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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
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	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Zupancic, Metka. &#171; Eurydice &#224; la recherche d'Orph&#233;e : lecture orphique de L'Acacia &#187; (1994)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Zupancic-Metka-Eurydice-a-la-recherche-d-Orphee-lecture-orphique-de-L-Acacia.html</link>
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		<dc:date>2018-01-01T23:20:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Mythe</dc:subject>
		<dc:subject>Zupancic, Metka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Metka Zupancic &#171; Eurydice &#224; la recherche d'Orph&#233;e : lecture orphique de L'Acacia de Claude Simon &#187;, p. 200-208, dans Mythes dans la litt&#233;rature contemporaine d'expression fran&#231;aise (Colloque Ottawa, 24-26 mars 1994). Textes r&#233;unis par Metka Zupancic. Ottawa : Editions du Nordir, 1994, 231 p. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; comparer l'&#233;tat des recherches sur Claude Simon avec les approches que nous rencontrons dans le cadre de ce colloque, je dois constater qu'en g&#233;n&#233;ral, les &#233;tudes portant sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mythe-+.html" rel="tag"&gt;Mythe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Zupancic-Metka-234-+.html" rel="tag"&gt;Zupancic, Metka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Metka Zupancic&lt;br/&gt;
&#171; Eurydice &#224; la recherche d'Orph&#233;e : lecture orphique de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, p. 200-208, dans &lt;i&gt;Mythes dans la litt&#233;rature contemporaine d'expression fran&#231;aise&lt;/i&gt; (Colloque Ottawa, 24-26 mars 1994). Textes r&#233;unis par Metka Zupancic. Ottawa : Editions du Nordir, 1994, 231 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; comparer l'&#233;tat des recherches sur Claude Simon avec les approches que nous rencontrons dans le cadre de ce colloque, je dois constater qu'en g&#233;n&#233;ral, les &#233;tudes portant sur l'&#339;uvre de ce Prix Nobel ne se placent que rarement dans le contexte de la mythocritique. Les lectures des textes simoniens continuent &#224; &#234;tre marqu&#233;es par l'id&#233;ologie dominante ayant r&#233;gi les approches du Nouveau Roman, surtout dans les ann&#233;es soixante-dix. Je pense particuli&#232;rement aux postulats de Jean Ricardou qui se situent &#224; la crois&#233;e d'au moins trois orientations critiques : structurale, s&#233;miotique et narratologique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;D'autre part, Simon lui-m&#234;me prend depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es ses distances par rapport au mouvement dont il est issu, de m&#234;me que par rapport &#224; la critique d'inspiration &#171; ricardolienne &#187;. N'emp&#234;che qu'il n'est pas pour autant int&#233;ress&#233; &#224; une lecture symbolique ou mythologique de ses textes, d&#233;clarant souvent que ses romans sont l&#224; pour parler &#224; sa place ; derni&#232;rement, c'&#233;tait toujours le cas lors du colloque tenu en son honneur &#224; l'Universit&#233; Queen's, &#224; Kingston, en octobre 1993.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, si les lecteurs et lectrices surtout am&#233;ricain(e)s de l'&#339;uvre de Simon semblaient attir&#233;(e)s, il y a presque une vingtaine d'ann&#233;es, par la profusion des images arch&#233;typales qu'on y d&#233;c&#232;le, comme par exemple Karen Gould, dans sa th&#232;se &lt;i&gt;Claude Simon's Mythic Muse&lt;/i&gt;, le courant critique d'inspiration surtout jungienne para&#238;t actuellement pratiquement abandonn&#233; par les simoniens. En France, deux coll&#232;gues surtout continuent &#224; travailler sur Claude Simon dans la perspective mythique : Marie Miguet Ollagnier et Jean-Claude Vareille.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pourtant, je trouve un point de d&#233;part pour ma propre lecture de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, dernier roman publi&#233; de Claude Simon, chez celle qui a amplement particip&#233; &#224; la cons&#233;cration du Nouveau Roman, Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#224; la fin de son article &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, dans un ouvrage collectif consacr&#233; &#224; Simon, &lt;i&gt;Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon affirme que &#171; ce livre nous a forc&#233;s d'explorer le royaume des morts et des mots &#187; (130). Si je la paraphrase, je dirai qu'il s'agit de l'exploration du royaume des morts &#224; l'aide des mots, de la &lt;i&gt;poiesis&lt;/i&gt;, de la litt&#233;rature. Mais voil&#224; non pas, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, et comme on se serait peut-&#234;tre attendu, d'abord et uniquement un Orph&#233;e &#224; la recherche de cette Eurydice rel&#233;gu&#233;e