;/i&gt; du m&#233;tal, de sorte qu'il lui &lt;i&gt;semblait&lt;/i&gt; (pensant &#224; ces r&#233;cits d'exp&#233;dition au P&#244;le o&#249; l'on raconte que la peau reste attach&#233;e au fer gel&#233;) sentir les t&#233;n&#232;bres froides adh&#233;rer &#224; sa chair, solidifi&#233;es, &lt;i&gt;comme si&lt;/i&gt; l'air, le temps lui-m&#234;me n'&#233;taient qu'une seule et unique masse d'acier refroidi (&lt;i&gt;comme&lt;/i&gt; ces mondes morts, &#233;teints depuis des milliards d'ann&#233;es et couverts de glaces) dans l'&#233;paisseur de laquelle ils &#233;taient pris, immobilis&#233;s pour toujours, eux, leurs vieilles carnes macabres, leurs &#233;perons, leurs sabres, leurs armes d'acier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 212-213. Nous soulignons.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La guerre suscite souvent des comparaisons, &#224; connotation &#233;pique, avec les ph&#233;nom&#232;nes naturels de destruction, tornade, ouragan, cyclone&#8230; Apr&#232;s le passage des avions &#171; au ras des arbres &#187;, les cavaliers sont p&#233;trifi&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;comme s'ils venaient d'assister &#224; quelque ph&#233;nom&#232;ne cosmique de production de la mati&#232;re hurlante &#224; partir de l'air lui-m&#234;me condens&#233; soudain dans un bruit de catastrophe naturelle comme la foudre ou le tonnerre, de mutations de mol&#233;cules inertes en un ouragan furieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia, &#233;d. cit., p. 1025.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On notera l'emploi de &#171; comme si &#187;, comparaison hypoth&#233;tique, &#171; un mode analogue &#224; celui des modalisateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Zemmour, op.cit., p. 306.&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, qui est aussi le signe de la puissance de l'imaginaire simonien et de son pouvoir de m&#233;tamorphose par la m&#233;taphore et la comparaison. Par l'ensemble de ces r&#233;seaux m&#233;taphoriques, de leurs d&#233;rivations et ramifications, est cr&#233;&#233;e &#171; la dynamique de l'&#233;criture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; (l'expression &#8220;dynamique de l'&#233;criture&#8221; &#233;tant l'une des plus fr&#233;quentes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; simonienne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;pratique&#034;&gt;Pratique de la lecture &#8211; D&#233;lin&#233;arisation, spatialisation &#8211;&lt;/div&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Formes du roman : montage, assemblage, &#171; pluralit&#233; simultan&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je travaille comme un peintre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je travaille comme un peintre &#187; : cit&#233; par B. Ferrato-Combe, op. cit., p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, d&#233;clare l'auteur. En &#233;changeant le pinceau contre le stylo, Claude Simon cherche &#224; reproduire par l'&#233;crit ce qui est la caract&#233;ristique de la peinture : la simultan&#233;it&#233;. La gageure est de rendre par l'&#233;criture, que caract&#233;rise la lin&#233;arit&#233;, cette impression de simultan&#233;it&#233; donn&#233;e par le tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Simon se construit aussi &#224; partir des d&#233;bris d'une r&#233;alit&#233; per&#231;ue dans l'&#233;clatement et la dispersion. D&#232;s &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt;, la forme fragmentaire s'affirme comme la seule possibilit&#233; de reconstitution du pass&#233; : &#171; tenter de rapporter, de reconstituer ce qui s'est pass&#233;, c'est un peu comme si on essayait de recoller les d&#233;bris dispers&#233;s, incomplets, d'un miroir, s'effor&#231;ant maladroitement de les r&#233;ajuster&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Vent, &#338;uvres, &#233;d. cit., p. 4.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pr&#233;paration du roman, Claude Simon commence par r&#233;diger des fragments, des &#171; tableaux d&#233;tach&#233;s &#187; (selon une formule de Flaubert qui lui est ch&#232;re) qui feront ensuite l'objet d'un long et patient agencement, &#171; par t&#226;tonnements successifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, La Fiction mot &#224; mot (1972), &#338;uvres, &#233;d. cit., Appendices, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Simon d&#233;signe son travail par le terme de &#171; bricolage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 1201. Cit. de L&#233;vi-Strauss.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, &#171; bricolage analogique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucien D&#228;llenbach, &#171; Claude Simon ou le travail du texte comme bricolage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, rench&#233;rit Lucien D&#228;llenbach, car entre ces fragments existent des harmonies (assonances/dissonances) de m&#234;me nature que celles qui r&#233;gissent la &#171; s&#233;quence phrastique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quels termes d&#233;signer la composition des romans ? Des variations &#224; esquisser entre mosa&#239;que, montage, assemblage &#8230; La &#171; pluralit&#233; simultan&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Dubuffet, B&#226;tons rompus, cit&#233; par B. Ferrato - Combe, op. cit., p. 42.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; trouve son accomplissement dans Les G&#233;orgiques, roman qui assemble trois vies, trois &#233;poques de l'histoire sur fond de guerre. A l'incipit, la division du &#171; il &#187; cr&#233;e un effet d'attente : apr&#232;s une vue cavali&#232;re sur la vie de L.S.M., un autre &#171; il &#187; est introduit, le cavalier qui bat en retraite avec son r&#233;giment. L'assemblage est si serr&#233; que les trois vies sont li&#233;es dans ce passage o&#249; l'on d&#233;couvre le cavalier essayant en vain de replacer sa selle qui a tourn&#233;, la journ&#233;e historique du &#171; 10-Ao&#251;t &#187;, l'attaque a&#233;rienne qui frappe l'escadron, et &#171; O. &#187; qui lance sa premi&#232;re grenade&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Au milieu du tapage assourdissant, des cris et du d&#233;sordre il essaie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons deux exemples comme possible lecture mode d'emploi, transposable &#224; des &#339;uvres de plus grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relier les fragments : &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, Le Tramway, &#338;uvres II, Gallimard, coll. &#171; La Pl&#233;iade &#187;. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier roman de Claude Simon (2001) plonge le lecteur dans la m&#233;moire d'enfance de l'auteur, une m&#233;moire endeuill&#233;e : c'est le livre de la m&#232;re et de la ville m&#232;re, Perpignan, bien que les noms soient effac&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : Claude Simon : all&#233;es et venues, Actes du colloque international de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le tramway, moyen de transport, est la m&#233;taphore de la m&#233;moire et l'instrument des analogies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman est un montage de fragments h&#233;t&#233;rog&#232;nes, s&#233;par&#233;s par des blancs, en forme d'une combinatoire entre deux s&#233;ries &#8211; les sc&#232;nes de l'enfance et les sc&#232;nes de la vieillesse d'un homme malade reclus dans une chambre d'h&#244;pital &#8211; entre lesquelles s'inscrivent d'autres &#233;pisodes comme celui de la d&#233;b&#226;cle de mai 1940 (p. 1312). Certains fragments forment des unit&#233;s autonomes : po&#232;mes en prose comme la sc&#232;ne de &#171; La p&#234;che &#224; la sardine &#187; (p. 1278), ou la vue a&#233;rienne de la terre &#224; la d&#233;rive, rendue aux &#171; seules lois &#187; de la mati&#232;re (p. 1309). Les attaques nominales de certaines s&#233;quences produisent un effet de c&#233;sure abrupte (&#171; Vieillard &#187;, p. 1278 ; &#171; &#201;poque o&#249; &#187;, p. 1301 ; &#171; Court que &#187;, p. 1314).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fragments paraissent inachev&#233;s, suspensifs, en attente de raccords possibles. Les points de suspension, en d&#233;but de paragraphe, sont autant de points d'aimantation vers d'autres fragments : ainsi l'espace de l'h&#244;pital appel&#233; &#171; TRANSIT &#187; est-il pr&#233;sent&#233; en deux fragments &#8211; l'un ferm&#233; (p. 1261), l'autre ouvert (p. 1262), par des points de suspension &#8211; entre lesquels est ench&#226;ss&#233; un autre espace, clos lui aussi, la cabine du wattman. Parfois cette attraction se fait &#224; plus grande ouverture de compas : la s&#233;quence des vacances estivales se termine par des points de suspension (p. 1270) et l'histoire de l'enfant ne se rouvrira que dix pages plus loin sur l'&#233;pisode tragique de la disparition de la liseuse, objet m&#233;tonymique de la m&#232;re malade : &#171; &#8230; simplement quand je suis revenu pour les grandes vacances apr&#232;s P&#226;ques, la liseuse n'&#233;tait plus l&#224; &#187; (p. 1281).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la voie des analogies, des rapprochements inattendus se produisent entre des r&#233;alit&#233;s s&#233;par&#233;es dans l'espace et le temps. On fait ainsi un saut brutal de la cabine du wattman o&#249; les travailleurs du matin &#171; tir[ent] sur &#187; leurs m&#233;gots &#224; un camp de prisonniers :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ce m&#234;me papier gris&#226;tre et rendu transparent par la salive : taciturne assembl&#233;e dont, des ann&#233;es plus tard, je devais me souvenir avec le m&#234;me sentiment de d&#233;risoire privil&#232;ge (quoique sachant qu'il n'y avait l&#224; qu'une tol&#233;rance) d'appartenir &#224; une sorte d'&#233;lite dans l'&#233;troite et &#233;touffante puanteur du vestibule d'une baraque referm&#233;e la nuit par les gardiens (p. 1256)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; la captivit&#233; resurgit, par des associations d'images et de souvenirs, produisant un choc saisissant, entre le vieillard malade &#171; pour ainsi dire goyesque &#187; (p. 1279), le &#171; tragique visage au bec de rapace &#187; de la m&#232;re malade, et une sc&#232;ne ench&#226;ss&#233;e entre parenth&#232;ses : un prisonnier du camp que ses gardiens promenaient en laisse, avec une &#171; lourde &#187; brique au cou :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;la longue chevelure argentine qui semblait elle-m&#234;me d'une beaut&#233; et d'une &#233;l&#233;gance jurant avec le visage frip&#233; et d&#233;chu de polichinelle [&#8230;], comme cette perruque aux ondulations fig&#233;es que non par coquetterie bien s&#251;r mais par un souci de d&#233;cence [&#8230;] maman (je le sus plus tard) s'obstinait &#224; porter &#8212; du moins jusqu'au jour o&#249; je l'ai vue pour la derni&#232;re fois &#8212; encadrant un semblable et tragique visage au bec de rapace, [&#8230;] (me rappelant ce prisonnier que les Allemands avaient promen&#233; dans tout le camp, tenu en laisse comme un chien par deux autres marchant sur ordre lentement et portant sur la poitrine, suspendue au cou par un fil de fer, une lourde brique (ou un moellon ?) sur laquelle &#233;tait &#233;crit &#171; j'ai vol&#233; le pain de mes camarades &#187;, et qui, &#224; force d'injures, de crachats et parfois de coups, avait aussi lorsqu'il traversa notre baraque, l'aspect d&#233;charn&#233;, d&#233;compos&#233; et terrifiant d'un vieillard au seuil de la mort). (p. 1278-1279)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un motif conducteur &#233;merge pour resurgir &#224; la fin du roman, &#171; &#8230; si belle au milieu de toutes ces fleurs ! &#187;, phrase &#233;nigme et phrase cl&#233;, &#171; phrase qui pouvait tout aussi bien faire allusion &#224; une mari&#233;e amie des infirmi&#232;res ou &#224; une morte sur son lit de la morgue &#187; (p. 1304). La m&#233;moire aigu&#235; de ces deux mots &#171; fleurs et mort &#187; (p. 1305) sera finalement associ&#233;e &#224; la mort de la m&#232;re et impr&#233;gn&#233;e de sensations olfactives :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si belle au milieu de toutes ces fleurs ! &#187;&#8230; Non. Terrifiante sans doute, avec son nez en lame de couteau, sa peau cartonneuse et grise coll&#233;e aux os de la face par la souffrance. Mais on avait referm&#233; le cercueil avant mon arriv&#233;e. Restait le parfum lourd et ent&#234;tant des fleurs et la fade odeur de la cire fondue qui glissait lentement le long des cierges &#187;. (p. 1316).