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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le Tramway (2001)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Le-Tramway-2001.html</link>
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		<dc:date>2025-04-28T13:31:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Perpignan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Tramway. Notice &lt;br class='autobr' /&gt;
par Anne-Lise BLANC et Jo&#235;lle GLEIZE &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Tramway est le r&#233;cit d'un homme qui se souvient. Il relate &#171; l'histoire d'un jeune gar&#231;on grandi dans un milieu provincial et bourgeois et qui se retrouve, vers la fin de sa vie, vieillard, et malade sur le lit [d'un] h&#244;pital &#187;. Partant du tramway de son enfance, qui reliait &#171; une ville de province &#187; o&#249; il &#233;tait coll&#233;gien &#224; la &#171; plage mondaine &#187; et dont un arr&#234;t se situait pr&#232;s de la r&#233;sidence d'&#233;t&#233; o&#249; sa famille restait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-oeuvres-.html" rel="directory"&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Memoire-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Perpignan-156-+.html" rel="tag"&gt;Perpignan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Tramway. Notice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Anne-Lise BLANC et Jo&#235;lle GLEIZE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1501 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/tramway_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/tramway_couv.jpg?1745933552' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; est le r&#233;cit d'un homme qui se souvient. Il relate &#171; l'histoire d'un jeune gar&#231;on grandi dans un milieu provincial et bourgeois et qui se retrouve, vers la fin de sa vie, vieillard, et malade sur le lit [d'un] h&#244;pital &#187;. Partant du tramway de son enfance, qui reliait &#171; une ville de province &#187; o&#249; il &#233;tait coll&#233;gien &#224; la &#171; plage mondaine &#187; et dont un arr&#234;t se situait pr&#232;s de la &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-Aloes-Canet-en-Roussillon.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;sidence d'&#233;t&#233; o&#249; sa famille restait jusqu'au &#171; jour des Morts &#187;&lt;/a&gt;, le narrateur se rappelle avec pr&#233;cision le poste de pilotage pr&#232;s duquel il aimait alors se tenir. Puis il &#233;voque l'allure du wattman, et, sur le parcours de l'engin, le monument aux morts puis l'All&#233;e des marronniers, fr&#233;quent&#233;e par de terrifiants &#171; hommes-troncs &#187;. Ainsi est-ce au gr&#233; des r&#233;miniscences qu'&#233;veille le souvenir de ces trajets que le narrateur se rem&#233;more les lieux qu'il traversait : ceux, familiers, o&#249; il passait son existence, et ceux, fascinants, qui lui &#233;taient interdits, mais aussi des figures connues ou seulement rencontr&#233;es, des spectacles magiques ou cruels et des jeux de l'enfance ; des images souvent joyeuses mais aussi obscurcies par des images de mort inspir&#233;es par la figure sombre d'une bonne capable d'une inqui&#233;tante cruaut&#233;, par la perte de Gaguy, l'ami d'enfance, dont il est rest&#233; sans nouvelles apr&#232;s que la guerre les a fait se croiser furtivement, et plus encore par la lente agonie d'une m&#232;re d&#233;charn&#233;e par la maladie et dont l'enfant a &#233;t&#233; tenu &#224; distance jusqu'apr&#232;s sa disparition (&#171; on avait referm&#233; le cercueil avant mon arriv&#233;e &#187;), &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Suzanne-Denamiel.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une m&#232;re dont le souvenir&lt;/a&gt;, d&#232;s lors, ne cesse de le hanter et dont le manque se fait sentir dans tout le r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le narrateur se rem&#233;more aussi les circonstances de son r&#233;cent s&#233;jour &#224; l'h&#244;pital o&#249;, clou&#233; au lit, embrum&#233; par la fi&#232;vre, inqui&#233;t&#233; ou intrigu&#233; par un monde qu'il peine &#224; s'expliquer, il tente de le comprendre : la salle d'attente, le box des urgences, la chambre et les couloirs de l'h&#244;pital sont tant&#244;t le th&#233;&#226;tre de sc&#232;nes entr'aper&#231;ues qu'il cherche &#224; &#233;lucider et tant&#244;t des postes d'observation de personnages &#233;nigmatiques, grotesques ou &#233;mouvants, comme son voisin de chambre dont il suit le man&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;voquant tour &#224; tour, et comme par &#224;-coups, des souvenirs provenant essentiellement de ces deux p&#233;riodes qui bornent son existence (quelques souvenirs d'autres p&#233;riodes s'y greffent aussi parfois, comme port&#233;s par l'&#233;motion), le narrateur semble les entrelacer au gr&#233; de leurs r&#233;surgences &#224; la surface de sa m&#233;moire. Les sc&#232;nes rem&#233;mor&#233;es sont souvent pr&#233;cises mais fragmentaires, et leurs contours un peu flous les rendent conductrices : elles inspirent au narrateur d'autres r&#233;miniscences ou l'inclinent, pour pallier les lacunes de la m&#233;moire, &#224; hasarder des conjectures. Les unes et les autres se m&#234;lent dans un r&#233;cit qui, allant et venant du monde familier d'une &#233;poque lointaine aux souvenirs r&#233;cents d'un univers hospitalier o&#249; tout para&#238;t &#233;trange, tisse et figure la trame ajour&#233;e d'une existence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Portrait d'une ville de province de l'entre-deux guerres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier roman de Claude Simon, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; pr&#233;sente un point d'aboutissement et d'accomplissement de ses romans &#171; &#224; base de v&#233;cu &#187;. Claude Simon va tr&#232;s loin, ici, dans la r&#233;f&#233;rence &#224; une r&#233;alit&#233; historiquement et g&#233;ographiquement situ&#233;e. Rien de &#171; balzacien &#187; dans ses descriptions, cependant. Mais, par bribes, dans l'&#233;vocation des groupes sociaux, de leurs comportements et de leurs rituels, celle des lieux o&#249; ils &#233;voluent, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/le-terminus-de-la-ligne-du-tramway.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;de la ville &#224; la plage&lt;/a&gt;, s'esquisse une sociologie de la ville de province de l'entre-deux guerres, de ses transformations architecturales ou culturelles. M&#234;me si elle n'est pas nomm&#233;e, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Perpignan, la ville natale de l'&#233;crivain&lt;/a&gt;, est identifiable et les traces de la Grande Guerre y sont fortement visibles : dans le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-Monument-aux-morts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;monument aux morts&lt;/a&gt;, p&#244;le citadin et r&#233;current du trajet du tramway, avec ses &#171; interminables colonnes de noms &#187; et ses personnages &#171; comme sortis du royaume des morts &#187;, et dans la pr&#233;sence, frappante pour l'enfant et pour sa m&#232;re veuve de guerre, des mutil&#233;s, les &#171; hommes-troncs &#187;. Les clivages sociaux entre les ouvriers ou les p&#234;cheurs et les bourgeois sont aussi tr&#232;s marqu&#233;s, comme l'est la s&#233;paration entre leurs loisirs : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-le-Cinema-Castillet.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le cin&#233;ma&lt;/a&gt;, la &#171; plage mondaine &#187;, ou la f&#234;te des vendanges jouissent de l'aura des &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-la-foire-Saint-Martin.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;activit&#233;s interdites aux yeux des enfants de &#171; bonne &#187; famille&lt;/a&gt;. &#192; ces loisirs populaires, s'opposent les rituels de la bourgeoisie, la &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Canet-la-plage-et-le-casino.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;migration estivale vers la mer&lt;/a&gt;, l'usage des &#171; abris &#187; de plage comme de &#171; salons &#187; ou les soir&#233;es musicales autour du piano. Dans cette soci&#233;t&#233; pourtant &#171; des plus collet mont&#233; &#187;, le narrateur note que certaines fractures sont minimis&#233;es voire d&#233;ni&#233;es, comme la jud&#233;it&#233;, et que l'homosexualit&#233; est tol&#233;r&#233;e quand elle concerne l'un des leurs, &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-la-Place-a-Ragots.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;comme ce po&#232;te qui nourrit les potins de ses frasques&lt;/a&gt;. Il souligne &#233;galement avec ironie le m&#233;lange de m&#233;pris et d'envie que cette bonne &#171; soci&#233;t&#233; &#187;, fi&#232;re de sa naissance, porte aux riches h&#233;ritiers d'un producteur de &#171; vinasse &#187; dont les invitations, dans une ostentatoire demeure &#224; l'imitation d'un ch&#226;teau de la Loire, sont n&#233;anmoins pris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les s&#233;quences les plus contemporaines du temps de l'&#233;criture, les marqueurs sociaux sont d&#233;plac&#233;s et plus subtils : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/les-successifs-etats-de-la-machine-humaine.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'h&#244;pital les neutralise, formant un monde &#224; part&lt;/a&gt;, qui laisse surtout subsister des &#233;carts culturels dont t&#233;moigne le regard afflig&#233; du narrateur malade sur son compagnon de chambre. C'est aussi un narrateur narquois qui analyse l'&#233;volution architecturale de la ville qui, apr&#232;s une premi&#232;re modernisation, renie son premier reniement au profit d'un style &#171; propre &#224; satisfaire &#224; la fois la fiert&#233; locale et les app&#233;tits touristiques d'exotisme m&#233;diterran&#233;en &#187;. Ce regard ironique port&#233; sur son milieu d'origine se combine avec la m&#233;lancolie du souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;criture &#171; par tableaux d&#233;tach&#233;s &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il est moins affich&#233; que dans &lt;i&gt;Le Jardin des plantes&lt;/i&gt;, le caract&#232;re discontinu du texte frappe d'entr&#233;e : l'alternance entre les fragments relevant des deux s&#233;ries provoque des interruptions, des ruptures parfois longues ou soulign&#233;es par des points de suspension. Le lecteur est ainsi amen&#233; &#224; lier les fragments entre eux, par-del&#224; les coupures : il est guid&#233; par la coh&#233;rence de chacun des espaces-temps, et de chacun des trajets, de l'enfance &#224; la perte de la m&#232;re, de l'hospitalisation au d&#233;but de la gu&#233;rison. Il est aid&#233; par des contrastes tr&#232;s marqu&#233;s entre ces deux s&#233;ries : &#224; l'univers color&#233;, bruyant, mobile et parfois dramatique de l'enfance, o&#249; les lieux et les personnes ont souvent des noms et des fonctions, s'oppose un monde uniform&#233;ment blanc ou gris, aseptis&#233;, anonyme, o&#249; les perceptions sont voil&#233;es par la fi&#232;vre comme par un &#233;cran. Les souvenirs disent la fragilit&#233; de la vie autant que l'ardente volont&#233; de vivre ; ils sont lacunaires et dispers&#233;s mais la r&#233;currence de certains motifs leur donne coh&#233;rence et force. Car des rapprochements et des superpositions s'op&#232;rent, par le biais de ressemblances, comme celle du profil &#171; ac&#233;r&#233; &#187; du voisin de chambre d'h&#244;pital avec celui de la m&#232;re, &#233;maci&#233; par la souffrance que rappelle aussi douloureusement la vision d'une jeune malade (ou d'une morte) gisant sur son lit d'h&#244;pital. Une vision qui par contraste, cette fois, ram&#232;ne &#224; la terrifiante image de la m&#232;re dans son cercueil : une image qu'il n'a pas vue, qu'il ne peut que s'inventer et qui hante tout le r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vocation de l'enfance comme celle de l'hospitalisation de l'adulte t&#233;moignent du m&#234;me d&#233;sir intense de noter les sensations, les perceptions mais c'est un d&#233;sir que les circonstances entravent. Les images de l'enfance font resurgir avec pr&#233;cision une topographie ancienne sur le trajet du tramway entre la ville et la mer mais la rem&#233;moration &#224; la premi&#232;re personne adopte un point de vue limit&#233;, celui de l'enfant, port&#233; par une attention aig&#252;e au monde myst&#233;rieux des adultes, avec ses fascinations et ses tabous : la cabine du wattman, les &#171; criardes affiches &#187; du cin&#233;ma, l'entr&#233;e interdite du mus&#233;e Dupuytren avec ses &#171; Myst&#232;res de la Femme &#187;, les non-dits compris tardivement (la jud&#233;it&#233; de Gaguy). Toutes r&#233;miniscences qui s'articulent discr&#232;tement autour d'une image charni&#232;re, celle douloureuse et effrayante de la m&#232;re morte, une image d'autant plus obs&#233;dante qu'elle est absente : soucieuse de pr&#233;server l'enfant, la famille qui l'entoure l'a priv&#233; de cette derni&#232;re image puis &#233;loign&#233; des lieux de la disparition maternelle, le coll&#233;gien allait d&#233;sormais &#234;tre pensionnaire &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les notations sur l'h&#244;pital sont plus encore r&#233;duites aux perceptions du malade, d'abord brouill&#233;es par la fi&#232;vre, puis limit&#233;es par l'immobilit&#233; forc&#233;e. Ce sont des sc&#232;nes entrevues, parfois &#233;nigmatiques, baign&#233;es d'un &#171; gris blafard &#187; d'o&#249; se d&#233;tachent le masque rose d'une femme alit&#233;e, ou le pyjama rouge de son voisin de chambre, un vieillard en qui il voit &#224; la fois sa propre caricature, et un double de sa m&#232;re en raison de son &#171; tragique visage au bec de rapace &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mouvements et les intermittences de la m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui remonte du pass&#233;, ce sont d'abord des images, comme dans l'incipit avec le tableau de bord du tramway ou la palette de couleurs pastel des tickets, mais souvent ces images s'animent, donnant une pr&#233;sence saisissante &#224; ce qui est rem&#233;mor&#233; : &#171; Il me semblait voir cela, y &#234;tre [...] &#187;. C'est avec la sc&#232;ne silencieuse et muette d'un duo qui s'encadre dans sa fen&#234;tre, et que le malade regarde inlassablement se r&#233;p&#233;ter, que se cl&#244;t la s&#233;rie des fragments &#224; l'h&#244;pital et que s'annonce sa gu&#233;rison : l'avidit&#233; de voir est avidit&#233; de vivre. Pour Claude Simon, le pass&#233; ne peut se retrouver mais l'effet de reviviscence d'une &#233;criture de la m&#233;moire, l'importance des lieux (tramway ou chambres) et le primat des sensations, t&#233;moignent, dans son r&#233;cit, d'un dialogue &#233;troit &#8211; quoique parfois critique &#8211; avec l'h&#233;ritage proustien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, qu'ils soient proches ou lointains, les souvenirs suivent la logique associative de la m&#233;moire, &#233;voquant ce qui dispara&#238;t, les &#234;tres, les usages, les choses, mais aussi ce qui s'acharne &#224; vivre, &#224; durer. L'alternance des s&#233;quences de ce pass&#233; lointain ou proche souligne combien celui-l&#224;, d&#233;j&#224; &#8211; avec les &#171; hommes-troncs &#187; victimes de la guerre, les rats ou les jeunes chats tu&#233;s par la bonne sous les yeux horrifi&#233;s des enfants, avec l'agonie lente de la m&#232;re &#8211; &#233;tait marqu&#233; par la blessure et par la mort. Toutefois, la derni&#232;re phrase du roman associe &#224; la mort la survie du souvenir : tout en &#233;voquant l'agonie de l'&#233;t&#233;, Simon compare le voile de poussi&#232;re qui recouvre le jardin &#224; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/l-impalpable-et-protecteur-brouillard-de-la-memoire.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; l'impalpable et protecteur brouillard de la m&#233;moire &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux trajets m&#233;moriels se superposent gr&#226;ce &#224; des images, &#224; des formes, &#224; des objets, comme ceux qui permettent le transport : d'une part, le tramway, la &#171; baladeuse &#187; de l'&#233;t&#233; ou &#171; la charrette charg&#233;e de comportes &#187; des vendanges, mais aussi les &#171; voiturettes &#187; des &#171; hommes-troncs &#187; et la liseuse dans laquelle on transporte la m&#232;re jusqu'au jardin et dont la disparition signalera celle de son occupante, d'autre part l'ambulance, les lits et les fauteuils roulants de l'h&#244;pital. Tous disent le mouvement mais aussi le passage (le premier titre envisag&#233; pour ce r&#233;cit &#233;tait &#171; Transit ou le Tramway &#187;), celui du temps, celui de la vie &#224; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'un temps &#224; l'autre mime ainsi le fonctionnement de la m&#233;moire, lorsque le &#171; gris blafard &#187; qui entoure le malade lui rappelle la couleur de l'entr&#233;e du Mus&#233;e Dupuytren et fait se confondre les deux temps ; de m&#234;me, la chevelure du vieillard de l'h&#244;pital fait surgir le souvenir de la perruque maternelle puis la comparaison avec une marionnette, celle d'un supplici&#233; du camp de prisonniers de guerre. Les &#171; images-carrefours &#187; font bifurquer la m&#233;moire d'une strate &#224; l'autre du pass&#233;, et le montage des fragments-images op&#232;re des courts-circuits o&#249; se devine la souffrance. On comprend d&#232;s lors la richesse m&#233;taphorique du tramway, m&#233;taphore des allers et venues de la m&#233;moire, mais aussi du chemin de la vie autant que de l'&#233;criture, qui s'enroule autour du souvenir de la perte de la m&#232;re sans faire monument, et qui avance en juxtaposant et reliant les souvenirs-images, les espaces sociaux et les temps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rep&#232;res&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Le_Tramway%C2%A0-2554-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Paris : Minuit, mars 2001, 141 p.