dans l'autre monde. La situation est bien plus complexe : un roman racontant la recherche d'une femme, d'une Eurydice vivante, de la d&#233;pouille de son Orph&#233;e mort. Mais bien s&#251;r, c'est un roman &#233;crit par un homme : il se d&#233;l&#232;gue un porte-parole dans le livre, une instance narratrice t&#233;moin de la qu&#234;te de cette femme, en la personne de l'enfant que la veuve tra&#238;ne avec elle dans les chemins boueux de l'apr&#232;s-guerre de 1918. En outre, cet homme qui &#233;crit s'inscrit lui-m&#234;me dans le roman &#224; titre de chercheur, lui-m&#234;me en qu&#234;te du message que pourraient lui communiquer ceux de l'au-del&#224;, lui-m&#234;me &#224; la recherche du &#171; sens &#187; &#224; donner aux situations absurdes auxquelles &#171; il &#187; est expos&#233;, c'est-&#224;-dire que cette instance narratrice fait face &#224; sa &#171; propre &#187; guerre, celle de 1939-40, mais aussi &#224; toute autre guerre inscrite dans la &#171; m&#233;moire collective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; consid&#233;rer ces quelques informations au sujet de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, il appara&#238;t assez clairement qu'au-del&#224; de l'anecdote, c'est-&#224;-dire de la multitude des anecdotes qui y sont rapport&#233;es, il existe de nombreuses possibilit&#233;s d'exploration des dimensions arch&#233;typales, mythiques, symboliques. Il serait donc possible, et probablement pr&#233;f&#233;rable, de ne pas placer la globalit&#233; du texte uniquement sous l'enseigne du rapport entre la veuve et son &#233;poux tu&#233; &#224; la guerre, sous l'enseigne de la qu&#234;te qui para&#238;t, pourtant, si clairement orphique, malgr&#233; et peut-&#234;tre gr&#226;ce au renversement des r&#244;les, de la situation dans le mythe orphique traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le que l'auteur destine en particulier &#224; cette femme, m&#232;re de ce &#171; il &#187; anonyme, d'ailleurs elle aussi anonyme, peut para&#238;tre assez diff&#233;rent de la description de la figure maternelle, dans le &lt;i&gt;corpus&lt;/i&gt; de ses romans, sans que les modifications du mod&#232;le orphique traditionnel soient pour autant nouvelles dans cette &#233;criture. Je parle de la situation orphique classique, avec l'homme-po&#232;te &#224; la recherche de la femme-inspiratrice, pr&#233;matur&#233;ment aspir&#233;e par le royaume des morts - et que l'homme n'est pas capable de ramener &#224; la vie d'&#171; ici-bas &#187;, qui reste &#224; jamais condamn&#233;e &#224; sa passivit&#233; et &#224; son &#171; emprisonnement &#187; dans l'au-del&#224;. Ce m&#234;me paradigme (si on veut &#171; traditionnel &#187;) est bel et bien utilis&#233; par Simon, par exemple dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; (1981), ne serait-ce que dans le cas de ce g&#233;n&#233;ral sous l'Empire qui d&#233;plore, jusqu'&#224; sa propre mort, et malgr&#233; son remariage, la mort pr&#233;matur&#233;e de celle qui est une &#171; r&#233;incarnation &#187; d'Eurydice. Le g&#233;n&#233;ral fait la connaissance de cette Marie-Anne dans des circonstances tout &#224; fait &#171; mythiques &#187;, lors de la repr&#233;sentation, comme le sugg&#232;re Simon, d'&lt;i&gt;Orfeo&lt;/i&gt; de Gluck dans le th&#233;&#226;tre de Besan&#231;on construit par Ledoux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je signale, dans ma th&#232;se sur &#171; L'orphisme et la polyphonie dans les textes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, comme l'indique le g&#233;n&#233;ral lui-m&#234;me, dans une de ses lettres (historiques) reprises par l'&#233;crivain, Marie-Anne morte continue &#224; &#234;tre la protectrice de son mari. Il en est de m&#234;me dans une autre des trois &#171; intrigues &#187; de ce livre, o&#249; il est question de la femme du personnage signal&#233; uniquement par la lettre O. (Orph&#233;e ? - m&#234;me si nous comprenons &#224; la lecture du texte qu'il s'agit de George Orwell). Elle vient chercher son &#233;poux en Espagne, pendant la guerre civile, et r&#233;ussit &#224; le sauver des enfers, de la mort certaine, pour le ramener dans &#171; leur &#187; monde, en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;L'&#339;uvre simonienne propose donc une cohabitation d'au moins deux versions du mythe orphique, avec au moins deux r&#244;les diff&#233;rents assign&#233;s aux femmes. &lt;i&gt;Absente&lt;/i&gt;, morte, r&#234;v&#233;e (d&#233;j&#224; dans La Route des Flandres), la femme est &#233;galement pr&#233;sente, aux moments cruciaux, aux c&#244;t&#233;s de l'homme. Elle n'est plus &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt; passive, et non plus uniquement inspiratrice. Ou encore mod&#232;le : dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, le narrateur &#8211; toujours &#224; la troisi&#232;me personne &#8211; parle de lui-m&#234;me &#224;, une &#233;poque o&#249; il voulait devenir peintre et dont la compagne &#171; se d&#233;shabillait, posait patiemment pour lui &#187; - la m&#234;me &#171; qu'il avait &#233;pous&#233;e au cours d'une permission &#187;, apr&#232;s sa mobilisation en 1939 (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 378).