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un espace olfactif entoure la m&#232;re, devenue &#171; l'absente de tous bouquets &#187;. Or entre ces deux moments, des images de gisantes (p. 1305-1306), associ&#233;es au souvenir de rituels fun&#233;raires (&#224; B&#233;nar&#232;s) (p. 1306-1307), ont secr&#232;tement tram&#233; un &#171; sens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le motif de la coupure, embl&#233;matique de la forme du texte, cr&#233;e un lien th&#233;matique, sous-jacent, entre plusieurs sc&#232;nes : l'image d' &#171; une petite fen&#234;tre ovale &#187; (p. 1306) dans la ch&#226;sse contenant les reliques d'une sainte (paragraphe mis entre parenth&#232;ses) est rattach&#233;e, par un lien sous-jacent, au paragraphe pr&#233;c&#233;dent d&#233;crivant les malades sur des brancards, comme &#171; coup&#233;s &#187; au niveau des &#233;paules, entre autres une jeune femme compar&#233;e &#224; une &#171; gisante &#187; ou &#224; &#171; quelque sainte ou [de] quelque bienheureuse exhib&#233;e les jours de f&#234;tes religieuses &#187; (p. 1306). Effet de coupure qui est associ&#233; aussi au souvenir du jeune Gaguy, camarade de jeu, revu de loin en avril 1940, alors qu'il creusait un retranchement pr&#232;s de la fronti&#232;re belge :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;de sorte que bien des ann&#233;es plus tard ce fut comme un choc d&#251; non pas tant aux circonstances mais &#224; cette coupure que, du haut de mon cheval, je reconnus Gaguy en la personne d'un zouave coiff&#233; de la l&#233;gendaire ch&#233;chia rouge et en manches de chemise (p. 1312)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette coupure, aux connotations ac&#233;r&#233;es et douloureuses, traduit un effet optique, mais aussi le caract&#232;re fragmentaire du souvenir. Elle est en assonance avec le souvenir de la rupture qu'a &#233;t&#233; pour l'enfant son entr&#233;e en internat et l'&#233;loignement des paysages d'enfance : l'analogie suppl&#233;e la chronologie, par la surimpression de sens du m&#234;me mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette structure romanesque suppose un mode de lecture selon un va-et-vient entre la partie et le tout : &#171; Ainsi le dispositif du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; oblige-t-il le lecteur &#224; lier, relier entre eux des &#233;l&#233;ments parfois fort &#233;loign&#233;s, &#224; faire travailler la m&#233;moire du texte lu, comme le narrateur lui-m&#234;me sa propre m&#233;moire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jo&#235;lle Gleize, &#171; Le Tramway, &#8220;foudroyante discontinuit&#233;&#8221; de la m&#233;moire &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;lier les motifs, d&#233;tacher &#171; les tableaux &#187; : &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, L'Herbe, [1958], &#338;uvres II, Gallimard, coll. &#171; La Pl&#233;iade &#187;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce roman se pr&#233;sente comme une totalit&#233; organique, faite &#171; d'une s&#233;rie de tableaux de longueur tr&#232;s in&#233;gale et qui se succ&#232;dent presque sans transition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alastair B. Duncan, &#171; Lire L'Herbe &#187;, postface, L'Herbe, Minuit, collection (&#8230;)&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; On pourrait transposer &#224; cette &#339;uvre ce que Claude Simon &#233;crit de l'esth&#233;tique de C&#233;zanne dans &lt;i&gt;La Corde raide&lt;/i&gt; : &#171; un univers pour la premi&#232;re fois d&#233;muni de poteaux indicateurs &#187;. &#171; Les m&#234;mes formes pouvaient changer, s'enfler de leur propre substance et de ce qu'elles absorbaient par une incessante osmose de leur imm&#233;diat et lointain voisinage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Simon, La Corde raide, &#201;ditions du Sagittaire, 1947, resp. p. 116 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois histoires sont enchev&#234;tr&#233;es : celle d'une vieille femme, Marie &#8211; &#171; le souvenir de l'agonie d'une vieille tante que j'aimais comme ma m&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Nouvelles litt&#233;raires, 15-21 mars 1984, p. 44 : r&#233;f&#233;rence cit&#233;e dans &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, selon les propos de Claude Simon &#8211; ; les rendez-vous de Louise avec son amant pr&#232;s du buisson de bambous ; les conflits des beaux-parents, Pierre et Sabine &#8230; Quelques rep&#232;res balisent toutefois le parcours du lecteur, sur l'axe syntagmatique : le leitmotiv du &#171; rien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : Anne-Yvonne Julien &#171; Le dire du &#8220;Rien&#8221; dans L'Herbe. Versions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, mot plac&#233; &#224; l'ouverture et &#224; la fin du roman, et qui, avec des connotations variables, revient de fa&#231;on obs&#233;dante tout au long du r&#233;cit ; le signe avant-coureur de la rencontre des amants, le chat au &#171; regard ac&#233;r&#233; et jaune fix&#233;, comme agripp&#233; sur elle &#187; (p. 68), qui bondit ou d&#233;tale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir L'Herbe, p. 8, 9, 68, 129, 143.&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On notera des points de passage &#8211; les trois rencontres de Louise et de l'amant (d&#233;but, fin et centre) &#8211;, un point de tension : le don de la bo&#238;te (p. 62) contenant les &#171; carnets &#187; d'une vie minuscule. Le lecteur rep&#232;rera les lisi&#232;res d&#233;limitant des espaces : les connecteurs, plac&#233;s &#224; l'attaque des paragraphes, mais dont la liaison au contexte et &#224; la temporalit&#233; est incertaine, marquent davantage une scansion, apr&#232;s des s&#233;quences denses : outre l'emploi de &#171; Donc &#187; initial (p. 25, p. 77&#8230;), on notera surtout celui de &#171; Et &#187; : &#171; Et entre-temps &#187; (p. 35), &#171; Et maintenant, depuis cinq jours &#187; (p. 40), &#171; Et ce fut tout &#187; (p. 54)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 35, 56, 63, 69&#8230;&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les paliers de la derni&#232;re s&#233;quence du roman sont marqu&#233;s par des tirets, par la reprise de &#171; maintenant &#187; : &#171; &#8212; Louise maintenant &#233;tendue dans l'herbe &#187; (p. 136), &#171; couch&#233;e maintenant de tout son long sur le sol &#187; (p. 139), &#171; Louise cherchant maintenant &#187; (p. 141).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversant la d&#233;marche pr&#233;c&#233;dente (&lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;), on s'attachera &#224; d&#233;lier les motifs, &#224; d&#233;tacher les tableaux. Il faut noter l'importance de la cellule initiale d'une vingtaine de pages (ce qui vaut pour d'autres romans de Simon), plac&#233;e comme un petit miroir convexe o&#249; se refl&#232;tent, en miniature, les figures du roman familial, les objets et le Paysage du roman. Dans cette cellule du texte est ench&#226;ss&#233;e la gravure ornant le couvercle de la bo&#238;te &#224; biscuits ou &#224; berlingots de Marie, qui fonctionne comme une mise en abyme des autres sc&#232;nes de jardin, selon le syst&#232;me des bo&#238;tes gigognes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;une bo&#238;te &#224; biscuits ou &#224; berlingots, en fer, toute piquet&#233;e de rouille avec, dessus, une jeune femme v&#234;tue d'une longue robe blanche, &#224; demi allong&#233;e sur l'herbe dans une pose &#224; la fois langoureuse et raide, avec juste la pointe des pieds, ou plut&#244;t des souliers, d&#233;passant sous le dernier volant, pudiques et ridicules, et, couch&#233; pr&#232;s d'elle (qui dans sa main tient une m&#234;me bo&#238;te sur le couvercle de laquelle sa m&#234;me image se r&#233;p&#232;te, comme dans ces jeux de miroir sans fin) un de ces petits chiens blancs et fris&#233;s (p. 4)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le motif initial du roman se d&#233;ploie en nombreuses constellations dans les sc&#232;nes de jardin (d&#232;s l'arriv&#233;e de Marie &#171; &#224; la grille du parc &#187;) qui sont des transpositions d'art impressionniste et &#171; pointilliste &#187; (p. 15). Des effets de surimpression avec des photographies (trois r&#233;f&#233;rences qui ne sont pas distribu&#233;es dans l'ordre chronologique, dont la photo de mariage de Pierre et Sabine) brouillent les images que le lecteur doit diff&#233;rencier &#224; partir de menus d&#233;tails, guid&#233; en cela par le regard de Louise en position de d&#233;chiffreur &#8211; des &#171; moments photographiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : Irene Albers, &#171; Les photos de famille dans L'Herbe &#187;, Claude Simon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211;. Le lieu de la photo d' &#171; Ao&#251;t 1896 &#187; o&#249; figure Pierre, enfant, n'est &#171; pas tout &#224; fait, ou pas encore un jardin : encore un verger &#187; (p. 123) ; les objets varient : non plus &#171; des chaises et des fauteuils de rotin autour d'une table &#187; (p. 14), mais &#171; la table de fer sans napperon o&#249; sont dispos&#233;s des verres &#224; pied (blanch&#226;tres sur la photographie, comme d&#233;polis : [&#8230;]) et une assiette de biscuits pour les visiteurs venus tirer la sonnette &#187; (p. 125-126). Le motif d&#233;coratif de la bo&#238;te doit &#234;tre rectifi&#233; pour s'adapter &#224; la vie rustique et s&#233;v&#232;re de Marie, gr&#226;ce &#224; une suite de retouches correctives : &#171; pas un petit chien blanc, fris&#233; et enrubann&#233;, pas plus qu'elle-m&#234;me ne porte une robe blanche et enrubann&#233;e (mais sombre, au col montant) [&#8230;], le chien au poil ras, et sombre lui aussi &#187; (p. 125).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le palimpseste des images, d'autrefois et d'aujourd'hui, introduit dans le texte une &#233;paisseur temporelle : la temporalit&#233; n'est plus lin&#233;aire, mais stratifi&#233;e, feuillet&#233;e. Regardant la photo de Marie, Louise note &#171; le m&#234;me visage qui maintenant, momifi&#233; (ossifi&#233;), gisait sur l'oreiller &#187; (p. 125), mais des mains diff&#233;rentes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;les mains pleines, fermes et rudes elles aussi (la droite &#8212; celle qui maintenant, d&#233;charn&#233;e, semblable &#224; une patte de poulet, allait et venait sans tr&#234;ve sur le drap, capable alors aussi bien de tracer sur le tableau noir les lettres aux boucles impeccables, aux pleins et aux d&#233;li&#233;s impeccables, que de tenir le manche d'une b&#234;che et de sarcler un champ de pommes de terre &#8212; (p. 125)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Pierre et Sabine, la discordance &#233;clate : &#171; impossibles &#224; apparenter, &#224; r&#233;unir, les deux images se superposaient maintenant : l'enfant sage [&#8230;], et le vieil homme, envahi, &#233;cras&#233;, &#233;touff&#233; par le monstrueux poids de sa propre chair, [&#8230;] et la vieille D&#233;janire hoquetante &#187; (p. 123-124). Autre contraste : entre Marie, &#171; avec cette t&#234;te d&#233;j&#224; momifi&#233;e &#187;, et Sabine, la femme iris, &#171; agonisant debout, droite, par&#233;e, peinte de la t&#234;te aux pieds &#187; (p. 141).