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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
	<link>https://associationclaudesimon.org/</link>
	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Wolfram Nitsch, M&#233;caniques &#233;vocatrices (2024)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Wolfram-Nitsch-Mecaniques-evocatrices-2024.html</link>
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		<dc:date>2024-07-18T17:25:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Transports</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>
		<dc:subject>Machine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Wolfram Nitsch, M&#233;caniques &#233;vocatrices. Claude Simon et la technique. Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 30 septembre 2024. 156 p. (Claude Simon) &lt;br class='autobr' /&gt;
Description sur le site de l'&#233;diteur &lt;br class='autobr' /&gt;
L'univers de Claude Simon est hant&#233; par la technique. Dans ses romans, le protagoniste se retrouve souvent face &#224; des machines, soit &#224; de moyens de communication comme le cin&#233;matographe ou le magn&#233;tophone, soit &#224; des moyens de transport comme le tramway, le train ou l'avion ; et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-11-.html" rel="directory"&gt;Nouvelles publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Transports-+.html" rel="tag"&gt;Transports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nitsch-Wolfram-+.html" rel="tag"&gt;Nitsch, Wolfram&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Machine-+.html" rel="tag"&gt;Machine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Wolfram Nitsch, &lt;i&gt;M&#233;caniques &#233;vocatrices. Claude Simon et la technique&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 30 septembre 2024. 156 p. (Claude Simon)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/27574100861040l.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/27574100861040l.jpg?1721323250' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Description sur le site de l'&#233;diteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'univers de Claude Simon est hant&#233; par la technique. Dans ses romans, le protagoniste se retrouve souvent face &#224; des machines, soit &#224; de moyens de communication comme le cin&#233;matographe ou le magn&#233;tophone, soit &#224; des moyens de transport comme le tramway, le train ou l'avion ; et le narrateur ne cesse de revenir sur des exp&#233;riences semblables, emprunte des m&#233;taphores aux objets techniques ou en fait le mod&#232;le de son &#233;criture. Le pr&#233;sent ouvrage explore cette dimension encore peu &#233;tudi&#233;e de l'&#339;uvre du prix Nobel. Comme la plupart des &#171; m&#233;caniques &#187; qu'il y d&#233;crit renvoient &#224; la guerre, il pourrait sembler que Simon d&#233;nonce une machinerie anonyme et ali&#233;nante. Mais si l'on lit attentivement ses nombreuses pages &#233;voquant la technique, on d&#233;couvre qu'il y voit surtout un suppl&#233;ment indispensable &#224; l'&#234;tre humain, comme le propose la technologie culturelle d'inspiration maussienne, voire m&#234;me le moteur concret d'une imagination transgressive qui contribue &#224; l'emprise singuli&#232;re de ses romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.septentrion.com/FR/livre/?GCOI=27574100861040&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le site des Presses Universitaires du Septentrion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Wolfram Nitsch</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Wolfram-Nitsch.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Wolfram-Nitsch.html</guid>
		<dc:date>2021-06-12T23:33:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une carte postale de Cologne. Lire Claude Simon en temps de pand&#233;mie &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme sans doute beaucoup d'entre vous, j'ai essay&#233; de combattre l'ennui du confinement par une exploration du proche. J'ai relu les deux romans de Claude Simon par lesquels j'avais d&#233;couvert son &#339;uvre en 1984 et que je croyais m'&#234;tre devenus particuli&#232;rement familiers, &#224; savoir La route des Flandres et Histoire. Et j'ai beaucoup march&#233; dans les environs imm&#233;diats de Cologne, la ville que j'habite depuis vingt ans. De (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-lectures-de-confinement-.html" rel="directory"&gt;Lectures de confinement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nitsch-Wolfram-+.html" rel="tag"&gt;Nitsch, Wolfram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/carte_postale_wahn.jpg?1623539627' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une carte postale de Cologne. Lire Claude Simon en temps de pand&#233;mie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme sans doute beaucoup d'entre vous, j'ai essay&#233; de combattre l'ennui du confinement par une exploration du proche. J'ai relu les deux romans de Claude Simon par lesquels j'avais d&#233;couvert son &#339;uvre en 1984 et que je croyais m'&#234;tre devenus particuli&#232;rement familiers, &#224; savoir &lt;i&gt;La route des Flandres&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;. Et j'ai beaucoup march&#233; dans les environs imm&#233;diats de Cologne, la ville que j'habite depuis vingt ans. De l'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, j'ai fait des d&#233;couvertes notables qui une fois ont m&#234;me converg&#233; d'une mani&#232;re &#233;tonnante. Sans la pand&#233;mie, je ne serais peut-&#234;tre jamais entr&#233; dans la Wahner Heide, une r&#233;serve naturelle limitrophe de l&#700;a&#233;roport de Cologne. Sous des conditions normales, ce beau paysage de lande est domin&#233; par le fracas des avions, de sorte qu'on pr&#233;f&#232;re le regarder furtivement depuis un hublot en d&#233;collant vers des lieux plus lointains ; apr&#232;s la suspension presque totale du trafic a&#233;rien, on pouvait soudain contempler la flore et la faune locale en silence. En se promenant sur les anciens chemins de bergers, on d&#233;couvre en outre les traces d'un ancien usage militaire de la lande de Wahn. Les d&#233;bris d'une station de lavage pour les chars, qu'on pourrait prendre pour une sculpture de land art, rappellent la pr&#233;sence de l'arm&#233;e belge en Rh&#233;nanie apr&#232;s la Seconde Guerre Mondiale ; l'a&#233;roport adjacent remonte &#224; une base a&#233;rienne construite sous le r&#233;gime nazi ; et les ruines de plusieurs positions d'artillerie indiquent qu&#700;auparavant la lande avait &#233;t&#233; l'un des plus grands champs de tir de l'arm&#233;e prussienne. Avant et pendant la Grande Guerre, cette zone militaire &#233;tait si c&#233;l&#232;bre qu'elle figurait sur des centaines de cartes postales. Sur ces images, le plus souvent accompagn&#233;es de la l&#233;gende &#171; Gru&#223; vom Schie&#223;platz Wahn &#187; (&#171; Salutations du champ de tir &#187;), on peut voir des soldats qui transportent des canons, les mettent en position ou tirent un coup ; dans la derni&#232;re variante, les salutations deviennent parfois m&#234;me &#171; tonitruantes &#187; : &#171; Donnernde Gr&#252;&#223;e vom Schie&#223;platz Wahn &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, en relisant &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, j'ai d&#233;couvert qu'une carte postale de ce genre y est l'objet d'une description d&#233;taill&#233;e. Elle fait partie des documents que le narrateur et protagoniste du roman trouve dans la commode de sa m&#232;re disparue, tout en pr&#233;parant la mise en vente de la maison familiale. Comme il n'est pas question d&#700;un message personnel transmis sur le verso de l&#700;image photographique, on ne peut que sp&#233;culer sur la provenance de cette carte : sans doute avait-elle &#233;t&#233; exp&#233;di&#233;e par un oncle du narrateur, ce Charles dont la signature appara&#238;t sur une autre carte qui montre aussi un site d&#700;outre-Rhin, dans ce cas-l&#224; une place &#224; Elberfeld d&#233;cor&#233;e d&#700;une statue &#233;questre de Guillaume Ier et entour&#233;e par les rails de la fameuse Schwebebahn, le premier train a&#233;rien du monde. Voici la carte postale de Cologne qu&#700;on trouve aussi parmi &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Les-cartes-postales-d-Histoire.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;celles que Claude Simon a h&#233;rit&#233;es de sa m&#232;re&lt;/a&gt; et qui fait aujourd&#700;hui partie d&#700;une collection particuli&#232;re. Vous pouvez la regarder avec le plus grand calme pendant que je vous lise, avec la lourdeur caract&#233;ristique d&#700;un bavarois qui a pass&#233; presque une ann&#233;e enti&#232;re en Bourgogne, la description qu&#700;en fait le narrateur d&#700;&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; (Pl&#233;iade, t. 2, p. 317&#8211;318 ; Minuit, 1967, p. 258-259) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;un jour froid brumeux gris sur un terrain en bordure d&#700;un bois brumeux en grisaille lui aussi et au premier plan un tube de m&#233;tal poli court massif l&#233;g&#232;rement conique luisant mont&#233; sur un socle trapu massif lui-m&#234;me pourvu de petites roues massives l&#700;ensemble (avec cet aspect &#224; la fois terrible borgne turgescent furibond et perp&#233;tuellement frustr&#233; stupide de ces organes) commes les parties viriles (membre et testicules) fa&#231;onn&#233;es sommairement coul&#233;es en bronze et tomb&#233;es sur la terre d&#700;entre les jambes d&#700;un robot g&#233;ant un soldat aux yeux clairs coiff&#233; d&#700;un b&#233;ret plat accoud&#233; sur l&#700;&#233;norme tube la main frisant sa moustache une paire de jumelles pendant sur sa poitrine un de ses pieds pos&#233; sur le talus de terre pellet&#233;e le genou repli&#233; et derri&#232;re lui deux autres soldats &#224; casquettes plates le col de leur veste bord&#233; d&#700;un galon d&#700;argent plant&#233;s sur leurs jambes &#233;cart&#233;es et plus loin un autre de ces appareils sexuels sch&#233;matis&#233;s et g&#233;om&#233;triques rigide rogue courtaud aupr&#232;s duquel se tient une silhouette sombre dans une capote qui tombe jusqu&#700;&#224; terre surmont&#233;e d&#700;un visage de dogue aux bajoues pendantes sous le casque &#233;tincelant et plus loin un autre tube luisant et encore un autre et un autre tous rang&#233;es sur la m&#234;me ligne Gruss vom Schiessplatz WAHN un poteau supportant une pancarte plant&#233; dans le sol pellevers&#233; devant la premi&#232;re pi&#232;ce avec &#233;crit &#224; la craie sur fond noir :&lt;br/&gt;
Gesch&#252;tzstellung N&#176; 3&lt;br/&gt;
4 &#8212; BRONZE M&#214;RSER&lt;br/&gt;
Verwaltet durch 3 / 0&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La note &#233;crite sur le poteau indicateur, que Claude Simon a transcrite correctement et qui m'a donn&#233; la chance de compenser d&#700;&#233;ventuelles fautes de prononciation en fran&#231;ais par ma comp&#233;tence de germanophone, pr&#233;cise l&#700;emplacement de la pi&#232;ce d&#700;artillerie ainsi que ses propri&#233;t&#233;s techniques (&#171; mortier de bronze &#187;) et l&#700;unit&#233; par laquelle elle est administr&#233;e. Elle annonce donc un haut degr&#233; d&#700;organisation qui se manifeste aussi dans l&#700;alignement exact de canons du m&#234;me type. Ainsi, la description met en relief le diagnostic de Val&#233;ry qui, dans son essai &#171; Une conqu&#234;te m&#233;thodique &#187; de 1897, avait d&#233;j&#224; caract&#233;ris&#233; l&#700;Allemagne industrielle et militaire comme un &#171; m&#233;canisme efficace &#187;, comme une grande &#171; machine produisant de l&#700;&#233;nergie militaire &#187;. &#192; cela correspond encore la m&#233;taphore du &#171; robot g&#233;ant &#187; dont les mortiers &#233;normes semblent faire partie. Cependant, le texte simonien pr&#233;sente cette gigantesque machine de guerre sous le trouble jour de l&#700;&#233;rotisme, en comparant les tubes mont&#233;s sur un socle roulant aux &#171; appareils sexuels sch&#233;matis&#233;s et g&#233;om&#233;triques &#187; qu&#700;on peut voir dans les graffitis obsc&#232;nes. Sous la plume du romancier fascin&#233; par les photographies de Brassa&#239; et sans doute aussi par l&#700;anthropologie de Bataille, la carte postale empreinte de propagande patriotique se transforme en image pornographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si mes promenades dans la lande de Wahn m'ont conduit sur le terrain repr&#233;sent&#233; ici. Mais il est certain que deux activit&#233;s que j&#700;ai cultiv&#233;es en temps de pand&#233;mie, mes d&#233;marches parall&#232;les de r&#244;deur suburbain et de lecteur &#224; nouveau plong&#233; dans l&#700;univers simonien, m&#700;ont appris que chacune des nombreuses cartes postales d&#233;crites dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; peut toujours en cacher une autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/S20_bis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/jpg/S20_bis.jpg?1623539636' width='500' height='298' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Wolfram Nitsch est professeur de litt&#233;rature fran&#231;aise et hispanique &#224; l'Universit&#233; de Cologne. Ses principaux champs de recherche sont la prose fran&#231;aise du XXe et XXIe si&#232;cle, la litt&#233;rature espagnole du si&#232;cle d'or et la litt&#233;rature argentine moderne, ainsi que la m&#233;diologie, l'anthropologie litt&#233;raire et la th&#233;orie de l&#700;espace. Sur Claude Simon, il a &#233;crit le livre &lt;i&gt;Sprache und Gewalt bei Claude Simon&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Langage et violence chez Claude Simon&lt;/i&gt;, 1992) et dirig&#233;, avec Irene Albers, les volumes &lt;i&gt;Transports : les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt; (2006) et &lt;i&gt;Lectures allemandes de Claude Simon&lt;/i&gt; (2013). Il est membre du conseil d'administration et tr&#233;sorier adjoint de l'ALCS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les images :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1129 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/pdf/Cartes_postales_Seminaire_2021_V.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787934106' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hommage &#224; Eva Moldenhauer (1934-2019)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Hommage-a-Eva-Moldenhauer-1934-2019.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Traduction</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>