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il semble donc que, tout en transformant le mod&#232;le mythique traditionnel, Simon n'op&#232;re pas une modification draconienne et unidimensionnelle. Il est vrai que dans ses romans, en l'occurrence &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, la femme sauve de l'oubli, de l'au-del&#224; ; qu'elle ram&#232;ne &#224; la vie de diff&#233;rentes fa&#231;ons. &#192; la diff&#233;rence du d&#233;vouement de la veuve tellement attach&#233;e &#224; la m&#233;moire de son d&#233;funt &#233;poux, la fa&#231;on plus brutale et bien moins &#233;l&#233;gante de ramener &#224; la vie, cette fois dans le cas du narrateur, est celle de r&#233;veiller l'homme par le biais de l'&#233;rotisme (j'y reviendrai). Pourtant, toute pr&#233;sente qu'elle soit, cette femme reste l'accompagnatrice de l'homme, parfois d&#233;lib&#233;r&#233;ment conditionn&#233;e dans tout son comportement, dans tous ses actes, par celui qu'elle aime ou qu'elle &#171; sert &#187;, d'une fa&#231;on ou d'une autre. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, elles, au pluriel et non seulement la veuve, continuent &#224; &#234;tre d&#233;vou&#233;es &#224; ce colonel tu&#233; d&#232;s le d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre mondiale, le 27 ao&#251;t 1914 (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 61). Il est m&#234;me difficile de savoir laquelle des trois femmes, de l'&#233;pouse ou de ses deux s&#339;urs (vierges pratiquement vestales et tr&#232;s androgynes &#224; la fois, pleureuses habill&#233;es en deuil permanent) est plus fid&#232;le &#224; la m&#233;moire de ce quadrag&#233;naire mort pr&#233;matur&#233;ment. Malgr&#233; le renversement de la situation initiale du mythe orphique, avec l'homme qui se trouve dans l' &#171; au-del&#224; &#187; et la femme (ou les femmes) qui, inconsolable(s), essaie(nt) de maintenir vivante sa m&#233;moire (si d&#233;j&#224; il ne peut pas &#234;tre ramen&#233; &#224; la vie), cette femme ne se situe pas vraiment dans l'activit&#233;, celle du &#171; faire &#187;, poiein ; la femme, pleureuse s&#233;par&#233;e de son bien-aim&#233; par la mort, ne puise pas dans son malheur, dans cette s&#233;paration, pour cr&#233;er. Le r&#244;le sugg&#233;r&#233; par Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, celui du cr&#233;ateur qui fait sortir la vie de la mort, n'incombe pas aux femmes mais reste r&#233;serv&#233; &#224; l'homme, &#224; l'enfant de celui qui est tomb&#233; sous les balles. Il faut savoir que le projet de l'&#233;criture par l'homme, cet &#171; il &#187; anonyme, est inscrit dans le roman, &#224; la derni&#232;re page (j'y reviens ; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 380).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il se peut que Simon, en cr&#233;ant ce genre de relations, de situations romanesques, ne fasse que transmettre une exp&#233;rience qu'il avoue &#234;tre autobiographique, m&#234;me si elle est transform&#233;e selon les r&#232;gles impos&#233;es par l'&#233;criture. D'autre part, on peut aussi supposer qu'il fait &#233;tat, dans son &#233;criture, de ce qui existe comme type de relations paradigmatiques, selon lui et &#224; une &#233;poque qui l'int&#233;resse et dont il est t&#233;moin. Bien s&#251;r, d'autres hypoth&#232;ses sont possibles, quant &#224; la volont&#233; de l'&#233;crivain de transformer &#224; fond, dans son &#233;criture, les paradigmes de comportement, les arch&#233;types dont il se nourrit. Toujours est-il que dans ses romans, et malgr&#233; la place qui est r&#233;serv&#233;e aux femmes dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, l'Eurydice r&#233;crite n'est pas une nouvelle Orph&#233;e, comme on le voit actuellement dans la litt&#233;rature contemporaine des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Toutefois, en inscrivant tr&#232;s d&#233;lib&#233;r&#233;ment l'&#233;criture simonienne dans le domaine orphique, pour des raisons plus amplement d&#233;velopp&#233;es et argument&#233;es dans ma th&#232;se sur &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, je sugg&#232;re que cette paradigmatique mythique continue &#224; int&#233;resser et &#224; fa&#231;onner l'&#233;criture fran&#231;aise, occidentale et contemporaine. Par ailleurs, je me rends parfaitement compte que le mod&#232;le orphique remani&#233;, restructur&#233;, avec ce &#171; tiers &#187; comme instance narratrice et potentiellement scripturale, dans le dernier roman simonien, ouvre de nouvelles perspectives &#224; l'analyse critique. Je pense notamment au retour, par le biais de l'orphisme, &#224; ce qu'on appelle souvent le mythe &#233;gyptien le plus caract&#233;ristique, celui d'Osiris et