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;rence organique du texte rend d&#233;licate la d&#233;limitation des espaces dont les fronti&#232;res sont sugg&#233;r&#233;es par des transitions, sonores et olfactives, entre ext&#233;rieur et int&#233;rieur :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;et encore, l&#224;-bas, dans l'imp&#233;n&#233;trable bouquet de bambous le p&#233;piement du peuple des moineaux se rassemblant avant la nuit, invisibles, discordants, piaillant, se disputant, et encore l'ent&#234;tant parfum des poires tomb&#233;es pourrissant par milliers sur le sol, l'odeur montant des inutiles hectares de vergers &#224; l&#8216;assaut de la colline, sucr&#233;e, s&#251;re, stagnant dans l'air &#233;pais comme de ces resserres, ces placards o&#249; les fruits de septembre sur les rayons recouverts de papier journal exhalent cette lourde senteur de ferment&#233;, &#233;c&#339;urante, agressive (p. 11)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une parenth&#232;se qui ouvre une r&#233;trospective sur la maison habit&#233;e par les deux s&#339;urs, &#171; dans la permanente et automnale odeur des poires et des pommes rang&#233;es sur les &#233;tag&#232;res &#187;, on entre dans l'espace clos de Marie : &#171; comme si toute la campagne &#233;tait impr&#233;gn&#233;e de cette m&#234;me odeur d&#233;compos&#233;e contre laquelle les flots d'eau de Cologne dont la garde aspergeait les draps, le tapis, n'arrivaient pas &#224; lutter &#187; (p. 12). Une trame lexicale (&#171; resserres &#187;, &#171; placards &#187;, &#171; rayons &#187;) relie les espaces et en r&#233;duit le volume. Le th&#232;me de l'usure, de la dessiccation rend visible la trace du temps dont &#171; le T de soleil &#187; (p. 40), dessin&#233; par les volets de la chambre, est le signe id&#233;ographique : autre motif &#224; d&#233;tacher et &#224; suivre dans ses variations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture s'inscrit dans une dynamique, allant du d&#233;tail &#224; l'ensemble (et inversement), et fait jouer &#171; un &#8220;dispositif strat&#233;gique&#8221; o&#249; le global et le local ne cessent d'interagir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ilias Yocaris et David Zemmour, &#171; &#8220;Un texte convenablement compos&#233;&#8221;. Du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le lecteur est invit&#233; &#224; d&#233;sassembler et assembler, d&#233;tacher et rentoiler les images&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir aussi : les images souvenirs fragmentaires et persistantes, les figures (&#8230;)&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; d&#233;tisser et retisser les motifs ench&#226;ss&#233;s dans les parenth&#232;ses ou les tirets. Tel est le travail du lecteur allant et venant dans les &#171; &#233;blouissants, astucieux et polygonaux r&#233;seaux de soie o&#249; les grosses araign&#233;es brunes se tenaient immobiles, patientes [&#8230;], entre les hampes enlac&#233;es des h&#233;lianthes, des ronces folles &#187; (p. 12). Lecture patiente et lecture vivante, dynamique : &#171; Un &lt;i&gt;ensemble&lt;/i&gt; de liens et d&#233;liaisons. Une &#233;nerg&#233;tique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mireille Calle - Gruber [&#201;D.], &#171; Claude Simon, la main heureuse &#187;, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Jos&#232;phe ALLAMAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur honoraire de kh&#226;gne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Skira, coll. &#171; Les sentiers de la cr&#233;ation &#187;, 1970, p. 144-146.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ces tisseuses t&#234;tues &#187; : m&#233;taphore de la m&#233;moire dans &#171; L'&#201;migrant de Landor Road &#187; (&#171; Et l'on tissait dans sa m&#233;moire &#187;), Apollinaire, &lt;i&gt;Alcools&lt;/i&gt;, [Gallimard, 1920], NRF, Po&#233;sie/Gallimard, 1974, p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francis Ponge, &#171; La nouvelle araign&#233;e &#187; [1954-57], &lt;i&gt;Pi&#232;ces&lt;/i&gt;, NRF, Po&#233;sie/Gallimard, 1962, resp. p. 173 et p. 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Discours de Stockholm, &#338;uvres&lt;/i&gt;, Gallimard, coll. &#171; La Pl&#233;iade &#187;, p. 896. Les r&#233;f&#233;rences aux &#339;uvres de Simon renverront &#224; cette &#233;dition, en 2 tomes : &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, 2006 et &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt; II, 2013, Gallimard, coll. &#171; La Pl&#233;iade &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcel Proust, &lt;i&gt;&#192; l'ombre des jeunes filles en fleurs&lt;/i&gt; [1919], Gallimard, coll. Folio classique, 1987 et 1988, p. 222.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre de l'exposition de la Biblioth&#232;que du Centre Pompidou, Paris (2 octobre 2013 &#8211; 6 janvier 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#338;uvres II, &#233;d. cit., p. 1171&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques, &#338;uvres&lt;/i&gt; II, &#233;d. cit., p. 677.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien. D&#228;llenbach, &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt;, coll. &#171; Les Contemporains &#187;, Le Seuil, 1988, p. 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Le Jardin des plantes, &#338;uvres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 1148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Didi-Huberman, &lt;i&gt;Devant le temps&lt;/i&gt;, Minuit, 2000, p. 103. R&#233;f&#233;rence cit&#233;e par &#201;milie Lucas-Leclin, art. &#171; Montage &#187;, dans &lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt; II, Michel Bertrand (dir.), Champion, 2013, p. 699. Commentaire relatif &#224; la conception de l'histoire de Walter Benjamin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mireille Calle-Gruber, &lt;i&gt;Le Grand Temps, Essai sur l'&#339;uvre de Claude Simon&lt;/i&gt;, Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, &#171; Perspectives &#187;, 2004, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Litt&#233;rature et m&#233;moire &#187;, &lt;i&gt;Quatre conf&#233;rences&lt;/i&gt;, Minuit, 2012, p. 121.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., resp. p. 1060 et p. 1061.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; [&#8230;] une tentative d'organisation et de hi&#233;rarchisation qui va &#224; l'encontre du flux de la sensation comme pour l'endiguer ou tenter de l'organiser &#187; : David Zemmour, &lt;i&gt;Une syntaxe du sensible. Claude Simon et l'&#233;criture de la perception&lt;/i&gt;, PUPS, 2004, p. 298.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; [&#8230;] la s&#233;rie des peintures dites &#8220;Routes et Chemins&#8221; qui offraient exactement l'&#233;quivalent pictural de ce que j'avais essay&#233; de faire avec des mots en d&#233;crivant ce que voit Georges au-dessous de lui (quelques cailloux, de minuscules v&#233;g&#233;taux) lorsqu'il se retrouve &#224; quatre pattes dans le chemin &#224; l'issue de l'embuscade dans laquelle est tomb&#233; son escadron. &#187; : cit&#233; par Brigitte Ferrato-Combe, &lt;i&gt;&#201;crire en peintre, Claude Simon et la peinture&lt;/i&gt;, ELLUG, 1998, p. 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Dubuffet &amp; Claude Simon, &lt;i&gt;Correspondance 1970-1984&lt;/i&gt;, L'&#201;choppe, 1994, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres, &#338;uvres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 304.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : &lt;a href=&#034;http://assocationclaudesimon.org/ressources-critiques /articles/duffy-jean-claude&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://assocationclaudesimon.org/ressources-critiques /articles/duffy-jean-claude&lt;/a&gt; (1992), p. 3 et p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 303.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; l'instinct de survie pr&#233;-r&#233;flexif du soldat [&#8230;] l'emporte, supprimant toute donn&#233;e sensorielle, ob&#233;issant aux exigences imm&#233;diates et physiques de la situation &#187; : Jean Duffy, art. cit., p. 13. &#171; [&#8230;] dans un &#233;tat d'alerte qui filtre la sensation en vue de la survie &#187;, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 1061.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 209-210.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 1187.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pr&#233;face &#224; &#8220;Orion aveugle&#8221; &#187; (1970). &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., Appendices, p. 1181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Parce que c'est l&#224;, me semble-t-il, que peuvent jouer &#224; plein les propri&#233;t&#233;s rassemblantes de ces correspondances ou plut&#244;t de ces transports, au sens &#233;tymologique du terme, que sont les m&#233;taphores [&#8230;] &#187;, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., Appendices, p. 1196 -1197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brigitte Buffard-Moret, &lt;i&gt;Introduction &#224; la stylistique&lt;/i&gt;, Dunod, &#171; Les topos &#187;, 1998, p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Renaud, art. &#171; Comparaison &#187;, dans &lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt; I, op. cit., p. 224. L'auteur de l'article note d'autres extensions possibles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien D&#228;llenbach, &#171; Les G&#233;orgiques ou la totalisation accomplie &#187;, &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt; n&#176; 414, &lt;i&gt;La terre et la guerre dans l'&#339;uvre de Claude Simon&lt;/i&gt;, novembre 1981, p. 1229, note 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., resp. p. 355 et p. 356.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire, &#338;uvres&lt;/i&gt; II, &#233;d. cit., p. 148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 299-300. Nous soulignons par les italiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; la chose per&#231;ue n'est pas &#224; proprement donn&#233;e &#224; voir, ni montr&#233;e ou d&#233;voil&#233;e : elle est bien plut&#244;t saisie dans un processus d'&#233;mergence ou de dilution &#187; : D. Zemmour, op.cit., p. 173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 300.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 212-213. Nous soulignons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 1025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Zemmour, &lt;i&gt;op.cit.&lt;/i&gt;, p. 306.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; (l'expression &#8220;dynamique de l'&#233;criture&#8221; &#233;tant l'une des plus fr&#233;quentes dans l'&#233;pitexte simonien) &#187; : St&#233;phane Bikialo, art. &#171; &#201;criture &#187;, dans &lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt; I, op. cit., p. 307.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Je travaille comme un peintre &#187; : cit&#233; par B. Ferrato-Combe, op. cit., p. 33, note 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Vent, &#338;uvres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;La Fiction mot &#224; mot&lt;/i&gt; (1972), &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., Appendices, p. 1202.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 1201. Cit. de L&#233;vi-Strauss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucien D&#228;llenbach, &#171; Claude Simon ou le travail du texte comme bricolage analogique &#187;, dans &lt;i&gt;Penser, classer, &#233;crire : de Pascal &#224; Perec&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Vincennes, 1990 : cit&#233; par Christine Genin, art. &#171; Bricolage &#187;, dans &lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt; I, op.cit., p. 135.