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;R&#233;&#233;dition Paris : &lt;a href=&#034;https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Le_Tramway-1868-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Minuit (Double ; 49)&lt;/a&gt;, 2007, 142 p. Avec une postface de Patrick LONGUET&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Repris dans les &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/OEuvres-tome-2-Bibliotheque-de-la-Pleiade-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;. tome II&lt;/a&gt;. &#201;dit&#233;es par Alastair B. DUNCAN, avec la collaboration de David ZEMMOUR et B&#233;r&#233;nice BONHOMME. Paris : Gallimard, f&#233;vrier 2013, p. 1211-1317. (Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade ; 586)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;ALEXANDRE (Didier) &#171; Du &lt;i&gt;Tricheur&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, d'un &#233;v&#233;nement l'autre ? &#187;. &lt;i&gt;Claude Simon : All&#233;es et venues. Cahiers de l'Universit&#233; de Perpignan&lt;/i&gt; (Perpignan : Presses Universitaires), n&#176;34, 2004, p. 243-262&lt;/li&gt;&lt;li&gt;CL&#201;MENT-PERRIER (Annie) &lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-poetique-2003-4-page-469&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un si &#8220;fatidique&#8221; tramway. &#192; propos du roman de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, n&#176;136, 2003, p. 469-486&lt;/li&gt;&lt;li&gt;DUNCAN B. (Alastair), Notice sur &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;. Dans Claude Simon. &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome II, Paris : Gallimard, 2013, p. 1596-1615&lt;/li&gt;&lt;li&gt;HOUPPERMANS (Sjef) Notice sur &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Dictionnaire-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Michel-Bertrand-2013.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, tome II, sous la direction de Michel BERTRAND. Paris : Honor&#233; Champion, 2013, p. 596-602&lt;/li&gt;&lt;li&gt;JOOS (Vincent) &#171; La critique sociale dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;. &lt;i&gt;Roman 20-50 : Revue d'&#233;tude du Roman du XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, n&#176;37, juin 2004, p. 125-136&lt;/li&gt;&lt;li&gt;REGGIANI (Christelle) &#171; Simplicit&#233; du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-une-experience-de-la-complexite-2020.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon, une exp&#233;rience de la complexit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Paris : Classiques Garnier, 2020, p. 191-205&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages collectifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-et-Le-Tramway-2002.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon et Le Tramway&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &#201;tudes r&#233;unies par Anne-Lise BLANC. Litt&#233;ratures, n&#176;46, (Toulouse : Presses Universitaires du Mirail), 2002&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Allees-et-venues-2004.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon : All&#233;es et venues&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Actes du colloque international de Perpignan (14 et 15 mars 2003). &#201;tudes r&#233;unies par Jean-Yves LAURICHESSE. Cahiers de l'Universit&#233; de Perpignan (Perpignan : Presses Universitaires de Perpignan), 2004&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;charger cette notice en pdf &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1499 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/pdf/notice_tramway_version_2-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 122.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787681797' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Notices-sur-les-oeuvres.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir toutes les notices&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ollivier, &#201;milie. La distance romanesque simonienne comme un renouvellement de la distanciation brechtienne (2020)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Ollivier-Emilie-La-distance-romanesque-simonienne-comme-un-renouvellement-de-la.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Ollivier-Emilie-La-distance-romanesque-simonienne-comme-un-renouvellement-de-la.html</guid>
		<dc:date>2021-04-04T16:32:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Ollivier, Emilie</dc:subject>
		<dc:subject>Brecht, Bertolt</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; &#201;milie Ollivier. &#171; La distance romanesque simonienne comme un renouvellement de la distanciation brechtienne. Lecture crois&#233;e de L'Acacia et Le Tramway &#187;. Article propos&#233; pour le Troisi&#232;me s&#233;minaire des jeunes chercheurs, annul&#233; en 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la fin des ann&#233;es 1940, Bertolt Brecht &#233;tablit, dans le Petit organon pour le th&#233;&#226;tre, une th&#233;orie de la pratique th&#233;&#226;trale visant &#224; sortir de formes &#233;tablies des reproductions de &#171; la vie en commun des hommes &#187; que constituent les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-articles-.html" rel="directory"&gt;Articles &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Ollivier-Emilie-+.html" rel="tag"&gt;Ollivier, Emilie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Brecht-Bertolt-+.html" rel="tag"&gt;Brecht, Bertolt&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;milie Ollivier. &#171; La distance romanesque simonienne comme un renouvellement de la distanciation brechtienne. Lecture crois&#233;e de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; &#187;. Article propos&#233; pour le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/3e-Seminaire-des-jeunes-chercheurs.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Troisi&#232;me s&#233;minaire des jeunes chercheurs&lt;/a&gt;, annul&#233; en 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1940, Bertolt Brecht &#233;tablit, dans le &lt;i&gt;Petit organon pour le th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BRECHT Bertolt, Petit organon pour le th&#233;&#226;tre, traduction : TAILLEUR Jean, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une th&#233;orie de la pratique th&#233;&#226;trale visant &#224; sortir de formes &#233;tablies des reproductions de &#171; la vie en commun des hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., fragment 7, p. 16 (les prochaines citations seront suivies des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; que constituent les repr&#233;sentations et textes de th&#233;&#226;tre. Pour cela, il propose un outil, la distanciation, qui permettra d'empreindre chaque cr&#233;ation d'une forme de &#171; relativit&#233; historique &#187; et d'un &#171; caract&#232;re transitoire &#187; (POT, 36, 36-37). Il s'agit &#233;galement pour lui, par le biais de cette distanciation dont nous d&#233;taillerons plus loin les modalit&#233;s, de faire entrer le r&#233;cepteur dans une posture de &#171; libert&#233; et de mobilit&#233; &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 40, 39). Son th&#233;&#226;tre &#171; doit amener son public &#224; s'&#233;tonner, et cela se fait &#224; l'aide d'une technique de distanciation du familier &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 44, 42-43). Or, si cette th&#233;orie th&#233;&#226;trale apparaissait, du temps de Brecht, et appara&#238;t encore, pour certains qui souhaiteraient aujourd'hui la simplifier, comme d&#233;coulant d'un mode politique et d'un mode d'action propre &#224; une id&#233;ologie marxiste et d&#233;sormais quelque peu dat&#233;e, il n'en est rien. Elle n'est ni fig&#233;e dans le temps ni dans une discipline pr&#233;cise et contient, dans son &#233;nonc&#233; m&#234;me et dans sa d&#233;finition, une invitation &#224; une relecture transhistorique et &#233;volutive de ses modes d'application. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'elle permet d'op&#233;rer une relecture et une &#233;tude, &#224; travers une nouvelle perspective, des &#339;uvres de Claude Simon, qui semblent constituer une red&#233;finition et un r&#233;investissement de ces grandes lignes pour proposer des structures narratologiques, stylistiques et th&#233;oriques actualis&#233;es. Claude Simon, dans ses diff&#233;rentes reprises narratives d'&#233;l&#233;ments m&#233;moriels particuliers r&#233;pond &#224; la crise la repr&#233;sentation in&#233;dite qui r&#233;git la mani&#232;re de penser l'art depuis la fin du XXe si&#232;cle en s'inscrivant dans des processus similaires &#224; ceux r&#233;clam&#233;s par Brecht dans son &#233;tablissement de la th&#233;orie de la distanciation et du th&#233;&#226;tre dit dialectique, tout en adoptant, pour ce faire, des formes diff&#233;rentes propres &#224; son temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les romans de Simon ici mis en regard, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, L'Acacia, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, [1975] 2004.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, Le tramway, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, [2001] 2012.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'&#233;tablit une forme de narration renouvel&#233;e et agissante, tant sur le plan stylistique que th&#233;orique, adapt&#233;e &#224; des constats individuels et sociaux propres &#224; l'exp&#233;rience de l'&#233;crivain. Le choix d'&#233;tudier ces deux &#339;uvres de mani&#232;re conjointe vient de leur construction en miroir : &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; se structure en allers-retours continuels dans le temps, de la Premi&#232;re &#224; la Seconde guerre mondiale, l&#224; o&#249; &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; pr&#233;sente une circulation dans l'espace, des lieux de l'enfance &#224; Perpignan vers une chambre d''h&#244;pital, avec toujours, par le biais du tramway ou du lit de malade, cette notion de mouvement. Dans cette m&#234;me id&#233;e d'&#233;cho entre les &#339;uvres, l'unique occurrence d'une date &#171; juillet 1914&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, Le tramway, op. cit., p. 128 (les prochaines citations seront (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, suivie de la mention de l'homme &#224; la &#171; barbe carr&#233;e &#187; (T, 128), le p&#232;re du narrateur, rappelle tout un champ m&#233;moriel propre &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; agenc&#233; autour de marques temporelles et de cette figure visuelle du p&#232;re. Face &#224; cela, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, dans son chapitre VII, central puisqu'il est celui de la verbalisation de la mort du p&#232;re, &#233;voque le &#171; terminus d'une ligne de tramway, un simple hangar de planches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, L'Acacia, Op. cit, p. 210 (les prochaines citations seront (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, image &#233;galement pr&#233;sente dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;. Enfin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ne sont ici pas pr&#233;sent&#233;s tous les liens entre les &#339;uvres qui m&#233;riteraient, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, si &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; explore un espace-temps consid&#233;rable l&#224; o&#249; &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; appara&#238;t initialement couvrir en peu de pages une quinzaine de kilom&#232;tres, la puissance &#233;vocatoire de ce second ouvrage n'est pas sans rappeler la dimension fleuve du premier et se d&#233;veloppent entre eux des rapports &#233;troits d'intertextualit&#233; et de ressassement d'&#233;l&#233;ments m&#233;moriels communs comme la mort du p&#232;re et de la m&#232;re, les exp&#233;riences de guerre ou les espaces de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une relecture commune de ces deux &#339;uvres permet donc d'op&#233;rer un recentrement sur leurs singularit&#233;s mais &#233;galement de mettre au jour une forme de transversalit&#233; de l'&#339;uvre de Simon. C'est en consid&#233;rant les &#339;uvres pour elles-m&#234;mes mais &#233;galement comme regroup&#233;es en une entit&#233; complexe que peut &#234;tre interrog&#233; le rapport particulier &#224; l'Histoire, &#224; la m&#233;moire et &#224; l'&#233;criture qui constituent un r&#233;investissement voire un renouvellement des dynamiques de distanciation brechtienne. Il est n&#233;cessaire dans un premier temps d'expliciter la proximit&#233; des constats des deux &#233;crivains face aux formes litt&#233;raires &#233;tablies et classiques de leur temps pour pouvoir constater la similarit&#233; de leurs approches et de leur r&#233;ponse &#224; &#171; l'identification &#187;, &#224; la &#171; suggestion hypnotique &#187; (&lt;i&gt;POT,&lt;/i&gt; 42, 41) v&#233;hicul&#233;e par ces &#339;uvres anciennes. Cependant, l'objectif de cette &#233;tude sera &#233;galement de d&#233;montrer que Simon, par son approche romanesque renouvel&#233;e explore de nouvelles utilisations de la distanciation pour parvenir &#224; un renouvellement de ses modalit&#233;s et de son champ d'action.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;fables&#034;&gt;Contre d'invraisemblables Fables. Vers un renouveau de l'&#233;criture et de la posture r&#233;ceptive&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Brecht et Simon, chacun &#224; leur mani&#232;re, cherchent &#224; sortir des &#171; fausses reproductions de la vie sociale donn&#233;es dans les th&#233;&#226;tres [ou dans les romans], y compris celles du pr&#233;tendu naturalisme &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, Pr&#233;face, 9-10). Pour les deux auteurs, les principaux probl&#232;mes des &#339;uvres contre lesquels ils s'&#233;rigent se cristallisent autour leur souhait d'imposer un message ou une morale univoque en utilisant des formes scl&#233;ros&#233;es et des liens de causalit&#233;s fig&#233;s dans leur construction. Ce fonctionnement romanesque ou th&#233;&#226;tral, qui a cours depuis Aristote, n'a, pour eux, plus de sens. Si Brecht explique que &#171; la fable est, selon Aristote &#8211; et sur ce point nous pensons de m&#234;me &#8211;, l'&#226;me du drame &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 12, 19), il s'agit bien pour lui de sortir des formes de fables du th&#233;&#226;tre ancien, notamment li&#233;es &#224; une causalit&#233; unilat&#233;rale et &#224; une forme d'identification. Car ce n'est pas n&#233;cessairement ce qui est pr&#233;sent&#233; au r&#233;cepteur qui est probl&#233;matique, mais bien la mani&#232;re dont cette pr&#233;sentation est construite et &#233;tablie. En effet, pour lui &#171; toute notre mani&#232;re de jouir [au th&#233;&#226;tre] commence &#224; devenir anachronique &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 12, 19) en cela qu'elle ne correspond plus &#224; la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons. Les &#339;uvres contemporaines qui utilisent toujours des anciens proc&#233;d&#233;s &#171; affaiblissent &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 13, 20) leurs effets et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour palier cela qu'il faut red&#233;finir ce que l'on appelle fable. Il est donc d&#233;sormais n&#233;cessaire de casser les rapports de causalit&#233; et de succession au sein des &#339;uvres. Simon, dans une m&#234;me logique, souhaite sortir d'une forme fig&#233;e d'&#171; enseignement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187;, discours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; v&#233;hicul&#233;e par les &#339;uvres dites classiques. Il d&#233;nonce notamment la tendance pratique des romans philosophiques et moralistes porteurs d'un discours. Pour lui, &#171; le roman se met &#224; exister en tant que structure, c'est-&#224;-dire que le sens ne pr&#233;c&#232;de pas l'&#233;criture, il n'est plus &#8220;exprim&#233;&#8221; (pas plus que monde n'est &#8220;reproduit&#8221;) mais, &#224; l'inverse, produit par le travail de l'&#233;crivain dans et par la langue, et naturellement, pluriel&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 6&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le discours litt&#233;raire ne doit plus avoir vocation &#224; guider le r&#233;cepteur, mais bien &#224; pr&#233;senter un discours pluriel, et cela n&#233;cessite un changement de forme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce renouveau de la fable et de sa construction, s'&#233;tablit &#233;galement en lien &#233;troit avec une r&#233;flexion autour de la notion de vraisemblance. Alexandre Didier note ainsi que si Simon souhaite se d&#233;tacher de la &#171; n&#233;cessit&#233; aristot&#233;licienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DIDIER Alexandre, &#171; Locomotion, Transport, &#201;motion dans Le Tramway de Claude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, il en va de m&#234;me de son lien avec l'h&#233;ritage proustien qu'il semble mettre &#224; distance dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; en notant que &#171; les probl&#232;mes de vraisemblance n'embarrassent pas Marcel Proust &#187; (T, 55). Dans une m&#234;me dynamique dont d&#233;coule le souhait brechtien de la reconstruction de la fable pour sortir de modes de repr&#233;sentations affaiblissants, Simon s'attache &#224; &#233;tablir de facto dans ses &#339;uvres une nouvelle d&#233;finition de la vraisemblance, d&#233;sormais &#171; &#233;loign&#233;e, &#244; combien, de la n&#233;cessit&#233; aristot&#233;licienne fond&#233;e sur l'encha&#238;nement des causes et des effets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce travail nouveau sur le sens des &#339;uvres s'accompagne, chez les deux auteurs, d'un questionnement po&#233;tique et stylistique : la forme renouvel&#233;e doit permettre la transmission de sens pluriels. Ainsi, Simon explique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est plus leur ordre chronologique qui va d&#233;cider de l'encha&#238;nement ou du voisinage des &#233;v&#233;nements &#233;crits mais, comme dans tout art, comme en peinture, comme en musique, les effets d'associations ou de contrastes, d'harmonies ou de dissonances, d'oppositions ou de d&#233;rapages, de reprises, de variations, de p&#233;riodicit&#233; : au principe de causalit&#233; qui pr&#233;dominait dans le roman traditionnel se substitue le principe de qualit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187;, Op. cit., p. 6.