		<dc:subject>Moldenhauer, Eva</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Eva Moldenhauer (20 septembre 1934 &#8211; 22 avril 2019) &lt;br class='autobr' /&gt;
Traductrice de Claude Simon en allemand &lt;br class='autobr' /&gt;
Eva Moldenhauer &#224; l'Ambassade de France &#224; Berlin en 2012 &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les pays de langue allemande, les lecteurs de Claude Simon ont d&#233;couvert la plus grande partie de son &#339;uvre gr&#226;ce &#224; Eva Moldenhauer. En commen&#231;ant par La corde raide en 1964, elle a traduit ou retraduit quinze livres du romancier toujours tr&#232;s appr&#233;ci&#233; par la critique d&#700;outre-Rhin : non seulement la plupart de ses romans, du Vent au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-actualites-de-l-alcs-.html" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s de l'ALCS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Traduction-+.html" rel="tag"&gt;Traduction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nitsch-Wolfram-+.html" rel="tag"&gt;Nitsch, Wolfram&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Moldenhauer-Eva-+.html" rel="tag"&gt;Moldenhauer, Eva&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eva Moldenhauer (20 septembre 1934 &#8211; 22 avril 2019)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traductrice de Claude Simon en allemand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1022 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L373xH326/Eva_Molenhauer_2012-11-27_Prix-Academie-Berlin_215-fc49b.jpg?1787937490' width='373' height='326' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;p style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;Eva Moldenhauer &#224; l'Ambassade de France &#224; Berlin en 2012&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays de langue allemande, les lecteurs de Claude Simon ont d&#233;couvert la plus grande partie de son &#339;uvre gr&#226;ce &#224; Eva Moldenhauer. En commen&#231;ant par &lt;i&gt;La corde raide&lt;/i&gt; en 1964, elle a traduit ou retraduit quinze livres du romancier toujours tr&#232;s appr&#233;ci&#233; par la critique d&#700;outre-Rhin : non seulement la plupart de ses romans, du &lt;i&gt;Vent&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;Tramway&lt;/i&gt;, mais aussi des essais litt&#233;raires comme le &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt; ou les &lt;i&gt;Quatre conf&#233;rences&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;tait d&#700;autant mieux pr&#233;par&#233;e &#224; ce travail portant sur deux genres diff&#233;rents qu&#700;elle connaissait aussi bien le monde des sciences humaines que celui de la litt&#233;rature. Enracin&#233;e dans le milieu intellectuel de Francfort et longtemps proche de la maison &lt;a href=&#034;https://www.suhrkamp.de/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Suhrkamp&lt;/a&gt; o&#249; elle a dirig&#233; avec son mari &lt;a href=&#034;https://de.wikipedia.org/wiki/Karl_Markus_Michel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Karl Markus Michel&lt;/a&gt; une importante &#233;dition des &#339;uvres de Hegel, elle a traduit du fran&#231;ais autant d'ouvrages de th&#233;orie que de fiction. Si elle a fait lire au public allemand des romanciers comme Jorge Sempr&#250;n, Rachid Boudjedra ou Pierre Michon, elle a fait de m&#234;me pour des anthropologues comme Marcel Mauss, Claude L&#233;vi-Strauss ou Philippe Descola. C'est pour la traduction d'un ouvrage de ce dernier qu'elle a re&#231;u en 2011 le prix Raymond Aron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est r&#233;v&#233;lateur que, dans le discours de r&#233;ception prononc&#233; &#224; cette occasion, elle revienne &#224; ses traductions de Claude Simon qui lui avaient d&#233;j&#224; valu d'autres distinctions, par exemple le prix Celan pour &lt;i&gt;Die Akazie&lt;/i&gt; ou le prix de la foire de Leipzig pour &lt;i&gt;Das Gras&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;L&#700;herbe&lt;/i&gt;). Car elle y pr&#233;sente Simon comme un ethnographe du monde moderne qui loin de d&#233;nigrer le r&#233;f&#233;rent mat&#233;riel le met au contraire en valeur dans ses descriptions minutieuses de certains lieux et de certains spectacles. Par cons&#233;quent, Eva Moldenhauer a fait des recherches sur place en traduisant &lt;i&gt;Le vent &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le tramway&lt;/i&gt;. Ainsi, elle est all&#233;e &#224; Perpignan pour y identifier une place &#233;voqu&#233;e avec l'aide d'un t&#233;moin appartenant &#224; la g&#233;n&#233;ration de Simon, ou pour reconstruire le trajet du tramway disparu en consultant un album de cartes postales historiques qu'elle avait trouv&#233;, &#224; la grande joie du romancier lui-m&#234;me, dans l'office de tourisme de Canet-Plage. Afin de rendre exactement les descriptions du tramway dans le roman du m&#234;me titre, elle a visit&#233; un mus&#233;e consacr&#233; &#224; ce v&#233;hicule moderne et consult&#233; un journaliste sp&#233;cialis&#233; dans l'histoire des transports ; et pour mieux saisir les &#233;vocations de cavaliers militaires et civils dans&lt;i&gt; La route des Flandres&lt;/i&gt;, elle a assist&#233; &#224; une course de chevaux et interrog&#233; une ancienne femme jockey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon a su appr&#233;cier cette rigueur historique doubl&#233;e d&#700;une grande sensibilit&#233; stylistique en &#233;crivant &#224; sa traductrice attitr&#233;e que &#171; la traduction n'est pas un simple travail de transcription, comme on le croit vulgairement, mais un v&#233;ritable travail de production &#187;. Lundi de P&#226;ques, Eva Moldenhauer a d&#251; quitter son atelier &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;p style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;b&gt;Wolfram Nitsch&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eva Moldenhauer avait &#233;crit un t&#233;moignage intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccs/964&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Dans l'atelier du traducteur &#187;&lt;/a&gt; pour le &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-10-2015-330.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;num&#233;ro 10 des &lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, consacr&#233; en 2015 aux traductions de Claude Simon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voir aussi : &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Plan-pour-Triptyque.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Claude Simon en Allemagne &#187;&lt;/a&gt;, colloque organis&#233; &#224; Cologne en 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lectures allemandes de Claude Simon. Textes r&#233;unis par Irene Albers et Wolfram Nitsch (2013)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Lectures-allemandes-de-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Irene-Albers-et-Wolfram.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Lectures-allemandes-de-Claude-Simon-Textes-reunis-par-Irene-Albers-et-Wolfram.html</guid>
		<dc:date>2013-10-01T21:36:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;ception</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Albers, Irene</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lectures allemandes de Claude Simon. Textes r&#233;unis par Irene Albers et Wolfram Nitsch. Presses universitaires du Septentrion, 2013. 236 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire de la r&#233;ception de Claude Simon en Allemagne commence dans les ann&#233;es soixante avec les premi&#232;res traductions et comptes-rendus de ses romans pour se prolonger, d&#232;s les des ann&#233;es soixante-dix par une remarquable prolif&#233;ration de th&#232;ses et d'&#233;tudes universitaires. Le premier chapitre du pr&#233;sent recueil rassemble des publications non (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-ouvrages-collectifs-.html" rel="directory"&gt;Ouvrages collectifs &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Allemagne-+.html" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Albers-Irene-232-+.html" rel="tag"&gt;Albers, Irene&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nitsch-Wolfram-+.html" rel="tag"&gt;Nitsch, Wolfram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/local/cache-vignettes/L300xH450/lectures_allemandes-4caa1.jpg?1787934431' width='300' height='450' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lectures allemandes de Claude Simon&lt;/i&gt;. Textes r&#233;unis par Irene Albers et Wolfram Nitsch. Presses universitaires du Septentrion, 2013. 236 p. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la r&#233;ception de Claude Simon en Allemagne commence dans les ann&#233;es soixante avec les premi&#232;res traductions et comptes-rendus de ses romans pour se prolonger, d&#232;s les des ann&#233;es soixante-dix par une remarquable prolif&#233;ration de th&#232;ses et d'&#233;tudes universitaires. Le premier chapitre du pr&#233;sent recueil rassemble des publications non universitaires, pour la plupart des recensions parues dans la presse. Le chapitre suivant t&#233;moigne de l'influence conjugu&#233;e de la ph&#233;nom&#233;nologie et du structuralisme sur les premiers travaux universitaires. La troisi&#232;me partie pr&#233;sente la r&#233;ception post-structuraliste : on y trouve des analyses de la po&#233;tique d&#233;constructive et du traumatisme de la m&#233;moire dans La Route des Flandres. Dans le quatri&#232;me chapitre la r&#233;ception allemande de Claude Simon appara&#238;t comme tributaire d'une autre tradition intellectuelle : les interpr&#233;tations se consacrent aux transgressions de Simon, aux repr&#233;sentations du corps, de la violence, de la sexualit&#233; et de la guerre. Pour donner un aper&#231;u des r&#233;sonances litt&#233;raires de Simon dans les pays de langue allemande ont &#233;t&#233; inclus, pour finir, les textes de trois auteurs germanophones contemporains qui se sont inspir&#233;s de Claude Simon.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant-propos&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les lecteurs de Claude Simon dans les pays de langue allemande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La d&#233;couverte&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Claude Simon vu de la Suisse. Gerda Zeltner&lt;br&gt;
Claude Simon &#224; Francfort. Helmut Scheffel&lt;br&gt;
La force destructrice du temps. Marianne Kesting&lt;br&gt;
Sans fusibles : &lt;i&gt;Les corps conducteurs&lt;/i&gt; de Claude Simon. Lothar Baier&lt;br&gt;
Quand le monde d&#233;pend des points et des virgules. Elmar Tophoven&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Entre ph&#233;nom&#233;nologie et structuralisme&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Glissement perp&#233;tuel de la narration : Claude Simon,&lt;i&gt; La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Winfried Wehle&lt;br&gt;
Histoire et discours dans &lt;i&gt;Les corps conducteurs&lt;/i&gt; de Claude Simon. Karlheinz Stierle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Le temps et la m&#233;moire : lectures poststructuralistes&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : &lt;i&gt;La route des Flandres&lt;/i&gt;. Rainer Warning&lt;br&gt;