d'Isis, avec plusieurs phases o&#249;, comme l'indique d'ailleurs Isis Khalil dans sa propre communication, l' &#171; activit&#233; &#187; d'Isis vient apr&#232;s celle d'Osiris. Nombreux sont les auteurs qui &#233;tablissent la filiation du mythe grec d' Orph&#233;e &#224; partir des donn&#233;es conceptuelles &#233;gyptiennes et donc, de toute la cosmologie herm&#233;tique (je pense &#233;videmment &#224; Herm&#232;s Trism&#233;giste, m&#234;me s'il existe des doutes quant &#224; l'origine purement &#233;gyptienne et ancienne de ce corpus). Dans le mythe &#233;gyptien, Isis est &#224; la recherche de la d&#233;pouille (d&#233;pec&#233;e, en plus) de son &#233;poux ; une fois les morceaux du corps remis ensemble, Isis peut concevoir d'Horus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; une situation qui pourrait &#234;tre mise en hypotexte du roman simonien. Le triangle entre la m&#232;re, le p&#232;re et le fils y existe ; le fils y na&#238;t, cependant, avant la mort du p&#232;re (m&#234;me si c'est dans un &#171; autre monde &#187;, dans une des colonies fran&#231;aises o&#249; est affect&#233; le p&#232;re, colonel de la marine). &#201;videmment, dans le roman, cet enfant, devenu narrateur, est lui-m&#234;me &#224; la recherche de son p&#232;re, &#224; travers de nombreuses exp&#233;riences (douloureuses) de sa propre vie. C'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#233;l&#233;ment qui me fait h&#233;siter &#224; abandonner le mod&#232;le orphique, puisqu'une triangulation, avec le tiers pr&#233;sent dans la qu&#234;te, est inscrite dans ce mythe aussi. Dans diff&#233;rentes repr&#233;sentations iconographiques du mythe, dont parmi les plus marquantes celle qu'on nomme le bas-relief de Naples, on voit, &#224; c&#244;t&#233; d'Eurydice et d'Orph&#233;e, le guide, Herm&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La photographie de ce bas-relief qui se trouve au Mus&#233;e national de Naples (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Donc, dans sa descente vers les enfers, et surtout lors de sa remont&#233;e, Orph&#233;e a besoin d'un psychopompe, m&#234;me s'il ne r&#233;ussit pas dans son entreprise de ramener Eurydice &#224; la lumi&#232;re du jour. Si j'applique cette situation &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, o&#249; plusieurs personnages peuvent partiellement participer &#224; plusieurs myth&#232;mes &#224; la fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est d'ailleurs une pratique courante chez Simon, tant dans Les G&#233;orgiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, je dirai que le r&#244;le d'Herm&#232;s, de m&#233;diateur et de communicateur, y est pr&#233;sent, m&#234;me si c'est encore l&#224; la fa&#231;on typique de Simon. La descente symbolique aux enfers y appara&#238;t comme au moins double, celle de la veuve mise c&#244;te &#224; c&#244;te avec celle du fils ; les &#233;preuves lors de cette &lt;i&gt;catabasis&lt;/i&gt; sont n&#233;anmoins diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Mais comme je l'ai d&#233;j&#224; sugg&#233;r&#233;, ce fils-narrateur est charg&#233; d'une autre fonction : &#224; titre de t&#233;moin, il valorise, justifie en quelque sorte la qu&#234;te de la veuve, en la mettant en miroir, en analogie avec les qu&#234;tes o&#249; il est impliqu&#233; lui-m&#234;me. En outre, il agit lui-m&#234;me, dans le roman, comme une instance double, acteur et observateur &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; de ses propres &#233;preuves initiatiques. C'est gr&#226;ce &#224; lui, en tant que supra-instance narratrice, d&#233;tach&#233;e des &#233;v&#233;nements advenus &#171; plus t&#244;t &#187; dans la &#171; chronologie &#187; romanesque et superpos&#233;e en t&#233;moin &#224; ces derniers, que ces mises en miroir sont possibles, c'est lui qui sert de lien entre eux. Si je dis lien, je dis Herm&#232;s, et, pour revenir &#224; mes r&#233;flexions sur les origines &#233;gyptiennes du mythe orphique, la figure d'Herm&#232;s, apparaissant de fa&#231;on semblable dans les deux civilisations, n'est-elle pas une preuve, &#224; elle toute seule, de cette triangulation in&#233;vitable, tant dans le mythe osiriaque qu'orphique ? Pour sortir du texte, et pour jouer sur les diff&#233;rentes acceptions du contexte &#171; herm&#233;tique &#187;, l'auteur n'est-il pas lui-m&#234;me en m&#234;me temps un Orph&#233;e puisant dans la m&#233;moire, dans les enfers des r&#233;seaux qu'il veut exploiter, et un. Herm&#232;s communicateur, transmetteur des connaissances ? Il serait alors &#224; cheval entre plusieurs cultures, reprenant le pass&#233; et annon&#231;ant en quelque sorte l'avenir, utilisant, faisant revivre diff&#233;rents mod&#232;les de pens&#233;e, c'est-&#224;-dire diff&#233;rents myth&#232;mes qu'il inscrit dans son roman, dans un texte qui, par rapport &#224; ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit surtout dans les ann&#233;es soixante-dix, se pr&#233;sente