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Dubuffet, &lt;i&gt;B&#226;tons rompus&lt;/i&gt;, cit&#233; par B. Ferrato - Combe, op. cit., p. 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Au milieu du tapage assourdissant, des cris et du d&#233;sordre il essaie vainement de replacer la selle sur le dos de sa jument [...]. La nuit du 10-Ao&#251;t fut tr&#232;s belle, doucement &#233;clair&#233;e par la lune, paisible jusqu'&#224; minuit. [&#8230;] Les avions reviennent et attaquent de nouveau [&#8230;] O. raconte qu'apr&#232;s avoir lanc&#233; se premi&#232;re bombe [&#8230;] &#187; : &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 681-682.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Le Tramway, &#338;uvres &lt;/i&gt; II, Gallimard, coll. &#171; La Pl&#233;iade &#187;. Les r&#233;f&#233;rences et les pages cit&#233;es entre parenth&#232;ses renverront &#224; cette &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : &lt;i&gt;Claude Simon : all&#233;es et venues&lt;/i&gt;, Actes du colloque international de Perpignan (14-15 mars 2003), &#233;tudes r&#233;unies par Jean-Yves Laurichesse, Presses Universitaires de Perpignan, &lt;i&gt;Cahiers de l'Universit&#233; de Perpignan&lt;/i&gt;, n&#176; 34, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jo&#235;lle Gleize, &#171; &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, &#8220;foudroyante discontinuit&#233;&#8221; de la m&#233;moire &#187;, Claude Simon, &lt;i&gt;Le Tramway, Litt&#233;ratures&lt;/i&gt; n&#176; 46, printemps 2002, Presses Universitaires du Mirail, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, [1958], &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt; II, Gallimard, coll. &#171; La Pl&#233;iade &#187;. Les pages cit&#233;es entre parenth&#232;ses renverront &#224; cette &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alastair B. Duncan, &#171; Lire &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; &#187;, postface, &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, Minuit, collection &#171; double &#187;, p. 189.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Simon, La Corde raide, &#201;ditions du Sagittaire, 1947, resp. p. 116 et p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Nouvelles litt&#233;raires&lt;/i&gt;, 15-21 mars 1984, p. 44 : r&#233;f&#233;rence cit&#233;e dans &#171; Notice &#187;, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt; II, p. 1381, note 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : Anne-Yvonne Julien &#171; Le dire du &#8220;Rien&#8221; dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;. Versions simoniennes du Nihil &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt; n&#176; 4, Presses Universitaires de Perpignan, 2008, p. 95.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir&lt;i&gt; L'Herbe&lt;/i&gt;, p. 8, 9, 68, 129, 143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 35, 56, 63, 69&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : Irene Albers, &#171; Les photos de famille dans &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Claude Simon moments photographiques&lt;/i&gt;, Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2007, p. 194 et sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ilias Yocaris et David Zemmour, &#171; &#8220;Un texte convenablement compos&#233;&#8221;. Du local au global dans les romans de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Europe&lt;/i&gt; n&#176; 1033, mai 2015, p. 199.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir aussi : les images souvenirs fragmentaires et persistantes, les figures du roman familial et g&#233;n&#233;alogique, les montages iconographiques &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mireille Calle - Gruber [&#201;D.], &#171; Claude Simon, la main heureuse &#187;, &lt;i&gt;Les Triptyques de Claude Simon ou l'art du montage&lt;/i&gt;, Introduction, Presses Sorbonne Nouvelle, 2008, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gleize, Jo&#235;lle, &#171; La d&#233;taille et le d&#233;tail : sur L'Acacia &#187; (1999)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Gleize-Joelle-La-detaille-et-le-detail-sur-L-Acacia-1999.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Gleize-Joelle-La-detaille-et-le-detail-sur-L-Acacia-1999.html</guid>
		<dc:date>2017-11-11T21:45:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Gleize, Jo&#235;lle</dc:subject>
		<dc:subject>Composition</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Fragment</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Jo&#235;lle Gleize. &#171; La d&#233;taille et le d&#233;tail : sur L'Acacia de Claude Simon &#187;. &#201;tude sur la po&#233;tique simonienne du d&#233;tail dans L'Acacia, parue pour la premi&#232;re fois en 1999, dans La Licorne : Le D&#233;tail. La Licorne. Hors s&#233;rie - Colloques VII. &#201;tudes r&#233;unies par Liliane Louvel. UFR Langues Litt&#233;ratures de Poitiers / MSHS, 1999, p. 205-216. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le dessin que Claude Simon place en ouverture d'Orion aveugle, il a repr&#233;sent&#233; sa table de travail, devant une fen&#234;tre, ouverte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-articles-.html" rel="directory"&gt;Articles &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Gleize-Joelle-+.html" rel="tag"&gt;Gleize, Jo&#235;lle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Composition-+.html" rel="tag"&gt;Composition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Lecture-+.html" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Fragment-+.html" rel="tag"&gt;Fragment&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jo&#235;lle Gleize. &#171; La d&#233;taille et le d&#233;tail : sur &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;.&lt;br/&gt;
&#201;tude sur la po&#233;tique simonienne du d&#233;tail dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, parue pour la premi&#232;re fois en 1999, dans &lt;i&gt;La Licorne&lt;/i&gt; :&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;Le D&#233;tail. La Licorne&lt;/i&gt;. Hors s&#233;rie - Colloques VII. &#201;tudes r&#233;unies par Liliane Louvel. UFR Langues Litt&#233;ratures de Poitiers / MSHS, 1999, p. 205-216.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Main-ecrivant-Paris.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dessin que Claude Simon place en ouverture d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, il a repr&#233;sent&#233; sa table de travail, devant une fen&#234;tre, ouverte sur une rue bord&#233;e d'immeubles. Sur cette table, des instruments de travail : aupr&#232;s d'une lampe, une boite d'allumettes, une coquille Saint-Jacques, un livre sur lequel est pos&#233;e une image, un paquet de cigarettes, un stylo, et au premier plan une main &#233;crivant. La pr&#233;cision est remarquable ; celle du dessin des briques sur le mur de la maison voisine, comme celle du paquet de cigarettes Players ; comme celle enfin de l'image, qui est le dessin d'un d&#233;tail, celui d'une &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Piero-della-Francesca-167.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fresque de Piero della Francesca&lt;/a&gt;, la &lt;i&gt;Victoire d'H&#233;raclius contre Chosro&#232;s&lt;/i&gt;, d&#233;tail souvent reproduit, et connu des lecteurs de Simon parce que d&#233;crit dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;. Tous ou presque tous les &#233;l&#233;ments d'une po&#233;tique du d&#233;tail sont l&#224; : le traitement &#233;galitaire des objets et du sujet humain, tenu hors champ : &#171; L'homme n'est plus le centre du monde mais parmi les choses &#187; dit volontiers C. Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'inlassable r&#233;a(e)ncrage du v&#233;cu &#187;. Entretien avec Claude Simon, Claude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui porte la m&#234;me attention minutieuse &#224; tout ce qui est, humain ou non, essentiel ou non ; le d&#233;tail pr&#233;lev&#233; sur l'ensemble auquel il appartient et qu'il &#233;voque ou dont il convoque le souvenir ; d&#233;tail singulier par l'impassibilit&#233; du trompette au milieu d'un corps &#224; corps dont certains &#233;l&#233;ments se devinent sur le dessin du romancier, d&#233;tail cit&#233; et transpos&#233; dans l'&#233;criture, le d&#233;tail pictural devenu d&#233;tail textuel, lu et r&#233;&#233;crit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La citation se redouble du fait que le d&#233;coupage de ce d&#233;tail est celui-l&#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tour par ce dessin me permet de figurer mon propos ; plusieurs questions seront articul&#233;es qui pourraient se r&#233;duire &#224; celle-ci : il semble &#233;vident d'envisager l'&#233;criture de C. Simon comme une &#233;criture du d&#233;tail, ou qui d&#233;taille, mais aussi simultan&#233;ment, de se poser la question de ce que devient le d&#233;tail quand le d&#233;tail est partout, quand il n'y a que des d&#233;tails, depuis les foisonnantes narrations-descriptions de mati&#232;res, de lieux, d'objets ou de sensations jusqu'&#224; l'&#233;lection de tel &#233;pisode pr&#233;cis (la mort d'un officier par exemple ou l'an&#233;antissement d'un escadron) pour en faire le noyau d'une exp&#233;rience v&#233;cue de la seconde guerre mondiale et le centre organisateur d'un roman.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On parle souvent, &#224; propos de son &#339;uvre, d'&#233;criture fragmentaire, de fragment plut&#244;t que de d&#233;tail, et il faudra aussi interroger cet &#233;cart, sa pertinence. Je le ferai en me pla&#231;ant moins dans la perspective de l'&#233;criture que dans celle de la lecture. Dans une &#233;criture qui proc&#232;de par montage de fragments, quelles sont les fonctions du d&#233;tail, des d&#233;tails ? Quels sont les effets sur la lecture d'une &#233;criture qui d&#233;taille, qui d&#233;veloppe et pr&#233;cise ou qui isole et souligne un &#233;l&#233;ment sans souci d'une hi&#233;rarchie convenue ? Quelle est la lecture qui s'invente l&#224;, &#224; partir de ce bouleversement dans l'accentuation des &#233;l&#233;ments, dans leur scansion, leur rythme ? J'ai choisi de me poser ces questions &#224; propos de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, le dernier roman de Simon au moment o&#249; j'ai commenc&#233; ce travail. C'est qu'il me semble t&#233;moigner, apr&#232;s et dans la m&#234;me voie que &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, d'une relation sp&#233;cifique au d&#233;tail, et sp&#233;cifique d'une &#233;criture de la discontinuit&#233; et du montage.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;peindre&#034;&gt;Peindre le d&#233;tail&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le dessin d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; permet aussi d'interroger pour commencer, le parall&#233;lisme qu'&#233;tablit Simon entre peinture et litt&#233;rature, lui qui fait volontiers r&#233;f&#233;rence &#224; la peinture de la Renaissance flamande, allemande ou italienne, Bruegel, D&#252;rer, Uccello, Piero della Francesca, peinture qui ne souscrit pas &#224; une hi&#233;rarchie classique du d&#233;tail soumis aux imp&#233;ratifs du &#171; tout ensemble &#187;. Au cours du colloque consacr&#233; &#224; son &#339;uvre &#224; Cerisy en 1975, un lecteur interrogea C. Simon sur la signification de la description d'une porte de poulailler dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. &#192; cette question de la place accord&#233;e &#224; un d&#233;tail, l'&#233;crivain r&#233;pondit par une double r&#233;f&#233;rence picturale : la premi&#232;re aux peintres de la Renaissance pour qui &#171; le &#8220;sujet&#8221; d'un tableau [...] ne sert que de pr&#233;texte &#224; la peinture de paysages ou d'architectures au milieu desquelles on distingue &#224; peine, minuscule, la sc&#232;ne qui donne son titre &#224; l'&#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Simon &#224; la question &#187;, dans Claude Simon, colloque de Cerisy, U.G.E. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On sait que C. Simon cite souvent &lt;i&gt;La Chute d'Icare&lt;/i&gt; de Bruegel, o&#249; le sens m&#234;me de l'&#339;uvre est de transformer en d&#233;tail marginal la figure mythique alors que le travail de la terre occupe le premier plan, jouant ainsi de la hi&#233;rarchie classique pour la contester. L'autre r&#233;f&#233;rence picturale faite alors par Simon et r&#233;currente dans ses entretiens, est une modernit&#233; qui commence avec C&#233;zanne on Van Gogh et se poursuit avec &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dubuffet-Jean.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dubuffet&lt;/a&gt; et qui prend pour sujet des &#233;l&#233;ments n&#233;gligeables de la r&#233;alit&#233;. Dubuffet &#233;crit : &#171; La chauss&#233;e la plus d&#233;nu&#233;e de tout accident et de toute particularit&#233;, n'importe quel plancher sale ou terre nue poussi&#233;reuse auquel nul n'aurait l'id&#233;e de porter son regard &#8211; d&#233;lib&#233;r&#233;ment du moins &#8211; (encore moins de les peindre) sont pour moi nappes d'ivresse et de jubilation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catalogue Jean Dubuffet 1942-1960, Mus&#233;e des Arts d&#233;coratifs, p. 50.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'un m&#234;me refus d'une hi&#233;rarchie pr&#233;-&#233;tablie entre des &#233;l&#233;ments du monde en m&#234;me temps qu'entre les &#233;l&#233;ments de l'&#339;uvre, les solutions esth&#233;tiques apport&#233;es sont &#233;videmment diff&#233;rentes, les uns donnant &#224; chaque &#233;l&#233;ment du tableau une importance &#233;gale, et construisant le sens sur cette atteinte &#224; la hi&#233;rarchie, les autres constituant plus radicalement l'inessentiel ou l'infra-ordinaire en &#171; sujet &#187;, et opposant &#224; la qu&#234;te de sens, le silence de la mati&#232;re ou de l'objet. Par cette double r&#233;f&#233;rence (pr&#233;-classique et moderne), C. Simon porte le refus de toute hi&#233;rarchie convenue &#224; son comble dans un accord violent avec l'&#234;tre-l&#224; du monde. Sa r&#233;flexion sur le d&#233;tail s'inscrit ainsi dans un vaste et obstin&#233; mouvement de revalorisation de ce qui &#233;tait tenu pour n&#233;gligeable, mouvement amorc&#233; par Balzac et Flaubert, et poursuivi, prolong&#233; par Proust ou par Perec, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;f&#233;rences cependant ne rendent compte que d'un aspect de sa po&#233;tique du d&#233;tail, la part critique en quelque sorte, contestation de la hi&#233;rarchie entre les divers &#233;l&#233;ments de l'&#339;uvre litt&#233;raire, que C. Simon radicalise significativement. C'est une autre s&#233;rie de r&#233;f&#233;rences picturales qui permet de mieux cerner la sp&#233;cificit&#233; de son apport, celle que d&#233;ploie &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; dont le texte se ponctue de reproductions d'&#339;uvres qui sont pour la plupart des montages, des collages (&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Rauschenberg-Robert.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rauschenberg&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Nevelson-Louise.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Louise Nevelson&lt;/a&gt;, Arman) et o&#249; le traitement esth&#233;tique &#233;galitaire des d&#233;tails s'articule &#224; leur mise en &#233;chos r&#233;ciproques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le dernier livre de C. Simon, Le Jardin des Plantes, rel&#232;ve, lui aussi, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En instaurant un r&#233;seau d'analogies, ou d'oppositions, en tissant des relations s&#233;mantiques et formelles &#233;troites entre les diverses parties de l'&#339;uvre, celle-ci se dote d'une unit&#233; fond&#233;e sur un ordre autre, et produit par l&#224; m&#234;me un bouleversement dans la lecture du ou des d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;ecrire&#034;&gt;&#201;crire le d&#233;tail&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;tique du d&#233;tail de C. Simon s'ancre donc dans une r&#233;flexion sur la peinture mais elle se fait dans la litt&#233;rature et l'&#339;uvre litt&#233;raire &#8211; son &#233;criture et bien plus encore sa lecture &#8211; a affaire au temps plus encore qu'&#224; l'espace. C. Simon d&#233;plore et combat cette obligation qu'a l'&#233;criture de se donner &#224; lire dans la successivit&#233; et non, comme la peinture, dans la simultan&#233;it&#233;. Si la s&#233;lection d'un d&#233;tail (petit pan de mur jaune ou page musicien) est facile et quasi licite dans le regard port&#233; sur l'&#339;uvre picturale, qui se rapproche ou s'&#233;loigne ais&#233;ment, la m&#234;me op&#233;ration appliqu&#233;e &#224; l'&#339;uvre litt&#233;raire devient probl&#233;matique. Ecrire mais aussi bien lire, c'est g&#233;rer et g&#233;rer dans le temps cette tension entre attention port&#233;e au d&#233;tail et &#171; vision &#187; (anticipation et rem&#233;moration tout &#224; la fois) de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si lire, c'est lier, construire une coh&#233;rence, tout lecteur est amen&#233; &#224; faire des hypoth&#232;ses sur l'important et l'accessoire. Balzac, Flaubert, Stendhal lui-m&#234;me nous ont depuis longtemps appris que les d&#233;tails (narratifs ou descriptifs) avaient leur importance pour l'interpr&#233;tation et la compr&#233;hension d'une &#233;criture. Proust nous a &#233;galement enseign&#233; &#224; voir dans le d&#233;tail d'une impression la mati&#232;re m&#234;me de l'&#339;uvre, et les livres de C. Simon travaillent &#224; cette m&#234;me et toujours diff&#233;rente transformation des habitudes de lecture. En quoi l'activit&#233; de &#171; d&#233;taille &#187; intervient-elle dans la lecture ? Dans la lecture du sp&#233;cialiste, in&#233;vitablement, mais aussi et surtout dans la lecture ordinaire, la premi&#232;re lecture, ou plut&#244;t une reconstitution approximative de premi&#232;re lecture de ce texte qu'est &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, en m&#234;me temps que de la relecture ou des relectures fragmentaires qu'elle suppose. Il ne s'agit pas de rendre compte d'une fascination devant tel ou tel d&#233;tail, ce que Roland Barthes, retenant d'une photographie le ou les d&#233;tails qui le touchent, nomme &#171; punctum &#187;. Plus que les d&#233;tails poignants, ce sont les d&#233;tails saillants qui me retiendront, saillants en ce qu'ils sont soulign&#233;s par une disposition particuli&#232;re ou en ce que leur nombre conf&#232;re une place particuli&#232;re &#224; ce (objet, personnage ou action) qu'ils contribuent &#224; d&#233;crire. Est-ce &#224; dire qu'il y aurait un d&#233;tail &#171; objectif &#187; ? un d&#233;tail en dehors du regard ou de la lecture qui le d&#233;clare ou d&#233;montre tel ? La difficult&#233; peut &#234;tre lev&#233;e par l'hypoth&#232;se qu'existent dans le texte des d&#233;tails exhib&#233;s comme secondaires, et par-l&#224; m&#234;me &#233;videmment r&#233;cus&#233;s comme insignifiants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La notion de d&#233;tail se pr&#234;te &#224; un double usage : d&#233;tail-&#233;l&#233;ment d'une &#339;uvre &#224; laquelle il s'int&#232;gre et dans laquelle il remplit certaines fonctions, accessoires ou essentielles ; et acte de d&#233;tailler, ou encore d&#233;taille, n&#233;ologisme qui veut rendre compte d'un geste, d'un faire, d'un processus de d&#233;pliement des composantes ou qualifications d'un objet au sens tr&#232;s g&#233;n&#233;ral du terme. Dans la perspective adopt&#233;e ici : l'&#233;tude des parcours de lecture inscrits dans l'&#339;uvre, des proc&#233;dures de liaison et de d&#233;liaison qu'un texte propose et am&#232;ne son lecteur &#224; adopter, il semble que l'une et l'autre acceptions ne produisent pas les m&#234;mes effets.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;d&#233;route&#034;&gt;D&#233;taille et d&#233;route du lecteur&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Devant cette &#233;criture qui d&#233;taille, pr&#233;cise, d&#233;veloppe, &#233;num&#232;re, corrige, il semble tout d'abord que la m&#233;morisation, la synth&#232;se et donc la progression dans la lecture soit d&#233;lib&#233;r&#233;ment entrav&#233;e. Mais ce que la poursuite de la lecture fait appara&#238;tre, c'est que le d&#233;tail peut aider la lecture autant que l'&#233;garer. Ce qui n'&#233;tonnera gu&#232;re dans une &#339;uvre tendue vers l'organisation toujours recommenc&#233;e d'un chaos initial aussi fascinant que mena&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Partons de l'impression premi&#232;re &#224; l'entr&#233;e de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, dans cette premi&#232;re lecture que je reconstruis. La profusion des d&#233;tails descriptifs associ&#233;e &#224; l'absence de toute donn&#233;e informative &#8211; non pas sur la datation, cette fois pr&#233;cis&#233;e en titre de chapitre &#8211; mais sur le lieu et les motivations des personnages qui y errent, ne peut appara&#238;tre d'abord que comme un facteur d'&#233;garement, un obstacle &#224; l'anticipation. L'errance des personnages, &#224; la recherche d'indices improbables dans le champ de ruines laiss&#233; par la guerre, guid&#233;s par quelques vagues indications donn&#233;es au dos de cartes postales, est m&#233;taphore de cette errance du lecteur plus encore que de celle de l'&#233;crivain dont on sait qu'il compare souvent son travail &#224; la marche t&#226;tonnante d'un Orion aveugle. Car ce n'est qu'au moment o&#249; cette errance prend fin, en m&#234;me temps que le chapitre, que le lecteur comprend l'objet de leur qu&#234;te : l'emplacement &#224; jamais incertain de la tombe de leur mari, fr&#232;re et p&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'errance est fr&#233;quemment th&#233;matis&#233;e au d&#233;but des romans de Simon, ainsi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du fait de la composition fragmentaire du roman, montage de chapitres titr&#233;s d'une date, dans un ordre non chronologique qui fait alterner deux s&#233;ries qui se situent (pour le dire vite) l'une autour de la premi&#232;re, l'autre autour de la seconde guerre mondiale, cette errance initiale est &#224; recommencer au d&#233;but de l'autre s&#233;rie, et m&#234;me &#224; chaque d&#233;but de chapitre, puisque chacun forme une unit&#233; et semble se clore sur lui-m&#234;me. Pour chaque chapitre, et en particulier pour le chapitre onze, le plus h&#233;t&#233;rog&#232;ne, le lecteur doit r&#233;partir les fragments selon les espaces-temps dont ils rel&#232;vent. Le fragmentaire fait &#233;chec &#224; toute tentative pour pr&#233;voir, pour construire hypoth&#233;tiquement un futur de la lecture qui permettrait de juger de l'importance relative des &#233;l&#233;ments du texte. L'appr&#233;hension de l'ensemble est entrav&#233;e par la relative autonomie des chapitres, comme par la prolif&#233;ration des d&#233;tails &#224; l'int&#233;rieur de chacun, dont certains constituent de v&#233;ritables &#233;tudes de d&#233;tail, au sens o&#249; on l'entend en peinture. L'entrave &#224; la construction d'hypoth&#232;ses de lecture provient aussi de ce parti pris esth&#233;tique d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, ce parti pris du d&#233;tail qu'Elie Faure reproche &#224; D&#252;rer. Dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, ce reproche de l'historien d'art est qualifi&#233; d'&#171; incurable b&#234;tise fran&#231;aise &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tout pour l'artiste allemand est au m&#234;me plan dans la nature le d&#233;tail masque toujours l'ensemble leur univers n'est pas continu mais fait de fragments juxtapos&#233;s on les voit dans leurs tableaux donner autant d'importance &#224; une hallebarde qu'&#224; un visage humain &#224; une pierre