M&#233;moire traumatique : &lt;i&gt;La route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon. Helmut Pfeiffer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le corps, la violence, la guerre : regards sur les transgressions chez Claude Simon&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Maculature ou De la difficult&#233; de lire. &lt;i&gt;Le&#231;on de choses&lt;/i&gt; de Claude Simon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Barbara Vinken&lt;br&gt;
Corps souill&#233;s : mat&#233;rialit&#233; transgressive dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; de Claude Simon. Wolfram Nitsch&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. &#201;chos litt&#233;raires&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Conversation sur L'herbe. Gerhard Meier&lt;br&gt;
Attention chantier. Wilhelm Genazino&lt;br&gt;
Mots et images. Marcel Beyer&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.septentrion.com/fr/livre/?GCOI=27574100562650&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;sur le site de l'&#233;diteur &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#224; lire aussi : &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Irene Albers &amp; Wolfram Nitsch, &lt;a href=&#034;http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/bilder-und-zeiten/zum-100-geburtstag-claude-simons-wege-nach-deutschland-12598007.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Zum 100. Geburtstag. Claude Simons Wege nach Deutschland &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Frankfurter Allgemeine Zeitung&lt;/i&gt;, 4 octobre 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nitsch, Wolfram. &#171; Une po&#233;tique de la d&#233;pense. Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie &#187; (2008)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Nitsch-Wolfram-Une-poetique-de-la-depense-Claude-Simon-et-le-College-de.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Nitsch-Wolfram-Une-poetique-de-la-depense-Claude-Simon-et-le-College-de.html</guid>
		<dc:date>2013-02-11T21:53:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>La Bataille de Pharsale</dc:subject>
		<dc:subject>Le Jardin des Plantes</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Bataille, Georges</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;taphore</dc:subject>
		<dc:subject>Mythe</dc:subject>
		<dc:subject>Leiris, Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Wolfram Nitsch.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une po&#233;tique de la d&#233;pense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mythe-+.html" rel="tag"&gt;Mythe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Leiris-Michel-+.html" rel="tag"&gt;Leiris, Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nitsch-Wolfram-+.html" rel="tag"&gt;Nitsch, Wolfram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Wolfram Nitsch. &#171; Une po&#233;tique de la d&#233;pense. Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-4-2008-20.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 4, 2008&lt;/a&gt;, p. 33-52
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;affinite&#034;&gt;1. Une affinit&#233; inavou&#233;e&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Coll&#232;ge de Sociologie, fond&#233; &#224; la veille de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale par un groupe d'anthropologues et de surr&#233;alistes tardifs pour explorer le r&#244;le du sacrifice, de la d&#233;pense et de la transgression dans le monde moderne, n'est que rarement cit&#233; par les lecteurs de Claude Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre d'exception, on peut citer pourtant Claude DuVerlie, &#171; Amor (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ceci, ils imitent l'auteur lui-m&#234;me qui a pourtant prouv&#233; qu'il connaissait bien l'&#339;uvre des fondateurs de cette institution &#233;ph&#233;m&#232;re mais flamboyante, notamment celle de Georges Bataille et de Michel Leiris. Dans ses fictions, il &#233;voque &#224; plusieurs reprises certains monuments de cultes anciens autour desquels gravitent les derniers essais de Bataille, contemporains des premiers romans majeurs de Simon. Le narrateur de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; se rappelle des photos qui montrent les statues phalliques dress&#233;es dans le sanctuaire de Dionysos &#224; D&#233;los (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 593), de m&#234;me que la photo qui figure sur le frontispice de &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt; ; le protagoniste d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; se compare &#224; &#171; ce guerrier ou chasseur ithyphallique de la pr&#233;histoire &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 125), dont l'image rupestre, situ&#233;e au plus profond de la caverne de Lascaux, est comment&#233;e en d&#233;tail dans &lt;i&gt;Les Larmes d'&#201;ros&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Bataille, L'&#201;rotisme, Paris, Minuit, &#171; Critique &#187;, 1957, p. 7 ; Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et dans un entretien enregistr&#233; &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, Simon n'h&#233;site pas &#224; mettre Leiris au m&#234;me rang que Proust, Faulkner, Conrad et C&#233;line. &#192; propos du deuxi&#232;me tome de son autobiographie &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, il souligne qu'entre les grands &#233;crivains du vingti&#232;me si&#232;cle &#171; il y a aussi Michel Leiris : toute son &#339;uvre, qu'&#224; mon avis on ne conna&#238;t pas assez. En particulier &lt;i&gt;Fourbis&lt;/i&gt;, et dans &lt;i&gt;Fourbis&lt;/i&gt; ce morceau admirable : &#8220;Vois ! d&#233;j&#224; l'ange&#8230;&#8221; qui est un des chefs-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature fran&#231;aise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Entretien avec Claude Simon &#187; (1960), dans : Madeleine Chapsal, Quinze (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; cette r&#233;f&#233;rence explicite et &#233;logieuse s'oppose la r&#233;ticence frappante que Simon a manifest&#233; plus tard &#224; l'&#233;gard de Leiris. Dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt;, il fait un portrait assez caricatural de ce dernier quand il &#233;voque la fameuse soir&#233;e th&#233;&#226;trale du 19 mars 1944, c&#233;l&#233;br&#233;e dans l'appartement de Leiris et observ&#233;e par Simon lui-m&#234;me. D'une part, l'h&#244;te d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre s'y pr&#233;sente comme un ami de la &#171; subversion elle-m&#234;me &#187;, de l'&#171; ex&#233;cration de toute esp&#232;ce d'ordre &#187;, saluant la pi&#232;ce &lt;i&gt;Le d&#233;sir attrap&#233; par la queue&lt;/i&gt; de Picasso dont il prot&#232;ge la premi&#232;re (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 1149) ; en ceci, il semble partager les go&#251;ts du jeune romancier inconnu, fascin&#233; par le surr&#233;alisme tardif qu'il a d&#233;couvert &#224; travers la revue &lt;i&gt;Minotaure&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, LXX). D'autre part, l'ex-surr&#233;aliste y est d&#233;crit comme un communiste de salon, un &#171; dandy &#187; irresponsable qui voue &#171; un culte inconditionnel et pour ainsi dire philosophique &#187; &#224; Staline, tout en ignorant l'exp&#233;rience de la guerre qu'il a laiss&#233;e passer dans la &#171; voli&#232;re biens&#233;ante et feutr&#233;e &#187; de son appartement parisien (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 1151). &#192; l'&#233;loge de l'&#233;crivain Leiris se superpose et se substitue donc une critique s&#233;v&#232;re de l'intellectuel Leiris : devenu sceptique &#224; l'&#233;gard du communisme sovi&#233;tique, Simon le d&#233;nonce maintenant comme un stalinien incorrigible, lui reprochant de l&#233;gitimer une violence politique et militaire qu'il n'a jamais subie lui-m&#234;me. N&#233;anmoins, il me semble que cette pol&#233;mique politique tardive &#8211; et sans doute discutable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'engagement parall&#232;le de Leiris et de Simon dans la R&#233;sistance et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; ne soit que le revers d'une profonde affinit&#233; esth&#233;tique. Bien que Simon n'ait plus jamais reconnu apr&#232;s 1960 l'emprise de Leiris sur ses romans, on peut les lire &#224; la lumi&#232;re d'une po&#233;tique de la d&#233;pense. En r&#233;sumant la th&#232;se d&#233;velopp&#233;e dans un livre d&#233;j&#224; ancien, mais toujours inaccessible aux lecteurs francophones, je me propose d'esquisser ici les contours de cette po&#233;tique et de la mettre en relief dans une lecture exemplaire &#8211; consacr&#233;e &#224; une seule longue phrase de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wolfram Nitsch, Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;nomade&#034;&gt;2. &#201;criture nomade et &#233;criture sacrificielle&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le g&#233;ant mythologique peint par Poussin et d&#233;crit par Simon dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une figure all&#233;gorique du romancier qui commente son propre travail dans la pr&#233;face &#224; ce livre, il renvoie &#224; deux po&#233;tiques diff&#233;rentes qui coexistent dans l'&#339;uvre simonienne, quoique la plupart des essais critiques de l'auteur n'en soulignent que la premi&#232;re. D'un c&#244;t&#233;, Orion aveugle personnifie &#233;videmment une po&#233;tique de la recherche. Ne pouvant voir o&#249; il va, il ressemble au &#171; voyageur &#233;gar&#233; dans une for&#234;t &#187; dont parle la pr&#233;face &#224; propos de &#171; l'aventure singuli&#232;re du narrateur qui ne cesse de chercher, d&#233;couvrant &#224; t&#226;tons le monde dans et par l'&#233;criture &#187; (&lt;i&gt;OA&lt;/i&gt;, 1183). Comme les mots renvoient toujours &#224; d'autres mots, comme ils sont &#171; autant de carrefours o&#249; plusieurs routes s'entrecroisent &#187; (1182), l'&#233;crivain conscient de ce pouvoir d&#233;sorientant du langage doit par cons&#233;quent pratiquer une &#233;criture qui diff&#232;re le r&#233;f&#233;rent et d&#233;centre l'&#233;metteur du signe verbal. Au moyen de concepts forg&#233;s par Derrida et par Deleuze, on a pu montrer comment cette recherche &#171; dans et par l'&#233;criture &#187; est mise en sc&#232;ne dans les romans de Simon, non seulement au niveau de la narration, mais aussi au niveau de l'histoire. Les protagonistes, cherchent quelque chose qui leur &#233;chappe en scrutant des cahiers, des lettres ou des cartes postales ; les narrateurs continuent encore &#224; se poser la question &#171; comment &#233;tait-ce ? &#187; ou &#171; comment savoir ? &#187; et manifestent ce non-savoir par une &#171; &#233;criture nomade &#187;, g&#233;n&#233;ratrice de s&#233;ries ouvertes ; et cette investigation interminable ob&#233;it &#224; la logique du &#171; suppl&#233;ment &#187; ou du &#171; post-scriptum &#187;, de sorte qu'elle se prolonge d'un roman &#224; l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une lecture derridienne, cf. par exemple Warning, &#171; Les espaces de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Mais d'un autre c&#244;t&#233;, le g&#233;ant mythologique incarne tout aussi bien une po&#233;tique de la d&#233;pense. Comme le rappelle sa description dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, sa c&#233;cit&#233; provient d'une transgression violente. Orion a &#233;t&#233; aveugl&#233; par l'&#233;p&#233;e d'&#338;nopion, parce qu'il avait viol&#233; la fille de celui-ci, M&#233;rope, en &#233;tat d'ivresse ; et il sera tu&#233; par les fl&#232;ches d'Art&#233;mis, parce qu'il ne respecte aucune limite dans ses exploits de grand chasseur. Consid&#233;r&#233;e sous le jour du mythe entier, l'errance d'Orion aveugle n'est qu'un &#233;pisode intercal&#233; dans une histoire marqu&#233;e par la violence, en partie exerc&#233;e et en partie subie par le g&#233;ant mythologique. Si le romancier s'attribue le r&#244;le d'un &#171; voyageur &#233;gar&#233; &#187; qui marche sur les pas de celui-ci, il renvoie donc en m&#234;me temps &#224; cette histoire sombre qui fait appara&#238;tre son propre travail comme un acte de d&#233;pense. Simon l'indique &#224; demi-mot dans la pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, disant que le cheminement de l'&#233;criture ne peut avoir d'autre terme que l'&#171; &#233;puisement &#187; de l'&#233;crivain (&lt;i&gt;OA&lt;/i&gt;, 1183). Mais en g&#233;n&#233;ral cette autre po&#233;tique sugg&#233;r&#233;e &#224; travers le mythe ancien reste implicite, absente des auto-commentaires de l'auteur. Pour la rendre explicite, il faut remonter &#224; l'esth&#233;tique du Coll&#232;ge de Sociologie qui consid&#232;re l'art et la litt&#233;rature comme une r&#233;serve privil&#233;gi&#233;e pour des actes de d&#233;pense maudits dans la soci&#233;t&#233; moderne.