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	<title>Association des Lecteurs de Claude Simon</title>
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	<description>Site de l'association des lecteurs de Claude Simon. Prix Nobel de Litt&#233;rature 1985. Bibliographie. Cahiers Claude Simon. Critiques. Ressources. &#338;uvre et actualit&#233; de l'&#339;uvre de Claude Simon.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Zupancic, Metka. &#171; Eurydice &#224; la recherche d'Orph&#233;e : lecture orphique de L'Acacia &#187; (1994)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Zupancic-Metka-Eurydice-a-la-recherche-d-Orphee-lecture-orphique-de-L-Acacia.html</link>
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		<dc:date>2018-01-01T23:20:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Genin</dc:creator>


		<dc:subject>L'Acacia</dc:subject>
		<dc:subject>Mythe</dc:subject>
		<dc:subject>Zupancic, Metka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&lt;:alcs_references :&gt; Metka Zupancic &#171; Eurydice &#224; la recherche d'Orph&#233;e : lecture orphique de L'Acacia de Claude Simon &#187;, p. 200-208, dans Mythes dans la litt&#233;rature contemporaine d'expression fran&#231;aise (Colloque Ottawa, 24-26 mars 1994). Textes r&#233;unis par Metka Zupancic. Ottawa : Editions du Nordir, 1994, 231 p. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; comparer l'&#233;tat des recherches sur Claude Simon avec les approches que nous rencontrons dans le cadre de ce colloque, je dois constater qu'en g&#233;n&#233;ral, les &#233;tudes portant sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-L-Acacia-+.html" rel="tag"&gt;L'Acacia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Mythe-+.html" rel="tag"&gt;Mythe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Zupancic-Metka-234-+.html" rel="tag"&gt;Zupancic, Metka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Metka Zupancic&lt;br/&gt;
&#171; Eurydice &#224; la recherche d'Orph&#233;e : lecture orphique de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; de Claude Simon &#187;, p. 200-208, dans &lt;i&gt;Mythes dans la litt&#233;rature contemporaine d'expression fran&#231;aise&lt;/i&gt; (Colloque Ottawa, 24-26 mars 1994). Textes r&#233;unis par Metka Zupancic. Ottawa : Editions du Nordir, 1994, 231 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; comparer l'&#233;tat des recherches sur Claude Simon avec les approches que nous rencontrons dans le cadre de ce colloque, je dois constater qu'en g&#233;n&#233;ral, les &#233;tudes portant sur l'&#339;uvre de ce Prix Nobel ne se placent que rarement dans le contexte de la mythocritique. Les lectures des textes simoniens continuent &#224; &#234;tre marqu&#233;es par l'id&#233;ologie dominante ayant r&#233;gi les approches du Nouveau Roman, surtout dans les ann&#233;es soixante-dix. Je pense particuli&#232;rement aux postulats de Jean Ricardou qui se situent &#224; la crois&#233;e d'au moins trois orientations critiques : structurale, s&#233;miotique et narratologique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;D'autre part, Simon lui-m&#234;me prend depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es ses distances par rapport au mouvement dont il est issu, de m&#234;me que par rapport &#224; la critique d'inspiration &#171; ricardolienne &#187;. N'emp&#234;che qu'il n'est pas pour autant int&#233;ress&#233; &#224; une lecture symbolique ou mythologique de ses textes, d&#233;clarant souvent que ses romans sont l&#224; pour parler &#224; sa place ; derni&#232;rement, c'&#233;tait toujours le cas lors du colloque tenu en son honneur &#224; l'Universit&#233; Queen's, &#224; Kingston, en octobre 1993.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, si les lecteurs et lectrices surtout am&#233;ricain(e)s de l'&#339;uvre de Simon semblaient attir&#233;(e)s, il y a presque une vingtaine d'ann&#233;es, par la profusion des images arch&#233;typales qu'on y d&#233;c&#232;le, comme par exemple Karen Gould, dans sa th&#232;se &lt;i&gt;Claude Simon's Mythic Muse&lt;/i&gt;, le courant critique d'inspiration surtout jungienne para&#238;t actuellement pratiquement abandonn&#233; par les simoniens. En France, deux coll&#232;gues surtout continuent &#224; travailler sur Claude Simon dans la perspective mythique : Marie Miguet Ollagnier et Jean-Claude Vareille.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pourtant, je trouve un point de d&#233;part pour ma propre lecture de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, dernier roman publi&#233; de Claude Simon, chez celle qui a amplement particip&#233; &#224; la cons&#233;cration du Nouveau Roman, Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#224; la fin de son article &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; &#187;, dans un ouvrage collectif consacr&#233; &#224; Simon, &lt;i&gt;Chemins de la m&#233;moire&lt;/i&gt;. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon affirme que &#171; ce livre nous a forc&#233;s d'explorer le royaume des morts et des mots &#187; (130). Si je la paraphrase, je dirai qu'il s'agit de l'exploration du royaume des morts &#224; l'aide des mots, de la &lt;i&gt;poiesis&lt;/i&gt;, de la litt&#233;rature. Mais voil&#224; non pas, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, et comme on se serait peut-&#234;tre attendu, d'abord et uniquement un Orph&#233;e &#224; la recherche de cette Eurydice rel&#233;gu&#233;e dans l'autre monde. La situation est bien plus complexe : un roman racontant la recherche d'une femme, d'une Eurydice vivante, de la d&#233;pouille de son Orph&#233;e mort. Mais bien s&#251;r, c'est un roman &#233;crit par un homme : il se d&#233;l&#232;gue un porte-parole dans le livre, une instance narratrice t&#233;moin de la qu&#234;te de cette femme, en la personne de l'enfant que la veuve tra&#238;ne avec elle dans les chemins boueux de l'apr&#232;s-guerre de 1918. En outre, cet homme qui &#233;crit s'inscrit lui-m&#234;me dans le roman &#224; titre de chercheur, lui-m&#234;me en qu&#234;te du message que pourraient lui communiquer ceux de l'au-del&#224;, lui-m&#234;me &#224; la recherche du &#171; sens &#187; &#224; donner aux situations absurdes auxquelles &#171; il &#187; est expos&#233;, c'est-&#224;-dire que cette instance narratrice fait face &#224; sa &#171; propre &#187; guerre, celle de 1939-40, mais aussi &#224; toute autre guerre inscrite dans la &#171; m&#233;moire collective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; consid&#233;rer ces quelques informations au sujet de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, il appara&#238;t assez clairement qu'au-del&#224; de l'anecdote, c'est-&#224;-dire de la multitude des anecdotes qui y sont rapport&#233;es, il existe de nombreuses possibilit&#233;s d'exploration des dimensions arch&#233;typales, mythiques, symboliques. Il serait donc possible, et probablement pr&#233;f&#233;rable, de ne pas placer la globalit&#233; du texte uniquement sous l'enseigne du rapport entre la veuve et son &#233;poux tu&#233; &#224; la guerre, sous l'enseigne de la qu&#234;te qui para&#238;t, pourtant, si clairement orphique, malgr&#233; et peut-&#234;tre gr&#226;ce au renversement des r&#244;les, de la situation dans le mythe orphique traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le que l'auteur destine en particulier &#224; cette femme, m&#232;re de ce &#171; il &#187; anonyme, d'ailleurs elle aussi anonyme, peut para&#238;tre assez diff&#233;rent de la description de la figure maternelle, dans le &lt;i&gt;corpus&lt;/i&gt; de ses romans, sans que les modifications du mod&#232;le orphique traditionnel soient pour autant nouvelles dans cette &#233;criture. Je parle de la situation orphique classique, avec l'homme-po&#232;te &#224; la recherche de la femme-inspiratrice, pr&#233;matur&#233;ment aspir&#233;e par le royaume des morts - et que l'homme n'est pas capable de ramener &#224; la vie d'&#171; ici-bas &#187;, qui reste &#224; jamais condamn&#233;e &#224; sa passivit&#233; et &#224; son &#171; emprisonnement &#187; dans l'au-del&#224;. Ce m&#234;me paradigme (si on veut &#171; traditionnel &#187;) est bel et bien utilis&#233; par Simon, par exemple dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; (1981), ne serait-ce que dans le cas de ce g&#233;n&#233;ral sous l'Empire qui d&#233;plore, jusqu'&#224; sa propre mort, et malgr&#233; son remariage, la mort pr&#233;matur&#233;e de celle qui est une &#171; r&#233;incarnation &#187; d'Eurydice. Le g&#233;n&#233;ral fait la connaissance de cette Marie-Anne dans des circonstances tout &#224; fait &#171; mythiques &#187;, lors de la repr&#233;sentation, comme le sugg&#232;re Simon, d'&lt;i&gt;Orfeo&lt;/i&gt; de Gluck dans le th&#233;&#226;tre de Besan&#231;on construit par Ledoux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je signale, dans ma th&#232;se sur &#171; L'orphisme et la polyphonie dans les textes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, comme l'indique le g&#233;n&#233;ral lui-m&#234;me, dans une de ses lettres (historiques) reprises par l'&#233;crivain, Marie-Anne morte continue &#224; &#234;tre la protectrice de son mari. Il en est de m&#234;me dans une autre des trois &#171; intrigues &#187; de ce livre, o&#249; il est question de la femme du personnage signal&#233; uniquement par la lettre O. (Orph&#233;e ? - m&#234;me si nous comprenons &#224; la lecture du texte qu'il s'agit de George Orwell). Elle vient chercher son &#233;poux en Espagne, pendant la guerre civile, et r&#233;ussit &#224; le sauver des enfers, de la mort certaine, pour le ramener dans &#171; leur &#187; monde, en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;L'&#339;uvre simonienne propose donc une cohabitation d'au moins deux versions du mythe orphique, avec au moins deux r&#244;les diff&#233;rents assign&#233;s aux femmes. &lt;i&gt;Absente&lt;/i&gt;, morte, r&#234;v&#233;e (d&#233;j&#224; dans La Route des Flandres), la femme est &#233;galement pr&#233;sente, aux moments cruciaux, aux c&#244;t&#233;s de l'homme. Elle n'est plus &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt; passive, et non plus uniquement inspiratrice. Ou encore mod&#232;le : dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, le narrateur &#8211; toujours &#224; la troisi&#232;me personne &#8211; parle de lui-m&#234;me &#224;, une &#233;poque o&#249; il voulait devenir peintre et dont la compagne &#171; se d&#233;shabillait, posait patiemment pour lui &#187; - la m&#234;me &#171; qu'il avait &#233;pous&#233;e au cours d'une permission &#187;, apr&#232;s sa mobilisation en 1939 (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 378).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il semble donc que, tout en transformant le mod&#232;le mythique traditionnel, Simon n'op&#232;re pas une modification draconienne et unidimensionnelle. Il est vrai que dans ses romans, en l'occurrence &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, la femme sauve de l'oubli, de l'au-del&#224; ; qu'elle ram&#232;ne &#224; la vie de diff&#233;rentes fa&#231;ons. &#192; la diff&#233;rence du d&#233;vouement de la veuve tellement attach&#233;e &#224; la m&#233;moire de son d&#233;funt &#233;poux, la fa&#231;on plus brutale et bien moins &#233;l&#233;gante de ramener &#224; la vie, cette fois dans le cas du narrateur, est celle de r&#233;veiller l'homme par le biais de l'&#233;rotisme (j'y reviendrai). Pourtant, toute pr&#233;sente qu'elle soit, cette femme reste l'accompagnatrice de l'homme, parfois d&#233;lib&#233;r&#233;ment conditionn&#233;e dans tout son comportement, dans tous ses actes, par celui qu'elle aime ou qu'elle &#171; sert &#187;, d'une fa&#231;on ou d'une autre. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, elles, au pluriel et non seulement la veuve, continuent &#224; &#234;tre d&#233;vou&#233;es &#224; ce colonel tu&#233; d&#232;s le d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre mondiale, le 27 ao&#251;t 1914 (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 61). Il est m&#234;me difficile de savoir laquelle des trois femmes, de l'&#233;pouse ou de ses deux s&#339;urs (vierges pratiquement vestales et tr&#232;s androgynes &#224; la fois, pleureuses habill&#233;es en deuil permanent) est plus fid&#232;le &#224; la m&#233;moire de ce quadrag&#233;naire mort pr&#233;matur&#233;ment. Malgr&#233; le renversement de la situation initiale du mythe orphique, avec l'homme qui se trouve dans l' &#171; au-del&#224; &#187; et la femme (ou les femmes) qui, inconsolable(s), essaie(nt) de maintenir vivante sa m&#233;moire (si d&#233;j&#224; il ne peut pas &#234;tre ramen&#233; &#224; la vie), cette femme ne se situe pas vraiment dans l'activit&#233;, celle du &#171; faire &#187;, poiein ; la femme, pleureuse s&#233;par&#233;e de son bien-aim&#233; par la mort, ne puise pas dans son malheur, dans cette s&#233;paration, pour cr&#233;er. Le r&#244;le sugg&#233;r&#233; par Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, celui du cr&#233;ateur qui fait sortir la vie de la mort, n'incombe pas aux femmes mais reste r&#233;serv&#233; &#224; l'homme, &#224; l'enfant de celui qui est tomb&#233; sous les balles. Il faut savoir que le projet de l'&#233;criture par l'homme, cet &#171; il &#187; anonyme, est inscrit dans le roman, &#224; la derni&#232;re page (j'y reviens ; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 380).