comme beaucoup moins &#171; herm&#233;tique &#187;, mais qui exige n&#233;anmoins un consid&#233;rable effort &#171; herm&#233;neutique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les romans simoniens de cette &#233;poque, le plus &#171; herm&#233;tique &#187;, dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est donc bien lui qui ram&#232;ne &#224; la vie, bien s&#251;r litt&#233;raire, ce qui &#171; tombe en morceaux &#187; et que &#171; nous r&#233;organisons de nouveau &#187;, pour paraphraser Simon lui-m&#234;me dans son emprunt de la citation, on ne peut plus orphique, de Rilke, telle qu'utilis&#233;e en exergue &#224; &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'indique l'exergue au complet : &#171; Cela nous submerge. Nous l'organisons. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci nous replace &#233;videmment, d'une part, dans l'orphisme tel quel, mais encore, dans l'&#201;gypte ancienne, par le biais des symboles franc-ma&#231;ons pressentis dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; par Fran&#231;oise van Rossum-Guyon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je cite ici la fin de sa note, dans l'article d&#233;j&#224; indiqu&#233; : &#171; Sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pour que la &#171; vie sorte de la mort &#187;, pour qu'il y ait litt&#233;rature, puisque le narrateur se met lui-m&#234;me &#224; &#233;crire, il doit donc remonter &#224; la vie, apr&#232;s l'abrutissement total dans l'arm&#233;e fran&#231;aise et ensuite, dans le camp des prisonniers de guerre. Les phases de ce retour s'inscrivent dans les derni&#232;res pages du roman, la fin ouvrant la voie de retour vers le d&#233;but du livre. Il faudrait peut-&#234;tre signaler que d&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, le narrateur, identifi&#233; comme O., se trouve devant une page blanche, dans les derni&#232;res lignes du roman, et il y inscrit les mots par lesquels commence ce m&#234;me texte. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; (11), le premier mot du premier chapitre est un pronom personnel au f&#233;minin et au pluriel, &#171; Elles &#187; (il vient apr&#232;s l'identification, en chiffre romain, de ce chapitre et de son &#171; titre &#187;, 1919, &#224; la p. 9, qui pr&#233;cise le moment de la recherche, par les trois femmes, de la d&#233;pouille du colonel). Le narrateur de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; indique sa progression vers l'&#233;criture, dans la p&#233;riode suivant sa d&#233;mobilisation, &#224; travers le r&#233;veil de la force vitale : il passe de thanatos &#224; &#233;ros, mais un &#233;ros tr&#232;s pulsionnel, d&#233;pourvu de tout sentiment : &#171; la fille [...] dans laquelle il s'&#233;tait vid&#233; ou plut&#244;t avait explos&#233; &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 369). Curieusement, alors que les personnages &#233;voqu&#233;s n'ont pas de nom propre, une des prostitu&#233;es est signal&#233;e par son &#171; mythonyme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'emprunte ce terme &#224; Fran&#231;ois Rigolot, Po&#233;tique et onomastique (113).&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par sa fonction de sorci&#232;re et de s&#233;ductrice (&#171; l'ensorcelante et v&#233;nale Circ&#233; &#187;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 367 ; celle qui par magie transforme les hommes en b&#234;tes ; l'instance initiatique que le voyageur, comme dans une &#171; Odyss&#233;e &#187;, doit franchir s'il ne veut pas s'enliser dans la sensualit&#233; brutale). Le bordel est d'ailleurs situ&#233; dans un monde autre que celui, &#171; scandaleux et insupportable &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 367), dont s'&#233;chappe le narrateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Vient ensuite l'int&#233;r&#234;t pour la nature et la visite de &#171; ses vignes &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 375), avec le premier retour &#224; la cr&#233;ativit&#233; : les dessins qu'il fait et o&#249; il copie &#171; avec le plus d'exactitude possible, les feuilles d'un rameau &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 376), dans un acte de concentration sur ce que sont les faits de la nature (mais pas ceux des hommes : il refuse de lire les journaux). Son engo&#251;ment pour l'&#233;rotisme se stabilise &#224; l'arriv&#233;e de sa femme r&#233;ussissant &#224; franchir la fronti&#232;re, encore entre deux mondes, la France occup&#233;e et le Sud vichyssois. La derni&#232;re &#233;tape avant l'&#233;criture, dans ce voyage de &lt;i&gt;thanatos&lt;/i&gt; d'abord, &#224; &lt;i&gt;&#233;ros&lt;/i&gt; et finalement &#224; &lt;i&gt;poiesis&lt;/i&gt; (les trois domaines tellement significatifs dans le mythe d'Orph&#233;e), c'est la lecture de &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 379).