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Une exposition particuli&#232;rement succincte de cette esth&#233;tique est donn&#233;e par Leiris dans son essai &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1938, au point culminant de l'activit&#233; du Coll&#232;ge. Dans la double perspective de l'ethnographe et de l'autobiographe, l'&#233;crivain autrefois tant c&#233;l&#233;br&#233; par Simon y examine la corrida espagnole qu'il caract&#233;rise comme une &#171; f&#234;te sacrificielle &#187; et un &#171; art majeur &#187;, comme un miroir &#224; deux faces refl&#233;tant &#224; la fois un rite violent r&#233;volu et une litt&#233;rature moderne qui en &#171; incorpore &#187; les gestes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Leiris, Miroir de la tauromachie (1938), Montpellier, Fata Morgana, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la lumi&#232;re de l'anthropologie sociale, il d&#233;crit la tauromachie d'abord comme une c&#233;r&#233;monie anachronique de d&#233;pense improductive. Tel un sacrifice qui permet la transgression rituelle de tabous culturels, elle met en sc&#232;ne une mise &#224; mort et par l&#224; provoque un d&#233;cha&#238;nement de passions. Le matador qui est au centre du spectacle se d&#233;pense dans un acte &#224; la fois agressif et &#233;rotique ; il vit le combat contre le taureau comme une extase sexuelle qui culmine dans le geste phallique du coup mortel. Situ&#233;e au &#171; carrefour d'une accumulation et d'une d&#233;pense &#187;, la corrida ob&#233;it &#224; l'&#233;conomie archa&#239;que du &lt;i&gt;potlatch&lt;/i&gt;, qui selon l'&#233;tude classique de Mauss consiste dans la destruction spectaculaire de biens laborieusement accumul&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 26 et 71, n. 3 ; cf. Marcel Mauss, &#171; Essai sur le don &#187; (1924), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, comme elle n'implique pas seulement la dilapidation mat&#233;rielle, mais aussi bien la d&#233;pense extatique de soi-m&#234;me, elle correspond encore plus &#224; la &#171; notion de d&#233;pense &#187; propos&#233;e par Bataille pour cerner les transformations du potlatch dans la soci&#233;t&#233; moderne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Georges Bataille, &#171; La notion de d&#233;pense &#187; (1933), dans : &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Selon Bataille, le m&#233;canisme du sacrifice, qui n'est plus compatible avec l'&#233;conomie capitaliste, persiste dans certaines c&#233;r&#233;monies religieuses ou profanes, dans les manifestations sportives accompagn&#233;es de paris excessifs, mais aussi et surtout dans l'exp&#233;rience de la sexualit&#233; non procr&#233;atrice qu'il lie &#224; l'exp&#233;rience de la mort. Si la tauromachie provoque une extase &#233;rotique, l'&#233;rotisme m&#232;ne &#224; une &#171; petite mort &#187; qui efface les limites entre sujet et objet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, Les Larmes d'Eros, op. cit., p. 62 ; voir aussi L'&#201;rotisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Mais pour Leiris, l'examen anthropologique de la tauromachie n'est que le premier pas vers une interpr&#233;tation esth&#233;tique qui souligne moins les analogies que les diff&#233;rences entre celle-ci et les sacrifices anciens. D'abord, cette manifestation tardive de la d&#233;pense improductive se caract&#233;rise par la r&#233;ciprocit&#233; potentielle du geste sacrificiel. Bien que tout se termine par la mise &#224; mort du taureau, la fascination particuli&#232;re de la corrida r&#233;side dans la distribution instable des r&#244;les : le matador risque &#224; son tour de trouver la mort, de sorte que l'ordre du sacrifice peut s'alt&#233;rer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leiris : Miroir de la tauromachie, op. cit., pp. 3032 ; voir aussi L'&#194;ge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; ce caract&#232;re impr&#233;visible de la corrida se joint en outre sa beaut&#233; ambivalente, qui r&#233;sulte de l'interaction asym&#233;trique de deux &#233;l&#233;ments polaires. Si le matador repr&#233;sente l'&#233;l&#233;ment &#171; droit &#187; de l'ordre et le taureau l'&#233;l&#233;ment &#171; gauche &#187; du chaos, leur confrontation se range plut&#244;t sous le signe du dernier, puisque tout tourne autour de l'irruption de la &#171; catastrophe du taureau &#187;. Loin de l'ambigu&#239;t&#233; terrifiante, mais en fin de compte rassurante du sacr&#233; ancien, loin aussi d'une &#171; harmonie des contraires &#187; ch&#232;re &#224; la po&#233;tique romantique, la &#171; beaut&#233; tauromachique &#187; correspond au contraire &#224; l'esth&#233;tique moderne de Baudelaire, qui conc&#232;de la priorit&#233; au temporel et au mal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 35-37 ; sur l'&#171; ambigu&#239;t&#233; du sacr&#233; &#187; dans les cultes anciens, cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, l'emprise singuli&#232;re de la corrida est due &#224; un sc&#233;nario sophistiqu&#233;, &#224; une &#171; cristallisation graduelle de l'&#233;l&#233;ment sinistre &#187;. Tandis que le sacrifice traditionnel marche tout droit vers l'immolation, la tauromachie tend &#224; la diff&#233;rer, m&#234;me dans sa troisi&#232;me et derni&#232;re partie dite &#171; tiers de la mort &#187;, o&#249; le torero s'en approche d'une mani&#232;re &#171; infinit&#233;simale &#187;, simulant et rempla&#231;ant le coup mortel par une s&#233;rie de &#171; passes tauromachiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 41-67.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Leiris, c'est justement en tant que geste dangereux, sombre et artistiquement &#233;labor&#233; que l'acte sacrificiel propre &#224; la corrida peut servir de mod&#232;le &#224; l'&#233;crivain moderne. S'il con&#231;oit l'acte d'&#233;crire comme un acte de transgression, il n'est plus question d'un acte strictement r&#233;gl&#233; et charg&#233; d'un sens positif, mais d'une &#171; transgression vide et repli&#233;e sur soi &#187;, comme le dit Foucault &#224; propos de Bataille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#224; la transgression &#187; (1963), dans : Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et si en &#233;crivant il acc&#232;de &#224; l'exp&#233;rience du sacr&#233;, il s'agit d'un sacr&#233; subjectif, nullement confin&#233; &#224; un lieu de culte officiel, mais sensible sur les terrains les plus profanes &#8211; comme dans les spectacles populaires ou dans le domaine du langage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Leiris, &#171; Le sacr&#233; dans la vie quotidienne &#187; (1938), dans : La R&#232;gle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Bien que Simon n'ait jamais partag&#233; l'enthousiasme de Leiris pour la course de taureaux, le concept d'une &#233;criture sacrificielle qui remplace une pratique de d&#233;pense r&#233;volue en la d&#233;pla&#231;ant sur le terrain de la litt&#233;rature aide &#224; mieux saisir la griffe particuli&#232;re de son &#233;criture nomade. Ce n'est pas sans raison qu'il a souscrit &#224; la remarque d'&#201;lie Faure que &#171; l'art remplace l'absence de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lie Faure, L'Esprit des formes (1927), cit&#233; dans &#171; &#201;crire &#187;, conf&#233;rence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car les actes de d&#233;pense violente abondent dans ses romans et y apparaissent souvent &#224; la lumi&#232;re de cultes ou de mythes anciens. Ceci est surtout visible au niveau de l'action, puisque tous les protagonistes agissent sous le signe de la violence dont il sont en g&#233;n&#233;ral les victimes, mais parfois aussi les auteurs. Celui d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, par exemple, a subi les horreurs de la guerre, mais il a peut-&#234;tre &#233;galement provoqu&#233; le suicide de sa femme &#224; qui le liait une relation de violence mutuelle : son v&#339;u r&#233;it&#233;r&#233; &#171; nous ne pouvons pas nous perdre &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 322, 365) est d&#233;menti dans tous les sens du mot, comme le sugg&#232;rent la comparaison mythologique entre celle-ci et &#171; D&#233;janire &#187;, l'&#233;pouse meurtri&#232;re d'Hercule (39), ou l'image d&#233;j&#224; cit&#233;e du &#171; chasseur ithyphallique de la pr&#233;histoire &#187;, appliqu&#233;e &#224; lui-m&#234;me (125). Il n'en est pas autrement au niveau de la narration des romans simoniens, o&#249; la r&#233;p&#233;tition traumatique de sc&#232;nes violentes s'accompagne d'une v&#233;ritable explosion d'images agressives. Devenu narrateur, le protagoniste d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; assume en quelque sorte le r&#244;le martial d'Hercule, &#233;tant donn&#233; qu'il combat les spectres du pass&#233; familial comme les oiseaux d'airain de &#171; Stymphale &#187; (39) ou qu'il attaque une banque en la qualifiant de &#171; ruminant &#187; insatiable (71), c&#233;l&#233;brant ainsi une tauromachie verbale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les romans de Simon &#233;voquent une recherche &#171; dans et par l'&#233;criture &#187;, cette &#233;criture avance donc &#171; dans et par la violence &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 113). Tandis que leur t&#226;tonnement diff&#233;rentiel et s&#233;riel les lie au Nouveau Roman, leur &#233;criture sacrificielle les rapproche du surr&#233;alisme tardif, dont ils partagent l'imaginaire agressif sans adopter nullement le programme d'une &#171; &#233;criture automatique &#187; (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1193). Cette tension caract&#233;ristique se laisse observer &#224; tous les niveaux constitutifs du texte. Au niveau pragmatique, elle se profile par exemple dans la multiplication des narrateurs et des histoires qui marque en particulier &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Le fait que Georges est sans cesse interrompu par des interlocuteurs r&#233;calcitrants, qui contredisent sa version de l'histoire ou en offrent une version diff&#233;rente, provoque certes un ajournement permanent de la v&#233;rit&#233; sur le capitaine de Reixach et son anc&#234;tre ; mais en m&#234;me temps il donne lieu &#224; un dialogue f&#233;roce o&#249; se r&#233;p&#232;te la violence subie dans la guerre. Blum harc&#232;le Georges qui &#224; son tour harc&#232;le Corinne dont la fuite pr&#233;cipit&#233;e r&#233;pond &#224; la force employ&#233;e contre elle ; au fond, l'un comme l'autre ressemble &#224; l'&#171; homme-fusil &#187; du &lt;i&gt;Palace&lt;/i&gt; qui r&#233;it&#232;re la violence d'un attentat perp&#233;tr&#233; par lui-m&#234;me dans le r&#233;cit qu'il en fait, &#171; comme s'il essayait d'arracher, de rejeter de lui cette violence qui a &#233;lu domicile en lui, se sert de lui [&#8230;], le poss&#233;dant, le consumant &#187; (&lt;i&gt;P&lt;/i&gt;, 457). Au niveau s&#233;mantique, la concurrence des deux po&#233;tiques se dessine surtout dans la multiplication des m&#233;taphores, sans doute l'un des artifices les plus constants et les plus captivants de Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. mon &#233;tude &#171; M&#233;canismes dangereux. Techniques de la m&#233;taphore et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les images se succ&#233;dant et se superposant dans la description du &#171; palace &#187;, au dernier chapitre du roman homonyme, constituent certes un s&#233;rie diff&#233;rentielle qui signale le retrait irr&#233;vocable du mot propre et juste ; mais elles forment aussi une gradation cataclysmique, puisque la m&#233;taphore du &#171; navire &#187; fait place &#224; celle du &#171; mausol&#233;e &#187; et enfin &#224; celle de la ruine produite par une &#171; chute majestueuse &#187; (523-525). Au niveau syntactique, une tension pareille peut &#234;tre d&#233;couverte dans la multiplication des digressions qui prolonge presque syst&#233;matiquement la phrase simonienne. Si celle-ci &#171; progresse sous l'influence de deux forces contradictoires, l'une centrifuge, l'autre centrip&#232;te &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. David Zemmour, Une syntaxe du sensible. Claude Simon et l'&#233;criture de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est que sa tendance digressive se double d'une tendance transgressive : les d&#233;tours baroques qui d&#233;routent le lecteur servent souvent &#224; sugg&#233;rer une d&#233;pense baroque qui le sid&#232;re. Un exemple fascinant de ce mouvement contradictoire se pr&#233;sente dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;guerrier&#034;&gt;3. Les deux faces du guerrier&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le chapitre ou plut&#244;t l'article &#171; Guerrier &#187; qui se trouve au milieu exact de &#171; Lexique &#187;, la