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il se peut que Simon, en cr&#233;ant ce genre de relations, de situations romanesques, ne fasse que transmettre une exp&#233;rience qu'il avoue &#234;tre autobiographique, m&#234;me si elle est transform&#233;e selon les r&#232;gles impos&#233;es par l'&#233;criture. D'autre part, on peut aussi supposer qu'il fait &#233;tat, dans son &#233;criture, de ce qui existe comme type de relations paradigmatiques, selon lui et &#224; une &#233;poque qui l'int&#233;resse et dont il est t&#233;moin. Bien s&#251;r, d'autres hypoth&#232;ses sont possibles, quant &#224; la volont&#233; de l'&#233;crivain de transformer &#224; fond, dans son &#233;criture, les paradigmes de comportement, les arch&#233;types dont il se nourrit. Toujours est-il que dans ses romans, et malgr&#233; la place qui est r&#233;serv&#233;e aux femmes dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, l'Eurydice r&#233;crite n'est pas une nouvelle Orph&#233;e, comme on le voit actuellement dans la litt&#233;rature contemporaine des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Toutefois, en inscrivant tr&#232;s d&#233;lib&#233;r&#233;ment l'&#233;criture simonienne dans le domaine orphique, pour des raisons plus amplement d&#233;velopp&#233;es et argument&#233;es dans ma th&#232;se sur &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, je sugg&#232;re que cette paradigmatique mythique continue &#224; int&#233;resser et &#224; fa&#231;onner l'&#233;criture fran&#231;aise, occidentale et contemporaine. Par ailleurs, je me rends parfaitement compte que le mod&#232;le orphique remani&#233;, restructur&#233;, avec ce &#171; tiers &#187; comme instance narratrice et potentiellement scripturale, dans le dernier roman simonien, ouvre de nouvelles perspectives &#224; l'analyse critique. Je pense notamment au retour, par le biais de l'orphisme, &#224; ce qu'on appelle souvent le mythe &#233;gyptien le plus caract&#233;ristique, celui d'Osiris et d'Isis, avec plusieurs phases o&#249;, comme l'indique d'ailleurs Isis Khalil dans sa propre communication, l' &#171; activit&#233; &#187; d'Isis vient apr&#232;s celle d'Osiris. Nombreux sont les auteurs qui &#233;tablissent la filiation du mythe grec d' Orph&#233;e &#224; partir des donn&#233;es conceptuelles &#233;gyptiennes et donc, de toute la cosmologie herm&#233;tique (je pense &#233;videmment &#224; Herm&#232;s Trism&#233;giste, m&#234;me s'il existe des doutes quant &#224; l'origine purement &#233;gyptienne et ancienne de ce corpus). Dans le mythe &#233;gyptien, Isis est &#224; la recherche de la d&#233;pouille (d&#233;pec&#233;e, en plus) de son &#233;poux ; une fois les morceaux du corps remis ensemble, Isis peut concevoir d'Horus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; une situation qui pourrait &#234;tre mise en hypotexte du roman simonien. Le triangle entre la m&#232;re, le p&#232;re et le fils y existe ; le fils y na&#238;t, cependant, avant la mort du p&#232;re (m&#234;me si c'est dans un &#171; autre monde &#187;, dans une des colonies fran&#231;aises o&#249; est affect&#233; le p&#232;re, colonel de la marine). &#201;videmment, dans le roman, cet enfant, devenu narrateur, est lui-m&#234;me &#224; la recherche de son p&#232;re, &#224; travers de nombreuses exp&#233;riences (douloureuses) de sa propre vie. C'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#233;l&#233;ment qui me fait h&#233;siter &#224; abandonner le mod&#232;le orphique, puisqu'une triangulation, avec le tiers pr&#233;sent dans la qu&#234;te, est inscrite dans ce mythe aussi. Dans diff&#233;rentes repr&#233;sentations iconographiques du mythe, dont parmi les plus marquantes celle qu'on nomme le bas-relief de Naples, on voit, &#224; c&#244;t&#233; d'Eurydice et d'Orph&#233;e, le guide, Herm&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La photographie de ce bas-relief qui se trouve au Mus&#233;e national de Naples (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Donc, dans sa descente vers les enfers, et surtout lors de sa remont&#233;e, Orph&#233;e a besoin d'un psychopompe, m&#234;me s'il ne r&#233;ussit pas dans son entreprise de ramener Eurydice &#224; la lumi&#232;re du jour. Si j'applique cette situation &#224; &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, o&#249; plusieurs personnages peuvent partiellement participer &#224; plusieurs myth&#232;mes &#224; la fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est d'ailleurs une pratique courante chez Simon, tant dans Les G&#233;orgiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, je dirai que le r&#244;le d'Herm&#232;s, de m&#233;diateur et de communicateur, y est pr&#233;sent, m&#234;me si c'est encore l&#224; la fa&#231;on typique de Simon. La descente symbolique aux enfers y appara&#238;t comme au moins double, celle de la veuve mise c&#244;te &#224; c&#244;te avec celle du fils ; les &#233;preuves lors de cette &lt;i&gt;catabasis&lt;/i&gt; sont n&#233;anmoins diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Mais comme je l'ai d&#233;j&#224; sugg&#233;r&#233;, ce fils-narrateur est charg&#233; d'une autre fonction : &#224; titre de t&#233;moin, il valorise, justifie en quelque sorte la qu&#234;te de la veuve, en la mettant en miroir, en analogie avec les qu&#234;tes o&#249; il est impliqu&#233; lui-m&#234;me. En outre, il agit lui-m&#234;me, dans le roman, comme une instance double, acteur et observateur &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; de ses propres &#233;preuves initiatiques. C'est gr&#226;ce &#224; lui, en tant que supra-instance narratrice, d&#233;tach&#233;e des &#233;v&#233;nements advenus &#171; plus t&#244;t &#187; dans la &#171; chronologie &#187; romanesque et superpos&#233;e en t&#233;moin &#224; ces derniers, que ces mises en miroir sont possibles, c'est lui qui sert de lien entre eux. Si je dis lien, je dis Herm&#232;s, et, pour revenir &#224; mes r&#233;flexions sur les origines &#233;gyptiennes du mythe orphique, la figure d'Herm&#232;s, apparaissant de fa&#231;on semblable dans les deux civilisations, n'est-elle pas une preuve, &#224; elle toute seule, de cette triangulation in&#233;vitable, tant dans le mythe osiriaque qu'orphique ? Pour sortir du texte, et pour jouer sur les diff&#233;rentes acceptions du contexte &#171; herm&#233;tique &#187;, l'auteur n'est-il pas lui-m&#234;me en m&#234;me temps un Orph&#233;e puisant dans la m&#233;moire, dans les enfers des r&#233;seaux qu'il veut exploiter, et un. Herm&#232;s communicateur, transmetteur des connaissances ? Il serait alors &#224; cheval entre plusieurs cultures, reprenant le pass&#233; et annon&#231;ant en quelque sorte l'avenir, utilisant, faisant revivre diff&#233;rents mod&#232;les de pens&#233;e, c'est-&#224;-dire diff&#233;rents myth&#232;mes qu'il inscrit dans son roman, dans un texte qui, par rapport &#224; ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit surtout dans les ann&#233;es soixante-dix, se pr&#233;sente comme beaucoup moins &#171; herm&#233;tique &#187;, mais qui exige n&#233;anmoins un consid&#233;rable effort &#171; herm&#233;neutique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les romans simoniens de cette &#233;poque, le plus &#171; herm&#233;tique &#187;, dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est donc bien lui qui ram&#232;ne &#224; la vie, bien s&#251;r litt&#233;raire, ce qui &#171; tombe en morceaux &#187; et que &#171; nous r&#233;organisons de nouveau &#187;, pour paraphraser Simon lui-m&#234;me dans son emprunt de la citation, on ne peut plus orphique, de Rilke, telle qu'utilis&#233;e en exergue &#224; &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'indique l'exergue au complet : &#171; Cela nous submerge. Nous l'organisons. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci nous replace &#233;videmment, d'une part, dans l'orphisme tel quel, mais encore, dans l'&#201;gypte ancienne, par le biais des symboles franc-ma&#231;ons pressentis dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; par Fran&#231;oise van Rossum-Guyon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je cite ici la fin de sa note, dans l'article d&#233;j&#224; indiqu&#233; : &#171; Sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pour que la &#171; vie sorte de la mort &#187;, pour qu'il y ait litt&#233;rature, puisque le narrateur se met lui-m&#234;me &#224; &#233;crire, il doit donc remonter &#224; la vie, apr&#232;s l'abrutissement total dans l'arm&#233;e fran&#231;aise et ensuite, dans le camp des prisonniers de guerre. Les phases de ce retour s'inscrivent dans les derni&#232;res pages du roman, la fin ouvrant la voie de retour vers le d&#233;but du livre. Il faudrait peut-&#234;tre signaler que d&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, le narrateur, identifi&#233; comme O., se trouve devant une page blanche, dans les derni&#232;res lignes du roman, et il y inscrit les mots par lesquels commence ce m&#234;me texte. Dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; (11), le premier mot du premier chapitre est un pronom personnel au f&#233;minin et au pluriel, &#171; Elles &#187; (il vient apr&#232;s l'identification, en chiffre romain, de ce chapitre et de son &#171; titre &#187;, 1919, &#224; la p. 9, qui pr&#233;cise le moment de la recherche, par les trois femmes, de la d&#233;pouille du colonel). Le narrateur de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt; indique sa progression vers l'&#233;criture, dans la p&#233;riode suivant sa d&#233;mobilisation, &#224; travers le r&#233;veil de la force vitale : il passe de thanatos &#224; &#233;ros, mais un &#233;ros tr&#232;s pulsionnel, d&#233;pourvu de tout sentiment : &#171; la fille [...] dans laquelle il s'&#233;tait vid&#233; ou plut&#244;t avait explos&#233; &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 369). Curieusement, alors que les personnages &#233;voqu&#233;s n'ont pas de nom propre, une des prostitu&#233;es est signal&#233;e par son &#171; mythonyme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'emprunte ce terme &#224; Fran&#231;ois Rigolot, Po&#233;tique et onomastique (113).&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par sa fonction de sorci&#232;re et de s&#233;ductrice (&#171; l'ensorcelante et v&#233;nale Circ&#233; &#187;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 367 ; celle qui par magie transforme les hommes en b&#234;tes ; l'instance initiatique que le voyageur, comme dans une &#171; Odyss&#233;e &#187;, doit franchir s'il ne veut pas s'enliser dans la sensualit&#233; brutale). Le bordel est d'ailleurs situ&#233; dans un monde autre que celui, &#171; scandaleux et insupportable &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 367), dont s'&#233;chappe le narrateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Vient ensuite l'int&#233;r&#234;t pour la nature et la visite de &#171; ses vignes &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 375), avec le premier retour &#224; la cr&#233;ativit&#233; : les dessins qu'il fait et o&#249; il copie &#171; avec le plus d'exactitude possible, les feuilles d'un rameau &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 376), dans un acte de concentration sur ce que sont les faits de la nature (mais pas ceux des hommes : il refuse de lire les journaux). Son engo&#251;ment pour l'&#233;rotisme se stabilise &#224; l'arriv&#233;e de sa femme r&#233;ussissant &#224; franchir la fronti&#232;re, encore entre deux mondes, la France occup&#233;e et le Sud vichyssois. La derni&#232;re &#233;tape avant l'&#233;criture, dans ce voyage de &lt;i&gt;thanatos&lt;/i&gt; d'abord, &#224; &lt;i&gt;&#233;ros&lt;/i&gt; et finalement &#224; &lt;i&gt;poiesis&lt;/i&gt; (les trois domaines tellement significatifs dans le mythe d'Orph&#233;e), c'est la lecture de &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 379).