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles constructions stylistiques et narratologiques ont pour but de casser l'id&#233;e d'une causalit&#233; inh&#233;rente &#224; l'histoire, au sens. Simon et Brecht souhaitent donner une nouvelle puissance &#233;vocatoire hors du champ des moralit&#233;s univoques mais &#233;galement une nouvelle coh&#233;rence au texte lui-m&#234;me pour que la r&#233;ception de ce dernier ne soit plus apparent&#233;e &#224; une simple absorption.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour cela donc, c'est la forme, la construction et la progression des &#339;uvres qui doivent &#234;tre profond&#233;ment modifi&#233;es : le recours &#224; une &#233;volution structurelle d&#233;coule ainsi d'un constat partag&#233; d'un changement n&#233;cessaire au niveau de la production de sens. Brecht &#233;tablit ainsi une opposition entre les types d'effets produits par le th&#233;&#226;tre en lien avec la forme des &#339;uvres elles-m&#234;mes propos&#233;es au public : &#171; il existe des r&#233;jouissance faibles (simples) et fortes (complexes) que le th&#233;&#226;tre peut procurer &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 6, 15). La simplicit&#233; ne saurait donc amener de &#171; r&#233;jouissance &#187; aussi grande que la complexit&#233;. Il n'est plus question de proposer, au th&#233;&#226;tre une diction qui soit marqu&#233;e par des &#171; ronron[s] de cur&#233; et de ces cadences qui bercent le spectateur si bien que le sens se perd &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 47, 44). Pour lui, un acteur en sc&#232;ne ne doit plus raconter une histoire lin&#233;aire et d&#233;nu&#233;e d'asp&#233;rit&#233; mais uniquement &#171; montrer son personnage &#187; (POT, 48, 45). Enfin, selon lui le geste esth&#233;tique majeur permettant de r&#233;introduire un questionnement, une forme de dialectique sur sc&#232;ne et de sortir de &#171; l'atrophie &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 49,46) qui touche le public est la cr&#233;ation de &#171; montages fictifs &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 40, 39). Dans ce sens, il propose une composition de ses textes en &#171; tableaux &#187; et non plus en &#171; sc&#232;nes &#187;, tentant ainsi de casser le lien de cause &#224; effet dans les encha&#238;nements sc&#233;niques de ces derniers. Il met donc en place une restructuration totale des formes th&#233;&#226;trales en tendant progressivement vers un acte de monstration et de cr&#233;ation d'images.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans cette m&#234;me logique de mise &#224; distance de la causalit&#233; au profit de l'image, l'&#233;criture de Claude Simon est souvent consid&#233;r&#233;e comme relevant d'une &#171; esth&#233;tique du fragment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALLEMAND Roger-Michel, &#171; Claude Simon pour tout vestige &#187;, Babel, n&#176;27, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La construction en strates spatiales ou temporelles dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, aurait donc ce m&#234;me objectif de cr&#233;ation visuelle et hors contexte de sc&#232;nes, sinon superpos&#233;es, du moins juxtapos&#233;es. Le terme fragment est par ailleurs particuli&#232;rement pertinent ici dans la mesure o&#249; il est li&#233; &#224; un imaginaire du physique et du mat&#233;riel qui rejoint les r&#233;flexions de Simon au sujet des nouvelles formes d'arts &#233;mergeant apr&#232;s la Seconde guerre mondiale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour rien que [&#8230;] des artistes comme T&#224;pies ou Dubuffet sont partis des graffitis, du mur, ou que Louise Nevelson a fait des sculptures &#224; partir de d&#233;combres. Toutes les id&#233;ologies s'&#233;taient disqualifi&#233;es. L'humanisme, c'&#233;tait fini. Sans doute &#233;tait-ce ce que je ressentais confus&#233;ment quand je faisais ces dessins tr&#232;s exacts : il n'y a plus de recours, essayons de revenir au primordial, &#224; l'&#233;l&#233;mentaire, &#224; la mati&#232;re, aux choses.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALPHANT Marianne, &#171; &#171; Et &#224; quoi bon inventer ? &#187; suivi de &#171; Le requiem (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;merge ici, c'est un attrait pour la composition &#224; partir de mat&#233;riaux bruts et pour les formes d'arts revenant &#224; la mat&#233;rialit&#233; des choses. De l&#224;, l'id&#233;e de la composition romanesque de Simon s'en trouve elle-m&#234;me influenc&#233;e et rejoint cette volont&#233; de cr&#233;er de nouvelles formes. En &#233;voquant sa d&#233;marche, il d&#233;clare : &#171; des fragments, des images : tout est fait d'images, comme vous pouvez voir. [&#8230;] &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; &#233;crit par fragments&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est mis au jour c'est donc la volont&#233; de donner une dimension autre &#224; l'&#339;uvre. Cela passe, nous l'avons vu, par une r&#233;flexion au sujet des formes mais &#233;galement par un questionnement de la place du r&#233;cepteur de ces formes et de ces nouvelles &#339;uvres. Si les anciennes repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales ou romans dits traditionnels sont remis en cause &#224; la fois par Brecht et Simon, c'est pour leur univocit&#233; et l'&#233;tat passif dans lequel elles tendent &#224; plonger les lecteurs ou les spectateurs. L'objectif de ce d&#233;centrement narratif souhait&#233; serait donc le renouvellement du regard r&#233;cepteur et la mise en action de ce dernier. En effet, lorsqu'il d&#233;crit les repr&#233;sentations qu'il souhaite mettre en place gr&#226;ce aux diff&#233;rents &#233;l&#233;ments sc&#233;niques permettant la distanciation, Brecht pr&#233;cise que &#171; de telles reproductions exigent toutefois un mode de jeu laissant libert&#233; et mobilit&#233; &#224; l'esprit qui observe &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 40, 39).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien une nouvelle posture de cet &#171; esprit qui observe &#187; qui est d&#233;sir&#233;e par Brecht et Simon. Selon Anne-Lise Blanc, Simon va jusqu'&#224; proposer une &#171; r&#233;volution du lisible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BLANC Anne-Lise, &#171; La lecture emp&#234;ch&#233;e dans les romans de Claude Simon &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; en modifiant radicalement, par le biais de ses constructions romanesques, la posture du r&#233;cepteur : &#171; pour lui, il s'agit, non s'imposer au lecteur un &#8220;sens qui pr&#233;existe&#8221; mais de l'inviter &#224; sentir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et face aux modalit&#233;s de repr&#233;sentations nouvelles dans son &#339;uvre, &#171; cette r&#233;volution postule, en regard, une lecture qui choisit et comprend (proprement intelligente)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La recherche d'une exp&#233;rience renouvel&#233;e de la r&#233;ception vient du fait qu'ajout&#233;e au constat d'unilat&#233;ralit&#233; des &#339;uvres anciennes, s'ajoute celui de leur pr&#233;tention au surplomb et &#224; la connaissance absolue. Or, la fin du XXe si&#232;cle est proprement celle du soup&#231;on et du doute et cela correspond &#224; ce que Simon souhaite retranscrire dans son &#339;uvre marqu&#233;e notamment par des exp&#233;riences personnelles de sid&#233;ration. Mais cette restitution fragmentaire, partielle et subjective, a aussi pour but d'atteindre un r&#233;cepteur capable d' &#171; une lecture inqui&#232;te, n&#233;e d'un regard en qu&#234;te, attentif, &#224; d&#233;faut d'un sens unique, aux formes et aux aspects des signes, sensible aux &#8220;n&#339;uds de signification&#8221; qu'ils produisent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison qu'en plus de la construction en fragments de ses &#339;uvres, Simon interroge les diff&#233;rentes significations et la puissance &#233;vocatoire des mots dans ce qu'ils ont de mat&#233;riel. Il se r&#233;f&#232;re pour cela fr&#233;quemment &#224; Ponge &#8211; auteur s'il en est, qui, par le langage s'est attach&#233; &#224; questionner les choses en elle-m&#234;me et leurs expressions, leurs significations, leurs mat&#233;rialit&#233; et leurs &#233;vocations &#8211; en donnant, lors d'une conf&#233;rence, l'exemple de l'&#233;criture &#224; propos des papillons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;ponse &#224; Jean-Paul Sartre qui s'&#233;tonnait dans Qu'est-ce que la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &#233;crire des papillons mais encore s'attarder &#224; examiner la morphologie m&#234;me du mot en m&#234;me temps que celle de la chose, comme l'a fait notre grand Ponge [&#8230;] n'est pas une activit&#233; [&#8230;] gratuite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187;, Op. cit., p. 8.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Construire et mettre au jour pour le lecteur des r&#233;seaux de significations, organiser une &#339;uvre en strates sans r&#233;fl&#233;chir &#224; une inflexion pr&#233;alable de sa compr&#233;hension autour d'un sens pr&#233;cis, c'est donc l'objectif vers lequel semble tendre Simon lorsqu'il &#233;voque le processus de cr&#233;ation de ses &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette dynamique n'est pas sans rappeler celle qui anime Brecht dans le &lt;i&gt;Petit organon pour le th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt; lorsqu'il d&#233;plore la faiblesse des formes anciennes et qu'il pr&#244;ne un retour &#224; la mat&#233;rialit&#233;, &#224; une esth&#233;tique non lin&#233;aire et &#224; une forme de d&#233;centrement. C'est &#224; partir de ces constats successifs que se tisse la d&#233;finition de &#171; &lt;i&gt;l'effet de distanciation&lt;/i&gt;. Une reproduction qui distancie est une reproduction qui, certes, fait reconna&#238;tre l'objet, mais qui le fait en m&#234;me temps para&#238;tre &#233;tranger &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 42, 40). Or, les termes &#171; reconna&#238;tre &#187; et &#171; para&#238;tre &#187; appellent imm&#233;diatement la pr&#233;sence d'un r&#233;cepteur. Il souhaite que le public de th&#233;&#226;tre ne soit plus une &#171; foule intimid&#233;e, cr&#233;dule, &#8220;envo&#251;t&#233;e&#8221; &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 29, 32) mais que le th&#233;&#226;tre lui propose un &#171; regard aussi difficile que productif [&#8230;] par ses reproductions de la vie en commun des hommes &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 44, 42).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; ainsi que le travail n&#233;cessaire pour regarder une &#339;uvre, pour lui faire face et pour tenter de l'appr&#233;hender semble donc &#224; nouveau constituer un point commun dans les dynamiques qui animent Simon et Brecht. Apr&#232;s avoir mis au jour des constats similaires ainsi que des souhaits de composition et de r&#233;ception analogues, il s'agit ici d'explorer plus pr&#233;cis&#233;ment et &#224; l'appui de deux textes exclusivement romanesques, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, les caract&#233;ristiques et applications de ce qui pourrait s'apparenter &#224; un effet de distanciation simonien.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;distanciation&#034;&gt;Une distanciation simonienne ?&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'effet de distanciation, Brecht souhaite &#233;tablir une nouvelle mani&#232;re de percevoir les &#339;uvres et, pour ce faire, il instaure un processus nouveau de cr&#233;ation artistique en r&#233;clamant l'application de proc&#233;d&#233;s que nous avons pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233;s. L'objectif est notamment qu'un texte, un personnage, une intrigue apparaissent comme charg&#233;s d'une histoire et d'une construction. Au th&#233;&#226;tre, un homme doit &#234;tre consid&#233;r&#233; &#171; non seulement tel qu'il est, mais encore tel qu'il pourrait &#234;tre. [&#8230;] Voil&#224; pourquoi, ce qu'il montre, le th&#233;&#226;tre doit le distancier &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 44, 47). En permettant une lecture d'un personnage comme agr&#233;ment&#233;e d'une histoire, d'une m&#233;moire, d'un environnement &#171; la reproduction aura quelque chose de ces esquisses qui gardent encore autour du personnage achev&#233; les traces d'autres mouvements et d'autres traits &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 39, 39). Cette id&#233;e se rapproche de ce que Brecht a ensuite nomm&#233; le &#171; non pas-mais &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 57, 53) : un com&#233;dien doit, avant d'interpr&#233;ter ce qu'est son personnage, s'interroger sur ce qu'il n'est pas, ce qu'il aurait pu &#234;tre. Cet effet et ces r&#233;flexions autour de la construction du personnage et des sc&#232;nes pr&#233;sent&#233;es peut &#234;tre pens&#233; en rapport &#233;troit avec l'&#233;criture de Simon, marqu&#233;e par des ph&#233;nom&#232;nes de corrections, de r&#233;p&#233;titions ou de variation. Ainsi, dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, on retrouve textuellement cela &#224; la page 110 lors de la description d'un personnage f&#233;minin au &#171; visage impassible, non pas souriant, mais, aurait-on dit, empreint de s&#233;r&#233;nit&#233; &#187;. La pr&#233;cision induite par la tournure &#171; non pas&#8230; mais &#187;, permet &#224; Simon d'&#233;tablir une description plus juste, plus exacte et progressive dans sa cr&#233;ation d'image. Simon pr&#233;sente dans un premier temps les images qu'il produit dans certains termes pour ensuite les rectifier, les pr&#233;senter telles qu'elles sont r&#233;ellement &#224; l'aide d'insertions parenth&#233;tiques complexes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus que &#171; non pas &#8230; mais &#187;, c'est la formule de pr&#233;cision compos&#233;e de la conjonction &#171; ou &#187; de de l'adverbe &#171; plut&#244;t &#187; qui se retrouve fr&#233;quemment dans ses &#339;uvres et joue le r&#244;le d'une &#233;panorthose complexe. Dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, il mentionne par exemple des &#171; personnages (ou plut&#244;t, semblait-il, d'exactes copies du m&#234;me personnage) &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 19) et, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, &#171; l'instituteur d'un petit hameau de montagne (ou plut&#244;t sans doute le principal du coll&#232;ge de la ville voisine) &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 62). Si ces occurrences ne sont &#233;videmment que des exemples et que la ces corrections sont immens&#233;ment pr&#233;sentes dans les textes de Simon, elles ont la particularit&#233; de pr&#233;senter, en plus de l'usage de la parenth&#232;se et du &#171; ou plut&#244;t &#187;, d'autres ph&#233;nom&#232;nes de corrections. Ces sont ces encha&#238;nements qui permettent la constitution de strates de corrections et de pr&#233;cision, ici gr&#226;ce &#224; l'ajout du verbe &#171; sembler &#187; ou de la locution &#171; sans doute &#187;. Le texte Simonien se construit &#224; mesure qu'il s'&#233;crit et son sens &#233;merge d'une recherche constante sur le sens des mots, leur port&#233; symbolique ou s&#233;mantique. Par ces &#171; ph&#233;nom&#232;nes constants de r&#233;p&#233;tition et de variation, non seulement dans un m&#234;me roman mais d'un roman &#224; l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LAURICHESSE Jean-Yves, &#171; &#8220;Mai qui fut sans nuage...