partie centrale de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, le narrateur &#233;voque la r&#233;volte nocturne d'un soldat exp&#233;riment&#233;, dont il a &#233;t&#233; t&#233;moin pendant son service militaire. Enti&#232;rement nu et ivre mort, celui-ci avance dans le dortoir d'une caserne en titubant et en brandissant son sabre, jusqu'&#224; ce qu'un camarade de chambr&#233;e le d&#233;nonce et un officier l'arr&#234;te sans en faire beaucoup de bruit. Tant qu'il peut agir en pleine libert&#233;, il est d&#233;crit avec ampleur dans le cadre d'une seule phrase longue (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 650-654). Cette description comprend quatre parties d'extension in&#233;gale, s&#233;par&#233;es l'une de l'autre par des digressions beaucoup plus &#233;tendues. Elle pr&#233;sente d'abord son corps entier, puis comme en gros plan son sexe et son sabre, enfin &#224; nouveau l'homme complet, des pieds &#224; la t&#234;te. Elle commence par le mot &#171; nu &#187; dont le double sens indique d&#233;j&#224; les deux directions qu'elle prendra par la suite. D'une part, le guerrier ne porte aucun v&#234;tement, ce qui l'oppose non seulement &#224; une &#171; nu&#233;e &#187; d'ennemis invisibles qu'il croit affronter, mais aussi aux vingt-cinq spectateurs habill&#233;s de la chambr&#233;e, y compris le futur narrateur disant &#171; nous &#187;, qui suivent de pr&#232;s le spectacle bizarre. R&#233;sonnant dans les paronymes nu&#233;e et nous, le mot nu r&#233;sume donc la sc&#232;ne d'un combat dramatique &#224; visi&#232;re lev&#233;e qui menace d'engager m&#234;me les t&#233;moins involontaires. D'autre part, il d&#233;signe aussi un genre pictural auquel la description du guerrier s'apparente visiblement. Des adjectifs de couleur comme &#171; bleu&#226;tre &#187;, &#171; marron-roux &#187; ou &#171; bistre &#187; pr&#233;cisent l'&#233;clairage et le coloris de la sc&#232;ne ; des constructions attributives d&#233;taillent plusieurs aspects diff&#233;rents de la &#171; nudit&#233; &#187; exhib&#233;e et aboutissent &#224; des appositions d&#233;finitoires (&#171; fant&#244;me gesticulant &#187;, &#171; un masque &#187;) qui font pour ainsi dire fonction de l&#233;gendes. Or, comme le sens ordinaire et le sens acad&#233;mique de nu restent &#233;galement actuels, le degr&#233; de r&#233;alit&#233; du corps d&#233;crit reste ind&#233;termin&#233; : au fond, le &#171; nu &#187; observ&#233; et rem&#233;mor&#233; bien plus tard pourrait n'&#234;tre qu'un &#171; nu &#187; imagin&#233; que le narrateur regarde comme d'autres portraits semblables qu'il &#233;voque ailleurs &#8211; par exemple la photo d'un peintre ivre et nu qui brandit une &#233;p&#233;e de carton (575) ou la figure d'un guerrier nu &#171; emprunt&#233;e &#224; une composition de Polidoro da Caravaggio &#187; et cit&#233;e trois fois au cours du roman (639, 694, 721). Le premier mot de la description est donc un &#171; carrefour &#187; &#224; la mani&#232;re de ceux que commente la pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, ou bien un &#171; bifur &#187; dans le sens m&#233;talinguistique que ce mot prend dans les &lt;i&gt;Biffures&lt;/i&gt; de Leiris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leiris, &#171; Biffures &#187; (1948), dans : La R&#232;gle du jeu, op. cit., pp. 1-285, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s le d&#233;but de l'article &#171; Guerrier &#187;, il soul&#232;ve la question de savoir si la sc&#232;ne nocturne est une sc&#232;ne vue ou une sc&#232;ne imagin&#233;e ; &#224; l'ambigu&#239;t&#233; lexicale correspond une ambigu&#239;t&#233; &#233;pist&#233;mique qui met en cause la fiabilit&#233; de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Si la r&#233;f&#233;rence du portrait reste ind&#233;cidable, sa charge s&#233;mantique est pourtant bien &#233;vidente. Dans la mesure o&#249; la description avance, le guerrier nu, arm&#233; et ivre devient la personnification d'un acte de d&#233;pense totale. &#192; cet effet contribue surtout une s&#233;rie de mots paronymes qui &#233;voquent ses parties g&#233;nitales. Lorsqu'au d&#233;but et encore dans la deuxi&#232;me partie du portrait, il est question de son sexe d&#233;couvert, les consonnes [s], [b/v/f] et [r] sont accumul&#233;es d'une mani&#232;re frappante : la &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;rou&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;aille &#187; des poils ressemble &#224; un &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ui&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;on de &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;lammes &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;om&lt;i&gt;br&lt;/i&gt;es &#187; et &#224; une &#171; o&lt;i&gt;bs&lt;/i&gt;cure &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;lam&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;&#233;e &#187;, la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;str&lt;/i&gt;e &#187; du membre &#224; un &#171; &lt;i&gt;v&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;sc&lt;/i&gt;&#232;&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;l&#233;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;i, &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;roi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;&#233; &#187;. Comme dans le cas du mot &lt;i&gt;libidineux&lt;/i&gt;, dont les &#171; sons &#233;vocateurs (lit, bite, n&#339;ud) &#187; sont comment&#233;s peu apr&#232;s, la sonorit&#233; sp&#233;ciale des expressions employ&#233;es sugg&#232;re une sc&#232;ne &#224; la fois &#233;rotique et martiale. D'abord, les consonnes r&#233;p&#233;t&#233;es font entendre par onomatop&#233;e le &#171; &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;oi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;ement &#187; et le &#171; &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;acas m&#233;tallique &#187; des armes, qui r&#233;sonne dans le spectacle nocturne comme dans les nombreuses sc&#232;nes de combat d&#233;crites au cours du roman. En plus, elles font communiquer des expressions paronymes dont l'interaction s&#233;mantique suscite l'image d'un corps destructeur et d&#233;truit lui-m&#234;me. La &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;rou&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;aille &#187; et la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e bi&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &#187; au bas-ventre du guerrier appellent le &#171; &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;a&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;re &#187; qu'il fait tournoyer &#171; &#224; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;out de &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ras &#187; au-dessus de sa t&#234;te, &#233;voquant ainsi un phallus meurtrier ou une arme phallique ; les m&#233;taphores du &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ui&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;on de &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;ammes &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;ombres &#187; et de l'&#171; o&lt;i&gt;bs&lt;/i&gt;cu&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;am&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;&#233;e &#187; &#233;voquent un sexe en flammes ; et comme la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &#187; ressemble &#224; un &#171; &lt;i&gt;v&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;sc&lt;/i&gt;&#232;&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;&#233;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;i, &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;oi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;&#233; &#187;, on croit voir un bas-ventre &#233;clat&#233;, &#171; quelque boyau int&#233;rieur mis &#224; nu &#187;. Par un jeu suggestif d'&#233;quivalences phonologiques et s&#233;mantiques, le texte peint donc un corps en extase qui est &#224; fois sujet et objet de violence, qui menace d'autres corps de son sabre, mais est en m&#234;me temps d&#233;vor&#233; par le feu et d&#233;chir&#233; par des coups. Cette stylisation ambivalente du combattant culmine dans la derni&#232;re partie du portrait, o&#249; au moment le plus intense de sa r&#233;volte il est d&#233;crit comme un homme dont on va couper la t&#234;te, sinon d&#233;j&#224; d&#233;capit&#233;. Sa t&#234;te rouge&#226;tre, contrastant avec le reste du corps, ne semble pas seulement menac&#233;e d'une mort violente, &#171; promise &#224; un in&#233;luctable Deibler &#187; ; elle appara&#238;t m&#234;me comme un organe d&#233;j&#224; mort, &#171; comme si, rid&#233;, sanglant et outrag&#233;, on l'avait pos&#233; par inadvertance ou par d&#233;rision sur le corps d'un autre &#187;. Ainsi, le portrait du guerrier nu s'ouvre pas &#224; pas sur des images chaque fois plus choquantes d'un corps morcel&#233; dont la derni&#232;re est celle d'un ac&#233;phale &#8211; une image qui surgit plusieurs fois dans le roman, soit en rapport avec des terrassiers ivres, &#224; demi enfouis dans les tranch&#233;es (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 621, 700), soit &#224; propos d'un homme au comble du plaisir sexuel qui semble avoir litt&#233;ralement perdu la t&#234;te (702, 723). Ce n'est peut-&#234;tre pas &#224; dessein qu'elle rappelle l'image du guerrier ac&#233;phale qui pour Bataille symbolisait la dissipation ultime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, &#171; Ac&#233;phale &#187;, dans : &#338;uvres compl&#232;tes, op. cit., t. 1, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tout cas, elle fait de l'apparition incertaine du soldat nu la manifestation flagrante d'une d&#233;pense sans r&#233;serve.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Le portrait du guerrier ne tient pourtant qu'assez peu de place dans la premi&#232;re phrase du chapitre homonyme. La majeure partie en est form&#233;e par trois digressions &#233;tendues qui interrompent la description et l'ouvrent sur la pr&#233;histoire du spectacle nocturne. La gesticulation agressive du guerrier, dirig&#233;e contre des &#234;tres invisibles, renvoie au long registre de ses d&#233;lits et de ses peines dont il rend responsable une multitude d'ennemis ; sa nudit&#233; &#233;voque les nombreux nus guerriers dans l'histoire de la peinture et de la photographie ; le bruissement de son sabre rappelle toute une s&#233;rie de spectacles populaires (cirque, music-hall, catch) que le narrateur a vus avant la sc&#232;ne pr&#233;sente. Consid&#233;r&#233;e dans le contexte de la p&#233;riode enti&#232;re, la description s'&#233;carte donc sans cesse de son objet pour y revenir de nouveau et pour le pr&#233;senter sous un jour modifi&#233; par la digression pr&#233;c&#233;dente. Par ses nombreuses parenth&#232;ses et reprises, la premi&#232;re phrase de &#171; Guerrier &#187; ressemble &#224; une &#171; phrase-fleuve &#187;, comme elle marque, d'apr&#232;s une &#233;tude c&#233;l&#232;bre de Spitzer, les romans de Michel Butor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leo Spitzer, &#171; Quelques aspects de la technique des romans de Michel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais autrement que dans une telle &#171; phrase-fleuve &#187;, l'ordre s&#233;mantique et l'ordre syntactique co&#239;ncident ici seulement au d&#233;but : le triple retour au th&#232;me principal ne s'accompagne jamais d'un retour &#224; la proposition principale ; la subordination se prolonge au contraire chaque fois que la digression historique d&#233;bouche &#224; nouveau sur la description du guerrier dont le niveau syntactique se d&#233;place progressivement. Ainsi, la phrase accomplit en quelque sorte un mouvement de spirale qui provoque &#224; trois reprises un effet de gradation, &#224; la mani&#232;re du &#171; style-cort&#232;ge &#187; analys&#233; par Spitzer : comme dans un d&#233;fil&#233; solennel, le plus important vient toujours le dernier, bien que dans le cas du guerrier ce soit toujours le m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leo Spitzer, &#171; Zum Stil Marcel Prousts &#187; (1928), dans : Stilstudien, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, cet effet renforce l'une comme l'autre des deux tendances qui se manifestent d&#232;s le d&#233;but du portrait. Certes, les trois digressions irr&#233;alisent l'apparition du guerrier en la comparant &#224; maintes repr&#233;sentations verbales, picturales ou th&#233;&#226;trales ; mais en la rapportant &#224; une pr&#233;histoire de plus en plus violente, elles la pr&#233;sentent en m&#234;me temps comme le comble de toute une s&#233;rie d'actes sacrificiels.