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Quel est, &#224; partir de la derni&#232;re page qui renoue en quelque sorte avec la premi&#232;re, l'enjeu mis en sc&#232;ne, dans &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, en dehors de ce que j'ai d&#233;j&#224; avanc&#233; ? Je retourne bri&#232;vement &#224; une des manifestations de la qu&#234;te, ou encore, du paradigme orphique, qui se trouve principalement d&#233;crit dans le chapitre V, surtout consacr&#233; &#224; l'histoire amoureuse entre la jeune femme et le militaire. Il faut signaler que dans l'agencement simonien de l'anecdote, la qu&#234;te de 1919, celle de la veuve accompagn&#233;e de l'enfant et de ses deux belles-s&#339;urs, occupant tout le premier chapitre, aboutit &#224; la d&#233;couverte d'une tombe, possiblement celle de l'&#233;poux (&#171; Et &#224; la fin elle trouva &#187;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 24). L' &#171; histoire &#187; de cette &#171; jeune fille &#187; approchant la trentaine et refusant tout soupirant, avant qu'elle ne rencontre ce lieutenant visiblement d'un monde tout &#224; fait diff&#233;rent du sien (elle est riche et oisive, il est pauvre et a toujours travaill&#233; tr&#232;s dur de ses mains), est plac&#233;e m&#234;me apr&#232;s le IIIe chapitre relatant la mort de cet homme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans ce livre dispos&#233; en douze chapitres dont les impairs traitent plus particuli&#232;rement du &#171; pass&#233; familial &#187; du narrateur, alors que les chapitres pairs sont r&#233;serv&#233;s &#224; ses propres exp&#233;riences, il est int&#233;ressant de constater qu'&#224; l'int&#233;rieur du chapitre V (entre les pages 107 et 150), certaines indications jouent encore sur ce chiffre 12 ou sur le 3 fois 4, ou encore 3 plus 4. La jeune femme a deux autres s&#339;urs, mari&#233;es, l'a&#238;n&#233;e ayant 4 enfants, la cadette &#233;tant d&#233;j&#224; morte ; la p&#233;riode la plus intens&#233;ment r&#233;serv&#233;e &#224; la &#171; relation &#187;, entre cette femme assez opulente et l'homme &#224; la barbe carr&#233;e, s'&#233;tend sur 12 ann&#233;es. Pendant les 4 ann&#233;es de fr&#233;quentation tout &#224; fait &#224; distance, le militaire doit convaincre tant la famille de sa &#171; fianc&#233;e &#187; que ses deux s&#339;urs du bien-fond&#233; de son choix ; 4 ann&#233;es de vie conjugale s'&#233;coulent dans un monde d&#233;crit comme &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; (Madagascar, m&#234;me si l'endroit n'est pas nomm&#233;, comme ne le sont pas les autres lieux &#8211; ou les personnages &#8211; cruciaux dans le roman) ; viennent finalement les 4 ann&#233;es de souffrance intense et de deuil. Ces jeux num&#233;riques, pour ne pas dire num&#233;rologiques, m&#233;riteraient certainement d'&#234;tre approfondis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les permutations du mod&#232;le orphique revenant dans ce chapitre sont nombreuses et riches de sens : la jeune femme plut&#244;t amorphe est &#171; r&#233;veill&#233;e &#187; par cet Orph&#233;e qui l'emm&#232;ne avec lui dans un autre monde, mais qui est celui de l'apoth&#233;ose et de la f&#233;licit&#233; ; en m&#234;me temps, celle qui se remettait &#224; sa m&#232;re pour toute chose continue &#224; se faire exprimer par son &#233;poux (dans les lettres que celui-ci envoie &#224; sa belle-m&#232;re) ; elle est donc une Pers&#233;phone bien int&#233;ressante, ne mettant en valeur sa propre volont&#233; que par rapport au d&#233;funt, lorsqu'elle s'acharne &#224; retrouver sa d&#233;pouille. &#192; ce moment, l'enfant n&#233; de cette union se voit entour&#233; de femmes, &#233;lev&#233; dans une sorte de gyn&#233;c&#233;e tr&#232;s mythique lui-m&#234;me. Cependant, avant le d&#233;part du militaire pour le front, c'est lui-m&#234;me qui ram&#232;ne sa femme &#224; ce monde, tout en &#233;tant &#171; comme d&#233;j&#224; absent, ailleurs &#187; (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 148) ; ce monde dans lequel elle &#171; rena&#238;t &#187; (la M&#233;diterran&#233;e est d&#233;crite, 147, comme une &#171; matrice &#187;) est celui des pleurs (&#171; Elle essaye de sourire. Elle pleure &#187;, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 150). Dans ce m&#234;me monde, elle est d'ailleurs comme sacrifi&#233;e, telle une Dionysos Zagr&#233;os, elle qui, dans sa jeunesse, assistait aux tauromachies : dans sa maladie, elle est d&#233;coup&#233;e &#171; savamment en morceaux &#187; par les m&#233;decins (&lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, 126), m&#234;me avant sa mort (souhait&#233;e probablement comme moyen de retrouver celui avec qui elle a connu, de son vivant, l'apoth&#233;ose).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sans pouvoir vraiment conclure ma lecture de &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, ce roman initiatique, roman d'initiation, je voudrais insister sur le fait que de nombreuses questions int&#233;ressantes restent ouvertes, &#224; exploiter &#224; d'autres moments de lecture. Pour me r&#233;sumer, je reprends, par ailleurs, mon hypoth&#232;se au sujet des transformations r&#233;centes du paradigme orphique. Je dirais que dans son &#233;criture, Simon, visiblement int&#233;ress&#233; aux hypotextes mythiques, condense, &#224; l'aide du mod&#232;le orphique, une s&#233;rie d'images symboliques qui l'am&#232;nent &#224; restructurer les donn&#233;es traditionnelles, sans que toutefois il les bouscule de fa&#231;on tr&#232;s radicale. D'ailleurs, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, malgr&#233; l'incroyable richesse attest&#233;e des associations, des analogies, des combinaisons de toutes sortes, formelles ou s&#233;mantiques, marque un retour &#224; une &#233;criture moins &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, moins &#233;clat&#233;e, ce qui semble se manifester dans son utilisation des mod&#232;les mythiques. Reste &#224; savoir ce que Claude Simon nous pr&#233;pare encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OUVRAGES DE R&#201;F&#201;RENCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DURAND, Gilbert, &lt;i&gt;Figures mythiques et visages de l'&#339;uvre&lt;/i&gt;, Paris, Berg International, 1979.&lt;br/&gt;
GOULD, Karen, &lt;i&gt;Claude Simon's Mythic Muse&lt;/i&gt;, Columbia, SC, French Literature Publications, 1979.&lt;br/&gt;
RICARDOU, Jean, &lt;i&gt;Nouveaux Probl&#232;mes du roman&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1978. RIGOLOT, Fran&#231;ois, &lt;i&gt;Po&#233;tique et onomastique&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Librairie Droz, 1977. &lt;br/&gt;
SEGAL, Charles, &lt;i&gt;Orpheus : The myth of the Poet&lt;/i&gt;, Baltimore, Johns Hopkins UP, 1989.&lt;br/&gt;
SIMON, Claude. &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1960. &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1969. &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1973. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1981. &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1989.&lt;br/&gt;
VAN ROSSUM-GUYON, Fran&#231;oise, &#171; Un regard d&#233;chirant. &#192; propos de L'Acacia &#187;, &lt;i&gt;Claude Simon. Chemins de la m&#233;moir&lt;/i&gt;e, dir. Mireille Calle-Gruber, Sainte-Foy, Le Griffon d'argile, 1993, p. 119-130.&lt;br/&gt;
ZUPANCIC, Metka. &lt;i&gt;L'orphisme et polyphonie dans les textes de Claude Simon&lt;/i&gt;. Th&#232;se de philologie romane, Universit&#233; de Zagreb, Croatie, 1988. (Texte int&#233;gr&#233; au manuscrit du livre &lt;i&gt;Lectures de Claude Simon. La polyphonie de la structure et du mythe&lt;/i&gt;, &#224; para&#238;tre aux &#201;ditions Balzac.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je signale, dans ma th&#232;se sur &#171; L'orphisme et la polyphonie dans les textes de Claude Simon &#187;, que cette conjoncture est tout &#224; fait fictive et qu'elle sert justement, je dirais m&#234;me uniquement, &#224; mettre en relation ces trois &#171; instances &#187; repr&#233;sentatives de la fin du XVIIIe si&#232;cle, un g&#233;n&#233;ral napol&#233;onien, artilleur et franc-ma&#231;on, le compositeur et l'architecte tous deux &#171; orphiques &#187;, connus pour leur affiliation avec les franc-ma&#231;ons. Il n'est donc pas surprenant que j'accorde une telle importance &#224; la remarque de Fran&#231;oise van Rossum-Guyon au sujet du symbolisme de cet arbre qu'est l'acacia (&#171; Un regard... &#187;, 130) : &#171; Dans la tradition ma&#231;onnique, l'acacia, symbole de r&#233;g&#233;n&#233;ration spirituelle, c'est-&#224;-dire immortalit&#233; et r&#233;surrection. Sur les monuments de l'&#201;gypte ancienne figure un sarcophage d'o&#249; sort un acacia et la devise : Osiris s'&#233;lance, signifiant &#034;la vie sort de la mort&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La photographie de ce bas-relief qui se trouve au Mus&#233;e national de Naples est d'ailleurs reproduite sur la couverture du livre &lt;i&gt;Orpheus : The Myth of the Poet&lt;/i&gt;, de Charles Segal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est d'ailleurs une pratique courante chez Simon, tant dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; que dans ses autres romans avant les ann&#233;es quatre-vingt. Le terme &#171; myth&#232;me &#187; est emprunt&#233; surtout &#224; Gilbert Durand, comme il en parle &#224; plusieurs reprises dans &lt;i&gt;Figures mythiques et visages de l'ouvre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi les romans simoniens de cette &#233;poque, le plus &#171; herm&#233;tique &#187;, dans le sens de la difficult&#233; qu'il repr&#233;sente pour la lecture, est probablement &lt;i&gt;Triptyque&lt;/i&gt; (1973) que Ricardou a lui-m&#234;me analys&#233;, surtout au niveau de sa structure, dans le contexte du Dispositif osiriaque &#187; (&lt;i&gt;Nouveaux Probl&#232;mes du roman&lt;/i&gt;, 179 et sq.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'indique l'exergue au complet : &#171; Cela nous submerge. Nous l'organisons. Cela tombe en morceaux. Nous l'organisons de nouveau et tombons nous-m&#234;mes en morceaux. &#187; (&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; 7)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je cite ici la fin de sa note, dans l'article d&#233;j&#224; indiqu&#233; : &#171; Sur les monuments de l'&#201;gypte ancienne figure un sarcophage d'o&#249; sort un acacia et la devise : Osiris s'&#233;lance, signifiant &#034;la vie sort de la mort&#034;. &#187; (&lt;i&gt;Chemins&lt;/i&gt;, 130)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'emprunte ce terme &#224; Fran&#231;ois Rigolot, &lt;i&gt;Po&#233;tique et onomastique&lt;/i&gt; (113).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nitsch, Wolfram. &#171; Une po&#233;tique de la d&#233;pense. Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie &#187; (2008)</title>
		<link>https://www.associationclaudesimon.org/Nitsch-Wolfram-Une-poetique-de-la-depense-Claude-Simon-et-le-College-de.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.associationclaudesimon.org/Nitsch-Wolfram-Une-poetique-de-la-depense-Claude-Simon-et-le-College-de.html</guid>
		<dc:date>2013-02-11T21:53:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;lle Gleize</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>La Bataille de Pharsale</dc:subject>
		<dc:subject>Le Jardin des Plantes</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Orion aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>Bataille, Georges</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;taphore</dc:subject>
		<dc:subject>Mythe</dc:subject>
		<dc:subject>Leiris, Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Nitsch, Wolfram</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Wolfram Nitsch.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une po&#233;tique de la d&#233;pense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.associationclaudesimon.org/+-Nitsch-Wolfram-+.html" rel="tag"&gt;Nitsch, Wolfram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;references&#034; id=&#034;references&#034;&gt;
&lt;h2&gt;R&#233;f&#233;rence(s)&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Wolfram Nitsch. &#171; Une po&#233;tique de la d&#233;pense. Claude Simon et le Coll&#232;ge de Sociologie &#187;. &lt;a href='https://www.associationclaudesimon.org/Cahiers-Claude-Simon-4-2008-20.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, 4, 2008&lt;/a&gt;, p. 33-52
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;affinite&#034;&gt;1. Une affinit&#233; inavou&#233;e&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Coll&#232;ge de Sociologie, fond&#233; &#224; la veille de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale par un groupe d'anthropologues et de surr&#233;alistes tardifs pour explorer le r&#244;le du sacrifice, de la d&#233;pense et de la transgression dans le monde moderne, n'est que rarement cit&#233; par les lecteurs de Claude Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre d'exception, on peut citer pourtant Claude DuVerlie, &#171; Amor (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En ceci, ils imitent l'auteur lui-m&#234;me qui a pourtant prouv&#233; qu'il connaissait bien l'&#339;uvre des fondateurs de cette institution &#233;ph&#233;m&#232;re mais flamboyante, notamment celle de Georges Bataille et de Michel Leiris. Dans ses fictions, il &#233;voque &#224; plusieurs reprises certains monuments de cultes anciens autour desquels gravitent les derniers essais de Bataille, contemporains des premiers romans majeurs de Simon. Le narrateur de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; se rappelle des photos qui montrent les statues phalliques dress&#233;es dans le sanctuaire de Dionysos &#224; D&#233;los (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 593), de m&#234;me que la photo qui figure sur le frontispice de &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt; ; le protagoniste d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; se compare &#224; &#171; ce guerrier ou chasseur ithyphallique de la pr&#233;histoire &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 125), dont l'image rupestre, situ&#233;e au plus profond de la caverne de Lascaux, est comment&#233;e en d&#233;tail dans &lt;i&gt;Les Larmes d'&#201;ros&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Bataille, L'&#201;rotisme, Paris, Minuit, &#171; Critique &#187;, 1957, p. 7 ; Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et dans un entretien enregistr&#233; &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;, Simon