inerte qu'&#224; un corps en mouvement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bataille de Pharsale, Editions de Minuit, p. 238. La seconde citation est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi sur les quatre pages consacr&#233;es &#224; l'&#233;vocation, par le r&#233;serviste mobilis&#233;, de son voyage en Espagne trois ans auparavant, la description d'un drapeau d&#233;tremp&#233; par la pluie aper&#231;u dans une gare occupe plus d'une demi-page, quand le jugement global port&#233; sur ce qu'il a vu &#224; Barcelone tient en quatre adjectifs d'une phrase parenth&#233;tique : &#171; (il n'avait fallu au voyageur muni d'un vrai faux laisser-passer que quelques jours pour voir ce qu'il voulait voir, savoir ce qu'il voulait savoir : c'&#233;tait &#224; la fois path&#233;tique, na&#239;f, furieux, navrant)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acacia. Les &#201;ditions de Minuit, 1989, p. 193-194. La pagination des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La hi&#233;rarchie entre l'essentiel et l'accessoire se fait ici par l'extension donn&#233;e &#224; un d&#233;tail-embl&#234;me, qui vaut pour une description plus g&#233;n&#233;rale de la situation. Donner &#224; voir ou plut&#244;t &#224; se figurer le drapeau &#171; imbib&#233; d'eau et pendant lourdement mi-partie rouge et noir selon la diagonale du rectangle (le noir du deuil, du d&#233;sespoir, de la mort) &#187; (p. 194) suffit pour le donner &#224; comprendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le passage se r&#233;f&#232;re &#233;galement au Palace, bien s&#251;r, faisant l'&#233;conomie de ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Comme la mort du colonel, faisant face, sabre au clair, au tireur embusqu&#233;, est embl&#233;matique de la d&#233;risoire confrontation des arm&#233;es fran&#231;aise et allemande en mai 1940. L'Histoire vue par un regard singulier, ac&#233;r&#233;, qui d&#233;coupe, d&#233;limite, puis m&#233;tamorphose ces fragments en en reprenant inlassablement la mise en mots. D&#233;tail r&#233;p&#233;t&#233; et g&#233;n&#233;rant lui-m&#234;me d'autres d&#233;tails, par la multiplication ou la d&#233;composition en ses diff&#233;rentes composantes d'une sensation, d'une action, d'un objet ou d'un corps. D&#233;tail devenu capital.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;tailler est &#224; l'&#233;vidence dans la logique m&#234;me de l'&#233;criture de C. Simon : parce qu'il pr&#233;f&#232;re d&#233;crire avant de d&#233;nommer, comme ce &#171; quelque chose tout entier en plans et en angles, grossi&#232;rement fait de t&#244;les rivet&#233;es, semblable &#224; une sorte de crustac&#233;, sauf que &#231;a a la taille d'un camion &#187; (p. 92), ce blind&#233; apparu au-dessus d'une haie ; parce qu'il pr&#233;f&#232;re des formules p&#233;riphrastiques aux noms propres, qui figent ou fixent la r&#233;f&#233;rence ; parce qu'il proc&#232;de constamment par analogie, pour assimiler ou diff&#233;rencier : &#171; cette fois sans n&#339;ud papillon ni veste de tweed mais v&#234;tu (ou plut&#244;t d&#233;guis&#233; &#224; l'aide) d'un vieux blouson &#187; (p. 191) ; parce que toute comparaison peut &#224; son tour &#234;tre d&#233;velopp&#233;e en description ou narration, parce que toute mise en mots d'une sensation, d'un souvenir, ne peut &#234;tre qu'approch&#233;e, par t&#226;tonnements, pas &#224; pas. Ce d&#233;pliement toujours possible de chaque action, ce d&#233;ploiement toujours possible de chaque mot, cette addition toujours possible d'une qualification, d'une incise, qui emporte le lecteur dans une d&#233;rive &#224; laquelle il peut s'abandonner avec le plaisir d'une attente toujours surprise, mais aussi o&#249; il peut perdre pied et &#234;tre contraint &#224; revenir &#224; une bifurcation pr&#233;c&#233;dente pour retrouver le fil, c'est sans doute cela qui frappe d'abord le lecteur de ces textes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute formulation est susceptible d'&#234;tre corrig&#233;e, nuanc&#233;e, pr&#233;cis&#233;e. L'&#233;criture de Simon, comme celle de Proust, proc&#232;de par addition, et int&#232;gre &#224; sa forme d&#233;finitive les efforts vers une formulation plus ad&#233;quate. Cette &#233;criture nous fait assister &#224; la gen&#232;se de ces d&#233;tails ; elle rend visible, lisible, l'engendrement de la pr&#233;cision, de la digression, la fabrique, non pas du d&#233;tail, mais de la d&#233;taille. En exemple, la fin du chapitre IX : une description de la jeune m&#232;re qui ne se sait pas encore veuve engendre une comparaison avec un buste de sainte enfermant une relique, ce qui par diff&#233;renciation m&#232;ne &#224; l'absence de tombe pour le p&#232;re et par diff&#233;rence encore au substitut de pierre tombale que constitue le faire-part de d&#233;c&#232;s, qui comporte une citation &#224; partir de laquelle le narrateur tente de reconstituer la sc&#232;ne o&#249; la m&#232;re re&#231;oit l'annonce de cette mort et crie peut-&#234;tre cette phrase. Dans un m&#234;me flux, se disent la douleur de l'attente, en anticipation, celle du deuil impossible, et enfin le d&#233;chirement supr&#234;me provoqu&#233; par l'annonce. Le lecteur, celui qui relit, peut avoir l'illusion de suivre le processus de la d&#233;taille : mais l'illusion seulement, car cette &#233;criture qui semble ne se corriger qu'en ajoutant, comme la parole, est la plus &#233;crite qui soit, et n'a &#233;videmment qu'un tr&#232;s lointain rapport avec la premi&#232;re venue du texte. La phrase simonienne donne au lecteur l'impression d'assister &#224; son d&#233;veloppement par approximations successives, par ajouts et incises, par rappels et anticipations ; elle lui offre g&#233;n&#233;reusement l'illusion d'accompagner sa mise en mots, sa mise en forme. Et l'errance du lecteur se justifie en quelque sorte de mimer celle de l'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;po&#233;tique&#034;&gt;Vers une po&#233;tique du d&#233;tail&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La critique a depuis longtemps soulign&#233; ce qu'avait de d&#233;sorganisateur pour tous les ordres romanesques &#233;tablis (spatial, temporel, g&#233;n&#233;alogique, etc) le texte simonien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Ricardou,&#171; Un ordre dans la d&#233;b&#226;cle &#187;, postface de l'&#233;dition de La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : on parle souvent &#224; son propos de d&#233;composition, de d&#233;sint&#233;gration, pour rendre compte de cet effet de dispersion produit par la prolif&#233;ration des d&#233;tails, la difficult&#233; &#224; ma&#238;triser cette profusion, &#224; comprendre sa logique. Il faut insister sur le versant compl&#233;mentaire et n&#233;cessairement compl&#233;mentaire de cette fragmentation et de cette dispersion : la structuration, la recomposition d'un ordre autre, diff&#233;rent. Et cette perspective formelle ne doit pas faire oublier l'enjeu de cette po&#233;tique de la d&#233;taille et du d&#233;tail : un certain regard sur le monde, tout &#224; la fois avide et d&#233;senchant&#233;, qui ne cherche pas &#224; lui donner un sens mais &#224; en faire &#339;uvre, ce qui est bien aussi instituer un sens, mais pluriel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Faire &#339;uvre, c'est composer, inventer un ordre, et le donner &#224; lire. Outre les c&#233;l&#232;bres &#171; donc &#187;, ou les parenth&#232;ses pr&#233;cisant le r&#233;f&#233;rent d'un pronom qui ponctuent les phrases longues, le soutien majeur &#224; la ma&#238;trise des d&#233;tails prolif&#233;rants n'est pas d'ordre stylistique : il s'agit plut&#244;t de la perspective adopt&#233;e, de la focalisation interne de la narration-description. Perspective du personnage du r&#233;serviste-brigadier dans les chapitres concernant &#171; l'&#233;trange d&#233;faite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la formule par laquelle Marc Bloch titre son livre sur la d&#233;b&#226;cle.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et dans les autres, perspective d'un narrateur s'effor&#231;ant de reconstituer, de s'imaginer, &#224; partir de documents fragmentaires, de r&#233;cits lacunaires, de traces d&#233;risoires, des moments du pass&#233; de parents disparus. Ainsi associ&#233;e &#224; une focalisation interne, la description d&#233;taill&#233;e se voit motiv&#233;e par un &#233;tat psychologique particulier d'&#233;motion intense : la vision rapproch&#233;e, celle &#171; des triangles, des polygones, des cailloux, des menus brins d'herbe, l'empierrement du chemin o&#249; il se tient maintenant &#224; quatre pattes, comme un chien &#187; (p. 90) ou le regard en arr&#234;t sur un objet, comme ce couvercle de bo&#238;te de cirage que referme le brigadier au moment o&#249; arrive l'ordre d'alerte (p. 260).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'acuit&#233; perceptive visuelle ou auditive, multipli&#233;e par le danger, du brigadier devenu gibier et animal, s'oppose &#224; la vision floue de la femme (la m&#232;re) qui revient d'Afrique et sait ou pressent ce qui l'attend. &#171; Elle ne voit pas la foule. Elle voit un confus amas de particules multicolores, claires ou fonc&#233;es, agglutin&#233;es et mouvantes. &#187;(p. 149) C'est dans le monde de la fiction que se situe ici le regard qui d&#233;taille, ou d&#233;compose, avec avidit&#233; et pr&#233;cision ou &#224; l'inverse celui qui refuse de voir, de reconna&#238;tre le monde. La lecture, qui proc&#232;de par synth&#232;ses partielles successives, trouve ainsi un point d'o&#249; op&#233;rer cette synth&#232;se, r&#233;duire la dispersion, mettre en perspective. Parfois le texte lui-m&#234;me couronne une &#233;num&#233;ration d'une formulation synth&#233;tique, comme cet &#171; h&#233;t&#233;roclite butin arrach&#233; &#224; des mondes barbares &#187; (p. 83) qui somme la description des objets offerts par l'officier de marine &#224; ses deux s&#339;urs. Un battement, un rythme s'instaure pour le lecteur entre dispersion et concentration.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Notons d'ailleurs que ce qui para&#238;t s'opposer &#224; cette vision rapproch&#233;e et que le texte nomme une &#171; perspective t&#233;lescopique &#187; (p. 165), va dans le sens de la dispersion et du multiple et non de la concentration. Il s'agit d'un &#233;l&#233;ment soudainement per&#231;u dans un ensemble o&#249; sa singularit&#233; s'annule en se multipliant : le r&#233;serviste mobilis&#233; &#171; pensant &#224; tous les trains qui roulaient en ce m&#234;me moment dans la nuit, acheminant leur cargaison de peur &#187;, &#171; comme si d'un bout &#224; l'autre de l'Europe la terre obscure &#233;tait en train de trembler sous les innombrables convois emport&#233;s dans la nuit, remplissant le silence d'un unique, inaudible et inqui&#233;tant tonnerre &#187; (p. 169 et 170). La vision t&#233;l&#233;scopique, loin de mener &#224; une synth&#232;se, provoque le vertige de celui qui per&#231;oit le multiple, et comme infime d&#233;tail ce qu'il envisageait comme unit&#233; singuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de perspective est proche du battement instaur&#233; entre le premier plan et la toile de fond, comparaison picturale souvent pr&#233;sente et dont l'effet le plus notable n'est pas de faire ressortir le ou les d&#233;tails sur le fond mais de les y noyer. La dissolution d'un objet ou personnage dans un arri&#232;re plan revient de fa&#231;on tout aussi r&#233;currente que le surgissement d'un objet ou d'un personnage se mat&#233;rialisant &#224; partir de rien, souvent comment&#233;. La mort est figur&#233;e comme engloutissement et disparition, exact envers de l'op&#233;ration de d&#233;taille qui fait exister par l'&#233;num&#233;ration : ainsi le texte d&#233;taille les diff&#233;rentes composantes de l'arm&#233;e avant qu'elles soient toutes unies dans un m&#234;me engloutissement : &#171; tous, les