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re digression esquisse l'histoire aventureuse du soldat r&#233;volt&#233;. Sa d&#233;marche farouche semble s'adresser &#224; &#171; quelque adversaire invisible &#187;, et cette sensation s'impose &#224; cause de ses propres r&#233;cits faits aux camarades de chambr&#233;e o&#249; il s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; comme la victime d'un antagoniste omnipotent et omnipr&#233;sent. Ainsi, la r&#233;volte observ&#233;e appara&#238;t sur un fond de r&#233;voltes racont&#233;es qui paraissent plus ou moins fictives. D&#233;j&#224; le guerrier donnait l'impression d'&#234;tre un narrateur peu fiable quand il r&#233;capitulait sa vie avec un &#171; &#233;merveillement pour ainsi dire exotique &#187;, &#224; la mani&#232;re d'un conte des &#171; &lt;i&gt;Mille et une Nuits&lt;/i&gt; &#187; ; et le narrateur du roman ne semble pas plus fiable, puisqu'il imagine un goyesque tableau de fusillade &#224; partir du simple &#171; mot &#233;vocateur &#187; falot, qui dans l'argot militaire du guerrier d&#233;signait les conseils de guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si ce mot &#171; fait surgir, dans la lueur de la lanterne tenue &#224; bout de bras (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La sc&#232;ne nocturne n'est donc que le dernier &#233;pisode d'une histoire truculente d&#233;bit&#233;e auparavant ; son caract&#232;re dramatique r&#233;sulte d'un savoir pr&#233;alable et hypoth&#233;tique de l'observateur. Mais si par l&#224; l'authenticit&#233; du spectacle diminue encore, son intensit&#233; augmente au m&#234;me degr&#233;, car l'&#233;num&#233;ration des aventures pass&#233;es du guerrier pr&#233;sente la structure d'une gradation syst&#233;matique. Poursuivi par l'&#171; ennemi acharn&#233; &#224; sa perte &#187;, le guerrier a connu plusieurs prisons de sa patrie, puis m&#234;me un p&#233;nitencier &#171; ignor&#233; des cartes g&#233;ographiques &#187; ; l&#224;, il fallait souffrir d'interminables marches sans boire et m&#234;me des &#171; supplices barbares &#187; ; et tout cela ne le torturait pas uniquement au moment de l'exp&#233;rience, mais &#233;galement au moment de la narration o&#249; ses yeux fixes et durs se durcissaient encore, de sorte qu'il semblait d&#233;fier non seulement ses camarades, mais aussi les grad&#233;s et m&#234;me le &#171; monde entier &#187;, voire manifester une &#171; permanente panique &#187; &#8211; qui dure encore dans le dortoir de la caserne o&#249; il affronte une &#171; nu&#233;e d'ennemis sans visages &#187;. &#192; la fin de ce large flash-back, en tant que dernier terme d'une &#233;num&#233;ration subordonn&#233;e &#224; la phrase premi&#232;re, la &#171; gigantesque nudit&#233; gesticulant[e] &#187; d&#233;passe donc de loin le &#171; fant&#244;me gesticulant &#187; dont il &#233;tait question au d&#233;but de la digression r&#233;trospective. Quand la description interrompue est reprise, le combat fantomatique prend l'air d'un combat dernier.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La seconde digression remonte plus loin, &#233;bauchant une br&#232;ve histoire iconographique de la nudit&#233; en armes. Le guerrier nu est compar&#233; &#224; la &#171; cohorte des guerriers fig&#233;s dans les bitumeuses peintures des mus&#233;es &#187;, qui &#224; leur tour sont compar&#233;s aux soldats figurant sur &#171; les traditionnelles photos-souvenirs, posant seulement v&#234;tus de leurs cartouchi&#232;res et de leurs casques &#187;. &#192; la lumi&#232;re de ces comparaisons, le portrait du guerrier se pr&#233;sente encore comme le bout d'une s&#233;rie diff&#233;rentielle de repr&#233;sentations dont le d&#233;but se d&#233;robe ici avec une obstination accrue. Tandis que dans la premi&#232;re digression la description renvoyait au compte-rendu d'un r&#233;cit, elle appara&#238;t maintenant comme la copie d'une copie qui ne se r&#233;f&#232;re &#224; aucun original. La &#171; gigantesque nudit&#233; &#187; n'est pas seulement une &#171; d&#233;risoire r&#233;plique &#187; du Goliath biblique et des h&#233;ros mythiques de l'Antiquit&#233; ; elle est en outre une r&#233;plique au deuxi&#232;me degr&#233;, puisque les portraits plus ou moins c&#233;l&#232;bres de ceux-ci semblent imiter, aux yeux du spectateur moderne, les poses burlesques exhib&#233;es sur d'anonymes photos d'amateur. Rien n'est donc vrai ni original dans le portrait du guerrier, et pourtant la digression intensifie encore son effet. Car la s&#233;rie des r&#233;pliques de plus en plus &#171; d&#233;risoires &#187; se laisse aussi regarder comme une s&#233;rie de nudit&#233;s de plus en plus nues, au bout de laquelle surgit encore le soldat r&#233;volt&#233;. Si les conscrits bouffons ne sont v&#234;tus que de cartouchi&#232;res et de casques, si les h&#233;ros mythiques ne portent m&#234;me que des jambi&#232;res et des cimiers, le guerrier ivre r&#233;pudie encore cette armure symbolique, puisqu'il est &#171; seulement arm&#233; &#187; d'un sabre de cavalerie. Quoiqu'ils paraissent d&#233;j&#224; &#171; t&#233;m&#233;rairement nus &#187;, les guerriers des photos et des tableaux font figure de timides &#224; c&#244;t&#233; de sa nudit&#233; presque compl&#232;te qui lui conf&#232;re une &#171; dimension pour ainsi dire surnaturelle, fabuleuse &#187;, comme le rappelle la derni&#232;re page du chapitre (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 658). En tant que dernier acte d'un v&#233;ritable strip-tease iconographique, la &#171; gigantesque nudit&#233; &#187; atteint une grandeur mythique.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La troisi&#232;me digression fait pendant &#224; la premi&#232;re en r&#233;capitulant l'histoire compl&#233;mentaire du spectateur de la sc&#232;ne nocturne. Face &#224; la gaine du sabre dans l'autre main du soldat, le narrateur &#8211; qui maintenant en disant &#171; je &#187; se d&#233;tache du public jusqu'ici indiff&#233;renci&#233; &#8211; &#233;voque le bruit que celui-ci avait produit en d&#233;gainant son arme et qui d&#233;clenche en lui-m&#234;me toute une cha&#238;ne d'associations. Il se souvient de trois spectacles populaires devant lesquels il a &#233;prouv&#233; un &#171; frisson &#187; ou un &#171; trouble &#187; pareil : d'abord un num&#233;ro de cirque qui montrait un prestidigitateur per&#231;ant une femme &#224; demi nue ; puis une exposition de poup&#233;es en caoutchouc, manipul&#233;es par un d&#233;monstrateur de music-hall ; enfin la lutte entre deux catcheurs, &#171; appareill&#233;s dans des accouplements vaguement obsc&#232;nes &#187;. Une fois de plus il souligne le caract&#232;re irr&#233;el et trompeur de ces repr&#233;sentations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce propos, cf. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; La mise en spectacle chez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le corps de la figurante que pr&#233;tendait immoler l'illusionniste semblait fait d'une &#171; mati&#232;re irr&#233;elle &#187;, cr&#233;&#233;e par la lumi&#232;re artificielle des projecteurs ; les poup&#233;es manipul&#233;es n'&#233;taient que des &#171; lilliputiennes, crapuleuses et commerciales r&#233;incarnations de V&#233;nus &#187; ; et les corps gras des catcheurs semblaient se cristalliser seulement des &#171; particules visibles &#187; de l'&#233;clairage. Quand &#224; la suite de cette triple mise en spectacle le guerrier appara&#238;t de nouveau &#171; dans l'avare lumi&#232;re de la veilleuse &#187;, la palpabilit&#233; de cette apparition semble plus douteuse que jamais ; comme ce qui se passait dans le cirque, le music-hall et le ring, elle pourrait bien consister en un simulacre n&#233; d'une projection. Mais encore cette mise en spectacle se double-t-elle d'une mise en relief de l'&#233;nergie du combat. Car en d&#233;pit du caract&#232;re artificiel des sc&#232;nes rem&#233;mor&#233;es, le narrateur leur attribue un effet sublime qui s'accro&#238;t dans la mesure o&#249; le protagoniste s'expose. Pour signaler cet effet, il d&#233;crit la lumi&#232;re d&#233;r&#233;alisante des projecteurs comme une lumi&#232;re chaque fois plus impitoyable qui conf&#233;rait une note h&#233;ro&#239;que aux acteurs illumin&#233;s. Sur la femme ressortant de la caisse du prestidigitateur tombaient des &#171; feux glac&#233;s &#187;, sur le catcheurs en lutte m&#234;me les grains d'&#171; une sorte d'implacable gr&#233;sil s'abattant sur eux &#187;, voire les &#171; cristaux de neige &#187; d'un &#233;clairage ind&#233;cent ; mais les corps expos&#233;s de cette mani&#232;re n'en sortaient que plus vigoureux, anim&#233;s d'une &#171; vie secr&#232;te, inviolable &#187; qui semblait les rendre indiff&#233;rents aux coups et aux rayons. L'emprise croissante des trois spectacles se chiffre de m&#234;me dans les r&#233;actions du spectateur dont le narrateur &#233;tablit un proc&#232;s-verbal nuanc&#233;. Tandis que les corps f&#233;minins qu'on malmenait au cirque et au music-hall l'ont empli d'un &#171; trouble qu'exprime assez bien le mot libidineux &#187;, les corps &#171; vaguement obsc&#232;nes &#187; des catcheurs lui ont inspir&#233; m&#234;me une sorte d'horreur sacr&#233;e, un trouble caus&#233; &#171; tant par la conscience d'un interdit transgress&#233; que par l'aspect presque surnaturel et, pourrait-on dire, mythologique de ces combats &#187;. Plus proche de l'ethnographie de Leiris que de la s&#233;miologie de Barthes dans l'essai c&#233;l&#232;bre sur &#171; le monde o&#249; on catche &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Roland Barthes : Mythologies (1957), Paris : Seuil, &#171; Points essais &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le narrateur fait ressortir le caract&#232;re quasi sacr&#233; de ce spectacle &#224; la fois violent et &#233;rotique. Par l&#224; il comble une gradation qui se prolonge &#171; encore &#187; (c'est son mot) dans la description du guerrier. Dans le froid glacial de la caserne s'affirme &#224; nouveau et &#224; un degr&#233; sup&#233;rieur une &#171; vie secr&#232;te, inviolable &#187; qui anime un acteur &#171; presque surnaturel &#187; &#8211; ce &#171; Goliath &#187; qui maintenant para&#238;t non plus une mauvaise copie, mais l'&#233;gal des h&#233;ros anciens. Ainsi, la derni&#232;re partie du portrait ne couronne pas seulement une s&#233;rie interne d'images de plus en plus violentes pour le corps mena&#231;ant et menac&#233; du guerrier, mais &#233;galement une s&#233;rie externe de spectacles analogues, o&#249; des acteurs chaque fois plus &#233;nergiques s'exposaient dans des situations de plus en plus implacables. Comme elle d&#233;passe m&#234;me une sc&#232;ne de transgression quasi mythologique, la sc&#232;ne nocturne pr&#233;sente un spectacle presque insurmontable.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la premi&#232;re phrase de &#171; Guerrier &#187; ressemble &#224; une spirale, marqu&#233;e par le triple retour du th&#232;me principal &#224; un niveau syntactique et s&#233;mantique diff&#233;rent, elle d&#233;crit un mouvement que Simon a qualifi&#233; de baroque : &#171; Le mouvement du baroque, c'est la spirale. C'est-&#224;-dire le retour de la m&#234;me ligne, sur la m&#234;me g&#233;n&#233;ratrice, mais avec &#224; chaque fois un d&#233;calage de niveau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Hubert Juin, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, dans : Les Lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les deux fonctions que remplit ce mouvement dans le portrait du guerrier correspondent &#224; deux interpr&#233;tations modernes de l'esth&#233;tique baroque. D'une part, le baroque est cens&#233; pr&#233;f&#233;rer l'apparence &#224; l'essence, le figur&#233; au propre, la ligne courbe &#224; la ligne droite. Suivant cette interpr&#233;tation, &#233;bauch&#233;e par Leiris &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leiris, &#171; Fibrilles &#187; (1966), dans : La R&#232;gle du jeu, op. cit., p. 743 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut voir dans le mouvement baroque de la phrase simonienne un mouvement diff&#233;rentiel. Par une mise en r&#233;cit (rappelant les &lt;i&gt;Mille et une Nuits&lt;/i&gt;), par une mise en image (picturale ou photographique) et par une mise en spectacle (foraine ou sportive) de la sc&#232;ne rem&#233;mor&#233;e, celle-ci se d&#233;robe &#224; toute tentative de d&#233;termination substantielle. D'autre part, on a associ&#233; l'art baroque &#224; la notion de d&#233;pense, ramenant la prolif&#233;ration du d&#233;cor &#224; une transgression de l'utile. En accord avec cette interpr&#233;tation, propos&#233;e par Severo Sarduy sur les traces de Bataille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Severo Sarduy, Barroco (1975), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1991, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut attribuer un effet intensificateur &#224; la multiplication des digressions. Comme toutes les comparaisons intercal&#233;es &#233;voquent des sc&#232;nes de d&#233;pense (supplices, batailles, sacrifices, transgressions) et comme ce fil rouge suit une ligne ascendante, la sc&#232;ne premi&#232;re se charge successivement d'un potentiel s&#233;mantique qu'elle n'aurait pas atteint dans une description rectiligne. Cette deuxi&#232;me interpr&#233;tation semble d'ailleurs tr&#232;s proche de celle que Simon lui-m&#234;me, dans un autre chapitre de &#171; Lexique &#187;, donne de l'art de Poussin. Citant un &#171; critique anglais qui d&#233;finit le baroque movement into space &#187;, il insiste sur le dynamisme des bacchanales et des batailles du peintre baroque qui fait &#233;prouver la violence des sc&#232;nes repr&#233;sent&#233;es ; le spectateur &#171; se trouve pour ainsi dire pr&#233;cipit&#233; &#187; dans le spectacle dionysiaque ou martial, &#171; s'enfon&#231;ant &#187; dans le tableau comme les guerriers s'enfoncent dans la bataille (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 667-668). Si selon la fameuse boutade de Ricardou, &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; est avant tout une &#171; bataille de la phrase &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Ricardou, &#171; La bataille de la phrase &#187;, dans : Pour une th&#233;orie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est dans ce sens-l&#224;, sans doute nullement envisag&#233; par l'ancien porte-parole de la critique : dans ses p&#233;riodes anim&#233;es par un mouvement vertigineux de spirale, le roman &#233;voque des sc&#232;nes de d&#233;pense devant lesquelles le lecteur a du mal &#224; garder la distance.