n'h&#233;site pas &#224; mettre Leiris au m&#234;me rang que Proust, Faulkner, Conrad et C&#233;line. &#192; propos du deuxi&#232;me tome de son autobiographie &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, il souligne qu'entre les grands &#233;crivains du vingti&#232;me si&#232;cle &#171; il y a aussi Michel Leiris : toute son &#339;uvre, qu'&#224; mon avis on ne conna&#238;t pas assez. En particulier &lt;i&gt;Fourbis&lt;/i&gt;, et dans &lt;i&gt;Fourbis&lt;/i&gt; ce morceau admirable : &#8220;Vois ! d&#233;j&#224; l'ange&#8230;&#8221; qui est un des chefs-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature fran&#231;aise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Entretien avec Claude Simon &#187; (1960), dans : Madeleine Chapsal, Quinze (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; cette r&#233;f&#233;rence explicite et &#233;logieuse s'oppose la r&#233;ticence frappante que Simon a manifest&#233; plus tard &#224; l'&#233;gard de Leiris. Dans &lt;i&gt;Le Jardin des Plantes&lt;/i&gt;, il fait un portrait assez caricatural de ce dernier quand il &#233;voque la fameuse soir&#233;e th&#233;&#226;trale du 19 mars 1944, c&#233;l&#233;br&#233;e dans l'appartement de Leiris et observ&#233;e par Simon lui-m&#234;me. D'une part, l'h&#244;te d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre s'y pr&#233;sente comme un ami de la &#171; subversion elle-m&#234;me &#187;, de l'&#171; ex&#233;cration de toute esp&#232;ce d'ordre &#187;, saluant la pi&#232;ce &lt;i&gt;Le d&#233;sir attrap&#233; par la queue&lt;/i&gt; de Picasso dont il prot&#232;ge la premi&#232;re (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 1149) ; en ceci, il semble partager les go&#251;ts du jeune romancier inconnu, fascin&#233; par le surr&#233;alisme tardif qu'il a d&#233;couvert &#224; travers la revue &lt;i&gt;Minotaure&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, LXX). D'autre part, l'ex-surr&#233;aliste y est d&#233;crit comme un communiste de salon, un &#171; dandy &#187; irresponsable qui voue &#171; un culte inconditionnel et pour ainsi dire philosophique &#187; &#224; Staline, tout en ignorant l'exp&#233;rience de la guerre qu'il a laiss&#233;e passer dans la &#171; voli&#232;re biens&#233;ante et feutr&#233;e &#187; de son appartement parisien (&lt;i&gt;JP&lt;/i&gt;, 1151). &#192; l'&#233;loge de l'&#233;crivain Leiris se superpose et se substitue donc une critique s&#233;v&#232;re de l'intellectuel Leiris : devenu sceptique &#224; l'&#233;gard du communisme sovi&#233;tique, Simon le d&#233;nonce maintenant comme un stalinien incorrigible, lui reprochant de l&#233;gitimer une violence politique et militaire qu'il n'a jamais subie lui-m&#234;me. N&#233;anmoins, il me semble que cette pol&#233;mique politique tardive &#8211; et sans doute discutable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'engagement parall&#232;le de Leiris et de Simon dans la R&#233;sistance et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; ne soit que le revers d'une profonde affinit&#233; esth&#233;tique. Bien que Simon n'ait plus jamais reconnu apr&#232;s 1960 l'emprise de Leiris sur ses romans, on peut les lire &#224; la lumi&#232;re d'une po&#233;tique de la d&#233;pense. En r&#233;sumant la th&#232;se d&#233;velopp&#233;e dans un livre d&#233;j&#224; ancien, mais toujours inaccessible aux lecteurs francophones, je me propose d'esquisser ici les contours de cette po&#233;tique et de la mettre en relief dans une lecture exemplaire &#8211; consacr&#233;e &#224; une seule longue phrase de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wolfram Nitsch, Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;nomade&#034;&gt;2. &#201;criture nomade et &#233;criture sacrificielle&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le g&#233;ant mythologique peint par Poussin et d&#233;crit par Simon dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt; peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une figure all&#233;gorique du romancier qui commente son propre travail dans la pr&#233;face &#224; ce livre, il renvoie &#224; deux po&#233;tiques diff&#233;rentes qui coexistent dans l'&#339;uvre simonienne, quoique la plupart des essais critiques de l'auteur n'en soulignent que la premi&#232;re. D'un c&#244;t&#233;, Orion aveugle personnifie &#233;videmment une po&#233;tique de la recherche. Ne pouvant voir o&#249; il va, il ressemble au &#171; voyageur &#233;gar&#233; dans une for&#234;t &#187; dont parle la pr&#233;face &#224; propos de &#171; l'aventure singuli&#232;re du narrateur qui ne cesse de chercher, d&#233;couvrant &#224; t&#226;tons le monde dans et par l'&#233;criture &#187; (&lt;i&gt;OA&lt;/i&gt;, 1183). Comme les mots renvoient toujours &#224; d'autres mots, comme ils sont &#171; autant de carrefours o&#249; plusieurs routes s'entrecroisent &#187; (1182), l'&#233;crivain conscient de ce pouvoir d&#233;sorientant du langage doit par cons&#233;quent pratiquer une &#233;criture qui diff&#232;re le r&#233;f&#233;rent et d&#233;centre l'&#233;metteur du signe verbal. Au moyen de concepts forg&#233;s par Derrida et par Deleuze, on a pu montrer comment cette recherche &#171; dans et par l'&#233;criture &#187; est mise en sc&#232;ne dans les romans de Simon, non seulement au niveau de la narration, mais aussi au niveau de l'histoire. Les protagonistes, cherchent quelque chose qui leur &#233;chappe en scrutant des cahiers, des lettres ou des cartes postales ; les narrateurs continuent encore &#224; se poser la question &#171; comment &#233;tait-ce ? &#187; ou &#171; comment savoir ? &#187; et manifestent ce non-savoir par une &#171; &#233;criture nomade &#187;, g&#233;n&#233;ratrice de s&#233;ries ouvertes ; et cette investigation interminable ob&#233;it &#224; la logique du &#171; suppl&#233;ment &#187; ou du &#171; post-scriptum &#187;, de sorte qu'elle se prolonge d'un roman &#224; l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une lecture derridienne, cf. par exemple Warning, &#171; Les espaces de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais d'un autre c&#244;t&#233;, le g&#233;ant mythologique incarne tout aussi bien une po&#233;tique de la d&#233;pense. Comme le rappelle sa description dans &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, sa c&#233;cit&#233; provient d'une transgression violente. Orion a &#233;t&#233; aveugl&#233; par l'&#233;p&#233;e d'&#338;nopion, parce qu'il avait viol&#233; la fille de celui-ci, M&#233;rope, en &#233;tat d'ivresse ; et il sera tu&#233; par les fl&#232;ches d'Art&#233;mis, parce qu'il ne respecte aucune limite dans ses exploits de grand chasseur. Consid&#233;r&#233;e sous le jour du mythe entier, l'errance d'Orion aveugle n'est qu'un &#233;pisode intercal&#233; dans une histoire marqu&#233;e par la violence, en partie exerc&#233;e et en partie subie par le g&#233;ant mythologique. Si le romancier s'attribue le r&#244;le d'un &#171; voyageur &#233;gar&#233; &#187; qui marche sur les pas de celui-ci, il renvoie donc en m&#234;me temps &#224; cette histoire sombre qui fait appara&#238;tre son propre travail comme un acte de d&#233;pense. Simon l'indique &#224; demi-mot dans la pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, disant que le cheminement de l'&#233;criture ne peut avoir d'autre terme que l'&#171; &#233;puisement &#187; de l'&#233;crivain (&lt;i&gt;OA&lt;/i&gt;, 1183). Mais en g&#233;n&#233;ral cette autre po&#233;tique sugg&#233;r&#233;e &#224; travers le mythe ancien reste implicite, absente des auto-commentaires de l'auteur. Pour la rendre explicite, il faut remonter &#224; l'esth&#233;tique du Coll&#232;ge de Sociologie qui consid&#232;re l'art et la litt&#233;rature comme une r&#233;serve privil&#233;gi&#233;e pour des actes de d&#233;pense maudits dans la soci&#233;t&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une exposition particuli&#232;rement succincte de cette esth&#233;tique est donn&#233;e par Leiris dans son essai &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1938, au point culminant de l'activit&#233; du Coll&#232;ge. Dans la double perspective de l'ethnographe et de l'autobiographe, l'&#233;crivain autrefois tant c&#233;l&#233;br&#233; par Simon y examine la corrida espagnole qu'il caract&#233;rise comme une &#171; f&#234;te sacrificielle &#187; et un &#171; art majeur &#187;, comme un miroir &#224; deux faces refl&#233;tant &#224; la fois un rite violent r&#233;volu et une litt&#233;rature moderne qui en &#171; incorpore &#187; les gestes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Leiris, Miroir de la tauromachie (1938), Montpellier, Fata Morgana, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la lumi&#232;re de l'anthropologie sociale, il d&#233;crit la tauromachie d'abord comme une c&#233;r&#233;monie anachronique de d&#233;pense improductive. Tel un sacrifice qui permet la transgression rituelle de tabous culturels, elle met en sc&#232;ne une mise &#224; mort et par l&#224; provoque un d&#233;cha&#238;nement de passions. Le matador qui est au centre du spectacle se d&#233;pense dans un acte &#224; la fois agressif et &#233;rotique ; il vit le combat contre le taureau comme une extase sexuelle qui culmine dans le geste phallique du coup mortel. Situ&#233;e au &#171; carrefour d'une accumulation et d'une d&#233;pense &#187;, la corrida ob&#233;it &#224; l'&#233;conomie archa&#239;que du &lt;i&gt;potlatch&lt;/i&gt;, qui selon l'&#233;tude classique de Mauss consiste dans la destruction spectaculaire de biens laborieusement accumul&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 26 et 71, n. 3 ; cf. Marcel Mauss, &#171; Essai sur le don &#187; (1924), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, comme elle n'implique pas seulement la dilapidation mat&#233;rielle, mais aussi bien la d&#233;pense extatique de soi-m&#234;me, elle correspond encore plus &#224; la &#171; notion de d&#233;pense &#187; propos&#233;e par Bataille pour cerner les transformations du potlatch dans la soci&#233;t&#233; moderne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Georges Bataille, &#171; La notion de d&#233;pense &#187; (1933), dans : &#338;uvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Selon Bataille, le m&#233;canisme du sacrifice, qui n'est plus compatible avec l'&#233;conomie capitaliste, persiste dans certaines c&#233;r&#233;monies religieuses ou profanes, dans les manifestations sportives accompagn&#233;es de paris excessifs, mais aussi et surtout dans l'exp&#233;rience de la sexualit&#233; non procr&#233;atrice qu'il lie &#224; l'exp&#233;rience de la mort. Si la tauromachie provoque une extase &#233;rotique, l'&#233;rotisme m&#232;ne &#224; une &#171; petite mort &#187; qui efface les limites entre sujet et objet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, Les Larmes d'Eros, op. cit., p. 62 ; voir aussi L'&#201;rotisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Mais pour Leiris, l'examen anthropologique de la tauromachie n'est que le premier pas vers une interpr&#233;tation esth&#233;tique qui souligne moins les analogies que les diff&#233;rences entre celle-ci et les sacrifices anciens. D'abord, cette manifestation tardive de la d&#233;pense improductive se caract&#233;rise par la r&#233;ciprocit&#233; potentielle du geste sacrificiel. Bien que tout se termine par la mise &#224; mort du taureau, la fascination particuli&#232;re de la corrida r&#233;side dans la distribution instable des r&#244;les : le matador risque &#224; son tour de trouver la mort, de sorte que l'ordre du sacrifice peut s'alt&#233;rer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leiris : Miroir de la tauromachie, op. cit., pp. 3032 ; voir aussi L'&#194;ge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; ce caract&#232;re impr&#233;visible de la corrida se joint en outre sa beaut&#233; ambivalente, qui r&#233;sulte de l'interaction asym&#233;trique de deux &#233;l&#233;ments polaires. Si le matador repr&#233;sente l'&#233;l&#233;ment &#171; droit &#187; de l'ordre et le taureau l'&#233;l&#233;ment &#171; gauche &#187; du chaos, leur confrontation se range plut&#244;t sous le signe du dernier, puisque tout tourne autour de l'irruption de la &#171; catastrophe du taureau &#187;. Loin de l'ambigu&#239;t&#233; terrifiante, mais en fin de compte rassurante du sacr&#233; ancien, loin aussi d'une &#171; harmonie des contraires &#187; ch&#232;re &#224; la po&#233;tique romantique, la &#171; beaut&#233; tauromachique &#187; correspond au contraire &#224; l'esth&#233;tique moderne de Baudelaire, qui conc&#232;de la priorit&#233; au temporel et au mal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 35-37 ; sur l'&#171; ambigu&#239;t&#233; du sacr&#233; &#187; dans les cultes anciens, cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, l'emprise singuli&#232;re de la corrida est due &#224; un sc&#233;nario sophistiqu&#233;, &#224; une &#171; cristallisation graduelle de l'&#233;l&#233;ment sinistre &#187;. Tandis que le sacrifice traditionnel marche tout droit vers l'immolation, la tauromachie tend &#224; la diff&#233;rer, m&#234;me dans sa troisi&#232;me et derni&#232;re partie dite &#171; tiers de la mort &#187;, o&#249; le torero s'en approche d'une mani&#232;re &#171; infinit&#233;simale &#187;, simulant et rempla&#231;ant le coup mortel par une s&#233;rie de &#171; passes tauromachiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 41-67.