uns apr&#232;s les autres, d&#233;vers&#233;s, engloutis, disparus sans laisser de traces &#187; (p. 39). Ce battement constitue une variante stylistique du battement fr&#233;quemment th&#233;matis&#233; dans les romans de Simon de l'apparition / disparition, lui-m&#234;me variation sur le rythme essentiel de la vie et de la mort. Ce qui est d&#233;crit comme impression d'an&#233;antissement dans le monde de la fiction peut correspondre, dans l'exp&#233;rience du lecteur, &#224; un moment de ma&#238;trise de la multiplicit&#233; ou de la dispersion. Pour le lecteur qui relit cependant, le flux de la d&#233;taille peut faire retrouver un peu de la jouissance de voir et dire le monde qui est celle de l'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'engloutissement des d&#233;tails dans un arri&#232;re plan de pluie ou de nuit s'opposent, tr&#232;s rares, des moments o&#249; &#224; l'inverse, un &#233;quilibre s'instaure entre l'&#233;l&#233;ment singulier, le ou les d&#233;tails, et le fond, dans une sorte de mise en valeur r&#233;ciproque. Cela correspond dans le monde de la fiction &#224; de brefs instants de r&#233;pit, voire de revanche de la vie. Ainsi pour le brigadier momentan&#233;ment en s&#233;curit&#233; sous le couvert de la for&#234;t, le chant du coucou se d&#233;tache sur un fond de silence qu'il donne &#224; percevoir et &#224; d&#233;crire comme fait de &#171; menus bruits &#187;, et ce fond lui-m&#234;me laisse place &#224; quelque chose de plus primordial, de plus &#233;l&#233;mentaire que les bruits de la vie de la for&#234;t, le seul (bruit de) fond qui soit &#224; la fois multiple et continu, et qui s'oppose &#224; la discontinuit&#233; mortif&#232;re des bruits de la guerre, &#171; une vaste rumeur &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; continue, indiff&#233;rente, l'invisible et triomphale pouss&#233;e de la s&#232;ve, l'imperceptible et lent d&#233;pliement dans la lumi&#232;re des bourgeons, des corolles, des feuilles aux pliures compliqu&#233;es, s'ouvrant, se d&#233;froissant, s'&#233;panouissant, palpitant, fragiles, invincibles et vert tendre. &#187; (p. 98)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'effet de dispersion de l'attention produit par la d&#233;taille est ainsi contrebalanc&#233; par des mouvements de sommation, de concentration, selon un rythme proche de celui du regard (humain ou m&#233;canique) qui accommode sur le d&#233;tail ou sur l'ensemble, sur le premier ou sur l'arri&#232;re-plan. L'emportement d'un mouvement de pr&#233;cision, de variation, de diff&#233;renciation qui s'enfle puis se r&#233;duit et s'apaise dans le repos d'une totalisation partielle est essentiel au rythme de la lecture comme de l'&#233;criture simonienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;liaison&#034;&gt;Le d&#233;tail, la lecture et la liaison&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si nous envisageons maintenant non plus l'acte de d&#233;taille mais cet &#233;l&#233;ment plus ou moins isol&#233; ou int&#233;gr&#233; qu'est le d&#233;tail, le d&#233;tail (au) singulier, le d&#233;tail insolite parfois, celui que d&#233;coupe, met en relief l'&#233;criture et auquel s'accroche le regard du lecteur, c'est pour nous interroger sur ses fonctions dans l'avanc&#233;e de la lecture et dans les synth&#232;ses successives qu'elle &#233;labore par la m&#233;morisation de ce qui a &#233;t&#233; lu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans sa recherche de coh&#233;rence, le lecteur se trouve contraint &#224; des choix : d'abord celui de construire des coh&#233;rences partielles, ainsi pour &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, au niveau du chapitre ( au d&#233;but des &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt; et dans des romans comme &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, les unit&#233;s sont beaucoup plus courtes). Ensuite, il n'est pas besoin d'&#233;laborer des hypoth&#232;ses sur une issue possible &#224; telle ou telle suite d'actions, puisque le plus souvent c'est &#224; rebours que les &#233;v&#233;nements sont pr&#233;sent&#233;s. Inutile donc de distinguer l'essentiel de l'accessoire d'un point de vue di&#233;g&#233;tique. En revanche le lecteur doit, pour construire des coh&#233;rences, s'appuyer sur d'autres &#233;l&#233;ments que ceux auxquels il peut &#234;tre habitu&#233; (la r&#233;currence des noms propres des personnages, des indications sur le temps et la localisation de l'histoire). Ces &#233;l&#233;ments faisant le plus souvent d&#233;faut, il prend assez vite conscience de ce que le seul recours possible est de l'ordre de l'accessoire, de la digression apparente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par l&#224; comme par bien d'autres points, la parent&#233; avec l'&#233;criture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou du d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pour identifier un m&#234;me personnage sous divers costumes et dans des chapitres disjoints (telles les formules r&#233;currentes : &#224; la barbe carr&#233;e, au regard de fa&#239;ence) ; pour simplement percevoir les articulations de l'histoire d'un personnage (le mariage de l'ex-brigadier par exemple) ; pour lier en une m&#234;me s&#233;rie les chapitres ou fragments de chapitres ; pour &#233;tablir un lien chronologique entre les fragments ; pour &#233;tablir un lien d'analogie ou d'opposition entre des situations, des personnages (exemple de la plaque de laiton donn&#233;e au p&#232;re et au fils) et pour lier les deux s&#233;ries entre elles, c'est le d&#233;tail, per&#231;u r&#233;trospectivement, qui est essentiel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De nombreux d&#233;tails structurants ne sont perceptibles qu'&#224; la relecture, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les d&#233;tails prennent ainsi une fonction de liaison et de liaison r&#233;trospective qui est confort&#233;e, dans la seconde moiti&#233; du livre, par des rappels, des r&#233;sum&#233;s ; ceux-ci tressent un r&#233;seau de plus en plus dense de liens textuels, comme s'il &#233;tait tenu compte de la m&#233;moire de travail du lecteur, et de ses oublis possibles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; ce qui a &#233;t&#233; dit ne dispara&#238;t cependant pas de notre m&#233;moire mais y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;acacia&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, espace-d&#233;tail&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sans doute peut-on consid&#233;rer &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; comme le lieu privil&#233;gi&#233; d'un questionnement sur le d&#233;tail : un des titres envisag&#233;s par Simon en &#233;tait &#171; Compl&#233;ments d'information &#187;. C'est le livre tout entier qu'on peut en effet lire comme une expansion d&#233;taill&#233;e de l'&#233;criture g&#233;n&#233;alogique entreprise dans les textes pr&#233;c&#233;dents (&lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; et surtout &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;). Sans que pour autant les reconstitutions propos&#233;es ne se donnent jamais pour autre chose que pour des hypoth&#232;ses. Ainsi du r&#233;cit de la mort du p&#232;re : les d&#233;tails manquant, les t&#233;moins comblent ce manque par un recours &#224; des mod&#232;les st&#233;r&#233;otyp&#233;s et id&#233;alis&#233;s, la balle re&#231;ue en plein front, la mort le dos contre un arbre ; et le narrateur &#233;labore alors une autre hypoth&#232;se &#224; laquelle des d&#233;tails sordides conf&#232;reraient plus de vraisemblance. Mais pas plus d'authenticit&#233;. Le leitmotiv de la fin de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#233;tait : comment savoir ? La m&#234;me question se pose ici et &#224; propos de la mort du p&#232;re. Dans ce fragment plac&#233; au centre du chapitre XI qui met en abyme la composition du livre, le doute est la seule r&#233;ponse possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une autre caract&#233;ristique de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; est son titre, dont le lecteur ne trouve la justification que dans le d&#233;tail des derni&#232;res lignes du texte, &#224; l'exemple de &lt;i&gt;La Chute d'Icare&lt;/i&gt; &#233;voqu&#233;e plus haut. On a souvent comment&#233; le renvoi citationnel qu'op&#232;re cette fin au d&#233;but d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;. S'il y a compl&#233;ment d'information, c'est l&#224;, dans les variantes de ce d&#233;tail qui renvoie au titre, &#224; l'&#339;uvre toute enti&#232;re et &#224; l'&#233;criture prenant ainsi une fonction de structuration capitale : cette fois la polys&#233;mie du mot feuille est exhib&#233;e, l'arbre est nomm&#233;, identifi&#233;. Les variantes de d&#233;tails d&#233;signent la fonction d'&#233;crivain donn&#233;e au protagoniste, et nomment non pas la personne mais l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc surtout des d&#233;tails qui &#233;tablissent des corr&#233;lations, des mises en &#233;chos entre les fragments de l'&#339;uvre. Alors que le mot-carrefour, le d&#233;tail textuel d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; par exemple, est surtout un facteur de disjonction, il prend ici une valeur essentiellement constructive. On per&#231;oit sans doute mieux alors la n&#233;cessit&#233; de distinguer fragment et d&#233;tail, le d&#233;tail permettant de construire des liens de toutes natures, esth&#233;tiques, th&#233;matiques, chronologiques, formels, entre les &#233;l&#233;ments. Cette &#233;criture du d&#233;tail ne rel&#232;ve pas cependant d'une esth&#233;tique de la totalit&#233;, comme la pratique Balzac qui postule une Totalit&#233; inaccessible et n&#233;anmoins r&#234;v&#233;e. Loin de s'opposer &#224; une &#233;criture fragmentaire, &#224; une esth&#233;tique de l'inach&#232;vement, elle en fait partie int&#233;grante. M&#234;me si le fragment comprend un essentiel inach&#232;vement, il est simultan&#233;ment clos sur lui-m&#234;me, non comme totalit&#233; mais comme construction, composition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le fragment simonien, ou le texte simonien comme ensemble inachev&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me sans doute, l'exigence fragmentaire telle que l'entend Blanchot ruinerait l'&#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'elle (l'exigence fragmentaire) traverse, renverse, ruine l'&#339;uvre parce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais ce n'est pas le cas chez Simon pour qui &#171; &#233;crire, c'est composer &#187; ou encore &#171; &#233;crire consistant &#224; apporter un ordre, des priorit&#233;s (celui et celles qui d&#233;coulent de l'ordre des mots dans la phrase), &#224; &#233;tablir des hi&#233;rarchies...