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Quel est, &#224; partir de la derni&#232;re page qui renoue en quelque sorte avec la premi&#232;re, l'enjeu mis en sc&#232;ne, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, en dehors de ce que j'ai d&#233;j&#224; avanc&#233; ? Je retourne bri&#232;vement &#224; une des manifestations de la qu&#234;te, ou encore, du paradigme orphique, qui se trouve principalement d&#233;crit dans le chapitre V, surtout consacr&#233; &#224; l'histoire amoureuse entre la jeune femme et le militaire. Il faut signaler que dans l'agencement simonien de l'anecdote, la qu&#234;te de 1919, celle de la veuve accompagn&#233;e de l'enfant et de ses deux belles-s&#339;urs, occupant tout le premier chapitre, aboutit &#224; la d&#233;couverte d'une tombe, possiblement celle de l'&#233;poux (&#171; Et &#224; la fin elle trouva &#187;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 24). L' &#171; histoire &#187; de cette &#171; jeune fille &#187; approchant la trentaine et refusant tout soupirant, avant qu'elle ne rencontre ce lieutenant visiblement d'un monde tout &#224; fait diff&#233;rent du sien (elle est riche et oisive, il est pauvre et a toujours travaill&#233; tr&#232;s dur de ses mains), est plac&#233;e m&#234;me apr&#232;s le IIIe chapitre relatant la mort de cet homme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans ce livre dispos&#233; en douze chapitres dont les impairs traitent plus particuli&#232;rement du &#171; pass&#233; familial &#187; du narrateur, alors que les chapitres pairs sont r&#233;serv&#233;s &#224; ses propres exp&#233;riences, il est int&#233;ressant de constater qu'&#224; l'int&#233;rieur du chapitre V (entre les pages 107 et 150), certaines indications jouent encore sur ce chiffre 12 ou sur le 3 fois 4, ou encore 3 plus 4. La jeune femme a deux autres s&#339;urs, mari&#233;es, l'a&#238;n&#233;e ayant 4 enfants, la cadette &#233;tant d&#233;j&#224; morte ; la p&#233;riode la plus intens&#233;ment r&#233;serv&#233;e &#224; la &#171; relation &#187;, entre cette femme assez opulente et l'homme &#224; la barbe carr&#233;e, s'&#233;tend sur 12 ann&#233;es. Pendant les 4 ann&#233;es de fr&#233;quentation tout &#224; fait &#224; distance, le militaire doit convaincre tant la famille de sa &#171; fianc&#233;e &#187; que ses deux s&#339;urs du bien-fond&#233; de son choix ; 4 ann&#233;es de vie conjugale s'&#233;coulent dans un monde d&#233;crit comme &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; (Madagascar, m&#234;me si l'endroit n'est pas nomm&#233;, comme ne le sont pas les autres lieux &#8211; ou les personnages &#8211; cruciaux dans le roman) ; viennent finalement les 4 ann&#233;es de souffrance intense et de deuil. Ces jeux num&#233;riques, pour ne pas dire num&#233;rologiques, m&#233;riteraient certainement d'&#234;tre approfondis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les permutations du mod&#232;le orphique revenant dans ce chapitre sont nombreuses et riches de sens : la jeune femme plut&#244;t amorphe est &#171; r&#233;veill&#233;e &#187; par cet Orph&#233;e qui l'emm&#232;ne avec lui dans un autre monde, mais qui est celui de l'apoth&#233;ose et de la f&#233;licit&#233; ; en m&#234;me temps, celle qui se remettait &#224; sa m&#232;re pour toute chose continue &#224; se faire exprimer par son &#233;poux (dans les lettres que celui-ci envoie &#224; sa belle-m&#232;re) ; elle est donc une Pers&#233;phone bien int&#233;ressante, ne mettant en valeur sa propre volont&#233; que par rapport au d&#233;funt, lorsqu'elle s'acharne &#224; retrouver sa d&#233;pouille. &#192; ce moment, l'enfant n&#233; de cette union se voit entour&#233; de femmes, &#233;lev&#233; dans une sorte de gyn&#233;c&#233;e tr&#232;s mythique lui-m&#234;me. Cependant, avant le d&#233;part du militaire pour le front, c'est lui-m&#234;me qui ram&#232;ne sa femme &#224; ce monde, tout en &#233;tant &#171; comme d&#233;j&#224; absent, ailleurs &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 148) ; ce monde dans lequel elle &#171; rena&#238;t &#187; (la M&#233;diterran&#233;e est d&#233;crite, 147, comme une &#171; matrice &#187;) est celui des pleurs (&#171; Elle essaye de sourire. Elle pleure &#187;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 150). Dans ce m&#234;me monde, elle est d'ailleurs comme sacrifi&#233;e, telle une Dionysos Zagr&#233;os, elle qui, dans sa jeunesse, assistait aux tauromachies : dans sa maladie, elle est d&#233;coup&#233;e &#171; savamment en morceaux &#187; par les m&#233;decins (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 126), m&#234;me avant sa mort (souhait&#233;e probablement comme moyen de retrouver celui avec qui elle a connu, de son vivant, l'apoth&#233;ose).