&#8221; M&#233;lancolie de La Route (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, notamment constat&#233;s par Jean-Yves Laurichesse, appara&#238;t au lecteur cette progression dans la mise en &#339;uvre narrative et descriptive. De l&#224;, chaque image propos&#233;e se charge d'un sens premier puis d'un sens nouveau, ou pr&#233;cis&#233; gr&#226;ce &#224; l'usage de deux termes successifs, mais &#233;galement d'une forme de modalisation dans la mesure o&#249; chaque terme rel&#232;ve d'un champ optique diff&#233;rent, d'un regard mouvant lui permettant d'apporter une nuance ou l'aveu d'un manque de certitude, comme en t&#233;moignent ici les usages de &#171; semblait-t-il &#187; et de &#171; sans doute &#187;. C'est un cheminement non achev&#233; vers des images qui se dessine. Cette progression se construit &#233;galement, comme le souligne Laurichesse, &#171; d'un roman &#224; l'autre &#187;, et c'est pour cette raison que la mise en regard de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; semble d'autant plus n&#233;cessaire pour bien comprendre les ph&#233;nom&#232;nes de mouvements et de cr&#233;ation d'une nouvelle forme de distance dans la construction romanesque.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En effet, c'est bien un mouvement de prises de distances ou de mises &#224; distances successives qui sont &#224; l'&#339;uvre quand ressurgissent ses souvenirs, comme celui de la mort de la m&#232;re, r&#233;&#233;crit et agr&#233;ment&#233; de corrections, de pr&#233;cisions, au sein des deux ouvrages. Ce souvenir est appr&#233;hend&#233; de loin dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; puisqu'il est tr&#232;s peu abord&#233; mais &#233;galement parce que la sc&#232;ne du chapitre XI mettant en sc&#232;ne la mort de la m&#232;re est d&#233;crite d'un point de vue externe. La narration, comme celle de tout l'ouvrage, se construit &#224; la troisi&#232;me personne mais, c'est la position physique du personnage de l'enfant qui est particuli&#232;rement int&#233;ressante : il se situe de l'autre c&#244;t&#233; d'une porte &#171; referm&#233;e &#187; et per&#231;oit la sc&#232;ne &#171; &#224; travers le panneau de la porte &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 331). Dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; au contraire, la premi&#232;re personne est au centre de la narration et la mort de la m&#232;re est sans cesse rappel&#233;e mais n'appara&#238;t qu'&#224; la page 30 &#224; travers l'image du cercueil ferm&#233; &#224; l'arriv&#233;e de l'enfant. De plus, si dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; l'image persistance est celle d'une photo du p&#232;re dans la chambre suite &#224; la mort de la m&#232;re, dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, c'est &#171; un parfum lourd et ent&#234;tant de fleurs et la fade odeur de la cire fondue &#187; (T. 130) qui marque la narration. Deux perspectives sont ainsi donn&#233;es du m&#234;me &#233;v&#233;nement, participant &#224; construire une image complexe et progressivement &#233;tablie &#224; partir de fulgurances successives du souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est donc un texte mouvant qui est restitu&#233; dans les &#339;uvres simoniennes &#8211; mouvant en son sein mais constituant progressivement des &#339;uvres mouvantes en elles-m&#234;mes quand ressurgissent des passages m&#233;moriels dans diff&#233;rents textes. Ce mouvement permet notamment de questionner la mise en sc&#232;ne du regard et les diff&#233;rents regards et focalisations utilis&#233;es pour rendre compte de tel ou tel aspect de la m&#233;moire au sein du texte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce renouvellement du regard, au sein de la narration, s'effectue souvent en affirmant la particularit&#233; de celui qui est nomm&#233; comme percepteur, regardant et t&#233;moignant. D&#232;s la troisi&#232;me page du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, c'est une forme de nuance qui est apport&#233;e aux propos par la pr&#233;cision : &#171; du moins &#224; mes yeux d'enfants &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 13). Cette focalisation et cette nuance du regard n'aura de cesse de ponctuer le r&#233;cit et elle se retrouve &#233;galement dans une parenth&#232;se de la page 96 indiquant : &#171; je n'en savais pas plus que ce qu'un jeune gar&#231;on peut d&#233;duire de propos brusquement interrompus &#224; son entr&#233;e dans une pi&#232;ce &#187;. C'est &#233;galement la figure d'un enfant qui est mise en avant dans l'incipit de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, passif, suivant le mouvement des trois femmes et dont le regard peine &#224; d&#233;chiffrer une lettre o&#249; ondulent &#224; ses yeux &#171; une de ces &#233;critures maladroites et appliqu&#233;es &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 18).&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;C'est notamment &#224; travers l'utilisation de ce regard d'enfant que peut, dans les deux textes, se construire un traitement particulier du champ social. Ce regard d'enfant est encore &#233;tranger &#224; l'h&#233;ritage de &#171; la faillite des id&#233;ologies repr&#233;sent&#233;es dans les deux familles contrast&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DUNCAN Alastair B., &#171; L'Acacia de Claude Simon &#187;, SFLGC, Agr&#233;gation, publi&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; qui sont les siennes et dont Alastair B. Duncan exprime ainsi la dualit&#233; : d'un c&#244;t&#233; la &#171; croyance au progr&#232;s &#187;, de l'autre, &#171; la foi chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le regard de l'enfance face &#224; sa famille et face au monde dans lequel il &#233;volue permet de constater la faillite de grands r&#233;cits qui ont construit et jalonn&#233; l'Histoire. Cela correspond au souhait de Brecht lorsqu'il explique que &#171; les conditions historiques ne doivent assur&#233;ment pas &#234;tre con&#231;ues [&#8230;] comme des puissances obscures [&#8230;], elles sont au contraire cr&#233;&#233;es et maintenues par les hommes &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 38, 38). Ce sont ces structures &#233;tablies et qui peuvent &#234;tre con&#231;ues comme in&#233;branlables que la repr&#233;sentation distanci&#233;e doit questionner. L'analyse selon laquelle les conflits mondiaux ont modifi&#233; la perception historique ainsi que le rapport au monde est certainement juste, mais cela appara&#238;t comme exacerb&#233; dans les r&#233;cits &#224; travers l'utilisation du regard mouvant, &#233;voluant, et parfois contredit d'un individu en particulier. En effet, comme l'expliquait Simon, &#171; un simple brigadier ne sait d'une bataille que ce sont il a &#233;t&#233; t&#233;moin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, &#338;uvres, vol. I, &#233;d. &#233;tablie par Alastair B. DUNCAN et Jean H. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et c'est cette partialit&#233; qui, au sein des &#339;uvres, est la marque de cette faillite de sens et de ce d&#233;tachement des r&#233;cits sociaux. Ainsi, si les yeux d'enfants d&#233;tachent petit &#224; petit Simon des constructions familiales, chaque p&#233;riode de sa vie semble lui offrir un regard renouvel&#233; sur d'autres formes de constructions sociales et de r&#233;cits politiques s'affirmant comme prometteurs. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, c'est le r&#233;cit communiste v&#233;hicul&#233; par l'URSS qui est disqualifi&#233;, non tant par le regard que porte le narrateur sur lui, mais par sa mise en regard, &#224; travers le mouvement d'un voyage en train, avec la mobilisation du personnage. Dans Le Tramway, au contraire, plus de notion d'espoir ou de croyance en un quelconque r&#233;cit qui serait ensuite mise &#224; mal : chaque mention de l'&#233;volution de la ville et des projets et discours sociaux associ&#233;s &#224; cette &#233;volution est empreinte d'un vaste scepticisme et d'une distance aux &#171; murs de briques m&#233;caniques jaunes et [aux] toits de tuiles, m&#233;caniques aussi, d'un brun-rouge sale &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 118) et aux &#171; fades projets d'architecte &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 118). De l'incompr&#233;hension au scepticisme lucide en passant par une rapide d&#233;sillusion, ce sont de multiples prises de distance qui sont construites par rapport aux r&#233;cits qui &#171; ne montre[nt] par la structure de la soci&#233;t&#233; [&#8230;] comme influen&#231;able par la soci&#233;t&#233; &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 33, 34). Le fait d'exposer ces r&#233;cits, tout en les structurant en images face &#224; des perceptions, des regards intimes et partiaux permet d'envisager un questionnement social et politique de leur construction.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est &#233;galement toute la stylistique et les mat&#233;riaux utilis&#233;s pour construire les &#339;uvres qui permettent de cr&#233;er ces effets de distance. Si nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; quelques marqueurs stylistiques &#8211; utilisation de modalisateurs, insertions parenth&#233;tiques, tournures de modulation et de nuance &#8211; et narratifs &#8211; points de vue partiel, hors des cadres des r&#233;cits sociaux, fragmentation permettant une sortie de la lin&#233;arit&#233; &#8211;, c'est l'utilisation de la m&#233;moire sous plusieurs formes comme mat&#233;riau d'&#233;criture qui ach&#232;ve des cr&#233;er ces effets de distanciation. En effet, la m&#233;moire n'est pas uniquement li&#233;e &#224; une dynamique psychologique mais bien &#224; des objets. Le chapitre V de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, la m&#233;moire des parents est notamment restitu&#233;e par des photographies permettant de mettre en sc&#232;ne les actions de la m&#232;re &#224; travers les trois occurrences de &#171; elle photographia &#187; et les deux mentions &#171; elle prit des photos &#187; et &#171; elle prit la derni&#232;re photo &#187; &#224; la page 122 mais &#233;galement, &#224; la page 124, par les &#233;changes de &#171; cartes postales &#187; envoy&#233;es par le p&#232;re &#171; dont elle faisait collection &#187;. C'est &#233;galement, dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, &#224; l'occasion de la mention d'une &#171; photographie dat&#233;e au dos (juillet 1914) d'une &#233;criture aux hauts jambages dont l'encre d'un vilain violet s'&#233;tait, dans les pleins, comme recouverte d'un l&#233;ger moisi d'un vert dor&#233; &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 128). Outre le fait de constituer, au sein du texte et par les mots, des images m&#233;morielles, Simon utilise d'autres mat&#233;riaux visuels pour restituer une m&#233;moire au moment o&#249; est fait mention de cette unique date de l'ouvrage. C'est le visuel qui permet la mise en perspective du texte et rend compte ici du passage du temps et de son influence physique, &#224; travers la mention du &#171; l&#233;ger moisi &#187;, sur la m&#233;moire elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Les textes se construisent donc en regard &#224; travers les mentions d'objets et leur insertion &#224; des moments cl&#233;s de retranscription de la m&#233;moire. Pour explorer cette derni&#232;re, outre les images ext&#233;rieures permettant un jeu d'&#233;cho entre les &#339;uvres, c'est &#233;galement par la cr&#233;ation d'images internes que des effets d'&#233;cho se construisent au sein des &#339;uvres pour elles-m&#234;mes. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, c'est &#224; travers une construction en &#233;cho entre les chapitres consacr&#233;s au p&#232;re et les chapitres consacr&#233;s &#224; sa propre exp&#233;rience que Simon &#233;tablit cette confrontation, cette dualit&#233; et cette prise de distance r&#233;flexive articul&#233;e autour de la date cl&#233; du 27 ao&#251;t, 1914, dans le chapitre III, date de la mort du p&#232;re, et 1939, dans le chapitre VI, date de sa propre mobilisation. Ce lien est cr&#233;&#233; entre les deux figures par l'imminence de la mort De m&#234;me, dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, c'est la peur de l'imminence de la mort du narrateur induite par sa position de malade dans un h&#244;pital qui le pousse &#224; ins&#233;rer au sein de la narration, une image de double de lui-m&#234;me &#224; travers son voisin de chambre, sorte de &#171; double ricanant &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 59). Ces figures permettent un regard distanci&#233; sur les personnages mis en sc&#232;nes mais &#233;galement sur le r&#244;le de la m&#233;moire dans la construction narrative.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Ces deux mouvements d'insertion et de cr&#233;ation d'images d'&#233;cho rejoignent ce que Brecht souhaitait mettre en place dans son art distanci&#233;. Pour lui, le visuel a un r&#244;le &#224; jouer pour que &#171; le public ne soit surtout pas invit&#233; &#224; se jeter dans la fable comme dans un fleuve &#187; (&lt;i&gt;POT,&lt;/i&gt; 67, 62). Il &#233;tait courant qu'il utilise des coupures de journaux ou des photographies projet&#233;es lors de ses mises en sc&#232;nes pour questionner la m&#233;moire collective et r&#233;clamait de ses com&#233;diens une qualit&#233; d'observation et un mouvement de distance vis-&#224;-vis de ces projections mais &#233;galement vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes. Pour lui &#171; l'observation est une partie essentielle de l'art dramatique. Le com&#233;dien observe autrui de tous ses muscles et de tous ses nerfs par un acte d'imitation qui est en m&#234;me temps un processus de r&#233;flexion &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 54, 50). C'est donc &#233;galement sur sc&#232;ne et dans la construction m&#234;me des personnages que l'effet de distanciation doit s'exercer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, si pour Brecht, cet effet de distanciation doit avoir pour objectif l'&#233;tablissement d'un &#171; ex&#233;g&#232;se &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 68, 64), il n'en est peut-&#234;tre pas tout &#224; fait de m&#234;me chez Simon qui ne d&#233;clare jamais ou ne met jamais en sc&#232;ne dans ses &#339;uvre une volont&#233; d'acc&#232;s &#224; une connaissance sup&#233;rieure de ces m&#233;canismes du monde mis au jour par l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;questionnement&#034;&gt;L'effet de distanciation r&#233;investi mais renouvel&#233;, de la prise de conscience au questionnement perp&#233;tuel&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si ces constats mis en &#339;uvre d'une forme de distanciation sont ici &#233;tablis et partag&#233; par les deux auteurs c'est qu'ils ont, chacun &#224; leur mani&#232;re &#233;t&#233; marqu&#233;s par les grandes ruptures politiques et structurelles du XXe si&#232;cle. Parce que Brecht s'inscrit dans une po&#233;tique dialectique inspir&#233;e du Marxise, il cherche &#224; mettre en &#339;uvre les moyens de questionner les soci&#233;t&#233;s &#233;tablies &#224; travers le prisme scientifique. Simon quant &#224; lui, appara&#238;t comme plus intimement marqu&#233; par les conflits mondiaux et l'intime le pousse &#224; interroger plus avant le rapport au social et &#224; la m&#233;moire. Les constats similaires qui ont &#233;t&#233; ici mis au jour ne d&#233;coulent pas exactement des m&#234;mes exp&#233;riences et les &#339;uvres de Simon semblent aller au-del&#224; de la volont&#233; brechtienne de &#171; transformation de la soci&#233;t&#233; &#187; (&lt;i&gt;POT&lt;/i&gt;, 56, 52), la premi&#232;re diff&#233;rence se situant au niveau du traitement de la certitude. Alors que Brecht souhaite mettre au jour une soci&#233;t&#233; pouvant &#234;tre mise en cause par le public qui aura, par la repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale, atteint un niveau de conscience sup&#233;rieur, il n'en est rien chez Simon. En t&#233;moigne notamment leurs utilisations oppos&#233;es de l'esth&#233;tique de l'ouverture. Les pi&#232;ces de Brecht, construites en tableaux successifs, ne s'inscrivant pas dans la logique progressive introduction-d&#233;veloppement-conclusion de la fable aristot&#233;licienne, n'offraient pas de conclusions ou de r&#233;elles fins. En cela les fins de ses pi&#232;ces avaient pour vocation de n'&#234;tre jamais conclusives et d'ouvrir vers la possibilit&#233;, pour le public, de s'emparer des conditions d'&#233;tablissement des structures de la soci&#233;t&#233; par une compr&#233;hension progressive pour avoir une influence sur elles. Cependant, si les &#339;uvres de Simon proposent une m&#234;me dynamique d'ouverture non conclusive, c'est pour exprimer l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un sens d&#233;finitif et &#224; une image structur&#233;e. &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; s'ach&#232;ve ainsi sur le commencement de l'&#233;criture &#171; devant une feuille de papier blanc &#187; et par la contemplation du mouvement naturel d'un acacia sur un &#171; fond de t&#233;n&#232;bres &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 380). Une forme de brouillard, de myst&#232;re &#233;mane de cet excipit pouvant rappeler celui du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, o&#249;, la mention d'un paysage v&#233;g&#233;tal est pr&#233;texte au surgissement dans le texte de &#171; l'impalpable et protecteur brouillard de la m&#233;moire &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 132). Plus question chez Simon de sens qui appara&#238;trait clairement &#224; celui que le texte a sorti de sa simple position de spectateur : c'est un brouillage m&#233;ticuleux qui se met en place &#224; la fin des &#339;uvres apr&#232;s en avoir ponctu&#233; des moments cl&#233;s pour signifier l'impossibilit&#233; de la m&#233;moire &#224; &#234;tre totalement reconstitu&#233;e mais &#233;galement l'impossibilit&#233; pour les personnages et/ou l'auteur en train de produire une &#339;uvre de t&#233;moigner d'une r&#233;alit&#233; tangible, palpable. De cette mani&#232;re, c'est la m&#233;moire et l'intime qui sont questionn&#233;s dans leur restitution. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, la naissance du personnage principal est elle-m&#234;me envelopp&#233;e de ce voile qui t&#233;moigne de l'impossibilit&#233; &#224; dire. En effet, la description de sa m&#232;re enceinte est ponctu&#233;e de mentions &#224; &#171; une implacable couche de poussi&#232;re, une poussi&#233;reuse et jaune &#233;paisseur de temps &#187;, une &#171; esp&#232;ce de l&#233;thargie &#187;, ou encore des &#171; protectrices &#233;paisseurs de [&#8230;] b&#233;atitude &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 144-5). &#192; travers une description visuelle utilisant les &#233;l&#233;ments de d&#233;cors tels que &#171; des jalousies &#187; (A, 144), se construit une image incompl&#232;te et inconnaissable des origines du personnage, fait d'angles morts visuels et de manques m&#233;moriels.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tout &#233;chappe &#224; la reconstitution m&#233;morielle et doit sans cesse &#234;tre recommenc&#233;, r&#233;&#233;crit. Ce &#171; brouillard de la m&#233;moire &#187; persiste &#224; travers les diff&#233;rents r&#233;investissements des souvenirs et malgr&#233; la constitution d'images, l'utilisation de mat&#233;riaux divers et les multiples ph&#233;nom&#232;nes de corrections, de pr&#233;cisions. Le texte op&#232;re de r&#233;guliers d&#233;centrements de la pens&#233;e, de la vision et de ce que l'on croit avoir &#233;t&#233; mis au jour. Seul persiste le doute et l'ouverture des textes pour permettre, toujours, un ajout, une correction ou une r&#233;&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, si le sens est toujours questionn&#233; et que le texte ouvert n'a plus vocation &#224; l'&#233;l&#233;vation de son r&#233;cepteur, c'est que Simon propose &#233;galement un renouvellement de ce qui a pu, dans ses textes, se rapprocher de la dialectique brechtienne. Ce dont il est question dans ses &#339;uvres, ce n'est plus la transmission d'&#233;l&#233;ments nouveaux au r&#233;cepteur &#224; travers de nouveaux moyens de dire mais la recherche m&#234;me d'une nouvelle mani&#232;re de dire qui soit au plus proche de l'image de ce qui a &#233;t&#233; per&#231;u &#224; un instant donn&#233;. Le texte simonien cherche &#224; d&#233;passer le langage pour faire image par le biais m&#234;me du langage. En t&#233;moigne cette r&#233;flexion au sujet du terme &#171; peur &#187; dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; au moment o&#249; &#171; toute logique et toute coh&#233;rence allaient &#224; l'encontre de ce qu'il &#233;tait en train de vivre (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 294). Il se d&#233;crit comme &#171; pouvant maintenant sentir en lui cette chose qui dans le vocabulaire coh&#233;rent et logique devait avoir pour nom peur [&#8230;] mais se traduisait au contraire sous le grand soleil par une innommable sensation de vie, de glacial, d'irr&#233;m&#233;diable, et si &#231;a avait une couleur, c'&#233;tait couleur de fer, gris&#226;tre &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 296). Cette dynamique rejoint celle que nous avons pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;e de la correction et de l'utilisation du &#171; o&#249; plut&#244;t &#187; qui semble ainsi pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me par la radicalit&#233; de l'exp&#233;rience qu'il est en train de vivre. Puisque la m&#233;moire a fait l'exp&#233;rience de l'irrationnel, la rationalit&#233; des mots ne t&#233;moigne plus de la r&#233;alit&#233; de la chose en train de se dire. Il est donc n&#233;cessaire d'avoir recours &#224; des &#233;l&#233;ments hors langage, comme la couleur ou la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette impossibilit&#233; &#224; dire ou &#224; restituer le r&#233;el se traduit &#233;galement au niveau de la narration sociale et politique que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e. Si, tout comme Brecht, Simon pr&#233;sente un regard d&#233;centr&#233; sur des r&#233;cits politiques et des id&#233;ologies globales, il ne le fait pas dans le but de provoquer une posture active du r&#233;cepteur vis-&#224;-vis d'elle. L'effet de distance vise avant tout &#224; les questionner, sans jamais impliquer un mode d'action r&#233;sultant de ce questionnement. Ainsi Vincent Joos remarque que loin de tout renversement id&#233;ologique, dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, &#171; la mise en situation de personnages ne rel&#232;ve pas de l'explication causale rationnelle mais plut&#244;t d'une compr&#233;hension perceptuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;JOOS Vincent, &#171; La critique sociale dans Le Tramway de Claude Simon &#187;, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. C'est l&#224; que se situe le point de rupture avec Brecht, dans l'id&#233;e que les rapports sociaux ne doivent pas n&#233;cessairement &#234;tre &#233;tablis par des personnages portant en eux les conditions rationnelles de leur statut mais plut&#244;t que cela peut transparaitre &#224; la lecture gr&#226;ce &#224; une &#233;criture renouvel&#233;e de la perception de ces personnages, notamment &#224; travers le d&#233;centrement du regard. Pour Joos, Simon parvient au stade de l'&#171; &#233;criture elle-m&#234;me productrice de sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et on constate, plus que la mise en perspective des r&#233;cits sociaux par la cr&#233;ation de personnages ostensiblement porteurs de marques les rattachant &#224; un milieu, &#171; l'apparition de la mati&#232;re sociale au fil des d&#233;placements de la narration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 126&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et la description de ces milieux &#171; n'a donc pas de caract&#232;re d&#233;finitif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. L'&#233;criture ouvre un champ des possibles pour l'interpr&#233;tation, mais sans avoir jamais pr&#233;sent&#233; les conditions sociales comme un fait &#233;tabli et dans une description d&#233;finitive correspondant ainsi au souhait &#233;nonc&#233; par Simon dans le discours de Stockholm de &#171; non plus d&#233;montrer, donc, mais montrer, non plus reproduire mais produire, non plus exprimer mais d&#233;couvrir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SIMON Claude, Discours de Stockholm, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1986.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est ce dernier aspect qui nous int&#233;resse enfin ici. Si la fragmentation et le d&#233;centrement n'ont pas vocation &#224; &#233;lever le r&#233;cepteur, &#224; produire un sens, la pr&#233;sence perp&#233;tuelle d'un voile sur la m&#233;moire qui emp&#234;che une saisie totale ne correspond pas, chez Simon, au constat d'une forme de faillite du langage et cela n'emp&#234;che en aucun cas l'&#233;criture. Au contraire, il s'agit d'&#233;crire, avec distance et en cr&#233;ant de nouvelles formes pour tenter de d&#233;crire et de rendre la r&#233;alit&#233; de ce voile sur le r&#233;el. Simon d&#233;clarait &#224; ce sujet : &#171; je ne pense plus qu'on puisse &#8220;reconstituer&#8221; quoi que ce soit. Ce que l'on constitue c'est un texte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;KNAPP B.L., &#171; Document. Interview avec Claude Simon &#187;, Kentucky Romance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. C'est ce texte constitu&#233; et &#233;tabli qui importe dans la cr&#233;ation litt&#233;raire simonienne. S'il est impossible de raconter ou de reconstituer ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu, il est possible, &#224; partir du v&#233;cu et des fragments m&#233;moriels de constituer, au sein d'un texte et &#224; travers des formes nouvelles, des images signifiantes pour r&#233;pondre aux questionnements perp&#233;tuels que posent les tentatives de restitutions m&#233;morielles. Cette id&#233;e surgit dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; au moment cl&#233; de la reconstitution textuelle du champ de bataille. Simon met en regard la restitution d'&#233;l&#233;ments m&#233;moriels datant de la guerre et la restitution d'une tentative de restitution par &#233;crit de la m&#233;moire de guerre, notamment &#224; travers l'utilisation r&#233;p&#233;t&#233;e de la locution &#171; plus tard &#187;. Il explique ainsi que :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
plus tard, quand il essaya de raconter ces choses, il se rendit compte qu'il avait fabriqu&#233; au lieu de l'informe, de l'invert&#233;br&#233;, une relation d'&#233;v&#233;nements telle qu'un esprit normal [&#8230;] pouvait la constituer apr&#232;s coup, &#224; froid, conform&#233;ment &#224; un usage &#233;tabli des sons et de signes convenus, c'est-&#224;-dire suscitant des images &#224; peu pr&#232;s nettes, ordonn&#233;es, distinctes les unes des autres, tandis qu'&#224; la v&#233;rit&#233; cela n'avait ni formes d&#233;finies, ni noms, ni adjectifs, ni sujets, ni compl&#233;ments, ni ponctuation (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 286)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cela rejoint l'id&#233;e selon laquelle le langage &#233;tait d&#233;nonc&#233;, par l'usage m&#234;me du langage, comme incapable de restituer la pr&#233;cision d'un ressenti, de la sensation de peur, et du souvenir de ce ressenti. Il en est de m&#234;me ici pour la restitution g&#233;n&#233;rale des sc&#232;nes de guerre. Ce qui semble importer, ce ne sont pas les faits en eux-m&#234;mes mais l'esprit avec lequel ils ont &#233;t&#233; v&#233;cus et appr&#233;hend&#233;s au moment qui est relat&#233;. Si l'appr&#233;hension qui a &#233;t&#233; faite de ces &#233;v&#233;nements a &#233;t&#233; brouill&#233;e ou fauss&#233;e par leur extr&#234;me violence, il est difficile &#171; apr&#232;s coup &#187; d'en constituer des &#171; images nettes &#187; gr&#226;ce &#224; des &#171; signes convenus &#187;. La radicalit&#233; de cette exp&#233;rience n&#233;cessite une restitution qui en rende compte quitte &#224; s'inscrire dans une certaine distance par rapport aux formes &#233;tablies et aux narrations classiques. Il serait hypocrite de vouloir reconstituer des images hors du ressenti et ne correspondant pas aux r&#233;alit&#233;s de la m&#233;moire. Plus que des images coh&#233;rentes de guerres, Simon propose des images sans cesse renouvel&#233;es restituant partiellement diff&#233;rentes formes de m&#233;moires des conflits mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re instable de la m&#233;moire, s'il peut relever de l'instabilit&#233; m&#234;me des images primaires constituant le souvenir, peut &#233;galement &#234;tre li&#233;e au passage du temps. En t&#233;moigne ce constat &#233;tabli dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; par le narrateur qui semble constater une prise de distance avec certaines p&#233;riodes de sa vie : &#171; le mode de vie que j'avais connu jusque-l&#224; [&#8230;] me parut sinon &#233;tranger du moins reculer dans un pass&#233; (ou un espace) lointain avec lequel je perdais lentement contact &#187; (&lt;i&gt;T&lt;/i&gt;, 123). Ici, c'est non pas le souvenir mais bien ce qui le constitue qui &#171; recule &#187; dans un espace-temps autre, qui ne dispara&#238;t pas tout &#224; fait mais avec lequel le narrateur ne parvient plus &#224; communiquer. C'est &#224; nouveau l'id&#233;e d'un mouvement, en t&#233;moigne l'utilisation de l'adjectif &#171; lentement &#187;, qui est associ&#233;e &#224; la pr&#233;sence des souvenirs dans l'espace du texte. Il n'est donc pas possible ne restituer ce mode de vie ant&#233;rieur, ou de recr&#233;er un r&#233;cit signifiant et coh&#233;rent autour de quelque chose qui a disparu, mais les diff&#233;rentes modalit&#233;s de distances prises face &#224; ces souvenirs et ces images du pass&#233; permettent au texte d'exprimer et de d&#233;crire cette impossibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les constats th&#233;oriques au sujet de la litt&#233;rature classique rel&#232;vent chez Brecht et Simon d'une m&#234;me volont&#233; de sortir de formes &#233;tablies de narration pour renouveler le regard d'un r&#233;cepteur et ainsi le rendre agissant. De l&#224;, s'impose, stylistiquement, de m&#234;mes r&#233;ponses dans les cr&#233;ations litt&#233;raires permettant, gr&#226;ce &#224; un effet de distanciation, de questionner les r&#233;cits construits et &#233;tablis, qu'ils soient politiques, id&#233;ologiques ou litt&#233;raires, par le biais de la multiplicit&#233;, de la correction, de la production d'images et de la sortie de la lin&#233;arit&#233;. Cependant, Simon, s'il s'inscrit dans la m&#234;me logique que celle de Brecht pour sortir d'une vision aristot&#233;licienne de la fable, n'a pas exactement les m&#234;mes objectifs lorsqu'il souhaite rendre son lecteur actif et le faire acc&#233;der &#224; un sens nouveau des choses. Si l'intention Brechtienne est avant tout politique, l'intention simonienne quant &#224; elle est plus intime et a un rapport plus &#233;troit avec l'utilisation romanesque de la m&#233;moire comme mat&#233;riau d'origine de l'&#233;crit. La distanciation &#233;tablie par Simon dans ses ouvrages correspond non pas &#224; ce que Brecht avait imagin&#233; mais &#224; ce que Brecht pressentait comme contenu dans l'&#233;nonciation de son projet. Simon utilise un mat&#233;riau intime et m&#233;moriel &#224; la fois pour se distancier des formes &#233;tablies mais &#233;galement pour se distancier de ce qu'il produit en tant que texte. Ce recours permet un d&#233;passement de la rationalit&#233; et d'un souhait de mise en action politique pr&#244;n&#233;s par Brecht pour parvenir &#224; questionner le texte m&#234;me et son mat&#233;riau. Il s'agit donc d'envisager les th&#233;ories brechtiennes comme un &#233;lan, qui, si on laisse de c&#244;t&#233; ce qui est historiquement dat&#233;, continue d'irriguer la litt&#233;raire et artistique. Brecht a d&#233;fini une disposition de pens&#233;e, de cr&#233;ation, de repr&#233;sentation de soi, du monde et de ce qu'il nomme &#171; la vie en commun des hommes &#187;. Cependant, cela permet de consid&#233;rer cette mani&#232;re d'envisager le th&#233;&#226;tre comme s'inscrivant dans un contexte socio-historique avec des objectifs pr&#233;cis et qui doit &#233;voluer si ces conditions socio-historiques ou ces objectifs &#233;voluent. La distance simonienne se construit ainsi comme une forme de distance &#224; son propre r&#233;cit ; elle est &#224; la fois distance qui interroge et distance qui permet de continuer &#224; dire. Simon, en t&#233;moignant de mani&#232;re constante de sa difficult&#233; &#224; restituer le monde, les choses et les souvenirs parvient &#224; cette nouvelle forme de distance &#8211; par un renouvellement de l'effet de distanciation &#8211; qui lui permet d'&#234;tre plus juste dans son appr&#233;hension de l'exp&#233;rience et de la m&#233;moire puisqu'elle devient le biais par lequel elles peuvent &#234;tre &#233;crites, dans leur multiplicit&#233; tout comme dans leurs failles. Ce que l'on pourrait donc qualifier de distanciation simonienne, a pour but d'interroger sans jamais donner de forme d&#233;finitive en r&#233;ponse aux interrogations mais &#233;galement de mettre au jour l'impossibilit&#233; de la restitution unilat&#233;rale et univoque du monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;bibliographie&#034;&gt;Bibliographie&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;corpus&#034;&gt;Corpus principal&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;BRECHT Bertolt, &lt;i&gt;Petit organon pour le th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt;, traduction : TAILLEUR Jean, Paris, L'Arche, [1963] 2010.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
SIMON Claude, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, [1975] 2004.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
SIMON Claude, &lt;i&gt;Le tramway&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, [2001] 2012.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre2&#034; data-niveau-titre=&#034;2&#034; id=&#034;citations&#034;&gt;&#338;uvres, articles ou &#233;tudes cite&#233;s&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ALLEMAND Roger-Michel , &#171; Claude Simon pour tout vestige &#187;, &lt;i&gt;Babel&lt;/i&gt;, n&#176;27, 2013, p. 231-246&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DIDIER Alexandre, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3406/litts.2002.2185&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Locomotion, Transport, &#201;motion dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, dans &lt;i&gt;Litt&#233;ratures&lt;/i&gt;, n&#176; 46, printemps 2002, p. 77-90&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ALPHANT Marianne, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/ccs.289&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#171; Et &#224; quoi bon inventer ? &#187; suivi de &#171; Le requiem acacia de Claude Simon &#187; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, n&#176; 11, 2016&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