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La description du guerrier nu se termine par une m&#233;taphore qui renvoie &#224; l'acte d'&#233;crire. &#192; l'image macabre d'une d&#233;capitation imminente, voire d&#233;j&#224; ex&#233;cut&#233;e, succ&#232;de l'image m&#233;tapo&#233;tique d'un papier noirci : si la mort semblait avoir attaqu&#233; la t&#234;te du soldat enrag&#233;, elle semble maintenant sur le point d'envahir le corps entier, &#171; &#224; la fa&#231;on de l'encre qui gagne &#224; partir d'un coin de buvard &#187;. La sc&#232;ne de d&#233;pense dans la caserne finit donc par anticiper la sc&#232;ne d'&#233;criture d&#233;taill&#233;e &#224; la fin du roman afin d'en souligner l'origine laborieuse. Par l&#224;, le narrateur signale discr&#232;tement que l'effet vertigineux de la r&#233;volte d&#233;peinte est avant tout le produit d'un travail po&#233;tique. Ce n'est pas le spectateur &#171; muet &#187; dans la chambr&#233;e, mais l'&#233;crivain au bureau qui agrandit le combat nocturne par le mouvement baroque de la phrase ; et c'est seulement le stylo de celui-ci qui co&#251;te la t&#234;te &#224; l'ex-camarade, non pas d&#233;j&#224; l'attaque des pers&#233;cuteurs imagin&#233;s. Ainsi, l'image de l'encre mortelle r&#233;sume une diff&#233;rence entre la violence d&#233;crite et la violence de la description qui se dessine d&#232;s le d&#233;but du portrait. Tandis que le guerrier ne prof&#232;re que quelques &#171; obscures menaces &#187;, le narrateur &#233;met plusieurs salves de &#171; sons &#233;vocateurs &#187; ; tandis que l'un se manifeste par les &#171; moulinets &#187; clos et r&#233;p&#233;titifs de son sabre, l'autre s'exprime par les spirales ascendantes de ses phrases. Cette diff&#233;rence capitale devient encore plus nette quand la description de la r&#233;volte tournant &#224; vide est suivie par la narration de la r&#233;pression. D&#232;s que la transgression corporelle du guerrier est sanctionn&#233;e, elle se distingue clairement de la transgression verbale du narrateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du chapitre, juste apr&#232;s la fin de la longue phrase expositoire, le premier pass&#233; simple du texte indique un &#233;v&#233;nement qui alt&#232;re la performance monotone du guerrier. Un d&#233;lateur s'esquive, le soldat nu tombe par terre et tout &#224; coup fait face &#224; un sous-officier qui r&#233;prime la r&#233;volte, r&#233;duisant l'acte de d&#233;pense &#224; une simple infraction au r&#232;glement militaire. Au combat fantomatique se substitue ensuite une confrontation limit&#233;e et concr&#232;te au cours de laquelle le mar&#233;chal des logis d&#233;sarme le perturbateur, le force &#224; s'habiller et l'emm&#232;ne en prison. &#192; premi&#232;re vue, ce &#171; showdown &#187; rapide confronte deux partis parfaitement contraires : ici l'incarnation nue du d&#233;sordre, l&#224; le repr&#233;sentant en uniforme d'un ordre rigide ; ici le guerrier archa&#239;que, aussi vigoureux que vuln&#233;rable, l&#224; le soldat moderne prot&#233;g&#233; par une &#171; carapace de cuir et de drap &#187;, mais dont la main gant&#233;e ressemble &#224; une &#171; proth&#232;se orthop&#233;dique &#187; (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 657). &#192; la transgression irrationnelle semble s'opposer l'interdit rationnel, &#224; la r&#233;bellion solitaire la discipline collective. Mais la communication entre les antagonistes in&#233;gaux r&#233;v&#232;le une complicit&#233; &#233;trange. D&#232;s que le repr&#233;sentant de la norme prend la parole, il d&#233;clenche un &#233;change rituel de mots et de gestes qui semble ob&#233;ir &#224; un code secret, partag&#233; &#233;galement par son adversaire ; tant le guerrier que l'officier agissent comme les officiants d'un &#171; jeu de conventions &#187; dont ils connaissent les r&#232;gles non codifi&#233;es gr&#226;ce &#224; leur longue exp&#233;rience commune de la m&#234;me institution militaire (656). &#192; la lumi&#232;re de ce &#171; c&#233;r&#233;monial &#187;, la r&#233;volte ne semble pas mettre en cause le r&#232;glement, mais au contraire le confirmer ; elle revient, pour citer la formule pr&#233;cise qu'on trouve quelques pages plus tard, &#224; &#171; l'intrusion d'un d&#233;sordre passager et limit&#233; dans un ordre dont l'ossature, les structures principales subsistent toujours &#187; (671). Le combat irr&#233;gulier du guerrier est donc une transgression rituelle selon la d&#233;finition de Bataille : une violation de l'interdit qui fait partie du c&#233;r&#233;monial et par l&#224; pr&#233;vient son abolition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, L'&#201;rotisme, op. cit., pp. 71-78 ; la connivence profonde des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que le guerrier donne &#224; voir d'une mani&#232;re spectaculaire, mais toujours dans le cadre d'un ordre intact, est r&#233;p&#233;t&#233; sous des conditions tout &#224; fait diff&#233;rentes par le narrateur du roman. &#192; l'acte rituel de d&#233;pense observ&#233; dans le dortoir r&#233;pond un acte de d&#233;pense verbale pr&#233;par&#233; au bureau, qui constitue une &#171; transgression vide et repli&#233;e sur soi &#187; d'apr&#232;s la d&#233;finition d&#233;j&#224; cit&#233;e de Foucault : une transgression toute subjective qui ne se rapporte plus &#224; un interdit institutionnel, mais pose elle-m&#234;me l'interdit qu'elle viole. Mat&#233;rialisant des &#171; r&#234;ves obscurs de r&#233;volte et de violence &#187; qu'il poursuit &#171; dans les obscures m&#233;andres de son cerveau &#187; (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 658), le combat fantomatique du guerrier atteint un tel degr&#233; de r&#233;alit&#233; qu'il est sanctionn&#233; sans d&#233;lai ; la d&#233;pense de l'&#233;crivain, par contre, n'a lieu que dans les &#171; obscures m&#233;andres &#187; de l'&#233;criture qui, dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, se place plus que jamais sous le signe du labyrinthe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si selon Simon la composition enti&#232;re du roman ressemble &#224; un d&#233;dale (&#338;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la r&#233;volte nocturne assiste le public de la chambr&#233;e, repr&#233;sentant l'arm&#233;e enti&#232;re, tandis que sa description baroque s'adresse au lecteur solitaire. Dans le cas du guerrier, l'interdit transgress&#233; est un interdit pr&#233;cis, d&#233;fini dans un r&#232;glement en vigueur ; le narrateur doit au contraire &#233;tablir d'abord les r&#232;gles linguistiques qu'il viole par la suite, par exemple en rappelant, sur les premi&#232;res pages du roman, les le&#231;ons fort cart&#233;siennes de latin et de fran&#231;ais qu'il avait re&#231;ues autrefois de son oncle Charles (575-576). Enfin, l'acte physique du sabreur sauvage ne d&#233;passe pas une certaine limite temporelle qui pour l'acte verbal de l'&#233;crivain anti-classique n'a aucune importance ; comme personne ne le rappelle &#224; l'ordre, il peut se d&#233;penser en permanence, aussi bien face &#224; la machine d&#233;labr&#233;e qu'il d&#233;crit dans le chapitre suivant que face au soldat &#233;cervel&#233;. Bref, le geste sacrificiel de l'&#233;crivain n'est plus soumis aux limitations corporelles, sociales, spatiales et temporelles d'une transgression rituelle ; il rel&#232;ve pour ainsi dire d'une &#171; violence &#224; l'&#233;tat pur &#187; (&lt;i&gt;G&lt;/i&gt;, 426). Et n&#233;anmoins le personnage du guerrier nu s'impose comme une figure all&#233;gorique de cette &#233;criture. Car si &#224; la fin du portrait bouleversant il est compar&#233; &#224; &#171; Orion tituba[n]t en aveugle sur les monumentales assises de ses pieds &#187;, il semble pr&#233;figurer d&#233;j&#224; ce g&#233;ant mythologique qui, dans l'&#339;uvre suivant &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, pr&#233;sentera un mod&#232;le &#224; double face pour la po&#233;tique simonienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre d'exception, on peut citer pourtant Claude DuVerlie, &#171; Amor interruptus : The question of eroticism or eroticism in question in the works of Claude Simon &#187;, dans : &lt;i&gt;Sub Stance&lt;/i&gt;, 8, 1974, pp. 21&#8211;33 ; Rainer Warning, &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187; (1991), dans :&lt;i&gt; Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, n&#176; 1, 2005, pp. 103-133 ; Aur&#233;lie Renaud, &#171; L'Espagne de Claude Simon sous la lumi&#232;re de Georges Bataille &#187;, dans ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Bataille, &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, &#171; Critique &#187;, 1957, p. 7 ; &lt;i&gt;Les Larmes d'&#201;ros&lt;/i&gt;, Paris, Pauvert, 1961, pp. 62-66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Entretien avec Claude Simon &#187; (1960), dans : Madeleine Chapsal, &lt;i&gt;Quinze &#233;crivains&lt;/i&gt;, Paris, Julliard, 1963, pp. 163-171, ici p. 169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'engagement parall&#232;le de Leiris et de Simon dans la R&#233;sistance et le silence du dernier &#224; ce sujet, cf. Marcel Beyer, &#171; Spucke &#187; (1998), dans : &lt;i&gt;Nonfiction&lt;/i&gt;, K&#246;ln, DuMont, 2003, pp. 74-87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wolfram Nitsch, &lt;i&gt;Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu seinem Roman&#172;werk der sechziger Jahre&lt;/i&gt;, T&#252;bingen, Narr, &#171; Romanica Monacensia &#187;, 1992, en particulier pp. 13-24 et 234-244.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une lecture derridienne, cf. par exemple Warning, &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon &#187; (art. cit.) ; pour une lecture deleuzienne, voir notamment Dominique Viart, &#171; Une &#233;criture nomade. La puissance critique de la m&#233;taphore simonienne &#187;, dans : Irene Albers et Wolfram Nitsch (&#233;ds.), &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, Bern, Lang, 2006, pp. 13-29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Leiris, &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt; (1938), Montpellier, Fata Morgana, 1984 ; cf. aussi &#171; Espagne 1934-1936 &#187;, dans : &lt;i&gt;Bris&#233;es&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1992, pp. 62-63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 26 et 71, n. 3 ; cf. Marcel Mauss, &#171; Essai sur le don &#187; (1924), dans : &lt;i&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/i&gt;, Paris, PUF, &#171; Quadrige &#187;, 1985, pp. 143-279, en particulier pp. 149 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Georges Bataille, &#171; La notion de d&#233;pense &#187; (1933), dans : &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, t. 1, Paris, Gallimard, 1973, pp. 302-320.