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Album d'un amateur, Ed. Rommerskirches, coll. &#034;Signatur&#034;, 1988, p. 15 ; &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Et l'exigence de composition est compl&#233;mentaire de l'exigence fragmentaire, constituant la base du rythme observ&#233; plus haut entre un d&#233;tail structurant et une d&#233;taille d&#233;brid&#233;e, entre un ordre et un d&#233;sordre. Si la d&#233;taille est du c&#244;t&#233; de l'effervescent, du primordial, de la vie, mais aussi du chaos possible, le d&#233;tail est du c&#244;t&#233; de la structuration, de l'effort de ma&#238;trise, mais aussi du risque de scl&#233;rose. Et la conjonction toujours possible de deux c&#244;t&#233;s disjoints ne peut qu'&#234;tre un ph&#233;nom&#232;ne familier au grand lecteur de Proust qu'est C. Simon. L'&#233;criture donne ainsi &#224; ressentir par le lecteur cette victoire toujours menac&#233;e, toujours &#224; recommencer, sur le d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le retour progressif &#224; la vie du prisonnier &#233;vad&#233; passe par diff&#233;rentes phases, il retrouve le d&#233;sir sexuel, et, avant le d&#233;sir de lire, celui de &#171; dessiner, copier avec le plus d'exactitude possible, les feuilles d'un rameau, un roseau, une touffe d'herbe, des cailloux, ne n&#233;gligeant aucun d&#233;tail, aucune nervure, aucune dentelure, aucune strie, aucune cassure &#187; (p. 376). Puis dans un second temps : &#171; Il dessina les mouchetures form&#233;es par les &#233;cailles d'&#233;corce &#233;clat&#233;e, d'un vert gris, aux formes sinueuses d'&#238;les creus&#233;es de golfes, de baies, d&#233;chiquet&#233;es, poussant des caps &#187; (p. 377). Dans ce passage d'un mim&#233;tisme scrupuleux &#224; une sorte d'abstraction m&#233;taphorique, on peut voir aussi bien l'image du r&#244;le historique qu'a jou&#233; l'&#233;tude de d&#233;tail dans la conqu&#234;te des moyens de la repr&#233;sentation picturale, que l'image d'un cheminement plus personnel, d'une recherche d'imitation &#224; une exploration des possibilit&#233;s analogiques ou m&#233;taphoriques du dessin ou du langage. La d&#233;taille est ainsi donn&#233;e comme &#224; la naissance de l'&#233;criture. Et de la lecture aussi bien. Lorsque le lecteur referme le livre, il peut voir dans ses derni&#232;res lignes l'image m&#234;me de sa lecture et de son rythme,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; les folioles ovales (de l'acacia) teint&#233;es d'un vert cru par la lumi&#232;re &#233;lectrique remuant par moments comme des aigrettes, comme anim&#233;es soudain d'un mouvement propre, comme si l'arbre tout entier se r&#233;veillait, s'&#233;brouait, se secouait, apr&#232;s quoi tout s'apaisait et elles reprenaient leur immobilit&#233; &#187; (p. 380),&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;de ce battement entre la dispersion d'un d&#233;tail multiple prolong&#233;e par des comparaisons et les moments de concentration et de ma&#238;trise d'une unit&#233; toujours fragmentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;lle Gleize&lt;br/&gt;
Universit&#233; de Provence &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'inlassable r&#233;a(e)ncrage du v&#233;cu &#187;. Entretien avec Claude Simon, &lt;i&gt;Claude Simon, Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;, Mireille Calle dir., Editions Le Griffon d'argile et PUG, Saint Foy Qu&#233;bec et Grenoble, 1993, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La citation se redouble du fait que le d&#233;coupage de ce d&#233;tail est celui-l&#224; m&#234;me que l'on trouve dans l'ouvrage consacr&#233; &#224; Piero della Francesca qu'&#233;dite Skira, l'&#233;diteur d'&lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Simon &#224; la question &#187;, dans &lt;i&gt;Claude Simon&lt;/i&gt;, colloque de Cerisy, U.G.E. 10/18, 1975, p. 409.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Catalogue &lt;i&gt;Jean Dubuffet&lt;/i&gt; 1942-1960, Mus&#233;e des Arts d&#233;coratifs, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le dernier livre de C. Simon, &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt;, rel&#232;ve, lui aussi, de cette esth&#233;tique du montage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'errance est fr&#233;quemment th&#233;matis&#233;e au d&#233;but des romans de Simon, ainsi dans &lt;i&gt;Le Vent&lt;/i&gt; : &#171; cette errance, nous-m&#234;mes ballott&#233;s de droite et de gauche, comme un bouchon &#224; la d&#233;rive &#187;, Les Editions de Minuit, 1957, p. 10 ; et celle du lecteur y est souvent programm&#233;e : l'exemple le plus net en est sans doute le premier chapitre des &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt; dans lequel la fragmentation est bien plus grande que dans la suite du livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, Editions de Minuit, p. 238. La seconde citation est un montage (sans ponctuation) de phrases concernant principalement Albert D&#252;rer dans l'&lt;i&gt;Histoire de l'Art&lt;/i&gt; d'Elie Faure, &lt;i&gt;L'Art renaissant&lt;/i&gt;, Le Livre de poche, p. 345-346, &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, p. 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Les &#201;ditions de Minuit, 1989, p. 193-194. La pagination des r&#233;f&#233;rences sera donn&#233;e &#224; la suite des citations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le passage se r&#233;f&#232;re &#233;galement au &lt;i&gt;Palace&lt;/i&gt;, bien s&#251;r, faisant l'&#233;conomie de ce qui y a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Ricardou,&#171; Un ordre dans la d&#233;b&#226;cle &#187;, postface de l'&#233;dition de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, U.G.E., 10/18, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon la formule par laquelle Marc Bloch titre son livre sur la d&#233;b&#226;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par l&#224; comme par bien d'autres points, la parent&#233; avec l'&#233;criture proustienne est &#233;vidente. Sur la digression proustienne, voir Pierre Bayard, &lt;i&gt;Le Hors-sujet&lt;/i&gt;, &#201;ditions de Minuit, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De nombreux d&#233;tails structurants ne sont perceptibles qu'&#224; la relecture, telles les liaisons entre les chapitres successifs : la th&#233;matique de l'intervalle combl&#233; de la fin du chapitre V et du d&#233;but du chapitre VI (p. 150-153).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; ce qui a &#233;t&#233; dit ne dispara&#238;t cependant pas de notre m&#233;moire mais y demeure, m&#234;me confus&#233;ment, et outre que le d&#233;j&#224;-dit peut &#234;tre rappel&#233; plus ou moins fr&#233;quemment &#224; la m&#233;moire (m&#233;andres, serpents, boa), il en reste de toute fa&#231;on un souvenir ou une impression ... &#187; &#171; La fiction mot &#224; mot &#187;, dans &lt;i&gt;Le Nouveau roman : hier, aujourd'hui&lt;/i&gt;, t. 2. &lt;i&gt;Pratiques&lt;/i&gt;, U.G.E. 10/18, 1972, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le fragment simonien, ou le texte simonien comme ensemble inachev&#233; de fragments, est dans sa modernit&#233; m&#234;me proche de l'id&#233;al fragmentaire du premier romantisme allemand : &#171; Pareil &#224; une petite &#339;uvre d'art, un fragment doit &#234;tre totalement d&#233;tach&#233; du monde environnant, et clos sur lui-m&#234;me comme un h&#233;risson. &#187; &lt;i&gt;Fragments&lt;/i&gt; de l'&lt;i&gt;Athenaeum&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;L'Absolu litt&#233;raire. Th&#233;orie de la litt&#233;rature du romantisme allemand&lt;/i&gt;, de Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, Editions du Seuil, 1978, p. 126.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu'elle (l'exigence fragmentaire) traverse, renverse, ruine l'&#339;uvre parce que celle-ci, totalit&#233;, perfection, accomplissement, est l'unit&#233; qui se compla&#238;t en elle-m&#234;me, voil&#224; ce que pressent F. Schlegel, mais qui finalement lui &#233;chappe, sans qu'on puisse lui reprocher cette m&#233;connaissance qu'il nous a aid&#233;s, nous aide encore &#224; discerner dans le moment m&#234;me o&#249; nous la partageons avec lui. &#187; Maurice Blanchot, &lt;i&gt;L'&#201;criture du d&#233;sastre&lt;/i&gt;, Gallimard, 1987, p. 98-99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Album d'un amateur&lt;/i&gt;, Ed. Rommerskirches, coll. &#034;Signatur&#034;, 1988, p. 15 ; &#171; Entretien de Claude Simon avec M. Calle &#187;, dans &lt;i&gt;Claude Simon, Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;, &#233;d. cit., p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;minaire 27 : Le fragment dans l'&#339;uvre de Claude Simon</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Seminaire-27-Le-fragment-dans-l-oeuvre-de-Claude-Simon.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Seminaire-27-Le-fragment-dans-l-oeuvre-de-Claude-Simon.html</guid>
		<dc:date>2015-04-04T14:06:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Yapaudjian-Labat</dc:creator>


		<dc:subject>Fragment</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;27e s&#233;minaire Claude Simon &lt;br class='autobr' /&gt;
samedi 30 janvier 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
Maison de la Recherche de l'Universit&#233; Paris 3 Sorbonne-Nouvelle 4 rue des Irlandais (Paris 5). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 27e s&#233;minaire organis&#233; par l'Association des Lecteurs de Claude Simon sera consacr&#233; au fragment dans l'&#339;uvre de Claude Simon. &lt;br class='autobr' /&gt; Le fragment est partout dans l'&#339;uvre de Claude Simon, dans le r&#233;el, multiple ou chaotique, dans la perception et la connaissance qu'on peut en avoir, dans la phrase qui &#233;num&#232;re ou la composition qui combine et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-programmes-des-anciens-seminaires-.html" rel="directory"&gt;Les s&#233;minaires pass&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Fragment-+.html" rel="tag"&gt;Fragment&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/seminaire.jpg?1454255042' width='500' height='313' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27e s&#233;minaire Claude Simon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;samedi 30 janvier 2016&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maison de la Recherche de l'Universit&#233; Paris 3 Sorbonne-Nouvelle&lt;br/&gt;
4 rue des Irlandais (Paris 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27e s&#233;minaire organis&#233; par l'Association des Lecteurs de Claude Simon sera consacr&#233; au&lt;strong&gt; fragment dans l'&#339;uvre de Claude Simon.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Le fragment est partout dans l'&#339;uvre de Claude Simon, dans le r&#233;el, multiple ou chaotique, dans la perception et la connaissance qu'on peut en avoir, dans la phrase qui &#233;num&#232;re ou la composition qui combine et assemble. Seront bienvenues aussi bien les communications sur un roman en particulier que celles portant sur un aspect de la question : ainsi, entre autres, la positivit&#233; du fragment (vestige ou trace) et de l'&#233;criture fragmentaire, son rapport &#224; l'oralit&#233;, au rythme, au blanc sur la page.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9h30 &#8211; 11h40 : S&#233;minaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fragment dans l'&#339;uvre de Claude Simon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L474xH426/david_et_vincent-04391.jpg?1787936544' width='474' height='426' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;9 h 30 &#8211; Vincent Berne, &#171; L'&#339;uvre : tout ou fragment ? Remarques sur les ph&#233;nom&#232;nes de discontinuit&#233; et de fragmentation dans les romans de Claude Simon &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L474xH389/loucif_badreddine-56212.jpg?1787936544' width='474' height='389' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;10 h &#8211; Loucif Badreddine, &#171; Les ombres et les lumi&#232;res dans &lt;strong&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/strong&gt; ou l'&#233;criture stroboscopique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L472xH628/public-d9d98.jpg?1787936544' width='472' height='628' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Discussion &#8211; Pause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 h &#8211; Ilaria Vidotto, &#171; Les s&#233;ries adjectivales dans la prose de Claude Simon : micro-fragments d'une pl&#233;nitude perceptive et scripturale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discussion&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L472xH470/alastair_duncan-2-404c4.jpg?1787936544' width='472' height='470' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 h 45 &#8211; Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle de l'Association&lt;/strong&gt;, r&#233;serv&#233;e aux adh&#233;rents&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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