BLANC Anne-Lise, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.7202/1039903ar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La lecture emp&#234;ch&#233;e dans les romans de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Tangence&lt;/i&gt;, num&#233;ro 112, 2016, p. 15&#8211;30&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DUNCAN Alastair B., &lt;a href=&#034;https://sflgc.org/agregation/duncan-alastair-b-lacacia-de-claude-simon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;SFLGC, Agr&#233;gation&lt;/i&gt;, publi&#233; le 24 f&#233;vrier 2018&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
JOOS Vincent, &#034;La critique sociale dans Le Tramway de Claude Simon,&#034; dans &lt;i&gt;Roman 20-50&lt;/i&gt;, n&#176; 37, 2004, p. 125-136&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
KNAPP B.L., &#171; Document. Interview avec Claude Simon &#187;, Kentucky &lt;i&gt;Romance Quarterly&lt;/i&gt;, vol. 16, n&#176;2, 1969&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
LAURICHESSE Jean-Yves, &#171; &#8220;Mai qui fut sans nuage...&#8221; M&#233;lancolie de &lt;i&gt;la Route des Flandres&lt;/i&gt; chez Claude Simon &#187; dans &lt;i&gt;Nord'&lt;/i&gt;, vol. 68, n&#176; 2, 2016, p. 13-22&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
SIMON Claude, &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1986&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
SIMON Claude, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, vol. I, &#233;d. &#233;tablie par Alastair B. DUNCAN et Jean H. DUFFY, Paris, Gallimard, Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
SIMON, Claude, &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187;, discours initialement prononc&#233; en 1989, &lt;i&gt;Francofonia&lt;/i&gt;, vol. 10, no 18, 1990.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BRECHT Bertolt, &lt;i&gt;Petit organon pour le th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt;, traduction : TAILLEUR Jean, Paris, L'Arche, [1963] 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, fragment 7, p. 16 (les prochaines citations seront suivies des indications &lt;i&gt;POT&lt;/i&gt; pour le titre et du num&#233;ro du fragment et de page).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, [1975] 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &lt;i&gt;Le tramway&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, [2001] 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &lt;i&gt;Le tramway&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 128 (les prochaines citations seront suivies des indications T pour le titre et du num&#233;ro de page).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Op. cit, p. 210 (les prochaines citations seront suivies des indications A pour le titre et du num&#233;ro de page).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ne sont ici pas pr&#233;sent&#233;s tous les liens entre les &#339;uvres qui m&#233;riteraient, &#224; eux seuls, une &#233;tude enti&#232;re. Cette derni&#232;re a pu &#234;tre esquiss&#233;e dans l'article d'Annie CL&#201;MENT-PERRIER, &#171; Un si &#171; fatidique &#187; tramway. A propos du roman de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, vol. 136, no. 4, 2003, p. 469-486. Ce dernier s'articule autour du chapitre VII de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, de l'&#233;vocation du tramway que nous avons mentionn&#233;e et de l'absence de cette sc&#232;ne cl&#233; dans l'ultime ouvrage de Simon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187;, discours initialement prononc&#233; en 1989, &lt;i&gt;Francofonia&lt;/i&gt;, vol. 10, no 18 (printemps 1990), p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 6&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DIDIER Alexandre, &#171; Locomotion, Transport, &#201;motion dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, dans &lt;i&gt;Litt&#233;ratures&lt;/i&gt;, n&#176; 46, printemps 2002, p. 78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187;, Op. cit., p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ALLEMAND Roger-Michel, &#171; Claude Simon pour tout vestige &#187;, &lt;i&gt;Babel&lt;/i&gt;, n&#176;27, 2013, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ALPHANT Marianne, &#171; &#171; Et &#224; quoi bon inventer ? &#187; suivi de &#171; Le requiem acacia de Claude Simon &#187; &#187;, &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, n&#176; 11, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BLANC Anne-Lise, &#171; La lecture emp&#234;ch&#233;e dans les romans de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Tangence&lt;/i&gt;, num&#233;ro 112, 2016, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En r&#233;ponse &#224; Jean-Paul Sartre qui s'&#233;tonnait dans Qu'est-ce que la litt&#233;rature ? de la &#171; contamination &#187; de la prose par la po&#233;sie et posait la question suivante : &#171; En un mot, il s'ag&#238;t de savoir de quoi on veut &#233;crire : des papillons ou de la condition des juifs&#8230; &#187;. Simon, dans &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187; d&#233;veloppe l'id&#233;e que l'&#233;criture de l'un n'est pas tout &#224; fait &#233;trang&#232;re &#224; l'autre et que les mots dans leur mat&#233;rialit&#233; ont toute leur importance dans la signification et dans la r&#233;ception des textes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &#171; Probl&#232;mes que posent le roman et l'&#233;criture &#187;, Op. cit., p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LAURICHESSE Jean-Yves, &#171; &#8220;Mai qui fut sans nuage...&#8221; M&#233;lancolie de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; chez Claude Simon &#187; dans &lt;i&gt;Nord'&lt;/i&gt;, vol. 68, n&#176; 2, 2016, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DUNCAN Alastair B., &#171; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;SFLGC, Agr&#233;gation&lt;/i&gt;, publi&#233; le 24 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, vol. I, &#233;d. &#233;tablie par Alastair B. DUNCAN et Jean H. DUFFY, Paris, Gallimard, Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, p. 1229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;JOOS Vincent, &#171; La critique sociale dans &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, dans &lt;i&gt;Roman 20-50&lt;/i&gt;, n&#176; 37, 2004, p. 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 126&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SIMON Claude, &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;KNAPP B.L., &#171; Document. Interview avec Claude Simon &#187;, &lt;i&gt;Kentucky Romance Quarterly&lt;/i&gt;, vol. 16, n&#176;2, 1969, p. 182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ahmed Slama. Pourquoi lire Le Tramway ?</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Ahmed-Slama-Pourquoi-lire-Le-Tramway.html</link>
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		<dc:date>2021-01-31T16:48:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ahmed Slama, &#233;crivain, auteur du site Litt&#233;ralutte, accompagn&#233; d'un blog, nous pr&#233;sente, en 6 minutes tr&#232;s denses, Claude Simon et Le Tramway. qui lui semble constituer la meilleure entr&#233;e en mati&#232;re pour aborder l'&#339;uvre simonienne. [10 octobre 2020]&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-videos-.html" rel="directory"&gt;Ressources audiovisuelles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/taGSmHYkq4g&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ahmed Slama&lt;/strong&gt;, &#233;crivain, auteur du site &lt;a href=&#034;http://litteralutte.com/spip.php?page=article&amp;id_article=4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;ralutte&lt;/a&gt;, accompagn&#233; d'un &lt;a href=&#034;http://journal.litteralutte.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog&lt;/a&gt;, nous pr&#233;sente, en 6 minutes tr&#232;s denses, Claude Simon et &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;. qui lui semble constituer la meilleure entr&#233;e en mati&#232;re pour aborder l'&#339;uvre simonienne. [10 octobre 2020]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;vocation du mas des Alo&#232;s. Jean-Yves Laurichesse</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Evocation-du-mas-des-Aloes-Jean-Yves-Laurichesse.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Evocation-du-mas-des-Aloes-Jean-Yves-Laurichesse.html</guid>
		<dc:date>2019-02-23T23:04:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Les Alo&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Laurichesse, Jean-Yves</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces photographies mises en regard d'extraits du Tramway n'illustrent pas le roman de Claude Simon, qui cr&#233;e ses propres images, in&#233;galables. Elles relatent une visite sur les lieux qui l'ont inspir&#233;, le mas des Alo&#232;s ou mas Carcassonne, le 15 septembre 2007, avec pour guide Philippe Carcassonne, que je remercie vivement de m'avoir offert la chance de contempler, avant leur vente et leur transformation compl&#232;te quelques ann&#233;es plus tard, ces lieux &#233;mouvants, et la possibilit&#233; d'en fixer la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lieux-de-memoire-.html" rel="directory"&gt;Lieux de m&#233;moire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Les-Aloes-+.html" rel="tag"&gt;Les Alo&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Laurichesse-Jean-Yves-+.html" rel="tag"&gt;Laurichesse, Jean-Yves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ces photographies mises en regard d'extraits du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; n'illustrent pas le roman de Claude Simon, qui cr&#233;e ses propres images, in&#233;galables. Elles relatent une visite sur les lieux qui l'ont inspir&#233;, le mas des Alo&#232;s ou mas Carcassonne, le 15 septembre 2007, avec pour guide Philippe Carcassonne, que je remercie vivement de m'avoir offert la chance de contempler, avant leur vente et leur transformation compl&#232;te quelques ann&#233;es plus tard, ces lieux &#233;mouvants, et la possibilit&#233; d'en fixer la m&#233;moire visible.&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;J.-Y. Laurichesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mas des Alo&#232;s, carte postale ancienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/1.jpg?1550961498' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une quinzaine de kilom&#232;tres s&#233;paraient la plage de la ville &#224; travers un paysage l&#233;g&#232;rement bossel&#233; aux pentes recouvertes de vignes, le trajet jalonn&#233; (sur la droite en venant de la mer) d'opulentes r&#233;sidences dont les b&#226;timents datant du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, espac&#233;s de deux ou trois kilom&#232;tres et plus ou moins cach&#233;s par les arbres de leurs parcs, offraient comme un inventaire de ce que la vanit&#233; de fortunes r&#233;cemment acquises ou consolid&#233;es avait pu inspirer &#224; leurs propri&#233;taires ainsi qu'aux architectes qui se pliaient &#224; leurs d&#233;sirs (ou m&#234;me les devan&#231;aient) &#224; une &#233;poque o&#249; les ambitions d'une classe provinciale ais&#233;e et d'un niveau culturel moyen (s'inspirant parfois de d&#233;cors m&#233;di&#233;vaux ou orientalistes d'op&#233;ras vus &#224; Paris au cours de quelque voyage de noce) proposaient aux regards un &#233;ventail d'architectures (tours couronn&#233;es de gracieux balustres de terre cuite ou, au contraire, massives, carr&#233;es et vaguement sarrasines), d'o&#249; go&#251;t parfois discutable mais, dans l'ensemble, plaisantes, sans ostentation trop g&#234;nante (sauf l'une d'entre elles, plus r&#233;cente), aux noms d&#233;suets (comme leurs meubles Louis-Philippe ou Napol&#233;on III) et d'une na&#239;ve fra&#238;cheur, tels &#8220;Miraflores&#8221; ou, simplement, &#8220;Les Alo&#232;s&#8221;. &#187; (p. 14-15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le portail &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/2.jpg?1550961519' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans des vasques de terre cuite, deux alo&#232;s nains aux feuilles bord&#233;es de jaune couronnaient les montants du portail &#224; l'entr&#233;e de l'all&#233;e p&#233;n&#233;trant dans les jardins o&#249;, en septembre, &#224; l'&#233;poque des vendanges, stagnait aurait-on dit en permanence entre les lauriers dans l'air immobile la fine poussi&#232;re blanch&#226;tre soulev&#233;e par l'auto de quelque visiteur &#8211; ou simplement (la s&#233;cheresse &#233;tait telle) les sabots des lourds percherons et les roues cercl&#233;es de fer des charrettes. &#187; (p. 141)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les vendanges&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/3.jpg?1550961551' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/4.jpg?1550961617' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/5.jpg?1550961644' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/6.jpg?1550961667' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/7.jpg?1550961692' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/8.jpg?1550961717' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/9.jpg?1550961741' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Suivant l'all&#233;e bord&#233;e de lauriers qui s&#233;parait les deux jardins, l'attelage p&#233;n&#233;trait dans la vaste cour et venait se ranger de fa&#231;on que la charrette se trouve imm&#233;diatement au-dessus de l'ouverture pratiqu&#233;e dans le mur de la cave &#224; hauteur du plancher couvrant le haut des foudres (remplac&#233;s plus tard par des cuves en ciment), chacun d'une contenance d'environ deux cents hectos. Le premier cheval &#233;tait alors d&#233;tach&#233; et avan&#231;ait l&#233;g&#232;rement pour que l'on puisse accrocher &#224; son harnais une longue cha&#238;ne qui, passant dans une poulie au-dessus de l'ouverture de la cave, laissait pendre &#224; son autre bout, au niveau de la charrette, une pi&#232;ce de fer en forme de porte-manteau termin&#233;e &#224; chaque extr&#233;mit&#233; par deux anneaux qu'un homme passait dans les poign&#233;es des comportes, apr&#232;s quoi il criait &#8220;Amoun !&#8221; (En haut !) et le cheval, avan&#231;ant de quelques m&#232;tres le long du mur, tirait sur la cha&#238;ne qui dans un bruit m&#233;tallique de cr&#233;celle &#233;levait la comporte jusqu'au niveau de l'ouverture de la cave o&#249;, s'en saisissant habilement, deux hommes l'attiraient sur le plancher, l'un des deux criant alors &#8220;Aba&#239;l !&#8221; (En bas !), le cheval reculant jusqu'&#224; son point de d&#233;part et l'esp&#232;ce de porte-manteau redescendant lib&#233;r&#233; jusqu'au niveau de la charrette. &#187; (p. 96-97)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aile gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_992 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/10.jpg?1550961819' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/11.jpg?1550961845' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/12.jpg?1550961873' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] vestibule o&#249;, pour moi, semblait toujours suspendue, m&#234;l&#233;e &#224; la permanente senteur de moisi, un peu de cette ind&#233;finissable odeur de sueur et de fatigue qu'exhalaient les corps des cinq ou six hommes qui, &#224; la fin de chaque semaine, le soir, s'y tenaient en silence, fantomatiques, attendant la paie que leur comptait le mari de ma tante dans ce bureau ouvrant sur le vestibule [&#8230;]. &#187; (p. 130)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] soir&#233;es consacr&#233;es &#224; la musique o&#249; l'une ou l'autre de mes cousines ou cousins accompagn&#233;s au piano par ma tante chantait quelques-unes de ces m&#233;lodies Schubert Chausson Duparc, que l'a&#238;n&#233; de mes cousins qui avait &#233;t&#233; &#233;tudiant &#224; Krefeld chantait en allemand Meine Vater ! Meine Vater !&#8230; chaque appel soulign&#233; par de sourdes roulades du piano dans les basses sugg&#233;rant les grondements d'un orage [&#8230;]. &#187; (p. 70)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aile droite &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/13.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/13.jpg?1550961901' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/14.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/14.jpg?1550961933' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/15.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/15.jpg?1550961963' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/16.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/16.jpg?1550961984' width='500' height='666' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] cette pi&#232;ce ou plut&#244;t ce salon de l'aile droite qui communiquait de plain-pied avec le jardin par deux portes-fen&#234;tres et qu'on avait am&#233;nag&#233; pour elle comme une chambre pour pouvoir la sortir facilement couch&#233;e sur sa liseuse [&#8230;] &#187; (p. 68-69)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maintenant je dormais dans la chambre exactement au-dessus qui faisait l'angle de l'aile droite de l'ensemble des b&#226;timents [&#8230;] et pour aller de l'aile gauche &#224; l'aile droite il fallait que je traverse les jardins en abritant du vent noir la flamme de la bougie mena&#231;ant &#224; chaque instant de s'&#233;teindre puis tirant vers moi la porte grillag&#233;e prot&#233;geant des moustiques [&#8230;] puis p&#233;n&#233;trant dans l'entr&#233;e obscure puis montant l'escalier obscur et tournant tapiss&#233; si je me souviens bien d'un vilain papier aux rayures verticales vert olive et grenat imitation peluche encadr&#233;es de minces filets d'or puis traversant le palier pav&#233; de tomettes jusqu'&#224; la porte de ma chambre [&#8230;]. &#187; (p. 70-71)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; et, les jours de vent, comme si quelqu'un essayait de le forcer, le r&#234;che raclement contre le grillage de la fen&#234;tre de l'extr&#233;mit&#233; d'une branche du dernier de la rang&#233;e de ces arbres un peu sinistres, moiti&#233; cypr&#232;s, moiti&#233; c&#232;dres, qui, le long du mur d'enceinte, abritaient le jardin. &#187; (p. 10)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La terrasse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/17.