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &lt;i&gt;Les Larmes d'Eros&lt;/i&gt;, op. cit., p. 62 ; voir aussi &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 62-70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leiris : &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 3032 ; voir aussi &lt;i&gt;L'&#194;ge d'homme&lt;/i&gt; (1939), Paris, Gallimard, &#171; Folio &#187;, 1973, pp. 69-76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 35-37 ; sur l'&#171; ambigu&#239;t&#233; du sacr&#233; &#187; dans les cultes anciens, cf. Roger Caillois, &lt;i&gt;L'Homme et le sacr&#233;&lt;/i&gt; (1939), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1988, pp. 41-76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 41-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#224; la transgression &#187; (1963), dans : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, &#171; Biblioth&#232;que des sciences humaines &#187;, 1994, t. 1, pp. 233-250 ; cf. &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 71-78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Leiris, &#171; Le sacr&#233; dans la vie quotidienne &#187; (1938), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, Gallimard, &#171; Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade &#187;, 2003, pp. 1110-1118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lie Faure, &lt;i&gt;L'Esprit des formes&lt;/i&gt; (1927), cit&#233; dans &#171; &#201;crire &#187;, conf&#233;rence in&#233;dite, faite &#224; l'Acad&#233;mie Bavaroise des Belles Lettres &#224; Munich le 29 mai 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. mon &#233;tude &#171; M&#233;canismes dangereux. Techniques de la m&#233;taphore et m&#233;taphores techniques chez Claude Simon &#187;, dans : &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 235-249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. David Zemmour, &lt;i&gt;Une syntaxe du sensible. Claude Simon et l'&#233;criture de la perception&lt;/i&gt;, Paris, Presses de l'Universit&#233; Paris-Sorbonne, 2008, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Leiris, &#171; Biffures &#187; (1948), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 1-285, ici pp. 263-271. Les &#171; biffures &#187; ou corrections ult&#233;rieures de lapsus n'y sont qu'un cas particulier des &#171; bifurs &#187; verbaux qui dirigent l'&#233;crivain dans des directions diff&#233;rentes, mais pointent en derni&#232;re instance vers des &#171; bifurs &#187; mentaux, des exp&#233;riences cruciales comme la sexualit&#233; et la mort. L'exemple le plus impressionnant d'un tel &#171; bifur &#187; est sans doute le nom mythique de Pers&#233;phone, dont le commentaire &#233;tendu se termine d'ailleurs par l'&#233;vocation d'un &#171; puits art&#233;sien &#187; qui r&#233;v&#232;le des secrets souterrains et t&#233;n&#233;breux (ibid., p. 127) &#8211; une image employ&#233;e aussi, comme on sait, dans la po&#233;tique de Simon (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1199).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &#171; Ac&#233;phale &#187;, dans : &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, op. cit., t. 1, pp. 444-445. Il s'agit du programme pour la revue homonyme dans la collection de laquelle fut publi&#233; le &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leo Spitzer, &#171; Quelques aspects de la technique des romans de Michel Butor &#187;, dans : &lt;i&gt;Archivum Linguisticum&lt;/i&gt;, 13, 1961, pp. 171-195, ici pp. 191 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leo Spitzer, &#171; Zum Stil Marcel Prousts &#187; (1928), dans : &lt;i&gt;Stilstudien&lt;/i&gt;, M&#252;nchen, 1961, t. 2, pp. 365-497, ici pp. 465 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si ce mot &#171; fait surgir, dans la lueur de la lanterne tenue &#224; bout de bras par un sous-officier ou pos&#233;e &#224; ses pieds, l'image blafarde et flageolante du condamn&#233; que l'on s'appr&#234;te &#224; fusiller &#187;, l'imagination du narrateur trahit le souvenir du tableau &lt;i&gt;El 3 de mayo de 1808&lt;/i&gt; de Goya. &#192; propos du &#171; cratylisme secondaire &#187; qui se manifeste dans ce commentaire pseudo-lexicologique, visant &#224; remotiver une sonorit&#233; ou une amphibolie apparemment arbitraire, cf. G&#233;rard Genette : &lt;i&gt;Mimologiques. Voyage en Cratylie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, &#171; Po&#233;tique &#187;, 1976, en particulier pp. 351-375, o&#249; il examine les innombrables commentaires cratylistes de Leiris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce propos, cf. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; La mise en spectacle chez Claude Simon &#187;, dans : Jean Ricardou (&#233;d.), &lt;i&gt;Claude Simon : analyse, th&#233;orie&lt;/i&gt;, Paris, UGE, &#171; 10/18 &#187;, 1975, pp. 88-106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Roland Barthes : &lt;i&gt;Mythologies&lt;/i&gt; (1957), Paris : Seuil, &#171; Points essais &#187;, 1970, pp. 13-24, o&#249; l'analyse d&#233;gage surtout la grammaire dramatique et la s&#233;mantique sociale du catch.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Hubert Juin, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, dans : &lt;i&gt;Les Lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;, du 6 au 12 octobre 1960, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leiris, &#171; Fibrilles &#187; (1966), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, op. cit., p. 743 : &#171; le baroque [&#8230;] montre &#224; la fois la r&#232;gle et ce qui la viole, la ligne droite et les lignes courbes et bris&#233;es qui tendent &#224; s'y substituer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Severo Sarduy, &lt;i&gt;Barroco&lt;/i&gt; (1975), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1991, pp. 155-165, tout en soulignant les diff&#233;rences historiques entre le baroque du XVIIe si&#232;cle et le &#171; n&#233;o-baroque &#187; du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Ricardou, &#171; La bataille de la phrase &#187;, dans : &lt;i&gt;Pour une th&#233;orie du nouveau roman&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, &#171; Tel Quel &#187;, 1971, pp. 118-158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 71-78 ; la connivence profonde des deux partis dans le &#171; jeu de l'interdiction et de la transgression &#187; est aussi comment&#233; dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, encore &#224; propos de fautes contre le r&#232;glement militaire (&lt;i&gt;G&lt;/i&gt;, 87).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si selon Simon la composition enti&#232;re du roman ressemble &#224; un d&#233;dale (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1200), l'image des &#171; m&#233;andres &#187; y tient une place privil&#233;gi&#233;e, apparaissant sur un bouclier qui montre une t&#234;te de M&#233;duse (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 615), sur une frise endommag&#233;e qui repr&#233;sente des cavaliers en pleine course (736) ou sur une statue mutil&#233;e d'un couple qui fait l'amour (737) &#8211; bref, dans des sc&#232;nes de d&#233;pense violente ou sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon (2006)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Transports-Les-metaphores-de-Claude-Simon-2006.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Transports-Les-metaphores-de-Claude-Simon-2006.html</guid>
		<dc:date>2012-02-12T17:55:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;taphore</dc:subject>
		<dc:subject>Transports</dc:subject>
		<dc:subject>Albers, Irene</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon, Etudes r&#233;unies par Irene Albers et Wolfram Nitsch, Frankfurt am Main, Peter Lang, 2006.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-ouvrages-collectifs-.html" rel="directory"&gt;Ouvrages collectifs &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Metaphore-+.html" rel="tag"&gt;M&#233;taphore&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Transports-+.html" rel="tag"&gt;Transports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Albers-Irene-232-+.html" rel="tag"&gt;Albers, Irene&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nitsch-Wolfram-+.html" rel="tag"&gt;Nitsch, Wolfram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.associationclaudesimon.org/IMG/logo/arton137.jpg?1329304111' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Textes r&#233;unis par Ir&#232;ne Albers et Wolfram Nitsch. Frankfurt am Main : Peter Lang, 2006. 337 p. Actes du Colloque international (Universit&#233; de Cologne du 23 au 26 septembre 2004)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez peu d'auteurs modernes la m&#233;taphore a autant d'importance que dans l'&#339;uvre de Claude Simon. &#192; l'instar de Proust, il fait de la transposition m&#233;taphorique un proc&#233;d&#233; crucial de son &#233;criture. Or il existe, pour Simon, une affinit&#233; profonde entre ce proc&#233;d&#233; de transposition et le ph&#233;nom&#232;ne du transport, laquelle se manifeste d&#233;j&#224; dans le sens premier et lui-m&#234;me m&#233;taphorique du concept de m&#233;taphore : &#171; Peut-&#234;tre convient-il de rappeler que le mot &#8220;m&#233;taphora&#8221; que l'on peut voir, en Gr&#232;ce, &#233;crit sur les camions signifie transport. Transport dans l'espace, dans le temps - transport de sens aussi &#187; (&lt;i&gt;Album d'un amateur&lt;/i&gt;). Partant de cette observation r&#233;v&#233;latrice, les &#233;tudes r&#233;unies dans ce livre se proposent d'analyser les m&#233;taphores simoniennes dans trois perspectives : l'&#233;pist&#233;mologie de la m&#233;taphore, la topographie de la m&#233;taphore et la m&#233;diologie de la m&#233;taphore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;PIST&#201;MOLOGIE DE LA M&#201;TAPHORE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viart (Dominique). &#171; Une &#233;criture nomade. La puissance critique de la m&#233;taphore simonienne &#187;, p. 13-29&lt;br/&gt;
Duncan (Alastair). &#171; Claude Simon, Michel Deguy et &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; &#187;, p. 31-41&lt;br/&gt;
Alexandre (Didier). &#171; M&#233;taphore et fantastique dans &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt; &#187;, p. 43-59&lt;br/&gt;
Pfeiffer (Helmut). &#171; D&#233;sastre et temporalit&#233; dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, p. 61-79&lt;br/&gt;
Chihaia (Matei). &#171; La haie et l'amputation. La mise en &#339;uvre des m&#233;taphores dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt; &#187;, p. 81-98&lt;br/&gt;
Bikialo (St&#233;phane). &#171; Transports en commun. La m&#233;taphore accompagn&#233;e dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt; &#187;, p. 99-115&lt;br/&gt;
Blumenthal (Peter). &#171; Fragments d'un univers associatif &#187;, p. 117-131&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TOPOGRAPHIE DE LA M&#201;TAPHORE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kaempfer (Jean). &#171; Les romans de l'&#226;me, m&#233;taphores du primordial &#187;, p. 135-149&lt;br/&gt;
Calle-Gruber (Mireille). &#171; Le passant int&#233;gral. La relation g&#233;n&#233;alogique transport d'&#233;criture &#187;, p. 151-164&lt;br/&gt;
Buch (Robert). &#171; M&#233;taphores et m&#233;tamorphoses chez Claude Simon &#187;, p. 165-186&lt;br/&gt;
Bialas (Dunja). &#171; La descente du monde aux Enfers. Aspects de la mytho-description dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; &#187;, p. 187-201&lt;br/&gt;
Schreckenberg (Stefan). &#171; Images de l'inconcevable. M&#233;taphores de la guerre dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; &#187;, p. 203-216&lt;br/&gt;
Laurichesse (Jean-Yves). &#171; &#034;Dans la lumi&#232;re rouge du laboratoire&#034;. La m&#233;taphore comme r&#233;v&#233;lateur du lieu chez Claude Simon &#187;, p. 217-231&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#201;DIOLOGIE DE LA M&#201;TAPHORE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nitsch (Wolfram). &#171; M&#233;canismes dangereux. Technique de la m&#233;taphore et m&#233;taphores techniques chez Claude Simon &#187;, p. 235-249&lt;br/&gt;
Doetsch (Hermann). &#171; La crypte de la carte postale. Les lieux de l'&#233;criture dans &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; &#187;, p. 251-268&lt;br/&gt;
Ferrato-Combe (Brigitte). &#171; La m&#233;taphore picturale chez Claude Simon &#187;, p. 269-281&lt;br/&gt;
Mecke (Jochen). &#171; Images-temps : m&#233;taphores, temps et techniques cin&#233;matographiques dans &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187;, p. 283-304&lt;br/&gt;
Albers (Irene). &#171; M&#233;taphores textuelles et m&#233;taphores filmiques. &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Impasse&lt;/i&gt; (Die Sackgasse) &#187;, p. 305-327&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&gt; &lt;a href=&#034;http://www.peterlang.com/index.cfm?event=cmp.ccc.seitenstruktur.detailseiten&amp;seitentyp=produkt&amp;pk=38298&amp;concordeid=54269&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Page de l'&#233;diteur : Peter Lang&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&gt; &lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/actualites/i-albers-ed-transports-les-metaphores-de-claude-simon_13262.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compte-rendu fabula&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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