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sans pouvoir vraiment conclure ma lecture de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, ce roman initiatique, roman d'initiation, je voudrais insister sur le fait que de nombreuses questions int&#233;ressantes restent ouvertes, &#224; exploiter &#224; d'autres moments de lecture. Pour me r&#233;sumer, je reprends, par ailleurs, mon hypoth&#232;se au sujet des transformations r&#233;centes du paradigme orphique. Je dirais que dans son &#233;criture, Simon, visiblement int&#233;ress&#233; aux hypotextes mythiques, condense, &#224; l'aide du mod&#232;le orphique, une s&#233;rie d'images symboliques qui l'am&#232;nent &#224; restructurer les donn&#233;es traditionnelles, sans que toutefois il les bouscule de fa&#231;on tr&#232;s radicale. D'ailleurs, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, malgr&#233; l'incroyable richesse attest&#233;e des associations, des analogies, des combinaisons de toutes sortes, formelles ou s&#233;mantiques, marque un retour &#224; une &#233;criture moins &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, moins &#233;clat&#233;e, ce qui semble se manifester dans son utilisation des mod&#232;les mythiques. Reste &#224; savoir ce que Claude Simon nous pr&#233;pare encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OUVRAGES DE R&#201;F&#201;RENCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DURAND, Gilbert, &lt;i&gt;Figures mythiques et visages de l'&#339;uvre&lt;/i&gt;, Paris, Berg International, 1979.&lt;br/&gt;
GOULD, Karen, &lt;i&gt;Claude Simon's Mythic Muse&lt;/i&gt;, Columbia, SC, French Literature Publications, 1979.&lt;br/&gt;
RICARDOU, Jean, &lt;i&gt;Nouveaux Probl&#232;mes du roman&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1978. RIGOLOT, Fran&#231;ois, &lt;i&gt;Po&#233;tique et onomastique&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Librairie Droz, 1977. &lt;br/&gt;
SEGAL, Charles, &lt;i&gt;Orpheus : The myth of the Poet&lt;/i&gt;, Baltimore, Johns Hopkins UP, 1989.&lt;br/&gt;
SIMON, Claude. &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1960. &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1969. &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1973. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1981. &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1989.&lt;br/&gt;
VAN ROSSUM-GUYON, Fran&#231;oise, &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de L'Acacia &#187;, &lt;i&gt;Claude Simon. Chemins de la m&#233;moir&lt;/i&gt;e, dir. Mireille Calle-Gruber, Sainte-Foy, Le Griffon d'argile, 1993, p. 119-130.&lt;br/&gt;
ZUPANCIC, Metka. &lt;i&gt;L'orphisme et polyphonie dans les textes de Claude Simon&lt;/i&gt;. Th&#232;se de philologie romane, Universit&#233; de Zagreb, Croatie, 1988. (Texte int&#233;gr&#233; au manuscrit du livre &lt;i&gt;Lectures de Claude Simon. La polyphonie de la structure et du mythe&lt;/i&gt;, &#224; para&#238;tre aux &#201;ditions Balzac.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je signale, dans ma th&#232;se sur &#171; L'orphisme et la polyphonie dans les textes de Claude Simon &#187;, que cette conjoncture est tout &#224; fait fictive et qu'elle sert justement, je dirais m&#234;me uniquement, &#224; mettre en relation ces trois &#171; instances &#187; repr&#233;sentatives de la fin du XVIIIe si&#232;cle, un g&#233;n&#233;ral napol&#233;onien, artilleur et franc-ma&#231;on, le compositeur et l'architecte tous deux &#171; orphiques &#187;, connus pour leur affiliation avec les franc-ma&#231;ons. Il n'est donc pas surprenant que j'accorde une telle importance &#224; la remarque de Fran&#231;oise van Rossum-Guyon au sujet du symbolisme de cet arbre qu'est l'acacia (&#171; Un regard... &#187;, 130) : &#171; Dans la tradition ma&#231;onnique, l'acacia, symbole de r&#233;g&#233;n&#233;ration spirituelle, c'est-&#224;-dire immortalit&#233; et r&#233;surrection. Sur les monuments de l'&#201;gypte ancienne figure un sarcophage d'o&#249; sort un acacia et la devise : Osiris s'&#233;lance, signifiant &#034;la vie sort de la mort&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La photographie de ce bas-relief qui se trouve au Mus&#233;e national de Naples est d'ailleurs reproduite sur la couverture du livre &lt;i&gt;Orpheus : The Myth of the Poet&lt;/i&gt;, de Charles Segal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est d'ailleurs une pratique courante chez Simon, tant dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; que dans ses autres romans avant les ann&#233;es quatre-vingt. Le terme &#171; myth&#232;me &#187; est emprunt&#233; surtout &#224; Gilbert Durand, comme il en parle &#224; plusieurs reprises dans &lt;i&gt;Figures mythiques et visages de l'ouvre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi les romans simoniens de cette &#233;poque, le plus &#171; herm&#233;tique &#187;, dans le sens de la difficult&#233; qu'il repr&#233;sente pour la lecture, est probablement &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; (1973) que Ricardou a lui-m&#234;me analys&#233;, surtout au niveau de sa structure, dans le contexte du Dispositif osiriaque &#187; (&lt;i&gt;Nouveaux Probl&#232;mes du roman&lt;/i&gt;, 179 et sq.