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/17.jpg?1550962038' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/18.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/18.jpg?1550962062' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1001 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/19.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/19.jpg?1550962093' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une imp&#233;n&#233;trable et luxuriante v&#233;g&#233;tations d'alo&#232;s et de figuiers de Barbarie poussant aux flancs de la colline au-dessous de la terrasse qui longeait l'aile gauche des b&#226;timents en prot&#233;geait l'acc&#232;s et, &#224; travers les hautes tiges des alo&#232;s qui balan&#231;aient leurs cand&#233;labres, l'horizon l&#224;-bas ferm&#233; d'une barre bleue sur laquelle, certains jours, apparaissaient et disparaissaient de petites taches blanches qui faisaient d&#233;cr&#233;ter sans appel par ma tante que la mer &#233;tait trop grosse pour qu'on aille se baigner et que l'on n'irait pas &#224; la plage. La seule distraction qui restait alors &#233;tait de descendre au tennis que les &#8220;grands&#8221; nous abandonnaient aux heures les plus chaudes de l'apr&#232;s-midi et o&#249; je persuadais ma petite cousine de venir jouer contre moi [&#8230;]. &#187; (p. 128-129)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le court de tennis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1002 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/20.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/20.jpg?1550962123' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1003 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/21.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/21.jpg?1550962149' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/22.jpg?1550962191' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/23.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/23.jpg?1550962214' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Court que la mari de ma tante avait fait am&#233;nager en entamant fortement le flanc de la colline [&#8230;], un des c&#244;t&#233;s du court am&#233;nag&#233; [&#8230;] en une sorte de petit salon de verdure comprenant un kiosque &#224; quatre piliers de ma&#231;onnerie, une pompe au long bras articul&#233;, un banc de ciment et quelques fauteuils pliants adoss&#233;s &#224; l'une de ces opulentes touffes de longues herbes formant comme une ample crinoline au centre de quoi jaillissaient les tiges rigides de deux ou trois de ces &#8220;plumeaux&#8221; &#224; la consistance cotonneuse et blanche qui, &#224; l'occasion d'une photographie avait &#233;t&#233; utilis&#233; pour la composition d'un de ces tableaux vivants dont on &#233;tait alors friand [&#8230;]. &#187; (p. 135-136)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bassin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/24.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/24.jpg?1550962241' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme si quelque chose de plus que l'&#233;t&#233; n'en finissait pas d'agoniser dans l'&#233;touffante immobilit&#233; de l'air o&#249; semblait toujours flotter ce voile en suspension qu'aucun souffle d'air ne chassait, s'affalant lentement, recouvrant d'un uniforme linceul les lauriers touffus, les gazons br&#251;l&#233;s par le soleil, les iris fan&#233;s et le bassin d'eau croupie sous une impalpable couche de cendres, l'impalpable et protecteur brouillard de la m&#233;moire. &#187; (p. 141)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Textes : &#169; Claude Simon, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, &#201;ditions de Minuit, 2001.&lt;br/&gt;
Photographies : &#169; Jean-Yves Laurichesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fran&#231;oise Merlli&#233;</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Francoise-Merllie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Francoise-Merllie.html</guid>
		<dc:date>2016-01-01T22:58:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Merlli&#233;, Fran&#231;oise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mes relations avec l'&#339;uvre de Claude Simon ont &#233;t&#233; prudentes et tardives, &#224; cause, sans doute, d'un lointain lien de parent&#233; avec lui, et d'une connaissance trop envahissante de l'univers qu'il &#233;voque, des paysages aux membres de sa famille. Connaissance parasite faite de rumeurs entendues dans mon enfance, de chuchotis scandalis&#233;s de gens bless&#233;s de s'&#234;tre reconnus dans les livres &#8211; ou d'avoir reconnu leurs morts &#8211; car, selon que ces histoires &#233;taient per&#231;ues comme v&#233;ridiques, d&#233;form&#233;es ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Merllie-Francoise-+.html" rel="tag"&gt;Merlli&#233;, Fran&#231;oise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_1_joelle.jpg?1436485462' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mes relations avec l'&#339;uvre de Claude Simon ont &#233;t&#233; prudentes et tardives, &#224; cause, sans doute, d'un lointain lien de parent&#233; avec lui, et d'une connaissance trop envahissante de l'univers qu'il &#233;voque, des paysages aux membres de sa famille. Connaissance parasite faite de rumeurs entendues dans mon enfance, de chuchotis scandalis&#233;s de gens bless&#233;s de s'&#234;tre reconnus dans les livres &#8211; ou d'avoir reconnu leurs morts &#8211; car, selon que ces histoires &#233;taient per&#231;ues comme v&#233;ridiques, d&#233;form&#233;es ou m&#234;me fictives, on passait de l'ind&#233;cence au mensonge &#233;hont&#233;. J'ai gard&#233; longtemps, vigilante et sournoise, l'ombre d'un personnage cynique faisant fl&#232;che de tout bois aux d&#233;pens de son entourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute avais-je aussi un peu honte de ma propre curiosit&#233;, du jeu &#224; deviner qui &#233;tait qui et &#224; suivre les m&#233;tamorphoses de ces personnages polymorphes. Mais surtout, tr&#232;s t&#244;t, d&#232;s les premi&#232;res pages, j'ai eu l'&#233;vidence d'une &#339;uvre &#233;crasante, trop riche, trop complexe : un kal&#233;idoscope g&#233;ant o&#249; r&#233;cits, personnages, temps et lieux ne cessent d'&#233;clater et de se recomposer. Et peut-&#234;tre cette difficult&#233; &#233;tait-elle la principale raison de mon &#233;loignement, plus encore que le malaise de voir &#224; l'&#339;uvre un grand pr&#233;dateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant&#8230; notre parente commune &#8211; sa presque petite s&#339;ur, la fille de son oncle tuteur &#8211; est morte r&#233;cemment, et durant le long trajet en train vers la maison de famille &#224; Perpignan, pour l'enterrement, je renoue comme une &#233;vidence avec les livres si longtemps n&#233;glig&#233;s mais emport&#233;s &#224; tout hasard : &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;. Je lis, avec avidit&#233; presque, toutes d&#233;fenses abolies, acceptant de ne pas tout comprendre comme dans un texte en langue &#233;trang&#232;re o&#249;, sous peine de d&#233;go&#251;t, on ne peut s'arr&#234;ter pour chercher le sens de chaque mot inconnu, mais o&#249; il faut deviner, avancer en saisissant l'essentiel. Et myst&#233;rieusement, ce monde &#233;loign&#233; devient plus familier, on comprend de mieux en mieux, sensible &#224; un jeu de r&#233;p&#233;titions, de correspondances, qui s'&#233;clairent mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour entrer dans l'univers litt&#233;raire de Claude Simon, suffit-il parfois d'abdiquer, de se laisser porter par les longues phrases sinueuses, dans une sorte de plaisir musical&#8230; fluidit&#233; des leitmotivs, variations innombrables sur le m&#234;me th&#232;me, rythme et sonorit&#233;s de la langue, charg&#233;e, dans ses replis, d'une force sensuelle o&#249; se m&#234;lent couleurs, saveurs, douceur ou &#226;pre rugosit&#233; pour dire la cruaut&#233; et la beaut&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais mon exp&#233;rience la plus intense de l'&#339;uvre &#8211; la premi&#232;re fois qu'elle me marque aussi durablement &#8211;, je la dois &#224; une &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Lecture-du-Tramway-le-6-juin-2015.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lecture publique et collective du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, qui cl&#244;turait, il y a peu, une journ&#233;e Claude Simon &#224; Perpignan. J'&#233;tais charg&#233;e des toutes derni&#232;res pages. Durant les semaines pr&#233;c&#233;dentes, cette lecture avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e par une immersion lente, une sorte d'impr&#233;gnation laissant les mots progressivement d&#233;gager leur force et leurs r&#233;sonances : in&#233;vitables souvenirs personnels du Roussillon exsangue en fin d'&#233;t&#233; ; &#233;chos des milliers de pages &#233;crites auparavant par Claude Simon et qui venaient doucement s'&#233;teindre sur ces derni&#232;res lignes ; &#233;chos plus lointains encore de si&#232;cles de litt&#233;rature, de religion, de civilisations anciennes qu'il portait en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la lecture publique (ce moment o&#249; le verbe se fait chair !), le texte s'est d&#233;ploy&#233; de voix en voix. Quand arrive mon tour, je sens, au bout de quelques phrases, que le lecteur pr&#233;c&#233;dent s'est &#233;loign&#233;. Personne ne viendra me relayer. Je suis seule. C'est la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin du trajet, la fin de l'&#233;t&#233;. C'est la fin du livre, et c'est la fin de l'&#339;uvre. C'est aussi la fin d'une vie. Le vieil &#233;crivain est retourn&#233; aux impressions vives de son enfance, comme pour un adieu. Une fois encore, surgit le souvenir de la m&#232;re, cette fois morte, invisible dans son cercueil referm&#233;, mais fantasm&#233;e comme si s'&#233;taient condens&#233;es en une seule image hideuse les images ant&#233;rieures de son visage lentement ravag&#233; par la maladie. &#201;tait-il plus facile de se s&#233;parer d'elle en l'imaginant si repoussante ? Et combien faudra-t-il de chair fra&#238;che pour masquer cette vision de cauchemar : la m&#232;re devenue la figure m&#234;me de la mort ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La douleur de l'enfant n'est pas exprim&#233;e. Seulement sa r&#233;volte contre les tentatives pour enjoliver la r&#233;alit&#233; : &#171; Non ! &#187;. Elle n'&#233;tait s&#251;rement pas &#171; belle, au milieu de toutes ces fleurs &#187;. L'insupportable exp&#233;rience est filtr&#233;e, voil&#233;e et n'appara&#238;t que de fa&#231;on d&#233;cal&#233;e. Pour seules larmes, la coulure des cierges autour du cercueil et, plus loin, l'obstin&#233;e goutte de r&#233;sine qui inlassablement sourd du pin parasol. La fin longue et tortur&#233;e de la m&#232;re reste ainsi en arri&#232;re-fond, li&#233;e &#224; l'agonie de l'&#233;t&#233; dont l'enfant a su pourtant saisir les derniers dons : odeurs, saveurs des fruits &#233;clat&#233;s, couleurs, surtout, du rose suave au pourpre, du jaune d'or au gris, en particulier celui de la poussi&#232;re qui finit par recouvrir les diff&#233;rentes parties du jardin, &#233;voqu&#233;es dans un sobre et minutieux inventaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette description tr&#232;s concr&#232;te du d&#233;clin de la nature glisse insensiblement &#224; une r&#233;alit&#233; sous-jacente, le destin mortel de l'homme, gr&#226;ce &#224; des expressions &#224; double sens comme &#171; poussi&#232;re &#187;, qui, certes, d&#233;signe celle de septembre mais rappelle aussi le sinistre &#171; Tu es poussi&#232;re&#8230; &#187;, tandis que la m&#233;taphore du linceul &#233;voque l'ensevelissement des humains. Mais &#171; cendres &#187;, surtout, est un mot-pivot car ces cendres, signe de deuil, de destruction, de cr&#233;mation, sont aussi gage de conservation (telle Pomp&#233;i, demeur&#233;e presque intacte sous les cendres volcaniques). &#171; L'impalpable couche de cendres &#187; devient enfin &#171; impalpable brouillard &#187; pour mener au tout dernier mot, qui illumine r&#233;trospectivement l'ensemble de l'&#339;uvre, car il est une affirmation sereine de survie : &#171; m&#233;moire &#187;&#8230; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/l-impalpable-et-protecteur-brouillard-de-la-memoire.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; L'impalpable et protecteur brouillard de la m&#233;moire &#187;&lt;/a&gt;. Une m&#233;moire-brouillard qui voile, brouille ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu mais le pr&#233;serve, diffus, vivant, actif dans les textes. Ces derni&#232;res pages du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; ont ainsi valeur de legs, ind&#233;finiment transmissible, car au fil des pages, au fil des mots, la m&#233;moire de l'&#233;crivain est devenue la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_tramway1.jpg?1435263147' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Lecture-du-Tramway-le-6-juin-2015.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la lecture du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; organis&#233;e par Fran&#231;oise Mignon et Anne-Lise Blanc le 6 juin 2015&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lecture du Tramway, le 6 juin 2015</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Lecture-du-Tramway-le-6-juin-2015.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Lecture-du-Tramway-le-6-juin-2015.html</guid>
		<dc:date>2015-06-25T20:14:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Blanc, Anne-Lise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le prolongement du 26e s&#233;minaire de l'Association des Lecteurs de Claude Simon, &#233;tait organis&#233;e le 6 juin 2015, de 17h &#224; 20h &#224; la Maison de la Catalanit&#233;, une lecture partag&#233;e du Tramway en 35 stations, avec la participation de : par Samuel Fedoroff, Serge Bonnery, Marie-Claire Delmon, Philippe Meunier, Alastair Duncan, Aur&#233;lie Renaud, Roger Coste, Justine Baston, C&#233;cile Yapaudjian, Henri Lh&#233;ritier, Nicolas Caudeville, Guilhem Rives, Am&#233;lie Orts, Marie Grau, Philippe Blanc, Lydie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lectures-publiques-.html" rel="directory"&gt;Lectures et conf&#233;rences&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Lecture-+.html" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Blanc-Anne-Lise-233-+.html" rel="tag"&gt;Blanc, Anne-Lise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_tramway1.jpg?1435263147' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le prolongement du &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Seminaire-26-La-matiere-dans-tous-ses-etats-6-juin-2015.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;26e s&#233;minaire de l'Association des Lecteurs de Claude Simon&lt;/a&gt;, &#233;tait organis&#233;e le 6 juin 2015, de 17h &#224; 20h &#224; la &lt;a href=&#034;http://www.ledepartement66.fr/475-la-maison-de-la-catalanite.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maison de la Catalanit&#233;&lt;/a&gt;, une lecture partag&#233;e du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; en 35 stations, avec la participation de :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;par Samuel Fedoroff, Serge Bonnery, Marie-Claire Delmon, Philippe Meunier, Alastair Duncan, Aur&#233;lie Renaud, Roger Coste, Justine Baston, C&#233;cile Yapaudjian, Henri Lh&#233;ritier, Nicolas Caudeville, Guilhem Rives, Am&#233;lie Orts, Marie Grau, Philippe Blanc, Lydie Parisse, Bernard Revel, Marianne Lauze, Christine Motta, Hannes de Vriese, Yves Gourmelon, Hyacinthe Carrera, Bertille de Swarte, Charly Prabel, Esther Assens-Mignon, Math&#233;o Salvat, Catherine Semat, Martine Cr&#233;ac'h, Jo&#235;lle Gleize, Christophe Caustier, B&#233;atrice Alonso, Jean-Yves Laurichesse, Maria Moutot, Pascal Mougin, Fran&#231;oise Merlli&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On peut retrouver cette lecture dans le c&#233;d&#233;rom qui accompagne le volume collectif &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Claude-Simon-Rencontres-2015.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Claude Simon. Rencontres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Sous la direction d'Anne-Lise Blanc et Fran&#231;oise Mignon. Presses universitaires de Perpignan ; Trabucaire, 2015&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_du_tramway2.jpg?1435264684' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_tramway3.jpg?1435264361' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bernard Revel, qui faisait partie des lecteurs, nous raconte ce moment dans le blog des &lt;i&gt;Vendangeurs litt&#233;raires&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://vendangeslitteraires.overblog.com/2015/06/trente-cinq-voix-pour-claude-simon.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trente cinq voix pour Claude Simon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_637 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_tramway4.jpg?1435264394' width='500' height='370' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur les photos ci-dessus, dues &#224; Nicolas Caudeville, quelques uns des lecteurs : Fran&#231;oise Mignon et Anne-Lise Blanc ; Philippe Meunier et Alastair Duncan, Justine Baston et Roger Coste, C&#233;cile Yapaudjian et Henri Lh&#233;ritier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lecture des premi&#232;res pages du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, un extrait en vid&#233;o mis en ligne par Nicolas Caudeville :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/ix_PqRrGQvc&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les deux derni&#232;res photos ci-dessous sont dues &#224; Jo&#235;lle Gleize. &lt;br/&gt;
