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Roméo Koffi. Le suspens narratif (2025)
mardi 20 janvier 2026, par
Roméo KOFFI a soutenu sa thèse de doctorat portant sur « Le suspens narratif chez Claude Simon »
le 14 novembre 2025, à l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan (Côte d’Ivoire).
Le jury était composé de
- Koffi David N’GORAN (UFHB-Abidjan), Président ;
- Jean-Marie KOUAKOU (UFHB-Abidjan), directeur ;
- N. Hervé COULIBALY (UFHB-Abidjan), rapporteur ;
- Jean Florent Romaric GNAYORO (UPGC-Korhogo), rapporteur ;
- Michel BERTRAND (Aix-Marseille Université) examinateur.
Le sujet de cette thèse, « Le suspens narratif chez Claude Simon », puise sa source dans les réflexions engagées lors du colloque organisé à l’Université Jean Jaurès de Toulouse en 2018 portant sur « Stase d’écrit, stase d’écran. Poétique du suspens narratif ». L’intérêt de cette recherche repose sur un double constat pragmatique : si le suspens est une notion conventionnellement inféodée au roman policier ou au récit d’aventure, l’œuvre simonienne – bien que qualifiée de fragmentaire, opaque et déstructurée – déploie une tension narrative constante, une attente presque physique du sens. En mettant en exergue une nouvelle forme d’écriture située aux antipodes du récit traditionnel, ce travail explore, par une approche herméneutique, les mécanismes par lesquels l’écrivain instaure une expérience de lecture immersive et énigmatique. À travers la démesure de la phrase et la fragmentation du récit, Simon invite le lecteur à une expérience singulière où le plaisir réside autant dans la découverte que la création de sens. Concrètement, cette thèse (dé)montre que l’art narratif chez Claude Simon épouse l’art du suspens en mettant en relief un récit dynamique, un processus permanent qui vacille : entre liaison et déliaison, entre rupture et suture, entre arrêt et mouvement, entre souvenirs et oublis, entre échos et silences.
Cette thèse théorise le suspens chez Claude Simon comme une expérience de la complexité. L’écrivain ne cherche pas à raconter une histoire, mais à mettre en scène la difficulté même de la raconter. Son suspens n’est pas celui de la révélation, mais celui du regard en mouvement, du sens en construction. En transformant le suspens en principe poétique, Claude Simon redonne à la littérature sa fonction la plus haute : interroger le réel plutôt que le décrire. Son œuvre invite à une lecture active, exigeante, où le lecteur devient co-créateur du sens, participant à la fois à la quête et à la tension du texte. Cette recherche ouvre enfin des perspectives vers d’autres formes artistiques – le cinéma, la musique, les arts visuels, la poésie contemporaine – où la fragmentation et la lenteur continuent de produire une esthétique de l’attente.
Présentation en vidéo
Sud24TV, 2 min. 58 s.