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'indique l'exergue au complet : &#171; Cela nous submerge. Nous l'organisons. Cela tombe en morceaux. Nous l'organisons de nouveau et tombons nous-m&#234;mes en morceaux. &#187; (&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; 7)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je cite ici la fin de sa note, dans l'article d&#233;j&#224; indiqu&#233; : &#171; Sur les monuments de l'&#201;gypte ancienne figure un sarcophage d'o&#249; sort un acacia et la devise : Osiris s'&#233;lance, signifiant &#034;la vie sort de la mort&#034;. &#187; (&lt;i&gt;Chemins&lt;/i&gt;, 130)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'emprunte ce terme &#224; Fran&#231;ois Rigolot, &lt;i&gt;Po&#233;tique et onomastique&lt;/i&gt; (113).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Metka Zupancic</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Metka-Zupancic.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Metka-Zupancic.html</guid>
		<dc:date>2015-10-31T22:11:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>Zupancic, Metka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On est en 1974, je crois. Je fr&#233;quente r&#233;guli&#232;rement l'Institut Fran&#231;ais de Ljubljana, en Slov&#233;nie. Le seul endroit o&#249; on puisse trouver la litt&#233;rature contemporaine fran&#231;aise. Un livre me tombe litt&#233;ralement dans les mains, c'est La Route des Flandres de Claude Simon. Je l'ouvre, il m'envahit, me s&#233;duit : je ne crois rien comprendre, mais je suis &#233;bahie. Je sais que je veux absolument travailler sur cet auteur, et l'indique dans ma demande de bourse, pour aller faire mon doctorat de 3e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-la-premiere-fois-ou-pas-.html" rel="directory"&gt;Premi&#232;res lectures&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Zupancic-Metka-234-+.html" rel="tag"&gt;Zupancic, Metka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On est en 1974, je crois. Je fr&#233;quente r&#233;guli&#232;rement l'Institut Fran&#231;ais de Ljubljana, en Slov&#233;nie. Le seul endroit o&#249; on puisse trouver la litt&#233;rature contemporaine fran&#231;aise. Un livre me tombe litt&#233;ralement dans les mains, c'est &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; de Claude Simon. Je l'ouvre, il m'envahit, me s&#233;duit : je ne crois rien comprendre, mais je suis &#233;bahie. Je sais que je veux absolument travailler sur cet auteur, et l'indique dans ma demande de bourse, pour aller faire mon doctorat de 3e cycle &#224; l'Universit&#233; des Sciences Humaines &#224; Strasbourg. Une chance inou&#239;e : mon directeur de th&#232;se, Michel Mansuy, est un grand lecteur du Nouveau Roman ...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Zupancic, Metka</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Zupancic-Metka.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Zupancic-Metka.html</guid>
		<dc:date>2012-03-17T07:49:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques d'Anglejan</dc:creator>


		<dc:subject>Zupancic, Metka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Metka Zupancic &lt;br class='autobr' /&gt;
Poste : Professeure de fran&#231;ais et langues modernes, Universit&#233;
&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Alabama, Tuscaloosa, AL, &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Centres d'int&#233;r&#234;t : l'approche poststructuraliste et mythocritique aux oeuvres de Claude Simon ; la litt&#233;rature contemporaine des femmes francophones ; l'&#339;uvre d'H&#233;l&#232;ne Cixous ; la r&#233;&#233;criture des mythes dans la litt&#233;rature postcoloniale contemporaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
mzupanci@bama.ua.edu ou mzupanci833@gmail.com&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/-annuaire-.html" rel="directory"&gt;Annuaire des lecteurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Zupancic-Metka-234-+.html" rel="tag"&gt;Zupancic, Metka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Metka Zupancic&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poste :&lt;/strong&gt; Professeure de fran&#231;ais et langues modernes, Universit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Alabama, Tuscaloosa, AL, &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centres d'int&#233;r&#234;t :&lt;/strong&gt; l'approche poststructuraliste et mythocritique aux oeuvres de Claude Simon ; la litt&#233;rature contemporaine des femmes francophones ; l'&#339;uvre d'H&#233;l&#232;ne Cixous ; la r&#233;&#233;criture des mythes dans la litt&#233;rature postcoloniale contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:mzupanci@bama.ua.edu&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;mzupanci@bama.ua.edu&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;mailto:mzupanci833@gmail.com&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;mzupanci833@gmail.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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