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Leiris, c'est justement en tant que geste dangereux, sombre et artistiquement &#233;labor&#233; que l'acte sacrificiel propre &#224; la corrida peut servir de mod&#232;le &#224; l'&#233;crivain moderne. S'il con&#231;oit l'acte d'&#233;crire comme un acte de transgression, il n'est plus question d'un acte strictement r&#233;gl&#233; et charg&#233; d'un sens positif, mais d'une &#171; transgression vide et repli&#233;e sur soi &#187;, comme le dit Foucault &#224; propos de Bataille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#224; la transgression &#187; (1963), dans : Dits et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et si en &#233;crivant il acc&#232;de &#224; l'exp&#233;rience du sacr&#233;, il s'agit d'un sacr&#233; subjectif, nullement confin&#233; &#224; un lieu de culte officiel, mais sensible sur les terrains les plus profanes &#8211; comme dans les spectacles populaires ou dans le domaine du langage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Leiris, &#171; Le sacr&#233; dans la vie quotidienne &#187; (1938), dans : La R&#232;gle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Bien que Simon n'ait jamais partag&#233; l'enthousiasme de Leiris pour la course de taureaux, le concept d'une &#233;criture sacrificielle qui remplace une pratique de d&#233;pense r&#233;volue en la d&#233;pla&#231;ant sur le terrain de la litt&#233;rature aide &#224; mieux saisir la griffe particuli&#232;re de son &#233;criture nomade. Ce n'est pas sans raison qu'il a souscrit &#224; la remarque d'&#201;lie Faure que &#171; l'art remplace l'absence de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lie Faure, L'Esprit des formes (1927), cit&#233; dans &#171; &#201;crire &#187;, conf&#233;rence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car les actes de d&#233;pense violente abondent dans ses romans et y apparaissent souvent &#224; la lumi&#232;re de cultes ou de mythes anciens. Ceci est surtout visible au niveau de l'action, puisque tous les protagonistes agissent sous le signe de la violence dont il sont en g&#233;n&#233;ral les victimes, mais parfois aussi les auteurs. Celui d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, par exemple, a subi les horreurs de la guerre, mais il a peut-&#234;tre &#233;galement provoqu&#233; le suicide de sa femme &#224; qui le liait une relation de violence mutuelle : son v&#339;u r&#233;it&#233;r&#233; &#171; nous ne pouvons pas nous perdre &#187; (&lt;i&gt;Hist&lt;/i&gt;., 322, 365) est d&#233;menti dans tous les sens du mot, comme le sugg&#232;rent la comparaison mythologique entre celle-ci et &#171; D&#233;janire &#187;, l'&#233;pouse meurtri&#232;re d'Hercule (39), ou l'image d&#233;j&#224; cit&#233;e du &#171; chasseur ithyphallique de la pr&#233;histoire &#187;, appliqu&#233;e &#224; lui-m&#234;me (125). Il n'en est pas autrement au niveau de la narration des romans simoniens, o&#249; la r&#233;p&#233;tition traumatique de sc&#232;nes violentes s'accompagne d'une v&#233;ritable explosion d'images agressives. Devenu narrateur, le protagoniste d'&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; assume en quelque sorte le r&#244;le martial d'Hercule, &#233;tant donn&#233; qu'il combat les spectres du pass&#233; familial comme les oiseaux d'airain de &#171; Stymphale &#187; (39) ou qu'il attaque une banque en la qualifiant de &#171; ruminant &#187; insatiable (71), c&#233;l&#233;brant ainsi une tauromachie verbale.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Si les romans de Simon &#233;voquent une recherche &#171; dans et par l'&#233;criture &#187;, cette &#233;criture avance donc &#171; dans et par la violence &#187; (&lt;i&gt;A&lt;/i&gt;, 113). Tandis que leur t&#226;tonnement diff&#233;rentiel et s&#233;riel les lie au Nouveau Roman, leur &#233;criture sacrificielle les rapproche du surr&#233;alisme tardif, dont ils partagent l'imaginaire agressif sans adopter nullement le programme d'une &#171; &#233;criture automatique &#187; (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1193). Cette tension caract&#233;ristique se laisse observer &#224; tous les niveaux constitutifs du texte. Au niveau pragmatique, elle se profile par exemple dans la multiplication des narrateurs et des histoires qui marque en particulier &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt;. Le fait que Georges est sans cesse interrompu par des interlocuteurs r&#233;calcitrants, qui contredisent sa version de l'histoire ou en offrent une version diff&#233;rente, provoque certes un ajournement permanent de la v&#233;rit&#233; sur le capitaine de Reixach et son anc&#234;tre ; mais en m&#234;me temps il donne lieu &#224; un dialogue f&#233;roce o&#249; se r&#233;p&#232;te la violence subie dans la guerre. Blum harc&#232;le Georges qui &#224; son tour harc&#232;le Corinne dont la fuite pr&#233;cipit&#233;e r&#233;pond &#224; la force employ&#233;e contre elle ; au fond, l'un comme l'autre ressemble &#224; l'&#171; homme-fusil &#187; du &lt;i&gt;Palace&lt;/i&gt; qui r&#233;it&#232;re la violence d'un attentat perp&#233;tr&#233; par lui-m&#234;me dans le r&#233;cit qu'il en fait, &#171; comme s'il essayait d'arracher, de rejeter de lui cette violence qui a &#233;lu domicile en lui, se sert de lui [&#8230;], le poss&#233;dant, le consumant &#187; (&lt;i&gt;P&lt;/i&gt;, 457). Au niveau s&#233;mantique, la concurrence des deux po&#233;tiques se dessine surtout dans la multiplication des m&#233;taphores, sans doute l'un des artifices les plus constants et les plus captivants de Simon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. mon &#233;tude &#171; M&#233;canismes dangereux. Techniques de la m&#233;taphore et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les images se succ&#233;dant et se superposant dans la description du &#171; palace &#187;, au dernier chapitre du roman homonyme, constituent certes un s&#233;rie diff&#233;rentielle qui signale le retrait irr&#233;vocable du mot propre et juste ; mais elles forment aussi une gradation cataclysmique, puisque la m&#233;taphore du &#171; navire &#187; fait place &#224; celle du &#171; mausol&#233;e &#187; et enfin &#224; celle de la ruine produite par une &#171; chute majestueuse &#187; (523-525). Au niveau syntactique, une tension pareille peut &#234;tre d&#233;couverte dans la multiplication des digressions qui prolonge presque syst&#233;matiquement la phrase simonienne. Si celle-ci &#171; progresse sous l'influence de deux forces contradictoires, l'une centrifuge, l'autre centrip&#232;te &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. David Zemmour, Une syntaxe du sensible. Claude Simon et l'&#233;criture de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est que sa tendance digressive se double d'une tendance transgressive : les d&#233;tours baroques qui d&#233;routent le lecteur servent souvent &#224; sugg&#233;rer une d&#233;pense baroque qui le sid&#232;re. Un exemple fascinant de ce mouvement contradictoire se pr&#233;sente dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;niveau titre1&#034; data-niveau-titre=&#034;1&#034; id=&#034;guerrier&#034;&gt;3. Les deux faces du guerrier&lt;/div&gt;	&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le chapitre ou plut&#244;t l'article &#171; Guerrier &#187; qui se trouve au milieu exact de &#171; Lexique &#187;, la partie centrale de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, le narrateur &#233;voque la r&#233;volte nocturne d'un soldat exp&#233;riment&#233;, dont il a &#233;t&#233; t&#233;moin pendant son service militaire. Enti&#232;rement nu et ivre mort, celui-ci avance dans le dortoir d'une caserne en titubant et en brandissant son sabre, jusqu'&#224; ce qu'un camarade de chambr&#233;e le d&#233;nonce et un officier l'arr&#234;te sans en faire beaucoup de bruit. Tant qu'il peut agir en pleine libert&#233;, il est d&#233;crit avec ampleur dans le cadre d'une seule phrase longue (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 650-654). Cette description comprend quatre parties d'extension in&#233;gale, s&#233;par&#233;es l'une de l'autre par des digressions beaucoup plus &#233;tendues. Elle pr&#233;sente d'abord son corps entier, puis comme en gros plan son sexe et son sabre, enfin &#224; nouveau l'homme complet, des pieds &#224; la t&#234;te. Elle commence par le mot &#171; nu &#187; dont le double sens indique d&#233;j&#224; les deux directions qu'elle prendra par la suite. D'une part, le guerrier ne porte aucun v&#234;tement, ce qui l'oppose non seulement &#224; une &#171; nu&#233;e &#187; d'ennemis invisibles qu'il croit affronter, mais aussi aux vingt-cinq spectateurs habill&#233;s de la chambr&#233;e, y compris le futur narrateur disant &#171; nous &#187;, qui suivent de pr&#232;s le spectacle bizarre. R&#233;sonnant dans les paronymes nu&#233;e et nous, le mot nu r&#233;sume donc la sc&#232;ne d'un combat dramatique &#224; visi&#232;re lev&#233;e qui menace d'engager m&#234;me les t&#233;moins involontaires. D'autre part, il d&#233;signe aussi un genre pictural auquel la description du guerrier s'apparente visiblement. Des adjectifs de couleur comme &#171; bleu&#226;tre &#187;, &#171; marron-roux &#187; ou &#171; bistre &#187; pr&#233;cisent l'&#233;clairage et le coloris de la sc&#232;ne ; des constructions attributives d&#233;taillent plusieurs aspects diff&#233;rents de la &#171; nudit&#233; &#187; exhib&#233;e et aboutissent &#224; des appositions d&#233;finitoires (&#171; fant&#244;me gesticulant &#187;, &#171; un masque &#187;) qui font pour ainsi dire fonction de l&#233;gendes. Or, comme le sens ordinaire et le sens acad&#233;mique de nu restent &#233;galement actuels, le degr&#233; de r&#233;alit&#233; du corps d&#233;crit reste ind&#233;termin&#233; : au fond, le &#171; nu &#187; observ&#233; et rem&#233;mor&#233; bien plus tard pourrait n'&#234;tre qu'un &#171; nu &#187; imagin&#233; que le narrateur regarde comme d'autres portraits semblables qu'il &#233;voque ailleurs &#8211; par exemple la photo d'un peintre ivre et nu qui brandit une &#233;p&#233;e de carton (575) ou la figure d'un guerrier nu &#171; emprunt&#233;e &#224; une composition de Polidoro da Caravaggio &#187; et cit&#233;e trois fois au cours du roman (639, 694, 721). Le premier mot de la description est donc un &#171; carrefour &#187; &#224; la mani&#232;re de ceux que commente la pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Orion aveugle&lt;/i&gt;, ou bien un &#171; bifur &#187; dans le sens m&#233;talinguistique que ce mot prend dans les &lt;i&gt;Biffures&lt;/i&gt; de Leiris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leiris, &#171; Biffures &#187; (1948), dans : La R&#232;gle du jeu, op. cit., pp. 1-285, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s le d&#233;but de l'article &#171; Guerrier &#187;, il soul&#232;ve la question de savoir si la sc&#232;ne nocturne est une sc&#232;ne vue ou une sc&#232;ne imagin&#233;e ; &#224; l'ambigu&#239;t&#233; lexicale correspond une ambigu&#239;t&#233; &#233;pist&#233;mique qui met en cause la fiabilit&#233; de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;f&#233;rence du portrait reste ind&#233;cidable, sa charge s&#233;mantique est pourtant bien &#233;vidente. Dans la mesure o&#249; la description avance, le guerrier nu, arm&#233; et ivre devient la personnification d'un acte de d&#233;pense totale. &#192; cet effet contribue surtout une s&#233;rie de mots paronymes qui &#233;voquent ses parties g&#233;nitales. Lorsqu'au d&#233;but et encore dans la deuxi&#232;me partie du portrait, il est question de son sexe d&#233;couvert, les consonnes [s], [b/v/f] et [r] sont accumul&#233;es d'une mani&#232;re frappante : la &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;rou&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;aille &#187; des poils ressemble &#224; un &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ui&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;on de &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;lammes &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;om&lt;i&gt;br&lt;/i&gt;es &#187; et &#224; une &#171; o&lt;i&gt;bs&lt;/i&gt;cure &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;lam&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;&#233;e &#187;, la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;str&lt;/i&gt;e &#187; du membre &#224; un &#171; &lt;i&gt;v&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;sc&lt;/i&gt;&#232;&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;l&#233;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;i, &lt;i&gt;f&lt;/i&gt;roi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;&#233; &#187;. Comme dans le cas du mot &lt;i&gt;libidineux&lt;/i&gt;, dont les &#171; sons &#233;vocateurs (lit, bite, n&#339;ud) &#187; sont comment&#233;s peu apr&#232;s, la sonorit&#233; sp&#233;ciale des expressions employ&#233;es sugg&#232;re une sc&#232;ne &#224; la fois &#233;rotique et martiale. D'abord, les consonnes r&#233;p&#233;t&#233;es font entendre par onomatop&#233;e le &#171; &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;oi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;ement &#187; et le &#171; &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;acas m&#233;tallique &#187; des armes, qui r&#233;sonne dans le spectacle nocturne comme dans les nombreuses sc&#232;nes de combat d&#233;crites au cours du roman. En plus, elles font communiquer des expressions paronymes dont l'interaction s&#233;mantique suscite l'image d'un corps destructeur et d&#233;truit lui-m&#234;me. La &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;rou&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;aille &#187; et la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e bi&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &#187; au bas-ventre du guerrier appellent le &#171; &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;a&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;re &#187; qu'il fait tournoyer &#171; &#224; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;out de &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ras &#187; au-dessus de sa t&#234;te, &#233;voquant ainsi un phallus meurtrier ou une arme phallique ; les m&#233;taphores du &#171; &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;ui&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;on de &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;ammes &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;ombres &#187; et de l'&#171; o&lt;i&gt;bs&lt;/i&gt;cu&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;am&lt;i&gt;b&lt;/i&gt;&#233;e &#187; &#233;voquent un sexe en flammes ; et comme la &#171; cho&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &#187; ressemble &#224; un &#171; &lt;i&gt;v&lt;/i&gt;i&lt;i&gt;sc&lt;/i&gt;&#232;&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;fl&lt;/i&gt;&#233;t&lt;i&gt;r&lt;/i&gt;i, &lt;i&gt;fr&lt;/i&gt;oi&lt;i&gt;ss&lt;/i&gt;&#233; &#187;, on croit voir un bas-ventre &#233;clat&#233;, &#171; quelque boyau int&#233;rieur mis &#224; nu &#187;. Par un jeu suggestif d'&#233;quivalences phonologiques et s&#233;mantiques, le texte peint donc un corps en extase qui est &#224; fois sujet et objet de violence, qui menace d'autres corps de son sabre, mais est en m&#234;me temps d&#233;vor&#233; par le feu et d&#233;chir&#233; par des coups. Cette stylisation ambivalente du combattant culmine dans la derni&#232;re partie du portrait, o&#249; au moment le plus intense de sa r&#233;volte il est d&#233;crit comme un homme dont on va couper la t&#234;te, sinon d&#233;j&#224; d&#233;capit&#233;. Sa t&#234;te rouge&#226;tre, contrastant avec le reste du corps, ne semble pas seulement menac&#233;e d'une mort violente, &#171; promise &#224; un in&#233;luctable Deibler &#187; ; elle appara&#238;t m&#234;me comme un organe d&#233;j&#224; mort, &#171; comme si, rid&#233;, sanglant et outrag&#233;, on l'avait pos&#233; par inadvertance ou par d&#233;rision sur le corps d'un autre &#187;. Ainsi, le portrait du guerrier nu s'ouvre pas &#224; pas sur des images chaque fois plus choquantes d'un corps morcel&#233; dont la derni&#232;re est celle d'un ac&#233;phale &#8211; une image qui surgit plusieurs fois dans le roman, soit en rapport avec des terrassiers ivres, &#224; demi enfouis dans les tranch&#233;es (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 621, 700), soit &#224; propos d'un homme au comble du plaisir sexuel qui semble avoir litt&#233;ralement perdu la t&#234;te (702, 723). Ce n'est peut-&#234;tre pas &#224; dessein qu'elle rappelle l'image du guerrier ac&#233;phale qui pour Bataille symbolisait la dissipation ultime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, &#171; Ac&#233;phale &#187;, dans : &#338;uvres compl&#232;tes, op. cit., t. 1, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tout cas, elle fait de l'apparition incertaine du soldat nu la manifestation flagrante d'une d&#233;pense sans r&#233;serve.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Le portrait du guerrier ne tient pourtant qu'assez peu de place dans la premi&#232;re phrase du chapitre homonyme. La majeure partie en est form&#233;e par trois digressions &#233;tendues qui interrompent la description et l'ouvrent sur la pr&#233;histoire du spectacle nocturne. La gesticulation agressive du guerrier, dirig&#233;e contre des &#234;tres invisibles, renvoie au long registre de ses d&#233;lits et de ses peines dont il rend responsable une multitude d'ennemis ; sa nudit&#233; &#233;voque les nombreux nus guerriers dans l'histoire de la peinture et de la photographie ; le bruissement de son sabre rappelle toute une s&#233;rie de spectacles populaires (cirque, music-hall, catch) que le narrateur a vus avant la sc&#232;ne pr&#233;sente. Consid&#233;r&#233;e dans le contexte de la p&#233;riode enti&#232;re, la description s'&#233;carte donc sans cesse de son objet pour y revenir de nouveau et pour le pr&#233;senter sous un jour modifi&#233; par la digression pr&#233;c&#233;dente. Par ses nombreuses parenth&#232;ses et reprises, la premi&#232;re phrase de &#171; Guerrier &#187; ressemble &#224; une &#171; phrase-fleuve &#187;, comme elle marque, d'apr&#232;s une &#233;tude c&#233;l&#232;bre de Spitzer, les romans de Michel Butor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leo Spitzer, &#171; Quelques aspects de la technique des romans de Michel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais autrement que dans une telle &#171; phrase-fleuve &#187;, l'ordre s&#233;mantique et l'ordre syntactique co&#239;ncident ici seulement au d&#233;but : le triple retour au th&#232;me principal ne s'accompagne jamais d'un retour &#224; la proposition principale ; la subordination se prolonge au contraire chaque fois que la digression historique d&#233;bouche &#224; nouveau sur la description du guerrier dont le niveau syntactique se d&#233;place progressivement. Ainsi, la phrase accomplit en quelque sorte un mouvement de spirale qui provoque &#224; trois reprises un effet de gradation, &#224; la mani&#232;re du &#171; style-cort&#232;ge &#187; analys&#233; par Spitzer : comme dans un d&#233;fil&#233; solennel, le plus important vient toujours le dernier, bien que dans le cas du guerrier ce soit toujours le m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leo Spitzer, &#171; Zum Stil Marcel Prousts &#187; (1928), dans : Stilstudien, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, cet effet renforce l'une comme l'autre des deux tendances qui se manifestent d&#232;s le d&#233;but du portrait. Certes, les trois digressions irr&#233;alisent l'apparition du guerrier en la comparant &#224; maintes repr&#233;sentations verbales, picturales ou th&#233;&#226;trales ; mais en la rapportant &#224; une pr&#233;histoire de plus en plus violente, elles la pr&#233;sentent en m&#234;me temps comme le comble de toute une s&#233;rie d'actes sacrificiels.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La premi&#232;re digression esquisse l'histoire aventureuse du soldat r&#233;volt&#233;. Sa d&#233;marche farouche semble s'adresser &#224; &#171; quelque adversaire invisible &#187;, et cette sensation s'impose &#224; cause de ses propres r&#233;cits faits aux camarades de chambr&#233;e o&#249; il s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; comme la victime d'un antagoniste omnipotent et omnipr&#233;sent. Ainsi, la r&#233;volte observ&#233;e appara&#238;t sur un fond de r&#233;voltes racont&#233;es qui paraissent plus ou moins fictives. D&#233;j&#224; le guerrier donnait l'impression d'&#234;tre un narrateur peu fiable quand il r&#233;capitulait sa vie avec un &#171; &#233;merveillement pour ainsi dire exotique &#187;, &#224; la mani&#232;re d'un conte des &#171; &lt;i&gt;Mille et une Nuits&lt;/i&gt; &#187; ; et le narrateur du roman ne semble pas plus fiable, puisqu'il imagine un goyesque tableau de fusillade &#224; partir du simple &#171; mot &#233;vocateur &#187; falot, qui dans l'argot militaire du guerrier d&#233;signait les conseils de guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si ce mot &#171; fait surgir, dans la lueur de la lanterne tenue &#224; bout de bras (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La sc&#232;ne nocturne n'est donc que le dernier &#233;pisode d'une histoire truculente d&#233;bit&#233;e auparavant ; son caract&#232;re dramatique r&#233;sulte d'un savoir pr&#233;alable et hypoth&#233;tique de l'observateur. Mais si par l&#224; l'authenticit&#233; du spectacle diminue encore, son intensit&#233; augmente au m&#234;me degr&#233;, car l'&#233;num&#233;ration des aventures pass&#233;es du guerrier pr&#233;sente la structure d'une gradation syst&#233;matique. Poursuivi par l'&#171; ennemi acharn&#233; &#224; sa perte &#187;, le guerrier a connu plusieurs prisons de sa patrie, puis m&#234;me un p&#233;nitencier &#171; ignor&#233; des cartes g&#233;ographiques &#187; ; l&#224;, il fallait souffrir d'interminables marches sans boire et m&#234;me des &#171; supplices barbares &#187; ; et tout cela ne le torturait pas uniquement au moment de l'exp&#233;rience, mais &#233;galement au moment de la narration o&#249; ses yeux fixes et durs se durcissaient encore, de sorte qu'il semblait d&#233;fier non seulement ses camarades, mais aussi les grad&#233;s et m&#234;me le &#171; monde entier &#187;, voire manifester une &#171; permanente panique &#187; &#8211; qui dure encore dans le dortoir de la caserne o&#249; il affronte une &#171; nu&#233;e d'ennemis sans visages &#187;. &#192; la fin de ce large flash-back, en tant que dernier terme d'une &#233;num&#233;ration subordonn&#233;e &#224; la phrase premi&#232;re, la &#171; gigantesque nudit&#233; gesticulant[e] &#187; d&#233;passe donc de loin le &#171; fant&#244;me gesticulant &#187; dont il &#233;tait question au d&#233;but de la digression r&#233;trospective. Quand la description interrompue est reprise, le combat fantomatique prend l'air d'un combat dernier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La seconde digression remonte plus loin, &#233;bauchant une br&#232;ve histoire iconographique de la nudit&#233; en armes. Le guerrier nu est compar&#233; &#224; la &#171; cohorte des guerriers fig&#233;s dans les bitumeuses peintures des mus&#233;es &#187;, qui &#224; leur tour sont compar&#233;s aux soldats figurant sur &#171; les traditionnelles photos-souvenirs, posant seulement v&#234;tus de leurs cartouchi&#232;res et de leurs casques &#187;. &#192; la lumi&#232;re de ces comparaisons, le portrait du guerrier se pr&#233;sente encore comme le bout d'une s&#233;rie diff&#233;rentielle de repr&#233;sentations dont le d&#233;but se d&#233;robe ici avec une obstination accrue. Tandis que dans la premi&#232;re digression la description renvoyait au compte-rendu d'un r&#233;cit, elle appara&#238;t maintenant comme la copie d'une copie qui ne se r&#233;f&#232;re &#224; aucun original. La &#171; gigantesque nudit&#233; &#187; n'est pas seulement une &#171; d&#233;risoire r&#233;plique &#187; du Goliath biblique et des h&#233;ros mythiques de l'Antiquit&#233; ; elle est en outre une r&#233;plique au deuxi&#232;me degr&#233;, puisque les portraits plus ou moins c&#233;l&#232;bres de ceux-ci semblent imiter, aux yeux du spectateur moderne, les poses burlesques exhib&#233;es sur d'anonymes photos d'amateur. Rien n'est donc vrai ni original dans le portrait du guerrier, et pourtant la digression intensifie encore son effet. Car la s&#233;rie des r&#233;pliques de plus en plus &#171; d&#233;risoires &#187; se laisse aussi regarder comme une s&#233;rie de nudit&#233;s de plus en plus nues, au bout de laquelle surgit encore le soldat r&#233;volt&#233;. Si les conscrits bouffons ne sont v&#234;tus que de cartouchi&#232;res et de casques, si les h&#233;ros mythiques ne portent m&#234;me que des jambi&#232;res et des cimiers, le guerrier ivre r&#233;pudie encore cette armure symbolique, puisqu'il est &#171; seulement arm&#233; &#187; d'un sabre de cavalerie. Quoiqu'ils paraissent d&#233;j&#224; &#171; t&#233;m&#233;rairement nus &#187;, les guerriers des photos et des tableaux font figure de timides &#224; c&#244;t&#233; de sa nudit&#233; presque compl&#232;te qui lui conf&#232;re une &#171; dimension pour ainsi dire surnaturelle, fabuleuse &#187;, comme le rappelle la derni&#232;re page du chapitre (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 658). En tant que dernier acte d'un v&#233;ritable strip-tease iconographique, la &#171; gigantesque nudit&#233; &#187; atteint une grandeur mythique.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La troisi&#232;me digression fait pendant &#224; la premi&#232;re en r&#233;capitulant l'histoire compl&#233;mentaire du spectateur de la sc&#232;ne nocturne. Face &#224; la gaine du sabre dans l'autre main du soldat, le narrateur &#8211; qui maintenant en disant &#171; je &#187; se d&#233;tache du public jusqu'ici indiff&#233;renci&#233; &#8211; &#233;voque le bruit que celui-ci avait produit en d&#233;gainant son arme et qui d&#233;clenche en lui-m&#234;me toute une cha&#238;ne d'associations. Il se souvient de trois spectacles populaires devant lesquels il a &#233;prouv&#233; un &#171; frisson &#187; ou un &#171; trouble &#187; pareil : d'abord un num&#233;ro de cirque qui montrait un prestidigitateur per&#231;ant une femme &#224; demi nue ; puis une exposition de poup&#233;es en caoutchouc, manipul&#233;es par un d&#233;monstrateur de music-hall ; enfin la lutte entre deux catcheurs, &#171; appareill&#233;s dans des accouplements vaguement obsc&#232;nes &#187;. Une fois de plus il souligne le caract&#232;re irr&#233;el et trompeur de ces repr&#233;sentations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce propos, cf. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; La mise en spectacle chez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le corps de la figurante que pr&#233;tendait immoler l'illusionniste semblait fait d'une &#171; mati&#232;re irr&#233;elle &#187;, cr&#233;&#233;e par la lumi&#232;re artificielle des projecteurs ; les poup&#233;es manipul&#233;es n'&#233;taient que des &#171; lilliputiennes, crapuleuses et commerciales r&#233;incarnations de V&#233;nus &#187; ; et les corps gras des catcheurs semblaient se cristalliser seulement des &#171; particules visibles &#187; de l'&#233;clairage. Quand &#224; la suite de cette triple mise en spectacle le guerrier appara&#238;t de nouveau &#171; dans l'avare lumi&#232;re de la veilleuse &#187;, la palpabilit&#233; de cette apparition semble plus douteuse que jamais ; comme ce qui se passait dans le cirque, le music-hall et le ring, elle pourrait bien consister en un simulacre n&#233; d'une projection. Mais encore cette mise en spectacle se double-t-elle d'une mise en relief de l'&#233;nergie du combat. Car en d&#233;pit du caract&#232;re artificiel des sc&#232;nes rem&#233;mor&#233;es, le narrateur leur attribue un effet sublime qui s'accro&#238;t dans la mesure o&#249; le protagoniste s'expose. Pour signaler cet effet, il d&#233;crit la lumi&#232;re d&#233;r&#233;alisante des projecteurs comme une lumi&#232;re chaque fois plus impitoyable qui conf&#233;rait une note h&#233;ro&#239;que aux acteurs illumin&#233;s. Sur la femme ressortant de la caisse du prestidigitateur tombaient des &#171; feux glac&#233;s &#187;, sur le catcheurs en lutte m&#234;me les grains d'&#171; une sorte d'implacable gr&#233;sil s'abattant sur eux &#187;, voire les &#171; cristaux de neige &#187; d'un &#233;clairage ind&#233;cent ; mais les corps expos&#233;s de cette mani&#232;re n'en sortaient que plus vigoureux, anim&#233;s d'une &#171; vie secr&#232;te, inviolable &#187; qui semblait les rendre indiff&#233;rents aux coups et aux rayons. L'emprise croissante des trois spectacles se chiffre de m&#234;me dans les r&#233;actions du spectateur dont le narrateur &#233;tablit un proc&#232;s-verbal nuanc&#233;. Tandis que les corps f&#233;minins qu'on malmenait au cirque et au music-hall l'ont empli d'un &#171; trouble qu'exprime assez bien le mot libidineux &#187;, les corps &#171; vaguement obsc&#232;nes &#187; des catcheurs lui ont inspir&#233; m&#234;me une sorte d'horreur sacr&#233;e, un trouble caus&#233; &#171; tant par la conscience d'un interdit transgress&#233; que par l'aspect presque surnaturel et, pourrait-on dire, mythologique de ces combats &#187;. Plus proche de l'ethnographie de Leiris que de la s&#233;miologie de Barthes dans l'essai c&#233;l&#232;bre sur &#171; le monde o&#249; on catche &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Roland Barthes : Mythologies (1957), Paris : Seuil, &#171; Points essais &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le narrateur fait ressortir le caract&#232;re quasi sacr&#233; de ce spectacle &#224; la fois violent et &#233;rotique. Par l&#224; il comble une gradation qui se prolonge &#171; encore &#187; (c'est son mot) dans la description du guerrier. Dans le froid glacial de la caserne s'affirme &#224; nouveau et &#224; un degr&#233; sup&#233;rieur une &#171; vie secr&#232;te, inviolable &#187; qui anime un acteur &#171; presque surnaturel &#187; &#8211; ce &#171; Goliath &#187; qui maintenant para&#238;t non plus une mauvaise copie, mais l'&#233;gal des h&#233;ros anciens. Ainsi, la derni&#232;re partie du portrait ne couronne pas seulement une s&#233;rie interne d'images de plus en plus violentes pour le corps mena&#231;ant et menac&#233; du guerrier, mais &#233;galement une s&#233;rie externe de spectacles analogues, o&#249; des acteurs chaque fois plus &#233;nergiques s'exposaient dans des situations de plus en plus implacables. Comme elle d&#233;passe m&#234;me une sc&#232;ne de transgression quasi mythologique, la sc&#232;ne nocturne pr&#233;sente un spectacle presque insurmontable.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la premi&#232;re phrase de &#171; Guerrier &#187; ressemble &#224; une spirale, marqu&#233;e par le triple retour du th&#232;me principal &#224; un niveau syntactique et s&#233;mantique diff&#233;rent, elle d&#233;crit un mouvement que Simon a qualifi&#233; de baroque : &#171; Le mouvement du baroque, c'est la spirale. C'est-&#224;-dire le retour de la m&#234;me ligne, sur la m&#234;me g&#233;n&#233;ratrice, mais avec &#224; chaque fois un d&#233;calage de niveau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Hubert Juin, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, dans : Les Lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les deux fonctions que remplit ce mouvement dans le portrait du guerrier correspondent &#224; deux interpr&#233;tations modernes de l'esth&#233;tique baroque. D'une part, le baroque est cens&#233; pr&#233;f&#233;rer l'apparence &#224; l'essence, le figur&#233; au propre, la ligne courbe &#224; la ligne droite. Suivant cette interpr&#233;tation, &#233;bauch&#233;e par Leiris &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Leiris, &#171; Fibrilles &#187; (1966), dans : La R&#232;gle du jeu, op. cit., p. 743 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut voir dans le mouvement baroque de la phrase simonienne un mouvement diff&#233;rentiel. Par une mise en r&#233;cit (rappelant les &lt;i&gt;Mille et une Nuits&lt;/i&gt;), par une mise en image (picturale ou photographique) et par une mise en spectacle (foraine ou sportive) de la sc&#232;ne rem&#233;mor&#233;e, celle-ci se d&#233;robe &#224; toute tentative de d&#233;termination substantielle. D'autre part, on a associ&#233; l'art baroque &#224; la notion de d&#233;pense, ramenant la prolif&#233;ration du d&#233;cor &#224; une transgression de l'utile. En accord avec cette interpr&#233;tation, propos&#233;e par Severo Sarduy sur les traces de Bataille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Severo Sarduy, Barroco (1975), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1991, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut attribuer un effet intensificateur &#224; la multiplication des digressions. Comme toutes les comparaisons intercal&#233;es &#233;voquent des sc&#232;nes de d&#233;pense (supplices, batailles, sacrifices, transgressions) et comme ce fil rouge suit une ligne ascendante, la sc&#232;ne premi&#232;re se charge successivement d'un potentiel s&#233;mantique qu'elle n'aurait pas atteint dans une description rectiligne. Cette deuxi&#232;me interpr&#233;tation semble d'ailleurs tr&#232;s proche de celle que Simon lui-m&#234;me, dans un autre chapitre de &#171; Lexique &#187;, donne de l'art de Poussin. Citant un &#171; critique anglais qui d&#233;finit le baroque movement into space &#187;, il insiste sur le dynamisme des bacchanales et des batailles du peintre baroque qui fait &#233;prouver la violence des sc&#232;nes repr&#233;sent&#233;es ; le spectateur &#171; se trouve pour ainsi dire pr&#233;cipit&#233; &#187; dans le spectacle dionysiaque ou martial, &#171; s'enfon&#231;ant &#187; dans le tableau comme les guerriers s'enfoncent dans la bataille (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 667-668). Si selon la fameuse boutade de Ricardou, &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt; est avant tout une &#171; bataille de la phrase &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Ricardou, &#171; La bataille de la phrase &#187;, dans : Pour une th&#233;orie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est dans ce sens-l&#224;, sans doute nullement envisag&#233; par l'ancien porte-parole de la critique : dans ses p&#233;riodes anim&#233;es par un mouvement vertigineux de spirale, le roman &#233;voque des sc&#232;nes de d&#233;pense devant lesquelles le lecteur a du mal &#224; garder la distance.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;La description du guerrier nu se termine par une m&#233;taphore qui renvoie &#224; l'acte d'&#233;crire. &#192; l'image macabre d'une d&#233;capitation imminente, voire d&#233;j&#224; ex&#233;cut&#233;e, succ&#232;de l'image m&#233;tapo&#233;tique d'un papier noirci : si la mort semblait avoir attaqu&#233; la t&#234;te du soldat enrag&#233;, elle semble maintenant sur le point d'envahir le corps entier, &#171; &#224; la fa&#231;on de l'encre qui gagne &#224; partir d'un coin de buvard &#187;. La sc&#232;ne de d&#233;pense dans la caserne finit donc par anticiper la sc&#232;ne d'&#233;criture d&#233;taill&#233;e &#224; la fin du roman afin d'en souligner l'origine laborieuse. Par l&#224;, le narrateur signale discr&#232;tement que l'effet vertigineux de la r&#233;volte d&#233;peinte est avant tout le produit d'un travail po&#233;tique. Ce n'est pas le spectateur &#171; muet &#187; dans la chambr&#233;e, mais l'&#233;crivain au bureau qui agrandit le combat nocturne par le mouvement baroque de la phrase ; et c'est seulement le stylo de celui-ci qui co&#251;te la t&#234;te &#224; l'ex-camarade, non pas d&#233;j&#224; l'attaque des pers&#233;cuteurs imagin&#233;s. Ainsi, l'image de l'encre mortelle r&#233;sume une diff&#233;rence entre la violence d&#233;crite et la violence de la description qui se dessine d&#232;s le d&#233;but du portrait. Tandis que le guerrier ne prof&#232;re que quelques &#171; obscures menaces &#187;, le narrateur &#233;met plusieurs salves de &#171; sons &#233;vocateurs &#187; ; tandis que l'un se manifeste par les &#171; moulinets &#187; clos et r&#233;p&#233;titifs de son sabre, l'autre s'exprime par les spirales ascendantes de ses phrases. Cette diff&#233;rence capitale devient encore plus nette quand la description de la r&#233;volte tournant &#224; vide est suivie par la narration de la r&#233;pression. D&#232;s que la transgression corporelle du guerrier est sanctionn&#233;e, elle se distingue clairement de la transgression verbale du narrateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du chapitre, juste apr&#232;s la fin de la longue phrase expositoire, le premier pass&#233; simple du texte indique un &#233;v&#233;nement qui alt&#232;re la performance monotone du guerrier. Un d&#233;lateur s'esquive, le soldat nu tombe par terre et tout &#224; coup fait face &#224; un sous-officier qui r&#233;prime la r&#233;volte, r&#233;duisant l'acte de d&#233;pense &#224; une simple infraction au r&#232;glement militaire. Au combat fantomatique se substitue ensuite une confrontation limit&#233;e et concr&#232;te au cours de laquelle le mar&#233;chal des logis d&#233;sarme le perturbateur, le force &#224; s'habiller et l'emm&#232;ne en prison. &#192; premi&#232;re vue, ce &#171; showdown &#187; rapide confronte deux partis parfaitement contraires : ici l'incarnation nue du d&#233;sordre, l&#224; le repr&#233;sentant en uniforme d'un ordre rigide ; ici le guerrier archa&#239;que, aussi vigoureux que vuln&#233;rable, l&#224; le soldat moderne prot&#233;g&#233; par une &#171; carapace de cuir et de drap &#187;, mais dont la main gant&#233;e ressemble &#224; une &#171; proth&#232;se orthop&#233;dique &#187; (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 657). &#192; la transgression irrationnelle semble s'opposer l'interdit rationnel, &#224; la r&#233;bellion solitaire la discipline collective. Mais la communication entre les antagonistes in&#233;gaux r&#233;v&#232;le une complicit&#233; &#233;trange. D&#232;s que le repr&#233;sentant de la norme prend la parole, il d&#233;clenche un &#233;change rituel de mots et de gestes qui semble ob&#233;ir &#224; un code secret, partag&#233; &#233;galement par son adversaire ; tant le guerrier que l'officier agissent comme les officiants d'un &#171; jeu de conventions &#187; dont ils connaissent les r&#232;gles non codifi&#233;es gr&#226;ce &#224; leur longue exp&#233;rience commune de la m&#234;me institution militaire (656). &#192; la lumi&#232;re de ce &#171; c&#233;r&#233;monial &#187;, la r&#233;volte ne semble pas mettre en cause le r&#232;glement, mais au contraire le confirmer ; elle revient, pour citer la formule pr&#233;cise qu'on trouve quelques pages plus tard, &#224; &#171; l'intrusion d'un d&#233;sordre passager et limit&#233; dans un ordre dont l'ossature, les structures principales subsistent toujours &#187; (671). Le combat irr&#233;gulier du guerrier est donc une transgression rituelle selon la d&#233;finition de Bataille : une violation de l'interdit qui fait partie du c&#233;r&#233;monial et par l&#224; pr&#233;vient son abolition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bataille, L'&#201;rotisme, op. cit., pp. 71-78 ; la connivence profonde des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;numpar&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que le guerrier donne &#224; voir d'une mani&#232;re spectaculaire, mais toujours dans le cadre d'un ordre intact, est r&#233;p&#233;t&#233; sous des conditions tout &#224; fait diff&#233;rentes par le narrateur du