Lecteurs : Pascal Mougin et Fran&#231;oise Merlli&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_1_joelle.jpg?1436485462' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_2_joelle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/lecture_2_joelle.jpg?1436485479' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;minaire 26 : La mati&#232;re dans tous ses &#233;tats - 6 juin 2015</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Seminaire-26-La-matiere-dans-tous-ses-etats-6-juin-2015.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Seminaire-26-La-matiere-dans-tous-ses-etats-6-juin-2015.html</guid>
		<dc:date>2015-04-20T08:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Perpignan</dc:subject>
		<dc:subject>Mati&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre prochain s&#233;minaire, le samedi 6 juin 2015, se tiendra exceptionnellement &#224; Perpignan, dans les locaux de l'Universit&#233; de Perpignan Via Domitia. &lt;br class='autobr' /&gt;
Programme &lt;br class='autobr' /&gt;
9h &#8211; 12h30 Universit&#233; de Perpignan &#8211; AMPHI Y S&#233;minaire d'&#233;t&#233; de l'ALCS : La mati&#232;re dans tous ses &#233;tats &lt;br class='autobr' /&gt;
9h : Ouverture du s&#233;minaire par Alastair B. Duncan, Pr&#233;sident de l'ALCS 9h15 : Anne-Lise Blanc : Claude Simon c&#244;t&#233; chair 9h45 : Naima Meftah Tlili : Et pourtant, &#171; l'habit ne fait pas le moine &#187; ! 10h15 : Alain Froidevaux : &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-programmes-des-anciens-seminaires-.html" rel="directory"&gt;Les s&#233;minaires pass&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Perpignan-156-+.html" rel="tag"&gt;Perpignan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Matiere-+.html" rel="tag"&gt;Mati&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/seminaire_6_juin.jpg?1431375556' width='500' height='313' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Notre prochain s&#233;minaire, le samedi 6 juin 2015, se tiendra exceptionnellement &#224; Perpignan, dans les locaux de l'&lt;a href=&#034;http://www.univ-perp.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Universit&#233; de Perpignan Via Domitia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9h &#8211; 12h30&lt;/strong&gt; &lt;br/&gt;
Universit&#233; de Perpignan &#8211; AMPHI Y&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;S&#233;minaire d'&#233;t&#233; de l'ALCS : La mati&#232;re dans tous ses &#233;tats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;9h : Ouverture du s&#233;minaire par Alastair B. Duncan, Pr&#233;sident de l'ALCS&lt;br/&gt;
9h15 : Anne-Lise Blanc : Claude Simon c&#244;t&#233; chair&lt;br/&gt;
9h45 : Naima Meftah Tlili : Et pourtant, &#171; l'habit ne fait pas le moine &#187; !&lt;br/&gt;
10h15 : Alain Froidevaux : &#171; ...une succession de vagues involut&#233;es &#187;&lt;br/&gt;
10h45 : Discussion&lt;br/&gt;
Pause&lt;br/&gt;
11h15 : Aur&#233;lie Renaud : Le cloaque espagnol : la l&#233;gende noire dans les romans de Claude Simon&lt;br/&gt;
11H45 : Alexey Vishnyakov : Les cinq &#233;l&#233;ments de &lt;i&gt;L'Herbe&lt;/i&gt; : les personnages en qu&#234;te d'une mat&#233;rialit&#233;&lt;br/&gt;
12H15 : Discussion&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Buffet ouvert au public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14h30 &#8211; 16h &lt;/strong&gt; &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-Monument-aux-morts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Monument aux Morts&lt;/a&gt; &#8211; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-hotel-de-la-Cloche-d-Or.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;H&#244;tel de la Cloche d'or&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&#192; la d&#233;couverte de &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;quelques lieux simoniens dans Perpignan&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
par Philippe Meunier, professeur de lettres et Jean-Fran&#231;ois Maury, documentaliste&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si vous venez directement, le rendez-vous est &#224; 14h30 au &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-Monument-aux-morts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Monument aux morts&lt;/a&gt;, sur le boulevard Wilson, &#224; 200 m du Castillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17h &#8211; 20h &lt;/strong&gt; &lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cg66.fr/475-la-maison-de-la-catalanite.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maison de la Catalanit&#233;&lt;/a&gt;, Place Joseph S&#233;bastien Pons&lt;br/&gt;
Lecture partag&#233;e du &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt; en 35 stations&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;par Samuel Fedoroff, Serge Bonnery, Marie-Claire Delmon, Philippe Meunier, Alastair Duncan, Aur&#233;lie Renaud, Roger Coste, Justine Baston, C&#233;cile Yapaudjian, Henri Lh&#233;ritier, Nicolas Caudeville, Guilhem Rives, Am&#233;lie Orts, Marie Grau, Philippe Blanc, Lydie Parisse, Bernard Revel, Marianne Lauze, Christine Motta, Hannes de Vriese, Yves Gourmelon, Hyacinthe Carrera, Bertille de Swarte, Charly Prabel, Esther Assens-Mignon, Math&#233;o Salvat, Catherine Semat, Martine Cr&#233;ac'h, Jo&#235;lle Gleize, Christophe Caustier, B&#233;atrice Alonso, Jean-Yves Laurichesse, Maria Moutot, Pascal Mougin, Fran&#231;oise Merlli&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Buffet ouvert au public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_615 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Perpignan_Place_de_Catalogne_et_le_Boulevard_du_Canigou.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Perpignan_Place_de_Catalogne_et_le_Boulevard_du_Canigou.jpg?1429527658' width='500' height='316' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e est organis&#233;e par l'Association des Lecteurs de Claude Simon, le &lt;a href=&#034;http://www.univ-perp.fr/fr/menu/recherche/axes-et-laboratoires/mediterranees-cultures-territoires-patrimoines-marches/cresem-centre-de-recherche-sur-les-societes-et-environnements-mediterraneens-7480.kjsp?RH=1402402331682&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;laboratoire CRESEM&lt;/a&gt; et le D&#233;partement de Lettres de l'Universit&#233; de Perpignan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contacts :&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
UPVD - Laboratoire CRESEM : Anne-Lise Blanc&lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;mailto:anne-lise.blanc@univ-perp.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;anne-lise.blanc@univ-perp.fr&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
UPVD - Laboratoire CRESEM : Fran&#231;oise Mignon&lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;mailto:francoise.mignon@univ-perp.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;francoise.mignon@univ-perp.fr&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
ALCS : Aur&#233;lie Renaud&lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;mailto:aurelie.renaud1@free.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;aurelie.renaud1@free.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Informations pratiques :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Si vous comptez assister au s&#233;minaire et s&#233;journer sur place, nous vous recommandons l'h&#244;tel Mondial qui se situe non loin de la gare et du centre-ville, et &#224; une vingtaine de minutes par le bus du campus. L'h&#244;tel propose des tarifs &#171; partenaire &#187; avec l'Universit&#233; de Perpignan, de l'ordre de 47 &#8364; la nuit (5 &#8364; pour un petit d&#233;jeuner, et une taxe de s&#233;jour &#224; 0,84 &#8364;, chiffres de 2014). &lt;br/&gt;
&lt;a href=&#034;mailto:hotelmondial@hotmail.fr&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;hotelmondial@hotmail.fr&lt;/a&gt; / 40 Boulevard Cl&#233;menceau, 66000 Perpignan / 04 68 34 23 45.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le programme en pdf :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_633 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/pdf/programme_-_Claude_Simon_-_WEB_4_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787681797' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>les successifs &#233;tats de la machine humaine</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/les-successifs-etats-de-la-machine-humaine.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/les-successifs-etats-de-la-machine-humaine.html</guid>
		<dc:date>2014-12-15T09:16:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entour&#233; de tous c&#244;t&#233;s par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'h&#244;pital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus r&#233;cents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une esp&#232;ce d'&#238;lot noy&#233; au milieu du tumultueux et fragile d&#233;sordre comme une sorte d'entit&#233; en soi, d'univers en r&#233;duction, ferm&#233; sur lui-m&#234;me, ripolin&#233; et fini, du service d'obst&#233;trique &#224; la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condens&#233;) les successifs &#233;tats de la machine (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-citations-.html" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Maladie-+.html" rel="tag"&gt;Maladie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Paris-+.html" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mort-+.html" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Salpetriere_sur_le_plan_de_Vaugondy_1760_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Salpetriere_sur_le_plan_de_Vaugondy_1760_.jpg?1418764470' width='500' height='425' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Entour&#233; de tous c&#244;t&#233;s par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'h&#244;pital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus r&#233;cents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une esp&#232;ce d'&#238;lot noy&#233; au milieu du tumultueux et fragile d&#233;sordre comme une sorte d'entit&#233; en soi, d'univers en r&#233;duction, ferm&#233; sur lui-m&#234;me, ripolin&#233; et fini, du service d'obst&#233;trique &#224; la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condens&#233;) les successifs &#233;tats de la machine humaine de la naissance &#224; l'agonie en passant par toutes les d&#233;viations et anomalies possibles jusqu'&#224; sa d&#233;finitive corruption.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon, &lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, Minuit, 2001, p. 105. Minuit double, p. 98-99&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Perpignan : la foire Saint-Martin</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-la-foire-Saint-Martin.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-la-foire-Saint-Martin.html</guid>
		<dc:date>2014-08-10T14:54:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Perpignan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;dans l'aigre et fade odeur d'ac&#233;tyl&#232;ne et de p&#226;te &#224; berlingots qui stagnait entre les baraques de la foire install&#233;e chaque automne sous les platanes qui longeaient l'All&#233;e des Marronniers et o&#249;, dans le m&#233;lancolique cr&#233;puscule clignotaient les lumi&#232;res tentatrices des man&#232;ges et des attractions dont la principale (apr&#232;s les myst&#232;res interdits du Mus&#233;e Dupuytren) &#233;tait ces montagnes russes qui, chassant pour tout un mois la petite assembl&#233;e des hommes-troncs, &#233;levaient leurs &#233;chafaudages (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lieux-de-memoire-.html" rel="directory"&gt;Lieux de m&#233;moire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Perpignan-156-+.html" rel="tag"&gt;Perpignan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_569 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/La_foire_de_la_Saint_Martin_site.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/La_foire_de_la_Saint_Martin_site.jpg?1407623853' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;dans l'aigre et fade odeur d'ac&#233;tyl&#232;ne et de p&#226;te &#224; berlingots qui stagnait entre les baraques de la foire install&#233;e chaque automne sous les platanes qui longeaient l'All&#233;e des Marronniers et o&#249;, dans le m&#233;lancolique cr&#233;puscule clignotaient les lumi&#232;res tentatrices des man&#232;ges et des attractions dont la principale (apr&#232;s les myst&#232;res interdits du Mus&#233;e Dupuytren) &#233;tait ces montagnes russes qui, chassant pour tout un mois la petite assembl&#233;e des hommes-troncs, &#233;levaient leurs &#233;chafaudages compliqu&#233;s d'o&#249; le grondement de catastrophe des wagonnets et les cris aigus des femmes venaient frapper la haute fa&#231;ade du &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-Monument-aux-morts.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;monument aux morts&lt;/a&gt;. (&lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, p. 33-34)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_570 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/foire_saint_martin_ancienne.jpg?1407624320' width='500' height='317' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Perpignan : JOB</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-JOB.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Perpignan-JOB.html</guid>
		<dc:date>2014-08-04T20:46:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Tramway</dc:subject>
		<dc:subject>Perpignan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;peut-&#234;tre, donc, de ces paquets de mauvais tabac que l'on trouve chez les buralistes, cubiques, envelopp&#233;s d'un vilain papier gris ferm&#233; par la bande blanche de la R&#233;gie et auxquels elle n'oubliait pas de joindre chaque fois un de ces petits cahiers de feuilles dont les marques (&#171; Riz-la-Croix &#187; ou &#171; JOB &#187;) auraient pu para&#238;tre autant d'incitations &#224; endurer leur martyr si la croix dessin&#233;e sur fond bleu ciel ne se r&#233;f&#233;rait simplement &#224; un nom de fabrique et si le sigle JOB en lettres d'or (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lieux-de-memoire-.html" rel="directory"&gt;Lieux de m&#233;moire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Le-Tramway-+.html" rel="tag"&gt;Le Tramway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Perpignan-156-+.html" rel="tag"&gt;Perpignan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_559 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Bardou_Job1_site.jpg?1407183413' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/Bardou_Job_3_site.jpg?1407183428' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;peut-&#234;tre, donc, de ces paquets de mauvais tabac que l'on trouve chez les buralistes, cubiques, envelopp&#233;s d'un vilain papier gris ferm&#233; par la bande blanche de la R&#233;gie et auxquels elle n'oubliait pas de joindre chaque fois un de ces petits cahiers de feuilles dont les marques (&#171; Riz-la-Croix &#187; ou &#171; JOB &#187;) auraient pu para&#238;tre autant d'incitations &#224; endurer leur martyr si la croix dessin&#233;e sur fond bleu ciel ne se r&#233;f&#233;rait simplement &#224; un nom de fabrique et si le sigle JOB en lettres d'or sur fond blanc ne r&#233;sultait pas, comme chacun savait, de l'agrandissement en forme de losange du point s&#233;parant les initiales du fondateur de la firme (un monsieur Joseph Bardou) et, de m&#234;me que la croix, n'avait en rien vocation &#224; rappeler les souffrances du personnage biblique. (&lt;i&gt;Le Tramway&lt;/i&gt;, p. 22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L400xH533/Bardou_Job_5_site-f6fed.jpg?1787682684' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le papier &#224; cigarette que la m&#232;re offre aux mutil&#233;s de guerre lorsqu'elle va &#224; l'hospice est l'occasion d'&#233;voquer de mani&#232;re ironique &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bardou&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joseph Bardou&lt;/a&gt;, figure de l'histoire &#233;conomique de Perpignan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1849, il ouvre un atelier de papier en petits cahiers pour lesquels le suc de figue sert de gomme. &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/JOB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La marque JOB&lt;/a&gt; est r&#233;compens&#233;e &#224; l'exposition universelle de 1855, et d&#232;s 1860 la fabrique Bardou exporte dans toute l'Europe et en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L400xH533/Figuier_site-3e23e.jpg?1787682684' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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