roman. &#192; l'acte rituel de d&#233;pense observ&#233; dans le dortoir r&#233;pond un acte de d&#233;pense verbale pr&#233;par&#233; au bureau, qui constitue une &#171; transgression vide et repli&#233;e sur soi &#187; d'apr&#232;s la d&#233;finition d&#233;j&#224; cit&#233;e de Foucault : une transgression toute subjective qui ne se rapporte plus &#224; un interdit institutionnel, mais pose elle-m&#234;me l'interdit qu'elle viole. Mat&#233;rialisant des &#171; r&#234;ves obscurs de r&#233;volte et de violence &#187; qu'il poursuit &#171; dans les obscures m&#233;andres de son cerveau &#187; (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 658), le combat fantomatique du guerrier atteint un tel degr&#233; de r&#233;alit&#233; qu'il est sanctionn&#233; sans d&#233;lai ; la d&#233;pense de l'&#233;crivain, par contre, n'a lieu que dans les &#171; obscures m&#233;andres &#187; de l'&#233;criture qui, dans &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, se place plus que jamais sous le signe du labyrinthe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si selon Simon la composition enti&#232;re du roman ressemble &#224; un d&#233;dale (&#338;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la r&#233;volte nocturne assiste le public de la chambr&#233;e, repr&#233;sentant l'arm&#233;e enti&#232;re, tandis que sa description baroque s'adresse au lecteur solitaire. Dans le cas du guerrier, l'interdit transgress&#233; est un interdit pr&#233;cis, d&#233;fini dans un r&#232;glement en vigueur ; le narrateur doit au contraire &#233;tablir d'abord les r&#232;gles linguistiques qu'il viole par la suite, par exemple en rappelant, sur les premi&#232;res pages du roman, les le&#231;ons fort cart&#233;siennes de latin et de fran&#231;ais qu'il avait re&#231;ues autrefois de son oncle Charles (575-576). Enfin, l'acte physique du sabreur sauvage ne d&#233;passe pas une certaine limite temporelle qui pour l'acte verbal de l'&#233;crivain anti-classique n'a aucune importance ; comme personne ne le rappelle &#224; l'ordre, il peut se d&#233;penser en permanence, aussi bien face &#224; la machine d&#233;labr&#233;e qu'il d&#233;crit dans le chapitre suivant que face au soldat &#233;cervel&#233;. Bref, le geste sacrificiel de l'&#233;crivain n'est plus soumis aux limitations corporelles, sociales, spatiales et temporelles d'une transgression rituelle ; il rel&#232;ve pour ainsi dire d'une &#171; violence &#224; l'&#233;tat pur &#187; (&lt;i&gt;G&lt;/i&gt;, 426). Et n&#233;anmoins le personnage du guerrier nu s'impose comme une figure all&#233;gorique de cette &#233;criture. Car si &#224; la fin du portrait bouleversant il est compar&#233; &#224; &#171; Orion tituba[n]t en aveugle sur les monumentales assises de ses pieds &#187;, il semble pr&#233;figurer d&#233;j&#224; ce g&#233;ant mythologique qui, dans l'&#339;uvre suivant &lt;i&gt;La Bataille de Pharsale&lt;/i&gt;, pr&#233;sentera un mod&#232;le &#224; double face pour la po&#233;tique simonienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre d'exception, on peut citer pourtant Claude DuVerlie, &#171; Amor interruptus : The question of eroticism or eroticism in question in the works of Claude Simon &#187;, dans : &lt;i&gt;Sub Stance&lt;/i&gt;, 8, 1974, pp. 21&#8211;33 ; Rainer Warning, &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon : &lt;i&gt;La Route des Flandres&lt;/i&gt; &#187; (1991), dans :&lt;i&gt; Cahiers Claude Simon&lt;/i&gt;, n&#176; 1, 2005, pp. 103-133 ; Aur&#233;lie Renaud, &#171; L'Espagne de Claude Simon sous la lumi&#232;re de Georges Bataille &#187;, dans ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Bataille, &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, &#171; Critique &#187;, 1957, p. 7 ; &lt;i&gt;Les Larmes d'&#201;ros&lt;/i&gt;, Paris, Pauvert, 1961, pp. 62-66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Entretien avec Claude Simon &#187; (1960), dans : Madeleine Chapsal, &lt;i&gt;Quinze &#233;crivains&lt;/i&gt;, Paris, Julliard, 1963, pp. 163-171, ici p. 169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'engagement parall&#232;le de Leiris et de Simon dans la R&#233;sistance et le silence du dernier &#224; ce sujet, cf. Marcel Beyer, &#171; Spucke &#187; (1998), dans : &lt;i&gt;Nonfiction&lt;/i&gt;, K&#246;ln, DuMont, 2003, pp. 74-87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wolfram Nitsch, &lt;i&gt;Sprache und Gewalt bei Claude Simon. Interpretationen zu seinem Roman&#172;werk der sechziger Jahre&lt;/i&gt;, T&#252;bingen, Narr, &#171; Romanica Monacensia &#187;, 1992, en particulier pp. 13-24 et 234-244.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une lecture derridienne, cf. par exemple Warning, &#171; Les espaces de m&#233;moire de Claude Simon &#187; (art. cit.) ; pour une lecture deleuzienne, voir notamment Dominique Viart, &#171; Une &#233;criture nomade. La puissance critique de la m&#233;taphore simonienne &#187;, dans : Irene Albers et Wolfram Nitsch (&#233;ds.), &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, Bern, Lang, 2006, pp. 13-29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Leiris, &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt; (1938), Montpellier, Fata Morgana, 1984 ; cf. aussi &#171; Espagne 1934-1936 &#187;, dans : &lt;i&gt;Bris&#233;es&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1992, pp. 62-63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 26 et 71, n. 3 ; cf. Marcel Mauss, &#171; Essai sur le don &#187; (1924), dans : &lt;i&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/i&gt;, Paris, PUF, &#171; Quadrige &#187;, 1985, pp. 143-279, en particulier pp. 149 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Georges Bataille, &#171; La notion de d&#233;pense &#187; (1933), dans : &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, t. 1, Paris, Gallimard, 1973, pp. 302-320.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &lt;i&gt;Les Larmes d'Eros&lt;/i&gt;, op. cit., p. 62 ; voir aussi &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 62-70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leiris : &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 3032 ; voir aussi &lt;i&gt;L'&#194;ge d'homme&lt;/i&gt; (1939), Paris, Gallimard, &#171; Folio &#187;, 1973, pp. 69-76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 35-37 ; sur l'&#171; ambigu&#239;t&#233; du sacr&#233; &#187; dans les cultes anciens, cf. Roger Caillois, &lt;i&gt;L'Homme et le sacr&#233;&lt;/i&gt; (1939), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1988, pp. 41-76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 41-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Foucault, &#171; Pr&#233;face &#224; la transgression &#187; (1963), dans : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, &#171; Biblioth&#232;que des sciences humaines &#187;, 1994, t. 1, pp. 233-250 ; cf. &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 71-78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Leiris, &#171; Le sacr&#233; dans la vie quotidienne &#187; (1938), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, Gallimard, &#171; Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade &#187;, 2003, pp. 1110-1118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lie Faure, &lt;i&gt;L'Esprit des formes&lt;/i&gt; (1927), cit&#233; dans &#171; &#201;crire &#187;, conf&#233;rence in&#233;dite, faite &#224; l'Acad&#233;mie Bavaroise des Belles Lettres &#224; Munich le 29 mai 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. mon &#233;tude &#171; M&#233;canismes dangereux. Techniques de la m&#233;taphore et m&#233;taphores techniques chez Claude Simon &#187;, dans : &lt;i&gt;Transports. Les m&#233;taphores de Claude Simon&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 235-249.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. David Zemmour, &lt;i&gt;Une syntaxe du sensible. Claude Simon et l'&#233;criture de la perception&lt;/i&gt;, Paris, Presses de l'Universit&#233; Paris-Sorbonne, 2008, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Leiris, &#171; Biffures &#187; (1948), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 1-285, ici pp. 263-271. Les &#171; biffures &#187; ou corrections ult&#233;rieures de lapsus n'y sont qu'un cas particulier des &#171; bifurs &#187; verbaux qui dirigent l'&#233;crivain dans des directions diff&#233;rentes, mais pointent en derni&#232;re instance vers des &#171; bifurs &#187; mentaux, des exp&#233;riences cruciales comme la sexualit&#233; et la mort. L'exemple le plus impressionnant d'un tel &#171; bifur &#187; est sans doute le nom mythique de Pers&#233;phone, dont le commentaire &#233;tendu se termine d'ailleurs par l'&#233;vocation d'un &#171; puits art&#233;sien &#187; qui r&#233;v&#232;le des secrets souterrains et t&#233;n&#233;breux (ibid., p. 127) &#8211; une image employ&#233;e aussi, comme on sait, dans la po&#233;tique de Simon (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1199).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &#171; Ac&#233;phale &#187;, dans : &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, op. cit., t. 1, pp. 444-445. Il s'agit du programme pour la revue homonyme dans la collection de laquelle fut publi&#233; le &lt;i&gt;Miroir de la tauromachie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leo Spitzer, &#171; Quelques aspects de la technique des romans de Michel Butor &#187;, dans : &lt;i&gt;Archivum Linguisticum&lt;/i&gt;, 13, 1961, pp. 171-195, ici pp. 191 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leo Spitzer, &#171; Zum Stil Marcel Prousts &#187; (1928), dans : &lt;i&gt;Stilstudien&lt;/i&gt;, M&#252;nchen, 1961, t. 2, pp. 365-497, ici pp. 465 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si ce mot &#171; fait surgir, dans la lueur de la lanterne tenue &#224; bout de bras par un sous-officier ou pos&#233;e &#224; ses pieds, l'image blafarde et flageolante du condamn&#233; que l'on s'appr&#234;te &#224; fusiller &#187;, l'imagination du narrateur trahit le souvenir du tableau &lt;i&gt;El 3 de mayo de 1808&lt;/i&gt; de Goya. &#192; propos du &#171; cratylisme secondaire &#187; qui se manifeste dans ce commentaire pseudo-lexicologique, visant &#224; remotiver une sonorit&#233; ou une amphibolie apparemment arbitraire, cf. G&#233;rard Genette : &lt;i&gt;Mimologiques. Voyage en Cratylie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, &#171; Po&#233;tique &#187;, 1976, en particulier pp. 351-375, o&#249; il examine les innombrables commentaires cratylistes de Leiris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce propos, cf. Fran&#231;oise van Rossum-Guyon, &#171; La mise en spectacle chez Claude Simon &#187;, dans : Jean Ricardou (&#233;d.), &lt;i&gt;Claude Simon : analyse, th&#233;orie&lt;/i&gt;, Paris, UGE, &#171; 10/18 &#187;, 1975, pp. 88-106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Roland Barthes : &lt;i&gt;Mythologies&lt;/i&gt; (1957), Paris : Seuil, &#171; Points essais &#187;, 1970, pp. 13-24, o&#249; l'analyse d&#233;gage surtout la grammaire dramatique et la s&#233;mantique sociale du catch.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Hubert Juin, &#171; Les secrets d'un romancier &#187;, dans : &lt;i&gt;Les Lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;, du 6 au 12 octobre 1960, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Leiris, &#171; Fibrilles &#187; (1966), dans : &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, op. cit., p. 743 : &#171; le baroque [&#8230;] montre &#224; la fois la r&#232;gle et ce qui la viole, la ligne droite et les lignes courbes et bris&#233;es qui tendent &#224; s'y substituer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Severo Sarduy, &lt;i&gt;Barroco&lt;/i&gt; (1975), Paris, Gallimard, &#171; Folio Essais &#187;, 1991, pp. 155-165, tout en soulignant les diff&#233;rences historiques entre le baroque du XVIIe si&#232;cle et le &#171; n&#233;o-baroque &#187; du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Ricardou, &#171; La bataille de la phrase &#187;, dans : &lt;i&gt;Pour une th&#233;orie du nouveau roman&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, &#171; Tel Quel &#187;, 1971, pp. 118-158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Bataille, &lt;i&gt;L'&#201;rotisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 71-78 ; la connivence profonde des deux partis dans le &#171; jeu de l'interdiction et de la transgression &#187; est aussi comment&#233; dans &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;, encore &#224; propos de fautes contre le r&#232;glement militaire (&lt;i&gt;G&lt;/i&gt;, 87).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si selon Simon la composition enti&#232;re du roman ressemble &#224; un d&#233;dale (&lt;i&gt;&#338;&lt;/i&gt;, 1200), l'image des &#171; m&#233;andres &#187; y tient une place privil&#233;gi&#233;e, apparaissant sur un bouclier qui montre une t&#234;te de M&#233;duse (&lt;i&gt;BP&lt;/i&gt;, 615), sur une frise endommag&#233;e qui repr&#233;sente des cavaliers en pleine course (736) ou sur une statue mutil&#233;e d'un couple qui fait l'amour (737) &#8211; bref, dans des sc&#232;nes de d&#233;pense violente ou sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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